Hé ben les chapitres s'enchainent ! Merci pour les reviews et bonne lecture !
Cours d'histoire
Mardi 6 août 1996 : le Manoir
Jedusort a eu ce matin l'autorisation de se balader dans le Manoir et il n'a pas perdu son temps. Il était 10h du matin quand on a toqué à la porte de mon laboratoire de potion. Car oui, j'ai fait rapatrier tout mon matériel ici après la mort de Sirius : nous sommes vraiment à court de potion en tout genre et il fallait faire de nouvelles réserves. On ne peut pas les commander, il me faut donc les préparer. Ca n'a rien de bien compliqué. Peut-être que je prendrais les plus jeunes avec moi pour les faire quand je me serais occupée de plus urgentes et des plus difficiles.
Comme il ne s'agissait pas d'opérations critiques, j'ai lancé un « entrez » sans me retourner. La porte s'est ouverte et refermée sans que personne ne parle et je me suis donc retournée pour me trouver face au jeune Voldemort. Il était habillé de vêtement passé de mode depuis des années, mais étant donné qu'il avoisinait les 17ans, ce devait être ce qui se faisait à son époque. Il le portait avec élégance d'ailleurs, rien dans son maintien ne laissait penser qu'il venait d'un orphelinat moldu.
- Vous n'êtes pas difficile à trouver, a-t-il commenté.
- Je ne cherche pas à me cacher, ai-je répondu du ton le plus polaire que j'avais en stock.
Il s'est approché pour jeter un coup d'œil aux chaudrons.
- Philtre calmant, potion de sommeil sans rêve, potion de régénération sanguine, baume pour les blessures magiques, essence de dictame, a-t-il listé.
- On n'est pas en cours. Qu'est ce que tu veux ?
- Je n'aime pas les intermédiaires.
- Alastor et Andreas sont là parce que je ne suis pas sûre d'arriver à me retenir de te tuer.
La menace n'a pas semblé l'atteindre.
- Vous ne vous risqueriez pas à tenter quoi que ce soit ici : un sort pourrait altérer vos chaudrons.
Il n'avait pas tord, et je me suis bien gardée de lui dire que je pourrais le tuer sans baguette magique tout aussi facilement qu'avec. J'étais également intriguée par sa visite.
- Je n'ai pas encore entendu parler de Dumbledore.
Il était donc venu en quête d'information. Il a dû deviner que c'était moi qui avais ordonné qu'on ne lui dise rien. Je suis restée silencieuse, m'assurant que mes potions n'auraient pas besoin de moi pendant quelques temps avant de me tourner définitivement vers mon visiteur indésirable. Croisant les bras, je me suis adossée à l'un des plans de travail.
- Dumbledore est mort, ai-je annoncé.
Je me demandais ce qu'il allait avoir comme réaction. De la jubilation ou toute autre forme de joie, j'imagine étant donné ce que je savais de Voldemort et de son antagonisme avec Dumby. Mais il s'est contenté de froncer les sourcils.
- Comment ?
- Par ta faute. Ou plutôt ton autre toi. Au fait, je ne sais pas si tu as été prévenu, mais ton nom de Lord est sous Tabou. Si tu le prononces, je te tue, est-ce clair ?
- Le lycanthrope me l'a dit.
- Le lycanthrope a un nom et c'est Andreas, ai-je sifflé. Tu ferais bien de ne pas l'oublier. Ce n'est pas parce qu'il devient un monstre une fois par mois qu'il faut le traiter comme ça.
- Il est dangereux.
- Tu es dangereux. Et pas qu'une fois par mois. Tu es là dehors et tu veux mettre fin a des centaines de vies uniquement à cause de leur naissance.
- Ce n'est pas moi.
Le ton était sec, la colère mal dissimulée. Bien, il parlerait peut-être plus facilement sous le coup de l'émotion.
- Vous partagez la même âme, il n'est que l'évolution que tu as suivie après la création de ton premier Horcruxe. Il est toi. Tu as un témoignage de ton futur sous les yeux et de ce que tu as fait.
- Je n'ai rien fait de tout ça ! Ca n'a jamais été ce que je voulais !
- Ce que tu veux n'a pas d'importance : il est bien trop tard. Tu as meurtri toute notre sorciété. As-tu la moindre idée de combien de sorciers sont morts par ta faute ? Des centaines Jedusort. Des centaines de Nés-moldus, mais aussi des Sang-Mêlés et des Sangs-Purs. Toute ma famille, tous mes amis, presque tous mes proches sont morts dans cette guerre ! ai-je soudainement hurlé.
Il y a eut un grand silence. Lourd. En fond les chaudrons qui bouillonnaient. Jedusort m'a observée. Il n'a pas tenté de nier une fois de plus ce qu'il avait fait. Parce que le Voldemort actuel avait un jour été ce garçon devant moi. Ca n'avait aucune importance que ça ne soit pas encore arrivé pour ce Jedusort là, il ne pourrait pas prendre un autre chemin.
- Je suis désolé.
Des excuses ? C'était inattendu, mais ça ne servait à rien. Que croyait-il faire ?
- Désolé ? Pour quoi exactement ? Avoir annihilé une famille de Sang-Pure entière ? Une de plus ?
- Désolé de tant de souffrance.
- Etre désolé, ça ne suffit par Jedusort. Etre désolé c'est inutile. Ca n'effacera pas le passé, ça ne fera pas revivre des centaines de morts inutiles. Ca n'empêchera pas celles à venir. Toutes la sorciété britannique est en déclin, quasiment morte. Est-ce que tu es capable de comprendre ce que tu as fait dans ta recherche aveugle de pouvoir et de gloire ?
Nouveau silence durant lequel il a semblé vraiment réfléchir à ma question. On pouvait presque voir les rouages tourner derrière ses yeux sombres. Après coup, je l'ai trouvé beaucoup plus posé que je ne l'aurais cru. Quand je pense à Voldemort, je vois un fou furieux super puissant, pas ce garçon avec qui j'ai discuté et qui s'est énervé quand je l'ai comparé à son lui futur.
- Mary m'a fait réaliser que je n'ai pas… choisi la voie qui me donnait les meilleures chances de succès, a-t-il finalement répondu d'un ton mesuré. J'ai cependant du mal à réaliser l'ampleur de ce qu'il s'est passé. Elle refusait de me parler de tout ce qu'il s'était passé pour moi après que j'ai été créé.
- Tu veux savoir ? Mais nous allons te l'apprendre Jedusort.
Et j'avais bien l'intention de voir comment il réagirait. Je pense que ce sera un bon test pour voir s'il est capable de nous « aider » contre lui-même. Je n'étais pas encline à le croire. Mais je devais réviser mon jugement à son propos : pour le moment il n'était pas ce à quoi je m'étais attendue.
Il allait prendre congé mais je l'ai rappelé.
- Au fait Jedusort.
- Oui ?
- Tu as failli tuer Mary quand tu l'as abandonnée à Poudlard. Si je n'ai que l'ombre d'un soupçon que tu lui as à nouveau fait du mal…
- Vous allez me tuer ? a-t-il complété.
- Non, si tu lui fais du mal, c'est moi qui vais t'en faire et alors tu souhaiteras que j'ai choisi de te tuer à la place.
La menace a flotté entre nous et il a légèrement hoché la tête pour me dire qu'il en prenait note.
- Il n'a jamais été dans mon intention de la blesser de quelque manière que ce soit, a-t-il ajouté avant de partir.
Et ça, c'est curieux n'est ce pas ? Pourquoi n'aurait-il pas voulu lui faire du mal étant donné que j'étais quasi sûre qu'il savait tout quant au fait qu'elle l'avait détruit alors qu'elle n'était qu'un bébé. Qu'est ce qui m'échappe ? Il me manque une pièce du puzzle. Celle qui va transformer ce lien inquiétant en un élément parfaitement horrible. Je connais assez ma vie pourrie pour savoir que ça ne sera pas quelque chose de bon. Je suis sûre que Jedusort sait exactement de quoi il s'agit, mais il garde soigneusement ses informations. Et sans Rogue nous n'avons pas de légilimens sous la main…
Mercredi 7 août 1996 : le Manoir
J'ai envoyé Alastor voir Jedusort avec pour mission de lui décrire en long en large et en travers toutes les atrocités que Voldemort avait commises depuis qu'il était de retour de son voyage en Albanie. Car après tout, qui de mieux pour ça que celui qui était chef du bureau des aurors lors de la dernière guerre ?
- Tu es sûre de toi Gamine ? Il y a un risque non négligeable qu'il trouve ça fantastique lui qui a toujours été assoiffé de pouvoir.
- A toi de juger du résultat. Je maintiens toujours que nous aurions dû le tuer immédiatement. S'il est trop content du résultat de sa quête de pouvoir, on aura qu'à mettre en œuvre la sentence initiale.
Mon ami m'a fixée un moment avant de grogner un assentiment.
De mon côté, j'ai étudié toute l'après-midi les malédictions. Comme dit par Andréas, c'était un procédé quasiment disparu, très ancien, très obscur et très compliqué. Dans le fond cependant, il s'agit d'un dérivé des incantations. Seulement en un but maléfique. Et avec un poil plus de sacrifice car les malédictions relèvent de la magie noire. Je venais de refermer un énième parchemin sur le sujet, le cerveau vibrant d'informations quand Alastor est revenu me voir. Un coup d'œil à l'horloge m'a appris que nous avions changé de jour sans que je ne m'en rende compte. Les elfes s'étaient occupés de maintenir la luminosité constante pour préserver mes yeux, ce pour quoi je leur étais reconnaissante.
- Alors ? ai-je demandé.
D'un coup de baguette je nous ai servis deux verres… sans alcool. Il a maugréé et sortit sa flasque.
- Désolé Gamine, mais un verre sans alcool à cette heure-ci c'est pas suffisant pour moi…
- Mieux vaut éviter de me tenter Alastor.
Je n'étais pas sûre d'être capable de résister si je ne faisais qu'avoir une bouteille d'alcool à disposition. Rien que de penser à ce qu'il avait dans sa flasque je sentais ma bouche s'assécher d'envie d'y goûter. Ce qu'il y avait dans mon verre me semblait nettement moins attrayant.
- Qu'est ce que ça a donné avec Jedusort ?
Il n'a pas répondu tout de suite, semblant rassembler ses idées.
- Il semble… mécontent des conséquences des actes de son alter-ego.
- Mais encore ?
- C'est étrange à dire… mais je ne pense pas qu'éliminer ou asservir les nés-moldus ait été son objectif initial.
- Qu'importe Alastor ? Même s'il n'a pas commis tous les crimes de l'autre con il avait déjà tué au moins deux fois à son âge et il avait clairement déjà les Serpentards dans sa poche, ce qui signifie qu'il était déjà perdu. Je ne pourrais jamais me tenir près de lui sans me dire qu'il ne va pas en profiter pour me jeter un sort dans le dos. Je ne suis pas Dumbledore : je ne crois pas aux secondes chances pour les personnes comme lui.
J'avais espéré qu'il me dise que Jedusort était comme Voldemort et qu'il faudrait l'éliminer. J'ai ressenti de la déception devant ce qu'il venait de m'apprendre.
- Tu veux mon avis honnête ? a répondu l'ex-auror. J'dirais jamais qu'il est doux comme un agneau. Mais je crois qu'il est contre son alter égo. L'autre con lui fait de l'ombre et se trouve en plein sur son chemin. Il va se servir de nous pour qu'on l'en débarrasse. Une fois que ce sera fait, nos intérêts ne convergeront plus et il essaiera sans doute de nous éliminer aussi. Tant que l'autre con sera en vie, je pense qu'il nous sera utile. N'oublie pas : Jedusort a toujours été extrêmement intelligent.
- Il ne se laissera pas manipuler.
- Non, mais lui comme nous savons ce à quoi nous attendre. Ca suffit pour une trêve temporaire. Dès que l'autre con sera mort, je conseillerais qu'on l'achève sans attendre. On ne peut pas se permettre de le laisser en vie.
Surtout avec la prophétie. Pour que Mary soit en sécurité, il devra mourir car aucun d'eux ne peut vivre tant que l'autre survit. Et ce sera ma fille qui vivra. J'ai médité ce point en faisant tourner mon verre dans ma main, me disant que ça me ferait vraiment, vraiment, du bien de boire un coup.
- Jedusort semble beaucoup s'intéresser à toi.
La remarque d'Alastor m'a ramené au moment présent. Il ne me regardait pas, semblant tout aussi songeur que moi. J'ai froncé les sourcils.
- Pardon ?
- Il m'a demandé des détails sur la manière dont était morte ta famille. Je n'ai pas su lui répondre : tu n'as jamais dis grand-chose à ce sujet. J'ai juste retenu que tu as poignardé l'autre con ce jour là. Si tu avais mieux visé on aurait gagné des mois de guerre.
Il n'y avait pas de reproche dans sa voix, une simple constatation qui devait lui rappeler que négliger les armes blanches et le combat sans baguette de manière générale avait été une de ses erreurs de l'époque. Je ne suis pas sûre que ça ne soit pas toujours le cas d'ailleurs. Il faudrait peut-être demander à Andreas de former également les « soldats » qu'Alastor entraîne. Il va se vexer, mais je préfère le savoir vexé que de voir tous ces jeunes mourir parce qu'ils n'ont appris à se battre qu'avec la magie.
- J'imagine qu'il cherche des informations pour essayer de l'utiliser contre moi d'une manière où d'une autre.
Pas étonnant parce que je fais la même chose. La moindre information que je pourrais retourner contre lui ou son alter égo est la bienvenue…
Je n'arrive toujours pas à croire qu'il y a maintenant DEUX Voldy bien vivants et que l'un habite chez moi.
Le monde est fou.
Dimanche 11 août 1996 : Square Grimmaurd
J'avais une réunion avec Sinistra et Flitwick qui vont retourner à Poudlard demain pour préparer la rentrée. Jusque là, je ne leur avais pas appris l'horrible sort qui avait été réservé aux nés-moldus capturés. Ils ont bien entendu été révoltés. Il a fallu un long moment avant qu'ils ne se rassoient à table sans jurer. Qu'ils ne puissent rien faire au risque de compromettre la trouvaille du dernier Horcruxe qui repose en grande partie sur leurs épaules a été encore plus difficile à admettre pour eux. Mais il fallait faire ce choix abominable de ne pas essayer d'aider les Nés-moldus à s'enfuir pour pouvoir tuer Voldemort.
Honnêtement, je ne suis pas sûre qu'ils en soient capables. Rogue oui même si je ne pense pas que ce soit aussi aisé pour lui que tout le monde voudrait bien le croire. Quant à moi… Je ne sais pas. Ca dépendrait de mon état d'esprit je suppose. Je suis capable de sacrifier beaucoup de choses à la guerre, mais voir un gamin traité comme un elfe de maison devant moi…
Nous sommes restés ensemble pendant 3h pour planifier un maximum de choses et j'en ai profité pour discuter d'occlumancie avec eux. Flitwick avait les bases, et étonnamment, Sinistra était plus avancée que lui. Sans que ça ne puisse empêcher un legilimens puissant de forcer le passage, mais suffisamment pour réussir à orienter ledit legilimens loin de ce qu'il chercherait. De toute manière c'est Rogue qui fera l'examen de leur esprit à leur arrivée à Poudlard alors il ne devrait pas y avoir de soucis.
- As-tu pensé à tous les Nés-Moldus rentrés dans leur famille et qui ne pourront pas retourner à Poudlard ?
J'ai affiché un air étonné. Non, ils m'étaient tous complètement sortis de l'esprit une fois qu'ils avaient pu être sauvés… Et nous n'en avions pas sauvé beaucoup : les otages nés-moldus étaient les plus amochés, nous ne pouvions pas tous les porter pour les emmener avec nous.
- Je vais envoyer Remus voir les familles pour les avertir de ce qu'il se passe et leur dire de prévoir des cours à la maison pour eux. Je suppose qu'il doit pouvoir pondre un programme pour qu'ils puissent se garder à niveau. Nous pourrions organiser des journées au Terrier avec Molly et lui pour quelques cours de magie… Ah non, mince ils sont sous fidelitas. Peut-être plutôt ici alors.
Il allait falloir y travailler sérieusement, mais je ne doutais pas que Remus mettrait du cœur à l'ouvrage. C'était son domaine.
Avant de quitter le manoir, je suis allée voir Jonathan. Il s'était installé dans une des chambres de l'étage et quand il m'a vu son visage s'est durci. Il m'a dévisagé sans rien dire.
- Tu as l'air en forme, ai-je tenté quand il n'a pas répondu à mon salut.
Il n'avait plus de pansement et ses mouvements semblaient naturels.
- Qu'est ce que tu veux ?
Le froid polaire de sa voix a été comme un poignard en plein cœur. J'avais espéré qu'il aurait compris, à défaut de me pardonner, et que peut-être nous pourrions discuter de la situation avec plus de calme. Essayer d'apaiser les choses.
- Je pensais que nous pourrions discuter, ai-je tenté tout de même.
- Tu as changé d'avis à propos de Jaymie ?
Sa phrase était clairement un ultimatum. J'ai failli avoir la faiblesse d'y céder, mais il y avait tellement de choses en jeu que je ne pouvais pas le faire. Quand je disais plus tôt que j'étais capable de sacrifice, celui de ma relation avec Jonathan n'était de loin pas le plus facile.
- Non, ai-je soupiré, vaincue.
- Alors je n'ai rien à te dire. Va t-en.
Insister n'aurait rien donné. Cette dureté que je voyais dans son regard, je la reconnaissais car elle venait de moi. Je lui ai jeté un regard suppliant mais il s'est montré inflexible et la mort dans l'âme je suis sortie de la pièce. Je suis restée un moment là, la poignée en main avec le vain espoir qu'il me rappellerait ou se précipiterait à ma suite. Mais non.
- Désolée, ai-je dit à la porte.
Une larme a coulé sur ma joue et je l'ai regardée tomber sur le sol. Ca fait un mal de chien…
Mardi 13 août 1996 : Manoir
Tonks est arrivée aujourd'hui avec sous le bras le Registre. Celui où sont renseignés tous les noms des Nés-Moldus de Grande-Bretagne. Ils sont inscrits au fur et à mesure qu'ils font leur première magie accidentelle, détectée je ne sais comment. Ils disparaissent du Registre quand ils entrent à Poudlard ce qui fait qu'il n'est pas bien épais. Mais ce machin suinte la magie.
Il est recouvert d'un cuir extrêmement épais que je soupçonne d'être du cuir de dragon. Il n'y a rien d'écrit sur ce cuir, mais il doit y avoir beaucoup de choses non visibles qui y sont gravées. Sans doute sur la face cachée de la couverture. Ah ! J'aimerais pouvoir désosser ce machin pour savoir comment ils ont réussi à faire cette prouesse de magie. Il date de la création de Poudlard, sans doute est-ce une création supervisée par Rowena Serdaigle elle-même. Je suis Maître des Potions, mais certains mystères liés aux sortilèges me passionnent tout de même.
Nous avons tous, Tonks, Alastor, Andreas, Remus et moi, contemplé ce livret avec déférence quand elle l'a posé sur mon bureau. J'avais presque l'impression de commettre un sacrilège en l'ouvrant. Et là… il était totalement blanc.
- Comment ça se fait ?
- Il est verrouillé par magie : seuls certains sorciers sont capables de le lire, m'a appris Tonks. Aucun ne travaille plus au Ministère, mais je me suis dis qu'il valait quand même mieux le voler au cas où nos ennemis seraient capable de comprendre comment le déchiffrer.
J'ai hoché la tête, soulagée en un sens malgré la frustration. Si nous étions incapables de le lire, les Mangemorts n'avaient pas pu s'en servir pour attaquer les tout nouveaux Nés-Moldus qui auraient dû entrer à Poudlard -ou pire pour le disséquer et comprendre comment il fonctionnait pour pouvoir appliquer cette magie dans un but maléfique. Au moins, les Nés-Moldus étaient en sécurité. Avec un peu de chance, ils pourraient faire leur rentrée avec seulement une année de retard… Ou peut-être jamais si nous perdons. Je n'ai pas envie de penser ce qu'il va se passer si tous les Nés-Moldus n'ont soudainement plus aucune éducation magique. Ce sera la fin du Secret Magique je pense.
- Ta couverture est toujours sûre ? ai-je demandé.
- Oui. L'espionnage est ma spécialité, je me fonds dans la masse mieux que personne avec ma métamorphomagie.
- Bien. En partant, pense à t'arrêter à Square Grimmaurd : avec ta mission, tu ne vois jamais ton père et je sais que ça lui fera plaisir. C'est dur pour lui.
- Je sais…
Je lui ai redonné le Registre pour qu'elle le remette à Amelia. On ne pouvait pas s'en servir au manoir et étant donné qu'elle serait la future Ministre de la Magie elle saurait quoi en faire. Il était en sécurité avec elle.
- Comment va Amélia ?
- Elle prépare l'après-guerre et le nouveau Ministère avec assiduité.
- Pas de risque qu'elle soit débusquée ?
- Aucun tant que le Tabou est respecté.
Personne parmi nous ne savait où elle se cachait exactement et aucun ne tenait à le savoir. Il faut séparer nettement la Guerre, menée par moi et la Résistance, et la survit du Ministère. Quand Voldemort aura été terrassé, il faudra faire une action coup de poing pour reprendre le pouvoir immédiatement sinon la sorciété allait être à feu et à sang et l'anarchie chez les sorciers ce n'est pas une très bonne idée.
A suivre...
