Titre : Quelle heure est-il au paradis ?

Auteur : Spero Patronum (On est deux ! Spero est Neko-Chan, et Patronum est Tilicho :o))

Votre adresse e-mail : spero_patronum@hotmail.com (Eh voui, changement soudain.)

Avertissements : On est donc deux tarées qui se sont rencontrées d'abord sur le net, puis dans la vie vraie du réelle de la réalité vraie :o) On a décidé d'écrire cette fic à deux... Et voilà !

Spoilers : Tomes 1, 2, 3, 4 et 5 d`Harry Potter + chapitre 1 et 2 de cette même fic.

Remerciements : Merci à Sacha, à nous, au chocolat... A la belle Nancy :-p A nos chères inspirations musicales (voir fin de chapitre) et bien sûr à nos reviewers !

Résumé général : La vie de la génération Maraudeurs du mariage des Potter... A leur fin.

Disclaimer : Quasiment tous les personnages y zappartiennent à JK Rowling et pas à nous (Vous vous rendez compte qu'elle fait ce qu'elle veut de Sirius ??? Y'a de l'abus), et pis même qu'on gagne pas d'argent, sauf si vous vous montrez très intelligents et que vous décidez de nous léguer tous vos biens... A vous de décider.

***


Chapitre 3.
La peau de chagrin.


Les deux mots se détachaient, sournois, dans la case du calendrier. PLEINE LUNE. Remus reposa l'almanach, avec un soupir las. Pas de doute, le cauchemar commençait dès maintenant... Depuis environ un mois il redoutait ce jour marqué d'une croix rouge sur le papier. Et il était arrivé. Une semaine de lycanthropie...
Regardant par la fenêtre, il observa le soleil qui commençait déjà à décliner : Il lui restait peu de temps. Il coupa sa lampe à huile et souffla les multiples bougies qui éclairaient son salon, avant de verrouiller sa porte. Son voisin le salua de son habituelle voix joviale :
- B'jour m'sieur Lupin ! Alors, on s'en va à la ville voir les jolies filles ?
Remus eut un sourire poli.
- Bonsoir, Mr Farmer. Oui, on peut dire ça comme ça.
- Oh, eh ben bonne soirée alors !
- Je vous remercie...
Tandis qu'il se dirigeait vers sa voiture, il entendit Farmer expliquer à sa femme :
- C'est le petit jeunôt d'à côté, il s'en va séduire les jeunes filles.
- Ah, çà... Ca devient rituel, tous les mois qu'il nous fait ça. Il est plutôt beau garçon, il faut dire, un peu sauvage, mais tout à fait charmant. Etrange qu'il nous ait toujours pas ramené une jolie gamine par ici.
- En tout cas, qu'il ne touche pas à notre Clothilde, c'est tout ce que je demande.
Remus soupira tristement, démarra en trombe, et se dirigea vers son lieu rituel de transformation : la forêt qui bordait la vallée. Arrivé là, il constata à la lueur rosée du ciel qu'au niveau de son horaire, il avait été très juste.
Il claqua la portière de sa voiture, et pénétra dans les ténèbres du bois, souriant faiblement à la perspective d'une nouvelle nuit en compagnie de ses meilleurs amis.

*


- Je vais préparer à manger, Emily, bouge pas...
Sirius se dirigea vers la cuisine de sa démarche nonchalante, en chantonnant.
- Mince... Qu'est-ce que j'ai fait de cette baguette ?
Il souleva un tablier maculé de tâches de cambouis, de peinture et - accessoirement - d'aliments. Puis il entreprit de trouver sa baguette qu'il avait - une fois de plus - perdu. Il fouilla entre les conserves vides, les paquets à demi-entamés, les tournevis, les magazines de Quidditch, et soudain, ses yeux se posèrent sur un calendrier, à la case de ce jour. Un rond maladroit avait été tracé sur le papier glacé. Il fallut quelques secondes à Sirius pour se rappeller de la raison qui l'avait poussé à inscrire ce dessin, quand celle-ci le frappa de plein fouet. Il avait oublié. Pour la première fois de sa vie, il avait oublié. La fête, Emily, tout cela avait complétement gommé cette indication, cette étape du cycle. La lune serait ronde ce soir, le soleil se couchait, il avait oublié et Emily, qui ne s'était jamais douté de la vraie nature de Remus, se trouvait chez lui, dans sa propre chambre, à lire tranquillement un quelconque magazine moldu. Il porta ses doigts à ses dents et entreprit de les ronger dans une grimace paniquée. Puis il s'approcha d'un recoin minuscule entre le frigo et un placard, où un téléphone était fixé. Il décrocha le combiné et composa un numéro en hésitant. A l'autre bout du fil, une voix grave répondit :
- Toi aussi t'as oublié ?
- Non, ici le Ministère de la Magie, département de la régularisation des animagi. Je souhaiterais parler à Monsieur Cornedrue.
- Amène Emily ici, elle restera avec Lily, et appelle Peter.
- Mais qu'est-ce que je lui dis, moi, à Emily ? s'écria Sirius.
- Je sais pas, n'importe quoi ! Qu'est-ce que tu lui disais, à McGonagall ?
Et James raccrocha. Sirius reposa le combiné et ferma les yeux. .`
Il composa un autre numéro.
- Allô Queudver ?
- Heu... non, ici Mrs Pettigrow.
- Mes hommages, madame. Pourrais-je parler à votre fils, je vous prie ?
- Mais bien sûr, jeune homme. Pitou, mon chéri...
Sirius se retint d'éclater de rire.
- Oui ? intervint une voix grasse, identifiable comme celle de Peter.
- Allô Pitou ? Ici Patmol, je répète. On a un léger problème avec Lup-Lup...
- Qu'est-ce que... OH NON !
- Et si...
- Tu veux dire que lui aussi il va se marier ?
- ABRUTI FINI ! Tu peux te libérer pour la soirée, crétin ?`
- Ben heu... Maman elle me fait des crêpes...
- Rah, t'es vraiment un boulet. Débrouille-toi.
Sirius reposa le combiné. Il inspira un grand coup et se dirigea vers la chambre.
- Hem, Emily... Y'a un petit changement de programme...

*


- JE TE HAIS !
- Qu'est-ce que tu dis ? J'entends rien !
- JE.TE.HAIS.
- Pardon ?
La moto s'était élancée depuis seulement cinq minutes dans les ténèbres grandissantes, et déjà Emily avait battu son record de Je te hais !. Sirius préfèrait se confiner dans l'idée qui'elle le remercierait par la suite... (Il se demandait d'ailleurs bien pourquoi elle pourrait le remercier.)
La jeune fille s'agrippait de toutes ses forces au blouson de Sirius, même si, le jeune homme en était persuadé, elle était heureuse de pouvoir voler ainsi.
- POURQUOI REMUS A BESOIN DE TON AIDE ?
- Hm ?
- QUELLE EST LA RAISON QUI TE POUSSE A M'ABANDONNER LE SOIR OU L'ON A DIT QU'ON DINAÎT ENSEMBLE POUR REJOINDRE UN DE TES POTES DONT TU PARTAGES L'EXISTENCE DEPUIS 9 ANS ?
Sirius se mordit la lèvre sous son casque. Il avait déjà vu la réaction de moldus qui apprenaient l'existence des loup-garous, et il n'avait pas réellement envie de provoquer une nouvelle fois une pareille scène (elle était encore pire que chez les sorciers). Ou du moins, pas dans le bruit du moteur et du vent qui déformaient tous ses mots, pas à une heure si tardive, pas à une Emily rouge de colère et de frustration, pas dans une limite de temps aussi réduite.
Emily continuait de le maudire, de proférer des menaces, d'interroger, et Sirius feignait de ne pas entendre. Ils survolèrent plusieurs villages et demeures, quand, enfin, le jeune homme repéra son point de mire : la maison de Lily et James dont les fenêtres brillaient d'une lueur chaleureuse. Sirius amorça sa descente, et freina lorsque les roues de sa moto raclèrent le sol. Il descendit et aida Emily à faire de même, puis il enleva son casque. Les boucles claires volèrent autour de la jeune femme écarlate.
- MAINTENANT TU VAS M'EXPLIQUER ! QU'EST-CE QUE C'EST QUE CE PLAN MINABLE, HEIN ?
Sirius baissa la tête, un pincement au coeur. Il posa ses deux mains autour de la tête d'Emily, puis l'embrassa.
- Je suis vraiment désolé, Emily... Mais c'est important. Lily t'expliquera. Je reviens à l'aube, d'accord ?
- SIRIUS ! JE...
Elle s'interrompit, baissa la tête à son tour et marmonna simplement :
- Okay.
Ils pénétrèrent tous les deux dans la maison des Potter, sans même frapper. James se précipita immédiatement sur Sirius.
- Rah mon vieux !! On est dans une merde internationale !
- Je suis au courant.
Se tournant vers Emily, le jeune marié ajouta :
- Emily ! Bonsoir, bienvenue. Lily est là-bas, elle tricote encore, je sais pas ce qui lui prend... elle doit s'entraîner à être grand-mère.
- Ca doit être ça, acquiesça Sirius, maintenant, on a intérêt à se dépêcher.
Prononçant ses mots, il se tourna avec un regard inquiet vers Emily qui sourit faiblement.
- Bon, vas-y... Fais attention à toi.
Sirius lui lança un clin d'oeil assuré et sortit de la maison, sur les talons de James.
Emily soupira et s'avança vers le salon. Lily, assise sur son canapé, ses aiguilles à la main, et son panier de pelotes de laine posé par terre.
- Une maille à l'endroit, une maille à l'envers... Une maille à l'envrois, une maille à l'enders... AAAAAAHH ! J'ai encore perdu ma maille ! Marre marre marre marre !
- Hum... Lily ?
La jeune femme se retourna.
- Oh, Emily ! Assieds-toi, assieds-toi.
Emily sourit et vint se laisser choir sur le canapé aux coussins jaunes et rouges. Lily se relança dans ses mailles et Emily se sentit envahie par une vague de tristesse qu'ele essayait de refouler depuis quelques semaines. Elle détestait pleurer devant quelqu'un, et même si Lily était une ancienne amie, qu'elle l'avait connue avant que celle-ci soit une sorcière, son orgueil refusait de dévoiler ses larmes devant elle. Hélas, une ou deux perles d'eau s'amoncelèrent au coin de ses yeux et elle tenta de les refouler, puis de les essuyer quand celles-ci roulèrent sur sa joue, mais Lily tourna son visage avant qu'elle puisse agir discrètement pour faire disparaître ses pleurs. Les yeux verts de Lily se tintèrent d'inquiétude et elle se pencha vers son amie.
- Emily... tu vas bien ? Tu as mal ? A la tête, au ventre, aux pieds, au coeur ?
Emily acquiesça. C'était inutile de dissimuler ses larmes mais elle tenta inutilement, encore une fois, de les essuyer.
- Au coeur, approuva-t-elle.
- Tu sais, dit Lily doucement, Sirius va revenir, et si tu te fais du mourron pour lui, je t'assure que ce n'est pas la peine.
- Oh non, c'est pas pour ça... je sais qu'il va revenir, même si je me pose des questions, mais... oh, je me sens perdue. Je sais qu'il est allé régler des affaires de sorciers, je sais qu'il vit dans un monde différent, un monde auquel tu appartiens, d'ailleurs, et j'ai l'impression que la terre sera jamais la même pour nous deux.
Lily l'écoutait tranquillement, sans l'interrompre.
- Tu as besoin de partager cette terre avec lui, n'est-ce pas ? Et bien, tu vois, même si tu as l'impression qu'elle n'est pas la même pour vous deux, c'est pourtant le cas... Je comprends tout à fait. Quand je suis arrivée à Poudlard, j'étais persuadée que je pourrai jamais partager ce monde avec les autres. Je suis encore très moldue, tu sais...
Emily écoutait cet aveu, mais elle ne se sentait pas mieux.
- Oui, mais tu es une sorcière.
Lily eut un petit sourire triste.
- Tu n'as pas à t'adapter au monde de Sirius, et Sirius n'a pas à t'adapter au tien. Vous devez vous trouver un monde semblable ensemble...
Lily attira la tête d'Emily sur son épaule et murmura simplement :
- Tu t'y feras, tout ira bien, je te le promets...
Elle sourit, puis s'en retourna à son tricot.
- Une maille à l'endroit, une maille à l'envers... Nom d'un dragon ! Je n'y arriverai jamais. Je t'en prie, implora-t-elle, tu ne voudrais pas m'aider ?

*


- Combien qu'on parie que Queudver n'est pas venu ?
- Pitou doit être avec sa maman, je parie dix gallions qu'il viendra pas.
Sirius et James couraient presque vers le coeur de la forêt. La lune était masquée par un nuage,
mais lorsqu'une brise légère traversa les arbres, James et Sirius se lancèrent un même regard. Un infime instant plus tard, un cerf et un chien noir galopaient sur le sentier. La Lune, ronde et blanche, semblait les observer d'un air inquiet.
- Lup-Lup va être très mal, transmit Sirius à James, c'est la première fois qu'on oublie...
- Alors il faut se dépêcher de le retrouver.
Patmol cessa de courir, et le cerf fit de même. Les oreilles du chien se dressèrent, tandis que le cerf attendait, immobile.
- A droite.
Sur l'ordre du chien, les deux animaux prirent un tournant, lorsque des cris rauques, semblables à des plaintes, leur parvinrent. Ils se dirigèrent vers eux, et les entendaient de plus en plus fort, de plus en plus déchirants. Puis, de l'autre côté d'un immense chêne, enfin, ils virent une bête à demi-recroquevillée.
- Lunard ! aboya Sirius.
Le loup-garou se retourna, les yeux quasiment lumineux dans l'obscurité, d'un jaune puissant. Un instant, il resta sur place, son regard transperçant ses deux amis, puis, d'une démarche maladroite mais dédaigneuse, il leur tourna le dos et s'enfonça dans l'épaisse forêt.
D'un bond, le cerf le rejoignit, et en quelques pas, le chien vint s'ajouter à la compagnie. Ils savaient que l'aurée de la forêt n'était pas si éloignée, et par prudence, le chien et le cerf tentèrent d'entraîner le loup-garou par-delà les arbres, au coeur de la forêt.
Le brâme de Cornedrue, fort et désespéré, retentit dans le bois. De toute la puissance de son cri, il implora Lunard de revenir avec eux.
Une fois seulement auparavant, celui-ci avait renié ses amis dans sa transformation. James et Sirius se souvenaient parfaitement de cette nuit-là, où les morts avaient été évités de justesse. Alors le chien aggripa le loup-garou à la crinière, le cerf barra le chemin de la bête qui grognait, et ainsi ils le poussèrent en arrière, jusqu'à ce que le loup-garou accepte de les suivre. Ils pouvaient entendre les arbres qui se taisaient, les animaux qui se terraient dans le sol, les oiseaux qui s'enfonçaient dans leurs nids, tant la forêt avait peur, et se tenait là, effrayée d'une scène si étrange et violente.
Enfin, la voix dure de Lunard se fit entendre :
- Je vous ai attendus. C'est la première fois.
- On est désolés ! aboya Patmol, c'est la première fois, comme tu le dis ! Tu peux nous pardonner. Tu sais très bien qu'on ne l'a pas fait exprès.
- Vous aviez juré...
- ...Justement, oui, on a juré ! Et on est là, vieux, on est là !
Un silence s'installa soudain dans la forêt. Le regard noir du chien était planté dans celui du loup. Enfin, Cornedrue s'approcha et fit doucement :
- Jusqu'à aujourd'hui, on a toujours été là, Rem... Et on sera toujours là, jusqu'à ta mort. Tu m'entends, Lunard ?? Jusqu'à ta mort !
Le loup-garou courba son échine, et acquiesça. Il se tourna vers ses deux amis, et il sembla que ses yeux brillaient étrangement.
- Ca fait mal, dit-il simplement. Je ne vous l'ai jamais dit, parce que vous étiez là, avec moi, et que c'était un sacrifice de votre part. Je n'avais pas à vous le dire, à protester, puisque vous étiez là. Mais ça fait mal...
Dans les pupilles animales du chien et du cerf se dilatèrent d'incompréhension, puis de compassion, et enfin de tristesse. Remus vint nicher sa gueule dans l'encôlure de James qui baissa sa tête vers lui, lui donnant de temps à autres des coups de museau affectueux.
- On va pas t'abandonner, Lunard. C'était la première fois que ça arrivait, et ce sera la dernière. On reste avec toi.
- On n'est plus au temps de Poudlard, James. Tu as presque vingt ans, tu te rends compte ?
Des images se bousculèrent dans la tête de James. Oui... il y avait Lily, il y aurait sûrement bientôt une famille entière... Et Sirius partagerait sûrement son minuscule local, et Peter travaillerait, et peut-être ils oublieraient, dans plusieurs années, que le loup-garou pleurait tout seul sous la lumière de l'astre...
- C'est pas... parce qu'on vieillit que les choses s'effacent.

*


Après leurs confessions mutuelles, Lily et Emily riaient joyeusement en faisant leur tricot.
- LILYYY ! J'ai encore perdu ma maille !
- T'es vraiment pas douée !
- Eh, tu peux parler, quand même ! Regarde moi ton écharpe, y a plus de trous que d'écharpe ! Comment tu veux qu'on se mette ça sur soi sans attraper froid ?
- Y'aura qu'à mettre un col roulé en-dessous, c'est pas grave.
Emily éclata de rire une fois de plus. Lily, concentrée, tirait la langue tout en comptant ses mailles qui s'échappaient les unes après les autres.
Emily, hilare, interrogea :
- C'est sensé être quoi ton nouveau truc ? Me dis pas que c'est encore une écharpe ?? Parce que là...
- Ignasse ! Ce sont des mitaines pour ne pas avoir froid !
- Tu mettras aussi un col roulé sur les mains ?
- Excellente idée. Tu devrais être styliste, Emily.
La jeune moldue s'arrêta un instant de tricoter, puis, perplexe, demanda :
- Mais Lily... pourquoi tu n'utilises pas la magie ? Tu aurais un résultat plus rentable.
- Parce que c'est beaucoup plus amusant comme ça, rétorqua Lily franchement.
- C'est vrai, dit Emily en souriant de toutes ses dents.

*


L'aube approchait déjà. Remus fut le premier à reprendre sa forme humaine. Nu, il se recroquevilla sur lui-même. Les transformations faisaient toujours cet effet-là sur lui.
Puis, ce fut au tour de James qui, ses vêtements matérialisés sur lui, ronchonna :
- Rah, j'ai vraiment horreur de ça, brrrr... Au moins, Cornedrue ne se les caille pas. J'aurais du m'habiller plus chaudement.
Enfin, Sirius se métamorphosa à nouveau en lui-même, un air de profond mécontentement sur le visage. S'apercevant que ses deux amis le contemplaient d'un air inquiet, il expliqua simplement :
- J'ai faim.
Puis il enleva son long manteau noir et le posa sur les épaules de Remus.
- Tu vas attraper froid, Lup-Lup.
Le jeune Lupin releva un visage faible mais souriant vers Sirius.
- Appelle moi encore comme ça et tu pourras plus jamais manger une salade.
- Oui, moi aussi je suis content d'être avec toi, mon Lup-Lup.
Remus leva un poing faible que Sirius arrêta sans le moindre effort, en riant. Black disparut derrière un arbre mais ré-apparut immédiatement. Il tenait un écureuil par la queue, bien serré dans sa main droite. L'animal pédalait dans le vide, en poussant des cris suraigus et paniqués.
- Je fais quoi ? interrogea Patmol, je le bouffe ou pas ?
- NON BLACK ! rugit James, repose cette pauvre bestiole immédiatement. Tiens, imagine qu'Emily soit un animagus secrète et qu'elle se soit transformée en écureuil pour venir à ta recherche !
- Tss... T'es pas drôle, Potter, vraiment.
Sirius redéposa précautionneusement l'animal par terre, qui s'enfuit immédiatement au fin fond de la forêt.
- Emily, en ce moment, continua-t-il, je te parie qu'elle boit du thé avec ta dulcinée, et qu'elles se racontent des histoires de femmes... Et alors là, je cherchais le grille-pain dans la cuisine de Sirius, et devine sur quoi je suis tombée !
- Elle est tombée sur quoi ? s'intéressa Remus.
- Triple-idiot de Lup-Lup, c'était un exemple.
- Ne détourne pas la conversation.
- Bon, tu vas chercher les vêtements de Lup-Lup, Black ? s'impatienta James.
- J'y vais, j'y vais, répondit Sirius tranquillement.
Il disparut une fois de plus et ne ré-apparut pas. James s'adossa au tronc d'un sapin.
Sirius revint quelques minutes plus tard, les vêtements de Remus sous le bras. Il les lui lança et James s'exclama :
- T'aurais pas pu les prendre correctement au lieu de les plier comme des chiffons ?

*

James s'attendait à pénétrer dans un couloir sombre, à entrer dans un salon traversé de rayons fantômatiques, et surtout, il croyait ne pas devoir brusquer un silence paisible, propre à l'assoupissement et aux sourires d'ange qui se dessinent sur les lèvres de ceux qui songent doucement. Ce fut donc avec surprise qu'après avoir poussé la porte, il arriva dans une pièce gorgée d'une lumière d'aurore. Un babillement joyeux retentissait entre deux bruits de casseroles et de vaiselle qui s'entrechoquaient. Sirius et Remus, qui le suivaient, lui lancèrent un regard surpris. James haussa un sourcil et se dirigea vers la cuisine.
- Attention au lait, Lily. Il déborde, dit une voix qu'il reconnut comme celle d'Emily.
Lily poussa un cri aigu et le crépitement alarmant se tut.
Sirius, épuisé, se laissa tomber sur le canapé en cuir du salon. Il ferma les yeux et peu à peu, tous ses muscles se détendirent.
Remus s'affaissa à côté de lui et marmonna dans un anglais plus ou moins correct :
- Tu vas pas voir Emily ?
- Si... Si.
Mais moins de deux secondes plus tard, un souffle régulier s'échappait de la bouche du jeune Black. James partit rejoindre Lily et Emily dans la cuisine.
- Oh, James ! s'écria cette dernière avec un grand sourire, t'es revenu tout seul, t'as réussi à te débarrasser des autres ? Félicitations, brillant !
- J'avoue avoir peiné en ayant accroché la laisse de Black à son arbre.
Le pied droit de Lily sembla soudain pris d'une fièvre violente et indépendantiste, et il vint se nicher dans le tibia de James.
Ce dernier ricana doucement en se massant la jambe. Emily, perplexe, lâcha un uh ? brut avant de retourner à sa cafetière.
- James, elle est pas au courant ! murmura Lily.
- De quoi ? feignit James. Viendra un moment où elle devra de toute façon acheter des boîtes de Canigou (NDLR : ©), alors...
- T'es vraiment trop bête. Pourquoi me suis-je donc mariée avec toi ?
- Parce que t'en avais marre de Los Engeles.
- Oh ça va, hein !
Emily jeta un regard complice aux deux tourtereaux qui s'asticotaient gentiment, avant de déclarer :
- Hum... Je reviens, je vais juste à la SPA demander s'ils n'ont pas retrouvé Sirius...
Et elle sortit de la cuisine.
- Elle doit être au courant, dit James. C'est pas possible qu'elle ne le soit pas ! ajouta-t-il en ouvrant de grands yeux ronds.
- Ca va être dur pour elle d'accepter ce genre de choses, répliqua Lily tristement.
- Tu as survécu, toi, dit James avec un regard moqueur.
- J'avais quinze ans et vos frasques illégales m'impressionnaient, figure-toi. J'avais pas le temps de m'inquiéter à outre mesure.
- Hum ! fit-il en se détournant d'un air vexé.
Lily s'approcha, posa sa main sur son bras et ajouta d'une voix hésitante :
- Et puis, euh...
Il se retourna vivement et tout en lui souriant, l'embrassa. Le lait déborda à nouveau dans la casserole.

*


- Hmm.... James ?
- Oui, je sais, le lait va être vraiment imbuvable.
- Non... Enfin si, mais...

*


Emily s'approcha de Sirius. Lentement, elle passa la main dans ses cheveux noirs emmêlés. Puis, elle descendit sur son visage, soulignant ses traits harmonieux. S'assurant que Remus était bel et bien endormi, elle déposa lentement un baiser sur la bouche du jeune Black.
- Sirius...
Il sourit presque imperceptiblement, mais n'ouvrit pas les yeux. Elle passa un doigt câlin sur sa tempe, puis continua son trajet pour venir se loger dans son cou.
- Siriuuuus...
Il marmonna quelque chose d'incompréhensible et l'attira dans ses bras. Elle nicha sa tête contre la sienne, sous une masse épaisse de cheveux châtain et noirs.
Ils demeurèrent immobiles durant quelques minutes. Un grand silence règnait dans la pièce.
Un rugissement retentit dans la cuisine, suivi peu après du bruit du lait bouillant sur le carrelage.
- QUOI ?
Remus, Emily et Sirius se réveillèrent et sursautèrent comme un seul homme. Ils se dévisagèrent bêtement, la bouche ouverte.
Sirius sauta sur ses pieds et s'écria - encore plus bêtement - :
- SEIGNEUR ! Un drame conjugal !
Emily lui lança un regard noir et Remus bâilla.
- Y'a des gens qui dorment ici, ils ont aucun respect, marmonna-t-il.
La porte s'ouvrit à la volée. James, les yeux écarquillés, essaya de sortir mais se prit le mur de plein fouet. Il était suivi de Lily qui le scrutait d'un air à la fois inquiet et satisfait.
- Black... Black..., appela James d'une voix désesperée.
Emily sourit soudain, et, se tournant vers Lily :
- Tu lui as dit ?
Lily acquiesça.
- Hein ? Uh ? Quoi ? Comment ? dit Black. Remus se massait les tempes.
- Blaaaaack... réitéra James. Je... Je...
- Tu m'aimes ? tenta d'achever Sirius.
- Non ! Je... je...
Remus blêmit.
- Sirius, il ne joue pas la comédie, là, il est sérieux.
- Tu penses qu'un sédatif fera l'affaire ? proposa Lily.
- Lily ! s'écria Emily. Ca commence mal, là !
- Oui, et bien, si tu crois que c'est facile !
Remus attrapa Sirius par le bras et insista :
- Sirius ! Il ne joue pas la comédie. Il est sérieux !
James tomba dans les bras de Remus en approuvant :
- Exactement ! Aaaaah, si tu savais, Seigneur, si tu savais !
- Tu vois, il est sérieux, il m'appelle Seigneur.
Remus se tourna vers James et s'adressant à lui comme on s'adresse à un enfant de cinq ans, interrogea :
- Qu'est-ce qui se passe mon ptit James ?
- Ouaaaaaaaaaaaaahhhh...
- Nan, ça, c'est la réplique de Black, s'il te plaît.
- Désolé. Mais mon Dieu, si tu savais, c'est terrible !
Il retomba sur le tapis et rampa vers Sirius.
- Black, mon ami... Help !
Il agrippa le pantalon de l'interpellé en geignant. Sirius se dégagea et se tournant vers Emily, tenta de se maîtriser :
- Milady... Il se passe quoi exactement ?
- Rah. C'est terrible, si tu savais.
Lily, une main sur son ventre, regardait la scène avec un sourire faussement tranquille. Remus sembla soudain comprendre. Un sourire éclaira son visage :
- Ciel ! Champagne pour tous les autres !
- Tous les autres ??? fit Sirius.
- Oui, tous les autres !
Le regard de Sirius allait d'Emily à Lily, de Lily à Remus, de Remus à James qui se traînait lamentablement vers l'armoire dans lequel se trouvait la bouteille de whisky. Lorsqu'il y parvint enfin, il laissa échapper le récipient et le liquide se répandit sur le parquet.
Remus le rejoint, lui tapa sur l'épaule et marmonna affectueusement :
- T'es vraiment un boulet, Potter. Félicitations.
Puis, se servant du pan de veste de James, il épongea le liquide. Sirius posa ses index sur ses paupières closes et, avec un effort intense pour paraître calme, interrogea :
- Quelqu'un pourrait m'expliquer ce qui se passe ?
James, relevant une tête aux cheveux trempés de whisky, bredouilla :
- Je... Je... Je vais être papa.

*****

Spero : Tadam ! Encore un autre chapitre bouclé ! Quelle attente, d'accord. mais qu'y peut-on si nous habitons à 450 km de différence et il n'y a pas assez de vacances dans l'année, alors...

Patronum : Niarf. Monsieur le Président si tu nous lis ben ça serait sympa de te débrouiller, sinon tu pourras plus lire cette fic. A toi de voir... C'est un choix ! Bref. Nos inspirations musicales pour ce chapitre sont le Donjon de Naheulbeuk, Kanaete, la BO de Serial Experiments Lain...

Spero : ... et nos habitués, Emiliana Torrini, Brel, Brassens, Radiohead... Et maintenant, les réponses aux reviews.

Patronum : Alors on commence par Lexyann, notre première review ! Thank youuu ! Pour la faute que tu as corrigé, en effet. Un jour de courage et de non-flemmardise, nous corrigerons bravement cette erreur stupide indigne de nous :-p.

Spero : Ensuite, Caroline Black... merci à toi ! Ca nous amuse tout autant si ce n'est plus de faire n'importe quoi avec nos personnages ^____^

Patronum : ... Ouais enfin ceux de JK Rowling. *Sigh*

Spero : EMILY ELLE EST A NOUS !!

Patronum : Et les Farmers aussi ! Youhou ! Ensuite, Aranel Morticia Black... Ben euh merci ! Huhu. Pour Sirius sur le dos, vi vi, je te jure, elle a insisté, Spero ! J'ai essayé de la calmer, mais tu l'aurais vue... Pour ce qui est des prénoms, ben vi, question de connaissances... On en aurait encore à rajouter mais bon, c'est pas le but premier de la fic non plus ^^

Spero : Primo, je ne suis pas assez basse, moi, pour ressortir l'histoire du haut de pyjama (non non, je ne le ferais pas). Deuxio, chère Charlie, figure-toi que nous aussi, on s'amuse comme des abruties devant l'écran (pauvre écran.)

Patronum : BOB DYLAN JE T'AIME ! Oops, pardon. Hum... Review suivante. Merci Dready ! Of course qu'il y a une suite, c'est trop agréable d'écrire cette fic alors on va pas se priver ^^

Spero : notre premier adepte ! Cher Sacha, tu peux adresser tes dons à notre fan-club, par carte bleue ou par chèque, merci.

Patronum : Pour Lily la Tigresse... Merci beaucouuuup ! (Waoooow, domo arigato, Thank you, Muchas Gracias...etc, etc) Pour Sirius, vi vi, il est fort charmant ce jeune homme. On espère que le troisième chapitre t'a autant plu que les deux précédents !

Spero : Merci à Fan ! On prend notre pied à écrire les scènes Sirius/Emily...

Patronum : WAOOOOOW une review de Fred et George :-D Merci mille fois ! *A genoux* Très très très beaucoup honorées ! *A genoux encore plus* MERCIIIIIII !

Spero : Chère Alana Chantelune... Je suis personnellement une grande fana de 4 mariages et un enterrement, peux pas m'empêcher d'y faire référence, étant donné l'ambiance british qui règne dans le film... Vivement le film 4 !

Patronum : Voilà donc, merci à tous nos reviewers, hésitez pas à poster encore bicou de reviews sur notre nouveau chapitre, à faire parler de nous et tout ça ;o) On se revoit au chapitre 4, ciao !

Spero : A la prochaine !