Bonsoir !
Je pars du principe que si vous êtes toujours là, c'est que vous avez supporté l'atmosphère terrible des deux premiers chapitres. Alors accrochez-vous encore un peu. Grand focus sur la relation Drago/Astoria. N'hésitez pas à me dire ce que vous pensez d'elle, surtout si vous avez lu Que reste-t-il des jours heureux ? où le personnage était bien différent. Je voulais qu'elle soit plus canon dans cette histoire-ci.
Première confrontation directe, bien que courte, entre nos deux protagonistes. Ils ne vont plus se lâcher.
Un GRAND merci pour les reviews. Vos retours me font chaud au coeur et me motivent !
Bonne lecture !
Merci family-business
Ça va aller
La danse macabre des médicomages tout autour de la chambre ne cessait jamais alors que des ordres étaient beuglés deçà-delà sans que Drago n'y comprenne grand chose. La seule chose qui importait pour lui, c'était de continuer de serrer la main d'Astoria dans la sienne en lui soufflant des encouragements. Il la regardait se débattre avec la vie qui s'arrachait à elle et tout ce sang qui coulait de son corps avec une hargne terrible et il se répéta encore une fois qu'il n'avait jamais vu autant de zèle et d'abnégation à la fois, à vouloir si ardemment donner la vie à un autre être qui pouvait tout aussi bien prendre la sienne.
Drago essuya brièvement son visage, couvert de larmes et de sueur avant qu'une nouvelle contraction ne la crispe entièrement. Il regretta une fois de plus d'avoir engendré cet enfant qui broyait l'unique personne qui lui avait apporté autant de bonheur. Il regretta jusqu'à ce qu'en une expression indistincte, le médicomage annonça l'apparition du bébé. Après quelques instants, il brandissait ce petit corps couvert de la plus extravagante des couleurs et dégoulinant d'il ne savait quoi. Ce petit corps, son fils, juste là. Il n'arrivait pas à détacher son regard de lui, qu'il découvrait pour la première fois après l'avoir tant redouté.
Il avait cru s'en faire un nouvel ennemi, tant il s'en voulait de l'avoir fait apparaître dans leur vie. À quel prix ? Mais rien, rien dans le monde entier, ne pouvait plus le détromper que la vision de son visage rond et rose encore couvert et englué de sang. Les médicomages l'enveloppèrent dans un linge, essuyant sa petite tête sur laquelle quelques fins cheveux se débattaient. Et soudain, si brusquement que Drago se sentit presque électrisé, le bébé ouvrit les paupières sur lui comme s'il n'avait cherché rien d'autre que le visage de son père et se mit à crier. Un soupire de soulagement collectif vibra dans la pièce alors que le petit disparaissait déjà.
« Qu'est-ce que vous faites ? s'exclama Drago, sortant de sa torpeur. Où est-ce que vous l'emmenez ?
– Monsieur, appela le médicomage toujours assit près d'Astoria. Nous allons vous demander de quitter la chambre.
Drago posa les yeux sur lui, mais ne sembla pas le voir. Il bégaya quelques sons inaudibles et posa ses yeux sur Astoria.
– Drago, murmura-t-elle. Ça va aller, ne t'en fais pas. Souviens-toi de ce que je t'ai dit.
Le blond sentit qu'on le tirait par le bras pour le faire sortir, mais comment pouvait-il ne serait-ce que lâcher la main d'Astoria ? Il ne pouvait plus bouger, il ne voulait pas bouger.
– Je t'aime, Drago, sourit Astoria, le visage illuminé d'un coup d'une joie qui faisait presque disparaître ses larges cernes et son teint gris. C'est le plus beau des bébés.
Drago sentit la main se desserrer autour de la sienne.
– Monsieur, insista le médicomage, vous devez nous laisser nous occuper de votre épouse.
– Je vous en prie, articula Drago alors qu'on le conduisait dehors. »
Sauvez-la, aurait-il voulu supplier tant de fois. Mais il ne le put pas et se retrouva cantonné sur un banc lugubre, dans un couloir encore plus lugubre. Il ne savait pas où était son fils, il ne savait pas s'il allait pouvoir retrouver Astoria, il ne savait pas ce qui allait advenir de lui. Il écouta la pluie rageuse tambouriner dehors et il se prit la tête entre les mains, s'abandonnant aux souvenirs.
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Avril 1999
Drago feuilletait un livre distraitement, les jambes croisées par-dessus les couvertures, sans vraiment prêter attention au sujet de l'ouvrage. Le bruit de la douche se dissipa et quelques minutes plus tard, Astoria sortit de la salle de bain et vint s'allonger à côté de lui.
« Qu'est-ce que tu lis ?
Drago referma le livre et jaugea la couverture au titre sans queue ni tête.
– Je ne sais pas trop, répondit-il vaguement. »
Il avait attrapé le premier objet qu'il avait trouvé sur la table de chevet d'Astoria dans l'espoir de s'occuper l'esprit en attendant qu'elle sorte de la douche, mais il n'avait fait qu'ouvrir les premières pages avant qu'il ne se perde dans des réflexions compliquées. Depuis la fin de la guerre près d'un an plus tôt, la fin des procès qui avaient suivi, il peinait à se rattraper à quelque chose pour donner un sens à sa vie.
On lui avait dit qu'il allait vivre avec la cadette des sœur Greengrass et il s'en était bien sûr accommodé. Astoria et lui s'entendaient bien depuis plusieurs années, très bien d'ailleurs à en croire le flirt récurrent auquel ils s'abandonnaient quelques fois à Poudlard. Ils s'étaient rapidement retrouvés avec la guerre et avaient parlé d'eux, s'accordant à dire qu'ils auraient pu tomber sur pire.
« Je suis contente que tu commences un peu à t'intéresser à la culture moldue.
– Quoi ? s'exclama Drago, sortant brusquement de ses réflexions.
– Eh bien le livre, précisa Astoria avec un sourire. C'est une approche comparative entre les sociétés occidentales moldues et sorcières.
Drago referma le livre sans plus y prêter attention et le délaissa sur la table de chevet. Astoria soupira en le voyant faire.
– Pourquoi est-ce que tu ne peux tout simplement pas accepter que tu t'intéresses à ce genre de choses, fit-elle en s'asseyant contre la tête de lit.
– Je ne m'y intéresse pas ! claqua Drago. Je ne lisais même pas ce qu'il y avait d'écrit.
– Mais pourquoi refuses-tu de t'y intéresser ? Ce n'est pas une tare de vouloir en apprendre plus sur les Moldus ou d'être curieux à leur sujet.
– Arrête, Astoria. On ne va pas avoir cette conversation encore une fois. Ça fait six mois qu'on est ensemble et j'ai l'impression qu'à chaque fois que je viens chez toi, c'est la même chose.
– C'est la même chose, oui, parce que je trouve ça ahurissant que tu t'enfermes dans tes préjugés alors que le monde entier cherche à prendre un nouveau départ. Surtout concernant les Moldus.
Drago ne répondit rien, sentant que le sujet allait dériver sur la guerre et qu'il n'avait aucune envie d'y repenser.
– Tu pourras t'accrocher à ce que ta famille t'a enseigné autant que tu voudras, la réalité c'est que les Moldus sont comme nous, à peu de chose près. Et je ne comprends pas comment tu peux vouloir te cantonner à penser l'inverse alors que c'est justement cet aveuglement qui a causé la ruine du monde sorcier. »
Astoria était agacée, il le sentait. Les bras croisés à côté de lui, elle se tenait toute rigide sur le lit. Il aurait voulu lui dire que pour lui ce n'était pas grave s'ils ne pensaient pas la même chose et il espérait que c'était pareil pour elle. Il avait une bien piètre opinion des Moldus et de tout ce qui se rapportait à eux et il se demandait parfois pourquoi Astoria n'avait pas refusé de vivre avec lui. Drago n'avait jamais vraiment songé à son futur avec une femme puisque jusqu'à la guerre, il ne parvenait pas à songer à son futur tout simplement. Il s'était amusé à Poudlard, mais l'engagement lui était presque inconnu. Pourtant il était prêt à s'engager avec Astoria, malgré leurs différents idéaux et leur éducation aux antipodes l'une de l'autre.
Juillet 2002
« Je ne sais pas si je suis d'accord que tu y ailles habillé comme ça, plaisanta Astoria en s'approchant de Drago qui se tenait devant leur dressing.
Le blond rit doucement et l'attrapa par la taille pour la serrer contre lui.
– Et moi donc, répondit-il en l'embrassant tendrement. Quoique, je ferai sûrement fureur avec le combo boxer plus chaussettes dépareillées.
– Auprès des harpies et autres gourdes qui ne viennent que pour se rincer l'œil, non merci, s'exclama Astoria. On ferait mieux de se dépêcher sinon, on va finir par être en retard. Et change de chaussettes.
– À vos ordres Madame, sourit Drago.
Évidemment qu'il allait changer de chaussettes. Il ne pouvait décemment pas se permettre autant de débauche en public. Astoria s'éloigna pour enlever son peignoir et attraper sa robe dans la penderie. Elle sentit soudainement sa tête devenir lourde et vaciller et elle dut de tenir au mur pour garder l'équilibre.
– Est-ce que ça va ? s'inquiéta Drago en s'approchant vivement.
Astoria hocha la tête ; l'étrange sensation était partie. Elle força un petit sourire pour se redonner de l'énergie et enfila sa robe.
– C'est moi qui ne vais pas vouloir que tu y ailles comme ça, susurra Drago en fermant lentement la fermeture qui remontait le long du dos pâle de la jeune femme. »
Il releva ses cheveux de ses épaules et déposa une coulée de doux baisers sur sa peau nue, remontant dans son cou sur un chemin de frissons. Astoria eut un léger rire qui sonna à ses oreilles comme la mélodie printanière d'un oiseau et elle se retourna pour l'embrasser enfin.
Pressés par le temps, ils se dépêchèrent de terminer leurs préparatifs et empruntèrent le réseau de cheminée pour se rendre chez les Parkinson. La fête y était somptueuse, comme toujours, et la salle de réception pleine de tenues plus éclatantes les unes que les autres. Ce soir était un grand jour puisque la fille unique du couple Parkinson avait une grande nouvelle à annoncer. Des fiançailles probablement.
Drago et Astoria retrouvèrent d'un rapide coup d'œil leurs familles respectives, saluant leurs parents qui discutaient activement. Il y avait également Blaise Zabini et Théodore Nott un peu plus loin, accompagnés par Daphné, l'aînée Greengrass. Le groupe était presque au complet, profitant de la chaude nuit d'été sur la terrasse de la grande demeure. Seule manquait à l'appel Pansy, qui ne tarda pas à faire son entrée. Elle était magnifique, bien sûr, dans une robe qui n'aurait convenu qu'à elle et à son bras, un grand brun à la carrure rectangulaire dans un costume de luxe : Valente Carrow.
Drago se fit la réflexion qu'il avait le même air que la première fois qu'il l'avait vu, celui un peu déganté de son oncle et sa tante qu'ils avaient eu le malheur de connaître à Poudlard. Le couple fut acclamé en se positionnant sur un petit promontoire et lorsque le silence se fit dans la salle, le père de Pansy dit quelques mots. Il était enchanté de voir sa fille s'unir avec un membre de la prestigieuse famille Carrow et il leur souhaitait tout le meilleur pour leur avenir. Le mariage était fixé au printemps prochain. L'assistance applaudit et se précipita pour féliciter les nouveaux fiancés.
« Je crois que je n'ai jamais vu un mariage aussi préfabriqué, siffla Théodore entre ses dents.
– Il a au moins vingt ans de plus qu'elle, s'indigna Daphné en observant Valente du coin de l'œil. Elle n'a rien à faire avec lui.
– Quatorze ans, en réalité, corrigea Astoria. Mais qu'est-ce que ça peut faire s'ils sont heureux ?
Tous les autres sorciers du groupe se tournèrent vers elle en haussant un sourcil peu crédule. Daphné grimaça, mimant un haut-le-cœur énervé.
– Tout le monde n'a pas la chance d'avoir été promise à un prince charmant comme le tien, répliqua Blaise avec un sourire en coin.
Ils se turent quand Pansy s'approcha, le sourire aux lèvres.
– Je suis tellement contente que vous soyez là, s'exclama-t-elle en enlaçant ses amis.
Elle agita sa bague étincelante en s'extasiant.
– Je savais que j'allais être la première à me marier !
Valente arriva derrière elle et leurs différences n'en furent qu'accentuées. Il la dépassait d'une bonne tête et demie et semblait avoir été découpé comme un bloc de roche alors que Pansy, déjà juchée sur ses talons aiguilles, avait la taille excessivement fine et longiligne.
– Chéri, je te présente mes amis : Drago et Astoria, Blaise, Théodore et Daphné.
– Enchanté, dit Valente en serrant les mains de chacun et agrémentant celles d'Astoria et de Daphné d'un baiser aristocratique. »
L'aînée Greengrass se raidit et se recula avec un regard sévère et blessé. Chacun se détourna finalement pour profiter de la soirée sous la chaleur lourde de l'été. Mais alors qu'ils s'étaient retirés dans un coin de la salle pour un peu d'intimité, Astoria saisit le bras de Drago quand elle fut prise d'un nouveau vertige profondément désagréable.
« Ce n'est rien, sûrement le champagne, supposa la jeune femme en portant une main à son front.
– On va rentrer, préféra déclarer Drago. Ça fait des heures qu'on est là. »
Astoria hocha doucement la tête et après avoir souhaité une nouvelle fois leurs vœux aux futurs mariés, Drago et elles rentrèrent chez eux.
Janvier 2003
Ce n'était pas le champagne, ça ne l'avait jamais été. Et Drago ne parvenait pas à contenir la colère qu'il avait en lui.
« Comment se fait-il que vous n'ayez rien vu avant alors que ça fait six mois qu'Astoria vient ici pour faire toutes sortes d'examens ? finit-il par exploser devant le médicomage qui venait de leur annoncer qu'Astoria était atteinte par une maladie de sang génétique rare et très dangereuse.
– Je comprends que ce soit dur pour vous, répondit le médicomage avec sa voix dégoulinante de compassion. Nous avons fait tous les tests que nous connaissions pour déterminer la cause du mal-être, mais nous n'avions pas cherché les marqueurs de cette maladie qui touche une part infime de la population. Nous ne pouvions pas deviner que vous aviez des antécédents de ce type dans votre famille.
Drago secoua la tête, maudissant ces incapables médicomages. Astoria posa une main sur la sienne et la caressa doucement.
– Tout n'est pas perdu, n'est-ce pas ? demanda-t-elle à l'homme devant eux. Ce n'est pas une maladie nécessairement fatale.
Le médicomage eut la décence de ne pas nier alors qu'elle faisait tant d'efforts pour ne pas sombrer elle aussi.
– Nous allons continuer à vivre comme nous l'avions prévu, déclara Astoria. Seulement, je viendrai ici, je prendrai les traitements, mais je refuse que ça ruine notre vie.
Elle serra plus fort la main de Drago pour qu'il comprenne bien ce qu'elle était en train de lui dire. Il hocha la tête.
– On va se marier, continua la jeune femme, on fera tout ce qu'on pourra... »
Elle avait ses plans, ses idées déjà toutes calculées pour que leur vie ne soit pas trop affectée par son état de santé. Elle était plus forte que n'importe qui. Elle faisait face et ne se laissait pas aller au désespoir. Mais Drago ne pouvait pas s'empêcher de penser que rien ne pourrait être pareil. Il était heureux, par Salazar, pourquoi fallait-il que le malheur s'acharne ?
« Drago, ça va aller, murmura Astoria alors qu'ils étaient rentrés chez eux.
Le blond ne répondit rien, ruminant toujours ses idées noires.
– Drago, répéta Astoria avec intensité. Je refuse d'arrêter de vivre ma vie tout simplement parce que cette fichue maladie a décidé de se réveiller dans mon organisme. Je veux qu'on se marie, qu'on vive pleinement notre vie et qu'on en profite. Je veux qu'on ait des enfants…
– Non, la coupa vivement Drago. Tu as entendu ce que le médicomage a dit si jamais tu tombais enceinte.
– Je veux qu'on ait des enfants ! répéta Astoria, sans appel possible. On en fera des bons sorciers et on leur offrira une belle vie. Je veux que tu te souviennes de ça, Drago. Je veux que nos enfants soient heureux, quoi qu'il arrive, et je veux que, pour la première fois dans l'histoire de l'humanité, nos enfants soient des Malefoy tolérants. »
Cela eut le mérite de tirer un petit sourire à Drago qui imaginait parfaitement ce que son père dirait s'il rencontrait des « Malefoy tolérants ».
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Dans le couloir de Sainte-Mangouste, Drago n'avait plus envie de sourire.
Plus loin, Hermione fixait depuis de très longues minutes le drap blanc du lit sur lequel reposait la main immobile de Fred. Elle avait appris par Ron ce que le médicomage avait dit à George et leurs parents et cela lui avait brisé le cœur. Elle avait suivi son besoin de se rendre à l'hôpital pour voir Fred encore une fois avant que la décision, quelle qu'elle fût, ne soit prise. Cela avait certainement été la pire idée qui était car depuis qu'elle s'était assise sur le fauteuil dans la chambre, elle était au bord des larmes.
Au fond d'elle, comme tout le monde certainement, elle avait toujours espéré qu'un jour, Fred se serait réveillé de son long sommeil et qu'il aurait peu à peu repris sa place dans leurs vies à tous. Elle s'était aussi longtemps demandé s'il souffrait, derrière son visage impassible et ses paupières closes. Elle avait espéré que non.
Hermione passa une main tremblante dans ses cheveux. Elle était fatiguée de cette vie où rien n'allait dans le bon sens. Elle était fatiguée de devoir lutter contre les larmes tous les matins et tous les soirs. Elle devait retourner au Ministère et cette simple idée lui tira un gémissement accablé. Elle voulait une vie où personne ne mourrait, où personne ne pleurait. Une vie où elle faisait un travail qui la comblait et où elle riait. Elle voulait rire. Elle voulait être heureuse.
Elle se trouva soudain profondément égoïste de penser à son propre bonheur alors qu'elle était au chevet de Fred qui se battait contre la mort et qui n'avait que la douleur pour savoir qu'il vivait encore. Les larmes lui brûlaient les yeux et Hermione se leva d'un bon, refusant de pleurer dans la chambre de Fred pour ses problèmes qui lui semblaient infimes. Une fois dans le couloir, la brune se précipita en direction des toilettes, ignorant ce qui se passait autour d'elle.
« Monsieur Malefoy, appela le médicomage qui venait de sortir de la chambre.
Drago sortit de ses souvenirs brusquement, incapable de dire depuis combien d'heures il était assis sur ce banc froid. Il se leva et posa les yeux sur l'homme à côté de lui et il sentit son cœur se décrocher dans sa poitrine en un déchirement lugubre.
– Je suis profondément désolé, dit le médicomage avec une douceur acide. »
Drago n'entendit pas la suite et ne vit pas l'homme s'éloigner. Il fit un pas chavirant dans le couloir et eut l'impression de se prendre un ouragan en pleine figure. Ou bien c'était autre chose…
– Non, mais ça va pas, Malefoy !
Il sentit sa tête se tourner sans qu'il ne la contrôle réellement vers l'origine du cri.
– Granger. C'est quoi ton problème ? s'entendit-il dire.
Hermione l'avait percuté de plein fouet dans sa course et s'était retrouvée projetée contre le mur. Comme si la secousse avait ouvert toutes les vannes de son corps, elle éclata en sanglots, tremblante de la tête aux pieds.
– Dégage, Malefoy ! hurla-t-elle. Occupe-toi de ta fichue personne et dégage ! »
Le blond recula d'un pas et la jeune femme reprit sa course, incapable de contrôler les larmes qui s'étaient accumulées depuis plusieurs semaines.
Drago resta dans le couloir encore un moment, immobile, incapable de réaliser ce qui lui arrivait. Et puis une femme en blouse s'approcha de lui, le visage résolument peiné, et lui indiqua qu'il pouvait entrer dans la chambre s'il le souhaitait. Avec tout le courage qu'il possédait, il poussa la porte et s'approcha du lit. Cela lui semblait irréel. Les longs cheveux d'Astoria coulaient en cascade de chaque côté de sa tête. Le lit était bordé, parfaitement fait, immaculé. Il n'y avait plus une seule trace de sang, de tout ce sang qui s'était écoulé de son corps malade. Elle ressemblait à une poupée. Une poupée morte.
Un soubresaut traversa Drago à cette pensée et il glissa au bord du lit, à genoux à côté d'elle, attrapant sa main dans la sienne et murmurant son prénom alors que son visage disparaissait dans les pleurs. Il pleurait comme il n'avait certainement jamais pleuré avant. Il pleurait autant qu'il pleuvait dehors, dans un déluge de douleur et de désespoir. Il pleurait sa femme, il pleurait leur bonheur, leur vie d'avant. Il pleurait cette main qu'il ne pourrait plus jamais caresser, ce visage qu'il ne pourrait plus embrasser. Il pleurait sa voix qui avait passé tant de nuit à le réconforter et qu'il n'entendrait plus jamais.
Il pleurait ce jour-là, autant que son corps contenait de larmes parce que c'était le dernier jour de sa vie où il pleurerait. C'était le dernier, oui, il en faisait le serment. Parce que quelque part, il y avait son fils et qu'il s'était promis avec Astoria que leurs enfants seraient heureux. Quelque part, il y avait son fils, à qui il dévouait sa vie désormais.
Vous avez beaucoup de courage !
Je vous promets, c'était peut-être le pire, mais c'est le dernier chapitre aussi triste. Il fallait bien que ça culmine à un moment donné. Tout finira par s'arranger.
Merci d'avoir lu et à très bientôt !
