Petit mot de l'auteure : j'ai sommeil.
Merci à Angelica, Marina et Maeglin pour leurs review sur l'OS précédent !
Le quai lui semblait bien silencieux. Même si de nombreux marins passaient, que la mer venait mourir en tapant sur les coques des bateaux et que les passants criaient pour s'entendre par dessus le tumulte environnant, aucun de ces bruits n'atteignait Kaz. Ses pensées étaient en effet toutes dirigées vers une seule chose : Inej.
Celle-ci se trouvait juste devant lui, arborant elle aussi un air maladroit et gêné qu'elle tentait de dissimuler dans le silence. Mais au bout d'un moment, consciente qu'elle ne pouvait le garder plus longtemps, elle finit par le briser :
- Et bien... c'est le moment.
- Oui, se contenta de répondre Kaz.
Évidement, le brun avait été plutôt laconique dans sa réponse. Mais contrairement à d'habitude où il se montrait parcimonieux avec les mots par choix, c'était contre sa volonté qu'il ne parvenait à parler. L'émotion le gagnait. Mais l'idée que dans quelques instants, Inej serait à bord de ce bateau le convainquit de se reprendre en main.
- J'avais quelque chose à te donner avant que tu partes, dit-il en fouillant sa poche.
Il en sortit une dague. Elle était plutôt petite mais la lame était robuste et acérée. Un peu comme toi, Inej, aurait pu dire Kaz s'il avait eu le courage de lui avouer pourquoi il avait choisit cette dague ci plutôt qu'une autre. Mais aucun de ces mots de sortit de sa bouche ; à la place, il se contenta de tendre la main d'un geste gauche.
- Merci beaucoup, sourit Inej en recevant le présent. Elle est magnifique.
- Elle est parfaite pour trancher les gorges, répondit plus pragmatiquement Kaz. Le fabrikator me l'a assuré.
- J'en suis sûre. Je vais l'appeler Sankt Kaz, dit-elle en la rangeant dans l'une de ses nombreuses poches à dagues.
Là, un curieux phénomène se produisit : Kaz Brekker, Dirtyhands, le bâtard du Barrel, rougit. Cela aurait été parfaitement adorable si la scène n'avait pas été complètement surréaliste. Le brun, conscient de la chaleur sur ses joues, se racla la gorge pour grommeler :
- Je ne suis pas un saint.
- Les saints sont là pour veiller sur nous, répondit Inej. Et personne n'a plus veillé sur moi que toi.
La réponse conduisit Kaz à hocher maladroitement la tête.
À cet instant, un bruit sonore venant du Spectre se fit entendre : la cloche annonçait le départ.
Inej, qui avait jeté un coup d'oeil vers son bateau, reporta son attention vers le brun.
- Je dois y aller.
- Oui, dit une nouvelle fois Kaz. Tu le dois.
Cependant, il lui avait tendu la main.
Inej la regarda et la saisit. Elle n'osa exercer une pression dessus, consciente des peurs qui saisissaient Kaz en cet instant. Mais elle profita du contact. Puis, elle regarda Kaz droit dans les yeux et, après qu'il ait hoché la tête, lui lâcha la main.
Lorsque le bateau démarra, elle ne se retourna pas.
En revanche, elle serrait avec force la petite dague.
