# Chapitre 26
L'Atout n'a pas a comprendre.
Des ordres sont rédigés, l'Atout doit les effectués. Il ne vit que pour ça, et il n'a rien à comprendre derrière les ordres. Il n'a qu'un but dans la vie, il n'a qu'un objectif et il n'est là que pour obéir aux ordres.
Comme un réfrigérateur n'est là que pour stocker des aliments dans une température contrôlée, ici le froid. Le four, c'est le contraire.
Le micro-ondes reste un mystère parce qu'il est froid comme le frigo, il tourne deux fois et ce qui est à l'intérieur devient chaud sans qu'il n'ai besoin d'être chaud tout le temps dans le four.
L'Atout n'a pas a comprendre, parce qu'il est une arme.
Sauf que ce n'est pas tout à fait vrai.
Peut-être que c'était vrai au début. Et ceux qui donnent les ordres veulent totalement qu'il ne soit qu'un frigo ou qu'un four. Qu'une arme. Une arme entretenue et entreposée jusqu'au ce qu'on ai besoin d'appuyer sur la gâchette.
L'Atout ne sait pas depuis combien de temps il fait ça. Mais depuis longtemps. Parce qu'il a une notion du temps. Biaisée, mais il sait que le temps passe. Bizarrement, parce qu'ils le stockent.
Parce qu'en cours de route, l'Atout est passé de l'arme... À l'arme pensante.
Un jour, il
Et le jour d'après, il ratait presque une cible, parce que de part une des fenêtres de l'immeuble sur lequel il était perché, immobile depuis des heures à attendre de pouvoir tirer sur la gâchette, résonnait une mélodie.
Rien de grandiloquent, rien d'énorme, juste une femme qui fredonnait en tenant sûrement sa maison en attendant son mari. Mais c'était un son qu'il savait n'avoir jamais entendu une seule fois, et pourtant c'était familier. Et c'était beau.
Il avait presque raté la fenêtre d'exécution. Presque. Il avait tout de même abattu l'homme dans sa limousine Lincoln Continental de 1961, seulement un peu en retard de telle sorte que la première balle a traversée la cible pour aller se loger dans la personne face à lui. Ça n'avait pas été prévu dans la mission, et l'Atout avait été violemment corrigé malgré la réussite de la mission.
Mais c'était déjà trop tard pour ceux et celles qui le gardaient stocké.
L'Atout... S'éveillait. En tant que sa propre personne, sa propre personnalité.
Il sait, concrètement, qu'il est là depuis le début. Qu'il n'est pas apparu du jour au lendemain. D'une certaine manière si, mais pas réellement. Il n'avait pas réalisé avant et c'est seulement après ce moment qu'il se mit à penser, et à se souvenir. Il y avait des souvenirs qui étaient siens, des souvenirs d'endroits froids, de correction et d'ajustement forcé, de formation qui n'était que de la torture, et des souvenirs d'avant. Des souvenirs qui n'étaient pas à lui.
Ils ont fait ce qu'ils avaient à faire pour le transformer en toile vierge. Et celui d'avant s'est tapis loin, presque disparu, silencieux depuis si longtemps que l'Atout en avait oublié sa présence. Il était là au début, mais c'était avec l'autre, avec James. Ils étaient à l'époque qu'un seul. Et après, James s'est brisé et l'Atout était seul.
Seul, et incapable de comprendre qu'il était seul. Jusqu'à ce jour, où il prit conscience de lui-même.
Après cela, ça n'a été qu'un jeu du chat et de la souris. L'Atout était conscient de lui-même, mais la chaise faisait encore son travail. Il était sortit du stockage, réinitialisé et il se détachait de tout, obligé de se conformer aux ordres quand les mots sortaient de la bouche de l'un d'eux. De toute manière, il n'y avait rien d'autre à faire pour l'Atout.
Mais petit à petit, sans que ses gestionnaire ne le réalisent parce que la toile vierge qu'ils voulaient, c'était lui, l'Atout commença à apprendre. A réapprendre le monde dans lequel il était né et avait grandit, le monde qui l'avait avalé, mâché et recracher pour que l'Atout soit face seul à cette nouvelle réalité.
Mais c'est comme ça. L'Atout n'aime pas être réinitialisé et entretenu. Mais il peut le supporter. Pas James. C'est pour ça que James se cache depuis qu'ils sont deux.
Les gestionnaires pensent qu'il n'est plus là.
C'est faux. L'Atout le sent. Dans le paysage de son inconscient, il est là, tapis dans un coins, immobile et silencieux, là depuis toujours et l'Atout n'a jamais fait trop attention à lui, jusqu'à ce qu'il réalise qu'il était. Après ça, l'Atout s'assure toujours qu'après être de nouveau lui, qu'entre le moment où les ordres sont forcés et exécutés, et juste avant qu'il ne revienne sur la chaise pour être réinitialisé, que James est toujours là.
C'est toujours l'Atout qui se réveille et qui est la poupée. Mais ça va, parce que James ne pourrait pas supporter tout ça. L'Atout ne combat pas les ordres. Il est assez fort pour supporter la réinitialisation, qui n'en est pas vraiment une parce qu'il est toujours là, mais il reste une poupée pendant un temps avant d'être de nouveau conscient. Il est assez fort pour supporter l'entretient - la torture - mais il ne peut pas combattre les mots qui le forcent toujours.
L'Atout ne sait pas ce qu'il est. Une arme, certes. Un soldat. Un soldat qu'il sait, va contre les convictions de James, parce que James a des convictions. Il est humains, c'est un homme, et d'après ce que l'Atout comprend du bien et du mal par rapport aux souvenirs qu'il peut voir mais qui ne sont pas vraiment les siens, un homme meilleur que lui.
Mais ce n'est pas grave, l'Atout n'est pas là pour être bon. Il est là pour protéger James des gestionnaires et le cacher. Il ne sait pas si un jour, tout cela sera terminé, mais s'il ne comprend pas la notion d'espoir, il en a pour James.
Donc, officiellement, l'Atout n'a pas a comprendre les choses. Il sort du stockage, on le réveille, on s'assure qu'il est fonctionnel, puis les mots entrent en jeux. La mission se passe, l'Atout plus ou moins conscient de ce qu'il fait, puis il rentre. On l'entretient, on le réinitialise, et il retourne au stockage pour attendre la prochaine mission.
Mais pas cette fois.
Cette fois, le réveil, la sortie du stockage a été beaucoup plus longue. Pas réellement laborieuse, parce qu'au contraire, ça a été si long que ça ne faisait pas mal et quand l'Atout ouvrit les yeux, il ne se sentait pas nauséeux comme d'habitude, pas mal comme toujours. Habituellement, c'était toujours quand il était ainsi, l'estomac au bord des lèvres et encore assez faible, esprit flou, que les mots étaient prononcé et que l'Atout se retrouvait à obéir sans pouvoir s'en empêcher.
Pas cette fois.
Il n'est pas dans la cellule habituelle. Il est dans une chambre blanche, qui ressemble à un hôpital de ce que l'Atout en sait. Et une vrai chambre. Quelque chose de confortable.
Et les mots ne viennent pas.
Il attend, comme il se le doit, parce qu'il ne veut pas subir une nouvelle réinitialisation a peine sortie du stockage. C'est déjà arrivé, il y a longtemps. Il avait osé parler à peine sortie du stockage, et on l'avait réinitialisé. L'Atout avait apprit à la dure, de ne pas quitté le script que les gestionnaires attendaient qu'il suive.
Alors il reste immobile, assit sur le bord du lit, les mains sur les genoux en attendant. Il a tout repéré dans la pièce, les sorties possibles - il n'y a en réalité qu'une, le verre des fenêtres est visiblement trop épais et résistant pour qu'il arrive à le briser de lui-même, il n'a pas le recul nécessaire pour prendre de l'élan, alors la porte.
Il y a bien le miroir, qui n'en est pas un. Il voit la petite bulle d'air coincé dans le bas droit. C'est normalement une fenêtre, sur lequel on a apposé un film effet miroir. On l'observe, et puisque c'est lui qui est sortit du stockage, c'est peut-être fin, les autres de l'autre côté sont armés et près à le faire obéir.
Il y a quatre caméras, qui couvrent l'entièreté de la pièce, et l'Atout s'est mit exactement face à l'une d'elle. Il est plus simple de se montrer près à obéir. Ça fait moins mal.
Il attend que la porte s'ouvre, il attend les ordres qui arriveront sans aucun doute, il attend la chaise. Il essaye de ne pas y penser, parce que c'est quand il est le plus tendu, à attendre la douleur, que ça fait le plus mal. Habituellement, il se réveille sur la chaise et n'a pas le temps de se débarrasser de la torpeur de la sortie de la cryostase avant qu'il ne soit réinitialisé.
Ceux qui le laissent se réveiller et comprendre ce qui va lui arriver sont les pires gestionnaires. Ils ne réalisent pas que l'Atout est plus qu'une marionnette et qui a des raisonnements, mais ils s'attendent toujours à ce qu'il se batte comme une bête enragée, parce que c'est pour eux quelque chose de divertissant.
L'Atout n'a vu que rarement des animaux dans des cirques, mais c'est comme ça qu'il se sent.
La porte s'ouvre et il n'allait avoir aucune réaction, parce qu'il ne veut pas alimenter leur moulin et veut en finir le plus rapidement possible, mais il ne peut s'empêcher de cligner des yeux en voyant la femme rentrer, intérieurement surprit. Parce qu'il la connaît.
Ce n'est pas une gestionnaire, ni de ceux qui le possèdent depuis des années, ni de ceux a qui il avait été prêté pendant longtemps. Du moins, elle n'en faisait plus partie. Elle a grandit, ce n'est plus une enfant, c'est une femme, mais l'Atout reconnaît tout de même Natalia. La petite Natalia, qu'il a entraîné lui-même et que les gestionnaires avaient décidé de mettre en duo une fois son entraînement terminé et peut-être même s'ils ne pouvaient pas les faire se reproduire. Ça ne s'était jamais fait parce que l'Atout avait tué une partie des gestionnaires après avoir entendu ce qu'ils avaient prévu pour elle.
Il avait été neutralisé et rendu à ses propriétaires et ne gardait de son temps dans la mère patrie que son amour pour la langue et un accent reconnaissable.
Il pensait qu'elle avait réussit à s'enfuir, avait appris qu'elle était désormais son propre gestionnaire et il ressentait beaucoup de choses à la voir ici. Pas de choses très agréables.
- Bonjour, soldat, lui dit-elle dans leur langue.
Il ne réagit pas et ne répond pas, attend juste les ordres. Mais elle ne dit rien non plus, elle ne fait que l'observer, évaluant la menace qu'il est. Bien, elle n'a pas délaissé son entraînement.
- Ordre de mission ? Demande-t-il enfin après de longues minutes silencieuses.
Elle ne donne rien, le visage vide et même son corps ne donne rien. Elle est toujours aussi douée, peut-être même plus que quand elle était plus jeune.
- Il n'y en a pas, répond-elle plutôt calmement.
L'Atout ne fait que l'observer. Comment ça, pas d'ordre ? Elle ne tient que quelques secondes sous son regard, parce que même si elle est bonne, l'Atout reste celui qui l'a formé, qui l'a prit sous son aile intransigeante qui ne laissait aucune place à l'erreur, à ce que les gestionnaires pouvaient considérer comme de la faiblesse. Il attend qu'elle en dise plus et en effet, elle commence à s'agiter, une véritable agitation, pas une mise en scène.
- C'est fini, Soldat, dit-elle en bougeant un peu.
- Ils t'ont reprise, je croyais que tu avais déserté, dit-il sans réellement attendre de réponse.
Ses lèvres se serrent et elle secoué la tête.
- Non. C'est fini, Soldat. Ils ne m'ont pas repris, jamais, et toi non plus. Plus de missions, plus d'ordre, plus d'activation. C'est terminé, affirme-t-elle.
L'Atout hausse un sourcil, parce que c'est le mensonge le plus ridicule qu'on lui ai jamais servit. Et au final, elle est toujours une très bonne actrice, il a commencé à croire à sa légère vulnérabilité. Mais c'est réellement une mauvaise lise en scène. L'Atout se demande pendant un instant pourquoi ses gestionnaires testent soudainement sa loyauté. Il pensait qu'ils avaient comprit qu'il n'avait aucune loyauté, c'est à peine s'il a conscience de pouvoir faire des choix. Et en réalité, il ne peut en faire aucun.
Mais il ne veut pas retourner sur la chaise, parce qu'il sait que qu'importe ce qu'il ferra, ils le retrouveront toujours, parce qu'ils sont partout et qu'il a de toute manière aucun moyen pour le moment de retirer les différents traqueurs dans son bras de métal. Alors s'ils veulent continuer à jouer sans qu'il ne participe à leur magouilles, c'est eux qui décident. Il ignore pourquoi ils essayent de le faire fauter, peut-être cherchent-ils juste une excuse pour le réinitialiser. Cela doit les faire rire, ou quelque chose comme ça.
Ce n'est pas grave, ça ne le concerne pas. Il attendra juste de retourner au stockage, et s'il doit un jour réussir à partir, il le fera sous ses propres conditions, quand il sera près et que James sera là pour l'épauler, parce qu'il ne peut pas faire cela tout seul.
L'Atout ne fait donc que hausser une épaule et détourne le regard de la petite Natalia, pour fixer le mur et attendre. Il l'entend soupirer et quitter la pièce presque sans un bruit, des verrous claquant derrière lui.
Peut-être cela les amusent-ils, mais ils ne sont pas tout à fait inconscient.
Ne t'en fait pas, James. Tu n'as pas à subir tout cela, affirme-t-il.
Quelque part au fond de son esprit, il bouge un peu, très légèrement. Mais c'est suffisant.
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La mascarade continue pendant plusieurs jours. L'Atout ne compte pas, parce qu'il n'a besoin de compter que quand il est mission, et que le temps est important. Il n'a pas de mission ici, le temps n'est pas important, il attend. Il peut attendre longtemps.
Il ne sait pas ce que ces gestionnaires attendent de lui, alors il leur donne l'image d'une animal coincé en cage, immobile pendant un temps, puis bougeant pour regarder tout autour de lui sans en avoir l'air. Les murs sont clairement renforcés, le son de la pièce est très étouffé et quand il a simuler une crise de colère, les sons des peu de choses envoyés contre les murs et les vitres sont caractéristiques.
Ils l'ont enrayé, sûrement par empoisonnement par inhalation parce qu'il s'est écroulé sans avoir aucun souvenir, ni de douleurs fantômes de l'endroit où une fléchette particulière l'aurait touché. Juste ce goût amer dans la bouche et le corps ankylosé.
Il n'y a que la petite Natalia qui vient le voir, personne d'autre. Elle continue d'essayer de donner aux gestionnaires inconnu une réaction particulière, une réaction que l'Atout ne peut encore simulé puisqu'il ignore encore les paramètres totaux de cette mission secrète. Elle continue de lui dire que c'est terminé, qu'il n'y a plus d'Hydra ou de Chambre Rouge, ses anciens gestionnaires à lui et à elle.
Il ne sait donc pas lesquels sont ces nouveaux gestionnaires. Mais ce n'est pas grave, d'accord ? Il est patient, l'Atout est une arme qu'ils ont parfaitement aiguisé et s'ils décident de ne pas le réinitialiser, c'est leur problème. S'ils ne savent pas que l'Atout est plus docile après une réinitialisation, s'ils n'ont pas retenu des erreurs de relâchement autour de l'Atout, qui en a toujours profité, c'est leur problème.
Natalia sait sûrement qu'il attend son heure, mais l'Atout ne peut en être sûr. Ce n'est pas grave, parce que plus les ordres mettent du temps à arriver, plus l'Atout peut planifier.
Donnez à l'Atout des ordres, il est bon.
Donnez à l'Atout des ordres vagues et de la planification, il est exceptionnel.
Donnez à l'Atout du temps et sa propre mission... Il est impitoyable et implacable.
Alors l'Atout ne s'en fait pas d'attendre. Plus il attend, plus il est bon. C'est pour ça que ses gestionnaires ne le laissent pas sortit du stockage trop longtemps sans le réinitialiser. Ces gestionnaires ne prennent pas les risques de l'Atout au sérieux ? Ce n'est pas grave, il va leur montrer.
.*.
Il est nourrit.
Les gestionnaires lui donnent habituellement de quoi sustenter les rouages de chaires pour qu'ils soit toujours une arme fonctionnelle. Bien que ces gestionnaires particuliers lui donnent autre chose que l'apport calorique sous forme poudreuse ou intraveineuse, ils lui donnent même plus. De la nourriture solide, quelque fois spongieuse, quelques fois dégoulinante de sauce.
Ils lui donne un plateau, une assiette, des couverts. En bois ou plastique, rien qu'il ne puisse utiliser comme arme, mais ce n'est pas grave, parce qu'il n'a pas encore besoin d'arme. Pas tout de suite, pas encore, il doit d'abord se débarrasser des traqueurs dans son bras de métal.
L'Atout ignore quand on l'observe. Sûrement tout le temps, il ne pense donc pas que cela change grand chose s'il se relève en pleine nuit pour se cacher.
Alors il décide de le faire à la vue de tous. En pleine journée, en pleine lumière, il a méthodiquement démonté le lit pour récupérer les quelques bouts de métal qu'il peut trouver. On le laisse faire, personne ne vient l'arrêter, peut-être est-ce qu'ils pensent que ce n'est pas assez grand pour pouvoir être usé comme arme.
Idiot, c'est lui l'arme, il n'a pas besoin de quelques vis.
Le matelas est désormais sur le sol, les cadrants du lit méthodiquement posés contre le mur pour faire de la place. Et on ne l'arrête pas. Alors il se décide.
Il ne va peut-être partir aujourd'hui, il n'a toujours pas définit les exacts paramètres de la mission. Mais c'est aujourd'hui que l'Atout retire les traqueurs du bras. C'est aujourd'hui, et pas un autre jour. Et s'ils veulent venir l'arrêter, qu'ils le fasse. C'est aussi un moyen de comprendre un peu mieux ce qu'ils ont prévu pour lui.
Alors il s'est simplement assit en tailleur sur le sol même de sa cellule déguisée en chambre. Le sol n'est même pas froid, et c'est... Différent. Différent de ce dont les gestionnaires lui ont donné l'habitude.
C'est assez étrange, mais c'est totalement hors sujet.
Il y a plusieurs vis de différentes tailles, plusieurs bout de métal, l'armature du lit en quelques sortes, tous plus ou moins loin et l'Atout les a étalé face à lui en arc de cercle. L'oreiller du lit, que l'Atout n'utilise à peine, est posé sur sa cuisse et est assez ferme pour surélevé le bras dans une position plus pratique pour travailler dessus.
Et il s'y attelle. Lentement, parce que même si officiellement la douleur ne fait rien à l'Atout, la technologie usité par les gestionnaires pour lui faire ce bras tout de métal est apparemment toujours avancé, et des liens sont fait pour qu'il sente son bras. Et s'il est habitué à cette chaleur piquante provenant d'un bras constamment froid, trop de chaleur, trop de douleur le rend inopérationnel.
Le travail est lent et fastidieux pour réussir à ouvrir les panneaux dont il a besoin pour atteindre l'intérieur de son bras, et quand il commence à fouiller, son corps a une réaction qu'il ne peut contrôler, il est secoué d'une vague de douleur. Il ne peut pas atteindre seul les traqueurs sans se provoquer de la douleur, ça a été ainsi fait.
Et le sursaut qui le secoue quand la porte s'ouvre soudainement n'aide en rien la procédure.
- Non non, non, je ne peux pas te laisser faire ça, non soldat, Stop !
La réaction est instantané, il se fige et se raidit, attend les ordres et attend les mots.
Des mots qui ne viennent pas, même si la personne continue d'approcher d'un pas rapide.
- Je ne peux pas te laisser faire ça, parce qu'il est clair sur les clichés que l'interface neuronale rend le bras presque sensible et tu es en train de te déchirer le bras avec l'équivalent d'une petite cuillère !
L'homme arrivé aux côtés de l'Atout et se met à genoux à côté de bras, attrapant sans une seule once de peur sa main de chaire pour l'éloigner du métal. L'Atout s'attend à une réprimande, ou peut-être même autre chose, mais comme rien ne vient, et que la porte est toujours ouverte, il voit sa fenêtre d'ouverture. Les traqueurs seront pour plus tard. Il se raidit, se redresse, relève la tête...
Et ne fait rien.
Parce que... Ça ne peut pas être un gestionnaire. Pas lui.
- Anthony Edward Stark.
Les mots coulent de sa bouche, alors qu'il aurait dû rester silencieux et ne laisser aucun signe de reconnaissance. Les gestionnaires n'aiment pas quand l'Atout montre quelque chose.
L'homme, qui s'est penché sur son bras pour regarder ce qu'il faisait, s'arrête et se redresse pour croiser son regard.
- Hm. Et tu parles, s'étonne-t-il. Bonjour. Je ne sais pas si je dois être absolument terrifié que tu connaisses mon nom, ou totalement flatté, déclare-t-il. Je n'ai véritablement aucun sens de préservation, se retrouve-t-il enfin à marmonner, sans pour autant bouger ou s'éloigner.
- Anthony Edward Stark, Aka Iron Man. Menace de niveau 10, ne pas engagé avec ou sans armure, contacter les gestionnaires les plus proches. Ne pas établir de contact visuel et reporter la mission, récite l'Atout.
L'homme cligner des paupières sous les paroles de l'Atout et fredonne un peu.
- Hum. Intéressant. Hydra me considère vraiment comme une menace à part entière ? Demande-t-il avec un petit sourire.
L'Atout le regarde. Parce que... L'Atout ne ressent pas beaucoup, ou plutôt ne sait pas déterminer ce qu'il ressent avec le peu d'aide que James peut lui donner, sa mémoire ou en personne. Mais l'Atout sait qu'il est surprit. Et il n'aime pas ça, parce que plus rien ne rentre dans les paramètres de mission. L'homme devant lui... Ne travaillerait jamais pour les gestionnaires de son plein gré. Et l'homme est seul dans la pièce avec lui, sans armure, il n'est ni là pour le neutraliser, ni là pour l'aider. Il ne peut être un gestionnaire, et l'Atout connait très bien les effets d'une réinitialisation. Le temps que cela prend, et ce que cela fait.
James a disparu et se cache, il ne reste que l'Atout. Mais l'Atout a vu et entendu parlé de l'homme face à lui, lors de ses missions, et il n'y à aucun signe de réinitialisation.
- Vous n'êtes pas un gestionnaire, conclut-il à voix haute.
C'est... Surprenant.
Natalia peut avoir été reprise. Mais l'homme, Anthony Edward Stark, ne travaillerait jamais pour les gestionnaires.
Ce n'est pas un gestionnaire. Peut-être que Natalia disait vrai.
L'Atout n'a plus envie de passer la porte et partir. Il veut comprendre et voir ce que pourrait donner cette nouvelle mission.
- Euh... Non, Robocop, déclare l'homme en fronçant les sourcils. Pas de gestionnaires ici. Natasha te l'a dit, plus rien de tout cela ici, pas entre mes murs. Jarvis, ferme la porte.
L'Atout cligne des yeux en voyant la porte de sa pièce se refermer doucement et les verrous se mettre en place, enfermant l'Atout et l'homme dans la même pièce. L'Atout ne sursaute pas mais fixe une des caméras quand une voix retentie forte dans la pièce.
- Sir, tout le monde a été prévenu et ils descendent tous. Je tiens à dire que Monsieur Potter et Monsieur Silvertongue ne sont pas très content de votre mouvement. Monsieur Rogers est inquiet et Madame Romanov n'est... J'ignore quel sentiment ressent madame Romanov maintenant, mais je serais vous, je serais inquiet.
L'homme ricane, un son grave qui laisse tout même transparaître son inquiétude. L'Atout reste totalement immobile alors que l'homme lui jette un coup d'œil.
- Je sais que je n'ai aucun instinct de survie, mais on est bien là, non ? Affirme-t-il plutôt qu'il ne demande.
L'Atout ne comprend pas au début qu'il lui demande sérieusement son avis.
L'Atout n'a pas d'avis... Officiellement. C'est ce que les gestionnaires disent. Croient, sûrement.
Mais l'homme lui parle et surtout, il attend une réponse. Alors l'Atout hoche la tête et desserre un peu sa prise sur le métal qui lui a servit à ouvrir son bras, l'éloignant de ce dernier.
- Ah, tu vois Jarvis. Parfaitement en sécurité, roucoule l'homme.
L'homme regarde un instant le bras de l'Atout, qui reste toujours parfaitement immobile parce que, même s'il n'est pas un gestionnaire, Anthony Edward Stark peut parfaitement se débarrasser de lui. L'Atout peut, éventuellement, se débarrasser de lui en quelques mouvements, mais il est toujours dans une pièce fermée et il ne connait toujours pas l'agencement du lieu. Ce serait une mission suicide et puisque jusque là, il n'y a pas eut de douleur autre que celle que l'Atout s'est fait lui-même...
L'Atout décide d'attendre une nouvelle mission avant de décider de s'en aller et de faire ce qu'il faut pour ne pas être enfermé et retrouvé par les autres gestionnaires.
L'homme, Stark, soupire et s'assied plus confortablement sur le sol et regarde l'Atout.
- Bien. Maintenant que c'est confirmé que tu peux parler... Hum... Je ne suis au final pas sûr que des mots te suffisent. Mais bon, on va le répéter : tu ne risques rien ici. On ne va rien te faire. On sait qui tu es, on sait... Qui tu étais, insiste-t-il avec un regard lourd, mais on va essayer de t'aider, le plus possible. Si tu nous prouves que tu n'es pas qu'une machine à tuer, je suis sûr que l'on va pouvoir trouver un arrangement pour te sortir de là.
L'Atout ne comprend pas ce que veut Stark. L'Atout n'est pas quelqu'un, il est une machine. Oui, une machine à tuer. C'est James qui est un quelqu'un. Qui était quelqu'un en tout cas, avant que l'Atout soit obligé d'arriver. Cela fait trop longtemps que James est caché, que l'Atout est seul aux commandes pour le protéger.
Il ne sait pas ce que veux Stark, alors il reste silencieux et le regarde. Stark s'attend apparemment à ce qu'il dise quelque chose puisqu'il soupire face au silence, et se penche pour regarder un peu mieux le bras, sans le toucher.
- Bien... Et si maintenant, tu me disais ce qui t'as poussé à te mutiler toi-même, marmonne Stark en essayant de regarder ce qu'il faisait.
L'Atout... N'est pas sûr de ce qu'il doit répondre.
Pas de gestionnaire, mais un ennemie reconnu. Une ancienne de ses recrues, une des meilleurs, mais qui n'était plus à la Chambre rouge.
L'Atout ne connaît pas la sécurité. Il connaît ce petit moment où il peut se reposer légèrement quand c'est lui qui a sécurisé l'endroit. Il croit connaître, mais pas réellement. Et il n'est pas sécuritaire de parler, malgré les déclarations de Stark. Ce n'est pas de la confiance, c'est un fait.
Alors il reste silencieux.
Stark le regarde un instant, attend une réponse, puis lève les yeux au ciel et soupire.
- Très bien, reste de marbre, Terminator. Est-ce que je peux au moins y jeter un coup d'œil ? Demande-t-il en haussant un sourcil.
L'Atout ne doit pas désobéir quand un gestionnaire veut évaluer son bras, et même s'il n'est pas un gestionnaire, l'Atout ne veut pas donner d'excuses à Stark pour le réinitialiser. Alors il bouge le bras pour le tendre vers lui et reste immobile.
- ... Ok, souffle Stark en secouant la tête.
Il se penche d'abord doucement pour regarder ce que les plaques ouvertes permet de voir.
- Hm... Est-ce que je peux scanner ? Demande-t-il, le nez toujours dans les fils et les plaques.
Il faut quelques secondes à l'Atout pour comprendre qu'il lui parle, à lui, et l'Atout fronce les sourcils, parce que personne ne demande jamais.
Stark ne comprend visiblement pas son silence puisqu'il se recule un peu et tend le bras vers le haut.
- Ce n'est pas invasif et ce n'est pas douloureux, tu ne sentiras rien. Jarvis, scan mon bras et montre-le nous, ordonne-t-il.
L'Atout se crispe néanmoins quand juste face à eux apparaît la réplique parfaite du bras de Stark, tout en lumière bleue et flottant immobile.
- Montre nous les nerfs et les muscles, ordonne Stark.
L'image change à peine pour en effet montrer les dessins fins des muscles du bras et des quelques imperfections que l'on peut y trouver.
- Les os...
Il y a des marques de cassures mal ressoudés sur ses doigts et son poignets.
- Et les veines.
L'Atout ignorait qu'il y avait tant de bien dans un simple bras. Il connaît l'emplacement des plus grosses, de celles que si on les coupes, elles entraînent une mort rapide et sanguinolente.
- Comme tu peux le constater, ce n'est pas douloureux, on ne sent rien, on ne s'en rend même pas compte. Je veux juste scanner et juste ton bras. Est-ce que je peux ? Demande l'homme en le regardant.
Stark... Veut sa permission. C'est... Nouveau. Mais même si ce n'est pas invasif, l'Atout n'a pas peur de la douleur. Alors il hoche de la tête sans rien dire.
- Ok, Jarvis, scanne... Le métal jusqu'à l'épaule, s'il te plaît.
- Très bien, Sir.
L'Atout regarde le poing armé des gestionnaires apparaître devant eux et oui, ça n'a pas fait mal. Alors l'Atout regarde avec... Curiosité, apparemment. Il ne connaît cet outil que par le peu qu'il peut voir s'il ouvre les plaques de métal. Et il voit qu'il y a un autre traqueur GPS, à l'arrière du bras, quelque part qu'il ne peut pas atteindre et qu'il ne connaissait pas jusqu'à aujourd'hui. Les gestionnaires peuvent toujours le retrouver, même s'il retire ses trois traqueurs.
L'Atout... a envie de crier.
- Oh...
L'Atout se crispe et jette un coup d'œil à Stark. Il regarde l'image du bras de métal, puis se penche sur ce dernier pour voir apparemment ce que l'Atout essayait d'atteindre.
- Ça, ça n'a rien à faire là, déclare-t-il en montrant un des traqueurs, le premier que l'Atout essayait d'atteindre. Tu essayais de le retirer, c'est ça ?
L'Atout hésite un instant puis décidé de hocher la tête.
- Qu'est-ce que c'est ? Je veux dire, tu n'es pas obligé de me le dire, et je te propose de t'aider à les retirer, si tu me laisses faire. C'est toi qui vois, lui dit Stark en regardant L'Atout dans les yeux.
L'Atout ne sait pas quoi faire, ne sait pas quoi dire. Si James était là, il pourrait lui dire quoi faire, comment réagir. Mais James est toujours... caché, quelque part. L'Atout sait néanmoins que l'homme ne l'aiderait pas s'il savait tout. Parce que l'Atout est une bonne arme, une arme exceptionnelle qui, quand elle ne passe pas par une réinitialisation, a des dossiers extrêmement bien tenus.
- 16 décembre 1996, dit-il au début.
Sa gorge fait mal. Il se trouve à hésiter un instant quand il voit Stark se crisper et de mauvais plus apparaître aux coins de sa bouche, mais avant que l'Atout ne puisse dire quoique ce soit d'autre, l'homme lève la main et grimace.
- Je sais, dit-il d'une voix dure et brusque. Malheureusement, je sais. On en parlera plus tard si tu veux, si tu as besoin de te justifier ou quelque chose, quand on sera à tête reposé... Ou tout du moins quand tu te sentiras plus en sécurité, quand tu te sentiras mieux. Mais sache que...
Il respire un grand coup et acquiesce.
- Rien ne t'arrivera ici, dit-il brusquement. En tout cas, tant que tu ne te révèle pas être un danger immédiat pour les habitants de la tour, est-ce qu'on est clair ? J'ai les moyens de te rendre obsolète en un clin d'œil, Terminator. Alors ne joue pas avec moi.
Le regard de Stark est sombre et promets beaucoup de tortures.
L'Atout peut se détendre.
L'homme sait qui il est, ce qu'il a fait. L'homme sait ce dont il est capable et sait parfaitement qu'il gagnera néanmoins un face à face avec lui si besoin. Il peut se défendre et ne se cache pas dans ce qu'il pourrait lui faire et ce qu'il fera s'il se sent menacer. Pas de faux semblant, pas de mensonges.
L'Atout préfère les choses ainsi.
Stark plisse des yeux en le regardant, suspicieux, mais L'Atout ne fait que hocher la tête et lui tendre son bras.
- Émetteur GPS, dit-il en désignant le poignet du menton.
L'homme le regarde de nouveau et ses yeux s'écarquillent, et il se penche de nouveau sur le poignet en l'attrapant cette fois-ci.
- Damned, sérieusement ? On n'avait même pas pensé que cela pouvait être une possibilité, grogne-t-il en fronçant les sourcils.
L'Atout... sursaute et essaye de ne pas se crisper. Il se crispe tout de même, et Stark le lâche avec un grimace.
- Pardon. Désolé, murmure-t-il en lui jetant un coup d'œil. J'aurais dû te demander la permission avant de faire quoique ce soit.
L'Atout ne sait pas quoi dire pour... il ne sait pas quoi dire ou quoi faire. Il reste immobile et quand Stark le fixe pendant un long moment, il y a une sensation qui remonte le long de son estomac. L'Atout n'aime pas cela. Il n'aime pas ça... Du tout. Ça fait presque mal. Stark fronce les sourcils et secoue doucement la tête en se redressant.
- Ok, d'accord, très bien.
L'Atout le regarde, il est... nerveux. Stark est nerveux, pas l'Atout. Et l'Atout ne sait pas quoi faire. Stark lui fait signe de se lever, ce que l'Atout fait, et l'ingénieur lui sourit, quelque chose de tendu.
- Ok, je sais que c'est bizarre, je suis désolé. Est-ce que tu veux que je t'en débarrasse ? Demande-t-il.
Pendant un instant, l'Atout ne sait pas de quoi il parle. Il regarde l'homme face à lui, essayant de comprendre, avant que Stark ne baisse son regard sur le bras de métal.
Tout son corps devient froid, parce que c'est trop. Le bras... le bras a toujours été source de douleur, de problème et de torture des gestionnaires. L'homme face à lui n'est pas un gestionnaire, mais l'Atout n'arrive pas à donner une réponse. On ne lui a jamais demandé si on pouvait travailler sur le bras, parce que le bras a beau être accroché à lui, ce n'est pas à lui. L'Atout a beau être celui qui contrôle le bras, il n'est pas celui qui contrôle le bras. Alors il ne sait pas s'il doit répondre, ce qu'il doit répondre, il ne sait pas quoi faire et une douleur dans sa poitrine se développe.
Rien ne va. Absolument rien ne va, et Stark fronce les sourcils.
- D'accord, donc c'est un non, dit-il doucement en faisant un pas en arrière.
- L-L'Atout n'a pas son mot à dire, arrive à dire l'Atout, le souffle cours.
L'Atout arrive à comprendre cette douleur dans sa poitrine n'est pas quelque chose qu'il sent très souvent. Habituellement, l'Atout a été réinitialisé avant que les gestionnaires ne travaillent sur son bras, et l'Atout... Panique.
C'est de la panique, et l'Atout n'est pas assez humain pour paniquer. Alors l'Atout... l'Atout ne...
- Ok, ok d'accord, ne t'inquiète pas, hm ?
Stark hésite un instant, la main tendue vers son épaule, avant de se raviser. Il jette un coup d'œil vers le lit derrière l'Atout, mais ne le touche pas et ne le pousse pas. C'est sûrement mieux.
L'Atout ne sait pas ce qu'il aurait préféré. Peut-être un ordre, une contrainte, un semblant de quelque chose qu'il connaît et avec lequel il n'est pas forcément à l'aise, mais au moins habitué. L'Atout à trop de liberté soudainement, et c'est sûrement risible, mais ça lui fait plus que peur, ça le terrorise comme jamais. Pourquoi James n'est pas là pour prendre sa place ? Au moins... Au moins, il sait être humain, lui. Il saurait comment réagir à tout ce qui est en train de se passer. L'Atout, lui, n'est pas formé pour ce genre de chose, pour ces choix qu'on lui offre comme s'il en a le droit, et il ne fait que paniquer.
Le regard sur le visage de Stark montre qu'il sait ce qu'il se passe, mais l'Atout, qui ne sait toujours pas comment réagir à cette énorme boule qui gonfle, encore et encore dans sa poitrine, ne remarque cela que parce qu'il a été créé, modelé et former pour être attentif à tout ce qu'il se passe, à tout instant, pour réagir instinctivement même quand il ne semble ne pas pouvoir le faire, comme quand on vient de le réinitialiser.
Stark s'approche puis s'éloigne, il le surveille de près et semble hésiter un instant de ce qu'il faut faire. L'Atout essaye de respirer au delà de l'énorme boule qui se trouve dans sa gorge, et il n'y arrive pas. Il y a un bruit sourd dans ses oreilles, et pendant un long moment, un très long moment, il n'y a que ce bruit.
.
.
Son corps fait mal. Son corps fait très mal, et pendant un moment... Il n'y a plus que cela.
Le bruit sourd s'en va un peu et l'Atout se redresse. Son dos craque, et il prend une inspiration. Il entend la voix de plus tôt. Elle est juste là, dans le mur. La voix lui donne l'heure, la date, le taux d'humidité dans l'air, l'utilisation de l'échelle de Beaufort, un véritable compte rendu, ce dont l'Atout a toujours besoin avant qu'il ne parte pour une mission. Au lieu de lui donner l'impression d'être de retour dans les bras acérés de ses gestionnaires, ça donne à l'Atout quelque chose sur quoi se concentrer, et il ferme les yeux pour prendre de courtes inspirations. Rien de trop rapide ni de trop profond. Juste de quoi laisser cette douleur dans sa poitrine se calmer.
Le soleil a bougé, la lumière dans la pièce est différente. L'Atout ne sait pas quoi faire, alors il ne bouge pas plus que cela, jusqu'à ce qu'un mouvement à la périphérie de sa vision ne le fasse sursauter.
- Est-ce que ça va un peu mieux ?
L'Atout prend une petite inspiration et reste immobile.
- Affirmatif.
Son ton est calme et froid, distant et professionnel. Stark se redresse à ses côtés et pose sur le lit à côté de sa cuisse, la tablette qu'il tenait dans les mains quelques secondes avant.
- Je sais que cela va te paraître étrange, parce que même si Natasha te l'a déjà dit, je suis presque sûr que tu ne l'a pas cru, mais tu n'as plus besoin de t'inquiéter maintenant. Tu n'as plus besoin d'être le soldat absolument parfait, et même si je sais que ça va être dur, tu peux te détendre.
L'Atout fronce les sourcils et malgré ce que lui dit Stark, il se retrouve à essayer d'effacer cette preuve de sentiments de son visage, parce qu'il a l'habitude que cela provoque de mauvaises choses de la part des gestionnaires.
Mais Stark ne ment pas, il n'y a plus de gestionnaires ici, et il n'a pas à s'inquiéter de quelconques représailles. Il... ne sait pas quoi faire, cependant. Il est toujours immobile, parce qu'il ne voit pas l'intérêt de bouger, alors...
Stark se lève et l'Atout le regarde se diriger vers un des éviers dans la pièce. Il sert un verre d'eau et revient vers l'Atout pour le lui tendre. Il sait concrètement que s'il veut lui faire quelque chose il y a d'autres moyens plus rapides, mais il ne peut s'empêcher de remarquer qu'il n'a eut aucun moyen de piquer son verre. Il prend donc la boisson offerte et vide le verre en deux gorgée à peine. Parce qu'il est assoiffé et qu'habituellement, il arrive à occulter ce genre de choses triviales du corps qu'il occupe, jusqu'à ce qu'il ne puisse plus faire autrement que d'y succomber.
Là, son corps ne risque pas de le lâcher soudainement. Il a dormit, plus dormit que toujours quand il est en dehors de la réinitialisation, on lui fournit de la nourriture, tout ce dont il a besoin pour fonctionner correctement.
Tout ce qui lui manque maintenant, c'est de ne pas pouvoir être retrouvé par les gestionnaires. L'Atout prend une inspiration et se redresse sur le lit. Stark le regarde un instant et quand l'Atout lui tend l'arme mécanique des gestionnaires, l'ingénieur pencha la tête sur le côté.
- Tu penses que tu peux supporter que je pose les mains sur toi ? Demande-t-il d'une voix douce.
L'Atout frissonne au phrasé, qui envoie des images désagréables dans son esprit, mais il hoche la tête sans dire un mot. Il sait que s'il dit quelque chose, il va trop user de phrases désagréables, de celles Stark ne va pas apprécier.
L'ingénieur fait un petit tour dans la pièce et le rejoint sur le lit, à une distance raisonnable. Il y a une ceinture d'outils au pied de ce dernier, qui n'était pas là avant. Stark a du le faire venir pendant que l'Atout était... Pendant qu'il était indisposé.
Stark se rapproche un peu, et l'Atout arrive à ne pas se crisper. L'ingénieur se penche au dessus de son bras pour regarder, sans touché au départ, et prend la ceinture d'outils pour les poser sur les genoux de l'Atout. Il baisse la tête et regarde la ceinture, interdit.
- Tiens les moi, veux-tu ? Fredonne l'ingénieur.
L'Atout pose sa main sur la ceinture, sent la froideur métallique des tournevis contre le bout de ses doigts et relève la tête en attendant. Stark baisse de nouveau son attention sur le bas et demande s'il peut toucher le poignet de l'arme accrochée à l'épaule. L'Atout hésite, vraiment peu habitué à ce qu'on demande l'avis de l'Atout... Mais il arrive à hocher la tête d'un mouvement un peu saccadé.
Stark a parlé plus tôt du bras étant sensible, et c'est le cas. Il sent, d'une manière plus effacée, différemment du bras de chaire du corps, mais sent tout de même les doigts de Stark glisser contre le métal sous son poignet, ne l'enfermant pas réellement mais sous-pesant le bras pour le monter à son regard.
- Donne-moi le tournevis au manche rouge, ordonne-t-il, mais sans piqûre dans la voix comme les gestionnaires.
L'Atout baisse le regard sur la main de chaire et attrape le tournevis que Stark lui demande. Il le lui tend et l'ingénieur commence à travailler minutieusement sur le bras.
Délicatement, il arrive à ouvrir les différentes plaques de métal sans provoquer de douleur supplémentaires à l'Atout, pas comme lui l'a fait plus tôt. Sans même le réaliser, l'Atout commence à se détendre, et Stark lui parle doucement. Il dit ce qu'il se passe, ce qu'il fait, et demande à l'Atout de lui montrer exactement où se trouve les balises GPS, même celle qu'il n'a pas pu atteindre seul plus tôt.
Stark prend le temps de faire les chose bien. Il propose même à l'Atout de nettoyer le bras, la crasse et la poussière qui s'est accumulée pendant longtemps à des endroits que les gestionnaires se fichent d'atteindre, parce que ce n'est pas important, du moment qu'ils peuvent toujours atteindre les pièces changer.
Le bras répond le mieux depuis des années, et la sensation étrange du soulagement submerge l'Atout assez longtemps pour qu'il reste totalement immobile quand Stark termine par retirer le dernier transmetteur GPS qu'il mets avec les autres, dans une boite de métal lourde.
- Jarvis, on détruit tout ça le plus rapidement possible.
Stark ferme les différentes plaques et passe un chiffon pour terminer d'essuyer une dernière fois le bras avant de se redresser alors que la voix dans le mur - Jarvis, l'Atout doit s'en souvenir - lui déclare que les émetteurs seront détruits dès que Stark les aura sortit de la pièce. L'ingénieur tourne son attention sur l'Atout et fait un petit sourire.
- Est-ce que cela va ? S'enquit-il.
L'Atout... ne sait de nouveau pas quoi répondre, alors il hoche simplement la tête, incapable de faire autre chose.
Stark récupère tous ses outils, tranquillement et calmement, paisiblement même, et l'Atout le regarde faire en attendant... eh bien, en attendant des ordres, s'il doit être honnête. Mais il sait pertinemment que Stark ne va pas lui donner d'ordres. Il n'est pas comme cela, il le lui a déjà dit, il n'est ps un gestionnaire. S'il doit donner des ordres... Ce ne sera pas... tout de suite en tout cas. Pas comme ça.
Il attend sûrement d'avoir sa confiance, ou ce quelque chose que l'Atout peut considérer comme de la confiance.
Mais Stark s'arrête tout de même une fois qu'il a tout et il regarde l'Atout.
- Hum... Est-ce que tu veux quelque chose à boire ? Quelque chose à faire pour t'occuper le temps que tu restes ici ?
L'Atout fronce un peu les sourcils et hésite, un sensation de vide dans son centre.
Il hésite beaucoup depuis qu'il s'est réveillé ici. Il hésite beaucoup en présence de Stark.
Natalia, il peut gérer. Il sait ce qu'elle attend de lui. Les gestionnaires, c'est encore plus simple, il n'a rien à planifier, ils s'occupent de tout.
Stark... Stark, c'est un joker. Une pièce d'un puzzle qui ne s'assemble pas, une roue libre. L'Atout ne sait pas ce qu'il attend de lui, et il ne sait pas quoi faire.
Stark semble hésiter un instant avant qu'il ne se rasseye à ses côtés, les mains sur les genoux.
- Tu sais... Toute cette situation doit te paraître surréaliste. Et je me doute que tu te sentes... Un peu déboussolé, et perdu. Et c'est normal.
Il s'arrête un instant et se retrouve à froncer les sourcils.
- Depuis quand je deviens le psy de l'équipe, moi ? Se retrouve-t-il à marmonner.
L'Atout attend la suite, puisque l'ingénieur semble vouloir lui faire voir un point, et pour l'instant, l'Atout ne voit pas où il veut en venir. L'ingénieur marmonne un peu avant de soupirer.
- Ok, donc en résumé, déclare-t-il en se redressant un peu et en prenant une voix forte et sûre. La situation n'est pas drôle. Ni pour toi, ni pour nous. Ce n'est pas pratique non plus. Tu es un assassin surentraîné, avec la force de dix hommes et un facteur régénérant très rapide. On ne connaît pas tes intentions, ni ton niveau de loyauté envers Hydra. On ne va pas te laisser partir comme ça, c'est clair. Cependant, s'il y a une petite chance de réhabilitation, on te la donnera.
Son regard est froid et calculateur quand il plisse des yeux vers l'Atout.
- Seulement, si tu joues avec nous, ce sera la seule fois. Est-ce que c'est clair ? Déclare-t-il.
L'Atout n'hésite pas vraiment cette fois-ci quand il hoche la tête. Il comprend parfaitement ces quelques règles simples. Ce sont comme des ordres, et c'est un début pour qu'il trouve un certain calme.
S'il n'y a vraiment plus de gestionnaires, s'il n'a désormais plus de propriétaires, l'Atout ne sait pas ce qu'il va faire maintenant. Ou même ce qu'il va devenir s'il est véritablement livré à lui-même.
Enfin, non. Stark a raison. Une arme telle que lui ne devrait jamais être véritablement livré dans la nature de la sorte. Il sera sûrement prit à partit. Mais s'il est supervisé... Si on lui demande d'être de nouveau une arme, il sait quoi faire, et il peut enfin servir à quelque chose. Quelque chose que James pourrait considéré de bien, bien sûr.
- Alors, ça va nous paraître à tous bancal et étrange pendant un long moment, c'est clair, continua Stark en dodelinant de la tête. Mais si on peut, on va finir par te permettre une petite vie tranquille. Une jolie réhabilitation en bonne et due forme. Quelque chose de sympa, tu verras. Cependant, en attendant...
Stark haussa les épaules.
- Jusque là, tu es en détention, c'est clair. Autant que tu ais quelque chose à faire, tu vois ce que je veux dire ?
Il leva les mains en montrant la pièce.
- C'est l'infirmerie. Enfin, une partie de l'infirmerie. Qui est renforcée, bien entendu. Pas seulement pour toi mais pour le moment, c'est ta cellule. En attendant de savoir quoi faire de toi, tu risques de rester là un petit moment, alors...
L'esprit de l'Atout s'emballe pendant un instant, un bruit sourd qui le secoue de la tête au pied. Parce que Stark semble lui présenter quelque chose qui ressemble étonnamment à de la liberté, et c'est... C'est...
- Et James ?
Parce que c'est ce qui lui fait le plus peur. Et ce n'est même pas de la peur. C'est de la panique. Parce que l'Atout ne peut rien faire sans James, et si James n'est pas dans ce contrat qui semble offrir la liberté, que devient l'Atout ? James, qui n'a pas donné signe depuis des années, que l'Atout protège assidûment, mais si James ne réagit pas, et s'ils ne veulent pas James, ils ne peuvent aider l'Atout. Parce que c'est ce que cela veut dire, non ? Parce que l'Atout vient après James, James est la priorité. Et si James n'est pas comprit dans ce que propose Stark, l'Atout le refuse. C'est aussi simple que cela.
Stark s'arrête de gigoter pour le regarder. Il se fige totalement en réalité et l'observe pendant de longues secondes d'hésitations. Mais l'Atout ne bouge pas et refuse de détourner le regard, de s'abaisser, de s'effacer. L'Atout n'a pas de volonté propre, d'après les gestionnaires. Ils ne savent pas que ce n'est pas vrai, et jusqu'à aujourd'hui, ce n'était pas important. L'Atout a toujours attendu le bon moment pour partir, et maintenant qu'il est partit et que James pourrait avoir quelqu'un d'autre pour le protéger, l'Atout sent qu'il peut prendre un risque pour le faire revenir.
C'est presque comme une condition, qu'il refuse d'abandonner. Alors il se redresse presque, plus décider à imposer quelque chose qu'il ne l'a jamais été. Il n'aurait jamais osé avec les gestionnaires. Il n'aurait jamais pensé à le faire avec les gestionnaires. Et il n'aurait surtout pas prit de risque avec James. Peut-être est-ce une erreur de penser que c'est une idée de faire cela, une... bonne idée. Jamais il n'a parlé de James. Certes, les gestionnaires n'en ont que faire. Et certes, c'est pour le protéger d'eux qu'il est là. Qu'il existe.
- Comment... Comment cela, James ? S'enquit Stark d'une petite voix avant de se redresser un peu plus, quelque chose comme de l'acier dans la voix et un froncement de sourcils sur son visage. Jusqu'à maintenant, tu nous avais donné l'impression que tu étais complètement... inconscient après des années de tortures, et tu me demandes... Attends, donc tu sais ton nom, tu sais qui tu es ? S'étonne Stark
L'Atout n'a pas plus envie que cela d'expliquer la situation, leur situation particulière, parce que ça ne regarde qu'eux et que même si Stark et... et ceux qui se trouvent sûrement derrière la vitre à les regarder - l'Atout n'est pas inconscient, merci beaucoup - ne sont pas des gestionnaires, ce n'est pas pour autant que l'Atout doit faire confiance. Il a beau avoir été une arme au service des gestionnaires pendant si longtemps, l'Atout a toujours du être fonctionnel, parce qu'il devait lui-même prendre des décisions pour choisir le meilleur itinéraire pour disparaître, un minimum de leste dans sa laisse pour être le plus effectif possible.
Les gestionnaires ne lui ont bien sûr jamais présenté les choses de cette manière, peut-être parce qu'ils ne voulaient pas prendre de risque, mais l'Atout a déjà goûté à la possibilité des choix - choses étranges et obscures que ceci. Mais il sait donc quand il se retrouve devant l'un d'entre eux. Et c'est peut-être étrange, n'est-ce pas, mais c'est ce que c'est.
Donc l'Atout fait un choix. Un choix plutôt simple en réalité. Et si quelqu'un veut du mal à James après cela, eh bien il n'a pas vraiment encore promit de ne pas frapper. Si James est en danger, ce n'est pas grave si Stark s'énerve. L'Atout trouvera bien un moyen de partir et de disparaître. James est la priorité.
- Tu connais ton nom, tu sais qui tu es ? Insiste de nouveau Stark.
- L'Atout n'est pas James, répond simplement l'Atout.
en fronçant un peu les sourcils.
C'est une idée ridicule, de penser que l'Atout est en fait James. Mais c'est comme si c'est ce que pense Stark en réalité, puisqu'il fronce les sourcils en le regardant, secouant ensuite la tête d'un air incrédule.
- Ça n'a strictement aucun sens ! Pourquoi me parler de James si tu penses que James n'est pas toi ? Se retrouve-t-il à marmonner.
L'Atout fronce les sourcils en le voyant être... Frustré. L'Atout a vu beaucoup de frustration sur le visage des gestionnaires quand ils le sortent du caisson, quand l'Atout fait quelque chose dont ils n'ont pas pensé, ou encore quand l'Atout est résolument obtus. L'Atout ne veut pas vraiment que Stark soit frustré, parce que la frustration mène toujours à la douleur - bien que l'Atout hésite à croire qu'Anthony Stark s'abaisserait à succomber à la frustration, sinon il n'aurait pas pu gardé sur pied une grande entreprise comme la sienne. Mais l'Atout ne sait pas quoi faire d'autre, alors il regarde Stark commencer à faire les cent pas face à lui, marmonnant dans sa barbe sans plus vraiment faire attention à lui. Puis il s'arrête face à lui, le visage soucieux.
- D'accord, reprenons depuis le début. Qui es-tu ?
L'Atout cligne des yeux et se redresse.
- L'Atout, répond-il.
Stark plisse un peu des yeux et croise les bras.
- Et qui est James ?
L'Atout ne répond pas tout de suite.
Qui est James ?
C'est une vaste question.
James est ce pourquoi l'Atout existe. Sans James, l'Atout serait... L'Atout ignore où il serait, mais définitivement pas ici. Il sait que le corps... Le corps usé comme une arme, ce corps attaché à ce bras, et ce dont les gestionnaires sont le plus fiers, l'Atout sait que c'est le corps de James. Et oui, l'Atout est "'là en ce moment, mais ce n'est pas pour ça que c'est son corps.
C'est compliqué, plus que l'Atout en avait eut l'impression jusqu'à maintenant. Il y avait James, et il y avait l'Atout pour le protéger. Deux choses bien distinctes, ça ne devrait pas être compliqué.
Alors... Qui est James ?
James est un officier décoré de l'armée américaine. Sergent Barnes, James Buchanan. Matricule 32557038. Réquisitionné pour une première tournée de repérage en Europe, puis la grosse affaire quelques temps après.
James aime le corps des hommes et est impressionné par le courage des femmes. James se considère comme un piètre danseur, et comme un cuisinier passable. James est un grand frère protecteur, qui pleure la perte certaines de ses soeurs depuis "'des années. James est un peu oublieux et considère son meilleur ami comme la chose la plus ridicule qui existe, mais il l'aime aussi farouchement que ses sœurs.
James a presque été perdu aux mains de l'ennemi mais n'a jamais lâché, l'Atout est intervenu avant. James un excellent tireur, bien meilleur que la norme enregistré à cette époque, et sans le scrupule d'une conscience, l'Atout a emprunté cette force pour se fondre dans le personnage que les gestionnaires désiraient.
Tout pour James. Absolument tout pour James.
- James est la mission.
L'Atout fronce les sourcils, parce qu'il n'aime pas ce mot. Il n'aime pas pas à quel point cela peut paraître impersonnel, parce que James est tellement plus que tout cela.
- Très bien, soupire Stark.
L'Atout porte son attention sur l'ingénieur, qui se frotte le front.
- Et qui t'a assigné cette... Mission ? Demande-t-il en grimaçant.
- La Dame, répond l'Atout en clignant des yeux.
Quelle drôle de question. Mais Stark ne semble pas amusé et fronce plutôt les sourcils.
- La... Dame ? Demande-t-il plutôt. Quelle dame ?
Si l'Atout avait été un peu plus... Humain, ou quelque chose comme ça, il aurait ouvert la bouche pour répondre, avant de la refermer en réalisant qu'il n'y avait en fait rien qu'il puisse dire qui contenterait Stark.
Stark, qui semble être de plus en plus frustré par sa visible non coopération - alors que très franchement, l'Atout trouve qu'il est bien plus coopératif avec l'ingénieur qu'avec tous les gestionnaires mit bout à bout durant toutes ses années actives - se retrouve à grogner dans son souffle et l'Atout tente d'expliquer un peu mieux.
- La Dame n'attend pas à ce qu'on remette en cause ses paroles. Elle a dit : " Chudo, tu protèges James. Qu'importe ce que tu dois faire, tu protèges James. Et si tu amènes ici un peu plus tôt quelques âmes égarées, c'est exactement ce que j'attends de toi. Tu protèges James, et tu t'amuses. "
L'Atout bouge un peu sur le matelas, une drôle de sensation grimpante le long de sa colonne vertébrale, un frisson gelé et piquant, et il se permit un de ses sourires, plein de dents, qui a fait pleurer plus d'un gestionnaire à l'époque. À sa décharge, Stark n'eut qu'un léger mouvement de recul et la couleur quitta son visage, mais il ne s'enfuit pas en hurlant.
- L'Atout a protégé James, et s'est amusé, dit-il enfin et simplement.
L'Atout n'a rien de plus à dire.
C'est faux, il a plein de paramètres a préciser, de situation, nottament celle particulière de James, mais il se tait pour l'instant. Il en a déjà trop dit, bien plus dit que toutes ces dernières années. L'Atout est un être de peu de mot, parce que ce n'était pas ce qu'on attendait de lui. Les gestionnaires s'attendaient de lui une coopération parfaite, une machine qui obéit aux ordres et rien d'autre, et l'Atout s'est conformé. Maintenant que James semble pouvoir être de nouveau en sécurité, sa mission est atteinte, mais il doit rester encore un peu, le temps que James émerge de nouveau.
Après cela, l'Atout ne sait pas ce qu'il deviendra, mais ce n'est pas bien grave. L'Atout sait qu'il ne devrait pas véritablement se souvenir de la Dame, mais il espère qu'elle se souvient de lui. L'Atout trouve avoir fait du bon travail avec James, et en lui offrant quelques âmes à moissonner, et il espère qu'elle pensera de même. Cela lui plairait bien de rendre fière la Dame.
- Hum...
L'Atout regard Stark, qui semble plongé dans ses pensées. L'Atout pense distraitement qu'il ne devrait pas relâcher aussi facilement son attention, surtout avec un facteur encore inconnu comme l'Atout ; avant de décider que l'homme sait sans aucun doute ce qu'il fait, et que sûrement que la pièce est criblé de piège près à s'en prendre à l'Atout si besoin. Cependant, il ne bouge pas et laisse l'homme réfléchir tranquillement sans faire un seul geste.
- Jusqu'à il y a quelques instants, je pensais avoir affaire à un trouble dissociatif de l'identité, marmonne Stark en fronçant un peu plus les sourcils.
L'Atout ne sait pas de quoi il parle, mais très bien.
Stark n'est pas un soldat, mais quand son regard tombe sur l'Atout, l'Atout ne peut s'empêcher de se tenir un peu plus droit. C'est un homme qui impose le respect et que l'on écoute en temps de crise, sûr de lui et inébranlable, et l'Atout se conforme de nouveau, sans que cela ne lui fasse grincer des dents comme cela lui est déjà arrivé avec nombre de gestionnaires. Parce qu'en plus de cela, l'Atout sait qu'il n'a pas a réprimer les réactions instinctives de James et de son corps, un corps qui répond à l'Atout comme si c'est le sien.
- Sauf que ce n'est pas ça. Vous êtes... Réellement deux, c'est ça ?
L'Atout acquiesce.
- Il y a James... Quelque part. Et il y a toi... Réfléchit-il à voix haute. Y a-t-il un seul, ou deux corps ?
L'Atout est un peu perdu, la question lui semble un peu nébuleuse, et Stark semble le comprendre.
- Est-ce que vous partagez un corps, ou est-ce qu'il y a un deuxième... corps, où se trouve James Buchanan Barnes quelque part, et qu'il se trouve juste que tu as sa même tête ? Questionne-t-il.
L'Atout hésite un peu et secoue la tête.
- James est... caché, là, déclare-t-il en montrant le côté de sa tête.
Ce n'est pas vraiment ça, mais l'Atout ne sait pas vraiment comment expliquer autrement. Stark l'observe encore pendant un long moment et termine par hocher doucement la tête.
- Ok... Donc tout est un énorme clusterfuck, et ça va sûrement terminé par me donner des migraines, soupire l'ingénieur en levant la main pour se frotter vivement le visage. Pour le moment, on ne peut finalement pas exclure un TDI, marmonne-t-il ensuite. Mais il faudrait te faire quelques examens pour confirmer ou infirmer, déclare-t-il en lançant un regard à l'Atout.
L'Atout n'hésite pas et sait qu'il doit hausser les épaules pour montrer de la nonchalance - ce qu'il fait -.
- James est la mission. Tant qu'il est protégé...
L'Atout n'a pas besoin de préciser qu'il ne laissera aucun doute planer sur sa sécurité et qu'il fera ce qu'il faudra pour mener à bien la mission. Stark semble comprendre ce qu'il veut dire, puisqu'il il hausse lui aussi les épaules, et ose même un petit sourire amusé.
- C'est cohérent, semble-t-il s'amuser. Vous allez avoir tous les deux besoins d'une bonne dose de thérapie, si tu veux mon avis.
Il glisse ses mains dans ses poches et bouge sur ses talons.
- Bon... Du coup, est-ce qu'on t'appelle Chudo ? Et pourquoi Chudo, d'ailleurs ?
L'Atout cligne un peu des yeux, ne s'attendant pas à ce que le conversation... ne dévie de la sorte, et que Stark laisse couler toute l'affaire aussi platement. Les paramètres sont... inconnus, et instables.
- Chudovishchnyy, précise-t-il, le mot roulant calmement sur sa langue, un frisson agréable.
C'est bien la seule chose qu'il possède, même si ça lui a été forcé. James a sa langue, l'Atout à la sienne.
- C'est toute une bouchée, précise Stark en clignant des yeux.
- Si je puis me permettre, Sir, intervint la voix désincarnée dans les murs, mes recherches montrent que cela veut dire monstrueux en russe, et l'agent Romanov confirme.
L'Atout lève les yeux là où leur parvient la voix et se retrouve à pencher la tête sur le côté.
Il n'arrive pas à mettre le doigt sur ce qui le dérange avec la personne qui parle. Peut-être que c'est parce que ce n'est pas une personne, justement. L'Atout ne sait pas comme peut lui parvenir une idée pareille, mais il est maintenant convaincu que la chose qui parle lui ressemble plus qu'elle ne ressemble à James, ou à Stark.
- Du russe... Intéressant. Donc toi, tu es russe ? S'enquit Stark.
L'Atout réfléchit à ce qu'il peut bien répondre. Les paramètres sont toujours instables, mais... Pas aussi mauvais qu'il s'y attendait.
- C'est ce que James a dit. En me voyant. La Dame a rit, et appelle l'Atout Chudo quand nous la voyons, explique-t-il.
Il parle.
Il parle beaucoup, bien plus que toutes ces années passées entre et hors de la réinitialisation. Même avec la Dame, il ne parle pas beaucoup. Stark sait le mettre à l'aise, malgré son statut d'Agent étranger et de quelque chose qui peut le tuer aussi rapidement qu'il faudrait à quelqu'un pour les rejoindre. Il n'a pas peur, mais n'est pas inconscient. Il sait sûrement aussi bien que l'Atout ses propres faiblesses et ses forces, et peut-être même pourrait-il tenir contre l'Atout quelques instants. Vu les niveaux de précaution que les gestionnaires voulaient prendre pour aborder le problème de Stark et d'Iron Man, l'Atout ne serait pas surprit qu'il puisse lui survivre.
Le fait qu'il soit disposé à protéger et intégrer James est une bonne chose pour l'Atout.
Les paramètres de la mission sont instables et encore très flous, peut-être trop pour que l'Atout se décide à lâcher totalement prise, parce qu'il ne sera sûrement jamais dans la capacité de repousser son instinct, mais pour le moment...
Jusque là, l'Atout ne regrette absolument pas le choix qu'il a prit.
Me souviens avoir adoré écrire ce chapitre .w.
J'ai passé une super soirée, on a fêté mon anniversaire, et je suis encore en train de digérer, c'est incroyable.
Je vais, du coup, aller de nouveau dormir, je suis eclatée.
xoxo, 'Win
