Petit mot de l'auteure : ce texte a été écrit en une heure pour la 134e nuit du FoF sur le thème "Ami". Donc comme j'avais dit dans le premiers OS, pouf, transformation en recueil ! Et pour ce deuxième texte on repart sur la même temporalité, donc vers la fin de la saison 6.
Merci à Marina, Sigognac, BA et Jess pour leurs review sur le texte précédent !
Thomas Barrow n'avait pas d'amis.
C'était une vérité partagée de tous, y compris par lui-même. Il n'était même pas amer de réaliser cela. Comment pourrait-il l'être alors qu'il était le seul à blâmer pour cet état de fait ? Nombreux ont été ceux à lui tendre la main mais il n'avait jamais accepté de les serrer, préférant les mordre ou les trahir pour... Pour quoi, au final ? Quelques secondes de prestiges dans un poste mieux gradé ? Pour la satisfaction d'avoir été plus intelligent, plus malin que les autres ? Pour oublier ses peines en se montrant aussi dur que la vie elle-même ? C'était ce qu'il se disait pour justifier ses actions et faire taire sa conscience les rares moments où elle refaisait surface.
Mais au final, alors qu'il était allongé dans ce lit, ses veines taillées aussi à vif que l'était son cœur... Il prenait pleinement conscience que la réponse était qu'il avait fait tout cela pour rien. Car c'était bien « rien » qu'il avait failli devenir – quelques minutes de plus, et il aurait rejoint le néant. Mais Baxter, Anna et Andy l'avaient sauvé, et depuis, il ne cessait de se demander pourquoi. Pourquoi, alors qu'il avait été si odieux avec eux ? Comment avaient-ils pu l'aider, lui qui leur avait fait tant de mal ? Cela signifiait-il qu'ils les avaient pardonné ?
Non. Thomas chassa rapidement cette idée de sa tête – ils l'avait sauvé parce qu'ils étaient bons, et que le secourir était la bonne chose à faire. Cela n'avait rien à voir avec une possible affection envers sa personne. Car oui, comme tous le savaient, Thomas Barrow n'avait pas d'amis, et il se devait de l'accepter.
Ce fut sur cette pensée qu'il s'endormit.
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Il fut réveillé par des coups répétés sur sa porte.
- Oui ? Dit-il d'une voix rendue pâteuse par le sommeil.
La porte s'ouvrit sur une petite forme blonde.
- Maître George ? S'étonna Thomas en reconnaissant son visiteur.
- Bonjour monsieur Barrow... dit le jeune garçon en se rapprochant timidement de son lit.
- Mais que faites vous ici ? Vous ne devriez pas être à cet étage.
- Je sais mais... je voulais voir comment vous allez.
- Je vais bien, rassurez vous. J'ai simplement besoin de repos, ne vous inquiétez pas.
- Vraiment ? Insista le petit garçon.
- Vraiment. Pourquoi, vous vous faites du soucis ?
- Oui. Vous êtes mon ami. Donc je veux que vous allez bien.
Ce fut à ce moment là que sa mère surgit dans la pièce.
- George ! S'exclama-t-elle. Je me suis inquiétée ! Et tu ne devrais pas déranger monsieur Barrow, il faut le laisser se reposer. Je suis désolée, Barrow.
- Il n'y a aucun soucis, ma lady, répondit le valet de pied.
Et c'était vrai. Dans sa sincérité enfantine, George l'avait appelé son ami.
Peut-être que Thomas c'était trompé, finalement. Peut-être était-il capable d'avoir des amis, après tout. Il était devenu celui du petit garçon en jouant avec lui, en prêtant attention à ce qu'il disait, en l'entourant comme il le pouvait d'affection.
Et s'il avait été capable de le faire avec lui, il n'était peut-être pas impossible qu'il y parvienne avec d'autres membres de cette maison. Il n'était pas certain d'y arriver. Mais une chose était sûre : la sensation de joie qui l'avait saisi lorsque George l'avait qualifié d'ami lui donnait envie d'au moins essayer.
