Bonjour,
Nouveau chapitre aujourd'hui. Sans vous dévoiler son contenu, je pense qu'il mérite tout de même un petit avertissement ou plutôt un rappel. Cette histoire ne fait l'apologie de rien du tout. Elle est sombre, toxique, malsaine par endroit. Elle n'est pas là pour être consommée directement mais plutôt pour vous emmener vers une réflexion. A vous de voir ce que vous souhaitez en faire. En tout cas, ayez bien en tête qu'il est toujours sage de prendre du recul sur ce qu'on lit. :)
Bonne lecture !
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Noxia - Chapitre 7
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Dans les cinq pauvres mètres carrés qui composaient son bureau, Harry suffoquait. L'atmosphère était devenue irrespirable. Les rayons du soleil s'infiltrant à travers la fenêtre lui brûlaient la peau. Les mains collées à la vitre, comme pour faire ventouse, Harry poussait de toutes ses forces mais rien n'y faisait. Ni les sortilèges, ni la force physique ne venaient à bout de cette maudite fenêtre. Malgré tous ses efforts, elle restait irrémédiablement fermée et Harry, la chemise trempée de sueur, commençait à avoir des vertiges.
Cette chaleur lui montait à la tête. Harry aimait la pluie, la grisaille et le brouillard écossais qui avait peuplé son adolescence. Londres, en plein mois d'août était asphyxiant. Les pots d'échappements du quartier moldu inondaient les rues et épaississaient l'air.
- J'ai besoin de vacances, lâcha-t-il le soir en ébouriffant sa chevelure avec sa serviette.
Il aurait voulu rester des heures sous cette douche fraîche, jusqu'à ne plus sentir ses mains et voir ses orteils bleuir. Mais Parkinson avait froid et quand elle voulait quelque chose, elle finissait toujours par l'obtenir. Alors, plutôt que de se lancer dans une lutte enflammée dont il ne serait pas sorti vainqueur, Harry avait préféré couper le jet et s'était enroulé dans une serviette molletonnée.
- Tu penses que tu pourrais prendre quelques jours ? demanda Hermione en redressant le visage vers lui.
Elle s'était installée quelques jours après leur soirée dans ce bar à la mode.
Harry adorait Hermione, sa manie de toujours laisser les placards pleins était un réel réconfort, son aide pour ses articles une bénédiction et sa simple présence rendait ses soirées plus joyeuses et amicales.
Parkinson détestait Hermione. Elle ne supportait pas sa présence constante, son avis sur les moindres choix que faisaient Harry, sa manière de le regarder de haut lorsqu'il commettait une faute. Mais par dessus tout, elle n'arrivait pas à admettre qu'elle n'était plus la seule femme dans le quotidien de Harry. Avec Hermione à la maison, leurs longues discussions nocturnes n'étaient devenues que sporadiques et Parkinson se sentait seule et reléguée au second rang.
- Tu pourrais au moins faire semblant de savoir que je suis toujours là, lui avait-elle lancé un soir, alors qu'Hermione dormait à poings fermés sur le canapé.
- S'il y a bien une chose que je ne risque pas d'oublier, c'est ta présence, avait soupiré Harry.
- Il n'y en a plus que pour elle.
- Tu t'attendais à quoi ? C'est ma meilleure amie !
- Et moi, qu'est-ce que je suis ?
- La casse-couille qui squatte mon cerveau.
Elle s'était tellement vexée de la remarque qu'elle n'avait fait son apparition que deux jours plus tard. Harry n'avait rien fait pour la réveiller. Au fond, il savait que c'était sûrement ce qui l'avait atteint le plus. Elle ne disait rien mais ressentait toujours tout et Harry, dans son ignorance, se délectait de ce silence.
Elle n'avait pas pu s'empêcher de revenir à la charge lorsque Dennis, penaud et gêné, était venu lui apporter les clichés illustrant son dernier article.
- Il était tellement parfait, avait-elle soupiré.
Harry avait sursauté, ne s'attendant plus à entendre cette voix résonner au fond de lui-même.
- Pas pour moi, s'était-il contenté de répondre.
Harry avait tout fait pour rester doux et courtois mais leur séparation avait été inévitable. Dennis demeurait un homme bourré de qualités. Tendre et attentionné, il lui avait permis de remonter la pente, de panser ses remords après sa dernière aventure avec Hunter. Avec lui, supporter Parkinson au quotidien était plus facile et à ses côtés, même elle finissait par s'adoucir. Malgré tout, Harry n'arrivait pas à s'attacher.
Il voyait Dennis le regarder avec déférence et craignait ce jour où il finirait par lui avouer son amour. Harry n'aurait pas supporté lui briser le cœur, ne pas pouvoir lui rendre ses paroles et se jouer de lui, encore quelques temps.
Alors, il avait pris son courage à deux mains, lui avait confié, avec le plus de tact possible, ne pas se sentir prêt pour une relation établie. Il s'était épanché sur les qualités de son amant, sur sa fiabilité et ces moments agréables qu'ils avaient partagés. Mais Dennis, le visage baissé et les épaules affaissées n'avait pas décroché le moindre mot.
Il était reparti chez lui, hochant difficilement la tête. Depuis, Harry le voyait partout. Ne pas le croiser dans les couloirs de la Gazette devenait un réel parcours du combattant.
Dennis ne lui adressait jamais la parole. Harry tentait de sourire, poliment mais se retrouvait toujours face à des yeux nostalgiques qui le mettaient mal à l'aise. Alors, comme d'habitude, il avait choisi la fuite, travaillant de plus en plus depuis chez lui, ne se rendant au bureau que lorsqu'il y était contraint. Et Parkinson pleurait son absence.
Alors, ce soir-là, allongé dans son lit, fixant le plafond sans parvenir à trouver le sommeil, Harry se dit qu'Hermione avait raison. Il se devait bien de prendre quelques jours. Il lui devait.
- Où est-ce que tu voudrais aller ? avait-il demandé, serrant la couverture contre lui.
- De quoi est-ce que tu parles ?
- Si on prend quelques jours de vacances, où est-ce que tu voudrais aller ?
- Ah parce que mon avis a de l'importance, maintenant ?
Harry soupira. Quoi qu'il fasse, il fallait toujours qu'elle trouve quelque chose à redire.
- Ne te lance pas là-dedans, d'accord ? Je sais que je n'ai pas été particulièrement… attentionné envers toi, ces derniers jours. Je sais que la présence d'Hermione n'est pas facile à vivre pour toi et que Dennis te manque. Mais je n'y peux rien. Il est hors de question que je la mette à la porte et Dennis… et bien… tu sais tout ce qu'i savoir sur lui et les sentiments que j'éprouve. Mais je dois bien reconnaître que je t'ai délaissé ces derniers temps. J'essaye simplement de t'accorder plus d'espace, de te laisser le choix, pour une fois.
- J'ai toujours rêvé de partir en Thaïlande.
Harry avait regretté sa question à la seconde où elle lui avait donné sa réponse. Il détestait la chaleur, l'humidité et les grands bains de foule. Les portoloins pour la Thaïlande étaient hors de prix et le trajet durait presque une journée entière avec toutes les escales qu'il comportait.
Non, l'Indonésie était certainement le pire choix qu'il aurait pu faire. Mais il était trop tard. Il lui avait laissé la porte ouverte à un incommensurable champ des possibles et dès lors, Harry avait couru à sa perte.
Il l'aurait baffé quand, atterrissant en Roumanie, il avait rendu son petit déjeuner. Il aurait rêvé de se cogner la tête contre un mur quand elle l'avait fait changer trois fois d'hôtel pour quelque chose de plus luxueux. Et quand enfin ils avaient trouvé quelque chose convenant à madame, il avait fallu qu'elle se plaigne, arguant qu'elle était épuisée par le voyage.
- J'ai déjà prévu tout un programme d'excursion. D'abord, nous irons voir Le Palais Royal et puis le Wat Pho. Demain, nous passerons la journée à Ayutthaya et nous ferons un tour de bateau sur la rivière. Il faudra se lever tôt le lendemain matin pour admirer le lever de soleil du haut du Mont d'Or mais je pense que ça vaut le coup. N'oublie pas qu'il faut aussi trouver le temps d'aller voir Kanchanaburi et Chiang Mai avant notre retour. Ah, et j'oubliais…
- Rappelle-moi ce qu'elle fout ici ? grogna Parkinson. Elle me donne le tournis.
- Ne commence pas, soupira intérieurement Harry.
- C'était pas censé être des vacances pour moi ? Pour te faire pardonner de l'avoir autorisée à squatter le canapé sans m'avoir consultée ?
- Et tu voulais que je fasse quoi ? Que je la laisse toute seule à Londres pendant ses vacances alors que sa vie est littéralement en train de partir en lambeaux ?
- C'est son problème si elle n'est pas capable de prendre correctement sa pilule.
- Ne te lance pas là-dedans, Parkinson.
- Quoi ? C'est vrai, non ?
- Non.
- Tu es toujours beaucoup trop conciliant avec elle, grogna-t-elle. Dans tous les cas, il est hors de question que je me coltine son programme de randonnées à la con.
- Et qu'est-ce que tu veux bien faire d'autre, alors ?
- L'hôtel possède une magnifique piscine, le bar m'a l'air plutôt bien garni et j'ai vu toute une flambée de jolis mecs en maillot de bain sur la plage.
- Tu rigoles, là ?
- Bien sûr que non !
- Alors tu m'as fait traverser le monde entier juste pour te prélasser au bord de la piscine et mater des types torses nus ?
- Je compte bien faire plus que de les mater, ricana-t-elle.
Et voilà que ça repartait. Parkinson n'arrêtait pas de faire des réflexions sur son nouveau célibat. Quand est-ce que tu vas te remettre en chasse ? Il est pas mal, lui, tu ne trouves pas ? étaient devenues ses deux phrases préférées.
Harry venait à peine de se séparer de Dennis que déjà, elle tremblait de son absence, cherchant à la combler par tous les moyens. Elle ne cessait de répéter qu'elle aussi avait besoin de contacts humains et que si Harry ne se décidait pas à retrouver quelqu'un au plus vite, elle lui ferait vivre un enfer.
Une peste. Tout bonnement.
Il aurait bien voulu lui dire, pour la quinzième fois, à quel point elle était dérangée, à quel point il n'avait aucune intention de sauter sur le premier type venu ni de se remettre en couple. Mais Hermione le fixait avec attention, attendant son retour sur le programme qu'elle venait enfin de finir de lister.
- Je te préviens Potter, il est hors de question que je fasse la moindre chose présente sur cette liste.
- Je ne sais pas trop, soupira Harry. Je suis plutôt épuisé, ces derniers temps. Je me disais qu'on pourrait peut-être plutôt profiter des vacances pour se reposer et lézarder au bord de la piscine ?
- Voilà, quand tu veux, jubila Parkinson.
- Tu as sans doute raison. On devrait passer l'après-midi à se prélasser. Après tout, je n'étais pas plus emballée que ça par la visite de Wat Pho. On peut aisément tout remettre à demain, sourit Hermione, compatissante.
- T'as qu'à croire, grinça-t-elle.
Finalement, au moins pour ce qui était du reste de la journée, Parkinson n'avait peut-être pas tort. Harry était épuisé et la perspective de ces heures de marche sous un soleil de plomb n'était pas forcément ce qui l'enthousiasmait le plus.
La piscine était indécente de luxe et de faste. Il se sentait tout sauf à l'aise dans ce genre d'environnement et voyait bien qu'Hermione ne comprenait toujours pas pourquoi il avait fait ce choix. Tous deux avaient vécu plusieurs mois dans une tente sans le moindre confort. Évidemment, aucun d'entre eux ne souhaitaient renouveler l'expérience mais cet hôtel était l'exact opposé d'une vie simple et modeste qu'ils se plaisaient à mener.
- Je crois que Drago aussi aurait choisi cet hôtel, lâcha-t-elle en se tartinant de crème solaire.
Harry tourna la tête vers elle, observant son regard fuyant et ses joues tristes. Hermione n'évoquait que très rarement son mari. Il savait qu'elle ne lui donnait que peu de nouvelles et que Drago n'approuvait absolument pas son récent déménagement. Pourtant, elle s'obstinait à tout garder pour elle, arguant que tout allait pour le mieux.
- Il te manque ? demanda Harry.
- Notre relation d'avant me manque, soupira-t-elle. Mais nous sommes en vacances, non ? Il faut qu'on se change les idées. Laissons notre quotidien déprimant à Londres et profitons de la douceur de vivre Thaïlandaise, veux-tu ?
- Excellente idée, Granger. Finalement, elle peut être raisonnable, quand elle veut.
Malgré sa bonne volonté, Hermione n'était pas très bavarde, allongée sur son transat. Harry voyait bien qu'elle demeurait pensive et taciturne. Elle qui avait toujours voulu contrôler les moindres aspects de sa vie, elle qui ne prenait jamais une décision à la légère se voyait remettre en question la totalité de ses choix.
Elle n'était pas heureuse à Phuket, pas plus qu'à Londres dans le petit studio minable qu'elle partageait avec Harry. Non, Hermione avait besoin de rentrer chez elle, de retrouver son mari et de faire la paix avec sa culpabilité.
Mais pour l'heure, il fallait qu'elle prenne du temps pour elle, qu'elle se ressource et se refasse une santé.
- Qu'est-ce que vous pouvez être faibles, tous les deux, soupira Pansy. Le pauvre Drago doit se ronger les sangs de la savoir à l'autre bout du monde avec toi pendant qu'il se lamente sur son triste sort.
- Drago ne se lamente pas, il fulmine, c'est différent.
- Je ne comprends toujours pas ce qu'il lui trouve. Cette fille est une vraie chieuse, toujours à faire la morale, toujours à chialer sur son malheureux destin. Qu'est-ce qu'elle peut être barbante !
- Calme toi, Parkinson. Hermione est ma meilleure amie. Si je dois supporter ta présence, tu dois aussi t'accommoder de la sienne.
- Au moins, ce soir, nous aurons enfin la paix !
Et ça, Parkinson n'avait pas cessé de le lui rabacher. Elle détestait savoir Hermione dormir dans la même pièce qu'eux. Elle n'arrivait pas à comprendre comment une femme de son âge qui se respectait pouvait bien admettre ça.
Harry ne se formalisait pas pour si peu. Il s'était habitué à partager les moindres aspects de son quotidien avec elle, dans la tente. L'avoir auprès de lui dans son appartement ne lui posait pas de problème et si ça n'avait tenu qu'à lui, il l'aurait même laissé dormir dans son lit.
Pour ce qui était de leur semaine de vacances, Parkinson avait été intransigeante, elle tenait à retrouver un tant soit peu son intimité. Hermione pouvait se joindre à eux mais à une seule condition, elle se prendrait sa propre chambre d'hôtel.
Quelle blague. Et son intimité à lui, on en parlait ?
- Toi, tu n'as pas le choix de m'avoir sur le dos, avait-elle rétorqué. Mais si je dois déjà la supporter tout le long des vacances, il est hors de question qu'elle me les brise à ronfler toute la nuit. Pour une fois, nous ne serons que tous les deux.
L'arrivée d'Hermione avait marqué un tournant dans le rapport qu'avait Parkinson avec Harry. Elle était devenue jalouse, possessive. Elle ne cessait de répéter qu'ils étaient mieux avant, que de vivre à deux était une sinécure comparé à leur nouveau quotidien.
Alors, quand vint le temps pour eux de se coucher après cette journée de voyage, elle ne put s'empêcher de pousser un soupir de soulagement.
- Ce lit est absolument parfait. Tu devrais t'en acheter un comme ça, le tient est beaucoup trop petit.
- Tu veux dire qu'on est à l'étroit dans le mien, toi et moi ? railla-t-il.
- Ne te moque pas de moi, se renfrogna-t-elle. N'empêche que quand Dennis était là et que je voulais prendre toute la place, je ne pouvais pas.
- Oui, mais Dennis n'est plus là.
- Il va falloir investir pour ton prochain mec et qu'on puisse être à l'aise tous les trois, continua-t-elle comme si elle ne l'entendait pas.
- C'est reparti, soupira-t-il.
- Quoi ? C'est vrai, non ?
- Combien de fois vais-je devoir te répéter que je n'ai pas l'intention de me remettre en couple pour l'instant ?
- Je ne te parle pas forcément d'une relation sérieuse. A partir du moment où elle se termine dans un lit, je suis partante.
- C'est pas croyable, marmonna-t-il. Tu veux bien la fermer, pour une fois ? Je suis mort de fatigue.
Harry n'aurait jamais cru que ce serait si simple mais Parkinson respecta son choix, lui souhaitant une bonne nuit du bout des lèvres. Finalement, elle devait réellement être reconnaissante des efforts qu'il avait fait pour elle. Ce jour arrivait enfin, comme une bénédiction à laquelle Harry avait bien dû mal à croire.
- Je suis heureuse de t'avoir retrouvée. Rien que pour moi, chuchota-t-elle alors qu'Harry dormait déjà, bercé par le bruit des vagues s'engouffrant par la fenêtre.
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Hermione était déjà partie depuis plus d'une heure. Harry l'avait entendu toquer doucement à la porte de sa chambre, lui demandant s'il était réveillé. Il n'avait pas vraiment le cœur à lui mentir mais encore une fois, Parkinson avait eu raison de lui.
- Si tu fais le moindre mouvement, je te défonce les tympans, Potter, l'avait-elle menacé.
Alors, lâche et domptable, il s'était exécuté. Hermione avait glissé un parchemin sous sa porte, lui disant qu'elle était partie visiter un temple et le retrouverait pour déjeuner dans les rues de Phuket.
Harry se demandait quel genre d'ami il était, laissant Hermione seule avec sa peine dans un pays étranger.
- Va nous chercher une margarita plutôt que de te flageller. Elle n'avait qu'à rester à Londres, personne ne l'a forcée à venir.
- Il est 10:30, Parkinson.
- C'est un code secret en Thaïlande pour héler un serveur, peut-être ?
- T'es complètement givrée.
- C'est toi qui parle tout seul, Potter. Je suis persuadée que pour le maître nageur qui nous fixe depuis cinq minutes, tu es le seul givré de la piscine. Alors reprends toi, cesse de parler à voix haute, va nous chercher un verre et tu pourras aller lui montrer à quel point tu es normal.
- Que tu me saoules en pleine matinée passe encore mais tu ne me prostitueras pas, Parkinson.
- Qu'est-ce que tu peux être prude, soupira-t-elle. Ce type est un dieu grec, t'as vu son physique ? Qu'est-ce que tu vas bien trouver à lui reprocher, cette fois ?
Harry était profondément lassé de ces mêmes conversations qui revenaient en boucle, comme une litanie obsédante qui l'étourdissait de l'intérieur.
Il n'avait pas envie de construire une nouvelle relation, ni même d'une aventure d'un soir avec un sombre inconnu. L'impatience de Parkinson n'aidait pas. Plus elle le poussait dans les bras du premier venu, moins il avait envie de s'y jeter.
Il céda sur la margarita, qu'elle le laisse au moins tranquille à ce sujet. Mais après avoir avalé la deuxième, le sel commençait à s'envoler du rebord du troisième verre. Il partait, dans un ballet gracieux, s'élevant dans l'air autour de lui, formant des formes abstraites pour soudainement revenir en ligne. Harry cligna des yeux, une fois, puis deux, mais rien n'y changeait. Il prit une longue inspiration et tenta de se calmer. Quand il rouvrit les yeux, le sel était revenu à sa place, comme si rien ne s'était passé. Il devenait complètement fou. Ou alors était-ce cette quantité déraisonnable d'alcool au petit déjeuner qui lui faisait tourner la tête ? Il décida de garder cette deuxième option qui se révéla beaucoup plus confortable.
Quand Hermione vint le rejoindre à midi, il eut bien du mal à paraître sobre. Hermione ne lui fit aucune remarque mais son regard appuyé ne dupait personne, elle savait que quelque chose se tramait chez lui, quelque chose qu'il n'avait aucune envie de révéler.
Si Hermione était toujours respectueuse de ses sentiments, elle n'en demeurait pas moins une horrible fouineuse. Harry savait que s'il n'était pas plus sur ses gardes, elle finirait par découvrir son secret.
Alors, il parvint à convaincre Parkinson que pour préserver son identité, peut-être valait-il mieux commencer à s'impliquer un peu plus dans le programme de vacances qu'avait prévu Hermione.
Il n'aurait jamais cru regretter à ce point sa décision, deux heures plus tard, quand ses jambes ressemblèrent à du plomb qu'il avait du mal à déplacer. Ils marchaient sans relâche, sous un soleil brûlant, grimpant la montagne comme si leur vie en dépendait. Mais d'où Hermione trouvait-elle cette forme physique alors qu'il respirait comme un buffle asphyxié ?
- Je crois qu'elle a d'autres motivations que toi, répondit Parkinson d'une voix pleine de sous-entendus.
- Qu'est-ce que tu racontes ?
- Tu n'as pas remarqué le sourire qu'elle sert au guide depuis le début de la randonnée ? Elle est complètement sous son charme.
- Arrête de délirer, ce n'est pas du tout le genre d'Hermione.
- Ah oui ? Parce que tu crois vraiment que Granger a un genre ? Elle est passée de Weasley à Drago, tu ne peux pas faire plus différent.
- Ce n'est pas son genre de tromper son mari, je n'ai aucune idée du type de physique qui lui plaît.
Le rire de Parkinson lui glaça le sang. Non ce n'était pas… non ? Hermione n'irait jamais voir ailleurs. Même si son couple rencontrait de nombreuses difficultés, elle n'était pas de celles qui fuyaient leurs problèmes.
- Et qu'est-ce que tu crois qu'elle fait en s'installant chez toi et en squattant nos vacances à l'autre bout du monde ?
- Je ne peux pas y croire, soupira Harry.
- Tu ne veux pas y croire, c'est différent.
Quand ils rentrèrent ce soir-là et qu'Hermione insista pour que le guide reste dîner avec eux, Harry grimaça. Ce type ne lui revenait pas.
Bien sûr, il était charmant, particulièrement bel homme, avec un délicieux sens de l'humour. Mais depuis les insinuations de Parkinson, plus tôt dans la journée, Harry ne pouvait plus le voir en peinture.
Mais était-ce réellement à lui ou à Hermione qu'il en voulait de se laisser séduire ? Allait-elle réellement aller jusqu'au bout ou se contentait-elle de décompresser en se laissant aller à un petit flirt sans conséquence ?
Harry n'était pas vraiment certain de vouloir connaître la suite de cette histoire. Alors, dans un sourire contrit, il leur souhaita une bonne nuit et partit s'enfermer dans sa chambre. Hermione était assez grande pour prendre ses propres décisions et il n'avait aucune envie d'y être mêlé.
Qui était-il pour la blâmer, lui qui ne cessait de fuir à la première occasion ?
Arrivé dans sa chambre, Harry n'avait pas du tout envie de dormir. Les livres qui remplissaient la bibliothèque étaient tous écrits dans des langues qu'il était incapable de déchiffrer. La chaleur humide du soir l'étouffait et bien vite, il ne supporta plus de rester sur la terrasse, grignoté par les moustiques avides qui l'entouraient.
La douche sembla être la meilleure option. Avec un peu de chance, elle le délasserait suffisamment pour qu'il trouve le sommeil.
- J'en reviens pas que même Granger baise, ce soir.
- Et c'est reparti, soupira Harry en baissant la tête, laissant le jet d'eau lui masser les omoplates.
- Depuis quand le rat de bibliothèque repart avec le don juan et la reine du bal reste seule ?
- C'est censé être moi, la reine du bal ? ricana Harry.
- Je, je, je et toujours je. Peut-être qu'il serait temps de passer à nous, tu ne crois pas ? grogna-t-elle.
- Rassure-toi, je ne risque pas de t'oublier, grinça-t-il.
- Ma présence peut-être pas, mais mes désirs, si.
Et voilà qu'elle recommençait, encore. Elle n'avait que ce mot à la bouche, que ces pensées en tête. Parkinson était un tas d'hormones en ébullition installé dans son cerveau qui ne pensait qu'à une chose : se mettre un homme sous la dent.
- Tu crois que j'ai oublié tes désirs en venant dans le pays le plus chaud de la Terre alors que je déteste la canicule ? Tu crois que j'ai oublié tes désirs en buvant trois putains de margaritas dégueulasses avant le déjeuner ? Et en restant au lit ce matin alors que je rêvais de me promener avec Hermione tant qu'il faisait encore frais ? Arrête de me les briser, Parkinson, parce que je fais tout sauf omettre tes désirs.
- Tu sais très bien que je ne parle pas de la Thaïlande ou de mes petites envies.
C'était peine perdue pour le côté délassant de la douche. Harry coupa le jet d'eau, se retenant d'enfoncer son poing dans la faïence.
- Tu commences vraiment à me faire chier, Parkinson, gronda-t-il.
- Parce que tu crois que ça me plaît d'être dépendante de ton bon vouloir, peut-être ?
Nu, ruisselant d'eau devant le miroir de la salle de bain, Harry avait les deux mains posées sur la vasque, le visage baissé et les yeux fermés. Il fallait absolument qu'il se contienne avant de dire des choses qui dépasseraient sa pensée. Pourtant, elle le mettait hors de lui, lui faisait peser une pression constante qu'il ne supportait plus de subir.
- Et qu'est-ce que tu veux ? Que je me tape le maître d'hôtel pour que tu puisses prendre ton pied ?
- C'est facile pour toi, Potter, tu as un corps. Quand tu as des envies, il te suffit de les satisfaire. Moi, je ne peux rien faire, je dois attendre, gentiment que tu aies du désir pour pouvoir prendre mon pied. Que je le veuille ou non t'importe peu, dans ces cas-là, d'ailleurs.
- Tu veux que je te demande l'autorisation avant de baiser, maintenant ?
- Et pourquoi pas ? lança-t-elle, insolente.
- Et si je me branlais, je devrais aussi te faire signer un formulaire de consentement avant ?
- Ce serait plutôt équitable, oui, campa-t-elle alors qu'Harry venait d'abattre son poing sur le meuble-vasque.
- Ah ouais ? Et tu vas faire quoi, si je fais ça, là, maintenant ?
A bout de souffle et de nerf, Harry appuya sur la pompe de crème hydratante, enduisant généreusement ses mains avant d'en enrouler une autour de son sexe.
- Tu vas fermer les yeux ? Tu vas me demander d'arrêter ?
Sa poigne était dure et ferme quand il glissa sa main de haut en bas.
- Et toi, alors ? répondit-elle. Qu'est-ce que tu ferais si je me mettais à me toucher devant toi, hein ? Tu continuerais ?
- Bien sûr que je continuerais. Je te regarderais, droit dans les yeux pendant que je me branle. Je te dirais à quel point tu n'es qu'une petite salope qui rêve de se faire prendre.
La main qui le maintenait accroché au meuble se crispa sur le bois et sa respiration commença à grimper d'un cran alors qu'il passa un pouce rageur sur le bout de son gland.
- Je te dirais à quel point tu es sale quand tu te touches, à quel point tu trépignes d'impatience à l'idée de t'empaler sur ma queue.
- Parce que tu crois que ça m'arrêterait ? J'enfonçerais un doigt de plus à l'intérieur de moi à chaque fois que tu ouvrirais la bouche. Je pincerais mon téton avec mon autre main. Je te repousserais du bout du pied quand tu ne tiendrais plus de me voir prendre du plaisir sans toi, voulant à tout prix savoir à quel point je suis serrée.
Harry ferma les yeux, les pinçant si fort qu'ils ne formèrent plus qu'une ligne. Son dos ressemblait à une courbe torturée tant il était penché sur le lavabo. Et sa main, toujours plus avide, s'activait sur son sexe sans discontinuer.
- Je ne te toucherais pas avec un bâton. Tu crois que tu me ferais bander, hein ? Tu crois que je deviendrais fou en te voyant te branler, n'est-ce pas ?
Harry dut se mordre les joues. Les poumons en feu, il n'était plus très loin de jouir. Déjà, il commençait à sentir sa queue se contracter entre ses doigts.
- Bien sûr que tu serais fou. Et quand tu me verrais pincer mon clitoris entre mes doigts, me courber en deux sous le poids de mon orgasme et déverser sur toi le contenu de mon plaisir, tu jouirais comme tu n'as jamais jouis.
Mais ce fut bien Harry qui, se tordant en deux, laissa enfin son souffle et ses gémissements sortir de sa gorge.
- Parce que tu crois… haleta-t-il entre deux grognements, vraiment que… que je… que je te laisserais t'en sortir comme ça ?
- Ah ouais ? Et qu'est-ce que tu pourrais bien me faire alors que je viens de jouir, sous tes yeux ?
- Ce serait à mon tour de te… comment est-ce que tu as dis ça, déjà ? De déverser sur toi le contenu de mon plaisir, grogna-t-il.
Harry savait qu'il devait se ménager. Chaque mouvement du poignet l'emmenait chaque fois un peu plus proche du précipice. Mais il ne voulait pas jouir comme ça, pas maintenant, pas sans lui avoir dit ce qu'il ferait d'elle.
- Tu serais là, étendue sur le lit, impuissante et souillée, mon sperme te collant les yeux. C'est ça que tu veux, au fond, pas vrai ? Tu veux que je te jouisse à la gueule comme la petite salope que tu es.
Et il l'entendit. La respiration de Parkinson, devenue erratique, se coupa un instant. Un long instant.
Harry sentit tout son corps se contracter et quand elle vint en un interminable gémissement, Harry se mêla à elle pour se déverser dans sa main, plus crispé que jamais au bord du lavabo.
- Je déteste ta présence, lança-t-il en attrapant rageusement un mouchoir.
- Je déteste ta manière de te branler comme une fillette.
- Va te faire foutre, Parkinson.
- Mais avec plaisir, Potter, je n'attends que ça.
Elle allait avoir sa peau. S'il ne se débarrassait pas très vite d'elle, il allait commettre une énorme bêtise, rien n'était moins sûr.
