Petit mot de l'auteure : ce texte a été écrit pour la nuit du FoF sur le thème "Terne"

Merci à Marina et Angelica pour leurs review sur le texte précédent !


La nuit était tombée depuis longtemps, pourtant Thomas ne dormait pas. Ce qui n'était pas vraiment inhabituel, le valet de pied ayant l'habitude des insomnies. En revanche, ce qui sortait de l'ordinaire, c'était le fait que la cuisine était déjà allumée lorsqu'il y pénétra. Qui pouvait bien être debout à une heure aussi tardive ?

- Daisy ? S'étonna-t-il en découvrant l'aide cuisinière.

La jeune fille se figea immédiatement en entendant l'intrus. Même si elle fit tout pour prendre une posture normale, il était trop tard. Thomas avait remarqué ce qu'elle faisait.

- Pourquoi vous entraînez vous à danser à trois heures du matin ? Vous devriez vous reposer, c'est jour de kermesse demain !

- Justement ! Laissa s'échapper la jeune femme avant de se mordre la langue.

- Vous n'êtes pas contente ? Vous attendiez la fête du village avec impatience !

- Oui mais...

La brune hésita, avant de se dire qu'elle en avait déjà trop dit pour ne pas aller au fond de sa pensée.

- Cela m'inquiète un peu. Il va y avoir un petit bal comme chaque année, et je ne sais pas danser !

- Vous savez danser, contredit Thomas.

- Non. Ou du moins pas correctement. Je voudrais danser mieux. Je... je suis si terne vous comprenez ! Trop fade, trop molle, trop... trop tout. Personne ne s'est jamais intéressé à moi. Alors je me disais que si j'arrivais à éblouir les hommes par mes pas, peut-être qu'ils me remarqueront.

Devant son ton tremblant, Thomas soupira.

- Tout d'abord, vous n'êtes pas terne. D'accord, un peu niaise et vous avez tendance à agir avant de réfléchir, mais certainement pas terne ou fade.

- Merci ? Répondit Daisy avec hésitation.

Ce n'était pas vraiment évidement de savoir quand le valet se moquait ou non de vous.

- Et enfin... si vous y tenez vraiment, je peux travailler avec vous cette nuit. Je n'arrivais pas à dormir, de toute façon.

Lorsque Daisy accepta sa proposition d'un sourire éclatant, il se dit que oui, elle n'avait vraiment rien de terne. Il espéra alors sincèrement qu'un homme bien finirait par s'en rendre compte.