Titre : Quelle heure est-il au paradis ?
Auteur : Spero Patronum (On est deux ! Spero est Neko-Chan, et Patronum est Tilicho :o))
Votre adresse e-mail : spero_patronum@hotmail.com
Avertissements : On est donc deux tarées qui se sont rencontrées d'abord sur le net, puis dans la vie vraie du réelle de la réalité vraie :o) On a décidé d'écrire cette fic à deux... Et voilà !
Spoilers : Tomes 1, 2, 3, 4 et 5 d`Harry Potter + chapitre 1, 2, 3 et 4 de cette même fic.
Remerciements : Merci aux IRL, c'est cool et inspirant.
Résumé général : La vie de la génération Maraudeurs du mariage des Potter... A leur fin.
Disclaimer : Quasiment tous les personnages y zappartiennent à JK Rowling et pas à nous (Vous vous rendez compte qu'elle fait ce qu'elle veut de Sirius ??? Y'a de l'abus), et pis même qu'on gagne pas d'argent, sauf si vous vous montrez très intelligents et que vous décidez de nous léguer tous vos biens... A vous de décider.

***

Chapitre 5

Celui qui n'avait jamais vu la mer

-Et là, on s'est assis à la table.

-Naaaaaaaan !

-Si. Et là, je leur ai parlé de Poudlard.

-Naaaaaaaaaan !

-Si. Et là, je leur ai parlé du Ministère.

-Naaaaaaaaaaaaan !

-Si. Et là, je leur ai parlé des Aurors.

-Naaaaaaaaaaaaaaaaaan !

-Si. Et là, je leur ai fait des démonstrations.

-Naaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaan !

-Si. Et là, je leur ai pas parlé de Voldemort.

Un crissement retentit dans la salle à manger. Une cuillère venait de racler la porcelaine d'une assiette.

-Aaaah.

-Merci de ta coopération, Lily, dit Sirius en tirant la langue.

-Hum, fit James en se resservant distraitement un peu de lentilles mélangées à sa poire belle-Hélène, et euh… ça a réagi comment ?

Emily lui jeta un regard noir qui signifiait « Si le « ça » désigne ma famille, tu es mort, Potter. ».

-Eh bien… Ma petite sœur veut se marier avec lui.

Remus se mit à ricaner.

-La pauvre.

Sirius poussa violemment son verre d'eau vers lui.

-Pardon, murmura-t-il d'une voix sèche et cruelle.

Remus sécha sa chemise d'un sort et haussa un sourcil lascif à son ami.

-Bon, on fait quoi cet été ? interrogea James brusquement en rompant l'échange.

-On accouche, mouhaha, répondit Sirius.

-Hinhin, insista Lily d'un ton blasé.

-Ce serait pas mieux déjà de savoir ce qu'on fait à Noël ? dit Peter d'un ton déboussolé.

-Ah, tu t'inclues dans le groupe, Pitou ? répliqua Sirius d'un sourire acide.

-Roh, t'es con, grogna Peter.

-Pas de gros mots, c'est mauvais pour l'enfant ! hurla quasiment Lily.

-Evans… heu, non, Potter, heu… Lily…, balbutia James en fermant les yeux pour essayer de se concentrer.

-Mon sucre d'orge, rajouta Sirius d'un ton ravi.

-Ma deux chevaux couleur crème, assura Remus.

-N'en rajoutez pas, vous, cracha James.

-Oui ? fit Lily d'un ton encourageant.

-Tu sais… A propos de Noël, heu…

Lily lui fit un sourire entendu et ouvrit grand ses yeux verts.

-Heu, comment te dire…

Lily lança un regard tendre à son ventre qu'elle enveloppa de ses mains fines.

-En fait…

Sirius toussa.

-Et bien y'a le nouveau Nimbus 500 qui vient de sortir et heu… je pensais que si jamais, au cas où, tu…

Lily poussa sa chaise avec violence, se leva de table et sortir à grands pas de la cuisine sous les yeux médusés de son époux.

-Mékekeujédi ? dit James en écarquillant les yeux derrière ses lunettes.

Sirius lui posa la main sur l'épaule et d'un air fraternellement désolé, murmura :

-Il y a certaines choses que je dois t'apprendre, Potter, tu es encore bien jeune…

-Je savais bien que c'était une folie de s'engager à vingt ans, murmura Remus d'un air de poète disparu. Nous avons tout le temps devant nous…

-Arrête tes bêtises, Remus, c'est sérieux ! protesta James, désesperé.

Emily riait doucement.

-Lup-lup, arrête de draguer toutes les jolies filles facilement impressionnables ! gronda Sirius d'un air menaçant.

-Je rigolais pas pour lui, je rigolais pour James ! s'offusqua Emily.

-Ah bah merci ! dit Remus en fronçant les sourcils.

-J'ai pas compris, pourquoi elle est partie Lily ? questionna Peter.

Tout le monde poussa un long soupir.

-Pettigrow, quand un papa et un maman s'aiment très fort…

-Mais oui, je sais qu'elle est enceinte ! s'énerva Peter.

-Nom d'un dragon ! dit Sirius tapant des deux mains sur la table.

-JE VEUX ALLER A L'ÎLE DE JERSEY CET ETE ! hurla soudainement Remus, déclenchant un fou rire chez Emily.

-Mais vous voyez pas que Lily et moi on s'est gravement disputés et qu'on va divorcer et devoir se partager la garde de l'enfant avant même qu'il soit né ? paniqua James.

-Et ça y est, ça chiale encore, ronchonna Sirius.

-Black, tu es mon meilleur ami, ferme-la, supplia James.

-Heu… là, je crois que c'est sérieux, s'arrêta soudainement Emily.

-Mais nooooooon ! cria Sirius avec une voix d'ivrogne. Viens Jamesie, on va prendre l'air. Lup-lup, ne drague pas ma copine, merci.

-Mais heu… protesta vainement Remus d'un air dépité.

*

-Tu es vraiment obligé d'y aller ?

James noua nerveusement sa cravate, avant de la jeter à terre et de sortir une robe de sorcier du placard. Lily, assise dans le lit derrière lui, le fixait d'un œil inquiet.

-Je pense, oui. Ca m'étonnerait que le Ministère m'envoie un hibou express pour me dire que les nouvelles chaussettes de Dumbledore ont des pois verts.

-Tu fais attention à toi ?

-Je serai avec Sirius…

-Justement.

James leva un sourcil avec une moue soupçonneuse qui fit ricaner le miroir sans tain de son armoire.

-Tu lui reproches quoi à Sirius ?

Lily, le drap enroulé autour d'elle, s'approcha de lui et, déposant un baiser sur la joue, murmura simplement :

-Tu vas être en retard, James…

*

Leurs pas résonnèrent dans le hall de marbre. Ils dépassèrent la statue des Races sans même y jeter un regard et accélérèrent encore leur foulée. James souffla et dépassa Sirius. Celui-ci s'arrêta brusquement et dégaina sa baguette magique. Il se tourna vers James. « Chut… » murmura-t-il. James acquiesça doucement et entoura sa propre baguette de ses doigts. Il ferma les yeux, tentant de contrôler les battements de son cœur.

-C'est lui, chuchota James.

-Ne le laissons pas parler, il nous jetterait un mauvais sort...

Les deux sorciers restèrent immobiles un instant sans se regarder… puis se retournèrent vivement.

-STUPEFIX ! hurlèrent-ils d'une même voix.

Le sorcier tomba à terre dans le couloir noir. Les deux apprentis Aurors s'avancèrent vers lui.

Sirius se pencha, soupira et, sans plus de cérémonie, releva la cagoule noire. Aussitôt, les deux maraudeurs eurent un mouvement de répulsion.

-Hickman… Je peux pas le croire, murmura Sirius.

-Il a mangé chez nous dimanche dernier…

Ils se considérèrent tous deux pendant quelques instants. Sirius sortit à nouveau sa baguette.

-Y'a un truc pas normal...

-Je ne te le fais pas dire. Dit James avec un regard outré.

-Non, je parle pas de ça… Pourquoi on a été prévenus ? Et pourquoi on est les seuls, surtout ?

James se mordit la lèvre.

-JOYEUSES PÂCQUES !

Les deux mages sursautèrent et James envoya un Expelliarmus à l'homme qui venait de surgir derrière lui. Un lapin en chocolat explosa sur le crâne d'Albus Dumbledore.

-J'avais pensé que ça vous détendrait, expliqua le vieux sorcier d'un ton d'excuse tout en sortant un œuf en chocolat blanc de sa poche.

Sirius pointa sa baguette vers le sorcier et la brandit sur le front de ce dernier.

-Si réellement vous êtes Albus Dumbledore, je vous présente toutes mes confuses, en revanche…

Il grogna et montra les dents.

-Le quatre février de l'an mille neuf cent soixante quinze, je vous ai pris en flagrant délit de trafic de Bierraubeurre et je vous ai laissé faire, dit Dumbledore. Cela vous convient-il ? Êtes-vous convaincu de mon identité ?

Sirius sourit et formula quand même :

-Irrealitas

… Puis baissa sa garde, car les étincelles étaient bien bleues et non rouges.

James fixa le directeur de Poudlard avec une expression particulièrement assassine et articula :

-Nous sommes le dix-huit décembre. Enfin plus précisément le dix-neuf décembre, à cette heure-ci.

-C'est vrai, concéda Dumbledore avec un sourire.

James soupira et ferma les yeux pour tenter de se calmer.

-Hum. J'étais chez moi, avec ma femme. Et je dormais. Que me vaut le plaisir de fêter Pâques un dix-neuf décembre, avec vous, à 2h35 du matin, après avoir stupéfixé un de mes collègues qui s'avère être un mangemort ?

-Vous êtes nerveux, Potter, prenez un chocogrenouille. Si vous avez la carte de Gollum le Fou Furieux, au passage, je peux vous l'échanger contre Ûrfast aux Cheveux de Feu.

Il lui lança la friandise avec un sourire bienveillant derrière ses lunettes en demi lune. James reçut le chocolat en pleine poitrine sans ciller, un air qui semblait répéter : « J'hallucine ! » brillant dans ses yeux noisette.

-Hickman s'échappait. Heureusement que vous l'avez attrapé, déclara Dumbledore avec distraction.

-Supeeeer, affirma Sirius, le menton dans le poing. Et la famille, comment ça va ?

-Sirius, si vous rejoigniez Jacobs et Moons au département des Aurors ? Je crois qu'ils ont besoin de renfort. Si vous ne les trouvez pas, courez voir Croupton et Rockwood à la Conférence.

Sirius obéit immédiatement et disparut dans les couloirs. Dumbledore emprisonna Hickman d'un sort et le fit disparaître d'un claquement de doigts.

-Et de huit. Je l'ai envoyé quelque part dans un placard de Poudlard, je le chercherais après.

-Dans la salle sur dema… commença James, avant de s'absorber, rougissant, dans la consultation de ses ongles.

Dumbledore fronça les sourcils.

-J'espère que non, ce serait dangereux, remarqua-t-il d'un ton soucieux. Venez avec moi, James, demanda-t-il soudain d'un ton concerné.

Ce dernier se tourna vers le vieux mage. Celui-ci marchait déjà le long du couloir.

-Tout d'abord, félicitations, sourit Dumbledore.

-Merci, les nouvelles vont vite, s'embarrassa James.

-Particulièrement en ce qui vous concerne… et dans les deux camps.

La voix de Dumbledore se fit tendue.

-Tu réalises bien, James…

L'appelé tourna son visage vers le professeur.

-Tu réalises bien à quel point cet enfant sera porteur de longues malédictions, de missions, de secrets et de forces… Tu réalises bien que l'ennemi attend cet enfant.

-C'est mal, alors ? demanda James brusquement.

-Non. Evidemment, non. Ce n'est pas ça. C'est dangereux. Pour lui, pour vous, pour nous…

-Pour eux !

-Justement.

James fronça les sourcils.

-Il naîtra en juillet, n'est-ce pas ?

-Normalement…

Dumbledore soupira.

-J'ai fait passer des entretiens pour un nouveau professeur de Divination.

-C'est une très bonne idée, mais…

-Oui, je connais votre avis à propos de cette discipline. ET à propos de son ancien enseignant, je vous reconnais qu'Alfonse était plutôt… mauvais.

-Vous ne me tenez donc pas rigueur de mon absence de BUSE à cette matière ? grimaça James.

-Sans problèmes, sourit Dumbledore. La nouvelle s'appelle Sybille Trelawney…

-J'en suis ravi. Vous êtes sûr qu'il ne s'agit pas d'un Mangemort ? D'un espion ?

-Certain.

-Disons que j'ai toujours eu une grande confiance en vos jugements. Mais…

-L'erreur est humaine, je sais. Cependant, je peux vous assurer que Sybille… enfin, que c'est rigoureusement impossible qu'elle fasse partie de l'autre camp.

-Comment ? dit James, un sourcil levé.

-J'ai mes preuves, déclara Albus Dumbledore avec satisfaction.

-Et elle est… douée ?

Dumbledore joignit les mains.

-Hum. Si je connais ton avis sur la matière qu'elle va enseigner, tu connais également le mien. Cependant, oui, elle est relativement douée. Du moins ce que j'en ai vu.

-C'est à dire ?

-C'est à dire qu'elle m'a fait une prédiction.

James eut un signe de la main un peu méprisant.

-Je veux dire, une vraie prédiction. Je sais que vous n'y croyez pas, vous me l'avez déjà suffisamment fait comprendre. Mais l'heure est grave, l'ennemi se fait de plus en plus menaçant, et il est temps de mettre nos principes de côté, d'être vigilants.

-Hm ?

Dumbledore s'arrêta et transperça James du regard.

-Comprends-moi, James. La magie de Voldemort devrait te convaincre de la puissance et de la complexité de bien d'autres sorcelleries.

-La complexité d'un sachet de thé ? railla James.

-La complexité des âmes, des voix, et de la magie pure. Vous n'aviez pas été envoyé au Département des Mystères ?

-Avec tous ces combats, peu importent nos affectations. Quant à nos stages…

-Je croirais que le professeur de Elbow vous a inculqué les principes de magie pour rien ! Tu n'es plus un sorcier de premier cycle, ni même de deuxième ! Et dans ta position, vu ta propre aura, tu devrais savoir que la sorcellerie n'est pas un mouvement de baguette accompagné d'une formule ! Mr. Potter, je ne vous ai pas réveillé en pleine nuit pour vous informer de mon achat de nouvelles chaussettes à pois verts !

Il y eut un silence…

-Enfin si ça vous intéresse, je connais un magasin dans le vieux Londres qui fabrique et vend artisanalement des chaussettes depuis l'Antiquité. Il y a un authentique modèle en peau de Yack séchée venue de la Cordillère des Andes…

-Intéressant. Peut-on en venir au fait, je vous prie ? tenta James, un peu sèchement.

-C'est ce que j'essaie de vous faire comprendre depuis tout à l'heure. Notre amie Sybille m'a fait comprendre TRES explicitement qu'un garçon né en juillet…

-Malgré tout le respect que je vous dois, Dumbledore, je n'ai que faire des prédictions d'une vieille buveuse de thé ! Pourquoi est-ce que ça devrait tomber sur nous ? On ne sait d'ailleurs même pas si cet enfant sera un garçon ! Il y a des tas d'enfants qui naissent en juillet chaque année ! On ne sait pas non plus si la grossesse se passera bien ! Est-ce là votre plaisir, Dumbledore, depuis deux ans, de me casser mon bonheur chaque fois qu'il fait un pas timide dans mon foyer ?

-James.

-Quoi ? s'écria James.

-Je suis sérieux. Le risque est plus que présent. Et je crois qu'il est toujours préférable pour un enfant de grandir dans une famille saine… Et si c'est la sienne, c'est encore mieux. Tu vois ce que je veux dire où il faut que je sois plus explicite ?

-Lily et moi nous en sortirons.

-Et lui ?

*

Sirius poussa la porte grise et jeta un coup d'œil circulaire dans la pièce. Les fenêtres étaient voilées. Il fit un pas, sa baguette s'enfonçant dans sa paume un peu plus à chaque seconde. Un gémissement… Ne pas appeler, surtout pas. Ne pas utiliser le Lumos… Attendre… Avancer d'un pas silencieux…

-Black…

… Jacobs. Non, la voix de Jacobs.

-Black, c'est Jacobs, le numéro… le numéro quarante-deux…

Peut-être Jacobs.

-Irrealitas.

Les étincelles étaient bleues.

-Lumos !

-T'es le seul à parvenir au sort d'irréalité… Bravo...

Lumière. Jacobs, poitrine en sang, gisant sur les carreaux noirs… Sombre sur sombre.

-Merde.

Sirus s'accroupit immédiatement à côté de l'Auror et, le regard soucieux, entreprit de sortir des onguents de son sac.

-Laisse tomber… c'est pas grave.

Sirius grimaça.

-Arrête de dire des conneries, tu saignes beaucoup… Ah, voilà.

Il ouvrit la petite boîte grise qu'il venait de trouver dans son sac, releva le pull de Jacobs et entreprit de lui étaler la pommade sur la poitrine.

Aussitôt, la crème prit une teinte bleuâtre et un bruit effervescent résonna dans la pièce.

-Merde.

-C'est pas grave, Black… Je sais que c'est pas ta faute.

-Arrête de dire des conneries, répéta Sirius entre ses dents serrées.

Jacobs ferma les yeux.

-Tu t'y prends mal pour remonter le moral des blessés… Ma femme serait là, elle me dirait que tout va bien, que je dois pas m'inquiéter et que j'ai quasiment rien… Une égratignure, quoi…

-Te fatigue pas, parle pas.

-Ca, par contre, elle le dirait. Pour me faire comprendre que c'est pas une égratignure…

Sirius se pencha sur l'onguent. Qu'il devienne blanc et brillant… Il aurait réussi ses soins.

-Si t'avais un peu moins passé les cours de soins à mater le décolleté de ta voisine de devant…

Jacobs ricana et un filet de sang descendit le long de son menton.

-Elle était jolie, hein, Adrians ?

-Mh.

-T'en fais pas, Black, je vais pas crever dans tes bras, t'es pas confortable… Je préférerais mon lit, sans vouloir t'offusquer... Ma mère elle me disait toujours qu'on a la mort qu'on mérite… Moi je disais que je voulais mourir au sommet d'une montagne, et elle se foutait de moi…

La crème prit une teinte noire et éclata dans des bulles poisseuses. Sirius devint pâle.

-J'avais parié, Black...Tu me dois… on va dire dix gallions… Dommage si tu voulais emmener Adrians à la mer…

-C'aurait pas été Adrians, répliqua Sirius tout en fouillant dans sa sacoche.

Il devait trouver son manuel de soins… A tout prix.

-Toute façon t'as pas les dix gallions, hein ?

La main toujours dans sa sacoche, sans relever la tête, Sirius répondit :

-Beuh, te moque pas.. J'ai au moins trois ou quatre gallions sur moi.

-Ca fera l'affaire… En théorie je fais pas crédit, mais je peux faire une exception…

Il devait se rendre à l'évidence : il n'avait pas son manuel.

-T'as toujours été aussi bordélique ?

-Toujours, c'est un principe.

-T'aurais pas pu penser que d'autres en feraient les frais… ? dit Jacobs en tentant de rire.

Sirius se mordit la lèvre. Jacobs eut un hoquet effrayant et se mit à cracher… Il eut un soubresaut et cligna plusieurs fois des yeux. Son torse s'affaissa et ni ses lèvres ni ses narines ne bougèrent. Sirius se laissa tomber sur le sol et passa ses doigts sur son front, entre ses deux yeux. Puis il replongea la main dans son sac. Il se pencha vers Jacobs et glissa dans la poche de son jean ses trois gallions.

*

-Black ! Avez-vous des nouvelles de Jacobs ? s'exclama Croupton en voyant l'Auror apparaître dans son bureau.

Sirius le jaugea d'un regard vide. Croupton, assis à son bureau sur lequel était posé sa baguette, étudiait des plans des souterrains du ministère. Fudge contemplait un plan de métro londonien… Leurs costumes impeccablement repassés, sur lesquels le moindre faux plis aurait fait figure de pêché capital offraient un violent contraste avec la robe de Sirius tâchée de sang, froissée et sale.

-Ta gueule.

Silence.

-Alors… Ils pourraient descendre à Regents Park…

-Je vous demande pardon, Black ? rétorqua Croupton d'une voix faussement aimable.

-William est mort.

-Qui ? dit Croupton.

-Jacobs. William Jacobs est mort.

Croupton fronça les sourcils.

-Nous ne sommes donc plus que dix ici…, dit-il en écrasant distraitement un moustique qui voletait autour de sa lampe.

Sirius lui lança un regard absent.

-Hickman est pris.

-Bravo. Les pertes en valaient la peine.

-Certainement, dit Sirius d'un ton sarcastique.

-Vous n'êtes qu'un apprenti Auror, Black, déclara Croupton d'un ton menaçant. Ceci est un avertissement. Je sais que certains vous permettent tout… Votre « charisme », je crois, séduit énormément de gens, cependant…

Il pointa sa baguette sur un point de rencontre des souterrains et y mit feu.

Sirius rétorqua d'une voix égale :

-Je viens de vous annoncer la mort de William Jacobs. Les Mangemorts ont à moitié investi nos rangs. Nous découvrons chaque jour de nouveaux traîtres qui occupent les postes importants de cet institut qu'est le Ministère. Voldemort a…

-SILENCE ! N'oubliez pas où vous êtes Black ! Le déclin qui s'annonce ne vous garde pas de respecter vos supérieurs.

-Les Mangemorts tuent et ravagent tout sur leur passage, et votre seule fierté est d'engueuler un apprenti Auror à la langue trop pendue ! On m'avait pourtant dit que vous vous flattiez d'avoir le bras long…

-Au prochain mot, Black, vous pourriez vivement le regretter, je vous préviens.

Croupton était pâle de colère et d'orgueil. Fudge rangea soigneusement son plan de métro et lança un regard interrogateur à Croupton.

-A votre avis, où sont-ils ?

-Quelque part près du couloir de la Presse sorcière… Johnson nous attend certainement là-bas.

Fudge acquiesça et s'approcha de la porte. Croupton le suivit et glissa à Sirius juste avant de franchir l'encadrement :

-Restez à votre place une bonne fois pour toutes, Black. Pensez à d'autres personnes qu'à vous-même.

*

-Avada Kedavra !

Sirius se projeta contre la porte et évita le sort d'extrême justesse.

-Stupéfix ! hurla-t-il.

Le Mangemort reçut le sort qui le traversa avec une puissance surprenante et s'effondra lourdement sur le sol. Sirius donna un coup de poing à la sorcière en sang qui venait de se jeter sur lui avec un véritable cri de harpie. Elle s'écrasa lamentablement à ses pieds avec un râle de douleur. Profitant d'un très court instant de répit, il risqua un œil autour de lui. James était en plein combat avec un mangemort particulièrement agile qui évitait aisément toutes les attaques. Mais son repos fut de courte durée, puisqu'un instant plus tard, faisant volte-face, il se retrouvait face à un nouveau mage. Il sentait presque son souffle glacé sous sa cagoule. Le sorcier noir sauta sur lui avec violence et enfonça profondément sa baguette contre sa tempe. Sirius tenta de relever la sienne mais le Mangemort tenait son poignet avec force. Tellement de force que Sirius lâcha son instrument. L'instant d'après, il sentit sa panique se résoudre avec une tempête qui lui prit esprit, cœur et corps. Il n'était plus rien face à ce fou. Il laissa échapper un râle de colère et se releva avec tant de vigueur qu'ils se mirent à rouler sur quelques mètres. Là, il lui arracha sa cagoule avec un geste de rage et s'immobilisa.

-Bonjour Sirius, ça faisait longtemps.

Sirius fronça les sourcils et tenta de garder son calme.

-Ca y est, c'est l'apothéose, t'as finalement réussi à te faire engager.

Il se retrouvait face à son reflet. Un être quasiment identique, à quelques différences près… Son nez était un peu plus long, ses sourcils plus arqués, et ses joues un peu plus rouges… Il connaissait ce visage par cœur,  pour l'avoir tant haï, tant contemplé en essayant de refouler la colère qui montait en lui.

-Me dis pas que tu ne t'y attendais pas… Père et Mère ont été ravis. Un de leurs deux enfants a réussi, c'est toujours ça… Tu leur as causé tant de chagrin, tu le sais ?

-Qu'est-ce que doit être la tristesse pour des gens sans cœurs ? dit Sirius avec un rire sans joie. Et maintenant, dis-moi ce que je te fais ? Je te tue ou pas ?

-Tu veux dire : je te tue ou pas ?

Sirius serra les dents et se remit debout. Son adversaire fit de même à cet instant.

-Mort rapide, cher frère ? Privilégié, tu ne souffriras même pas, promit Regulus. Avada Kedavra !

-Protego !

Sirius fit reculer le jet de magie verte qui s'en prit à une porte en chaîne cédant sous la puissance et se brisant en cent morceaux de bois.

-Le maître a sonné la disparition ! avertit d'une voix forte une femme encagoulée.

Tous les Mangemorts remontèrent leurs manches et touchèrent leur marque sale et noire… et disparurent comme si ils avaient revêtu une gigantesque cape d'invisibilité.

-C'est leur dernière invention, ça ! cracha Johnson.

-Mr. Croupton est blessé ! rugit Fudge, affolé.

Tous les Aurors se replièrent alors vers le sorcier allongé à terre. Croupton, plus pâle que jamais, murmurait vaguement des mots sans suite, un vague sourire sur les lèvres.

-Faites quelque chose ! s'emporta Fudge.

Johnson considéra les autres d'un œil inquiet.

-Mais réagissez bon sang ! NOM D'UN DRAGON ! VOUS ETES INCAPABLES ?

James s'approcha de lui et lui asséna un violent coup sur la tête. Le sorcier tomba par terre, assommé net.

-Voilà qui devrait nous empêcher de nous disperser.

-Brillant, Potter.

-On ferait mieux de s'occuper de Croupton…

Sirius, toujours sous le choc de sa confrontation avec son frère, s'approcha néanmoins de Croupton. Avec des gestes qui lui rappelaient douloureusement ceux avec lesquels il avait tenté de sauver Jacobs, il sortit un onguent de son sac, qu'il appliqua sur le visage du mage.

-Ils l'ont sérieusement arrangé…

Il replongea dans sa besace, à la recherche d'une autre pommade. Sa main rencontra un objet rectangulaire, d'épaisseur moyenne, et solide. Il pâlit et le sortit avec des gestes lents.

« Sortilèges et techniques de soins de combat. »

Les lettres brillantes du titre frappèrent ses yeux avec violence. Il s'immobilisa, le visage plein d'horreur.

-Qu'est-ce que tu fous Black ? s'écria Johnson en lui arrachant le manuel des mains.

Il ne parvint pas à réagir et son regard suivit les pas précipités du sorcier, avec une sorte de torpeur égale.

Les autres Aurors approuvèrent d'un sourire nerveux l'arrivée de l'ouvrage et entreprirent immédiatement de bander les bras sanguinolents de Croupton, avec des gestes à la fois fébriles et appliqués.

James avait posé ses deux mains autour de la tête du blessé, et murmurait des incantations. Une douce lumière bleutée apparut au creux de ses paumes. Sirius, toujours incapable du moindre mouvement, le fixait avec un regard éteint.

-Sirius, s'il te plaît, viens m'aider !

Il ne répondit rien, et se leva comme un automate.

Il passa les restes de la grande porte qui avait volé en éclat, malgré les cris de Cornedrue qui retentissaient et se perdaient en une multitude d'échos derrière lui.

-Black ! Reviens ! Black, mais qu'est-ce que tu fous ?

Derrière lui, des éclairs de magie de soin volaient, les uns après les autres. Il y avait des cris de désespoir. De la peur, aussi.

Et derrière lui, il y avait Jacobs mort.

Derrière lui, il y avait le manuel.

Le manuel.

Jacobs.

***

Spero : Salutations ! Bonne année !

Patronum : Ce à quoi je rajouterais une bonne santé… (Cuvez bien votre champagne, petits gloutons.) Bon, un nouveau chapitre un peu différent des autres…

Spero : Hum, commencent les nouvelles péripéties… C'était prévu. On alternera désormais passages hystèrico-incompréhensibles et passages dramatico-sombres. Le prochain chapitre mélangera les deux normalement… j'ai bien dit normalement.

Patronum : Voui voui voui, normalement, mais avec nous, la normalité ça paraît difficile, quand même.

Spero : En tout cas, merci à nos quelques lecteurs –peu nombreux mais qui s'accrochent – merci beaucoup à vous ! Et comme dirait Wataru Yoshizumi dans ses Freetalks : Portez-vous bien et merci infiniment de nous avoir lu durant cette année, que janvier ne vous enlève aucune envie de lecture, etc, etc, etc, bien à vous, blablabla, merci, et tout ce qui va avec, mais contrairement à elle, on le dit le plus sincèrement du monde ^_^

Patronum : Au vu de cette petite tirade, vous pouvez aisément deviner que les débilités les plus débiles de la fic viennent de notre amie Spero… Je tiens tout de même à préciser que Croupton qui écrase le moustique alors qu'il parle à Sirius, c'est copyright moi, histoire de vengeance personnelle. Veuillez me pardonner.

Spero : En effet, ici, à Paris, on a des moustiques en fin de décembre. Je trouve ça absolument immonde et contre-nature. On n'a pas à les supporter l'hiver en plus de l'été ! é_è

Patronum : Enfin voilà, quoi. Que dire sur ce chapitre ?  (en admettant qu'on nous lise, lol) Eh bien, vous vous doutez que Sirius va passer par une petite période de troubles… Parce que bon, il a quand même bien souffert, là, et c'est pas fini. (*Grand sourire sadique*) Ah oui, aussi, le titre du chapitre vient d'un bouquin de… Le Clézio, je crois. Je ne suis pas sûre. En fait, c'est trop galère à chaque fois pour le titre du chapitre. On se met devant la bibliothèque et on regarde tous les titres, jusqu'à en trouver un sympa… C'est dur la vie d'auteur !

Spero : Et c'est là qu'on remercie sa mère d'être prof de français et d'avoir arrangé sa bibliothèque juste devant la chambre de sa fille cadette… En tout cas, pour poursuivre dans les idées de Patronum, attendez-vous à ce que nos personnages souffrent. On a eu plein d'idées épouvantables, une véritable apocalypse. Vivement ! *se frotte les mains comme une mouche*

Patronum : …Tout en admettant que les mouches n'ont pas de mains Hm. Vous pouvez savoir ce qui va se passer en nous envoyant une promesse de don à spero_patronum@hotmail.com ! Comme quoi on a un cœur, quand même.

Spero : Par contre, pour ce qui est de la cervelle, on repassera. («Baka nous ! ») Bon, là, on aimerait bien répondre aux reviews mais mon ordi refuse de nous connecter, et Wanadoo aussi ! Normal, pour un premier janvier, mais bon quand même.

Patronum : Je vais écrire au procureur de la république pour qu'il supprime le premier janvier. J'y crois à mort.

Spero : On a eu une grande discussion philosophique hier. Le premier de l'an n'a aucun sens. D'abord parce que tout est décalé vu que Noël devrait être situé en novembre, ensuite parce que des études ont prouvé qu'en fait on a tout calculé avec quatre ans d'avance. Donc, si vous nous suivez, cette année, c'était l'an 2000, on aurait du avoir plein de bugs… Et moi, je devrais être née en 1986 !

Patronum : Et moi en 1984 ! Y'a des ces trucs dingues, quand même. Orwell le savait, c'est pour ça qu'il a écrit ce bouquin. (Oui bon hein)

Spero : Hum, passons ê_ê  Enfin, pour les bugs on est pas loin. Heu, revenons à vous. On se souvient de quelques uns de nos reviewers : Lexyann (pardon pour l'orthographe é_è), ShiniaMarina (j'attends la suite de Couleuvre ^_^), Silver (comme d'hab ^_^)… Heu… Aranel, je sais qu'elle nous lit mais a-t-elle posté un review ? (Oo) Ainsi que Plume, enfin Delphine dans la vraie vie si elle se reconnaît pas, pareil… a-t-elle posté un review ?

Patronum : Diantre, quelle mémoire ! (Ordi pourri.)

Spero : Mouhahaha (©Patronum), c'est ça que de vérifier chaque jour si on a pas de nouveaux reviews. Au passage, je tiens à avertir tout le monde : n'allez pas voir vos horoscopes de l'année 2004 sur MSN, c'est immonde et vraiment déprimant. Même pas drôle.

Patronum : Ils ont une conception particulière de la vie affective des gens (comprenez par là que je suis profondément vexée.). Pff.

Spero : Moi j'ai toujours droit à « Pas d'aventures et trop de sérieux, vide total, repassez plus tard. Mais surtout, voyez la vie du bon côté ! » Ben tiens ! C'est pas parce que je suis Capricorne (quoi ? qui a dit que le Capricorne était par nature froid, sérieux, grave et égoïste ?)… Bon, bref. On se rend compte qu'on fait que raconter notre vie O.ô Alors on va vous laisser ^_^

Patronum : See you au prochain chapitre avec des réponses aux reviews cette fois !