Amis du net, bonjour !
Voici, rien que pour vous, le chapitre 5 presque dans les temps ( serait-ce là le miracle de Noël ?!). Comme vous allez pouvoir le constaté, l'effet « joie, bonheur et paix » de cette période de fête à de très troublantes répercussions sur mon mental ( déjà fort dérangé, avouons-le lol). C'est à croire qu'au plus les gens sont heureux, au plus mes idées sont tordues et sordides…
Enfin bref, tout ça pour dire que ce chapitre est assez noir, je vous conseille donc de le lire en écoutant une petite musique entraînante histoire de ne pas aller vous jeter par la fenêtre après lol.
Sur ce je vous dis à tous un très très très très grand merci ( je réponds individuellement la prochaine fois promis !) et bonne lecture.
Ah, oui, comme plusieurs personnes me l'ont demandé dans les reviews, je précise que oui, Lucius Malfoy est bien mort.
Have fun ( enfin presque.)
Chapitre 5 : 2 ans plus tard.
Noir…
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Froid…
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Peur…
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Mal…
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Du bruit…
J'entends des pas qui résonne…Quelqu'un vient.
Peur.
Encore du bruit qui perce la brume opaque qu'est devenu mon esprit.
Noir.
Rien que du noir autour de moi.
Et ce bruit :
Un cliquetis de clefs, des formules magiques. Une porte s'ouvre.
Toujours ce noir qui m'enveloppe.
Une voix siffle :
« - Debout. »
Je ne peux pas me lever.
Trop mal…
Deux mains glacées m'agrippent, m'emportent.
Je murmure :
« - Où ? »
Pas de réponse, juste l'échos des pas qui m'entraînent je ne sais où, et ces griffes acérées qui me font mal.
Et ce noir terrifiant…
Combien de temps avant de tomber sur un sol humide et tiède ? Une heure ? deux jours ? Trente secondes ?
De l'eau sur mon corps, chaude. Elle coule sur mon visage, je bois, j'ai mal.
Noir.
Encore ces mains qui me portent et me posent contre un mur, Une couverture sur mon dos.
Je murmure encore :
« - Où ? »
Un sifflement :
« - Visite. Demain. Procès. »
Un rire aigu.
Visite ?
« - Qui ? »
Pas de réponse. Juste ces deux mains glacées qui me prennent et m'emportent là où l'obscurité est plus claire.
Mais toujours ce noir.
…
Attente…
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Arrivée devant la porte de la prison, mes jambes se dérobent sous moi. Il est obligé de passer un bras autour de ma taille et de m'aider à faire les quelques mètres qui nous séparent du gardien.
Il lui tend les laissez-passer et dit simplement, la voix à peine tremblante :
« - Je suis l'avocat de Draco Malfoy, et voici sa fiancée. Nous sommes ici pour la visite autorisée. »
Le gardien nous scrute longuement avant de grogner :
« - C'est bon, allez-y. »
Nous entrons dans une sorte de sas très sombre et très sale. Là, un Dementor s'avance et siffle :
« - Suivez-moi. »
Je le sens qui se raidit contre moi, mais il ne flanche pas. Il resserre un peu plus son étreinte et me porte presque à la suite de la créature.
Arrivé devant une porte blindée, il se tourne vers nous et demande :
« - Laissez-passer. »
Il les lui tend.
« - C'est bon, entrez. »
Il dit, visiblement terrifié :
« - Non, pas moi. Seulement elle. »
La bête sans visage marque une seconde de réflexion et finit par dire :
« - D'accord. »
Il a un sourire encourageant et murmure :
« - Je t'attends ici Mione. »
Je ne souris pas, je dit simplement dans un souffle :
« - Merci. »
Puis, j'entre.
La pièce est petite, mais assez propre et éclairée. Les murs sont blanchis à la chaux.
Il y a un lit-cage, une table, deux chaises.
Rien d'autre.
Si, dans un coin, il y a, tout recroquevillé…
« - Dray… »
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Une voix.
Douce…
« - Dray… »
Cette voix ?
Je lève la tête.
Noir…
« - Dray… »
Encore cette voix.
Encore ce noir.
« - Mi…Mi…Mione ? »
Deux mains douces et tièdes sur mon visage, tellement agréables. Ses lèvres sur ma peau.
« - Rêve ?
- Non… non, Dray, je suis bien là. »
Elle me soulève, me porte, m'adosse contre une chaise.
Un chuchotement, une plainte étouffée :
« - Qu'est ce qu'ils t'ont fait… »
Sa voix…
Sa voix ravive ma force. Je sens ses mains sur mon visage. Soudain, elle touche mon front.
J'ai mal.
Je me recule vivement.
« - Ma tête… mal…mes yeux. »
Je sens son souffle dans mon cou, elle murmure :
« - Tes yeux…Dray, tes yeux…
- Rien… Tout est noir…Noir… »
Mal à la tête…
« - Attends. Je vais nettoyer tes yeux… »
Non !
« - Non…trop mal…
- Je vais faire doucement mon Ange. »
**********
Il est terriblement amaigri, j'arrive à le porter sans aucune difficulté et à l'asseoir sur une chaise. Il tremble de tout son corps squelettique.
Sa voix n'est qu'un murmure essoufflé, chaque mot qu'il prononce lui coûte des efforts considérables.
Son visage est creusé, sale, il porte les marques de la fatigue extrême et de la souffrance la plus profonde…
Et ses yeux…
Par Merlin, ses yeux…
Ils sont recouverts d'une épaisse croûte de sang noir et de pus.
Il souffre atrocement.
Je me lève et sors demander des linges et de l'eau tiède, ainsi qu'un désinfectant. Bizarrement, on ne me les refuse pas.
Il n'a pas bougé de là où je l'ai laissé.
Il lève son visage perdu vers moi et murmure :
« - Ce…n'est…pas…un…rêve…
- Non mon Amour, je suis là. »
Je m'accroupis près de lui et commence par nettoyer son visage, évitant le contour meurtri de ses yeux. Il s'accroche à moi désespérément.
Puis, le plus doucement du monde, je commence à nettoyer ses yeux.
Il serre les dents mais de longs gémissements glissent quand même hors de sa bouche.
Pas de larmes cependant.
Comment pourrait-il pleurer, puisqu'on lui a brûlé les yeux ?
Au bout de ce qui me semble un long chemin de croix agonisant, j'aperçois enfin ses paupières.
Ce ne sont plus que deux lambeaux de chaires meurtries sanguinolentes, infectées, gonflées.
Sa bouche est entrouverte dans un gémissement plaintif.
Je murmure, caressant sa joue :
« - Essaye d'ouvrir tes yeux mon ange. »
Ma voix est tremblante de peur :
Qu'y a-t-il derrière ces deux paupières en souffrance ?
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Une douleur irradiante me transperce de part en part.
« - J'ai mal… »
Ses lèvres frôlent les miennes.
« - S'il te plaît Dray…pour moi. »
Je m'agrippe.
« - J'ai peur… »
Peur de tomber et de ne plus jamais la retrouver dans cette opacité.
Peur du noir.
Mais encore plus peur de la douleur.
« - Je t'en supplie Draco… ouvre les yeux. »
D'accord.
Mes doigts s'enfoncent dans ses épaules.
Je force.
Mal…
Mes paupières se déchirent.
Un goût de sang dans la gorge.
J'ai mal…
Mes paupières s'ouvrent, enfin.
Puis…
« - Noir… »
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Il ajoute, dans un gémissement rauque :
« - Je ne vois rien… »
Je sais.
Moi, je vois…
Je vois deux yeux perdus, dans le vague. Deux yeux injectés de sang, recouverts d'un voile opaque et blanc.
Les yeux des saints et des martyrs sur les vitraux des cathédrales.
Des yeux d'aveugles.
« - Rien Mione… C'est noir… »
Je ne peux pas le regarder plus longtemps. Ces deux yeux, auparavant si lumineux, si brillants, si beaux.
Maintenant ce ne sont plus que deux billes troubles, mortes.
Je murmure, la voix chevrotante :
« - Ferme les yeux Dray… ça va aller. »
Il ferme les yeux.
Je prends un bandeau et cache ses deux paupières bleuâtres.
« - Pourquoi ? C'est noir…
- Ca va revenir Dray…Ne t'en fais pas… »
Un sourire exténué passe rapidement sur ses lèvres. Il pose ses deux mains faibles sur mon visage et dit dans un souffle :
« - Revoir ma Mione… »
Je déglutis difficilement :
« - Dray… bientôt commence le procès. Je suis venue avec notre avocat.
- Avocat ?
- Oui, tu sais bien mon amour… Il va te sortir de là.
- Quand commence…le procès ?
- Lundi.
- Quand ? Lundi, c'est quand ?
- Dans 3 jours mon ange.
- Est-ce que… Je verrais le procès ?
- Je ne sais pas… J'espère.
- J'espère aussi. »
S'agrippant à moi, il se lève et me demande :
« - Amène-moi au lit. »
Puis :
« - Qui est l'avocat ?
- C'est Harry.
- Po…Potter ?
- Oui."
Il ne dit rien, se contenant de se laisser guider vers le lit. Une fois allongé et recroquevillé en position fœtale, avec moi contre lui, il dit doucement :
« - J'espère…que je n'aurais…pas retrouvé…la lumière…d'ici là…
- Pourquoi tu dis ça ?
- Aucune envie…de revoir…le balafré…horreur…de lui… »
Je souris, embrassant son front brûlant de fièvre.
Puis je reste contre lui pendant de longues minutes.
Quand je reprends conscience du temps, il dort, d'un sommeil profond.
Je me lève et, lui lançant un dernier regard fatigué, murmure :
« - Je reviendrais demain mon amour… »
Puis, je sors.
Harry se lève et, lisant dans mes pensées, se tourne vers le Dementor et dit avec, sinon son courage légendaire, du moins l'autorité légale que lui confère son rang :
« - Nous allons revenir demain, et je vous prie de croire que si vous tenez réellement à votre poste, cet homme aura été soigné, nourri et bien traité.»
J'ajoute, tremblante de fatigue et de rage :
« - Et il aura aussi retrouvé ses yeux. »
Harry me regarde, sans comprendre. Le Dementor émet un rire sifflant et crache :
« - La lumière noire à brûlé ses yeux. On ne peut rien faire. »
Sa longue main écaillée soulève lentement sa capuche, dévoilant une vision d'horreur :
Il a un visage translucide au travers duquel on voit de nombreuses veines bleues. Ses lèvre sont verdâtres, son nez n'est qu'une fente noire.
Et ses yeux…
Ses yeux sont deux larges billes vaporeuses, opaques et blanches, entourées d'une croûte noire. Ils suintent.
J'ai un violent haut le cœur :
On dirait…
…
Harry attrape mon bras et m'entraîne vers la sortie.
Dehors, il est presque obligé de me prendre en poids pour me faire monter dans la voiture. Il est silencieux tout le long du voyage et j'apprécie ce répit, car je n'ai pas non plus envie de parler.
Ce n'est qu'arrivé devant le Manoir que je demande, le souffle court :
« - Qui est l'avocat de la partie civile ? »
Il me lance un regard triste et murmure :
« - C'est Ron Weasley… »
To Be Continued…
Prochain chapitre : Le procès.
Bonnes fêtes à tous, dans la joie et la bonne humeur !
