Voici un concept un peu particulier autour de mes OCs: ce n'est pas une fanfiction mais un petit recueil d'histoires centrées sur un personnage en particulier.
Ici, il s'agit de Kabardino-Balkarie.
Bonne lecture !


My friends don't walk, they run

C'était habituel pour lui de faire fuir tous ceux qu'il approchait. Il n'était pas vraiment attractif ni rassurant après tout. Trop souriant, trop joyeux, trop enjoué. Beaucoup trop. Il passait pour un fou, pour un possédé, rien de bien pour le désigner.

Popping, popping balloons with guns

Adyguée était le premier à avoir eu des réactions de rejet à son égard. Hazret se comportait toujours comme un grand frère honorable, mais Shuze le haïssait, il le méprisait. Pour le circassien, ils n'étaient même pas frères. C'était blessant mais il avait l'habitude de toute façon.

Tout en lui inspirait le rejet.

We paint white roses red

Sa bonne humeur était fréquemment perçu comme de la folie ou au mieux de l'hypocrisie. Ses sauts d'humeur étaient incontrôlables et parfois même mortels pour les malheureux qui se trouveraient sur son chemin. Ou encore ses yeux, deux iris anormalement colorées d'un rose vif, qui semblaient se ternir et s'assombrir lorsqu'ils n'étaient plus exposés à la lumière du soleil mais emprisonnés dans les ténèbres froids et impitoyables.

Dream is a killer

Il était étranger à la terre, à son entourage et pire encore, à sa famille.

Karatchaïévo-Tcherkessie était le seul à lui accorder un minimum d'attention, à accomplir son devoir de frère aîné. Mais il donnait seulement l'impression d'une obligation. Tous ses gestes bienveillants, ou ses mots rassurants étaient en réalité vides de sens. Il les disait seulement car il le devait. Sa voix ne transmettait aucun amour, aucun attachement.

Du rejet seulement.

Getting drunk with the blue caterpillar

Rester seulement car il était nécessaire.

Enfin... Ce qu'il avait à offrir. En réalité, sa personne ne valait rien auprès des autres. Ni de ses frères, ou de Russie.

Normal. Il avait l'habitude après tout.

I'm peeling the skin off my face

Mais il y avait une chose qui le troublait, et c'était inhabituel.

Il détestait ce mot.

Inhabituel.

Ça le rendait nerveux et destructeur, autant pour lui que pour les autres.

Il devait comprendre pour se gérer.

Il avait besoin de comprendre pour se gérer.

Hate being safe

Ça le rendait anxieux. Il le rendait anxieux. Pourquoi lui souriait-il ? Ce n'était pas normal. Il était anormal.

— Ne me regarde pas..., Murmura-t-il assez bas pour ne pas se faire comprendre. Il attira cependant l'attention de Russie qui l'avait ignoré jusqu'ici.

— Un problème, Dahe ? Demanda le slave, lançant un bref regard à sa République avant de retourner son attention face aux autres nations qui observaient le caucasien.

The normals, they make me afraid

La soudaine attention qu'il recevait le mis rapidement mal à l'aise. Il bégaya de vagues excuses, permettant à l'assemblée de reprendre leur discussion.

Il soupira de soulagement, rassuré d'être de nouveau ignoré.

Attirer l'attention était une chose qu'il haïssait.

Leurs regards étaient effrayants.

The crazies, they make me feel sane

Il se pencha à l'oreille de Russie et lui demanda la permission de sortir pour se calmer. Ivan fronça les sourcils, remplaçant son expression candide habituelle par de l'inquiétude, mais il l'autorisa à quitter la salle.

Dahe le remercia et se dirigea vers la sortie sans se presser pour éviter d'attirer leur attention. Et pourtant, à ce moment là, il voulait fuir, loin et vite.

Lorsque la porte se referma derrière lui, il se laissa tomber contre le mur et passa une main dans ses cheveux.

Baby, I'm mad

Il sentait sa poitrine se serrer douloureusement et sa respiration s'accélérer anormalement. Ça faisait mal. C'était désagréable. Il détestait ça.

Ses yeux piquaient. Pourtant, il ne les avait pas touché. Ils n'avaient pas été touchés. Ils brûlaient.

The craziest friend

La porte s'ouvrit. Il ne pris même pas la peine de la regarder, il n'en avait pas la force. Ses yeux lui faisaient mal.

Il entendit quelques cris et insultes en provenance de la salle, avant que les voix ne deviennent que de faibles échos à travers le mur. La porte était fermée. Fermée. C'était agréable, le silence.

— Est ce que ça va ?

That you've ever had

Il ne s'attendait pas à ce que quelqu'un s'en soucie, encore moins un inconnu.

Il leva les yeux vers la personne qui venait de lui parler, et son souffle se coupa.

Tout sauf lui...

You think I'm psycho

Qu'est ce qu'il voulait ? Pourquoi il lui parlait ? C'était qui même ? Il ne savait rien de lui, jusqu'à son nom. Pourquoi ça le mettait autant mal à l'aise ?

— Eh, t'as besoin d'un... Infirmier ou je ne sais quoi ? Demanda le garçon en se rapprochant un peu plus du russophone qui se sentit aussitôt menacé. Il agrippa le poignet de la nation et le tordit légèrement. Assez pour l'immobiliser sans lui faire mal. Attirer des ennuis à Russie était bien la dernière chose qu'il souhaitait.

— Qu'est ce que tu veux, Siffla Kabardino-Balkarie en resserrant sa prise sur le poignet du brun.

— J... Je voulais juste savoir si tu allais bien...!

You think I'm gone

Il le fixa durant de longues secondes avant de le relâcher sans pour autant cesser de le surveiller.

— T'es qui ? Demanda-t-il finalement après un long silence.

— Bosnie... Bosnie-Herzégovine... Et toi ?

Ça ne le regardait pas. Pas du tout même. Il ne voulait pas lui répondre, il ne voulait pas se dévoiler. C'était risqué, dangereux.

Danger

Tell the psychiatrist something is wrong

– Kabardino-Balkarie... J'suis pas un pays.

- Je m'en doutais un peu, t'étais derrière Russie depuis le début de la réunion.

Le bosniaque semblait trop à l'aise.

Lui ne l'était pas. Il ne voulait vraiment pas l'entendre ou même le voir.

Sa voix était agréable. Son visage aussi

Horrible.

Over the bend

— C'est naturel ? Tes yeux je veux dire.

Dahe le fixa de nouveau, un peu étonné par la question qui lui avait été posée.

Il toucha distraitement sa paupière en réfléchissant à la réponse qu'il devait lui fournir.

Devait-il même lui répondre ? Il ne savait pas comment s'y prendre avec ce garçon.

— Ouais... C'est naturel.

Entirely bonkers

Et ils s'étaient de nouveau tût.

Dahe ne regardait plus le Balkan, ses yeux s'étaient posés sur le mur en face de lui. Il voulait ignorer l'autre, faire disparaître sa présence, le faire disparaître tout court.

C'était oppressant.

Il détestait ça.

— T'es pas très bavard.

Non il ne l'était pas. Pas avec des étrangers. Qui sait ce qu'ils ont en tête lorsqu'il leur fait face ?

You like me best

— Je n'aime pas parler aux inconnus.

- Dans ce cas, apprenons à nous connaître ! Répliqua le plus jeune.

Et il ne savait plus quoi faire face à lui.

Pourquoi ?

Ses mots restaient bloqués dans sa gorge.

Il détestait ça.

When I'm off my rocker

— Je n'ai pas beaucoup d'amis à part peut-être ceux d'Albanie et les magiciens... Enfin, on est amis en quelque sorte même si je pense qu'ils se soucient très peu de moi. Tu utilise la magie aussi, non ?

Il secoua la tête.

Il n'avait aucune connaissance en magie à part un certain héritage païen et le peu de magie que Turquie avait pratiqué devant lui.

Ce n'était pas assez pour qu'il puisse la pratiquer. Il ne voulait même pas essayer pour être honnête.

— Dans ce cas c'est quoi la bête qui reste toujours avec toi ? Interrogea une fois de plus le bosniaque en désignant la créature en question qui se trouvait aux pieds de son propriétaire.

— Ah... C'est Jiji, un domovoï... Tu peux le voir ?

- Oui, à force de traîner avec Albanie, ce genre de choses deviennent normales.

Répondit-il en souriant. Pas beaucoup pour sembler hypocrite. Comme lui. Juste assez pour paraître aimable.

Tell you a secret

Il eu à nouveau un silence. Plus long que le précédent. Moins gênant. Et cette fois, le russe engagea la conversation.

— Je m'appelle Dahe.

I'm not alarmed

Bosnie l'observa, répétant mentalement le nom de l'autre.

Dahe ?

Dahe

C'est joli.

— Enchanté Dahe, moi c'est Boro.

So what if I'm crazy ?

Son prénom semblait bien plus beau lorsqu'il sortait de la bouche du balkan.

Il voulait l'entendre. Encore.

— Boro... C'est beau...

Il le vit rougir du coin de l'œil. Pas beaucoup. Mais ça ne lui avait pas échappé.

Il sentait ses propres lèvres s'étirer en un sourire amusé.

Il est mignon.

The best people are