Disclaimer : Si j'étais l'auteur de Game of Thrones, tous les Stark auraient survécu et les enfants aussi!

Résumé : Bien que reine des Sept Royaumes, Lyarra est loin d'être en sécurité. Elle doit protéger Sansa ainsi que sa propre tête. Saura-t-elle naviguer sur cette mer traîtresse qu'est la cour de Port-Réal? [La Louve du Nord tome 4]

Note de l'auteur : Un grand merci à ma beta, Marina Ka-Fai, pour sa relecture et sa correction. Nous voici arrivés au tome 4 des aventures de Lyarra! Un grand merci pour vos retours sur les trois premiers tomes, vos commentaires, tout! Cela me touche beaucoup!

Une Louve royale

Chapitre 1 : Le deuil de la reine

Effondrée, je me sentais m'écrouler. La nouvelle de la perte des deux plus jeunes membres de ma meute m'avait sonnée. Tyrion m'entourant de ses bras pour me réconforter, je voulais me laisser aller, m'endormir, mourir, disparaître. La blessure en moi était trop grande, trop profonde. Cette guerre me prenait tout. Me prenait trop. Mon père, mes frères, ma sœur Arya. Pouvais-je seulement protéger Sansa de tous nos ennemis? Rien n'était moins sûr. Ceux que je croyais en sécurité étaient morts. Morts parce qu'on avait été trahis. Je repensais au rêve que j'avais fait l'autre soir où Theon était arrivé et avait tiré du lit Bran et Rickon. Avaient-ils été tués le même soir? Une fois que je m'étais sortie de la vision? Je ne voyais pas d'autres explications, que dire vision. Que devaient penser Robb et Mère? Ses deux fils décédés, ses filles retenues en otage à Port-Réal et son mari disparu. Elle qui avait la famille au centre de ses préoccupations, elle devait être anéantie...

Et Jon?

Et Oncle Benjen?

Étaient-ils au courant?

J'espérais que les Manderly, les Karstark, les Omble, les Reed, les Erastark, que tous crient à la vengeance et reprennent Winterfell. D'où, j'étais je ne pouvais rien faire. Non, c'était faux. Je pouvais soutenir Sansa. Sansa qui allait certainement être démolie comme moi. Je ne pouvais pas m'effondrer. Je ne pouvais plus me montrer faible. C'était ce que Cersei voulait et ce n'était pas la bonne attitude à arborer face à Joffrey. Sans être une personne courageuse lui-même, il détestait la faiblesse, il s'en repaissait. Je devais rester forte et dominante avec lui... Cela dit, je ne ferais plus semblant de ne pas avoir de peine. Je ne serais pas hypocrite. Pycelle et Cersei allaient payer pour leur mesquinerie.

-Je... Je dois aller me changer Tyrion. Revêtir mes vêtements de deuils. Mais rends-moi un service. Va prévenir Sansa... Je dois arrêter le roi avant qu'il parte. Je dois le prévenir. Il s'en moquera, mais c'est mon devoir, je crois.

-Très bien Lyarra... C'est elle qui t'a frappée? Je vois la marques qui se forment sur ton visage.

-Oui. Et c'est aussi pour cela que je dois voir le roi. Lui montrer ce que sa si douce mère a fait.

-Soit prudente Lyarra, très prudente. Cersei n'abandonnera pas le pouvoir sans se battre.

-Comme je l'ai dit à cette garce : je ne suis pas mon père.

Je me relevai et essuyai mes joues humides de larmes. S'il le fallait, je plongerais moi-même un couteau dans son cœur.

-Comment... Comment peux-tu supporter Joffrey et pas la reine?

-Cersei ne m'est d'aucune utilité. Joffrey oui. Pour le meilleur comme pour le pire, il est mon meilleur garant pour ma sécurité.

Je laissai mon ami méditer ces mots et je regagnai mes appartements à grande hâte. Je retirai les vêtements rouges qui me faisaient désormais horreur et enfilai tristement mes habits de deuil. Ceux que je n'avait pas eu le droit de porter pour mon père mais que j'avais arboré à la mort du roi Robert. J'en avais peut-être reçus d'autres dignes de mon rang dans mes cadeaux de mariage mais je ne les avais pas encore déballés et franchement, ce n'était pas dans mes priorités. Normalement on les ouvrait devant les invités mais le mariage avait été si précipité et la réception avait tourné court. Alors, les paquets étaient restés fermés et entreposés dans une pièce de nos appartements. Je suivis ensuite à grand pas le couloir qui reliait mes chambres à celles du roi et m'arrêtai en entendant une conversation de l'autre côté de la porte. Porte qui, visiblement, avait été mal refermée.

-C'est la sœur du traître. Il a voulu t'écarter du trône, Joffrey. Ne crois pas à ses beaux mensonges. C'est une louve et les loups sont tous nos ennemis.

-C'est ma femme et elle m'a sauvé la vie, Mère. Votre homme de main Pycelle n'aurait rien fait. Sans elle, je serais plus et c'est ce minable de Tommen qui serait roi.

-N'insulte pas ton frère. Elle fait cela pour endormir ta méfiance. Elle te tuera dans ton sommeil. Elle nous tuera tous. Tu dois agir avant qu'il ne soit trop tard. Annule ce mariage et renvoie les filles Stark dans leurs appartements voire dans des cellules, là où est leur place.

Je sentis mon sang faire un tour. Nous envoyer dans les cellules. On n'avait rien fait, au nom des dieux anciens et nouveaux! Bon sang que je détestais cette femme! J'avais eu de la compassion pour elle à son arrivée à Winterfell en voyant comment Robert la dédaignait. Maintenant, je me demandais si le roi avait eu raison d'aller voir ailleurs avec une telle vipère entre ses bras. À moins que c'était à cause du roi infidèle que la lionne était devenue amère et manipulatrice? Aucune idée et je ne voulais pas le savoir. Je ne voulais pas recommencer à éprouver de la pitié pour ma rivale. Je poussai la porte, enfreignant le protocole, et fis quelques pas dans le salon, le visage froid.

-Madame, vous êtes en noir... Qu'est-ce qui est arrivé à votre visage?! s'exclama mon mari.

-Demandez à votre mère, Monseigneur. fis-je d'un ton délibérément glacial.

-Vous allez prétendre que c'est moi qui vous ai frappée? s'indigna Cersei.

Finement joué, elle pourrait toujours dire le contraire, c'était sa parole contre la mienne.

-Sur l'honneur des Stark, je ne mentirai pas. Lorsque le roi nous a quittés tout à l'heure, je ne portais aucune marque au visage. Et les gens du conseil m'auront vue arriver avec l'emprunte de vos doigts sur la joue, Majesté. À moins qu'il soit coutumier aux servantes de gifler leur reine?

-Vous n'êtes pas la reine, vous êtes une otage à cause de la fourberie de votre traître de famille!

-Mon frère Robb s'est rebellé contre la couronne quand mon père a été arrêté et parce que nous, ses sœurs, étions retenues ici contre notre volonté! Osez dire le contraire, Majesté ! Si on avait regardé de travers un membre des Lannister, votre père Tywin aurait mis à feu et à sang tout Westeros! Et nul n'aurait parlé de trahison envers la couronne mais d'un patriarche qui souhaite retrouver les siens sains et saufs ! hurlai-je.

-Silence! clama un Joffrey à l'air passablement exaspéré. Madame, votre frère est un traître, il a refusé de venir plier le genou en ma faveur. Il a refusé de prononcer son serment d'allégeance.

-Monseigneur, Rickard Stark et Brandon Stark ont été assassinés lorsqu'ils sont venus ici devant un roi., Mon père a été accusé de traîtrise, ce qui est impensable pour les gens du Nord et a été exécuté. Pensez-vous vraiment qu'un autre Stark serait venu au Donjon Rouge vu ce qui est arrivé aux trois derniers? Bien sûr que non. Enfin, pardonnez-moi de mon emportement mais vu le deuil que je porte aujourd'hui, je ne me sens pas en capacité d'entendre la reine-mère critiquer des membres de ma famille.

-Vous portez le deuil de votre père qui a conspiré contre ma couronne, Madame?

-Non mon roi. Je porte le deuil de mon frère Rickon qui avait 6 ans et de mon frère Bran, 10 ans. Winterfell a été pris par Theon Greyjoy et les deux ont été immolés par les flammes. Votre mère a eu l'amabilité de me faire lire la lettre, remise par l'intermédiaire de Mestre Pycelle, que l'héritier Greyjoy a envoyé au Donjon Rouge, nous informant que les Iles de Fer revendiquait le Nord et la possession du château de mes ancêtres.

Joffrey me dévisagea avec un air un peu bête sur le visage et se tourna vers sa mère qui affichait un mince sourire. Sourire qui s'effaça aussitôt.

-Vous lui avez annoncé la mort de ses frères en lui remettant une lettre? À quoi pensiez-vous? Et en plus, que faisait Pycelle au conseil restreint?

-Je...

-Et vous avez levé la main sur elle? l'interrompit-t-il.

-Bien sûr que non.

-Vous mentez, Mère. Vous mentez depuis le début. Lyarra est ma femme, elle est la reine, votre reine. Cessez votre comportement avec elle. Et si vous levez de nouveau la main sur elle, je vous jette dans la cellule de Ned Stark pour trahison envers la couronne!

Sur ces mots il alla ouvrir les porte de son salon et interpella un de ses gardes posté à l'entrée.

- Chien, escortez ma mère à ses appartements. Et qu'elle y reste!

-Joffrey... protesta Cersei.

-Silence, Mère. Je ne veux plus vous entendre. Chien, faites signe à la Main de venir me voir quand vous aurez conduit ma mère. Et faites poster des gardes à sa porte. Mon épouse est en deuil. Inutile que la reine-mère la tourmente encore plus aujourd'hui.

-Toute mes condoléances, ma reine. me dit Sandor Clegane qui me regarda brièvement.

-Merci Ser. Mon roi, votre oncle est auprès de ma sœur. Je l'ai chargé de lui annoncer la nouvelle. Je tenais à vous informer de ceci avant votre départ pour la chasse, comprenez-vous ?

Joffrey me regarda et opina de la tête. Puis, sans prévenir, il partit dans ma suite et revint tenant un coffret en bois.

-Vous n'avez pas encore ouvert vos présents. Prenez ceci. Je crois que cela pourra aider votre situation à l'avenir au sein du Donjon Rouge.

Intriguée, je pris le coffret et le posai sur un bureau. Soigneusement, je retirai le loquet et soulevai le couvercle. Délicatement posée sur du velours bleu sombre, une couronne en argent y reposait. Elle brillait à la lumière du soleil qui entrait par les fenêtres. Sur son contour, des gemmes y avait été incrustées. Un rubis, un saphir, un diamant blanc, une émeraude, une citrine et d'autres de différentes couleurs décoraient ainsi la parure. J'en comptai exactement sept.

-Mon roi, cette tiare est de toute beauté !

Ce dernier me sourit et prit l'objet qu'il déposa sur ma tête.

-Vous êtes la reine, que nul ne l'ignore, même pas ma mère, Madame.

Je doutais que Cersei Lannister ne se fasse décourager par un simple objet et par les propos de son fils. Mais le symbolisme allait sûrement être fort pour les autres. J'étais couronnée par le roi, un cadeau personnel de sa part. Cela me fit évidemment plaisir mais Bran et Rickon revinrent vite dans mes pensées.

-Vous êtes triste. Vos frères?

-Je les ai pris dans mes bras quand ils venaient de naître. J'ai donné son nom à mon frère Bran. Mon autre frère a pleuré en me voyant partir de Winterfell.

-Votre douleur me chagrine, Madame. Ce qu'ont fait...

-Les Fers-Nés. Theon Greyjoy.

-Ce qu'ont fait ces pirates était de la trahison. Dès que la guerre finira, ou dès que cela sera possible, je vous ferai cadeau de leurs têtes pour avoir pris la vie de vos jeune frères.

-Non, Joffrey.

-Non? Pourquoi non? Ils ont trahi, ils méritent la mort, ils... s'énerva Joffrey et je levai la main pour la poser sur son bras.

-Vous avez raison. Toutefois, vous ne m'apporterez pas leurs têtes. Vous me les offrirez vivants. Surtout Theon, le pupille de mon père. Il a été traité comme l'un des nôtres et il a tué des Stark. Alors, c'est moi qui prendrai sa tête.

-Que... Vous? Mais Madame, en serez-vous capable?

-Je m'entraînerai en vu de se jour. Je balancerai l'épée de mon père à deux mains et décapiterai celui qui était jadis considéré comme un frère de la fratrie de Winterfell.

Mon mari me regarda avec un mélange d'effroi et de fascination. Puis, il m'embrassa passionnément. C'était triste, il semblait m'aimer un peu plus qu'avant parce que je parlait de tuer. Enfin, pour ma vengeance, rien ne serait trop beau. Theon Greyjoy pouvait compter ses derniers jours à vivre. Il n'échapperait pas à mes foudres... Aux foudres de la reine des Sept Couronnes.