scène coupée . seconde version . 18 février 1998.

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Harry.

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"La métamorphose humaine est sans conteste l'une des branches les plus complexes de la magie. Il existe plusieurs charmes et incantations permettant de donner l'illusion d'avoir métamorphosé un sorcier (ou un humain en général) en animal, mais les métamorphoses véritables sont beaucoup plus difficiles et ne sont pas accessibles à tous. Pourtant, le..."

La tapisserie de la chambre de Draco s'écarte brusquement, me coupant net dans ma lecture. Je le regarde rejeter son nimbus 2001 un peu plus loin, ôter sa robe verte de Quidditch, son pull noir, son tee-shirt, ôter chaussures et chaussettes avec des gestes sec et se laisser tomber sur le lit, le visage tourné vers le plafond, tout son corps étendu, les bras en croix.

Je cligne des yeux. Bien... Il a l'air énervé mon Draco... mais qu'est-ce qu'ils lui ont fait à l'entraînement pour le mettre dans cet état ?! Je referme tranquillement mon livre en prenant soin de glisser le petit fil doré entre les deux pages que je lisais, et je me dirige vers le grand lit à baldaquin où mon beau blond est couché. Il ne porte que son pantalon en cuir noir qui est... enfin qui lui va trèèès bien... en plus ça fait ressortir la pâleur de sa peau...

Je m'assois sur le bord du lit, prenant tout mon temps pour le regarder et apprécier la perfection de son corps. Je pose les paumes de mes mains sur son ventre plat et fort et je les laisse glisser vers son torse, appuyant mes caresses... Deux mains me saisissent brusquement les poignets et me repousse.

- Tu m'excuseras mais je ne suis pas d'humeur aujourd'hui, dit-il d'un ton sec en se tournant sur le côté.

?!! Euh... bien sûr... tu te fous de moi, là, non ?

- Tu m'explique le problème ?

Il ne se retourne même pas pour me grogner une réponse, visiblement agacé.

- Il n'y a rien à expliquer. Je ne suis pas d'humeur, je ne suis pas d'humeur ! C'est tout.

Oh, vraiment ? Et tu me feras signe quand tu le seras ? Non parce que peut- être que je pourrais jouer les chieurs moi aussi ! non mais tu me prends pour qui ?! Je ne suis pas un jouet que tu utilise comme ça, juste quand tu en a envie !

- Donc moi, je suis sensé attendre le bon vouloir de monsieur ?

silence. Le con ! Tu pourrais au moins répondre, non ? ... Si quelque chose ne va pas, je pourrais peut-être t'aider... mais non, môsieur à trop d'orgueil et d'amour propre pour demander de l'aide à qui que ce soit. Je ressens comme un pincement au coeur, un brin d'amertume. La confiance règne, c'est impressionnant !

- Très bien. Tu fais chier, j'me tire. Si tu ne veux pas me dire ce qui te met dans cet état, je ne vais pas ramper à tes pieds et te supplier de me dire ce qui ne va pas ! Je ne peux pas deviner, moi ce qu'il s'est passé à l'entraînement de Quidditch ! Si tu n'es pas capable de mettre un peu ta fierté de côté de temps en temps, je ne vois même pas pourquoi je resterais ici !

Je descend du lit aussi sec, en espérant vaguement qu'il me retienne. Mais aucune main ne se retourne pour me saisir le bras. Donc il n'en a vraiment rien à fouttre que je dégage ?! Bien... s'il croit que je n'en suis pas capable, il se met le doigt dans l'oeil, et jusqu'au coude !

- C'est ça, casse-toi, souffle-t-il d'un ton sec.

Je me retourne brusquement. Draco me fait face, toujours allongé sur le lit, mais cette fois, il est tourné vers moi, appuyé sur un coude. Je m'apprête à lui cracher une réplique bien cinglante, quand je croise son regard. Ses yeux gris qui me cherchent et qui s'accrochent à moi. Dans tous ces airs impassibles, froids ou méprisants, Draco a toujours été trahis par ses yeux. Ceux-là qui pouvaient glacer quelqu'un jusqu'à son âme... ou le démentir. Toujours aussi maladroit avec les mots, n'est-ce pas ? Et ces yeux-là, que me diraient-ils, eux ? Que leur couleur bleue a disparue, qu'ils sont voilés par quelque chose que j'ai du mal à définir, de la tristesse, de la colère, de la rancune... de la peur ?

- Je ne sais pas ce que tu as Draco, mais tu ne feras pas croire qu'il n'y a rien... tu as donc si peu confiance en moi pour me cacher ce qui te blesse ? Il me semblait pourtant que nous n'étions plus ennemis...

Il laisse passer un temps de silence, ses yeux gris ne quittant pas les miens.

- Je viens de recevoir une lettre, dit-il finalement d'un ton assez détaché. De Lucius.

Mon sang ne fait qu'un tour. Bordel de merde. Inutile de demander ce qu'elle contenait, ce n'était sûrement pas des compliments.

- C'était... disons que ce n'était pas la meilleure lettre que j'ai reçu... elle s'est enflammée spontanément... mais je ne sais pas si c'était dût à un sortilège jeté sur le parchemin, ou à ma colère...

Il marque un nouveau temps de silence, puis explose tout à coup.

- MAIS DE QUEL DROIT PEUT-IL ME JUGER CET ESPECE D'ENFOIRE DE CONNARD FINI !!! JE L'EMMERDE, MOI, SES PUTAINS D'HONNEURS FAMILIAUX ET SON PAUVRE SALOP DE MAÎTRE !!! J'EN AI RIEN A FOUTTRE DE VOLDEMORT, J'EN AI RIEN A FOUTTRE DE LUI, J'EN AI RIEN A FOUTTRE DE NARCISSA !!! JE LES EMMERDE TOUS !!! JE NE SUIS AU SERVICE DE PERSONNE ET JE ME FOU DE CE QU'ILS PENSENT !!! JE NE...

Comment calmer un Draco Malefoy en pleine crise de nerfs ? Je dois avouer que je n'en ai pas la moindre idée toujours est-il que je ne peux pas le laisser comme ça. D'autant plus que vu ce qu'il n'arrête pas de crier, cet enfoiré de Lucius n'a pas vraiment mâché ses mots. Je ne comprends pas comment un père peut faire ça à son fils ! Je suis franchement révolté et j'ai bien envie de transplaner directement sous son nez et de l'avada- kedavrer directement... mais je pense que la priorité du moment est plutôt mon Draco qui hurle toujours des propos haineux envers son paternel.

Je me plante devant le lit, lui attrape la nuque et l'embrasse à pleine bouche. Coupé en plein élan, il met deux secondes avant de réagir et me resserre brutalement contre lui, approfondissant le baiser. Mêlant avec force et emportement sa langue avec la mienne. Je lui caresse doucement mais de manière appuyée, le dos et les cheveux. Rien à faire de ce qu'il pense l'autre enfoiré. Moi je suis là, que ça lui plaise ou non. Entre mes bras, je sens Draco se calmer peu à peu. Sa langue devient plus douce, caressante. Ses mains sont toujours aussi possessives, mais elles sont moins crispées.

Je grimpe maladroitement sur le lit, pour m'asseoir entre ses genoux de manière plus confortable, mes lèvres toujours sur les siennes. Je m'en détache à regrets et vient nicher mon visage dans le creux de son épaule, sans cesser de lui frotter doucement le dos.

Il me dépose un léger baiser dans le cou.

- Merci, souffle-t-il à mon oreille.

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