Petit mot de l'auteure : texte écrit pour un atelier animé par Fleur, une image, de trois personnes courant dans la nuit
Si l'on avait dit à Wylan van Eck quelques mois plus tôt qu'il se retrouverait à courir en plein milieu de la nuit, il aurait rigolé.
Wylan Van Eck n'était en effet pas le genre de garçon à apprécier les activités nocturnes autres que celles qui pouvait se dérouler dans un lit. Être réveillé, oui, mais chez soi. C'était plus sûr. Parcourir la ville n'était pas vraiment une activité conseillée par les garçons bien comme il fallait, et un garçon bien comme il fallait, Wylan en était un.
Alors oui, il aurait rit.
Imaginez maintenant son hilarité si on avait dit à Wylan van Eck quelques mois plus tôt qu'il se retrouverait à courir en plein milieu de la nuit, un butin dans les mains, en train d'échapper à la police.
Là encore, Wylan était un bon garçon. Son père pouvait le traiter d'incapable et de mauvais élève, mais la réalité était que oui, c'était un enfant obéissant et plutôt sage. Alors imaginer qu'il irait voler quelque chose pour s'amuser – car il avait suffisamment pour ne jamais avoir faim, l'amusement serait donc la seule explication... C'était n'importe quoi. À son humble avis, il y avait plus de chance pour qu'il parvienne à lire un jour plutôt qu'à se retrouver dans une telle situation.
Et pourtant, ce soir, Wylan courrait en plein milieu de la nuit, un butin dans les mains, en train d'échapper à la police.
Et le pire dans tout cela, c'est qu'il adorait cela.
Il aimait courir à perdre haleine, sentir Inej et Jesper autour de lui, partager ce frisson d'adrénaline. Il aimait avoir cette sensation de liberté, de risque, ce sentiment d'être enfin en vie après avoir été brimé toute ces années. Il aimait pouvoir parcourir le monde sans chaînes ni attaches autres que celles qui les reliaient à ses compagnons de fuite.
Oui, si on lui avait dit tout cela, Wylan aurait rit.
Mais aujourd'hui, il ne reviendrait pour rien au monde en arrière.
