Scène coupée . première version . 18 février 1998 .

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Harry.

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- Anguis...

Je m'engouffre dans la chambre de Draco et détache ma cape noire. Le lit à baldaquin est rangé impeccable, les rideaux de la fenêtres sont tirés et la feu de la cheminée presque mort.

- Draco... ?

Seul le silence me répond et je fronce les sourcils un instant avant que mes yeux ne croisent l'horloge accrochée au mur. 19 heures 30. Quel idiot ! Les serpentards ont toujours leurs entraînement de Quidditch le jeudi après- midi... et le mercredi soir ! J'aurais put aller au stade pour le regarder voler, mais maintenant que je suis là...

Je fais glisser ma cape de mes épaules et la pose négligemment sur le bureau. Je retire également ma robe et mes chaussures, pour ne garder que mon large jean, confortable. Mes pieds s'enfoncent doucement dans l'épaisseur de la moquette et je m'approche de la cheminée.

- Incendio.

Et voilà. Je n'ai plus qu'à attendre que mon beau blond rentre de son entraînement de Quidditch... Mon regard parcours les livres soigneusement rangées par catégorie, puis ordre alphabétique. Je choisis, au hasard, un livre sur la métamorphose à la couverture de cuir rouge sombre et m'installe confortablement dans un des fauteuils de la chambre, le dos nu exposé à la chaleur du feu. Il s'agit d'un bouquin sur la métamorphose animale et humaine, un peu comme une introduction à l'étude des animagis...

La tapisserie s'écarte brusquement. Je lève les yeux de mon livre pour voir mon Draco rejeter son nimbus 2001 un peu plus loin, traverser la chambre et s'enfermer dans la salle-de-bain sans un regard pour moi.

Euh... c'est pas que je me sente ignoré là mais bon... je me lève tranquillement et range le livre à sa place. Qu'est-ce qu'il s'est encore passé à cet entraînement de Quidditch pour le mettre dans cet état ? J'aurais peut-être dût aller le voir voler finalement... en plus si il prend sa douche ici, c'est qu'il ne voulait vraiment pas s'attarder là bas, avec les autres serpentards...

La porte de la salle de bain s'ouvre à la volée. Douche express apparemment. Draco, sec, nu, les cheveux blonds en pagaille et encore à moitié mouillés, traverse à nouveau la chambre sans m'accorder le moindre regard, ouvre brusquement le lit et s'allonge sur le côté, me tournant le dos.

Ouh là là, mais il est énervé le Draco... peut-être pourrais-je le remettre de bonne humeur, hum ? ... Je m'approche tranquillement du lit, retire mon jean pour ne garder que mon boxer, et me glisse à mon tour dans les draps. Il ne souffle pas un mot de mécontentement. Je me rapproche de lui et pose doucement une main sur sa taille... Il se tourne brusquement sur le ventre en grognant d'un ton sec :

- Pas ce soir, j'suis pas d'humeur !

Ah... t'es sûr ?! ... nan parce que je pense pourtant que tu ne serais pas vraiment contre... je pose ma main dans son dos... Mais qu'est-ce qu'ils lui ont fait au Quidditch ?! Il est tout contracté ! Je me relève doucement et appuis mes paumes sur ses épaules.

- Harry, grogne-t-il d'un air franchement agacé.

- T'inquiète pas...

Tu vas voir, je vais te débloquer tout ça, moi ! Je commence à lui masser tranquillement les épaules, le cou... attends, c'est pas très pratique, là... je me redresse complètement sur les genoux et passe une jambe de chaque côté de mon beau blond. Là, c'est quand même mieux, non ?! Mes paumes et mes doigts continuent leurs massage sur le dos de Draco, longeant la colonne vertébrale, en profitant pour caresser sa peau claire et lisse... Mes mains se baladent un peu plus sur son dos. Je me penche doucement pour embrasser la peau tendre de son cou, que j'attrape doucement entre mes lèvres et mordille gentiment.

- Harry... marmonne la voix de mon amant.

Je ne veux rien entendre ! Mes lèvres descendent lentement le long de sa colonne vertébrale, et mes mains vont caresser ses hanches... Je sens Draco bouger sous moi et je me retrouve brusquement basculé sur le côté d'un violent coup de hanches. Pris par surprise, je perds l'équilibre, tombe sur le bord du lit, tente vainement de me raccrocher à quelque chose, et m'étale par terre, la tête à vingt centimètres d'un des montants du lit à baldaquin.

- NON MAIS CA VA PAS ?!!!

Les yeux écarquillés par la surprise, l'indignation et la colère contre ce petit crétin qui ma littéralement dégagé de son lit, je me redresse... pour voir Draco se retourner sur le côté, pelotonné dans ses draps, me tournant le dos.

- Ouais et bien y'en a qui ont un réel problème avec le sens du mot "non", réplique-t-il d'une voix sèche. Je ne suis pas d'humeur je t'ai dit ! Tu ne peux pas comprendre ça ?!

Pardon ?! Non mais tu te fous de ma gueule, là ?! Tu te prends pour qui pour me parler comme ça ?! Il n'ajoute rien, immobile...

Très bien ! Puisque c'est comme ça... je me relève furieusement. Je refuse d'être le jouet de môsieur ! J'attrape pêle-mêle mon jean, mes chaussures et ma robe sous le bras, je récupère ma cape... qu'est-ce que c'est que ça ?

Un papier vient de glisser de ma cape noire. Il devait être sur le bureau, je n'ai pas fait attention en entrant... je jette un coup d'oeil machinal au parchemin, d'habitude Draco classe toujours tous ses papiers correctement... c'est une lettre, une lettre de... oh merde... Lucius !

Je me penche aussitôt sur ladite lettre, un peu pâle et inquiet :

" Draco,

Je ne vais pas perdre de temps en formules de politesses avec toi. Les dernières nouvelles que je viens de recevoir ne sont vraiment pas excellentes pour toi ! Tu n'es sûrement pas sans savoir que ton comportement inadmissible a provoqué l'édition spéciale d'un journal sur le sujet... Sais-tu seulement à quel point tu me fait honte ?! Tu salis notre nom, tu es la honte de notre famille ! J'avais cru pouvoir faire quelque chose de toi, et je ne cache pas ma déception. Ta mère a été complètement effondrée en apprenant la nouvelle. Je ne sais pas pourquoi tu cherche à nous provoquer, mais je te préviens tout de suite que je ne tolérerais pas plus ce comportement stupide. Cesse de jouer ta petite crise d'adolescence immédiatement. Le Manoir Malefoy n'héberge pas de pervers de genre et je n'ai pas élevé un sale petit pédé qui va se faire enculé à tous les coins de rues par une pétasse aux yeux verts !

Je te donne 24 heures pour mettre fin à tout ce cinéma, officieusement et surtout officiellement. Débrouille-toi comme tu veux mais ne compte en aucun cas sur mon aide. Passé ce délais, jamais notre maître te pardonnera ta trahison et sache que aussi, je serais sans pitié. Ne croise plus mon chemin Draco. Dorénavant, et quoi qu'il arrive, tu n'appartiens plus à notre noble famille que tu déshonore. Et si un jour nous devons nous affronter, ne crois pas que j'hésiterais une seule seconde à te tuer. Je ne tolérerais pas que tu souille ma dignité. Moi je n'ai pas oublié qui est mon maître. Je n'ai pas oublié mes engagements et mon rang.

Lucius Malefoy. "

Putain mais quel salop de fils de pute ! Je vais aller l'Avada-kedavrer moi- même ce connard ! Non mais de quel droit ose-t-il parler à Draco de cette manière ?! Draco...

Je relève les yeux vers mon amant, qui n'a pas bougé. La lettre s'échappe de mes mains et glisse sur le sol. Lentement, je repose mes affaires, en tas, sur le bureau et m'avance vers le lit. Je me glisse à nouveau dans les draps de soie, vers sa silhouette immobile. J'hésite un instant, ne sachant pas vraiment quoi dire puis l'enlace possessivement, mon visage appuyé sur sa nuque. Excuse-moi Draco... j'aurais dût comprendre que quelque chose n'allait pas. Je suis désolé, je n'aurais pas dût insister...

Il se retourne dans mon étreinte qui se voulait rassurante, et je sens deux bras venir me serrer contre lui, collant mon torse au sien, son souffle dans mon cou, ses mains pressées dans mon dos comme si j'allais m'envoler. Ne t'inquiète pas Draco, je suis là et je compte bien y rester.

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