Merci pour votre patience et pour beaucoup votre compréhension. Je crois que c'est la première fois que je mets autant de temps à écrire quelque chose... Ces derniers mois je me suis moi-même perdue en plus de perdre une partie de mon coeur. Toutefois, dernièrement j'ai l'impression de retrouver mon chemin.
Je ne sais pas pour vous mais personnellement je crois au signe qui m'aide parfois à prendre des décisions et à ne pas perdre espoir. J'ai envisagé pour la première fois d'abandonner une histoire et plus généralement l'écriture à un moment donnée. Et puis je suis partie en vacances dans une villa au milieu de nul part et d'un coup je me suis retrouvée avec des détails qui avaient été évoqué dans cette histoire et qui apparaissaient pour la première fois physiquement devant moi. Ce qui m'a fait sourire, plaisir, m'a amusé et surtout bouleversé.
Donc, voilà, je reviens avec un nouveau chapitre. Chapitre qui n'a aucune correction et qui doit avoir des dizaines et des dizaines d'erreur. Si d'ailleurs quelqu'un est intéressé pour bosser avec moi là dessus, le poste est ouvert.
Je ne dis pas que je vais revenir chaque semaine mais je pense plus une fois par mois au minimum. Un peu pour suivre la chronologie de l'histoire sur ces derniers chapitres. Car oui, on arrive doucement à la fin de cette histoire.
Bref, bonne lecture, j'ai hâte de connaître vos opinions.
Chapitre 14
Septembre
Le Museum of Modern Art était l'un des rares musées de la ville à ne pas avoir de banquettes dans chaque pièce pour pouvoir s'asseoir et observer les œuvres qui y sont exposées. Lorsque j'y venais pour un cours quand j'étais étudiante, nous avions l'habitude de nous installer sur le sol pour pouvoir tenter de reproduire les œuvres qui étaient devant nous. Certains jours, ma promotion se trouvait au milieu des touristes qui avaient soif de photos souvenirs et non de beauté et de culture. D'autres jours, nous avions le musée pour nous seuls ce qui me donnait à chaque fois le sentiment d'être privilégiée de pouvoir profiter d'autant d'œuvres fait par les plus grands maîtres de la peinture sans les chuchotements et les cliques des appareils photo.
Je m'étais promis une fois diplômée de retourner régulièrement dans les musées que j'avais fréquentés durant ma formation mais la réalité avait été autre. Certes, j'avais eu la chance de pouvoir travailler, faire le métier que je rêvais de faire à peine sortie de mes études mais ce métier pouvait être parfois assez chronophage. J'avais mis du temps à réussir à fractionner mes journées et mes semaines pour m'accorder un peu de temps personnel. Je n'avais donc pas pu profiter des musées de la ville autant que je l'aurais voulu.
« Je trouve ça super violent de nous donner des devoirs comme ça à peine revenu des vacances. C'est limite un acte de torture. Je suis sûre qu'il existe des lois contre ça ! »
« Assurément. » Répondit Caius avec sarcasme.
« C'est pour ça que je pense que je mérite une sorte de récompense pour avoir fait mon travail avec tant de dévotion. Après tout être si tôt dans un musée un samedi matin ce n'est pas humain. »
« Il est onze heures, Alec. »
« Exacte ! Je suis un garçon en pleine croissance, papa ! Je dois donc dormir un maximum le week-end pour pouvoir grandir et devenir un parfait Volturi. Après tout, c'est scientifiquement prouvé que nous, adolescents, grandissons pendant la nuit. »
Je tentais de camoufler mon rire face à l'interaction du père et du fils. L'air exaspéré de Caius face au pitrerie de son fils méritait une photo, à vrai dire si on cherchait bien, il y avait une pointe d'amusement qui transperçait ses traits. Je n'avais jamais imaginé rencontrer Alec aussi tôt physiquement mais j'avais finalement compris qu'il était une véritable tornade avec une volonté propre. Quelques jours après mon week-end d'anniversaire avec Caius, j'avais reçu un appel de sa part.
Pour ce premier semestre, il avait fait le choix de prendre un cours optionnel en art plastique et histoire de l'art. Il avait été très franc en affirmant qu'il avait pris ce cours uniquement pour comprendre un peu les œuvres qui étaient exposées chez eux et ne pas uniquement penser que ce n'était que des couleurs et des formes. Il avait cherché à avoir l'aide de Caius mais c'était à ce moment-là qu'il a compris que son père était aussi inutile qu'un mauvais article Wikipédia. C'était ainsi que j'étais entrée en scène. Caius n'avait absolument pas orienté la piste de recherche vers moi, c'était Alec qui y avait pensé seul. Il m'avait alors qualifié d'experte en arts et qu'il avait absolument besoin de moi.
Je me retrouvais donc un samedi matin dans l'un des musées les plus populaires de New York pour aider Alec Volturi à faire une analyse d'œuvre. Ma seule condition de participation était qu'on puisse voir la peinture en vrai. Une simple recherche sur un moteur de recherche pour voir une photographie du tableau n'était seulement moi pas suffisante. On manquait toujours des détails et je trouvais que les émotions et le message que voulait faire passer le peintre n'étaient absolument pas palpable.
Je faisais donc ma première sortie familiale avec une partie de la famille Volturi. Jane était la grande absente. Caius lui avait proposé d'y participer mais elle avait préféré participer à un stage de danse classique qu'elle pratiquait depuis son plus jeune âge et ensuite faire une soirée pyjama chez l'une de ses meilleures amies. Caius m'avait dit que c'était une volonté forte de montrer sa désapprobation à cette sortie. Il n'avait malgré tout pas refusé qu'elle passe son week-end dans ces conditions même s'il aurait aimé l'avoir avec lui pendant son moment de garde.
« Je ne pensais pas qu'il y allait avoir autant de monde un samedi matin... Sont-ils au courant que c'est week-end et que c'est fait pour dormir ? »
« Alec. » Gronda Caius.
« Oui, bref, alors, alors... Il nous faut un plan ! » S'exclama-t-il avant de s'éloigner de nous.
Nous venions juste de terminer de déposer nos affaires à la conciergerie pour un côté pratique de la visite. Je ne me voyais pas faire une visite avec ma veste car je savais que j'allais avoir rapidement trop chaud, seul mon sac à main pouvait rester avec moi.
« Est-ce que ça va aller ? » Demanda Caius en rangeant le jeton du casier qui nous avait été alloué dans sa poche de pantalon.
« Je pense. »
La remarque d'Alec avait été juste, nous étions en pleins dans un pique de visite pour le musée. Cependant, je n'avais pas hésité à accepter ce créneau de visite car je savais que je n'allais pas être seule. Je pouvais donc supporter un peu de foule si j'avais avec moi une personne en qui j'avais confiance et qui me rassurait simplement par sa présence.
« Tu peux être certaine que je ne compte pas te lâcher de la visite. » Déclara-t-il en passant son bras autour de moi.
Sa main se posa sur ma hanche et m'incita à avancer vers Alec qui avait la tête plongée dans le plan qu'il avait trouvé. C'était la première fois que Caius se permettait un geste aussi révélateur de notre relation devant son fils. Alors que j'aurai dû me ressentir gêné d'un tel affichage, je me sentais plutôt réconfortée de savoir qu'il n'avait pas honte d'affirmer ses sentiments pour moi. Alec releva la tête de son plan, son regard s'attarda sur la main de son père sur ma hanche avant qu'un léger sourire ne se dessine sur ses lèvres.
« Bon, Bella, je n'y comprends rien alors c'est à toi, oh grand génie de l'art de prendre la relève. » Affirma-t-il en s'approchant de nous. « Alors, c'est partie, on y va, vous aurez le temps de vous faire de papouille plus tard. » Continua-t-il avant d'attraper ma main et de me tirer vers les escalators.
Le geste me surpris mais je ne pus m'empêcher de lâcher un rire en voyant la réaction de Caius qu'il avait réussi à planter au milieu du Hall du musée.
« Alec ! » Râla son père en nous rattrapant.
Caius se replaça une nouvelle fois à mes côtés, main sur ma hanche alors qu'Alec me lâchait et regardait le plan avec moi. J'avais réussi à le stopper avant les escalators menant aux espaces supérieurs pour que son père puisse nous rejoindre et ne pas nous perdre.
« Tu ne m'as toujours pas donné la peinture sur laquelle tu dois travailler, Alec. »
« Je dois faire un dossier sur Van Gogh et faire une analyse de La nuit étoilée. »
« Bien alors cinquième étage si mes souvenirs sont bons. » Dis-je en les attirant enfin vers l'escalator.
Alec se trouvait sur une marche supérieure à nous et regardait avec curiosité l'environnement. J'aurai apprécié de pouvoir visiter le musée complètement mais en même temps, je ne me voyais pas retarder le moment de nous retrouver devant l'œuvre qu'Alec devait étudier. Surtout, qu'elle faisait partie des œuvres les plus populaires et célèbres du musée. Je savais donc pertinemment, qu'il allait y avoir rapidement de monde devant. Un peu comme la Joconde au musée du Louvre à Paris.
« Tu sais que je ne suis pas une encyclopédie de la peinture et que je ne pourrais t'aider que dans une certaine mesure sur le peintre. » Rappelai-je.
« Oui, oui, je sais. Je peux trouver les infos facilement mais par contre faire une analyse de tableau, j'en ai aucune idée. »
« Tu n'as pas commencé à voir ça en classe . »
« Pas vraiment à part dessiner des fruits, on ne fait pas grand-chose. »
« Nature morte. »
« Oui, c'est ça. Je ne vois pas vraiment l'intérêt à part nous donner faim. »
Je lâchais un petit rire face à son air de dépit.
« A vrai dire ce n'est pas une mauvaise idée de commencer par là. » Commençai-je à expliquer. « Cela te permet de pouvoir manipuler les couleurs, les jeux d'ombres, la perspective et le réalisme du dessin mais surtout la composition d'un tableau. Au lieu de vous dire comment se compose en général un tableau ton professeur te fait manipuler le concept. »
« Pour le moment, ma poire ressemble plus à un jouet pour chien. Une chose est sûre je ne serais jamais peintre. »
« Il te faut de la pratique. Rares sont les personnes capables de dessiner exactement ce qu'ils voient sans pratique. »
« Tu en étais capable toi ? »
« Pas totalement. » Gloussai-je. « Je pouvais reproduire certaines choses de façon correcte mais la plupart du temps c'était horrible selon moi. »
J'avais toujours été capable de dessiner avant de m'entraîner sérieusement pour améliorer la qualité de mon travail. J'étais déjà une perfectionniste dans le dessin même quand j'étais enfant. Et je l'étais toujours.
« J'ai passé de nombreuses heures à dessiner des bananes pour qu'elles ressemblent à ce qu'elles étaient. Mais le plus dur, cela a été de trouver ma propre façon de dessiner. »
« Ça veut dire que tu serais capable de reproduire n'importe quel tableau ? » Demanda-t-il intéressé.
« Dans une certaine mesure oui. »
« Trop cool, tu pourrais le faire là ? »
Ses yeux brillaient d'intérêt, je ne voulais pas lui dire que ce n'était pas possible maintenant, qu'il me fallait au moins un endroit stable pour pouvoir le faire et pas une foule de spectateurs autour de moi me regardant comme un singe savant.
« Peut-être pendant le déjeuner, Alec. » Intervient Caius. « Je ne suis pas sûr que les conditions soient idéales pour que Bella puisse le faire. »
Il acquiesça après un moment de réflexion. Pendant un bref instant, je l'avais vu déçu de la réponse fournie mais il sembla s'en contenter. J'étais certaine qu'il n'allait pas oublier de me demander de dessiner quelque chose durant le déjeuner. De là à savoir si c'était le tableau de Van Gogh, je ne pouvais pas l'affirmer.
Finalement, après un certain temps dans l'escalator on fit par arriver à l'étage et vers la salle où se trouvait le tableau. Elle faisait partie de celle qui ne possédait absolument aucune assise, ce qui était dommage car cela aurait été plus facile pour Alec de travailler. Néanmoins, la salle n'était pas encore bondée. Ce qui était normal puisque le musée n'avait ouvert ses portes que trente minutes plus tôt. Ce n'était pas mon œuvre préférée mais elle ne me laissait jamais insensible. C'était pour moi un maelstrom de sentiment qui me bouleversé surtout quand on connaissait le contexte de réalisation de l'œuvre.
« Je le pensais plus petit que ça. » Remarqua Alec.
Ce qui me fit sourire, d'où l'importance de voir les œuvres en vrai et non simplement se contenter d'internet. Du moins quand on a la possibilité de pouvoir le faire.
« Est-ce que tu as une feuille de route, quelque chose pour t'aider à travailler correctement ? »
Il acquiesça avant de me tendre le document qu'il avait placé sur son porte-document. J'y jettais un coup d'œil rapidement avant de me rendre compte qu'il n'avait vraiment pas besoin de moi pour faire le travail. Tout y était très bien expliqué mais surtout il était complètement guidé pour pouvoir réussir l'activité.
« Tu sais que tu n'avais pas besoin de moi pour le faire. »
« Je sais. » Dit-il en haussant les épaules. « Mais j'avais envie de le faire avec toi. »
Une vague de chaleur éclata au plus profond de moi. Je me demandais ce que j'avais pu faire dans une vie antérieure pour tomber sur un garçon aussi gentil. Depuis ma rencontre avec lui à travers une webcam, Alec n'avait eu de cesse de m'émerveiller. Il avait réussi à récupérer mon numéro de téléphone portable et mon e-mail et dès le lendemain avait commencé à m'envoyer des messages. Certes pas tous les jours mais j'en avais au moins des nouvelles tous les deux jours. Ça allait des questions aléatoires sur ce que j'aimais faire, manger ou visiter jusqu'à des réflexions sur des choses banales. J'avais appris beaucoup de choses sur lui, sur la vie qu'il avait vécu jusqu'à maintenant, sa relation avec sa sœur et ses parents mais aussi sur le divorce et sa position maintenant.
Pour un jeune adolescent de douze ans, il faisait preuve d'une vraie maturité que j'avais encore parfois du mal à trouver chez les adultes que j'avais pu rencontrer. Il avait une vision de la vie à la fois très réaliste, tout en gardant une certaines candeur et un optimisme à défier les plus grands défaitistes. J'étais sûr qu'il allait devenir un adulte absolument incroyable. Mais surtout, j'appréciais vraiment le fait qu'il était capable de reconnaître ses sentiments et de les exprimer ouvertement. Il était le contraire de son père et de sa froideur apparente.
Il récupéra sa feuille de travail et s'avança vers la petite plaque à côté du tableau pour récupérer toutes les informations présentes dessus. J'eus juste le temps de me tourner vers Caius pour voir la fierté sur son trait avant qu'à nouveau ses traits affichent sa froideur naturelle. J'étais véritablement contente pour lui qu'il puisse passer autant de temps avec son fils. Je tenais vraiment à tenir la promesse de l'aider à être un meilleur père pour ses enfants. Pour le moment, je ne pouvais l'aider qu'avec Alec puisqu'il était le seul assez volontaire pour me fréquenter.
En toute transparence, je préférais repousser le plus tard possible la rencontre avec Jane. Je ne me sentais pas véritablement prête à me prendre une vague de colère et de haine en pleine face. J'avais besoin de me construire un bagage solide en passant par une relation saine avec Alec et solide avec Caius avant de me lancer dans le terrain miné que pouvaient être les opinions de Jane Volturi sur moi.
« Alors par quoi on commence ? » Demanda Alec joyeusement.
On passa les quarante minutes suivantes à parler du tableau et à le décortiquer ensemble, tout en suivant la feuille donnait par son professeur pour faire le travail. Caius avait été un spectateur patient qui avait très peu participé à la conversation. Cependant il avait impossible pour moi de l'oublier car il avait passé la majorité de son temps derrière moi, son torse collait à mon dos, ses bras m'entourant. J'avais eu l'impression d'être une bulle de protection. De plus, les échanges avec Alec m'avaient totalement fait occulter l'environnement autour de nous. Ça avait donc été une véritable surprise quand nous avions fini notre conversation de trouver autant de monde dans un si petit espace.
Néanmoins, mon stress s'était tout de même manifesté une fois sortie du musée. J'avais mis de côté l'idée de visiter le reste de l'établissement quand j'avais vu la foule dans les couloirs et les escalators. En outre, l'heure du déjeuner s'approchait de plus en plus. Je ne me voyais pas priver Alec d'une heure raisonnable de repas pour une envie égoïste de me plonger dans des œuvres d'art que j'avais déjà vu des dizaines de fois. À la place, je fis la note mentale d'y retourner un jour de semaine et à des heures plus vivables.
« Es-tu sûr de vouloir y aller à pied ? » Demanda Caius une nouvelle fois.
J'acquiesçai, je devais absolument sortir de cette spirale de stress inutile face à la foule. Surtout que la journée était agréable pour la fin d'un mois de septembre. Et pour une fois qu'une nuée de paparazzi ne me suivaient pas. Je devais en profiter pour pouvoir marcher un peu dans New York même si pour cela je devais affronter la foule de touriste qui déambulait dans les rues.
Depuis notre premier rendez-vous, j'avais été incapable de sortir de chez moi sans être suivi partout par plusieurs photographes à la recherche de Scoop me criant dessus des questions les plus intrusives les unes que les autres. Moi, qui avais été enthousiaste à l'idée de me rendre à pied à mes cours de yoga au studio de Nahuel, je me retrouvais la majorité du temps à devoir commander une voiture ou un taxi pour y aller. Je me disais qu'avec le temps, ils allaient se lasser de la banalité de ma vie mais il fallait croire que non.
L'apothéose avait été à mon retour du week-end d'anniversaire avec Caius. Il avait réussi à organiser ça en secret avec Kate et m'avait emmené sur l'île d'Hilton-Head en Caroline du Sud. Kate l'avait aidé à trouver un endroit où nous étions sûr de ne pas être suivi et harassés en permanence. Elle avait donc trouvé une villa à louer le temps du week-end dans un quartier résidentiel fermé ultra contrôlé. C'était la première fois que je fréquentais ce genre de quartier et j'avais été assez surprise par la sécurité mise en place.
Et pour ne rien gâché la villa était absolument magnifique, dans un style coloniale directement sur la plage avec son accès privé et une piscine privé. Ça avait été un des meilleurs week-end d'anniversaire de ma vie. Moi qui ne le fêtait absolument pas en tant normal, ça faisait deux années de suite qu'il avait réussi à me le faire faire. Ce qui avait été vraiment appréciable c'était que les rares fois où nous étions sortie pour aller déjeuner dans la petite ville à côté de la villa nous n'avions pas été embêté. Caius m'avait expliqué alors qu'il n'était pas rare d'avoir des célébrités séjournant à cet endroit et que les habitants en étaient totalement habitué. Il n'y avait donc pas l'effet foule qui pouvait exister ailleurs.
« Tu sais, je suis content que papa soit avec toi. » Dit soudainement Alec.
Caius s'était absenté temporairement pour répondre à un appel de travail. J'étais donc uniquement avec lui à table attendant patiemment notre commande.
« Normalement, il répond à son téléphone quand on est à table et ne nous aurait jamais emmené au musée pour faire un travail d'école. » Expliqua-t-il. « En vrai, je ne sais même plus si il nous a déjà aidé pour un travail d'école. D'habitude c'est notre tuteur qui le fait. »
J'avais l'impression que mon cœur allait se briser.
« Mais depuis toi, il fait plus attention à nous. Il est même venu voir mon entraînement de natation. Je ne savais même pas qu'il savait que je faisais ce sport. Alors tu vois, c'est cool que tu sois là même si Jane dit le contraire. »
« Oh, Alec, je ne sais pas quoi dire. »
Il haussa des épaules avant de jouer à nouveau avec ses couverts.
« J'espère que tu sais que ce n'est pas moi qui lui ais dit de faire ça. » Dis-je finalement après un temps de réflexion.
« C'est vrai ? » Demanda-t-il surpris.
« Absolument. »
Il me sourit intensément satisfait de ma réponse.
« Tu crois que tu pourrais venir une fois me voir nager ? » Dit-il avec une certaine timidité.
« En compétition ? »
Il acquiesça.
« Ta maman ne vient pas te voir normalement ? »
« Voyons, non, l'odeur est insupportable, Alec. » Fit-il en imitant de façon juste la manière de parler de sa mère.
Je n'avais peut-être rencontré qu'une seule fois sa mère toutefois cela restait marqué au fer chaud dans mon esprit. C'était assez déconcertant pour moi de savoir que finalement aucun de ses parents ne s'étaient jusqu'à maintenant intéressés à lui. Je me doutais que c'était la même chose pour Jane. Puisque la fois où je l'avais croisé avec son père correspondait au cadeau d'anniversaire qu'elle avait voulu avoir, à savoir, voir un ballet avec son père.
Alors, je me fis la promesse intérieure de pallier à ça. Je n'allais pas remplacer leur mère mais si je pouvais être cette proche qui les encourage, j'allais le faire. Et même si je venais à me séparer de Caius, je voulais continuer à le faire. Chaque enfant méritait d'avoir son groupe d'encouragement dans sa passion. Il était pour moi hors de question qu'une autre personne vive ce que j'avais vécu.
« J'adorais venir t'encourager Alec. » Souris-je fière de ma résolution. « Est-ce que je vais devoir faire des pancartes de soutiens ? Parce que je suis une pro de la colle à paillette. »
Ses joues rougirent doucement ce qui me fit plaisir.
« Que vas-tu faire avec des paillettes, ma chère ? » Demanda Caius.
Ce qui nous surprit tout les deux. Nous avions été assez inconscients pour ne pas remarquer qu'il était de retour à table.
« Des pancartes avec de super slogans pour la prochaine compétition d'Alec. »
« Quand est-ce ? » Interrogea Caius.
« Vendredi 6 novembre à dix-huit heures. » Répondit Alec du tac au tac.
Caius sortait son téléphone qu'il avait dû ranger un peu plus tôt de la poche du jean qu'il portait aujourd'hui. J'allais commencer à m'habituer à la vue d'une paire de jeans sur lui. Surtout que c'était un spectacle absolument loin d'être désagréable.
« Si c'est bon pour Bella, nous serons là. » Affirma son père.
« C'est vrai ? » Dit Alec surpris.
« Bien sûr, fils, je viens de bloquer la date pour toi, rien ne pourra me faire manquer ça. »
Alors pour la seconde fois de la journée, quand je vis les yeux d'Alec s'embrumer de larmes de joie, je me fis la promesse d'assister à l'événement mais surtout d'y emmener Caius quoi qu'il en coûte.
Il était hors des questions que Caius Volturi ne tient pas ses promesses, foi d'Isabella Marie Swan !
