Petit mot de l'auteure : ce texte a été écrit pour l'anniversaire de Rob James-Collier !
Il s'agit aussi d'un crossover avec GOT car c'est la journée de la visibilité bisexuelle et je cherchais donc un perso bi avec qui mettre Thomas ; c'est donc tombé sur Oberyn.
Thomas était seul dans la cuisine. Les autres domestiques étaient montés se coucher depuis longtemps. Lui-même aurait déjà fait de même si la soirée n'avait pas été si...
- J'ai cru remarquer que vous étiez déçu, dit une voix nonchalante.
Oui, « décevante » était le mot pour qualifier la soirée. Et le responsable de cet état de fait était l'intrus en personne : Oberyn Martell. L'homme était un riche noble étranger, qui avait accompagné sir Pamuk. Son attitude assurée, parfait mélange entre fierté et malice, lui avait tout de suite plu. Néanmoins habitué à ne pas partager ses sentiments, le domestique avait fait en sorte de chasser de son esprit cette petite attraction qui serait de toute façon vaine. Mais l'homme avait passé la journée à lui lancer des regards qui trompaient difficilement... Tout comme à ponctuer toutes ses phrases de sous-entendus qui l'avait laissé pantelant. Et voilà que dans la soirée, il avait raconté ses frasques amoureuses avec une certaine lady Ellaria !
- Je ne suis pas déçu, répondit ainsi froidement Thomas.
En temps normal, il ne se serait jamais permis de parler de cette manière à un invité de ceux d'en haut. Il pourrait perdre son travail si le noble en venait à se plaindre ! Mais il pressentait que cet Oberyn n'avait que faire des convenances.
- Je trouve simplement cruel de vous être ainsi joué de moi.
- Je ne me suis pas joué de vous, protesta le brun.
- Bien sûr que si ! Vous m'avez fait croire que vous étiez comme moi alors que... que vous êtes différents. Il n'y a qu'à voir cette manière dont vous parliez de cette dame... Vous l'aimez, ou du moins l'avez aimé.
Le domestique vit alors l'étranger faire un doux sourire, un sourire dépourvu de malice ou de méchanceté.
- Je suis en effet différent de vous. Vous, vous n'aimez que les hommes. Moi... j'aime hommes et femmes indifféremment.
- Hommes et femmes ?
Thomas n'avait jamais entendu une pareille chose. Son incrédulité dû se voir puisque Oberyn rigola franchement.
- Oui, hommes et femmes. Le sexe de la personne m'indiffère bien. Ce que j'aime, c'est la beauté. Et je dois dire que vous, Monsieur Barrow, vous êtes d'une grande beauté...
La phrase tomba en suspens, comme une interrogation ouverte dont il incombait à Thomas de répondre. Celui-ci était médusé : aimer deux sexes lui semblait étrange. Mais... aux yeux des autres, ses goûts à lui ne paraissaient-ils pas innommables ? De plus, quand Oberyn avait évoqué son ancienne amante, il le faisait avec bien plus de respect que bien des hommes soi-disant honnêtes ; tout comme il le regardait avec respect maintenant. Thomas décida ainsi qu'il préférait bien mieux se rapprochait d'une personne qui était peut-être éloignée de lui, mais qui traitait avec honneur ceux qu'il côtoyait.
De ce fait, Thomas franchit les quelques pas qui le séparaient du noble et, comme une réponse à son invitation muette, se saisit de ses lèvres.
