Un meilleur monde – partie 13

OOC : Bonjour à tous. Je vous présente la treizième partie de cette histoire alternative. J'espère que vous apprécierez. Bonne lecture !

« Tu ne peux sauver personne, Cloud... et surtout pas toi-même. »

Non... il ne devait pas l'écouter. Il savait... il savait qu'il pouvait encore sauver Tifa... Il n'avait pas pu sauver Aerith, ni Zack...

Mais Tifa, Barret, Denzel, Marlène, l'équipe... il était certain qu'il pouvait les sauver.

Sur sa moto, Cloud roulait à pleine vitesse à travers Edge. Ses yeux brûlaient, sa gorge se desséchait...

Derrière lui, le coffre qui contenait la Pierre de Chintamani.

« Cloud ! Cours ! »

Il n'arrivait pas à le croire... il n'arrivait pas à croire ce qu'il venait de commettre...

Son portable n'arrêtait pas de sonner. Cloud savait qu'il n'y avait pas que Tifa qui l'appelait... non. Ils étaient probablement tous en train de l'appeler. Cloud savait qu'il les inquiétait, qu'il les inquiétait tous et qu'ils ne comprenaient pas son geste...

Cloud redoubla de vitesse, essayant tant bien que mal de contenir ses émotions.

A quoi bon ? Il les avait toujours inquiétés, après tout. Il n'avait jamais cessé d'être une douleur. Et pourtant, ils l'avaient toujours suivi. Ils l'avaient suivi dans sa lutte contre Sephiroth alors que Cloud méritait d'être seul à l'affronter.

Oui... je ne suis plus seul, maintenant.

Ces mots l'avaient marqué...

Et le voilà qui crachait sur ce qu'Aerith et Zack lui avaient offert... le voilà qui succombait encore aux appels, à la douleur et à la colère...

Immédiatement, Cloud freina. Il se retrouvait seul, au milieu d'une route.

Qu'était-il en train de faire ?

Il était en train de voler la Pierre de Chintamani pour... pour l'emmener où ? Qu'était-il en train de fabriquer ?

C'était comme avant... dans le cratère du Nord... quand il a offert la Matéria Noire à Sephiroth. Et il l'avait utilisé pour invoquer le Météore.

Cloud se souvenait de la douleur des dernières heures, du fait qu'il risquait de perdre la vie en le combattant, en empêchant le Météore de détruire la Planète...

Et là, actuellement... il recommençait ? Il succombait aux appels de Jenova ? L'emmenait-elle là-bas, où sa tête avait été aperçue pour la dernière fois ?

Là où il avait vu périr Kadaj sous ses yeux... ?

Cloud serra la mâchoire. Non. C'était insensé ! Il croyait en lui... Pourquoi ? Parce qu'il avait vu les visions du futur, parce qu'il avait cru voir Tifa mourir ainsi que leur enfant à venir... il décidait de faire ça ?

Non. Hors de question ! Cloud gronda et était sur le point de faire demi-tour pour rentrer au QG de l'ORM.

Tant pis si Reeve décidait de l'enfermer... tant pis s'il perdait la confiance de ses camarades... il l'avait déjà perdue, de toute manière.

Mais il ne contribuerait pas à une nouvelle Réunion... hors de question... Il lutterait contre le destin à sa manière, mais il n'écouterait plus ses appels.

« Cloud... »

Non ! Pas encore...

Pas ces images...

Pas... pas ça...

« A bientôt, Cloud ! Je reviendrai quand tout sera fini. »

« On est amis... pas vrai ? »

L'image d'une petite fille qu'il berçait dans ses bras lui hanta l'esprit. Une petite fille qu'il risquait bien de perdre, s'il laissait faire le destin à nouveau...

Cloud serra les poings et fit volte-face. Il inhala, exhala alors qu'il essayait désespérément de ne pas flancher.

Il allait mieux... c'était ce que lui répétait Tifa. Il ne la décevrait pas ! Il ne pouvait pas la décevoir...

« Si jamais un jour, j'ai un problème... est-ce que tu viendras m'aider ? »

Cette promesse...

Il l'avait faite à Tifa ! Et là, il la voyait mourir sous ses yeux alors qu'il pouvait encore faire quelque chose...

Une silhouette noire se dressa sur sa route. Immédiatement, Cloud freina dans un violent crissement de pneus.

Cloud croisa le regard de l'homme...

Tout de suite, son sang se glaça.

Je ne serais jamais un souvenir.

« Réunion... »

Son visage se déforma sous la haine et la douleur. Qu'est-ce que cela signifiait ? Ils s'étaient débarrassés des clones de Sephiroth ! Il ne devait plus y avoir de copies à l'heure actuelle !

Alors... pourquoi ?

« Tu n'as pas à être là ! »

Le clone ne bougea pas. Il fixa Cloud, attendant simplement qu'il attaque.

Cloud oublia la Pierre de Chintamani. Il oublia ce qu'il était sur le point de faire. Il descendit de sa moto, la Buster Sword à la main.

Il protégerait ce qu'il a de plus cher !

Le monde entier est précieux à mes yeux...

Jenova... Jenova ne s'en prendrait jamais à la Planète ! Elle ne s'en prendrait plus à ceux qu'il aimait !

Poussant un hurlement de guerre, Cloud bondit sur le clone, son épée à la main.

Il protégerait...

Est-ce la douleur que tu ressentais avant, Cloud ?

Tifa... Tifa allait mourir ! Leur fille allait mourir aussi !

Laisse-moi te la rappeler. Cette fois-ci, tu ne l'oublieras pas.


La fumée, les flammes dansaient sous ses yeux...

Cette odeur de chair brûlée le prit à la gorge, le faisant tousser. Il n'arrivait même plus à respirer...

Il était tombé au combat... Au-dessus de lui, les Wutaïens combattaient avec rage, repoussant les forces armées de la SHINRA...

Il hoqueta, plaçant sa main sur sa poitrine blessée. Il y avait reçu la lame d'un samouraï. Même s'il avait tué le guerrier, il risquait bien de le rejoindre bientôt...

Lui... lui qui voulait devenir un héros...

« Genesis ! »

Genesis leva péniblement le regard. En raison de la lutte acharnée, de la fumée et des points noirs qui dansaient devant ses yeux, signe qu'il était au bord du malaise, il eut du mal à distinguer la silhouette.

Mais cette voix... il reconnut sa voix...

A côté de lui, un soldat de la milice et un Ninja se battaient au corps-à-corps. Après avoir sectionné le soldat, le Ninja remarqua tout de suite que Genesis n'était pas mort. Il sauta sur lui, un Shuriken à la main, poussant un cri de guerre.

Il était prêt à lui porter le coup de grâce !

Genesis tendit la main vers la Rapière, mais avant même qu'il ne le décapite, une épée de sa connaissance émana des flammes et transperça le Ninja par-derrière.

Puis, le Général en charge s'agenouilla auprès de Genesis, la Masamune en main.

« Continue de presser sur la blessure », lui ordonna-t-il d'un ton froid.

Genesis peina à sourire.

- Le Héros du jour, grinça-t-il avant de tousser.

- Merci, Sephiroth. Oh, je t'en prie, Genesis, il n'y a pas de quoi, railla son ami alors qu'il empala sans hésitation un Wutaïen qui tentait de l'attaquer par-derrière.

Quels imbéciles... comme si de simples Ninjas pouvaient avoir raison du légendaire Sephiroth...

- Je pouvais m'en sortir.

- Et si on en discutait plus tard ? Quand cette guerre sera terminée, de préférence ?

- Tu m'énerves à être aussi sarcastique.

- Et toi, tu m'énerves à te montrer imprudent. Ecoute ton Général.

Peu importe... il le vaincrait, un jour. Sephiroth sortit un mouchoir imbibé d'eau qu'il présenta à Genesis pour qu'il puisse respirer malgré la fumée.

Puis, sans un mot, le Général attrapa Genesis dans ses bras pour le porter à travers le champ de bataille, utilisant une seule main pour poignarder les forces de Godo qui passeraient à proximité.

- Angeal nous attend... les troupes sont encerclées...

- Tant mieux...

Genesis ferma les yeux et se laissa glisser dans l'inconscience, ayant comme dernière image le visage de son ami qui se frayait un chemin pour le placer en sécurité.


Non...

G crut à un mirage.

Oui. Peut-être n'était-ce qu'un rêve, finalement. Peut-être que tout ceci n'était pas réel...

« Qu'est-ce qui est réel ? Qu'est-ce qui est une fiction... ? »

Autour de lui, tout était blanc. Tout était lumineux.

G ferma les yeux, son visage se déformant sous le coup de la douleur.

Non. Il ne ressentait plus rien... étonnamment, sa blessure à l'épaule ne le faisait plus souffrir. Lui qui, il y a quelques heures à peine, en criait presque d'agonie...

Non. Plus aucune douleur, plus aucune fièvre... Mais à la place d'une douleur physique, il ressentit une douleur bien plus forte, bien plus intense...

Une douleur mentale, l'image de Minerva criant d'agonie lui déchirait le cœur... en même temps qu'il se palpait l'épaule, il sentit que quelque chose avait changé en lui.

Il sentit... quelque chose de sombre, de malsain s'agiter en lui...

Il ne comprenait pas.

Non... Qu'avait-il fait ?

Devant lui, un homme aux longs cheveux argentés et aux yeux verts se tenait droit, le dévisageant avec un sourire qui aurait pu s'apparenter à de l'amitié.

Il n'avait pas changé. En apparence, il demeurait le même qu'autrefois.

Mais à l'intérieur, G savait qu'il ne s'agissait plus de celui qu'il avait toujours connu. Il ne s'agissait plus du Général, du Héros légendaire qui était devenu son ami.

Non... celui qui se tenait sous ses yeux n'avait rien à voir avec lui...

« ... Sephiroth. »

- Content de te revoir, mon ami. Cela faisait longtemps.

Sephiroth était debout devant lui, le surplombant de toute sa hauteur. Il prenait clairement plaisir à le voir aussi misérable.

- ... Qu'as-tu fait ? l'interrogea G alors que ses épaules montèrent et descendirent.

- C'est pourtant évident.

L'ancien Général se redressa et tendit la main de G qui la refusa.

- Minerva... Minerva... où est-elle ?

- Je crains bien qu'elle ne répondra pas à ton appel.

- ... Tu l'as contaminée... tu as contaminé la Rivière de la Vie...

Sephiroth ne cessa pas de sourire.

- Comme autrefois...

La voix de G se brisa.

- Tu es mal placé pour me juger, mon ami, déclara Sephiroth, acerbe. Je l'ai déjà fait, après tout. Mais tu aurais pu faire quelque chose si tu ne t'étais pas isolé dans ton cristal, sous Midgar. Toi qui cherchais à protéger la Planète, qu'as-tu fait quand les Geostigmates sont intervenus ?

Il n'avait pas tort...

Il cherchait sa rédemption et en fin de compte, il n'est intervenu que bien trop tardivement.

- Comment... comment as-tu pu t'enfuir de la Rivière de la Mort ?

- Je suis bien trop puissant pour la Rivière de la Mort. Après tout, je n'ai jamais fusionné avec la Rivière de la Vie. Les dieux eux-mêmes ne sont pas capables de m'arrêter, G. Et quand ce gamin a traversé le destin... j'en ai profité. J'en ai profité pour revenir et terminer ce que j'avais commencé.

Donc, il n'avait pas eu tort. La chose qui avait suivi Shiro... c'était...

Il marqua un temps.

- N'as-tu pas encore pris conscience de ma puissance ?

- Tu parles du pouvoir de la haine qui t'anime, Sephiroth. Rien de plus.

Sephiroth le dévisagea avec une condescendance prononcée. Rien à voir avec autrefois...

- Et cette haine dont tu parles... qui en est l'architecte ?

G tressaillit à cette remarque.

« Suis-je... un être humain ? »

« Tu n'as pas de chance. Non. Tu n'es qu'un monstre. »

Oui... il avait été tellement, tellement désespéré à l'idée de chercher un moyen pour soigner sa maladie autrefois, et à se prouver supérieur, qu'il avait commis le pire crime...

« Le meilleur monstre du projet Jenova »

- Mais je suppose que je devrais t'en remercier, déclara Sephiroth. Parce qu'après tout, les émotions, les sentiments... tout cela nous rend faibles. Tout cela nous rend humains.

- J'ai eu tort, lui répliqua G. Au fond de toi, tu sais que j'ai eu tort. Et que j'ai menti sur certains points. Notamment par rapport à l'identité de ta mère.

- Cela n'a pas d'importance, Genesis. Et sache que je ne t'en veux pas.

- Tu le devrais, pourtant. Et je ne m'appelle plus Genesis.

Sephiroth inclina la tête sur le côté, son sourire s'élargissant quand bien même son regard demeurait froid.

- On a parcouru du chemin, tous les deux. Je suis devenu un dieu et toi... tu es le Gardien de la Planète.

- Tu n'es pas un dieu, Sephiroth. Tu ne vaux pas mieux que les humains que tu hais.

- Je vaux bien mieux que les dieux qui disent servir la Planète, mon ami. Pour ce qu'ils sont, de toute manière... des dieux corrompus, égoïstes avec une logique qui m'échappe.

G ne détacha pas son regard de Sephiroth qui marchait en cercles autour de lui, les mains le long de son corps. Dans son dos, Masamune.

Il n'hésiterait pas à l'utiliser.

- Après tout, n'est-ce pas l'un de ces dieux qui a fait revenir mes clones ? N'est-ce pas un dieu qui va déclencher les Chiens de l'Enfer ? N'est-ce pas un dieu qui va commettre la brèche ? En quoi sont-ils purs? En quoi sont-ils irréprochables?

La boule dans la gorge, G peina à répondre.

Si seulement, il avait le courage de dire à Sephiroth qu'il mentait, qu'il se trompait... mais il avait raison sur tous les points.

Après tout, il avait traversé la Rivière de la Vie. Il connaissait le futur. C'était pour cette raison que Minerva avait eu idée d'effacer les souvenirs de ses serviteurs...

- Ne vois-tu donc pas qu'ils ne produisent que du mal, au même titre que les humains ?

- Et donc, tu estimes être une meilleure option ?

- Je ne vois pas en quoi mes plans sont pires que ceux de Charon ou d'Héméra. Moi, je veux sauver la Planète. Rien de plus, G. Elle se meurt. Tu sais très bien qu'elle est à bout de souffle.

De la même manière qu'autrefois, Sephiroth s'agenouilla auprès de G. Le Gardien de la Planète demeura assis, le défiant du regard.

- Vous dites tous que je souhaite annihiler la Planète. Moi, j'appelle ça faire des sacrifices nécessaires pour empêcher son extinction.

- Ce n'est pas à toi d'en décider, Sephiroth. Tu n'as aucune légitimité. Tu souhaites juste continuer d'exister.

Ce qui était un sentiment humain, un sentiment compréhensible dans ce monde cruel...

- Dans ce cas, qu'en est-il de toi ?

G inspira, expira, essayant tant bien que mal de reprendre son calme. Sephiroth émit un sourire amer.

L'instant d'après, il sentit la main de son ami sur sa joue, ce qui le fit frissonner.

- Tu as bien vu, G. Ta blessure à l'épaule était plus grave que tu le croyais. Minerva ne pouvait pas te soigner. Elle était bien trop faible face à moi.

Malgré qu'il souhaitât avoir l'air fort face à l'ancien Général, G ne put s'empêcher de pâlir.

Il avait peur de comprendre...

- ... Qu'as-tu fait ?

- J'ai fait ce que tout bon ami ferait. Et je t'ai accordé ce que tu désirais de moi autrefois, G.

Cette remarque, bien que prononcée sur un ton implacable, crucifia le Gardien. Ses poils se dresserent sur sa nuque alors qu'un frisson lui glaça l'échine.

Il ne voulait pas dire...

Ton corps ne peut se dégénérer...

- ... Non...

- Oui, G. J'ai partagé mes cellules avec toi. Pour que tu guérisses... pour empêcher ta perte. Je t'ai sauvé la vie, G.

- NON !

Même si personne ne pouvait l'entendre, G cria de toutes ses forces.

L'horreur, la terreur le prirent... des sentiments qu'il n'avait plus ressenti depuis qu'il avait abandonné son identité en tant que Genesis Rhapsodos.

Avant même que G ne puisse utiliser la Rapière contre lui, Sephiroth avait déjà dégainé Masamune pour le bloquer, en même temps qu'il utilisa son bras libre pour agripper celui de son ami et rival.

Devant lui, G peina à lutter contre les larmes.

- ... Tu as fait de moi un monstre...

- Tu l'étais déjà, mon ami.

- TU AS FAIT DE MOI UN CLONE ! TON CLONE !

Alors qu'il venait d'accepter son Rôle de Gardien...

Enragé, G se dégagea et invoqua un brasier pour le lancer sur Sephiroth. Mais avant même qu'il ne puisse l'atteindre, l'ennemi de la Planète s'était déjà téléporté, le balayant d'un revers d'épée. Mais pour le Gardien, cela ne suffisait pas. Il s'était jeté sur lui, le visant encore et encore.

A chaque fois, Sephiroth parait avec facilités. Alors que G invoqua « Black Flurry », Sephiroth le repoussa violemment d'une force invisible, le faisant chuter.

Il était trop puissant...

- Si tu souhaites obtenir ta revanche, j'accomplirais ton désir avec joie. Mais tu n'as jamais pu me battre, G.

« Réunion »...

Les oreilles du Gardien sifflaient. Ses doigts picotèrent. Ce fut si douloureux qu'il en lâcha la Rapière.

Il s'agrippa le crâne, fermant les yeux tandis que de violentes images apparurent de façon intempestive devant ses yeux.

Genesis qui révélait les origines de Sephiroth à Nibelheim...

La mort de ses parents adoptifs... de sa propre main... sa mère qui le suppliait...

La mort d'Angeal...

« C'est bon? Le Don de la Déesse ?»

La mort de Zack...

La perte du Sephiroth qu'il avait connu...

Toutes ces images furent horribles à endurer... Sa tête tourna et Sephiroth attrapa une nouvelle fois le bras de G avant qu'il ne tombe, dans une maigre tentative pour le réconforter.

- Tu n'es plus le Gardien de la Planète. Tu n'es plus rien, maintenant... tu es soumis à ma seule volonté.

Et sans que G ne commande ses propres gestes, ses bras se mirent à bouger.

Sous ses yeux, il se vit ramasser lui-même la Rapière et lentement, sûrement, il la porta à sa gorge pour se la trancher d'un coup sec.

Sephiroth le...

Sephiroth était en train de...

L'instant d'après, la Rapière tomba au sol. Sephiroth ne changea pas d'expression.

- Tu n'as pas à souffrir. Même si tu n'es plus le Gardien de la Planète, cela ne signifie pas que je n'ai pas un rôle pour toi.

- Que veux-tu de moi ?

Il cria presque cette phrase.

Il avait juré... il avait juré de ne plus s'en prendre à la Planète... d'en devenir son protecteur...

Et maintenant, maintenant que Sephiroth avait fait de lui son clone, tous ses efforts s'avéraient inutiles...

Tous ses efforts étaient réduits à néant !

Jenova venait de lui retirer ce qui lui était le plus cher !

- Tu sais ce que je veux, dit Sephiroth. Je ferais ce que les dieux ont échoué à faire. Régner sur la Planète en tant que seul dieu et balayer ces fausses divinités. Mais comme tu as servi la Planète et parce que nous étions amis, tu n'as pas à souffrir au même titre que les humains.

Les larmes de G roulèrent sur ses joues.

L'ancien Général lui tendit la main une nouvelle fois. Une dernière fois.

- Rejoins-moi, mon ami. Sers-moi. Deviens mon Gardien et je te promets que ta place n'en sera que méritée. Ne voulais-tu pas devenir un Héros ? Ne voulais-tu pas devenir légendaire ?

Il marqua un nouveau temps, alors que sa main sécha l'une des joues de G, faisant disparaître sa larme.

- Ne souhaitais-tu pas être à mes côtés ? Toi plus que quiconque... avec Angeal... les trois amis réunis. Le trio légendaire, rappelles-toi.

G baissa la tête, la mâchoire serrée.

Parle-moi de Banora.

Parle-moi de Sephiroth et Angeal.

- Oui, G. Je connais ton vœu le plus cher. Il est même plus puissant que ton désir de protéger la Planète. Et ce vœu... il n'y a que moi qui puisse te l'offrir.

Oui... c'était ce qu'il souhaitait, au fond. Il aurait tout donné pour... revenir en arrière. Pour empêcher ses mots de détruire Sephiroth ainsi que la Planète entière.

Il aurait tout donné, y compris sa propre vie, pour que lui, Angeal et Sephiroth retrouvent leur amitié, leur relation d'autrefois.

- Rejoins-moi. Et ensemble...nous régnerons.

Mais c'était impossible. Il le savait.

G gloussa. Il s'agissait d'un rire pour masquer sa peine. Mais Sephiroth n'en fut même pas décontenancé.

- ... Laisse-moi devenir le Héros que je souhaite être à ma manière, Sephiroth.

Il n'abandonnerait pas. Pas comme ça.

Il se redressa, le regard brûlant de fureur.

- Je veux avoir une chance de te combattre, mon « ami ».

Sephiroth acquiesça, une trace d'approbation dans ses yeux tandis qu'il laissa G ramasser la Rapière.

- Tu sais très bien que c'est inutile.

Il n'eut pas besoin d'utiliser la Masamune.

Avant même que G ne puisse l'atteindre, les bras du Gardien bougèrent une nouvelle fois et la Rapière se retourna pour transpercer l'épaule de son propre propriétaire, sous les yeux presqu'amusés de Sephiroth.

A nouveau, G hurla, supplia intérieurement.

Angeal... Sephiroth...

Minerva !


Entends-moi...

Réponds-moi.

Entends-moi...

Réponds-moi.

Lorsque Nero se réveilla, il n'était plus dans sa cellule.

Non... A la place, il se trouvait dans une immense salle. Il réalisa qu'il était assis sur un trône blanc, qui aurait pu s'apparenter à celui de son grand frère adoré à Deepground.

Qu'est-ce que...

Autour de lui, des courants de la Rivière de la Vie passaient devant son visage. Nero essaya de les chasser, mais ses membres ne bougeaient pas. Il demeurait raide et immobile. On aurait dit une marionnette qui n'attendait que d'être utilisée.

C'était sans doute un rêve... se dit-il.

Mais quelque part, il sentait que c'était plus qu'un simple rêve. Il réalisa bientôt qu'il n'était pas seul. A côté de lui, d'autres personnes étaient assises sur des trônes similaires. Des personnes qu'il n'avait jamais rencontré de sa vie, mais qui lui paraissaient bien familières.

L'un d'entre eux était Chaos... Et à sa vue, le cœur de Nero rata un battement quand bien même il ne montra rien.

« C'est insensé ! »

Un homme aux cheveux blonds et aux yeux bleus se leva de son trône.

- La situation est grave ! On n'a pas de temps à perdre ! On doit faire quelque chose ! Minerva a été corrompue. C'est la Rivière de la Vie qui a été attaquée !

- On le sait, mon fils, lui adressa une femme aux longs cheveux et à la robe couleur lilas. Mais malheureusement, il n'y a plus Minerva pour nous donner des directives.

- Et le Gardien, alors ? s'exclama Chaos.

- Mais on vous répète que le Gardien a été corrompu, lui aussi, soupira un autre homme enrobé et aux cheveux bouclés, s'accoudant à son trône. On parle dans le vide depuis dix minutes !

Nero ne disait rien. Il se contentait d'observer avec attention ce qui se passait.

Ils avaient raison... Il avait l'impression que la Rivière de la Vie avait perdu de sa clarté. Et cela ne pouvait pas être lui, même si Nero était imprégné du Mako Stagnant.

Non... c'était autre chose.

- Et où est Charon ? Où est Héméra ? intervint une vieille dame aux yeux blancs.

L'homme blond fronça les sourcils tandis que sa mère se raidit à côté de lui.

Mais ils n'eurent pas besoin d'attendre plus longtemps avant que quelqu'un ne se matérialise.

Sous leurs yeux, Charon apparut. Immédiatement, Nero se tendit à sa vue même si, encore une fois, il n'arrivait pas à bouger.

Si cela ne tenait qu'à lui, il l'absorberait. Mais malheureusement, il ne pouvait rien faire. Le regard baissé, sa faux à la main, Charon garda le silence.

Les autres membres de l'Assemblée le fixaient tous avec réprobation, sévérité et fureur. Seule la mère de l'homme aux cheveux blonds paraissait attristée, quand bien même une sorte de soulagement était évidente dans ses yeux. Charon se contenta de prendre place et s'assit sur son propre trône.

Ce fut l'homme aux cheveux bouclés qui rompit le silence, faisant apparaître une coupe d'hydromel.

- Ouais, petit frère. Au cas où tu ne l'aurais pas encore compris, tu n'es pas franchement le bienvenu ici.

- Epiphron, le réprimanda la femme à la robe couleur lilas.

- Quoi ? On ne va quand même pas l'accueillir avec des petits fours et du champagne quand il a bien failli foutre la merde sur Gaia.

- Ne sois pas aussi grossier.

C'était sans doute la mère de Charon, devina Nero.

Nyx...

- Bon, c'est bien beau tout ça, mais on fait quoi ? Et Héméra, qu'est-ce qu'elle fabrique ? s'emporta Epiphron.

- Je crois que tu le sais déjà, Epiphron, lui répondit Charon.

Le Nocher baissa la tête, penaud.

- C'est elle qui a relâché les clones de Sephiroth sur Gaia... c'est elle qui leur a permis de s'échapper de la Rivière de la Mort.

La vieille femme et Epiphron se raidirent, échangeant un regard atterré.

- Héméra ? Non...

- Et tu es incapable de faire ton travail, en plus, lui adressa l'homme aux cheveux blonds avec rancœur. Tu as laissé Héméra entrer dans ton domaine!

- Ether.

Cette fois-ci, ce fut Nero qui parla de lui-même. Avec sa propre voix. Stupéfait, il avait l'impression que quelqu'un avait pris le contrôle de son corps. L'image d'Hojo se superposant au corps de Weiss le crucifia. Pendant un instant, il paniqua, prêt à lutter avec acharnement pour reprendre le contrôle.

« N'aie pas peur... »

Erebus...

C'était les Ténèbres qui avaient pris possession de lui. A moitié apaisé, Nero laissa la divinité qu'il contenait parler avec sa propre bouche.

- Ah, ça suffit ! Il faudrait que vous arrêtiez de le défendre tout le temps, Mère et toi ! s'empourpra Ether.

- On n'est pas là pour ça. On a plus urgent à régler. La Rivière de la Vie est en danger et on doit tout mettre en œuvre pour arrêter Sephiroth.

Sephiroth...

Intérieurement, Nero fronça les sourcils. Oui. Tout le monde connaissait Sephiroth. Le Héros légendaire de la SHINRA. Et ce qu'il avait bien failli provoquer. Il croyait seulement, à l'instar de tous, qu'il était mort il y a trois ans.

Apparemment, c'était le cas, puisqu'il était dans la Rivière de la Mort...

- Mais je croyais que c'était Héméra, le problème, reprit Epiphron.

- On en a deux, en fait, expliqua Erebus.

- Elle voulait tout mettre sur le dos de Sephiroth quand elle a relâché les clones... Mais Sephiroth a suivi la personne qui a traversé le destin. Elle a seulement accéléré la « Réunion », les informa Charon.

Nero se tendit à la mention de Shiro.

C'était donc ces personnes, ces dieux... qui avaient le sort de Shiro entre leurs mains. Qui décideraient quel serait son châtiment.

En y regardant à deux fois, cette salle... on aurait dit un tribunal.

- Ouais, admit Epiphron, le ton léger. Cela explique bien son absence. Moi non plus, je ne voudrais pas me montrer à sa place.

- Je dois lui parler, déclara Nyx en se levant de son trône. Je ne peux pas la laisser faire ça.

- Non, Nyx ! la reprit Erebus. Cela ne servira à rien. Elle ne t'écoutera pas. Si elle a été capable de produire une telle chose... on ne peut pas la raisonner.

Pourtant, Nyx ne semblait pas d'accord. Et son visage était plus qu'éloquent : c'était un vrai crève-cœur pour elle.

- J'ai vu le futur, admit Charon. J'ai su ce qu'elle ferait par la suite. J'ai su qu'elle m'avait manipulé. Tout du long. Qu'elle ne m'avait jamais aimé.

Il marqua un temps avant de s'adresser à sa mère.

- Toi aussi, Maman... tu le savais. Tu connaissais le futur.

Toute l'assemblée se tourna d'un bloc vers Nyx. La Nuit ferma les yeux, la mâchoire serrée.

- Non... je l'ignorais. Enfin, je... je savais que l'un de vous ferait quelque chose... l'un de vous se retournerait contre Minerva. Mais elle ne m'a pas dit précisément de qui il s'agirait. Probablement pour ne pas m'affoler.

- Je n'aurais jamais fait ça ! s'énerva Ether.

- Pourtant, c'est à cause de ça qu'elle a souhaité supprimer nos souvenirs de la vie d'avant.

Le silence général tomba.

Charon détourna le regard, endurant péniblement la nouvelle.

- Moi, je ne le veux pas. Je ne veux pas qu'on efface mes souvenirs du Jardin.

- Je crois que tu n'as pas vraiment ton mot à dire, lui adressa durement Chaos. Surtout si c'est la volonté de la Déesse.

Il se tourna vers Erebus... et Nero se rappela que Vincent Valentine était son Hôte. Etait-ce la même chose pour lui ? Assistait-il à cette scène malgré lui ?

C'était fort possible.

- Le futur n'a jamais parlé de Sephiroth et de son retour... Il s'agissait d'une brèche. Cela n'a jamais impliqué Sephiroth.

- Alors, le futur est déjà modifié, fit Ether en se prenant le visage dans une main, choqué. Ce n'est pas bon, du coup.

- C'est lui, la priorité, renchérit Epiphron. C'est plus prudent de se concentrer sur lui. C'est lui, la vraie menace à l'heure actuelle. Surtout maintenant que Minerva et le Gardien ne répondront pas à l'appel.

- On s'occupera d'Héméra plus tard, admit Erebus avec difficultés.

Ether se mordit la lèvre. Finalement, il se redressa et dégaina une épée qu'il gardait attachée dans son dos.

- Dans ce cas, je vais l'affronter moi-même ! Si on s'y met tous, avec toutes les Armes de la Planète avec nous, on en viendra à bout. Diamant, Émeraude, Rubis... Ils sont tous prêts à intervenir.

- Et l'intervention de ces Armes risque de causer l'annihilation de l'humanité.

La voix qui s'éleva les interpella. Tout le monde se retourna vers sa source.

Une jeune femme aux cheveux bruns attachés par un nœud rose et aux yeux d'un bleu pur fit irruption dans la salle, droite et fixant l'assemblée avec défi.

- Aerith, la dernière Cetra... l'humanité court déjà à sa perte, lui adressa Chaos. Omega pourrait intervenir, mais il n'a pas encore fusionné avec son Hôte.

Weiss...

- Alors, cela signifie qu'on devrait les faire fusionner aussi vite que possible ? s'exclama Nyx.

La gorge de Nero se dessécha.

Non... Non, pas question !

- Omega n'aurait aucun scrupule à condamner l'humanité, releva Chaos. Mais son éveil prématuré l'a fortement affaibli.

- Et ne parlons même pas de Zirconiade. Il est encore pire qu'Omega et en plus, c'est un sadique, soupira Ether.

- C'est pour ça que j'ai une autre idée, déclara Aerith. Je peux essayer d'invoquer le Grand Gospel. Même si la Rivière de la Vie est corrompue par Sephiroth, je peux encore essayer de la purifier. J'utiliserai tout en mon pouvoir pour soigner Minerva.

Elle marqua un temps avant de se tourner vers Chaos.

- Mais le souci est que mon sort est bien affaibli. J'aurais besoin de tous les Cetras, mais également de tout votre soutien, ainsi que votre puissance pour m'appuyer.

- Notre soutien ? répéta calmement Nyx.

- Vous avez juré de servir Minerva. Et mon rôle en tant que Cetra est que cela cause le moins de dommage possible. Vous nous avez fait confiance en soutenant la Rivière de la Vie pour arrêter le Météore. Vous pouvez encore nous faire confiance.

A nouveau, le silence. Chacun, assis dans son trône, scruta ses cohortes pour observer leurs réactions.

Mais Nero n'avait pas besoin de deviner qu'Erebus était séduit par l'idée. Et quelque part, cela le rassura.

Cela signifiait que Weiss n'aurait pas à fusionner avec Omega... peut-être pas dans cette vie.

- Je suis d'accord, déclara la vieille femme. Je suis d'accord avec elle.

Aerith lui adressa un sourire reconnaissant.

- Moi aussi, alors, fit Epiphron.

Ether opina du chef.

- Moi aussi.

- Omega risque de vous trouver faible, commenta Chaos. Mais je suis d'accord aussi pour préserver la Planète.

- Et le Gardien ? demanda Nyx après un temps.

Le visage d'Aerith se décomposa. Les lèvres tremblantes, elle essaya tant bien que mal de ne pas montrer ses émotions.

Mais Nero avait déjà compris. Elle n'avait pas besoin de le dire.

- Il est devenu... un clone de Sephiroth. Il a ses cellules pures. Et malheureusement, je ne peux rien faire contre ça.

- Mais G avait déjà des cellules de Jenova ! s'écria la vieille femme.

Tiens... Ce fut la première fois qu'elle montra des émotions autre qu'un détachement inquiétant.

- Elles étaient dégénératives. Mais maintenant, il... il sera au même niveau que les Incarnés d'autrefois... et à moins que Sephiroth ne soit détruit, il...

- Il ne peut plus être Gardien tant qu'il constituera un danger pour la Planète, compléta Erebus.

Nero ne montra rien. Mais au fond de lui, cette nouvelle le bouleversa bien plus qu'il ne le croyait.

Il avait haï Genesis... enfin, G. Il l'avait haï pour les avoir abandonnés alors qu'il aurait été un élément inestimable dans leur rébellion à Deepground, contre Restrictor.

Et en plus... il lui prendrait Weiss. Et il avait bien failli prendre Shiro aussi.

Pourtant, cette nouvelle ne lui procura aucun plaisir, alors qu'auparavant, nul doute que Nero aurait pensé que ce destin était mérité, après tout ce qui s'était produit. Peut-être était-ce lié aux gènes qu'ils partageaient.

- Je n'abandonne pas, fit Aerith en tournant les talons. Il y a peut-être encore un moyen de le sauver.

- Nos forces sont à la disposition des Cetras pour empêcher cette nouvelle crise, déclara Ether, le ton sombre. Moi, je suis prêt à combattre Sephiroth.

Il marqua un temps avant d'ajouter :

- Et je suis également prêt à combattre ma sœur si c'est nécessaire. Tant pis si je dois me salir les mains pour que personne n'ait à le faire.

- Ether...

- Je suis désolé, Mère. Je sais que c'est ta fille, mais cela n'excuse rien.

Nyx se rassit sur son trône. Elle couvrit son visage de ses mains.

L'instant d'après, ils l'entendirent hoqueter faiblement.

- Maman... la supplia Charon alors qu'il se levait pour la réconforter, entourant ses épaules de ses bras d'enfant.

Le seul parmi ses frères et sœurs à réagir à sa douleur, nota Nero avec amertume.

- Pour Minerva, renchérit Chaos avec gravité. Pour Gaia.

- ... Pour la vie, ajouta Aerith avant de disparaître.


« Vis tes rêves.

Et quoi qu'il arrive, protège ton honneur en tant que membre du SOLDAT. »

Etendu au sol, le Gardien ressemblait à un pantin désarticulé. Marqué par les coups de la Masamune, gisant dans son propre sang, il eut l'impression que son âme avait déjà quitté son corps.

« Je sais que je peux te faire confiance. »

G eut l'impression d'être spectateur de sa propre torture.

Non... il ne pensait qu'à Minerva. Elle l'avait laissé vivre pour qu'il se rachète auprès de la Planète... Pour qu'il en devienne son Gardien.

Elle serait tellement... tellement déçue de lui.

Au-dessus de lui, Sephiroth le toisait, la Masamune en l'air, prêt à lui porter le coup de grâce. Le combat avait été rude et G avait tenu, mais cela avait été perdu d'avance.

- ... Ne m'y oblige pas, G. S'il te plaît, ne m'oblige pas à t'achever.

Sephiroth ne suppliait jamais... mais c'était le plus proche de ce qu'il pouvait faire.

Les larmes de G se mêlèrent aux gouttes de sang.

« Genesis... relève-toi... »

Angeal...

Même s'il était parti depuis longtemps, pour toujours, il avait l'impression de l'entendre encore.

Non... c'était certainement l'appel de Jenova... c'était certainement elle qui lui brouillait l'esprit... tout comme elle s'était emparée de l'esprit de son ami.

- J'ai besoin de toi, lui avoua Sephiroth. Alors, ne résiste pas.

Le corps de G se releva, faisant face à Sephiroth qui lui attrapa l'arrière du crâne, son visage entrant dans son champ de vision.

Protège ton honneur...

Non... il devait lutter... il devait encore lutter davantage. C'était pour ça que Minerva l'avait laissé vivre...

Pas seulement pour qu'il devienne son Gardien... mais qu'il retrouve son honneur de SOLDAT. Après tout ce temps passé à s'être moqué d'Angeal à ce sujet...

- Cède, G. Cède... Ne me rejette pas. Embrasse-moi.

G ne répondit pas. Les forces quittèrent son propre corps. Sephiroth ne lui donna pas l'autorisation de parler.

Protéger... son...

« Nous sommes... des monstres.

Il n'y a ni rêve, ni honneur. »

G ferma les yeux, les paroles d'Angeal s'effaçant pour laisser place aux siennes. A celles qu'il avait prononcé à Zack, autrefois.

Des monstres, oui. C'était tout ce qu'ils étaient. Il n'y avait qu'un monstre pour avoir tué les seuls parents à l'avoir jamais aimé. Même Weiss était plus humain qu'il n'avait jamais pu l'être.

Et intérieurement, si le destin en avait décidé autrement, G aurait tout fait pour avoir un frère comme lui.

Même s'il ne l'avait jamais admis... même si Weiss ne le croirait sans doute pas.

- Genesis...

« Réunion... »

Ce fut bientôt la seule pensée qui anima l'esprit de G. La seule...

Pardonnez-moi...

Un sourire apparut sur les lèvres de Sephiroth alors qu'il l'enlaçait étroitement, comme autrefois.

- Tu ne vas pas regretter d'être à mes côtés, mon ami.

G se laissa faire. Sephiroth se détacha de lui et à son tour, l'ancien Gardien de la Planète recula d'un pas. Puis de deux.

Une aile noire entoura son corps... et G disparut, laissant Sephiroth seul.

Leur mère l'appelait... Jenova avait besoin de lui.


« ... Bravo. »

La nouvelle arrivante se matérialisa derrière l'épaule du légendaire Sephiroth. Un grand sourire réjoui aux lèvres, Héméra ne put s'empêcher d'applaudir tellement le spectacle que les deux ex-SOLDATS lui avait offert était merveilleux.

« Excellent », le complimenta-t-elle, le ton enjoué. « Bon travail, Sephiroth... je savais que j'avais raison de libérer tes clones. »

Sephiroth ne réagit pas. Il continua de lui tourner le dos, la Masamune en main, alors qu'il regardait G partir. Il ne prit même pas la peine d'essuyer le sang sur sa lame.

- J'avoue que ce n'est pas ce que j'avais prévu pour le Gardien. Je croyais que tu te contenterais de le tuer en un seul coup de ta Grande Epée de Héros. Mais c'est tout aussi jouissif. Tu dois réellement tenir à lui, d'une certaine manière.

Il se contenta de ricaner en réponse.

Un rire cristallin, froid, sans émotion.

- Cela apprendra à Minerva, pouffa Héméra. Elle et à tous ceux qui la servent, tous ces imbéciles qui osent dire être ma famille. Mais aucun d'eux n'aurait jamais imaginé un coup pareil.

Elle marqua un temps avant d'ajouter :

- Et sans parler des humains... j'ai hâte de tous les voir détruits. Tous.

Cette fois-ci, Sephiroth garda le silence.

Il ne riait plus.

- Je t'en prie, le railla Héméra. Ne remercie pas celle qui t'a sorti de cet enfer.

L'ancien Général tourna lentement, très lentement, la tête vers elle.

- Quoique c'était si simple... Avec Charon comme Nocher, la Rivière de la Mort était une véritable passoire. Mais qui a besoin de Charon ? D'Eleos ? D'Epiphron ? Qui a besoin d'Erebus, de Nyx ? S'il te plaît, juste... ne t'en prends pas à Ether. C'est la seule consigne que je te donne. Mais ce n'est pas cher payé pour que tu sois un dieu régnant à nos côtés. J'ai mis des siècles avant de-

Elle n'acheva jamais sa phrase.

Au début, elle ne ressentit rien. Juste une brève douleur à la poitrine...

L'instant d'après, le sang coula de la bouche d'Héméra alors qu'elle abaissa le regard vers la Masamune plantée dans son torse.

Sephiroth s'était téléporté devant elle, sa bouche effleurant son oreille.

- Pour... quoi ?

Le Général enfonça davantage la Masamune. Héméra cracha du sang, éclaboussant la joue de son ennemi.

- Tu t'en es pris à G.

D'un geste sec, Sephiroth retira la Masamune de sa blessure, avant de l'embrocher à nouveau, de manière plus agressive. Cette fois-ci, par-derrière.

- ... Que crois-tu, Héméra ? Que je m'allierai avec toi ? Qu'on règnerait ensemble ? Pauvre âme pathétique. Tu as beau être une déesse, tu n'en as pas l'étoffe. Et cela me conforte encore plus dans l'idée de tous vous balayer. Vous tous, en tant que fausses divinités.

Héméra s'écroula, se tordant de douleur au sol.

- Je suis seul avec ma mère. Nous sommes les seuls dieux. Et je n'ai aucune raison de m'allier avec une créature aussi sordide que toi.

- Je...

Sephiroth avait tourné les talons. Il se contenta de faire apparaître un portail sombre et marcha à grands pas à l'intérieur.

- Si tu veux t'en prendre à quelqu'un, prends-en-toi à l'unique personne qui a traversé le destin et qui m'a permis de revenir. Il s'appelle Shiro. Maintenant, compte les heures qui te restent parce que je reviendrais pour toi.

- ... Non...

Sephiroth laissa le portail se refermer derrière lui.

Une fois qu'Héméra eut assimilé les mots de celui qu'elle avait libéré, elle ne put contenir sa rage et se mit à hurler de toutes ses forces.

- Ether...

Tout cela, c'était leur faute ! Leur faute à tous !

Marquée par les blessures et sévices de la Masamune, Héméra se téléporta. Elle ne se contrôlait plus et se laissa emporter par sa colère.

Shiro...

Puisque Sephiroth l'avait trahie, elle l'éliminerait... lui et tout le reste ! Tous ces humains, tout ce que Minerva cherchait à protéger...

Elle les éliminerait tous jusqu'au dernier !


« Je prends le volant ! » aboya Barret alors qu'ils s'élançaient dans le couloir, prêts à rejoindre le parking où était garé le véhicule.

Alors qu'elle courait, Tifa appela une nouvelle fois le numéro de Cloud.

« S'il te plaît, réponds ! »

« Votre correspondant n'est pas joignable actuellement... »

- Et merde ! s'emporta Cid, son bâton à la main. Qu'est-ce qui lui a pris, bordel de dieu ?

- A mon avis, c'est quelque chose de pas bon, releva Cait Sith, atterré.

- Sans rire ! Tu es un super détective ! railla Nanaki.

- Hé, je t'interdis de me parler comme ça !

- Reeve, tu...

Derrière eux, Reeve était occupé à crier des ordres au téléphone, un fusil à pompe à la main.

- Quoi ? Qu'est-ce que vous voulez dire ? Je n'entends rien... Allô ? Allô !

Alors que Barret se ruait dans le véhicule et démarra le moteur, il remarqua Vincent les rejoindre au loin, suivi de près par Shiro. L'Hôte de Chaos s'arrêta devant eux pour leur barrer la route.

- Qu'est-ce qu'il y a ?!

- C'est Sephiroth, leur adressa Vincent. C'est lui qui a forcé Cloud à voler la Pierre de Chintamani.

- Quoi ?

Le groupe eut la même réaction, réagissant par un choc général. Dévastée, Tifa regarda son téléphone avant de le serrer contre elle, luttant contre les larmes.

- C'est Héméra qui l'a libéré.

- Mais Héméra ne devait-elle pas causer la brèche ? On n'a jamais parlé de Sephiroth ! s'emporta Barret à en perdre la voix.

Shiro avala sa salive, essayant de ne pas regarder Tifa qui le suppliait de lui donner des réponses.

- ... Je le croyais aussi... mais Nero a vu la même chose. Lui et Vincent, en tant qu'Hôtes respectifs d'Erebus et Chaos... ils ont rêvé des dieux. Héméra a libéré les clones de Sephiroth.

- Elle a modifié le destin d'elle-même, déclara Vincent.

Yuffie, Shelke et Sonon se regardèrent, choqués. Quant à Cid, il se frappa le visage pour camoufler la colère qui menaçait d'avoir raison de lui.

- On n'en finira jamais avec les produits de la SHINRA...

- C'est très grave, releva Tifa. Il faut trouver Cloud le plus vite possible. Où est-ce qu'il a pu aller ?

- J'ai tracé sa position, l'informa Shelke. Il est au centre d'Edge...

- ... Là où la tête de Jenova a été aperçue pour la dernière fois...

Le gang de Kadaj...

- On n'a pas de temps à perdre, alors ! déclara Barret alors qu'il appuyait sur la télécommande pour ouvrir la porte principale.

Mais alors qu'il était prêt à démarrer à toute allure, le conducteur s'arrêta net.

- Barret ?

L'ancien leader d'AVALANCHE ne répondit pas, quand bien même il pâlit face à la vue horrifique qui s'offrit à eux.

Le groupe suivit son regard et Tifa ne put s'empêcher de sursauter, terrorisée.

Non... ce n'était pas...


Ils crurent à un cauchemar.

Ou plutôt, à un souvenir douloureux qui revenait du passé... mais c'était bel et bien la réalité.

Autour d'eux, des habitants s'enfuyaient en criant, en appelant à l'aide... Les flammes d'un gigantesque incendie qui avait démarra au milieu de la rue se refléta dans les yeux de Tifa. A cette vue, ses doigts picotèrent et elle se mit à trembler de tous ses membres alors qu'elle se rappelait avec peine les hurlements de son père au milieu du feu.

Il n'y eut pas seulement les âmes damnées que Shiro avait dessiné... ces choses sans forme, sans visage qui crachaient une gerbe noire sur les malheureuses victimes qui passaient à proximité, leur brûlant le visage de la même manière qu'on enverrait de l'acide en pleine figure...

Non... non !

Il n'y avait pas qu'eux... Le pire était à venir. Il y avait également des clones avec lesquels ils étaient plus que familiers. Ceux qu'ils avaient affronté, trois ans auparavant.

Les copies de Sephiroth... les hommes à la cape noire qui portaient le visage de Jenova...

Ceux-là même qui répondaient à l'appel de la « Réunion »... Même si ces derniers paraissaient peu nombreux, ils savaient tous que les sous-estimer reviendrait à payer une erreur très chère.

Sans parler des monstres. Des Golems en armure, des Bagrisk, des Diablos...Ils étaient tous réunis au même endroit.

« Cloud ! »

Tifa hurla son nom, quand bien même elle savait que c'était inutile. Cloud n'était pas là. Il ne pouvait pas être là... Peu importe, elle l'appela une seconde fois désespérément. Sans succès.

A côté d'elle, ses camarades agrippèrent leurs armes, prêts à en découdre.

« Cela ne va jamais s'arranger », grinça Cid.

Yuffie haussa les épaules alors qu'elle attrapait son Shuriken.

- D'où ils sortent, ceux-là ?

- C'est peut-être parce que la Rivière de la Vie a été corrompue, déclara Vincent. Peut-être que Jenova a eu de nouvelles capacités d'adaptation depuis la dernière fois au point qu'elle influence les monstres vivant sur Gaia pour les réunir au même endroit.

- Cela ne coûte rien d'essayer de les neutraliser ! gronda la Ninja.

- Peu importe, il faut trouver Cloud, cria Tifa en reprenant son téléphone. Mais la population... il n'est pas question de l'abandonner.

- Ah ça, non, gronda Barret alors qu'il chargeait son bras métallique.

Reeve se mordit la lèvre.

- Très bien. On va se séparer en deux groupes. Un premier qui va chercher Cloud, l'autre qui reste avec moi et défend la population.

- Tifa, Cid, moi et Red XIII, on s'en charge ! déclara Barret alors qu'il braquait son arme sur les créatures.

- Yuffie, Vincent, Shelke, Sonon et moi, on s'occupe de placer les civils en sécurité, approuva Reeve.

- A votre service! plaisanta la Ninja.

Tifa s'arma de ses gants.

Ce fut le signal. L'instinct prit le dessus et, alors qu'elle voyait l'une des créatures de la Rivière de la Mort pourchasser une petite fille du voisinage, elle s'élança sur elle pour le frapper au visage à coups de pieds répétés en poussant un cri de guerre. Derrière elle, Barret assurait l'arrière-garde et tira à répétition sur un Diablo qu'il voyait, la haine évidente derrière ses lunettes de soleil.

- Pas de souci pour moi, dit Vincent en s'armant de Cerbère. Il fonça à son tour et tira une fois, deux fois, trois fois sur un clone qui l'attaquait par-derrière.

- Shiro, va te mettre à l'abri ! lui ordonna Reeve alors qu'il préparait son fusil à pompe pour couvrir Vincent.

- Non... je veux venir aussi !

Il savait que c'était dangereux... que c'était aux adultes de gérer cela...

Mais Shiro ne put s'empêcher de vouloir apporter son aide.

- Ah, ne commence pas à faire ta crise d'adolescence à cinq ans ! cria Cid qui esquiva les gerbes d'une créature avant de lui planter à deux mains son bâton dans la figure. Tu en as assez fait !

La créature poussa un sifflement de colère mêlée à la douleur, et Yuffie renchérit en lui envoyant une Matéria Glacier pour le faire valser.

- Ce n'est pas ton combat, Shiro, lui adressa Vincent alors qu'il épaulait Shelke qui résistait tant bien que mal aux assauts avec ses sabres-lasers.

- Mais je...

- C'est celui de Cloud. Cela a toujours été celui de Cloud.

Pourtant, ses paroles ne le rassuraient pas.

C'était de sa faute.

Il n'avait jamais prévu ça... dans son futur, il n'avait jamais prévu que Sephiroth reviendrait. Parce que ce n'était pas supposé se produire !

Shiro avait traversé le destin et Sephiroth l'avait suivi sans qu'il ne s'en rende compte...

Alors, il voulait retrouver Cloud... il voulait aider autant que possible...

- Shiro, l'appela Sonon alors qu'il repoussait un Golem en armure avec un enchaînement de coups de pieds, invoquant à son tour la « Danse des Dragons ».

L'enfant se retourna vers lui, le regard éteint.

- Tu nous seras plus utile à l'intérieur. Va chercher Denzel et Marlène et protège-les, d'accord ? lui adressa Sonon avec un sourire.

Shiro fut sur le point de protester, mais lorsqu'il remarqua Tifa lutter vaillamment pour se frayer un chemin à travers les clones qui l'encerclaient, il ne put se résoudre à refuser.

Il avait raison... à quoi leur servirait-il ?

Il pouvait au moins faire en sorte que Denzel et Marlène soient en sécurité. La mâchoire serrée, l'enfant hocha la tête et tourna les talons pour rentrer à l'intérieur.

Mais alors qu'il était sur le point de rejoindre ses amis, il entendit Barret crier derrière lui. Le regard du leader d'ex-AVALANCHE fixait le ciel, le désignant d'un doigt tremblant.

- ... J'ai l'impression que cela ne fera qu'empirer...

- Cloud...


« Arrivée à Kalm dans un quart d'heure... arrivée à Kalm dans un quart d'heure... les passagers sont priés de se rendre sur le pont. »

Les yeux d'Ophelia se perdirent dans le vague. Au loin, elle fixa la terre qui s'agrandissait au fur et à mesure que le bateau approchait.

Elle n'avait quitté le Wutaï que deux fois au cours de sa vie. Une fois qu'ils auraient atteint Kalm, ils n'auraient qu'à rejoindre Edge à pied ou en faisant du stop.

A côté d'elle, Weiss gardait les bras croisés sur sa poitrine, le visage fermé. Ophelia ne put s'empêcher de pousser un petit soupir, avant de sourire amèrement.

Il était temps que ce voyage touche à sa fin...

Bientôt... bientôt, elle retrouverait Shiro. C'était tout ce qui comptait. Le reste n'avait pas d'importance.

« Ophelia. »

Surprise, Ophelia se retourna vers Weiss.

Ce fut à ce moment-là qu'elle le remarqua.

La froideur sur son visage avait laissé place à une vive stupeur et au début, Ophelia ne comprit pas. Il fixait un point particulier dans le ciel.

Ophelia leva la tête à son tour.

Tout de suite, elle comprit.

Ce n'était pas vrai... une éclipse ?

Le jour avait laissé place à la nuit en à peine quelques secondes, plongeant Gaia dans la plus grande obscurité.

Elle chercha dans son esprit, à la recherche d'une explication rationnelle. Autour d'elle, les gens s'agitaient. Certains prirent des photos alors que d'autres fouillaient sur Internet via leurs portables.

Mais elle avait beau essayer, elle n'en dénicha aucune.

C'était seulement cela. Le noir était apparu, sans prévenir.

Et comme si cela ne suffisait pas, alors qu'ils étaient sur le point de rejoindre le port, le bateau s'arrêta net, au beau milieu de la mer.

« Suite à un problème rencontré... »

Cela ne fit qu'accentuer le sentiment de panique général.

Derrière elle, le hurlement de peur d'une femme la fit frissonner. Des parents serraient leurs enfants contre eux alors que ces derniers leur demandaient, terrifiés, ce qui se passait actuellement.

Et malgré elle, par réflexe, Ophelia se rapprocha de Weiss, la seule personne qu'elle connaissait à bord de ce navire, pour chercher une trace de réconfort, aussi minime soit-elle.

L'Empereur de Deepground se contenta de lever les yeux au ciel, pas le moins alarmé par la situation. Non. Il avait l'air plus ennuyé qu'autre chose.

Mais peut-être n'était-ce encore une fois qu'un masque.

« ... La première chose que je ferais, quand j'aurais retrouvé Shiro... » commença-t-il, un ton d'avertissement.

- Non, l'interrompit Ophelia en le fusillant du regard.

Elle ne voulait rien entendre. Sa répartie fit néanmoins rire Weiss.

- Enfin, Ophelia. Enfin. Vaut mieux tard que jamais, dit-il alors qu'il dégainait ses gunblades, prêt à les utiliser.