Petit mot de l'auteure : et un texte qui parle pas du suicide, un ! Il a été écrit en l'honneur de l'anniversaire de Penelope Wilton, l'actrice qui joue Isobel.
Merci à Marina, Plume et Moira pour leurs review sur le texte précédent !
Quand Isobel arriva à Downton, elle ne s'attendait certainement pas à voir Thomas Barrow en train de courir, poursuivi par deux petites formes, qu'elle reconnu rapidement comme était Sybil et George. Son petit-fils poussait des cris de joie dans son babillage encore enfantin alors qu'il essayait de rattraper le valet. Celui-ci souriait alors qu'il courait – ou du moins, faisait semblant de courir, histoire de ne pas trop distancer les petites jambes de ses protégés – mais lorsqu'il avisa Isobel, il se figea complètement.
- Madame Crowley, dit-il avec une révérence. Je suis désolé, je ne vous ai pas vu arriver.
Elle allait lui répondre qu'il n'y avait aucun mal lorsque Sybil se jeta dans les jambes de l'employé en criant « Attrapé ! », bientôt rejointe par son cousin.
- Gagné ! S'écria joyeusement George.
- Et oui, vous avez gagné, répondit Thomas. Vous avez sauvé tout le village, bravo !
Les deux enfants poussèrent des cris de joie. Voyant son incrédulité, Thomas se tourna vers Isobel, toujours sur le pas de la porte.
- Nous jouions à un jeu. Je suis un monstre terrifiant qui a pour but d'effrayer le village de Downton, et les deux petits héros que voilà doivent m'en en empêcher.
- Cela a l'air très divertissant, répondit aimablement Isobel. Mais vous devriez aller vous changer avant le souper vous deux.
Les deux cousins s'exécutèrent, laissant les adultes seuls.
- Je suis vraiment désolé, répéta Thomas.
- Désolé pour quoi ?
- Pour cet accueil si peu professionnel. Mais les enfants semblaient tristes, alors j'ai pris de ma pause pour les occuper et... Je ne pensais simplement pas qu'un visiteur arriverai à cette heure.
- Il n'y a pas à être désolé, voyons. À vrai dire... je devrais plutôt vous remercier.
- Me remercier ? S'étonna le domestique.
- Oui, répondit Isobel, les yeux dans le vague. Je pense que... je pense que Matthew aurait été un bon père. Un père qui aurait joué avec son fils, et avec sa nièce. Qui aurait su quand être strict tout en sachant imiter un monstre imaginaire pour amuser son enfant. J'avais peur que... que George ne connaisse jamais cela. Alors, je suis heureuse de voir qu'il le peut, grâce à vous. Merci beaucoup, Barrow.
Se disant, elle avait posé sa main sur l'épaule de l'homme. N'ayant pas l'habitude des compliments, Thomas ne sut comment réagir autrement que par un hochement de tête maladroit. Isobel sembla le comprendre puisqu'elle lui fit un dernier petit sourire, avant de se diriger vers le salon.
