Avertissement pour contenus explicites : Ce chapitre contient des descriptions d'actes sexuels. Si votre sensibilité ne vous porte pas sur les scènes de ce type, je vous incite vivement à passer votre chemin. Pour les autres, enjoy !

Chapitre 32 : Le Pouvoir des Carottes

Après son malaise, Alice avait dormi une grosse partie de l'après-midi et se sentait reposée, en pleine forme même. Laurence lui avait cependant intimé l'ordre de ne pas bouger. En silence, elle le regardait s'occuper du dîner. Ce n'était pas pour lui déplaire de se faire chouchouter par un homme réputé aussi peu attentionné. Il devait vraiment se sentir coupable pour agir ainsi.

Même si leur installation était rudimentaire dans le voilier, il lui préparait visiblement un bon petit repas chaud. Elle préférait ne rien dire pour profiter de sa mansuétude et se contentait de l'observer, fascinée par ses gestes sûrs et sa minutie.

Elle se doutait depuis longtemps qu'il était l'un de ces fichus perfectionnistes en tout, maniaque au possible, mais là, elle en avait la preuve vivante, d'autant que la cuisine semblait être un talent qu'il cachait soigneusement. Sur sa demande, au chalet, il lui avait déjà fait un risotto parfumé à souhait, parfaitement épicé, avec des ingrédients tout simples qu'il avait sublimés.

L'odeur délicieuse qui emplissait la cabine lui donnait présentement l'eau à la bouche et Alice avait hâte de goûter à la préparation. Laurence était parfaitement conscient de l'attente qu'il suscitait et lui adressait de fréquents coups d'œil moqueurs, en faisant volontairement durer le plaisir.

« Tout est prétexte pour t'amuser à mes dépens, hein ? »

« Savoir se contenter de ce que l'on a constitue le plus haut degré de bonheur. »

« Peuh ! Celui qui a dit ça ne devait manquer de rien ! »

« Ou bien justement était-il suffisamment démuni pour pouvoir se détacher de tout et accéder à la plénitude ? »

Laurence la vit froncer les sourcils devant sa réflexion qui lui donnait visiblement du grain à moudre. Il eut un sourire retors et assaisonna une dernière fois. Voilà, c'était prêt.

Il dressa les assiettes en la servant généreusement. Affamée, Alice allait attaquer en portant la fourchette à sa bouche quand elle s'arrêta, gênée. Il n'était pas encore assis à table.

« Quoi ? Je meurs de faim ! »

Avec un regard faussement sévère, Laurence consentit finalement et elle plongea le nez dans son assiette. C'était une simple salade chaude de pommes de terre et de carottes cuites à la vapeur avec un bouquet d'herbes odorantes, accompagnée d'une sauce – Oh, cette sauce ! – Alice ferma les yeux en sentant l'explosion de saveurs dans sa bouche. C'était le meilleur plat végétarien qu'elle ait jamais mangé !

« Mmm... C'est à tomber... C'est quoi ? »

Elle avala deux ou trois bouchées avec enthousiasme, en exprimant encore oralement son appréciation et en donnant l'impression de fondre de bonheur. Il eut un sourire satisfait et s'installa en face d'elle.

« Une recette de mon cru pour amadouer les plus récalcitrantes... »

Elle lui tira la langue.

« C'est sensé rendre aimable, les carottes, t'as pas dû en manger souvent, Laurence ! »

Swan la dévisagea, amusé cette fois par son son appétit féroce. Pour sa part, il commença à déguster calmement et dut convenir intérieurement qu'il s'était bien débrouillé avec le peu qu'il avait sous la main.

« Et tu n'as aucunement l'intention de me dire ce que tu as mis dans cette sauce ? »

En un temps record, elle venait de terminer son assiette et se mit à saucer avec son pain, puis à ramasser avec son index quand elle n'en eut plus. Cette fois, il protesta :

« Non, là, Avril, c'est pas possible ! »

« Ben, quoi ! Je rends hommage à ta recette ! »

Par pure provocation, elle se saisit de l'assiette à deux mains, et en lécha toute la surface avec la langue. Laurence leva les yeux au ciel, désabusé, alors qu'elle se mettait à rire en voyant son exaspération.

« La gourmandise te perdra » grogna t-il.

« Je crois que je pourrais commettre un meurtre pour de la bouffe ! »

« Un mobile qui sort de l'ordinaire, mais j'ai vu bien pire. »

Alice se servit à nouveau. Cette fois, elle prit son temps pour manger correctement, en se calant sur lui.

« Tu es un vrai cordon bleu, mais tu ne nous as jamais invitées à déjeuner, Marlène et moi. Pourquoi ? »

« Peut-être parce que tu es une pique-assiette sans gêne et que tu aurais tout le temps été rendue chez moi ? » répondit-il de façon sarcastique.

Elle lui fit un sourire complaisant.

« Haha ! C'est Marlène qui aurait été ravie de s'incruster, mais tu avais peur de finir à l'horizontale avec elle, n'est-ce pas ? »

« Je ne mélange pas le travail et la vie privée ! » répliqua t-il sèchement.

« Tu préférais plutôt qu'elle te regarde comme un dieu vivant, en craignant que la lueur d'adoration dans ses yeux ne disparaisse, si tu la décevais ? Tu n'aurais plus eu alors ces petits miroirs de l'âme pour te renvoyer une image positive de toi-même ? »

Alors qu'Alice le dévisageait en scrutant sa réaction, il fit jouer sa mâchoire et ravala visiblement une remarque bien sentie.

« Durant toutes ces années, j'ai tenté de la décourager avec mes turpitudes. Mais non ! Cette idiote gardait une foi inébranlable en moi... » Il secoua la tête, attristé. « … Au final, je lui ai brisé le cœur. »

« En couchant avec elle ce dernier soir, tu t'es dit que tu n'avais plus rien à perdre, plus d'obligations envers elle ? Qu'il était préférable de lui laisser un beau souvenir marquant pour qu'elle continue à penser à toi de façon positive ? En réalité, en bon égoïste, c'est uniquement à toi que tu as pensé. »

Dans son esprit, c'était exactement l'inverse qui s'était produit. Il l'avait fait pour adoucir leurs derniers instants ensemble, pour que Marlène concrétise son rêve et en découvre également les limites. Il était inutile d'expliquer à Avril que, dans quelques années, la blonde finirait par chérir ces brefs instants de bonheur et ne les verrait plus comme des moments douloureux, accompagnés des regrets de ce qui aurait pu être.

« Washington... » soupira t-il plutôt. « J'ai l'impression que c'était il y a mille ans. »

« Tu regrettes cette nuit passée en sa compagnie ? »

« Aussi fou que ça te paraisse, c'était un acte nécessaire pour clore le chapitre de ma vie avec elle. »

« Marlène a seulement considéré ton départ comme une trahison et un aband... »

Alice s'arrêta net et reposa sa fourchette en réalisant la portée de ses paroles. Laurence l'observa et comprit ce qui lui passait par la tête :

Avril est en train de se dire que, si je l'ai fait une fois, je pourrais recommencer sans aucun scrupule et la laisser tomber à son tour... Sans compter que cela la renvoie inévitablement à son histoire personnelle...

En réalité, il éprouvait une certaine culpabilité d'avoir profité de la détresse de Marlène. Alors, oui, elle avait peut-être raison et il n'avait pensé qu'à lui, mais mieux valait des remords à des regrets éternels.

« Tu l'as aimée, au moins ? »

« J'ai fait ce qu'elle attendait de moi » répondit-il de façon cryptique.

Il sembla se rappeler de quelque chose et contre-attaqua :

« … En revanche, ce que j'ai détesté ce soir là, c'est ton comportement qui a sérieusement laissé à désirer... »

« J'étais... perturbée. »

« Tu avais peur, Avril... » Il n'avait pas dit ça comme un reproche et ajouta doucement. « … Tu aurais dû me parler de tes soucis avec ton père. »

« C'est toujours plus facile à dire après, mais sur le coup... » Elle haussa les épaules. « J'ai pas eu le courage. »

Il y eut un silence.

« Et puis, je t'en voulais aussi... » reprit la rousse.

Comme il semblait attendre qu'elle élabore, elle poursuivit :

« … De partir en douce, sans rien dire, de nous faire croire qu'on ne comptait pas, Marlène et moi. »

« Tu veux dire, de t'abandonner une seconde fois ? »

« Un traumatisme, c'est pour la vie que ça laisse des traces. Alors, oui, j'ai pris ton départ comme un rejet, un déni de tout ce que j'étais et de ce que je représentais à tes yeux... Tu m'effaçais, comme si je n'avais jamais existé ! Bye-bye, l'emmerdeuse ! C'était pas sympa de ta part, surtout après tout ce qu'on avait vécu ensemble, les liens forts qu'on avait tissés malgré – ou à cause de – toutes nos prises de bec. »

Il baissa les yeux avec un sourire nostalgique. Tout était si simple à cette époque là. Il s'en était excusé auprès d'elle et avait cru qu'elle avait compris pourquoi il avait agi ainsi. Apparemment non, si elle continuait à ressasser les raisons de son départ.

« Si encore tu nous avais dit que tu étais souffrant... »

« Et puis, quoi ? Vous ne m'auriez plus lâché, Marlène et toi, alors que je voulais qu'on me laisse en paix ! »

« C'est tellement toi de ne jamais rien dire... C'est comme cet enfant que Meredith portait, c'était important pour toi ? »

Il remua sur sa chaise, détourna le regard et préféra changer de sujet.

« Parle-moi plutôt de Marlène. Comment a t-elle réagi après votre retour en France ? »

Alice nota bien sa volonté de ne pas répondre et n'insista pas. Il ne perdait rien pour attendre, le sujet reviendrait tôt ou tard sur le tapis.

« À ton avis ? Elle a pleuré. Beaucoup. Elle était inconsolable. » Alice soupira. « Sans surprise, le nouveau commissaire ne lui a pas plu – A moi non plus, d'ailleurs ! La Terre est ronde, mais on trouve des cons dans chaque coin ! – Enfin, bref, elle allait démissionner quand Tricard l'a prise avec lui pendant quelques semaines. C'était une idée de Carmouille. Il l'emmenait partout pour lui changer les idées. Au palais de justice, elle a croisé un juge d'instruction, un certain Mathieu Renaud... Tu vois qui c'est ? »

Il secoua la tête. Le nom ne lui disait rien.

« Elle lui a tapé dans l'œil. Quand je suis partie, ils se voyaient. »

« Tant mieux, si elle m'oublie. »

« Tu sais très bien que ça ne fonctionne pas comme ça, sur un claquement de doigts. »

« Elle mérite quelqu'un qui va prendre soin d'elle. »

« Est-ce à dire que tu te sens incapable de prendre soin de quelqu'un ? »

« L'humanité a ses problèmes. J'ai suffisamment des miens. »

« Tu es d'un tel cynisme ! » Elle eut une moue déçue. « Et moi, tu prendrais soin de moi ? »

« Tu n'as jamais eu besoin de personne, Avril. »

« C'est des conneries tout ça ! » s'insurgea t-elle. « Admets que ça ne fait pas de mal de se faire épauler de temps en temps ? »

Un sourire amer flotta sur les lèvres de Laurence et il ricana :

« Dans mon cas, c'est de la mise sous tutelle à laquelle j'ai eu droit. »

« Tu me connais, enfin ! Je ne pouvais pas te laisser tomber. » Elle baissa les yeux. « Je ne me le serais jamais pardonné. »

« L'enfer est pavé de bonnes intentions » ricana t-il. « Regarde où ton comportement de samaritaine nous mène... »

« Ce n'est pas moi qui t'ai sauté dessus dans la réserve ! »

« Tu étais tellement familière avec moi que tu ne t'es même pas rendue compte que tu m'aguichais... » Il s'agita soudain. « Qu'est-ce que tu croyais ? Que j'étais de marbre ? Je venais de mourir, Avril, et je n'avais qu'une envie : me sentir vivant ! renaître ! Et oublier l'espace de quelques minutes que cet enfoiré d'Urvord a foutu ma vie en l'air ! »

Ils se dévisagèrent, tendus. Alice prit une profonde inspiration et hocha la tête devant son admission finale. Enfin, il exprimait sa colère par des mots.

« J'étais certainement plus lucide que toi, et pourtant, je l'ai voulu, tout autant que toi... » concéda t-elle. « De la haine à l'amour, il n'y a qu'un pas que nous avons franchi allégrement, au mépris de toutes les règles élémentaires de bon sens. Peut-être était-ce la suite logique vers laquelle notre relation devait évoluer ? »

« Il n'y avait rien de logique là-dedans ! Jamais nous ne l'aurions fait en temps ordinaire. »

« Seulement voilà, Swan, on ne vivait pas des temps ordinaires, mais des circonstances exceptionnelles.

Il n'avait rien à ajouter à cela.

« Tu es mon ami et je voulais que tu ailles mieux. Je regretterais peut-être ce geste un jour, mais pour l'instant, j'ai décidé d'en tirer le meilleur parti. »

Et de profiter de ce que la vie offre, si tout devait s'arrêter du jour au lendemain...

Laurence ne pouvait pas lui en vouloir. Il avait lui aussi bien profité des opportunités durant toutes ces années, mais maintenant, il aspirait à plus de stabilité, plus de complicité, plus de tendresse... oserait-il dire, d'amour ? C'était l'âge, sans doute, la peur de finir seul sa vie... Et il devait se l'avouer, cette relation lui plaisait parce qu'elle était d'abord basée sur une amitié à toute épreuve, sur le respect de valeurs communes et la connaissance de l'autre. Seulement, aller jusqu'à le reconnaître devant elle ? Jamais ! Son ego ne le supporterait pas !

« Tu n'as pas peur d'y laisser des plumes ? » demanda t-il, pragmatique.

« Et toi, tu n'as pas fait le tour de la question avec toutes tes aventures d'un soir ? » répliqua t-elle. « Ce qui était divertissant à une époque, doit profondément t'ennuyer maintenant ? Quoi qu'on en dise, en dehors de satisfaire un besoin fugitif, c'est toujours la même chose, non ? »

Il eut un sourire arrogant.

« Avril, dans le voyage, ce n'est pas tant la destination qui importe, que le chemin parcouru... J'aime séduire, faire succomber les plus belles femmes, profiter de leurs faiblesses à mon encontre, tout en faisant croire qu'elles m'intéressent. Si j'obtiens d'elles quelques heures de plaisir, alors je le prends comme une récompense, rien de plus. »

Alice roula des yeux.

« Et jusqu'à quand crois-tu que ton charme va opérer, hein ? Combien as-tu encore d'années devant toi ? » Elle laissa passer un temps. « Tu sais ce que je crois ? Que tu te rends compte que ces relations éphémères manquent de ce qui fait l'essentiel de la vie : le partage, l'affection, les interactions, et même si ça me fait mal de le reconnaître, l'amour. »

« Tu oublies tous les emmerdements qui vont avec ! »

« Quand bien même tu le savais, tu t'es attaché à Marlène et à moi. À moi, Laurence ! Entre toutes les personnes que tu envoies paître ! »

« Justement, c'est ce que je dis : tu ne m'as apporté que des problèmes ! »

« J'ai plutôt l'impression de t'apporter des solutions. »

« C'est parce que je ferme les yeux sur tes méthodes douteuses. »

« Quand est-ce que tu arrêteras de m'en vouloir pour tout ? »

Comme il ne répondait rien, les traits d'Alice se durcirent et elle le considéra sévèrement en sautant aux conclusions.

« Je le savais ! » Elle jeta sa serviette sur la table. « Tu regrettes que nous ayons franchi ce pas ! »

Elle se leva sans plus le regarder.

« Avril... » soupira t-il.

Comme elle l'ignorait, il lui lança à contrecœur :

« Très bien ! J'aime ce que je vis avec toi, ici et maintenant ! J'aime te découvrir dans les moindres petits aspects de la vie, en bien comme en mal ! J'aime cette proximité, cette alchimie incroyable entre nous, que je ne parviens pas à expliquer, après tant d'années à nous ignorer ! Pour rien au monde... »

Il s'arrêta alors qu'elle le dévisageait éperdument.

« … je ne voudrais être ailleurs qu'avec toi. »

Une émotion indescriptible s'inscrivit sur le visage d'Alice à cet instant.

« Tu penses ce que tu dis ? »

« Tu m'as déjà vu ne pas penser ce que je dis ? »

« Je t'ai vu biaiser, détourner la vérité, mentir éhontément pour obtenir ce que tu voulais, faire preuve de mauvaise foi... Alors, permets-moi de douter de ta sincérité. »

« Je suis sincère. Je crois même... » Il leva un regard étonnement candide vers elle. « … Je crois même que pour la première fois depuis longtemps, je suis heureux. »

Alice fronça les sourcils et l'observa avec suspicion.

« Bon. Où est-elle ? »

« Où est quoi ? »

« La réserve de marie-jeanne de la proprio, elle est où ? »

« Très drôle... Je suis sérieux, Avril. » Il prit un temps. « Je suis heureux, à tel point que j'aimerais que le temps suspende son vol pour que je puisse figer ces moments uniques, rien qu'à nous. »

Alice sentit les larmes lui monter aux yeux et revint à la table pour se saisir de sa main tendue. Ils se dévisagèrent, parfaitement conscients des obstacles qui les attendaient.

« Si on s'en sort, qu'est-ce que tu comptes faire de retour en France ? » lui demanda doucement Alice.

« Je n'en ai pas la moindre idée. »

« Épouse moi et tu pourras vivre à mes crochets »

Il se mit à rire devant sa légèreté.

« Essaierais-tu de m'acheter, Avril ? »

« Ma fortune doit être un plus attractif non négligeable pour un opportuniste qui comptait épouser une riche américaine uniquement pour son argent... »

« Je ne suis pas un gigolo ! Et l'idée de dépendre de toi et de t'obéir comme un chien-chien à sa mémère ? Dans tes rêves ! »

« Ton indépendance, au prix de mon côté bohème ? Mouais... On n'est pas obligé de vivre ensemble de façon aussi conventionnelle non plus » suggéra t-elle ironiquement.

Il reprit son sérieux.

« Alice, tu sais bien que ce n'est pas aussi simple. »

« Tu as raison. Outre l'aspect domestique totalement effrayant d'être en couple, il faudrait que je te crève les yeux pour que tu ne regardes plus les autres femmes, ou que j'use de stratagèmes perfides pour me débarrasser discrètement de tes maîtresses ! »

« Et après on s'étonne qu'il y ait des drames conjugaux dans les faits divers... »

Alice ne put s'empêcher de rire. Un sourire féroce aux lèvres, il demanda :

« La cave du manoir Grignan est vaste, au moins ? »

« Pourquoi tu me demandes ça ? »

« Elle pourrait aussi accueillir les quelques malheureux inconscients pour lesquels tu aurais des coups de cœur... »

« Oh ? » Elle parut un instant déstabilisée, puis se mit à sourire malicieusement : « Seulement les hommes ? »

Laurence ouvrit la bouche, mais aucun son n'en sortit. Elle se moqua de lui.

« Toi et tes idées arrêtées sur la sexualité et les genres ! Si tu pars dans cette direction, tout le monde va devenir suspect à tes yeux ! Tu vas vivre l'enfer, mon chéri ! »

« Je vais t'enfermer, oui ! »

Elle prit le visage de Swan entre ses mains et caressa ses joues.

« Ce n'est pas parce que tu portes bien la barbe, Swan Laurence, qu'il faut te transformer en Barbe Bleue ! »

Il eut un sourire mauvais.

« Ne me prive pas de la joie de torpiller mes rivaux. »

« Mais c'est qu'il m'encouragerait presque à prendre des amants ou bien ? »

Il lui adressa un rictus méphistophélique et elle pencha la tête sur le côté.

« J'ai déjà eu un aperçu de ton côté possessif lors de l'incident avec Arno. Tu es un horrible jaloux, Swan. »

« Certainement pas ! » répliqua t-il d'un ton si sec qu'il démentait son affirmation.

« Cette blague ! Tu me ferais une vie infernale ! »

« Plutôt deux fois qu'une... »

« Écoute, je t'aime comme tu es, avec ta part d'ombres, mais n'en rajoute pas. »

Il se contenta de la dévisager, et elle reprit :

« … Je suis comme toi : je n'ai pas envie de te voir en compagnie d'une sublime blonde, tout ça parce qu'elle a de belles jambes ou qu'elle est sensuelle ! Tu n'aimes pas la concurrence, Swan, moi non plus. »

« Et si c'est toi que je surprends avec une sublime blonde, je pourrais me joindre à vous ? »

Cette fois, ce fut Alice qui écarquilla les yeux, alors qu'il se moquait doucement d'elle.

« Nan, mais, toi, tu es un cas ! Cette relation risque vraiment de partir en vrille. »

Ils se dévisagèrent à nouveau, les yeux brillants de complicité. Une tension nouvelle s'installa entre eux.

« Alice, tout ce qu'on vient de se dire... »

« … a très peu de chance de se réaliser, je le sais. Laisse-moi juste caresser ce fol espoir de t'avoir tout à moi quelques temps. »

Il n'ajouta rien. Finalement, elle se leva et commença à débarrasser la table.

« Qu'est-ce que tu fabriques ? » dit-il en se levant à son tour. « Tu crois que c'est le moment de faire la vaisselle ? »

Alice le considéra de façon perplexe et reposa ce qu'elle tenait. D'un geste viril, Swan la fit venir à lui et elle sentit des frissons la parcourir, alors que leurs deux corps entraient en contact l'un avec l'autre.

« On danse ? »

« Tu danses, Laurence ? »

« Plutôt pas mal, je dois dire. »

« Encore un talent caché ? »

« J'ai été jeune, Avril, j'ai vécu la Libération avec les américains dans les clubs de Saint Germain. »

Elle émit un petit cri quand il la fit brusquement tourner entre ses bras.

« Euh, un rock ici, on va se cogner partout. »

« Un slow fera parfaitement l'affaire. »

Avec un sourire, Swan l'attira à lui et commença à se mouvoir. Naturellement, Alice passa ses mains derrière son cou et suivit le mouvement, quand bien même la musique n'existait que dans leur imagination.

En renversant la tête en arrière, la rouquine planta ses yeux dans ceux de Laurence. La flamme dangereuse qui dansait au fond des pupilles de Swan lui envoya une poussée d'adrénaline dans les veines. Peu d'hommes pouvaient se targuer de lui faire cet effet et elle n'allait certainement pas lui en faire la révélation. Tout était encore une question de contrôle entre eux.

Sous son regard intense, Alice déglutit et ouvrit la bouche légèrement. Ce simple mouvement attira immédiatement l'attention de Laurence qui posa des yeux fascinés sur ses lèvres brillantes. Leur alchimie était bien réelle.

Il se pencha vers elle. Le cœur battant, elle accueillit son baiser langoureux avec une joie sauvage. Très vite, cependant, il fut suivi d'autres, plus appuyés, à la fois provocants et terrifiants, débordant de frustrations et de non dits.

Le grand corps de Laurence engloutit celui tout menu d'Alice. La rousse s'imprégna de son odeur, de sa force. Ils s'agrippèrent l'un à l'autre, comme s'ils ne voulaient plus faire qu'un. Elle pouvait sentir leurs deux cœurs battre à coups précipités, indissociables, et une vague familière de désirs irrésistiblement gonfler en elle. Au creux de ses bras, sous sa bouche avide, elle se sentait incroyablement vivante.

Alice accentua ses ondulations et suscita un grognement sexy chez son partenaire. Le contact de son érection alluma un incendie dans son bas-ventre et entre ses cuisses.

Ils continuaient à s'embrasser comme si leurs vies en dépendaient. Swan la souleva dans ses bras et elle passa ses jambes autour de sa taille en pensant qu'il allait la porter sur le lit. Il n'en fit rien et vint la caler contre le panneau de bois de la cabine avec un son mat.

« Tu as emprunté l'une de mes chemises » fit-il remarquer.

« Oui, et alors ? Ça ne te plaît pas ? »

« Je n'aime pas qu'on touche à mes affaires. »

« Tu vas me punir ? » demanda t-elle avec un petit sourire provocateur.

« Je devrais, seulement... »

« Seulement ? »

« Aucune femme n'est plus femme que dans un vêtement d'homme. »

Quand il se pencha à nouveau sur elle, son regard ardent était d'une détermination sans faille. Alice jubila, fière de l'avoir pris au piège de ce simple artifice vestimentaire. Fascinée, elle suivit des yeux la main qu'il glissa sous ladite chemise et frissonna au contact de ses doigts sur sa peau, encore étonnée de ressentir autant de sensations troublantes alors qu'il la touchait à peine.

« Quand tu me caresses, c'est comme si tu appuyais sur un bouton, ça déclenche le chaos en moi. »

Il afficha simplement ce sourire arrogant qui d'habitude irritait Alice, sauf que cette fois, il eut l'effet inverse en mettant le feu aux poudres. Elle gémit. Son désir pour lui était en train de tout balayer sur son passage. Dans ses bras, elle brûlait de s'abandonner à la folie, de succomber encore et encore, de le sentir sur elle, sous elle, en elle.

« Ton corps vibre de désir, Avril. Tu crois quoi ? Que je n'en étais pas conscient ? »

La voix rauque de Laurence trahissait sa propre émotion à la sentir au bord du précipice. D'un mouvement fluide, il fit passer la chemise par dessus la tête d'Alice et s'en débarrassa, comme s'il avait déjà atteint les limites de sa patience. Elle n'était plus vêtue que de son slip de bain mais il était bien trop affairé à promener ses lèvres dans le creux de son cou pour s'en préoccuper pour l'instant.

Avec un soupir, Alice ferma les yeux en s'abandonnant aux délicieux élancements qui parcouraient son être. Il avait mille fois raison : elle tremblait et haletait dans ses bras. Elle appuya ses cuisses sur les hanches de Laurence et se rehaussa pour lui offrir ses seins.

« Tu es le genre de femmes qui pourrait faire perdre la tête à n'importe quel homme » murmura t-il en se pressant contre elle, avide de sensations « et je parie que tu ne le sais même pas. »

Fidèle à ses principes, elle voulut protester en le traitant de fieffé menteur. Au lieu de quoi, elle sentit qu'elle se liquéfiait sous ses baisers ardents.

« Vraiment ? » parvint-elle seulement à dire.

Pour toute réponse, il eut un petit rire dénué d'humour.

« Parce que je te fais ça ? » reprit-elle en l'embrassant au creux de son cou, « … Ou bien ça ? »

Alice lécha et mordilla la peau de Swan, là où battait sourdement le pouls de son compagnon, pour savourer ce goût qui lui était devenu familier. Indéniablement, il déglutit et manqua une respiration.

« Tu vas me faire mourir » murmura t-il d'une voix altérée, mais tellement sexy.

« Je pourrais en dire autant... Embrasse-moi encore ! »

Laurence s'exécuta sans réfléchir. Il était en train de perdre pied et ne se reconnaissait plus. Avril l'entraînait inexorablement avec elle dans un torrent de passion. Dans les bras de son éternelle Némésis, il ne ressentait plus de crainte, avait oublié jusqu'à son instinct de protection, son armure habituelle.

Il écrasa ses lèvres contre les siennes, tandis que sa paume se refermait sur un mamelon dressé. Alice étouffa un cri, se cambra contre lui, contre son érection qu'elle sentait au creux de son intimité. Il se mit à gémir d'une voix rauque, tandis qu'un feu d'artifice de sensations explosait en lui et qu'il mourrait de s'enfoncer en elle pour la faire sienne.

Il l'embrassait à la faire défaillir, à la faire mourir de plaisir. Elle protesta quand il délaissa ses lèvres, puis gémit quand il s'empara de l'autre sein avec sa bouche, pour en sucer son extrémité tendue.

Alice se tortilla à nouveau contre lui, alors qu'il lui infligeait la plus douce des tortures. Elle pouvait sentir la chaleur de son souffle, la caresse de sa langue autour de son mamelon durci, ses longs doigts qui pétrissaient sa chair. Des frissons la parcouraient inlassablement.

Avide de recevoir plus, elle haletait en gémissant. Le brasier qui dévorait ses entrailles réclamait toute son attention.

« Arrête, je n'en peux plus... »

« Arrête ? » Il se mit à rire de façon sexy. « Mais ça ne fait que commencer, ma chérie ! »

Alice gémit davantage. Laurence plongea un regard d'une telle intensité dans le sien, qu'il éveilla aux tréfonds de son être une vague d'amour inconditionnelle, qui allait bien au delà du simple plaisir des sens.

Swan temporisa tout de même, calmant le jeu entre eux, et en profita pour ôter son polo. Devant sa peau dorée par le soleil, la rouquine sentit sa bouche se dessécher, le désir vrillé au ventre, et elle passa les mains dans la légère toison de son torse.

Il préféra reprendre ses lèvres. Sans interrompre son baiser, il prit ses fesses en coupe et glissa ses mains sous le slip en les pressant avec possessivité. Elle en profita pour glisser les siennes sur son estomac, puis entreprit de déboutonner son pantalon.

Après un dernier baiser, il se recula et la reposa au sol, puis il s'agenouilla devant elle, en tirant sur son slip. Ce dernier tomba au sol et elle se retrouva nue et offerte à ses regards emplis de convoitise.

Alice se sentit vulnérable alors qu'il l'attirait à lui en passant sa cuisse sur son épaule pour lui permettre l'accès à son intimité. Elle étouffa un cri lorsque les lèvres de Laurence se posèrent au creux de sa féminité et dut s'appuyer contre le mur pour ne pas perdre l'équilibre. La langue de Swan se mit à caresser sa chair frémissante de désirs. Tressaillant sous les caresses brûlantes, la jeune femme s'abandonna en gémissant, le sang lui battant aux tempes, emportée en un temps record par un tourbillon de sensations divines de plus en plus fortes.

Alice agrippa fermement l'étagère à sa portée, pour s'accrocher à une réalité qui lui échappait. Les livres posés à cet endroit tombèrent tous avec fracas au sol, mais aucun des deux protagonistes ne s'en préoccupa.

Sourd à ses suppliques, Laurence glissa un doigt, puis deux dans son sexe. Ivre de volupté, Alice crut défaillir. Doucement, il se mit à caresser avec un art consommé le point sensible où se concentrait toute l'acuité de son désir, alors que l'onde de plaisir montait inexorablement en elle.

Sans pitié, il s'acharna à lui infliger cette délicieuse torture, en se délectant de ses soubresauts, de ses gémissements, de son souffle court, jusqu'à ce qu'enfin, elle succombe à l'extase en s'abandonnant dans un ultime sursaut.

Alice mit du temps à émerger, perdue dans le reflux de son plaisir. Quand elle le dévisagea, il s'était débarrassé de ses derniers vêtements et son pénis se dressait fièrement vers elle. Un frisson la parcourut. Elle avait beau flotter encore dans les brumes de l'orgasme qu'elle venait de vivre, elle mourrait d'envie de l'avoir au plus profond d'elle.

Sans lui laisser le temps de s'habituer à son corps nu contre le sien, Swan la souleva à nouveau dans ses bras contre le mur. Il l'attira à lui et fit jouer sa langue sur ses mamelons tendus, alors qu'elle repassait ses jambes autour de sa taille.

L'érection de Swan était tout contre son intimité mais il ralentit en revenant vers ses lèvres et en l'embrassant sur un rythme apaisant. En gémissant de frustration, Alice se tortilla contre lui, accentuant leur peau à peau, et il comprit qu'il était temps. Il se positionna et la pénétra.

Une décharge de sensations explosa à nouveau en elle, électrisant tous ses sens. Il n'y avait plus que lui, au plus profond d'elle, partie intégrante de son corps et de son cœur. Une mèche de ses cheveux tombant sur son front, Laurence la dévorait des yeux et elle eut soudain l'impression d'être infiniment féminine et désirable. L'émotion lui étreignit la poitrine.

« Tu es plus qu'une aventure... Swan, donnes-moi quelque chose que tu ne donnes pas aux autres femmes. »

« Regarde moi » lui intima t-il.

Une fois de plus, elle ne put qu'obéir. Elle riva ses yeux aux siens et ce qu'elle lut au fond de ses prunelles dilatées par le désir la toucha au plus profond de son âme. C'était la même force vitale qui engloutissait tout sur son passage, la même passion qui coulait dans leurs veines.

Alice cambra le dos, tenta de bouger mais ses efforts ne servirent à rien. Avec un sourire moqueur, il menait le jeu à sa guise et elle crut devenir folle.

« Arrête ton cirque, Laurence, et prends-moi... Et je t'interdis d'être doux ! »

« Je vais vraiment te travailler au corps, alors accroches-toi. »

Elle agrippa ses épaules tandis qu'il commençait à bouger en elle. Bientôt, il se mit à aller et venir avec une frénésie nouvelle. Elle s'attendait à ce qu'il l'embrasse. Il se contentait de la contempler, les yeux brillants, pour ne rien manquer du plaisir qui déferlait sur son visage, et Dieu savait combien elle était expressive...

Il est impossible que je connaisse un second orgasme aussitôt après le premier, pourtant ça monte, ça monte irrésistiblement... Rien n'est impossible avec ce diable d'homme... Oh, seigneur, je veux que Swan me comble encore et encore !

Son dos qui heurtait le panneau de bois à chaque coup de boutoir, leurs souffles tremblants et inégaux, leurs gémissements sensuels allant crescendo, étaient une mélodie d'une douceur infinie aux oreilles d'Alice. Heureuse de lui appartenir, elle se laissa entraîner dans une danse de plus en plus folle, alors que leurs deux corps fiévreux s'emboîtaient l'un dans l'autre sans ménagement.

« Continue ! Je veux... te sentir... entièrement... »

Le regard de Laurence se perdit dans le vague. Il renversa la tête en arrière en serrant les dents. Il frôlait le point de non retour, elle le savait. Elle le voyait à ses traits durcis, le sentait à la tension qui vibrait en lui. Et pourtant, il continuait à la pilonner inlassablement pour la remplir et la posséder.

Les va et vient de Laurence se firent plus erratiques, plus violents, jusqu'au moment où cédant enfin à l'extase, Alice se contracta autour de lui et se mit à crier son nom, ravagée par d'intenses sursauts de plaisir, emportée comme un fétu de paille dans une tempête.

En grognant sourdement, il la rejoignit en quelques coups de reins ultimes alors qu'elle palpitait tout autour de lui. La flamme du plaisir les emporta loin, très loin et ils s'oublièrent dans des râles et des soubresauts involontaires, et le besoin désespéré de reprendre leurs souffles.

Ils glissèrent au sol, secoués de tremblements convulsifs, encore enchevêtrés. Ils restèrent ainsi de longues secondes, sans bouger, sans faire un geste, à récupérer en attendant que les battements de leurs cœurs se calment.

En silence, Swan enlaça Alice et la serra contre lui, se concentrant sur la sensation de son corps contre elle, sur le parfum de sa peau après l'amour. Dans les bras de la rousse, il avait l'impression d'avoir trouvé son havre de paix, de tout oublier. Enfin.

Alice soupira d'aise, heureuse, détendue. Un son qu'il accueillit avec la satisfaction du devoir accompli.

« Oh, merde... C'était si... si... »

« … intense ? »

« Sacrément insensé, démentiel, explosif ! » lâcha t-elle en riant.

Et puis soudain, elle sembla réaliser :

« Du gingembre ! Il y avait du gingembre dans ta sauce ! »

Il se mit à rire devant son commentaire tout à fait hors de propos :

« Hon-hon, je ne vais certainement pas te révéler mes secrets de fabrication. »

« Ce truc est tellement aphrodisiaque qu'il fait grimper aux rideaux ! »

« C'est moi, ton aphrodisiaque, Avril... »

« Toujours aussi modeste, Laurence ! »

« … Et pour ton information, chez moi, on dit faire danser le plafond... »

Elle éclata de rire et le dévisagea avec tendresse.

« Peu importe, c'était parfait. »

« Mais plus vraiment de mon âge... » se lamenta Laurence avec un sourire fier aux lèvres qui démentait ses propos. « Oh, mon dos... »

Elle caressa sa barbe semée d'argent et lui fit un clin d'œil.

« La prochaine fois, si tu préfères, on adoptera une position plus pépère. »

« Je te remercie de me ranger dans la catégorie des vieux... » grommela Laurence.

« Je croyais que tu t'entretenais ? »

« C'était avant de te rencontrer, maudite rouquine... Ce jour là, j'ai pris dix ans d'un coup ! »

Elle se remit à rire et l'embrassa doucement pour lui communiquer tout son amour. Il lui répondit avec la même langueur.

« Swan, il n'y a pas d'âge pour s'aimer comme nous nous aimons. »

Pour la première fois, Laurence n'émit aucune protestation. Il la serra dans ses bras, en semblant enfin accepter son destin...

A suivre...

Tout vient à point à qui sait attendre. ^^

Parfois, il m'arrive d'écrire longtemps à l'avance ce que j'appelle des « jalons », étapes incontournables dans l'écriture d'un long récit, bien avant d'avoir écrit une seule ligne des chapitres précédents. Celui-ci en est un, parce qu'il marque un basculement entre Swan et Alice, l'approfondissement de leur lien et les premières projections de leur relation dans l'avenir.

Heureusement, ce chapitre déjà écrit tombait à pic. J'ai eu 6 semaines chargées au travail. Je suis de retour au bercail et je vais progressivement retrouver un peu de temps libre.

N'hésitez pas à me dire si vous avez aimé.

La suite, bientôt...