Petit mot de l'auteure : ce texte a été écrit pour la 150e nuit du FOF sur le thème "Famille" mais sans écrire sur un truc familial, j'ai toujours pas comprit comment on était censé faire ça, donc on verra si ça répondait.
« Arrête tes conneries, Jordie ! »
La phrase avait explosée sans qu'il ne puisse la retenir. Et maintenant, Jesper le regardait avec deux grands yeux, complètement perdu.
- C'est qui, Jordie ? Demanda prudemment le zemini.
Il ne se chercha même pas à répondre. Il se contenta de quitter la pièce en claquant la porte.
Sitôt de l'autre côté de la planche de bois, il laissa un cri rageur s'échapper. Il avait craqué, en évoquant ce nom. Il s'était pourtant juré de laisser Jordie derrière lui, au fond de la mer empestée. Et voilà qu'il avait rompu cette promesse faite à lui-même.
Mais s'il était tout à fait honnête avec lui-même, il se rendrait compte que ce qui l'énervait dans toutes cette histoire, ce n'était pas tant d'avoir parlé de Jordie. C'était de ne pas avoir réussit à ne serait-ce que penser à lui sans manquer de défaillir.
Il aurait aimé pouvoir songer à Jordie comme son frère ; se rappeler de leur enfance, des joyeux souvenirs à la ferme, des facéties qu'ils avaient joués à leur parents.
Mais non – quand il songeait à Jordie, tout ce à qu'il ressentait, c'était de la haine. De la haine pour Pekka Rollins, pour cette ville qui laissait crever des orphelins, pour tous les grands de ce monde qui ne l'avait regardé que pour tout lui arracher. Cette haine qui continuait de le hanter chaque jour, qui s'agrippait à son cœur et à son âme, qui le conduisait à semer le chaos sur son passage.
Il aurait voulu penser à son frère autrement que comme un levier de destruction.
Mais il n'y arrivait pas.
Jordie avait cessé d'être cette famille qu'il avait tant aimé ; il n'était plus que le déclencheur de la bombe qu'il était devenu.
