Bonjour !
Voilà la suite et le mystère qui s'épaissit.
Plusieurs d'entre vous m'ont dit que vous ne receviez plus les notifications/email de publication depuis un moment. J'espère sincèrement que le problème va se régler ou que vous allez au moins passer par là par hasard. Dites-moi si c'est revenu à la normale ou pas et si vous voulez que je vous envoie un PM lors de la publication en attendant que ça s'arrange.
Je vous remercie encore pour les reviews. N'hésitez pas à me dire ce que vous pensez de l'intrigue, des personnages et du déroulement de l'histoire.
Je vous souhaite une bonne lecture !
Merci family-business.
Je t'aime
Le mois d'avril progressait et avec lui, le temps fluctuait entre givre matinal et après-midi ensoleillés. Le manoir était calme, enveloppé dans une douce quiétude qui était propice à l'efficacité. Depuis la naissance de son fils -il préférait dire « la naissance de son fils », plutôt que « le décès de sa femme », Drago avait un peu mis de côté les affaires et il était temps pour lui de reprendre avec assiduité le travail. Une fois Scorpius endormi dans son berceau, il monta à l'étage et s'enferma dans le bureau. Il y avait plusieurs lettres laissées en suspens, des contrats à lire et à signer éventuellement. Une note de Blaise, parmi d'autres, attira son attention.
Il la lut rapidement et son regard se posa dans le vague alors qu'il se mettait à réfléchir. Blaise gérait son entreprise d'une main experte, mais la concurrence qu'il entretenait avec une autre firme londonienne lui faisait parfois avoir des idées saugrenues. Essayer de vendre de nouveaux lots en passant par l'intermédiaire de la cadette Weasley en était une que Drago n'arrivait pas à comprendre. Pourquoi ne pas écrire tout simplement aux entraîneuses de l'équipe ? Ou se référer aux commerciaux de la ligue de Quidditch ? Il ne comprenait même pas comment ils avaient eu le temps de parler affaires en cinq minutes à l'hôpital.
Blaise était comme lui et c'était pour cela qu'ils s'entendaient bien. Ceux qui ne faisaient pas partie de leur monde n'avaient droit ni à leur intérêt ni à leur confiance. Et les deux intruses de la soirée n'avaient ni l'un ni l'autre. Mais Drago avait une confiance aveugle en son meilleur ami et bien que la chose lui paraissait profondément absurde et sans fondement, il ne ferait pas de remarque. Si un partenariat avec l'équipe de Weasley-fille pouvait faire gonfler les caisses de l'entreprise, il ne s'y opposerait pas. Mais par pitié, que toute cette histoire reste loin de cette fichue Granger.
De toutes les personnes qu'il connaissait, Drago avait toujours pensé qu'Hermione Granger était celle qui l'exaspérait le plus. Depuis leurs années communes à Poudlard où elle était la bonne petite élève sage et préférée de tous, jusqu'à maintenant où elle occupait un poste au sein du même Ministère qui l'avait écarté, lui. Elle était insupportable. Il l'imaginait bien faire son travail à merveille et avec autant de dévotion que pour les devoirs scolaires de ses jeunes années. Et tous les jours, il se demandait comment elle faisait pour être aussi énervante.
Lui qui, enfant, avait tout eu et n'avait jamais dû faire de concessions, il détestait cette femme qui semblait toujours avoir quelque chose de plus que lui. Drago avait été obligé d'endurer les temps après la guerre avec tout ce que portaient son nom et sa famille. Il avait dû se battre contre tous pour prouver au monde entier et plus encore qu'il méritait le respect, ou au moins d'être traité au même niveau qu'un autre sorcier qui avait vécu, d'une autre manière certes, les horreurs de Voldemort.
Mais ce n'était pas le sourire politiquement correct que la brune arborait dans les couloirs du Ministère qui s'était fixé dans l'esprit de Drago. Depuis des jours, à chaque fois que son esprit divaguait malheureusement vers cette insupportable sorcière, c'était son expression d'abord perdue puis profondément affligée qui s'imposait. Et ses joues écarlates couvertes de larmes.
En fin de compte, et c'était la conclusion que faisait Drago en écartant Granger de son esprit concentré, même les soi-disant meilleurs pouvaient craquer. Il ne suffisait pas d'avoir un nom auréolé de gloire et un cerveau surdéveloppé pour maintenir l'illusion d'une vie parfaite.
« Tout va comme tu le souhaites ?
Drago tourna les yeux vers la porte du bureau où se tenait son père.
– Oui, assez.
– Tu t'es assuré que les comptes étaient dans l'ordre ? Tu as reçu beaucoup de courrier. Rien de préoccupant ?
– Je sais bien que je n'ai pas été très impliqué dans les finances ces derniers temps, mais je n'ai pas perdu le sens du travail, père. Les bénéfices sont toujours importants et vous n'avez aucune raison de vous inquiéter. »
Lucius plissa légèrement les yeux, sondant son fils une seconde, avant de hocher la tête en tournant les talons. Drago se pencha à nouveau sur les notes qu'il avait reçues et jeta un dernier coup d'œil rapide sur ses comptes. Il allait falloir qu'il se rende à Gringotts pour contrôler tout cela lui-même ; il n'avait toujours pas une confiance absolue dans les gobelins.
La dernière enveloppe qu'il décacheta acheva sa matinée de travail. Un compte rendu semi-mensuel des actions qu'il possédait dans une entreprise londonienne avec qui il avait traité plusieurs fois ces dernières années. Le commerce était florissant, visiblement, et cela ne pouvait que le satisfaire. Il inscrivit quelques notes d'une main légère et rangea l'enveloppe avec d'autres semblables qui portaient le même logo : deux initiales entrelacées dans une forme abstraite, « C.C ».
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« Entrez ! »
Hermione releva la tête de son bureau alors que la porte s'ouvrait sur Harry qui lui adressa un rapide sourire avant de se faufiler à l'intérieur de la pièce. Il sortit une pochette de parchemins de sous son uniforme et le lui tendit.
– C'est une copie de tous les documents auxquels j'ai accès. Tu peux les garder. Je ne sais pas si ça peut t'aider, mais tu auras peut-être une vision plus globale des activités de cette boîte.
Hermione jeta un rapide coup d'œil aux papiers et hocha la tête.
– Je regarderai et je te tiendrai au courant. Il faut que j'avance sur les dossiers du Ministère, mais je compte bien aller voir dans les salles de documentation les listes d'entreprises qui sont répertoriées. « C.C », c'est forcément quelque chose ou quelqu'un.
– J'espère que tu trouveras quelque chose. Le Bureau est sur le point de clore l'enquête avec seulement le motif de détention illégale d'ingrédients pour potions classés D. Je suis sûr qu'il y a plus que ça. »
Hermione s'attela à terminer son travail le plus rapidement possible et lorsque la pause déjeuner arriva, elle quitta son bureau. Dans l'ascenseur, son cerveau tournait toujours à plein régime. « C » comme Cambridge, Coventry. Comme cacahuète, cétacé ou colimaçon. La sorcière poussa un soupir agacé alors que son esprit divaguait et s'emmêlait autour de choses profondément inutiles. Compagnie. Oui, ça c'était peut-être une piste. Une entreprise dont la dénomination contenait le mot « compagnie » ou éventuellement le nom d'un lieu du pays. Si elle admettait qu'elle avait déjà un « C » sur deux, les recherches seraient bien moins complexes.
Forte de ce nouvel espoir, elle s'engagea dans les grandes allées du secteur de documentation jusqu'à ce qu'elle trouve le répertoire des entreprises et commerces sorciers d'Angleterre. Après s'être identifiée grâce à sa baguette, elle attrapa le dossier mis à sa disposition et s'installa sur une table à proximité. La liste était aussi vaste que l'était le monde économique sorcier du pays. Même en ensorcelant les parchemins pour que seules les raisons sociales commençant par « C » soient visibles, il y en avait plusieurs centaines. Le découragement gagna peu à peu Hermione qui voyait le temps défiler sans parvenir à aucun résultat.
Elle referma le dossier la mine contrite. Il y avait bien plusieurs noms qui combinaient les deux lettres identiques comme initiales, mais aucune de ces entreprises de coiffure canine, de chaudronniers du Cheshire, ou d'elle ne savait quoi d'autre, n'avait le profil pour participer à du trafic d'elfe illégal sous couvert de leur propre commerce.
Peut-être que ce qu'elle cherchait n'était pas basé en Angleterre, mais qu'il fallait élargir à la Grande-Bretagne. Elle n'était pas près de trouver le fin mot de cette histoire, si tant était qu'il s'agissait réellement d'un trafic d'elfe entre la firme sur laquelle enquêtait le Bureau des Aurors et cette entreprise mystérieuse.
Avant de ranger le dossier à sa place, Hermione chercha rapidement le nom de la firme perquisitionnée et son référencement dans les étagères. Quelques mètres plus loin, elle trouva la section contenant les fiches détaillées de l'entreprise, mais quand elle s'identifia pour les consulter, un message apparut, lui indiquant qu'elle n'était pas autorisée à avoir accès à des informations concernant des enquêtes en cours. Doublement frustrée, Hermione regagna son bureau le ventre vide et la tête occupée. Elle plaça les documents qu'Harry lui avait rapportés dans son sac et s'en retourna à son travail officiellement barbant.
Ce n'est que lorsqu'elle se dirigeait vers les ascenseurs le soir pour rentrer chez elle que la jeune femme comprit qu'elle avait mis le doigt sur quelque chose de plus louche qu'elle ne l'aurait imaginé. Au détour d'un couloir, elle tomba sur son supérieur au sein du Département de régulation des créatures magiques qui était visiblement à sa recherche.
C'était un homme d'une quarantaine d'années trop propre sur lui et toujours excessivement certain de posséder un charme supérieur à la moyenne. Charme qu'il avait déballé à Hermione lorsqu'elle avait intégré le Département comme à probablement chaque femme qui avait croisé sa route, quel que soit son âge. Sauf que la brune ne s'était pas du tout prise au jeu, bien au contraire.
Elle se révoltait que de telles choses fussent encore possible dans les institutions sorcières, se doutant parfaitement que la raison pour laquelle elle stagnait depuis des mois dans des missions sans intérêt était qu'elle refusait de jouer la midinette devant lui pour engraisser son ego.
Il lui faisait bien comprendre qu'en lui tenant tête, elle ne pourrait pas espérer un poste plus valorisant et ce soir-là ne faisait pas exception. C'était bel et bien pour critiquer et rabaisser son travail qu'il venait délibérément la trouver.
« Mademoiselle Granger, j'ai à vous parler.
– Monsieur Fox.
– Vous avez consulté le répertoire commercial aujourd'hui, il me semble. Et je ne crois pas vous avoir demandé de le faire.
– Les informations circulent vite dans le Département, répliqua Hermione sans se démonter. Je l'ai consulté, en effet, sur mon temps libre. Je ne vois pas en quoi cela peut poser problème.
– Ne jouez pas à cela avec moi. Je vous ai déjà confié de nombreux dossiers qui doivent être traités sans attendre. Si vous prenez du retard sur mes demandes à cause de vos recherches personnelles, je ne manquerai pas de l'imputer à votre salaire.
– Depuis que je travaille ici, il ne me semble pas vous avoir déjà rendu un dossier en retard et ce n'est pas près d'arriver, assura Hermione avec zèle et une pointe d'hypocrisie face au chantage.
Fox plissa les yeux et fit un pas vers elle, soudainement plus menaçant qu'à l'accoutumer.
– Vous avez cherché à consulter les fiches de l'entreprise la Maison des Potions, renchérit-il vivement. Ne croyez pas que j'ignore votre petit manège avec l'Auror Potter. Je ne sais pas quel genre d'histoire vous vous racontez, mais il s'agit ni plus ni moins que d'une affaire de détention illégale d'ingrédients interdits. Certainement pas d'un trafic quelconque et le Département de régulation n'a rien à voir avec cette enquête, gronda Fox.
Hermione ne baissa pas le regard alors qu'elle réalisait que son supérieur venait de perdre son sang-froid devant elle pour la première fois depuis qu'elle le fréquentait. Et pourtant, elle se doutait que son attitude à l'égard de Fox aurait pu causer la même chose plus d'une fois auparavant. L'homme se recula et lui adressa un regard dur.
– Restez en dehors des affaires du Bureau et contentez-vous de faire ce que je vous ordonne, claqua-t-il avant de tourner les talons. »
Hermione prit quelques instants pour assimiler tout ce qui venait de se passer et alors qu'elle s'adossait dans un coin de l'ascenseur, elle fronçait de plus en plus les sourcils en se repassant la discussion qui venait de se terminer. En quittant le Ministère, elle ne rentra pas chez elle, mais transplana directement dans un autre appartement qu'elle connaissait bien.
« Salut ! Je ne vous dérange pas ?
Harry et Ron étaient en pleine partie de bataille explosive et la saluèrent joyeusement.
– Qui est-ce qui gagne ? demanda la jeune femme en s'installant sur un pouf à une distance respectable d'eux.
– Devine, maugréa Harry. Je ne serai jamais assez fort pour le battre, ça devient presque absurde.
– Tu n'es certainement pas mauvais, répliqua Ron. Mais j'ai affaire à de rudes adversaires à la maison depuis que je suis gamin. J'étais obligé de devenir excellent sans quoi on m'aurait grillé tous les cheveux que j'avais sur la tête.
Ils rirent ensemble et Hermione se laissa presque à ne plus penser à la raison principale de sa venue.
– Harry, est-ce que tu as parlé de tes soupçons sur l'enquête à quelqu'un d'autre que moi ?
Le brun n'eut pas besoin de réfléchir et secoua la tête de gauche à droite.
– Personne. Je n'en ai même pas parlé à Ron, tu es la seule au courant. Pourquoi ?
– Soit c'est une grosse coïncidence, soit tu as mis le doigt sur quelque chose de bien plus vaste que tu ne le croies.
Hermione se redressa sur son pouf alors que son cerveau continuait de traiter les informations denses qui le remplissaient.
– Je me suis faite coincer par Fox qui nous surveille tous les deux. Il sait que tu t'intéresses de près à cette entreprise et que je suis allée consulter les registres. En dehors des menaces et de l'injonction de rester en dehors de cette affaire, il m'a dit quelque chose d'un peu étrange. Il m'a assuré qu'il ne s'agissait que d'une affaire de détention illégale d'ingrédients de potion et pas d'un trafic quelconque, cita Hermione.
Harry haussa les sourcils, faisant immédiatement le lien.
– Il t'a vraiment parlé d'un trafic ? C'est peut-être une coïncidence.
– Plus j'y pense et moins j'y crois. Je t'assure, il s'est complètement emporté, soutenant que la Régulation n'avait rien à faire dans cette histoire et qu'il ne fallait surtout pas se mêler de ça. Je crois que tu as raison quand tu dis que le Ministère cherche à clore l'enquête trop rapidement.
– Peut-être qu'il est impliqué dans le trafic, ton Fox, tenta Ron.
– Peut-être…, murmura Hermione. Si c'est le cas, il ne me lâchera pas d'une semelle.
– Je ne sais pas trop, objecta Harry en se détournant quelque peu du jeu. Il a pu parler de trafic par hasard. J'ai un peu du mal à l'imaginer baigner dans des affaires louches.
Hermione haussa les épaules, démunie face à tant de questions sans réponse.
– Et pour Parkinson ? demanda Harry.
– Je doute qu'elle vienne spontanément me parler de sa vie, mais j'ai une idée de ce que je peux faire.
– Pourquoi est-ce que tu t'occupes d'elle ? Ce ne sont pas tes affaires et elle va t'envoyer promener.
– Probablement. »
Après un silence, les deux sorciers reprirent la partie alors qu'Hermione questionnait Ron sur la santé de Fred qui avait définitivement rejoint le domicile familial. Après un temps passé à discuter de choses et d'autres, Hermione regagna son appartement et se plongea dans les questionnements concernant ce qui était devenu dès lors son enquête personnelle sur les étrangetés du Ministère.
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Il faisait clair dehors et l'air était doux. Pas suffisamment pour pouvoir laisser ouvertes les grandes fenêtres, mais assez pour pouvoir profiter d'une promenade dans le parc. Assise devant son grand miroir, Pansy s'examinait tout en réfléchissant à ce qu'elle allait mettre. Elle allait boire le thé chez ses parents, ce qui n'était pas arrivé depuis un certain temps, et se devait par conséquent d'être parfaite. Elle était leur fierté, leur bijou. Leur argument principal lorsqu'il était question de parler de la réussite familiale. Elle devait être parfaite, à l'image de ce qu'ils pensaient d'elle.
La jeune femme se leva en retenant son souffle et défit le peignoir léger qui s'échoua sur le fauteuil derrière elle. Après un instant, elle pinça avec trois doigts la peau de son ventre, estimant sévèrement qu'il y avait trop d'épaisseur. Elle repensa à la potion coupe-faim qu'elle avait avalée en guise de repas et à toutes celles qu'elle avait prises les mois et années précédentes en entamant son régime alimentaire strict. Elle gonfla la poitrine et rentra davantage son ventre, se bloquant dans cette position pour le reste de la journée.
Finalement, une robe fourreau chameau devrait faire l'affaire, à condition de penser à camoufler les bleus virant au jaune qui ponctuaient ses bras. Les autres ne se voyaient pas. Pour les chaussures ? Des souliers à bride années 50 aux talons modérés. C'était suffisant pour être élégante. Après tout, ce n'était qu'un thé avec ses parents. Pansy s'installa devant sa coiffeuse et arrangea ses longs cheveux en un chignon agrémenté d'une broche avant de pencher légèrement la tête sur le côté, se demandant si elle allait se maquiller ou pas. Elle décida que non et se contenta d'un peu de fond de teint pour uniformiser sa peau.
Debout devant son miroir, elle se trouva plutôt jolie. Au loin, elle entendit la porte d'entrée claquer et sa respiration se bloqua. Elle ferma brièvement les yeux et quand les pas arrivèrent à la chambre, elle se crispa complètement.
Valente entra le menton haut et l'observa des pieds à la tête alors qu'il s'approchait. Il la saisit par les épaules et déposa un baiser rugueux sur ses lèvres douces.
« Tu vas quelque part ?
– Chez mes parents.
Valente hocha la tête.
– Tu as terminé ? demanda Pansy.
– Par Merlin, non ! Je ne fais que passer récupérer des papiers. Il faut bien que je travaille pour pouvoir payer toute ta garde-robe.
Il passa ses mains autour de la taille de sa femme -il aurait pu la soulever sans effort, il l'avait déjà fait- et la colla à lui dans un marmonnement qui semblait indiquer qu'il appréciait sa robe moulante. Pansy se laissa aller dans cet élan de presque tendresse, se serrant contre le torse puissant qui s'imposait devant elle.
– Tu n'as pas oublié que nous dînons chez un collaborateur lundi soir ? dit Valente en l'écartant brusquement de lui. Tu penseras à te faire un peu plus belle que ça, c'est important. Je ne veux pas passer pour un sorcier de seconde zone. »
Il s'éloigna en de grandes enjambées, visiblement pressé de retourner à ses affaires. Pansy se tourna vers le miroir et se demanda si finalement il ne fallait pas qu'elle se maquille. Elle repensa au temps où elle n'avait pas besoin de ça pour se sentir belle. Quand le maquillage n'était qu'une coquetterie de plus. Mais elle n'était plus la Pansy Parkinson qu'elle était quelques années plus tôt.
Elle se souvenait très distinctement de ce sentiment profond de fierté et d'orgueil qui l'avait animé dès le jour où on lui avait présenté Valente Carrow. Ce n'était pas n'importe quelle sorcière qui allait l'épouser, non, c'était bien elle. Cet homme d'affaires accompli, réputé et riche. Il l'avait impressionnée au début avec son physique d'armoire à glace et ses opinions arrêtées. Elle l'avait admiré, un peu, se sentant minuscule et protégée à ses côtés. Il l'avait faite se sentir comme une reine, unique et inaliénable. Mais en réalité, elle lui appartenait déjà depuis le jour où ils avaient conclu le contrat de mariage qui unirait sa joue à sa main.
Après trois années de vie commune, elle ne pouvait que constater qu'elle ne connaissait pas cet homme qui partageait son lit. Elle ignorait ce qu'il faisait exactement pour gagner sa vie et parfois, elle avait l'impression qu'il avait déjà vécue une vie entière avant de la connaître. Il ne lui avait jamais parlé de son passé, de son enfance, de sa famille. Elle aurait aimé qu'ils soient plus proches.
Pansy traversa la grande maison que Valente avait faite construire pour eux et rejoignit le salon. Elle n'avait pas touché à son visage ; elle serait belle une autre fois. Un pas dans la cheminée et elle se retrouvait dans sa maison d'enfance où sa mère l'accueillit avec chaleur. Sourire, donner le change et ne pas manger de gâteau. Pourquoi ? Elle n'avait pas très faim et préférait se contenter du thé, merci. Elle allait bien, oui, elle était heureuse et n'avait besoin de rien. Sa mère était rassurée et n'en doutait pas une seule seconde. Pansy se disait parfois que sa mère n'avait jamais été très douée pour comprendre sa fille. Mais c'était mieux ainsi. Ses parents étaient fiers de ce que leur famille était devenue et elle n'allait pas les encombrer avec ses incertitudes et ses tourments.
Le temps passa trop rapidement et Pansy se résolut à rentrer.
« Le maître travaille encore, l'informa un petit elfe de maison qui l'accueillit à son arrivée.
– Qui es-tu ? demanda sèchement Pansy en découvrant cet être qu'elle ne connaissait pas.
– Mibis, je suis là pour servir la maîtresse.
– Où est mon elfe ?
– Le maître l'a emporté quand il a déposé Mibis. Est-ce que la maîtresse veut que Mibis prépare le souper ? »
Pansy poussa un soupir exaspéré et agacé. Elle détestait cette manie que Valente avait de changer les elfes de maison constamment. À chaque fois, il fallait qu'elle réexplique ses habitudes et une fois sur deux, elle n'obtenait pas ce qu'elle désirait. Il restait probablement de la soupe froide dans la cuisine, elle prendrait cela. Pour le reste, une rapide liste des potions diététiques qu'il fallait aller acheter et elle lui expliquerait le reste plus tard.
Le soir tomba dans le silence de la maison et Pansy finit par aller s'allonger. Un éclat de voix dans le hall lui indiqua que Valente était rentré, sans qu'elle puisse déterminer toutefois s'il était de bonne humeur ou en colère. Elle attendit, immobile, de savoir comment allait se terminer sa soirée jusqu'à ce que Valente entre dans la chambre. Un coup d'œil sur elle avant qu'il ne se dirige vers la salle de bain. Peut-être que sa journée ne s'était pas passée si mal. Peut-être que la douche allait le détendre. Pansy ferma les yeux et se mit sur le côté, dos à la porte de la salle de bain. Elle tendit l'oreille, se concentrant sur le bruit de l'eau qui coulait dans la douche, puis dans le lavabo. Et finalement, la porte s'ouvrit et le lit s'enfonça à côté de la jeune femme.
Pansy expira l'air qu'elle avait retenu et se détendit lentement alors que les mains de Valente se mettaient à courir sous sa chemise de nuit. Elle ne souhaitait que cela chaque soir, un moment d'intimité qui lui donnait l'illusion d'une vie conjugale accomplie et banale. D'un geste doux mais sûr, Valente la retourna vers lui et lui sourit en lui retirant son unique vêtement. Et alors qu'il s'adonnait à la couvrir de caresses plus délicieuses les unes que les autres, Pansy s'abandonna à la douceur de l'instant. Elle chérissait cet homme qui la choyait et la faisait se sentir comme la femme la plus importante du monde. Cet homme qui venait rarement la voir le soir, mais qu'elle préférait tant à l'homme d'affaires qui était son époux. C'était celui-là qu'elle aimait et qu'elle ne voulait pas quitter.
Il l'élevait sur lui comme une reine en la comblant de jouissance et derrière ses paupières closes, Pansy se laissa aller dans l'espoir que tout allait finir par s'arranger alors qu'elle imaginait Valente lui murmurer « Je t'aime ».
