Chapitre 4 :

Minerva se dépêcha de consolider ses sorts autour de l'inconnue. Hors de question que la magie noir ou tout autre œuvre de mangemort mette en danger les élèves de son école. Puis, une fois satisfaite de son travail, elle envoie un patronus à Dumbledore : Albus, j'arrive dans votre bureau avec un intrus appréhendé dans le château. Et le chat argenté s'envole.

La magie a du bon pense-t-elle en faisant léviter le corps prisonnier devant elle.

Minerva ? s'inquiète le vieux sorcier en la voyant arriver. Tout va bien ?

Oui. Je pense qu'il s'agit de Black. Surement du polynectar.

Elle a beau chercher dans la pièce, Severus n'est pas là. Pourtant il y a Pomona, Filius, et Sinistra. Pas de trace de Lupin ni de Rogue.

Albus… commence-t-elle

Je souhaite pouvoir entendre Black, je souhaite qu'il puisse expliquer son geste. Un jour Harry voudra savoir. Un jour il aura des questions, de la peine. Nous devrons être là pour lui. Il voudra savoir. Severus serait trop heureux de le condamner. Black n'a jamais été auditionné par le magenmagot. Quand a Lupin, c'est évident je pense. Ma confiance s'est effritée je le crains.

Minerva regarde son mentor, peinée de la voir douter d'un ancien élève, mais heureuse pour le gamin qui est dans sa maison. Comment peut-on avoir de sentiments aussi contradictoires ?

Albus s'empresse de dresser une cage au milieu de son bureau avec un siège comme dans le tribunal. Minerva y dépose le corps de l'inconnu. Albus se dépêche d'ajouter un sort : la chaise grandira avec le prisonnier. Puis les cinq grands sorciers sortent leur baguette. Tous experts dans leur domaine, ils cherchent la faille qui révèlera Black. Une heure s'écoule puis deux. Le polynectar est écarté. Les sortilèges n'ont rien donnés. Alors Albus tente sa dernière carte : sonder le noyau magique de l'inconnue. Mais s'arrête juste avant.

Et si c'est une enfant moldu ? Le sort la blessera gravement, nos potions ne pourront rien y faire. S'inquiète le vieil homme

Quelle est la probabilité ? Le château est entouré de magie repousse moldu.

Elle est bien entrée, les barrières n'ont peut-être pas fonctionnées s'inquiète Filius.

La décision est votée : Pomfresh prévenu. Si l'enfant est moldu, l'infirmière est prête à s'en occuper. Ils prennent le risque.

C'est étrange… Vraiment, très étrange…

Albus ?

Sa signature magique me semble étrangement familière mais je n'arrive pas à mettre un nom sur sa famille. Pas une sang pure en tout cas.

Né moldu ?

D'après l'arbre de sang oui. Une certaine Lila Anderson…

Je me souviens, sa famille avait engagé un sorcier pour l'instruire à domicile. Elle devait rejoindre Poudlard en début d'année.

FLASH BACK

Severus savait que sa protégée avait besoin d'une identité, dans le monde moldu mais protégée par la magie. Alors il avait cherché un inconnu, sans famille, sans héritier, sans fortune. Un pauvre isolé dont le nom était tellement banal que personne ne chercherait à lier l'enfant à qui que ce soit. Il avait fini par trouver à l'hospice. Un vieil homme, mourant. Son cœur allait lâcher sous peu. Alors il lui avait prélevée une goutte de son sang, et pour le remercier, lui avait donné un remède cracmol pour le soulager. Il était mort en paix peu après le rituel de Severus, au grand soulagement de ce dernier : si l'homme était mort avant, le sang aurait perdu ses pouvoirs. Au moins il n'avait pas souffert et la potion lui avait offert une vision heureuse avant de passer le voile. Au même moment, une plume inscrivait un nouveau nom dans le livre de l'école, une autre s'activait dans les sous-sols du ministère. Severus sourit, l'enfant ne porte pas son nom mais est protégée. Personne n'aura de raison de lui faire de mal. Et la magie a bien agit. Il l'a vérifié chez les gobelins : Lila n'a pas perdu son héritage des Potter, seulement jamais le mot Potter n'apparaitra en clair sur ses possessions, sur son identité. Il pense à l'autre enfant. Est-ce que Harry viendrait avec son nom Potter, Pétunia l'avait-elle obligée à changer de nom de famille ? Le garçon devrait vivre avec le poids de son nom, il ne pourrait rien faire à ce sujet, peut importait les choix des moldus.

PRESENT

Il faut la réveiller, exige Pomona.

Sans l'effrayer rajoute Sinistra.

D'un coup de baguette, la cage disparait, les liens aussi. Albus laisse un sort en place. Au cas où mais l'enfant ne le sentira pas. Black en revanche… On n'est jamais trop prudent. Il regarde Filius la léviter jusqu'à un lit ensorcelé par Minerva. L'enfant parait minuscule sur le lit blanc. La directrice des Gryffondors dépose un plaid coloré sur la petite. Ses collègues s'éloignent, elle aussi. Pomona est celle qui ressemble le plus à une figure maternelle, accueillante. Une caricature des Poufsouffles peut-être mais là ils en ont besoin. Ils ont besoin que la petite se réveille en confiance. Qu'elle leur parle.

Elle se sentait bizarre. Comme si son corps flottait mais coulait en même temps. Sa tête était lourde. Elle dormait mais elle pensait en même temps, est-ce seulement possible ? Une vague de froid survole son corps. Elle cherche sa couverture, la trouve. Mais ce n'est pas la sienne. Elle entrouvre les yeux et les referment car il y a trop de lumière. Elle voit la lumière diminuer à travers ses paupières closes. Une voix qui lui parle. Elle ne comprend pas ce qu'on lui dit. Les minutes passent, sa tête arrête de tourner, il y a une dame à côté d'elle. Elle la connait, elle l'a vu à travers la vitre magique qui cache sa chambre chez son père. C'est une des professeurs. Elle sait qu'elle doit mentir. Que personne ne doit savoir pour son père. Alors elle essaie de répondre aux questions du mieux qu'elle peut. Mais n'y arrive pas, la dame se fait plus pressante. Un homme se montre : le directeur. Elle ne doit pas le regarder dans les yeux. Elle doit refuser le bonbon au citron. Elle sait qu'il y a de la potion dedans. C'est son père qui les fait pour le vieil homme. Une invention de sa part pour faire parler les fauteurs de troubles de l'école. Elle n'y arrive pas. Ils ne la croient pas. Le verre déborde. Elle explose en sanglot. La sous directrice intervient, la prend dans sous son aile et l'emmène, à l'infirmerie peut-être. Elle ne sait pas. Se laisse guider. Les larmes obstruent sa vue. Pourvu qu'ils ne lui jettent pas de sort. Pourvu que personne ne découvre.

A peine l'enfant sortie du bureau, Albus se tourne vers les professeurs restés sur place.

Son histoire me semble bancale, il y a un truc. Mais quoi ? questionne Filius

Il est temps d'aller chercher Severus et Lupin, nous n'avons plus de raison de les laisser à l'écart maintenant que nous savons que ce n'est pas Black.

L'équipe acquiesce d'un hochement de tête.