Titre : Quelle heure est-il au paradis ?

Auteur : Spero Patronum (On est deux ! Spero est Neko-Chan, et Patronum est Tilicho :o))

Votre adresse e-mail : spero_patronum@hotmail.com

Avertissements : On est donc deux tarées qui se sont rencontrées d'abord sur le net, puis dans la vie vraie du réelle de la réalité vraie :o) On a décidé d'écrire cette fic à deux... Et voilà !

Spoilers : Tomes 1, 2, 3, 4 et 5 d`Harry Potter + chapitre 1, 2 et 3 de cette même fic.

Remerciements : Merci à... . Euh. Nous ?

Résumé général : La vie de la génération Maraudeurs du mariage des Potter... A leur fin.

Disclaimer : Quasiment tous les personnages y zappartiennent à JK Rowling et pas à nous (Vous vous rendez compte qu'elle fait ce qu'elle veut de Sirius ??? Y'a de l'abus), et pis même qu'on gagne pas d'argent, sauf si vous vous montrez très intelligents et que vous décidez de nous léguer tous vos biens... A vous de décider.

***

Chapitre 4.
*


Remus passa la main sur son visage encore légèrement endormi. Le soleil hivernal pleuvait sur son carré de pelouse, légèrement brillant de par le givre, envahi par les herbes folles qu'il n'avait jamais songé à extraire de leur territoire.
« Je n'avais jamais ôté mon chapeau
Devant personne
Maintenant je rampe et je fais le beau
Quand elle me sonne »

Remus sursauta au moment où son regard croisa celui de la jeune fille. Le visage de cette dernière s'éclaira.
- Mr Lupin ! Bonjour ! fit-elle d'une voix douce.
Il sourit à son tour. Elle se releva, et s'appuya contre la clôture, sa natte chatain revenant par dessus son épaule.
- Alors ? La soirée a été bonne, hier ?
- Hum... Oui, oui, excellente, mentit Remus poliment, et la vôtre ?
Elle baissa la tête, et répondit sur le même ton faussement naturel :
- Merveilleuse, vraiment...
Il s'attarda sur son visage fin, sur ses traits délicats, sa peau d'enfant et ses grands yeux profonds.
- Pourquoi avez-vous cessé de chanter ?
Elle eut un sursaut d'étonnement, et rougit légèrement.
- Oh, ça... Ca vous plaisait ?
Il acquiesça avec son habituel sourire doux.
- C'est du français... Maman vient de France. C'est une chanson de Georges Brassens, il est très très connu là-bas.
Remus hésita, avant d'interroger d'un ton qui se voulait détaché :
- Je n'ai saisi que quelques mots... De quoi parle votre chanson ?
- C'est un homme qui décrit la femme qu'il aime, qui explique à quel point elle l'a rendu... doux. Il se compare à un loup qu'elle aurait su adoucir.
Elle rit doucement.
- Je trouve ça beau, cette image du loup... je crois qu'il y a en effet un loup à adoucir en chacun de nous, non ?
Remus se concentra afin de paraître le plus naturel possible.
- Vous avez probablement raison...
- Mais tous les loups ne sont pas mauvais, n'est-ce pas ?
Il fronça les sourcils et répliqua d'une voix involontairement dure :
- Oh si, Clothilde, ils le sont tous. Il ne faut pas se cantonner à l'aspect extérieur, qui peut avoir quelque chose de noble... Un loup est avant tout un danger.
Je ne crois pas qu'il puisse y en avoir de bons.
- Alors les humains ne sont pas forcément meilleurs, murmura-t-elle d'une voix toujours douce et posée.
Puis elle secoua la tête et se détacha de la clôture.
- Pardonnez-moi, sourit-elle, je dis vraiment n'importe quoi, je ferais mieux de retourner à mon jardin...
- Non... Je...
Mais le timbre grave de Mr Farmer retentissait déjà dans la maison voisine.
- Clothilde ! Clothilde !
A regret, elle s'éloigna de Remus ("A plus tard, j'espère !") et pénétra dans sa cuisine.
Le jeune homme secoua la tête avec un soupir, et rentra chez lui, tête baissé. Il se sentait désespérément stupide... Il ne savait jamais trouver les mots, ni les mettre en forme...
Pourtant, lorsqu'il s'était installé dans cette maison, à sa sortie de Poudlard, Remus s'était immédiatement pris d'affection pour cette jeune fille de quinze ans, encore enfant, et pourtant, déjà tellement adulte...
Distraitement, il arracha une page de son calendrier, et marqua une case de la suivante d'une croix rouge.
Un mois...

*


Sirius ouvrit les yeux et, immédiatement, un large sourire éclaira son visage. Emily, penchée sur lui, souligna la bouche du bout de son index.
- Bonjour, Mr Black... Bien dormi ?
Il passa un bras autour du cou de la jeune femme, pour la rapprocher encore un peu de lui.
- On a vu mieux, mais j'étais bien accompagné...
Il l'embrassa doucement, se délectant de son parfum.
- Mmh... "Muse Ambrée", n'est-ce pas ?
Elle sourit.
- Toujours aussi incollable ou alors tu as vu la bouteille dans la salle de bain ?
- Il te va bien, ce parfum...
Il l'étreignit, tout en déposant de petits baisers tendres dans sa nuque.
- J'ai une surprise, Sirius...
Il continua à l'embrasser, tout en laissant ses mains caresser délicatement son dos.
Il ferma les yeux, comme pour mieux savourer la chaleur de sa peau contre la sienne.
- Sirius ?
- Mmmmh ?
- J'ai une surprise, répéta-t-elle.
- Tu as décidé qu'on vivrait le reste de notre vie dans cette chambre, tous les deux, sans se préoccuper de l'extérieur ?
- Non... Pas exactement.
Il l'embrassait encore, descendant sur ses clavicules. Elle se cambra avec un petit frisson.
- Tu as décidé quoi, alors ?
Sa main passa sur le creux de sa taille, et à nouveau, elle frissonna.
- Siriuuus...
- Mmmh ?
- Je veux te présenter à ma famille.
Sirius cessa tout net ses câlineries.
- Pardon ?
- Je veux te présenter à mes parents.
- Moi ??
- Non, Peter Pettigrow.
Il s'empressa de s'écrier :
- Je suis très honoré, Emily ! Vraiment, vraiment ! Mais...
- Mais ?
- Je veux dire... Je ne suis pas un bon parti ! Je ne suis pas quelqu'un de fréquentable ! Je t'assure !
Elle eut un rire léger.
- Allez, arrête, tu séduirais n'importe qui...
- Oh, vraiment ? Et ça ne te fait pas peur ?
- Certainement pas. Si je ne me trompe pas, tu es bien celui qui m'a dit en me faisant les yeux doux "Quand elles étaient importantes, elles l'étaient vraiment" ?
Sirius baissa légèrement la tête.
- Je ne mentais pas, Emily.
- Justement, je le sais...
Elle hésita quelques instants, avant de s'assurer :
- Dis-moi... Je suis bien importante, n'est-ce pas ?
Il eut un petit sourire.
- Tu es la plus importante, et tu le seras toujours...
- Alors ?
Il soupira et rejeta la tête en arrière.
- Je ne sais pas me tenir, Emily... Qu'attends-tu de moi ?
- Rien de terrifiant, Sirius ! Je veux juste que tu les vois. Ils sont forcément un peu... parents mais, je te jure qu'ils sont géniaux, ils t'adoreront, c'est forcé !
- Je...
Elle l'implora du fond de ses grands yeux noirs.
- S'il te plaît, mon Si...
- Rah.
- ... ?
- Ok.

*


Sirius empoigna sa veste de cuir d'un mouvement rapide. Emily posa son bras sur le sien.
- Si...
- Oh pardon !
Il lui mit dans les mains une autre veste, plus cintrée, pour elle. Elle secoua la tête et raccrocha le tout sur le portemanteau.
- Si'. On y va pas en moto.
Il la dévisagea comme si elle venait de lui assurer que Peter Pettigrow était l'homme rêvé pour n'importe quelle femme, et que Severus Rogue était le plus grand sex-symbol de la terre.
- Quoi ? fit-il bêtement.
- Tu as très bien compris. On y va en voiture...
Sirius manqua de s'étrangler.
- En quoi ?
- En voiture. Tu sais, le truc en tôle qui fait vroum vroum...
- Tu m'as déjà vu conduire ?
Elle eut un sourire malicieux et annonça d'une voix satisfaite :
- Non ! Mais j'ai pris les devants. Remus va venir nous chercher !
Sirius passa sa main sur son visage.
- Remus.
- Il a une voiture.
- Remus.
- Il conduit bien.
- Remus.
- Il est charmant.
- Remus. Pardon ?
- Bel effort de langage. Tu viens ?
- Remus.
- Oui.
- Remus.
Emily soupira et se dirgea vers la porte. Sirius la suivit et une fois dehors, jeta un regard désolé à sa moto. "Pardon Bernadette, elle ne sait pas ce qu'elle fait." La moto émit un sanglot mécanique.
- Sirius, arrête de faire l'enfant, veux-tu ?
Soudain, le vrombissement de la machine en tôle qui fait vroum vroum résonna. Remus, au volant, ne parvenait pas à dissimuler un petit sourire qui signifiait qu'il devinait l'état intérieur de Sirius.
Il lui serra la main et, sans enlever ce sourire stupide de ses lèvres, déclara :
- Je suis sincèrement désolé pour toi. Mais pour une fois, j'avais pas envie d'être solidaire.
- Remus.
Remus se tourna vers Emily et, en élargissant encore un peu son sourire, s'écria :
- Eh, t'as vu ! Il me reconnaît maintenant, le grand garçon !
- Remus.
- Eh, j'ai pas rêvé, hein ? Il me reconnaît !
Emily soupira et passa la main dans ses cheveux, avant de répondre d'un air gêné :
- En fait, il est comme ça depuis tout à l'heure. Il avait l'air de me prendre pour toi.
- Oh, répondit Remus.
- Remus.
- Sirius, arrête, dirent ensemble Emily et Remus, sur des tons très différents.
- Remus, lança Sirius une dernière fois avant de courber le dos pour entrer dans l'automobile beige, poussé par Emily.

*


Remus se retourna vers la banquette arrière où Sirius se tenait droit comme un piquet, les yeux vides et les mains crispées. Une cravate nouée de force par Emily autour de son cou lui donnait l'air d'un pendu en sursis.
- Ca te va très bien ce teint cadavérique, Black.
- Lup-Lup.
Lupin se retourna vers Emily :
- Rah, tu vois ! Là, il m'a reconnu, on peut le dire, hein !
Emily soupira et se servant de son doigt comme d'une mitraillette, s'adressa à tour de rôle aux deux jeunes hommes :
- Remus, c'est même plus drôle, et Sirius, arrête de faire l'enfant !
Mais si Remus se confondit en plates excuses plus ou moins sincères, Sirius pâlit encore un peu.
Emily, dont le regard s'était adouci, passa sa main sur la joue de Sirius.
- Tu es sûr que tu vas bien ?
- NON ! hurla presque Sirius.
Emily se recula, ses yeux arboraient de la perplexité pure.
- Emmène-moi loiiiin, gémit Sirius.
Son regard appelait au secours.
- Mais tout va bien se passer, promit Emily.
- Hmmmmouihm, répondit plus ou moins Sirius.
Emily se saisit du poignet du jeune homme et prit son pouls. Il battait à une vitesse plus qu'anormale. Elle se tourna vers Remus avec un regard inquiet et interrogea :
- Est-ce que Sirius est sujet aux crises de panique ?
- Pas que je sache...
Sirius détourna le regard.
- Quoique... corrigea Remus. Oui, en fait, c'est probable...
- Allons, dit Emily d'un ton vigoureux, Sirius, je t'assure que tout se passera à merveille ! Pourquoi tu t'inquiètes ?
- Je... Je... bredouilla-t-il.
- Tu ? Félicitations à toi, très bon début.
Il se tourna vers Emily et articula :
- Je t'aime.
Remus eut un sourire perplexe :
- Ca, c'est naturel ou alors il se sent mal ?
Emily lui décocha un regard noir et marmonna :
- Devine.
- Peut-être qu'il tente d'émettre ses dernières pensées...
- Peut-être qu'il s'adressait à toi, répliqua Emily.
Remus détacha distraitement la ceinture de sécurité de Sirius qui s'écroula par terre, abandonnant la voiture derrière lui. Il s'ébroua selon les habitudes de Patmol, se releva, fit craquer les jointures de ses doigts ("ARRETEUH !" hurla Emily) et d'un air déterminé, il annonça :
- Paré pour l'attaque.
Mais il tourna les talons, se pencha vers Emily qu'il embrassa vigoureusement. Celle ci en lâcha son sac à main tandis que Remus s'absorbait dans la contemplation de ses ongles impeccaux.
Quand Sirius relâcha enfin son étreinte, il se dirigea vers le portail rouge en face de lui. Emily, les joues écarlates, le suivit du regard. Remus ricana.
- Ben vas-y... et bon courage !
Emily sortit à son tour et la voiture de Remus démarra sur le chemin de gravier, et s'effaça dans le petit bois. Sirius attendait, immobile, qu'Emily le rejoigne.
Cette dernière s'empressa de le faire, courant presque dans sa jupe ajustée à la perfection. Ils franchirent tout les deux le portail vermillon. Sirius était tout aussi blanc mais semblait avoir reprit le contrôle de son organisme.
Emily lui prit le bras tout naturellement et appuya sur la sonnette de la porte d'entrée.
Aussitôt, une petite fille minuscule leur ouvrit. Avec un bond impressionnant, elle sauta au cou d'Emily et la couvrit de baisers agrémentés d'une couche épaisse de bave.
- C'est... Ta fille ? interrogea Sirius médusé.
L'enfant se tourna vers lui et, avec un sourire auquel il manquait deux dents, s'écria d'une voix suraigue :
- Ze m'appelle Alina ! Z'ai cinq ans et la petite souris est venue cette nuit ! Tu veux zêtre mon nami ?
Sirius déglutit avec difficulté. Il adressa à la fillette une ébauche de sourire.
- C'est ma soeur. Tu sais, elle est dans l'incapacité de mordre, alors ne t'inquiète pas..., déclara Emily avec un sourire.
Sirius répondit à celui-ci avec un air à la fois rassuré et désolé. Il s'apprêtait à répondre lorsque il sentit les bras d'Alina se glisser autour sa taille.
- Tu as l'air gentil, déclara-t-elle avec un sourire édenté.
Sirius lança un regard victorieux à Emily. Les yeux de cette dernière brillaient avec amusement.
- Entre, invita Emily.
Sirius obéit, après avoir prié Alina de se détacher ("Un bisou !" "Oui, après..." "Un câlin !" "Oui, Alina.") L'entrée était lumineuse, les murs clairs ; les meubles étaient en osier et en bois jaune. Emily se débarassa de son manteau et insista pour prendre la veste de Sirius. Cet à ce moment-là qu'une petite dame, un tablier bleu noué autour de la taille, fit son apparition dans le couloir. Elle avait des cheveux châtain, dont la couleur nuancée rappellait celle de la chevelure d'Emily, un peu défraîchis cependant. Dans ses grands yeux bleus luisaient une apparente bonté et un enthousiasme débordant.
- Emily ! s'écria-t-elle.
L'interpellée jeta les vêtements dans les bras de Sirius et se dirigea vers elle avec un sourire chaleureux et se blottit dans ses bras. Sirius, qui tenait sa veste et le manteau qu'Emily lui avaient confiés, dut s'en remettre à Alina qui lui indiqua où les accrocher.
- Sirius, dit Emily -Sirius se retourna prestement- , je te présente ma mère.
- Enchanté, dit Black en tendant une main tremblante.
La femme s'avança vers lui, tout sourire, et ignorant la main tendue, se hissa sur la pointe des pieds pour lui administrer deux bises auxquelles il répondit avec surprise.
- Je suis la mère d'Emily. Ravie de vous rencontrer, jeune homme.
- Madame, tout le plaisir est pour moi, assura Sirius avec un sourire étonné mais qui s'élargissait au fur et à mesure que les minutes se déroulaient.
- Oh, pas de ça entre nous... Appellez-moi Ornella, ce sera plus simple, vous ne croyez pas ?
Avant que Sirius ait pu répondre quoi que ce soit, la mère d'Emily se détourna de lui et repartit dans le couloir, non sans avoir caressé la joue d'Emily au passage.
Emily la suivit et Alina prit la main de Sirius.
- Mon papa, il est en courses. Ma maman, elle cuisine. Emily, elle travaille dans Londres. Ma maison, elle est pour moi toute seule, dit-elle d'un air grave.
- Tu as de la chance, moi je vis dans un minuscule appartement, dit Sirius.
- Tu fais quoi comme métier ?
- Euh...
Sirius hésita. Il pouvait facilement répondre à la fillette sa véritable profession. A cet âge, les enfants moldus étaient habitués à s'entendre raconter des histoires de magie, s'il se souvenait bien de ses cours d'Etude des Moldus. Mais qu'adviendrait-il dans l'instant où les parents d'Emily l'interrogeraient sur ses activités ?
- Auror, répondit-il tant bien que mal.
Alina haussa un sourcil et répliqua :
- Ma maîtresse à l'école elle a dit que les monsieurs ils pouvaient être vendeurs, boulangers, coiffeurs, fleuristes et des tas de trucs comme ça, mais elle a zamais dit Auror !
Sirius gagna du temps avec un magnifique sourire adressé à la petite fille qui ne paraissait même pas dupe.
- Oh, tu sais, les maîtresses elles se disent savantes... Mais maintenant, tu as la preuve que non ! Ha.
Instantanément, le regard furibond de Lily lui revint en mémoire, répétant comme un disque rayé "Pas de principes immoraux, pas de principes immoraux !". A nouveau, Alina l'enlaça et s'écria de sa voix aigue :
- Tu me plais de plus en plus ! Tu veux être mon amoureux ?
Emily, qui revenait tout juste de la cuisine, se précipita sur sa petite soeur et entreprit de la chatouiller lâchement en hurlant :
- Teuh teuh teuh teuh teuh ! Pas touche, pas touche !
- C'est ton amoureux à toi ?
- Hm...
La mère d'Emily sortit de ses fourneaux, une casserole fumante à la main.
- Emily, tu disais ? demanda-t-elle.
- Hein ? Qui ? Quoi ? Moi ? Peut-être ! s'empressa de répondre Emily sans reprendre sa respiration, euh ! Enfin ! Eh ben ! Euh ! Bon ! Maman !
Mais Maman la considéra d'un oeil inquiet :
- Oh, Emily Mary Betty Connie Lucy Harmony Oldershaw ! Ne me dis pas que tu recommences tes crises de panique ???
A ces mots, Sirius se retourna vivement vers Emily et la fusilla d'un regard qui voulait clairement dire "TU M'AVAIS RIEN DIT ! ARGH."
- Et puis je suis très vexée que tu ne m'aies pas donné de nouvelles, figure-toi ! Pas un appel, pas un télégramme, pas une lettre en deux jours ! DEUX JOURS, EMILY ! J'ai essayé d'appeler chez toi, moi, eh ben dans le vide, ça sonnait, oui ! DANS LE VIDE, EMILY !
- Oh, Ornella Maria Katrina Sara Paula Angela Oldershaw ! s'offusqua Emily.
Alina sortit sa tête de derrière Sirius et fit d'une voix timide :
- Tu as oublié Dona...
- Non ! fit Mrs Oldershaw, Dona, c'est toi ! Alina Anna Nuria Johanna Lola Dona Oldershaw !
- Ah oui, c'est vrai, décréta Emily d'un air pensif. On se trompe toujours avec celui-là. C'est traître.
- Et vous ? demanda Mrs.Oldershaw avec un sourire gourmand.
- Heu... Sirius Roger René Edouard Black...
- On va vous rebaptiser, mon garçon, décida Ornella Maria Katrina Sara Paula Angela Oldershaw.
- Oui, dit Emily, Sirius Romulus Nigellus Brutus Britannicus Rufus Black, c'est cool, nan ?
- Parfait, et ça lui va à ravir.
- Oui, acquiesça Alina, et ça plaira beaucoup à Tobby.
- Oh, comment va-t-il ma chérie ? demanda Emily avec intérêt.
Alina glissa sa main dans la poche de son pantalon et en sortit un minuscule nounours d'une couleur caramel.
- Comment il s'appelle, celui-là ? interrogea Sirius.
- Toblerone Cubby Spleen Viggo Sirius Aragorn Elessar Pierre Elfique Dunàdan Grands-Pas ! Je viens de rajouter le Sirius.
- C'est heu... joli ? dit Sirius. Fichtre, quelle mémoire !
- On en oublie un de temps à autre, expliqua Emily, mais on en rajoute trois dans ce cas-là.
- Judicieux stratagème...
- Pardonne les noms étranges, mais Alina est une grande admiratrice de l'oeuvre de Tolkien, je ne sais pas si tu connais...
- Si, j'ai déjà lu quand j'étais ado.
- Vous aussi ? dit Mrs.Oldershaw. Je suis encerclée !
- Mais Alina n'a pas pu lire...
- Non, dit Emily avec un regard sombre, J'AI lu.
Un silence glacial s'instaura dans la pièce, jusqu'à ce qu'Alina s'écrie :
- CALIN !
Sirius n'eut pas le temps de se reculer et, après une magnifique impulsion de la petite fille, se retrouva avec un baiser claquant sur la joue.

*

Mr. Oldershaw rentra vers midi. C'était un homme grand, aux épaules larges et à l'air rêveur. Il posa sa sacoche sur un canapé du salon et se laissa tomber dans un grand fauteuil en cuir.
Mais il fut obligé de se relever immédiatement car Alina avait laissé traîner son hérisson domestique n'importe où.
Sous les regards hallucinés de Sirius, Emily et Mrs Oldershaw (Alina était dans sa chambre), qu'il n'avait toujours pas remarqués, il piqua un sprint jusqu'à la salle de bain, laissant tomber des épines sur la moquette du couloir.
Emily se pencha sur le fauteuil.
- Gudule ! s'exclama-t-elle.
Elle ramassa précautionneusement une petite boule noire qui ne comportait qu'une seule épine encore.
- C'est la troisième fois cette semaine, dit Mrs.Oldershaw, un peu embêtée.
- Papa n'a qu'à regarder où il s'asseoit, répliqua Emily.
Mais les deux femmes avaient du mal à s'entendre, leurs voix étant couvertes par les cris stridents de Mr Oldershaw qui était certainement en train de retirer les épines de son postérieur.
Sirius tripotait nerveusement sa baguette magique dans sa poche, tandis qu'Emily et sa mère essayaient désespérément de communiquer par langage des signes.
Un quart d'heure plus tard, Mr Oldershaw fit à nouveau irruption dans la pièce, écarlate, portant un nouveau pantalon, mais très digne tout de même. Il serra la main de Sirius d'un air à la fois cérémonieux et chaleureux.
- Hugh Oldershaw.
Le jeune sorcier, ravi de trouver enfin un membre de la famille qui se présente en ne donnant qu'un seul de ses prénoms, répondit sur le même ton :
- Sirius Black.
Il sentit soudain son pantalon descendre un peu sur ses hanches. Baissant la tête, il aperçut Alina, un grand sourire aux lèvres.
- Quand est-c'qu'on manze ? Tu t'asseois à côté de moi ? ZE COUPE MA VIANDE TOUTE SEULE MAINTENANT !

*

- Encore un peu de pommes de terre, Sirius ?
Le sorcier déclina la proposition d'une voix timide.
- C'est délicieux, Mrs Oldershaw, félicitations...
En face de lui, Emily arborait un demi-sourire amusé qui signifiait quelque chose comme "Haha ! Il est mignon en garçon de bonne famille, comme ça..."
- Dis Sirius, tu veux pas mes patates ? Parce que moi ze les trouve pas très très bonnes.
- Euh non merci Alina, c'est gentil...
- Alina tu es dégoûtante ! Mange proprement ! Et arrête d'embêter Sirius.
- Je... Euh ? Quoi ? Non non mais pas du tout ! Elle ne m'embête pas, au contraire !
- Tu es trop poli, Sirius, marmonna Mrs Oldershaw. Quelqu'un veut des patates ?
La table entière répondit à la négative, et elle rapporta le plat en cuisine. Emily l'escorta immédiatement.
Alina jeta sa serviette sur la table, et en profita pour s'éclipser. Sirius la suivit du regard, tout en songeant qu'il aurait bien aimé faire comme elle.
- Ca ne vous dérange pas si je lis le journal ?
Le sorcier sursauta, posa ses yeux sur Mr Oldershaw et hocha la tête à la négative.
- Non non, je vous en prie !
Il entendait Emily et sa mère rire dans la cuisine. Le froissement du journal l'exaspérait.
- Hum.
Sirius se leva et se dirigea vers la cuisine, avec l'excuse "je viens voir si je peux aider."
Il trouva une Emily riant aux larmes, une casserole pleine de chocolat fondu dans les mains.
- Tu lui as quand même pas dit ça ?
- SIIIIIII !
- Mamaaaan !
Un peu hésitant, il fit quelques pas dans la pièce.
- Euh...Je viens voir si...
- AAAAH ! fit Emily avec un sursaut hystérique, Siriuuus !
Sa mère éclata de rire encore une fois, et, incapable de se contrôler, partit dans tous les sens en pouffant. Elle finit par heurter sa fille dont la casserole vola.
Tout se passa comme dans un film au ralenti. Sirius réalisa que le chocolat brûlant risquait de se déverser sur le visage de sa belle et, s'armant de courage, il sortit sa baguette de sa poche et hurla :
- PETRIFICUS TOTALUS !
Aussitôt, la casserole s'immobilisa dans les airs, le chocolat arrêté en plein vol. Il rangea sa baguette dans sa poche et poussa un soupir rassuré.
Et puis il se rendit compte que les hurlements hystériques des deux femmes avaient cessé. Mr Oldershaw venait également de faire irruption dans la pièce et les trois moldus fixaient Sirius d'un air ébahi.
Emily s'éclaircit la voix, déglutit et annonça, au prix d'un grand effort :
- Hum... Papa, maman... Euh... On a quelque chose à vous dire, Sirius et moi...

***

Hum… Salutations ! ^_^

Ici Spero… Patronum est absente pour les réponses aux reviews cette fois… Et c'était relativement convenu ! En fait, elle a terminé le chapitre seule, ce qui inclut que je suis responsable des lecteurs…

Bref !

Chère Lexyann, merci à toi pour tout ces compliments ^_^ Nous sommes désolées de ne pas poster plus souvent, mais écrire séparées de 400 kilomètres, c'est pas la joie. (au passage, nous nous retrouvons, Patronum et moi, ce week-end, sûrement donc le chapitre 5 ne tardera point…)

Didie.m, nous te remercions !

Silver, pour en revenir aux donc, Noël est là, donc on serait ravies si… Nous, racketter ? Certainement pas ! Jamais, tiens. Merci énormément pour tous les compliments !

Pug de Crydee… En voilà un pseudo surprenant Oo… Lily, bizarre ? Oh, non, un peu hystérique par moment, moraliste dans d'autres, mais très fiable, si si. En tout cas, elle n'est pas plus étrange que Sirius qui ne sait pas recevoir les invités, ou James qui a une sérieuse tendance à la douche alcoolisée, ou encore Emily par rapport à qui on peut se poser de sérieuses questions quant à son équilibre familial, ou même de Remus qui garde la même voiture malade et agonisante pendant trente ans… Contentes que ça te plaise en tout cas ! ^-^

Chère Aranel, tu n'as pas remarqué l'inconscience et les déséquilibres de chacun des personnages ? Oo Que Jamesie se fasse un shampoing au whisky n'a rien de surprenant, bien au contraire ! C'est d'ailleurs pour les maraudeurs et leurs compagnes la réaction la plus… normale, banale, ordinaire, prévisible qui soit ! … Je décline toute responsabilité si tu meurs d'étouffement.

Izabel, nous en rougissons presque ^_^ (Moi en tout cas. J'avais promis à Patronum ne rien dire en son nom. Pardon, Patronum, pardon.) Nous continuons notre collaboration, qu'elle soit merveilleuse ou pas ^_^ On n'a plein d'idées et on manque de sommeil d'en avoir trop formulées, alors au moins qu'on les écrive, histoire de prendre notre revanche ! C'est assez incroyable comme les personnages comme Emily, inventés de toutes pièces, prennent place peu à peu dans notre esprit, s'étoffent au fur à et mesure… D'ailleurs, les péripéties des personnages de Quelle Heure Est-Il Au Paradis (En abrégé QHEIAP. Patronum offre une sandale, et j'ajoute une râpe à fromage de luxe, pour celui qui arrivera à prononcer ça.) reviennent dans nos fics respectives, entre autres sur celles du sixième tome, ou dans Once Upon A Time, c'est à dire toutes nos autres petites fics (disponibles sur notre page de fanfiction.net ^_^), auxquelles vous pouvez avoir accès sur fanfiction.net. Le pseudo de Patronum est Tilicho, et le mien Neko-oh, n'hésitez pas à aller lire ^_^

Merci encore à tous !

A bientôt !