Bonjour à tous !
Merci à tous pour l'accueil fait au précédent OS, ça me va droit au cœur ! Merci mille fois ilai, Yloveblood, Almayen et NDS, vous êtes des anges !
Nous voici donc arrivés au dernier OS de ce recueil, que je vous livre avec, quand même, une certaine émotion ! C'est le chapitre le plus long de l'histoire la plus longue à laquelle j'ai réussi a poser un point final, je ne pensais pas y arriver un jour ! 5 mois, 70.000 mots (le nombre de mots indiqué sur FF est un peu trop généreux par rapport à la réalité), 16 chapitres et beaucoup de péripéties plus tard, voici l'épilogue !
Il commence à la fin de Endgame mais bien sûr, diverge du film, sinon ce serait beaucoup trop triste.
Sinon, s'il vous prend l'envie de changer de support, j'ai posté cette histoire sur Wattpad. Je ne suis pas du tout familière de l'interface et je ne comprends pas des masses comment ça marche mais ça a l'air pas mal !
Bonne lecture !
Pour Peter, un clin d'oeil s'était écoulé.
Pour le reste du monde, cinq longues années s'étaient égrenées avec leur lot de surprises, de cruauté et d'instants de joie, matérialisées sous la forme de fiançailles, de pierres tombales neuves et d'enfants innocents qui remplissaient la ville de leurs rires insouciants.
Lorsque Tony l'avait serré contre lui, il n'avait pas immédiatement remarqué les nouvelles rides qui creusaient sa peau, dessinant des sillons inédits aux coins de ses yeux. Il avait été trop surpris, désarçonné par les larmes qu'il avait cru sentir contre sa nuque et par la façon dont ses mains métalliques s'enfonçaient fiévreusement contre ses bras, comme si elles craignaient qu'il ne s'évapore à nouveau.
Ce ne fut qu'à la fin de la bataille, alors que le corps de Tony reposait dans la poussière, ravagé par le Gant de l'Infini, qu'il avait réalisé que quelque chose avait changé.
Pepper avait été là, elle aussi, et Dieu merci — sans elle, Peter n'aurait su quoi faire. Elle avait pris les choses en main, aidant à évacuer le corps inconscient de Tony, s'assurant qu'il serait soigné, que Dr Strange ferait tout pour le sauver. Elle l'avait emmené avec elle et lui avait expliqué tout ce qu'il s'était passé depuis sa disparition.
Puis il y avait eu les nuits sans fin à l'hôpital, seulement Pepper et lui, les doigts noués autour de gobelets de chocolat chaud insipide, drapés dans l'attente, l'horreur et l'espoir. Pepper lui avait dit que les autres étaient à la maison, qu'elle ne voulait pas qu'ils voient Tony ainsi.
Les autres.
Peter n'avait pas compris qu'elle ne parlait pas uniquement de Happy, de Rhodes et des autres Avengers.
OOO
— Ne me refais plus jamais ça, lui dit Tony après son réveil, l'étreignant à travers les draps blancs de l'hôpital.
Peter ne put s'empêcher de rire, malgré les larmes qui inondaient son visage.
— P-plus jamais quoi ? C-c'est toi qui es à l'hôpital, pas moi ! hoqueta-t-il en lui rendant son étreinte.
— Ne disparais plus jamais, Spider-Baby. Plus jamais, ordonna-t-il simplement.
Peter rit à nouveau. Il avait cru qu'il n'entendrait plus jamais la voix de son tuteur vibrer contre son oreille.
— T-toi non plus. Ne t-t'amuse plus à claquer d-des doigts avec un a-artefact m-meurtrier sur la m-main. P-Pepper a dit que c'était la ch-chose la plus s-stupide que tu aies jamais faite. Excepté l-la fois où t-tu as bu t-toute une bouteille de r-rhum.
Tony resserra son étreinte, embrassa une boucle châtain.
— Promis, Spider-Baby.
Peter inspira à pleins poumons le parfum de Tony, heureux d'être à nouveau dans ses bras. Heureux d'avoir retrouvé sa famille.
— Je t'aime, Pete, souffla Tony dans ses cheveux, et Peter se figea, stupéfait.
C'était la première fois que Tony prononçait ses mots. Et il les avait prononcés si simplement…
Ce fut à ce moment là que l'adolescent prit pleinement conscience des cinq ans qu'avait duré sa disparition, et de tout ce qu'il avait pu manquer durant cette période. Tous ces jours que les Stark avaient passé sans lui, à faire leur deuil et se reconstruire…
— Est-ce que tu as pu rencontrer Morgan ? ajouta Tony, et Peter comprit immédiatement de qui il parlait.
La douceur et la tendresse qui avaient enveloppé ce prénom ne trompaient pas. C'était les mêmes que ceux qu'il utilisait lorsqu'il s'adressait à lui ; l'amour d'un père pour son enfant…
Car pendant les cinq secondes — cinq ans — qu'avait duré l'Eclipse, le monde ne s'était pas arrêté de tourner. Et Tony avait eu un enfant.
Un autre enfant.
OOO
Le chalet dans lequel Tony et Pepper s'étaient installés, après l'Eclipse, était incroyable : un antre douillet au parfum de miel et d'aiguilles de sapin, où tout n'était que tapis moelleux, coussins et décorations d'un autre temps. Rien à voir avec la Tour Stark aseptisée où Peter avait pris l'habitude de vivre.
Mais ce ne fut pas le plus gros changement auquel il se heurta.
Ce plus gros changement fut la petite fille de cinq ans qui le dévisageait avec curiosité, une mygale en peluche qui faisait la moitié de sa taille entre les bras. Elle avait de longs cheveux bruns et de grands yeux marron, semblables à ceux de Tony. Semblables aux siens, réalisa-t-il confusément, sans savoir exactement quel était le sentiment qui prédominait dans son coeur.
— T'es qui ? Un ami de papa ? lui demanda-t-elle d'un air intrigué, avant d'ajouter : Tu ressembles pas à oncle Happy et oncle Rhodey. Ils sont beaucoup plus vieux que toi.
— C'est Peter, mon ange. On t'en a parlé, tu te souviens ? Peter vivait avec nous, avant ta naissance. Il avait disparu, mais nous l'avons enfin retrouvé et maintenant, il va s'installer ici. N'est-ce pas une excellente nouvelle ? sourit Pepper.
La fillette fit la moue.
— Mhm. Okay.
Ses grands yeux curieux se posèrent à nouveau sur Peter qui lui sourit, ignorant les soubresauts de son coeur.
— Enchanté, Morgan, je suis ravi de te rencontrer. Appelle-moi Pete.
— Mhm.
Elle fronça les sourcils.
— C'est à cause de toi que papa est parti ?
Peter eut l'impression que son coeur manqua un battement et vit clairement Tony pâlir.
— Peter a fait un très long trajet pour arriver jusqu'ici, dit aussitôt Pepper. Il va aller se reposer dans sa chambre avant le dîner. Papa va l'y amener, pendant que toi et moi allons préparer quelque chose à manger, d'accord ?
— Je veux des frites ! dit aussitôt la fillette.
Pepper sourit et la prit dans ses bras avant de se diriger vers la pièce qui devait être la cuisine. Au même instant, Tony prit Peter par l'épaule et l'emmena vers les escaliers.
— Ne t'inquiète pas. Morgan grogne, mais elle ne mord pas. Il lui arrive même de faire des câlins. Il faut seulement… lui laisser un peu de temps.
— Je comprends, c'est normal qu'elle se pose des questions ! Elle doit se demander ce que je fais ici, qui je suis, ce que je vous veux, à Pepper et toi…
— Ne te fais pas de noeuds au cerveau, Spider-Baby. Je lui donne deux jours avant de t'adopter.
— M'adopter ? Je ne suis pas un chiot !
— C'est ça, c'est ça, rit Tony en lui ébouriffant les cheveux.
L'adolescent émit un léger rire qui parvint difficilement à dissimuler sa nervosité avant de s'engager dans un couloir tapissé de photographies. Tout était si différent de New-York, ici…
— J'ai vraiment ma propre chambre ? finit-il par bredouiller lorsque Tony poussa une porte à l'étage.
— Il y avait cette pièce vide, quand on a acheté le chalet. Je ne voulais pas y toucher, au cas où tu… Enfin bref, je l'ai réaménagée juste avant de partir sauver le monde, répondit Tony en se grattant la tête. Après tout, je ne pouvais accueillir mon adolescent préféré dans un placard à balais. J'espère qu'elle te plaira.
— Woaw, tu as gardé toutes mes affaires ? s'étonna-t-il en découvrant la pièce, très semblable à celle dans laquelle il avait vécu lorsque Tony et Pepper vivaient encore à la Tour Stark.
Il n'en revenait pas. C'était comme s'il était parti la veille ; ses t-shirts, ses sweats, ses chaussettes… tout y était, même le lego Super Mario qu'il n'avait pas terminé avant de partir pour cinq ans dans le néant. Il y avait également une photographie sur sa table de chevet : un portrait de Tony, Pepper et lui que Happy avait pris quelques semaines avant sa disparition.
Passée la surprise, une émotion vive éclata dans sa poitrine et il réalisa que les larmes brûlaient ses paupières. Il les essuya discrètement, mais son geste ne passa pas inaperçu ; l'instant d'après, les bras de Tony se refermèrent autour de ses épaules et le serrèrent contre lui.
— Rebienvenue chez toi, Pete, dit-il contre son oreille. Merci de ne pas partir d'ici avant tes vingt et un ans. Au moins.
— Est-ce que les cinq ans d'Eclipse comptent ? plaisanta Peter à travers les nouvelles larmes qui roulaient sur ses joues.
— Laisse-moi réfléchir. Mh, non. Nope. Certainement pas.
— Oh. Okay, ça me va, rit-il.
— Est-ce que tu veux te reposer un peu ? Visiter les environs ? Boire ou manger quelque chose ?
— Je veux juste rester ici, répondit Peter en enfouissant son visage contre l'épaule de Tony. Juste quelques minutes… S'il te plaît ?
La main de Tony vint aussitôt cueillir sa nuque, chaude et rassurante. Jamais il n'avait été si tactile avec lui, jamais il ne s'était montré aussi transparent sur les sentiments qui le traversaient. Devenir père l'avait véritablement transformé… Morgan s'était frayée un passage jusqu'à son coeur et l'avait changé. Et, réalisa Peter en fermant les yeux, il lui en était curieusement reconnaissant. Sans elle, que serait devenu Tony durant les années qu'avait duré la fin de la moitié du monde ?
OOO
Son premier dîner avec Morgan fut néanmoins… rocambolesque. Charmer une fillette de cinq ans qui partageait le patrimoine génétique de son tuteur s'avérait être une mission bien plus difficile que de mettre au tapis une demi-douzaine de malfrats encapuchonnés, mais il décida de relever le défi.
— Tu vas rester ici longtemps ? lui demanda-t-elle après l'avoir longuement examiné par-dessus son assiette de frites.
— Quelques temps, oui. Jusqu'à ce que tes parents en aient marre de moi, répondit-il d'un ton léger, mais sa plaisanterie ne dérida pas l'enfant.
— Pourquoi ? T'as pas de parents, toi ?
Il entendit clairement Pepper et Tony s'arrêter de respirer, ou peut-être était-ce son propre souffle qui s'était figé dans sa poitrine. Il s'efforça toutefois de garder son calme ; Morgan n'avait que cinq ans, il était normal qu'elle ne comprenne pas les tenants et aboutissants de sa situation. Il repensa à tous les autres enfants auxquels il avait été confronté, sous son masque de Spider-Man, et lui répondit de la même façon qu'il leur parlait lorsqu'ils lui posaient des questions dont les réponses ne pouvaient que traduire la cruauté de la vie.
— Non, Morgan. Ils sont… partis.
— Où ça ?
— Trésor, laisse Peter tranquille, veux-tu ? Il n'a peut-être pas envie de répondre à toutes tes questions, lança Pepper en adressant à l'adolescent un sourire d'excuse.
— Oh, non, ne t'inquiète pas Pepper, ça ne me dérange pas du tout, s'empressa de répondre Peter. Ils sont partis ailleurs, Morgan. Dans un endroit où j-je… où je ne peux pas les suivre.
— Comment ça se fait ? Ça veut dire que tu les reverras plus ?!
— Si, si ! Je pourrai les revoir… plus tard. Dans longtemps. Lorsque je serai très, très vieux.
— Plus vieux que papa ?
— Beaucoup plus vieux que pa... que ton papa.
Morgan pencha la tête. Elle semblait toujours perplexe, ses grands yeux bruns reflétant toute l'incompréhension que la présence de Peter lui inspirait, mais la curiosité avait pris le pas sur la méfiance.
— Mmmmh… est-ce que tu connais des histoires ? demanda-t-elle finalement en mâchonnant une frite.
— Des histoires ? J'en connais des tonnes ! May m'en racontait souvent.
— May ?
— Ma… ma tante. Je vivais avec elle, avant d'emménager chez tes parents.
— Elle est partie, elle aussi ?
Peter acquiesça. Morgan fronça les sourcils.
— T'es tout seul, alors ?
— Plus maintenant. Ton… ton papa s'occupe de moi. Ta maman aussi.
— Oh.
Un éclair de compréhension traversa son visage.
— C'est pour ça que papa est parti te chercher ?
— Eh bien, euh, c'était surtout pour sauver le monde, mais…
— Oui, mon ange, c'est pour ça que je suis parti, l'interrompit fermement Tony. Il était perdu quelque part, et je devais le retrouver.
— Mais tu es parti si longtemps, papa… j'ai eu très peur, je croyais que tu ne reviendrais pas !
— C'était un très long voyage, mais je devais le faire. Peter est quelqu'un de très important pour ta maman et moi. Et tu sais que j'aurais fait la même chose pour toi, mon ange, n'est-ce pas ?
La fillette sembla surprise mais acquiesça. Peter, lui, ne sut que dire, les émotions oscillant dans sa poitrine entre gratitude, joie et culpabilité. Ses yeux rencontrèrent ceux de Tony et celui-ci lui adressa un sourire de connivence qui lui fit monter les larmes aux yeux — bon sang, pourquoi fallait-il qu'il soit si émotif ?
Morgan demanda soudainement, d'un air qui lui sembla compatissant :
— T'es triste, Pete ?
— Ça m'arrive, parfois, mais il me suffit d'être ici pour aller mieux. Avec tes parents et toi, répondit-il en essuyant ses yeux.
— Papa et maman me disent toujours que je dois apprendre à partager mes jouets, dit-elle après avoir dégluti une frite noyée de ketchup. Alors je veux bien les partager avec toi, si ça te rend moins triste.
— Partager tes jouets ? Je ne sais pas si…
— Non, partager mon papa et ma maman !
Peter battit des cils, stupéfait. Plusieurs secondes de silence s'écoulèrent avant qu'il n'éclate de rire, le coeur soudainement plus léger. A côté de lui, Tony et Pepper firent mine d'être outrés.
— Notre fille vient-elle vraiment de nous comparer à ses jouets ? Je crois que toute l'éducation de cette enfant est à refaire, Tony, soupira Pepper, sous le rire de Peter qui répondit à la fillette :
— Ce serait un grand honneur que tu acceptes de partager ton papa et ta maman avec moi.
Un grand sourire illumina le visage de l'enfant :
— J'aurais quoi en échange ?
— Aurait-on engendré un monstre, Pep ? geignit Tony.
Peter rit à nouveau avant de demander à la fillette :
— Qu'est-ce qui te ferait plaisir, Morgan ?
— Je veux voir ton costume ! Papa et maman m'ont dit que tu es un super-héros et que tu as un super-costume avec plein de gadgets. Est-ce qu'il a des lasers ? Est-ce qu'il fait plein de lumière et de boum-boum ? Tu peux t'envoler comme papa ?!
— Euh… comment dire…
Tony et Pepper n'hésitèrent pas à pouffer bruyamment de rire, alors que Morgan assaillait Peter d'une myriade d'interrogations pleines d'espoir, auxquelles il n'avait pas la moitié des réponses.
OOO
Comme Tony l'avait prédit, Morgan ne mit pas longtemps avant de traiter Peter comme s'il avait toujours fait partie de la famille. Elle lui posait beaucoup de questions et n'hésitait pas à se glisser dans sa chambre sans frapper pour lui montrer ses poupées ou les gadgets qu'elle avait trouvés dans le garage du chalet et qui, pour la plupart, n'étaient pas vraiment adaptés à une fillette de cinq ans.
— Non, Morgan, tu ne peux pas mettre cette armure, elle est beaucoup trop grande pour toi ! s'écria-t-il plus d'une fois, sous les soupirs déçus de la fillette.
— C'est pas juste, moi aussi je voudrais être une super-héroïne !
— Tu as tout le temps pour ça, Morgan.
— Mais toi, tu as le droit…
— J'ai seize ans. Toi, tu en as cinq.
— C'est presque pareil !
— Pas vraiment, riait Peter face à son air buté.
Tony et Pepper semblaient ravis de leur entente, et ne tardèrent pas à se référer à eux en les appelant gentiment Tic et Tac — ce qui amusait beaucoup Morgan.
OOO
Un soir, Peter rejoignit Tony sous le porche du chalet. Assis dans un fauteuil de jardin, son tuteur sirotait un soda en observant le paysage, l'air serein et heureux. Il accueillit la présence de Peter d'un sourire si chaleureux que l'adolescent sentit son coeur remonter jusqu'à sa gorge.
— Hey, Tony.
— Hey, bambino. Tu veux boire quelque chose ?
Peter accepta une bouteille de soda qu'il décapsula d'un mouvement adroit du pouce.
— Je n'aurais jamais pu croire qu'un jour, ce jour se réaliserait, murmura Tony alors que Peter s'asseyait par terre, à côté de lui.
— Le jour où les sodas à l'ananas existeraient ? Moi non plus ! C'est vraiment la meilleure invention du monde.
— Le jour où je vivrais ici, avec ma femme et mes deux enfants.
Peter manqua de recracher son soda sur ses genoux.
— Qu… quoi ?
— Tu m'as très bien compris, Pete. Je parlais de vous. Pepper, ma femme. Morgan et toi, mes enfants.
— M-mais… mais… je ne suis pas…
— On a déjà eu cette conversation. Avant l'Eclispe, je te disais déjà que je te considérais comme mon enfant. Eh bien, cinq ans plus tard, mon avis n'a pas changé d'un pouce, si ce n'est que ce n'est plus uniquement une histoire de considération : tu es mon enfant.
— M-même si…
— Même si Pepper et moi avons eu Morgan, qui est, soi-dit en passant, la plus belle création qu'un Stark n'ait jamais faite. Tu es mon enfant, Pete, peu importe que nous n'ayons aucun gène en commun.
Toujours assis sur le sol boisé du porche, l'adolescent s'adossa contre le siège de Tony qui se mit aussitôt à ébouriffer ses cheveux, comme il l'avait fait des dizaines de fois auparavant. Peter ferma les yeux et décida qu'il n'aurait pas honte des larmes qui s'étaient remises à briller sur ses joues — car après tout, n'était-ce pas des larmes de bonheur ?
OOO
Malheureusement, une fausse note vint bientôt troubler la mélodie parfaite qu'était devenue la vie de Peter. Et cette fausse note se matérialisait sous la forme de deux mots, qui résumaient à eux seuls les quinze premières années de sa vie : New-York.
Le chalet au bord du lac était isolé, loin du temps et loin du monde. C'était un refuge idéal pour se reposer, panser ses blessures, apprendre à se relever — et pour passer une retraite paisible. Tony et Pepper y avaient été très heureux après l'Eclipse, fuyant les villes désertés du pays, lugubres et hantées de souvenirs qu'ils voulaient oublier. Mais maintenant que la moitié de la population était de retour — et surtout, maintenant que Peter vivait avec eux — leur avis sur la question avait drastiquement évolué.
— Ton lycée est à New-York. Tes amis sont à New-York, tes souvenirs sont à New-York, Spider-Man est à New-York… toute ta vie est là-bas. Nous devons y retourner.
— Mais Pepper et toi, vous avez tout reconstruit ici !
— Oui, et c'était une parenthèse très agréable dans notre existence, mais nous ne pouvons pas rester éternellement cachés dans cette maison. Il y a une vie pour nous derrière ces murs.
— Mais Morgan….
— Morgan va grandir, elle aura besoin de voir d'autres enfants, de connaître autre chose que cette forêt. Je pense qu'il est temps de dépoussiérer un peu notre vieille Tour.
Peter accepta rapidement cette idée. Malgré le bonheur qu'il éprouvait dans le chalet, ses amis lui manquaient. Aller au lycée, discuter de vive voix avec Ned, patrouiller sur les toits de New-York, voir MJ… MJ. Deux lettres qui l'appelaient inexorablement hors des murs protecteurs de la maison, et qui le convainquirent définitivement qu'un déménagement s'imposait.
Mais Morgan ne fut pas de cet avis.
— Non, non, non ! J'veux pas partir, protesta-t-elle au déjeuner, après que Tony lui en ai parlé.
— Tu adorerais New-York, mon ange. Il y a des gratte-ciels plus hauts que tu n'en as jamais vu, un parc avec des écureuils, plein de gens amusants à rencontrer…
— J'veux pas partir ! répéta-t-elle plus fort, et Peter vit que ses yeux s'étaient mis à briller dangereusement.
— Il le faut. Tu dois aller à l'école, voir d'autres enfants…
— J'veux pas voir d'autres enfants ! Je suis très bien ici, juste avec vous.
— Morgan…
— Vous voulez partir pour lui ! cria-t-elle alors, et elle pointa un index accusateur sur Peter. Vous vous en fichez de moi, vous en avez que pour lui !
L'adolescent en fut si déboussolé qu'il ne sut quoi dire. Depuis son premier jour au chalet, c'était la première fois que Morgan manifestait la moindre animosité à son égard.
Ses joues étaient rouge vif, trahissant sa colère, et des mèches rebelles avaient commencé à s'échapper de la tresse qui dégringolait le long de ses omoplates.
— Depuis qu'il est là, vous êtes plus pareils ! continua-t-elle sur le même ton vibrant. Vous le laissez faire tout ce qu'il veut, alors que moi j'ai même pas le droit d'aller dans le garage ou de regarder la télé tard ou de boire du jus de fruits entre les repas ! Et maintenant, vous voulez partir pour lui, parce que c'est lui que Papa préfère !
Un long silence accueillit cette dernière déclaration. Durant plusieurs minutes, Peter n'entendit que la mélodie confuse des battements de coeur de chacun, emplissant l'air de bruissements désordonnés.
Mais lorsque la voix de Tony s'éleva, elle fut étonnamment douce et calme.
— Tu sais que c'est faux, mon ange. Je vous aime tout autant l'un que l'autre.
— Alors pourquoi t'es tout le temps avec lui et jamais avec moi ?
— Pete et moi avons beaucoup de temps à rattraper, mais ça ne veut pas dire que je t'aime moins. Tu es mon bébé, Morgan.
— C'est pas vrai, tu mens ! Tu l'aimes plus que moi, riposta Morgan, les joues désormais envahies de larmes. J-je préférais comme on était avant !
Elle ne laissa aucune chance à Peter de s'expliquer, ni de s'excuser, ni même d'ouvrir la bouche. Elle se précipita hors de la cuisine en sanglotant et claqua la porte derrière elle, non sans témoigner d'un certain talent mélodramatique dans l'art de faire vibrer les murs. Peter en fut réduit à fixer la porte, désarçonné.
— Je… je suis désolé, je ne voulais pas… commença-t-il, mais Tony l'interrompit avec un rire :
— Tu vois ce que Pepper et moi avons ressenti, après ta dernière crise d'ado ?
— Que… quoi ?
— Il faut croire que Morgan et toi avez plus en commun que ce que j'imaginais, ajouta-t-il d'un ton léger.
Peter était stupéfait :
— Tu… Tu n'es pas fâché ?
— Contre qui, Morgan ou toi ?
— Euh… les deux ?
— Tu n'as strictement rien fait, Pete. Quant à Morgan, c'est une petite fille. C'est normal qu'elle ai du mal à gérer ses émotions et ses frustrations. Tu n'y peux rien, tout comme Pep et moi n'y pouvons rien. Laissons-lui quelques minutes avant d'aller lui parler.
— Les forums de jeune parent ont porté leur fruit, à ce que je vois, commenta Pepper en souriant, puis elle s'adressa à Peter : Ne t'inquiète pas, trésor. Morgan finira pas comprendre que nous agissons pour votre bien, à tous les deux, et que Tony ne te traite pas différemment qu'elle.
— Je ne voulais pas qu'elle ressente tout ça, avoua Peter d'un ton qui trahissait la culpabilité qui enserrait son coeur. Je croyais qu'elle était heureuse… ou qu'au moins, ma présence ne la dérangeait pas…
— Et c'est le cas. Morgan t'adore, Pete. Elle parle tout le temps de toi, Spider-Man est devenu son nouveau super-héros préféré. Tu as même détrôné Hulk dans son coeur, et pourtant Dieu sait qu'elle est fan de lui : à Noël dernier, elle a demandé au Père Noël si elle pouvait devenir verte et géante, elle aussi.
Peter consentit à un sourire, mais le coeur n'y était pas. Les larmes qu'il avait vu étinceler dans les prunelles de la fillette le hantaient.
— Est-ce que tu veux aller la voir, trésor ? proposa Pepper. Peut-être qu'une conversation vous ferait du bien, à tous les deux. Elle doit s'être réfugiée dans sa chambre… Friday ?
— Mademoiselle Stark est bien dans sa chambre, confirma aussitôt l'IA.
— Merci, Fri. Vas-y, Pete. On te gardera du ragoût au chaud.
L'adolescent acquiesça et suivit les traces de Morgan hors de la cuisine, désireux d'améliorer les choses avec la petite fille.
OOO
Le bout de son nez était rose foncé et les larmes avaient laissé des sillons salés sur ses joues. Blottie dans son lit, elle enlaçait ses genoux et fixait silencieusement le bout de ses chaussettes pailletées. Elle leva les yeux à l'arrivée de Peter et se mordit les lèvres. Il était difficile de déterminer si elle se retenait de lui hurler dessus ou d'éclater en sanglot.
Il s'assit prudemment à côté d'elle tout en ayant l'impression d'enfiler un costume. Pas un costume de super-héros, comme Spider-Man, plutôt un costume qui était tout nouveau pour lui, pas encore très bien taillé mais qui lui apportait un curieux réconfort mêlé de tendresse.
Un costume de grand frère.
— Hey, Morgan, murmura-t-il en posant délicatement la main sur celle, minuscule, de la fillette. Tu es encore fâchée ?
Elle haussa les épaules, avant d'arracher son regard de ses chaussettes et de planter ses yeux dans ceux de Peer.
— Je veux pas partir, dit-elle d'une petite voix.
— Pourquoi est-ce que tu ne veux pas partir ? s'enquit-il gentiment.
— J'ai peur, avoua-t-elle.
— De quoi ?
Elle renifla.
— Je… je sais pas, admit-elle en baissant les yeux. Je… je veux pas que Papa et Maman changent.
— Pourquoi changeraient-ils, Mo ?
— Là-bas, à New-York, c'est tout gris, je l'ai vu à la télé. Et il y aura plein de monde. Ils seront occupés, et moi je serai toute seule…
— Tu ne seras pas seule.
Il pressa sa main.
— Tes parents seront là pour toi. Et moi aussi, je serai là. Je pourrai te faire visiter la ville. Tu as déjà vu Central Park ? Ton père ne t'a menti, c'est rempli d'écureuils ! Et pas du tout gris, au contraire. Il y a plein de couleurs, l'automne le parc devient orange, et l'été tout vert !
— C-c'est vrai ?
— Et je pourrai même t'emmener en haut des gratte-ciel, si tu me promets de ne pas le répéter à tes parents.
La fillette esquissa l'ombre d'un sourire. Il vit, à son regard, qu'elle était enchantée à l'idée de cacher quelque chose à Tony et Pepper — même si Peter ne comptait pas réellement l'emmener escalader les toits de New-York sans prendre la peine de les avertir : il tenait encore à sa peau !
— Ça te dirait, Mo ? Toi, moi et les plus hauts immeubles de la ville ?
— Hauts comme des éléphants ?
— Plus hauts que dix éléphants !
Elle sourit mais n'eut pas l'occasion de répondre, car à l'instant même où elle ouvrait la bouche, toutes les lumières du chalet s'éteignirent.
L'obscurité s'abattit sur eux comme un rideau de ténèbres. Ils se figèrent, cloués par la surprise. C'est à peine si un filet de lumière parvenait à se faufiler à travers les rideaux de la chambre de Morgan ; par chance, il était suffisant pour que Peter parvienne à discerner les contours de la petite fille.
— Pete, qu'est-ce qu'il se passe ? chuchota-t-elle, visiblement effrayée.
— Je…
Il sentit ses cheveux se dresser sa nuque et jeta un regard à la ronde. Ses épaules s'étaient crispées, son coeur battait plus fort. Danger, danger, Morgan et toi êtes en danger, hurla chaque fibre de son corps.
— Reste près de moi, ordonna-t-il en se redressant.
— Où sont papa et maman ? Je veux papa et maman ! murmura-t-elle en écarquillant de grands yeux terrifiés.
Peter tendit l'oreille et crut entendre les voix de Tony et Pepper, mais elles étaient lointaines, étouffées. Ils devaient encore être dans la cuisine.
— Friday ? appela-t-il à voix basse.
L'IA resta muette. Il appuya sur l'interrupteur de la chambre ; rien ne se passa. L'électricité était entièrement désactivée.
— Pete ?
Morgan s'accrocha à son sweat-shirt. Elle était pâle et ne cessait de jeter des coups d'oeil anxieux tout autour d'elle.
— Pete, j'ai peur…
— Ne t'inquiète pas, Mo, tout va bien, chuchota-t-il en essayant d'avoir l'air convaincant. S'il se passe quoi que ce soit, je te protégerai, ok ? N'oublie pas que je suis Spider-Man !
La fillette acquiesça, mais ne lâcha pas son sweat-shirt.
Les voix de Tony et Pepper, au rez-de-chaussée, se précisaient. Ils parlaient vite et fort ; à travers le brouhaha de leurs paroles, Peter comprit qu'ils étaient enfermés dans la cuisine. Il décida de ne pas le révéler à Morgan et, prudemment, ouvrit la porte de la chambre. Prenant la main de la fillette, il eut le temps de faire trois pas dans le couloir avant que l'adrénaline n'explose dans sa poitrine et que tous ses sens ne lui hurlent de se mettre à l'abri — mais il était trop tard.
Des hommes masqués déferlèrent par l'escalier, des hommes qui portaient des lunettes à infra-rouge et des armes dont la seule vision donna le vertige à Peter. Il poussa aussitôt Morgan derrière lui, faisant rempart avec son corps pour la protéger de cette vision d'horreur.
— C'est elle ! lança l'un des hommes en brandissant une arme à feu qui devait faire la taille de Morgan.
— Ne bougez pas, ordonna un autre, pointant son propre pistolet sur Peter. Au moindre geste, on tire, okay ?
Peter acquiesça et leva lentement les mains, la gorge soudainement sèche. Ses réflexes prirent cependant le pas sur sa peur, et il analysa silencieusement leur position. Les hommes étaient nombreux, mais il avait déjà vu pire en patrouillant à New-York. Le seul problème, c'était qu'il n'avait ni son costume, ni ses lance-toiles. Seulement son corps, son cerveau et — plus important que tout le reste — Morgan Stark à protéger.
Il fallait qu'il détourne leur attention de la fillette. Qu'ils pointent tous leurs armes sur lui. Il pourrait alors les esquiver et les désarmer — Morgan, elle, ne le pourrait pas. Il n'aurait droit qu'à une chance.
— Impressionnant. On dirait que la cavalerie est de sortie. Comment est-ce que vous êtes entrés ? demanda-t-il d'une voix qui, à son grand soulagement, ne vacilla pas.
Comme il l'escomptait, la moitié des armes se dirigea aussitôt sur lui. Malheureusement, l'autre moitié restait indécise, cherchant la silhouette de Morgan qui sanglotait sans un bruit derrière lui.
— Personne t'a sonné, toi, alors ferme-la. J'savais même pas que les Stark avaient un autre gamin. On est là pour elle.
— Okay, okay, je vais faire comme si je n'étais pas vexé que vous n'ayez jamais entendu parler de moi. Qu'est-ce que vous voulez à Morgan ?
— Qu'est-ce que ça peut te faire, moustique ? Et puis d'abord, qui t'es ?
— Son protecteur, répondit Peter sans réfléchir, se décalant de quelques millimètres pour être sûr et certain que chaque canon soit bel et bien pointé sur lui, et non sur la petite fille.
— Ouais, eh bah protecteur ou pas, tu vas gentiment te décaler et nous laisser avoir un petit tête à tête avec la demoiselle. On nous a proposé une belle somme pour récupérer la fille d'Iron Man, et c'est pas une tête à claques dans ton genre qui va nous en empêcher !
— Vous seriez prêts à kidnapper une innocente petite fille pour de l'argent ? Pfff, de mon temps, les super-vilains avaient un peu plus de principes ! Où est passée votre éthique, vous vous êtes assis dessus ?
— Tu vas te taire, oui ? Bouge, gamin, ou on n'hésitera pas à tirer !
Son but était atteint : tous les canons des armes le fixaient, ignorant la fillette dont les sanglots devenaient de plus en plus bruyants. Maintenant, il fallait seulement qu'il soit sûr que Morgan soit hors d'atteinte lorsqu'il les désarmerait…
Un homme fit un pas en avant.
— J'te donne trois secondes pour bouger, avant qu'je tire. Un… deux…
Il n'avait plus le temps de réfléchir. Il bondit vers l'homme et, d'un revers de la main puissant, fit valdinguer son arme quelques mètres plus loin. S'ensuivit un moment de flottement, durant lequel les autres hommes échangèrent des regards probablement incrédules, ne sachant comment réagir face à cet acte d'héroïsme teinté d'une bonne dose de stupidité.
Peter en profita pour hurler à Morgan :
— Cours, Morgan ! Va te cacher, je te rejoins ! Ne regarde surtout pas derrière toi !
Sa voix sembla arracher les hommes à leur torpeur. L'instant d'après, une rafale de coups de feu explosa dans l'obscurité du chalet.
Peter bondit à nouveau. Son instinct lui permettait d'esquiver les balles, mais il les sentait siffler à ses oreilles. Il désarma un homme, puis deux, trois… il esquivait leurs attaques, sautait, roulait, exécutait des pas chassées, et peut-être aurait-il s'en sortir sans accroc — si seulement l'un d'eux ne s'était pas désintéressé de lui pour reporter son attention sur Morgan. Après quelques secondes d'hésitation, elle avait obéi aux ordres de Peter et s'était mise à courir, mais le couloir n'offrait que peu de cachettes et l'homme n'avait eu aucun problème à lui emboîter le pas. Le visage indéchiffrable sous son masque, il pointa son arme sur son dos et son doigt frémit contre la gâchette.
Peter n'hésita pas.
Il se jeta sur l'homme, l'envoyant au sol dans un embrouillamini de bras, de jambes et de cris désarticulés. Ils heurtèrent violemment le parquet et Peter eut le souffle coupé — puis un bruit de feu d'artifice explosa dans ses oreilles et il eut la sensation de recevoir un coup violent dans l'estomac. S'il avait encore eu de l'air dans les poumons, il aurait peut-être hurlé, mais il en fut incapable. Par réflexe, il posa la paume de sa main contre son ventre, là où l'impact avait été le plus violent. Lorsqu'il la retira, ses doigts étaient rouges.
Et pas seulement ses doigts.
Il y avait du rouge partout, son sweat-shirt en était imbibé. Durant quelques secondes, il ne comprit pas d'où venait la sensation d'humidité qui rampait contre son corps, puis il réalisa que c'était du sang.
Pas du sang.
Son sang.
Comme si son corps n'attendait que ce moment de réalisation pour se manifester, une sensation de brûlure commença à s'épanouir sous son épiderme. Profonde, elle semblait irradier du plus profond de ses nerfs, comme si des griffes chauffées à blanc s'étaient soudainement mises à fourrager sa chair, ses os, ses muscles.
Puis il y eut un bruit, un grognement sourd d'animal blessé, et Peter mit un long moment à réaliser qu'il provenait de sa propre cage thoracique.
— Laissez-le tranquille ! hurla une voix aigüe quelque part au-dessus de sa tête, et à travers la douleur qui l'aveuglait, il crut reconnaît Morgan.
La fillette brandissait quelque chose, et il réalisa qu'il s'agissait de ses lance-toiles. Durant l'instant de confusion qui avait suivi le coup de feu, elle avait dû en profiter pour se précipiter dans sa chambre et récupérer le gadget…
Il voulut lui dire de fuir, de ne pas chercher à se battre, mais il n'en eut pas la force ; il put seulement voir les toiles s'échapper du gadget et ligoter les hommes avec une efficacité redoutable. D'une certaine façon, Karen devait avoir pris conscience de l'urgence de la situation et enclenché le mode automatique.
Lorsqu'il n'y eut plus un seul homme debout, Morgan lâcha les lance-toiles et se précipita vers lui. La joue pressée contre le sol, il ne voyait d'elle que son visage, mais elle lui paraissait étrangement floue — et elle semblait aller et venir comme si des vagues cherchaient à l'emporter au loin. A travers le voile blanc qui s'était déposé sur son champ de vision et ses pensées, il crut l'entendre pleurer.
— Pete, Pete, s'il te plait, lève-toi !
Se lever ?… Mmhh, il se sentait plutôt bien, par terre… il voulut lui dire de ne pas s'inquiéter, que tout irait bien, mais ne parvint qu'à émettre une sorte de gargouillement quasiment inintelligible.
— Pete ! Je suis désolée, je suis désolée ! se mit-elle à sangloter. Je suis plus du tout fâchée, je le promets ! J'irai à New-York, j'irai où tu veux, mais s'il te plaît, Pete, lève-toi !
Ses paupières battirent faiblement. La douleur devenait lointaine, ce n'était plus qu'un écho qui battait dans son corps au rythme de son coeur.
Il frissonna. Il n'avait pas réalisé, jusqu'à cet instant, qu'il mourait de froid.
Tout à coup, le visage face à lui se transforma. Ce n'était plus Morgan, c'était… un homme ?
— Peter, oh mon Dieu, Peter, regarde-moi ! Pepper, prends Morgan et appelle Helen, Bruce, Strange, n'importe qui ! Dis-leur que c'est urgent !
Le monde s'inversa et, au lieu de fixer le plancher, il se mit à observer le plafond. Quelqu'un exerça une pression impitoyable contre son estomac et la douleur revint brutalement, explosant dans ses nerfs avec une cruauté implacable qui envoya des flash aveuglants dans son champ de vision. Il ne put retenir un hurlement.
— Je sais, trésor, je sais que ça fait mal, je suis désolé, murmura l'homme, et Peter eut un éclair de lucidité — Tony, était-ce Tony ?
— T… T….
Quelque chose d'humide glissa sur ses lèvres et il se mit à tousser. Il crut voir des pétales rouges s'épanouir au-dessus de lui et l'effroi se matérialiser sur le visage flou, lointain de Tony.
— B-bordel… shhh, ne parle pas, okay ? Ne parle pas, trésor.
Il obéit et ferma les yeux, terrassé par la douleur, l'épuisement, le froid qui se répandait sous sa peau. Aussitôt, on se mit à tapoter sa joue.
— Non, non, garde tes yeux ouverts ! Regarde-moi, d'accord ? Regarde-moi, Peter, je t'en supplie.
Etait-ce des larmes qu'il décelait dans la voix de Tony ?… Luttant de toutes ses forces, il rouvrit les paupières sur le visage de Tony et eut un choc.
Son tuteur pleurait.
Peter voulut lui dire de ne pas s'en faire, que Morgan était saine et sauve, mais il y avait quelque chose d'épais dans sa bouche, un goût métallique qui l'étouffait à moitié et il se remit à tousser. Chaque spasme lui incendiait l'estomac… Sa volonté s'inclinait sous les assauts impitoyables de la douleur et ses yeux se fermèrent à nouveau, malgré les cris paniqués de Tony.
— Non, non, reste avec moi ! R-reste avec moi, ne me laisse pas, Peter… tu m'as promis, tu te souviens ? Tu m'as promis que tu ne t'en irais plus !
On caressa sa joue, força son visage à se redresser.
— Peter ? Peter ! Réveille-toi, Peter, réveille-toi… ne fais pas ça, trésor, s'il te plaît…
Il sentait la main s'enfouir dans ses cheveux, chercher désespérément à l'ancrer dans la réalité — mais le monde semblait couler de plus en plus vite tout autour de lui, effaçant ses pensées et ses sensations. Le froid s'épaississait, prenait possession de tout son corps, presque réconfortant après le flot de la douleur. D'autres bruits résonnaient autour de lui, mais ils étaient étrangement étouffés. La voix de Pepper, les cris de Morgan, les sanglots de Tony… puis autre chose : des bruits de pas, une voix plus grave, étonnamment calme…
— Portez-le pendant que j'ouvre un portail. On n'a pas le temps d'attendre que les renforts arrivent. Vous êtes sûr qu'il y a tout ce qu'il faut, dans votre tour ?
— O-oui, répondit la voix entrecoupée de sanglots de Tony contre son oreille. Helen nous y attend.
On glissa un bras dans son dos puis le souleva.
La douleur explosa à nouveau, plus cruelle que jamais. C'était comme si ses nerfs étaient lacérés, son corps tressautait malgré lui, ses muscles se crispaient, il aurait voulu hurler mais n'y avait plus le moindre souffle d'air dans les poumons…
— Oh mon Dieu, qu'est-ce qu'il lui arrive ? Peter, est-ce que tu m'entends ?
— Ce sont des convulsions. Maintenez-le fermement pour qu'il ne se blesse pas davantage.
Il ne savait plus s'il était éveillé ou pas. Tout était brumeux, la douleur était à la fois gravée dans sa chair et curieusement lointaine, il y avait un écho autour de lui… Des bras qui le maintenaient, une surface lisse contre laquelle on le posait, une douleur vive dans son avant-bras…
— Vous pouvez le lâcher, Stark, disait la voix grave.
— N-non, pas question. Je reste avec lui. Je reste avec mon enfant.
— Tony, viens… Morgan est dans la salle d'à côté, elle est terrifiée, elle a besoin de toi…
— Allez-y, Stark. Vous ne pouvez plus rien plus lui ; c'est à nous de nous en occuper, maintenant.
— Viens, mon chéri…
Les voix s'entremêlaient, il y avait une lumière vive contre ses paupières, mais peut-être rêvait-il. Il sentit une main caresser son front, une main très douce, et une voix tout aussi douce…
— Je suis si fière de toi, Peter, murmurait-elle.
May… c'était May ?….
La caresse disparut. La lumière aussi. Il était désormais plongé dans une obscurité profonde, insondable. Il ne ressentait plus ni la douleur, ni la peur, ni le froid. Il flottait… ou bien était-il allongé ? Il n'avait plus aucune conscience de son corps. Ce devait être un rêve. La réalité était devenue un concept abstrait.
Puis il y eut de nouveau des voix qui déferlaient avant de s'éloigner, comme l'écume qui dansait sur les vagues.
— Dis, Papa…
Une voix d'enfant…
— … est-ce que Pete se souviendra de moi quand il se réveillera ?
— Bien sûr, mon ange.
— Il me manque… Tu crois qu'il nous entend ?
— Je… je ne sais pas. Peut-être.
— Moi, je pense que oui… c'est impossible de rester endormi aussi longtemps. Il doit bien nous écouter, de temps en temps. Sinon il n'ennuierait trop. Je peux manger sa gelée à la fraise ?
Il y eut un rire mêlé d'une indicible tristesse.
— Bien sûr…
De nouveau le silence, un rideau noir sur ses pensées…
Une autre voix, une voix de femme.
— Ses cheveux deviennent trop longs, mais je devrais pouvoir les couper. Qu'en penses-tu ?
— Je pense qu'il n'aimerait pas avoir toutes ces mèches dans les yeux. Je te fais confiance avec ces ciseaux, Pep. Ne lui coupe pas une oreille, il en aura besoin quand il se réveillera.
— Pas d'inquiétude, je ferai attention.
Il y eut le murmure soyeux d'une lame, puis :
— Oh, Tony, il a l'air si paisible… c'est tellement injuste, il essayait s-seulement de p-protéger n-notre fille…
— Hey, hey, Pep, ne pleure pas…
— C-comment ces hommes ont-il pu oser…
— Ils sont derrière les barreaux, maintenant. Eux et leur chef. Et crois-moi, ils ne verront pas la lumière du jour avant un très, très long moment.
Des bruissements, des murmures, d'autres voix…
— Va te reposer, Tony. Je veille sur lui.
— Je ne peux pas… s'il lui arrive quelque chose, et que je ne suis pas là…
— Tony, tu es épuisé. Pepper et Morgan ont besoin de toi, elles aussi. Va les rejoindre, prends un bain, un vrai repas, passe au moins une nuit dans ton lit. Peter sera toujours là demain matin, je t'en fais la promesse.
— Tu ne peux pas savoir, Happy…
— Rien ne lui arrivera. Je ne bougerai pas d'un pouce. Je vais en profiter pour lui faire découvrir Downton Abbey. Lui qui a toujours refusé de regarder cette série avec moi, maintenant il ne pourra plus y échapper.
Un rire, d'autres sons inconnus, la sensation extrêmement ténue d'une main sur la sienne…
— Hey, loser. T'as intérêt à te réveiller rapidement, parce que je ne supporterai pas une semaine de plus écouter Ned se plaindre de n'avoir plus personne pour l'aider à construire son fichu vaisseau Star Wars. Et c'est hors de question que je l'aide, je déteste ce crétin de Han Solo.
Il y eut un reniflement, suivi d'un sanglot étranglé.
— Et j-je te rappelle que tu me dois dix dollars pour la glace de l'autre jour. Non pas que je sois à dix dollars près, mais si ça te donne une excuse pour sortir de ce stupide coma…
Dix dollars ? Qu'est-ce que… oh… à travers la brume qui enveloppait son esprit, un nom s'imposa. MJ….
— MJ est devenue complètement cinglée, mec. Il faut vraiment que tu reviennes, parce qu'elle va finir par exploser ! Oh, et on a fait une carte de voeux pour toi au lycée, même Flash a participé. Tout le monde pense que tu as eu un accident de voiture, il a dit que ça ne l'étonnait pas, que tu devais conduire comme un pied, mais il a été l'un des premiers à signer ta carte et je crois que c'est lui qui t'a acheté cette espèce d'ours en peluche en costume de Spider-Man. J'ai l'impression que tu lui manques.
La voix se brisa sur les derniers mots :
— En tout cas, à moi, tu me manques. Reviens vite, okay ?
Ensuite, ce fut le vide. Noir. Abyssal. Dénué de sentiments, de peine et de douleur. Dénué de rêves, aussi.
Juste le vide.
OOO
Il y eut une lumière. Un éclat doré au loin, envoûtant. Puis de plus en plus proche, enveloppant l'horizon d'un rideau éblouissant…
Les sensations revinrent d'un coup. Il aurait pu être endormi depuis une seconde ou mille ans, il aurait été incapable de le dire. Il sentit tout à coup le poids des draps sur son corps, l'oreiller sous sa joue, l'odeur des médicaments et le parfum de Tony. Puis le battement de son coeur, et un autre battement plus profond, tout près de lui…
Ses paupières s'entrebâillèrent et le monde renaquit de ses cendres.
Du blanc. Du bleu clair. Du vert. Des couleurs vives, des couleurs dont il avait oublié l'existence.
Un goût de poussière sur ses lèvres.
Une aiguille enfoncée dans sa main.
Et Tony.
Tony à son chevet, accoudé à son lit, le visage enfoui dans ses mains.
Peter tendit le bras. Il n'avait pas mal, il se sentait seulement fatigué et légèrement courbaturé. Ses doigts se posèrent sur le poignet de Tony ; son tuteur exécuta aussitôt un bond sur place, l'air hagard.
Lorsque ses yeux rencontrèrent ceux — grands ouverts — de Peter, il perdit toutes couleurs. Puis devint rouge vif, avant d'être de nouveau blanc comme un linge. L'enchaînement de toutes ces teintes sur son visage avait quelque chose de fascinant, et Peter ne put s'empêcher de sourire. Ses joues lui firent un peu mal, comme s'il n'avait pas souri depuis plusieurs semaines.
— H-hey, murmura-t-il d'une voix cassée.
— P-Peter ? Peter. Peter, c'est vraiment toi ? Je ne suis pas en train de délirer ? J'ai peut-être reniflé un truc un peu trop costaud, il y a des médocs bizarres partout ici. Ou alors ce sont les champignons. Je savais que je n'aurais pas dû demander des champignons sur ma pizza.
— Pizza ? répéta Peter, désarçonné. Où… où ça ? J-je peux en avoir ?
— Oh mon Dieu, Peter, c'est bien toi. Tu es réveillé. Oh, mon Dieu… laisse-moi te serrer dans mes bras, on passera aux question ensuite, okay ?
Sans attendre de réponse, Tony se pencha et le serra contre lui si fort que Peter grimaça.
— Tu es là. Tu es là, Spider-Baby, répétait-il comme s'il n'osait y croire. Tu es réveillé.
— T-Tony, qu'est-ce qu'il s'est passé ? s'enquit-il lorsque son tuteur l'eût enfin relâché, d'une voix toujours un peu croassante.
— Shhh. Laisse-moi te regarder. Je croyais que je ne reverrai plus jamais tes yeux…
Tony prit son visage entre ses mains et le fixa avec une telle tendresse que Peter ne put retenir un nouveau sourire.
— On savait que tu t'en sortirais, mais quand même… Morgan, Pepper et Happy sont passés tous les jours, tu sais ? Et tes amis aussi. J'ai fait la connaissance de ta copine bizarre, MJ. Elle m'a insulté, avant de me pleurer dessus. Je crois qu'on s'entend plutôt bien, elle et moi. Ed était là, aussi. Ils sont rentrés chez eux il y a quelques heures, mais dès qu'ils seront là, ils n'en croiront pas leurs yeux… oh, Peter. Spider-Baby. Tu as tellement manqué à tout le monde… tiens, prends un verre d'eau. Par contre, il faudra attendre encore un peu avant la nourriture solide, désolé.
— Q-qu'est-ce qu'il s'est passé ? répéta Peter, perdu par les flot de paroles de son tuteur. Je me souviens qu'il faisait noir, il y avait des voix, mais je ne pouvais pas me réveiller…
— T-tu nous entendais ? Oh mon Dieu, alors Morgan avait raison…
— Je n'entendais pas tout, seulement des bribes. Tony, qu'est-ce qu'il s'est passé ? insista-t-il, le coeur battant plus fort.
Tony sembla hésiter, avant de répondre :
— Tu… tu t'es fait tirer dessus, bambino. Des hommes se sont introduits dans le chalet pour kidnapper Morgan, mais tu l'as protégée, et Pepper et moi ne pourrons jamais assez te remercier pour ça. Tu as perdu énormément de sang, si tu n'avais pas ton ADN d'araignée, je ne sais pas si tu… enfin bref, tes capacités curatives se sont mises en action, mais elles avaient besoin de beaucoup d'énergie et pendant qu'elles travaillaient à te remettre sur pied, tu as plongé dans une sorte de coma.
— Un c-coma ? C-combien de temps ?
Tony détourna le regard, mais Peter insista :
— S'il te plaît, je veux savoir… combien de temps est-ce que je suis resté endormi ?
— Trois mois, avoua finalement Tony.
— Trois mois ?!
C'était impossible. Il avait passé trois mois dans le coma ? Trois mois durant lesquels tout le monde s'était demandé s'il allait se réveiller un jour ?
Il sentit son coeur se serrer, les larmes brûler ses paupières.
— Ne t'inquiète pas, bambino, s'empressa de murmurer gentiment Tony. Il ne s'est rien passé de spécial pendant ces trois mois. Pas de super-vilain venu de l'espace pour détruire la moitié de l'humanité, pas de nouveaux héros venus prendre la place de Spider-Man, pas même de nouvelle série Star Wars à regarder. C'est comme si le monde attendait ton réveil pour se remettre à tourner.
Il se pencha, embrassa son front.
— Et trois mois, c'est toujours moins long que cinq ans, ajouta-t-il plus bas.
— Pete ? Pete, tu es réveillé !
Tony et Peter sursautèrent en même temps. Un visage adorablement familier avait poussé la porte de la chambre et s'y était engouffré silencieusement, les yeux écarquillés de stupeur.
— Hey, Mo, sourit Peter. Ça va ?
— Je suis si contente, Pete ! J'étais sûre que tu te réveillerais ! Personne ne peut dormir aussi longtemps. Tu dois avoir tellement faim !
— Je t'ai expliqué mille fois le principe de l'intraveineuse, mon ange, dit Tony en faisant mine de rouler des yeux. Il y a tout ce qu'il faut pour nourrir Pete dans cette poche.
— Mais ça n'a aucun sens ! On ne peut pas manger sans mâcher et avaler. Pete, est-ce que je peux te faire un câlin ?
— Fais doucement, ordonna aussitôt Tony. Pete est encore très fatigué.
— Ça ira, l'assura l'adolescent en réceptionnant le petit corps enthousiaste de Morgan.
Il ne put s'empêcher de rire lorsqu'elle se lova entre ses bras, un sourire illuminant son visage.
— Tu n'étais pas censée rester avec maman ? demanda Tony, mais la sévérité de sa voix fut considérablement adoucie par le sourire attendri qui s'était logé sur ses lèvres.
— Maman s'est endormie, et je voulais voir comment allait Pete. Je ne savais pas qu'il était réveillé, mais c'est trop bien ! Pete, Pete, tu sais qu'on vit à New York maintenant ?
— Vraiment ? s'amusa Peter, et pour la première fois il observa avec attention son environnement.
— Vraiment, confirma Tony. J'ai racheté et rénové la Tour. Je suppose que tu reconnais l'aile médicale, c'est là où nous sommes actuellement. Et devine qui adore cette ville ?
— C'est trop génial ici ! Il y a plein d'étages et plein de pièces, et des fois les amis de Papa viennent jouer avec moi ! Et tu avais raison, il y a plein d'écureuils à Central Park !
— Je suis heureux que New-York te plaise, sourit Peter.
— Tu n'as pas autre chose à dire à Pete, mon ange ?
— Merci Pete de m'avoir sauvé la vie ! dit aussitôt Morgan en resserrant son étreinte autour de son cou.
— Merci à toi d'avoir sauvé la mienne, répondit-il sans hésiter. Si tu n'étais pas allée chercher ces lance-toiles, je ne sais pas ce qui aurait pu se passer. Tu as été une vraie héroïne, Mo.
— Comme Spider-Man ?
— Meilleure que Spider-Man.
— Ah, les enfants…
Tony se pencha à nouveau et les enlaça tous les deux. Peter ferma les yeux et enfonça son visage contre son cou, là où battait son pouls, lui rappelant à chaque seconde qu'il était là, qu'il n'était pas seul, qu'il avait une famille.
Et à cette famille s'ajoutait désormais cette petite fille accrochée à lui, qui enfouissait ses longs cheveux bruns contre ses épaules…
— Je vous aime, murmura-t-il, si bas que Tony haussa un sourcil.
— Qu'est-ce que tu marmonnes, bambino ?
— Je vous aime, répéta-t-il plus fort. Pepper, Mo et toi. Et Happy. Je vous aime.
— Plus que trois fois mille, ajouta Morgan. T'as oublié le « plus que trois fois mille », Pete.
— Oui, c'est vrai, rit-il. Je t'aime plus que trois fois mille, Morgan.
Elle sembla satisfaite par cette affirmation et l'enlaça un peu plus fort, jouant aux koalas contre son bras. Peter sourit, attendri, avant de plonger ses yeux dans ceux de Tony et d'ajouter, plus bas :
— Et je t'aime plus que trois fois mille, p'pa.
A cet instant, le regard de Tony n'était plus que douceur et amour, et Peter sut ce qu'il allait dire avant même qu'il n'ouvre la bouche.
— Moi aussi, Peter Parker.
Il embrassa à nouveau son front, sans cesser de les serrer dans ses bras, Morgan et lui.
— Je t'aime plus que trois fois mille.
Et voilà !
j'espère que ça vous aura plu, n'hésitez pas à laisser un commentaire !
c'est une histoire qui se clôt mais comme je l'ai dit, ce n'est pas la fin de mes fanfic dans le MCU ! J'ai d'autres nouveaux projets dans la boîte mais j'attends d'être sûre de moi avant de les poster. Comme je l'avais dit, j'ai donc des idées de fanfic dans le futur (j'en ai une assez longue et post No way home qui me fait de l'œil, avec des Tony et Peter plus âgés héhé, dans laquelle seul Tony n'a pas oublié Peter BIEN SÛR sauf que des années se sont passées depuis leur dernier échange pour certaines raisons) et d'autres petites aventures sur le même ton que ces OS mais sur 2/3 chapitres, parce que les OS d'une traite de 8.000 mots c'est trop de galère mdr. Et dont une petite histoire qui parlera peut être de kidnapping et de ces conséquences. Et peut-on aussi parler du très commun mais non moins très intéressant à imaginer "May a un nouveau copain qui n'est pas très sympa avec Peter" ? (Avec des effets sur Peter mais aussi Spider Man)
Enfin voilà, je suis déjà très heureuse d'avoir pu vous livrer ces OS ! Je ne pensais même pas avoir des lecteurs au début puisque c'est un fandom très anglophone, mais ça me fait énormément plaisir que vous ayez pu apprécier ces histoires ! Ces OS m'ont aussi redonné goût à l'écriture, pendant longtemps j'écrivais sur Harry Potter mais je pense que le feu sacré de ce fandom là m'a un peu abandonnée... heureusement que Peter et Tony existent !
À tres bientôt, donc !
