J'ai tardé à publier, parce que je recherche un autre site de publication. Ici, il n'y a que très peu de lecteurs assidus et j'avoue que c'est déprimant de voir que je n'ai pas autant de "récompense", entendez par là des commentaires, (qui sont ma paye) que je l'aurais souhaité.
Je comprends parfaitement que ce fandom soit "vieux" et qu'il n'y ait plus grand monde qui lit ce genre d'histoire et dès que j'ai trouvé mon bonheur, j'arrêterais de publier du FF. net
Bien entendu, Christine, Rukia1935 et Eldenya, si vous êtes interressées, je vous donnerais le lien si vous m'en faites la demande.
Voilà, ça c'est dit.
En attendant, voilà la suite...
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Chapitre 15
Le vent soufflait fort et il neigeait. Dans la grotte, Legolas et Nori discutait tout en grignotant.
-Vous avez un plan pour trouver l'homme ?
-Ça viendra l'moment voulu.
-Vous êtes toujours comme ça ?
-Ça dépend. Comme ça comment ? Demanda Nori avec un petit rictus.
-Aussi... désinvolte, sûr de vous, arrogant...
A ces mots, Nori regarda Legolas de travers.
-C'qui m'rassure, c'est qu'vous n'avez rien à m'envier avec ça...
Ils se regardèrent quelques instants avant que Legolas s'adosse au mur et soupire.
-On devrait peut-être dormir. Demain, le sentier va être difficile.
-Pourquoi vous avez insisté pour m'accompagner ? Vous ne devriez pas rester avec papa pour apprendre à torturer vos visiteurs indésirables ? Lança Nori.
Le prince blond allait répondre méchamment quand il vit le petit sourire du nain.
-Vous n'allez jamais oublier ça, n'est-ce pas ?
-J'suis un nain...
-Et je suppose que ça veut tout dire ?
Sans répondre, Nori se tourna vers les chevaux et siffla. Aussitôt, Black-Pearl s'approcha, se coucha à côté de son petit cavalier et le nain poussa un petit gémissement de plaisir en se calant contre le flanc de la jument.
-Mais qu'est-ce que vous lui avez fait pour qu'elle réagisse comme ça ? S'énerva Legolas.
-Rien... mais j'l'aime bien.
-Vous êtes étrange...
-Bonne nuit votre altesse... Lui répondit Nori en fermant les yeux.
Ce satané nain a raison... pourquoi est-ce que j'ai voulu l'accompagner ? Se dit Legolas.
**Parce que vous vous ennuyez votre altesse...**
L'elfe poussa un petit grognement et se coucha, dos au nain.
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Bilbo digérait tant bien que mal ce qu'il venait d'entendre. Il s'était bien rendu compte que quelque chose de spécial s'était passé entre lui et le grand nain, surtout quand il avait répondu au baiser comme si sa vie en dépendait...
-J's'rais jamais assez bien pour le roi ! J'connais rien, j'sais rien faire à part voler et mendier, j'sais même pas d'où j'viens !
-Tout ça n'a aucune espèce d'importance... Mahal vous a offert la chance d'avoir un compagnon qui vous aimera toute votre vie. Vous et sa majesté êtes liés pour la vie et je crois que vous avez déjà remarqué que vous ne pouvez pas vraiment être loin de l'autre... Fit remarquer Ori à Bilbo qui ne s'était pas rendu compte qu'il gratouillait maintenant le léger duvet du menton de Thorín.
-Pour la vie ? J'suis lié à un nain pour le reste de ma vie ?
Ori s'approcha du lit et expliqua à Bilbo tout ce qu'il savait sur les One et le hobbit l'écouta sans l'interrompre. Le scribe parla avec une certaine excitation dans la voix qui ravissait Bilbo, même si l'histoire dont il était l'un des principaux acteurs n'était pas ce à quoi il s'attendait vraiment.
Et puis la fatigue lui tomba dessus doucement et il glissa jusqu'à être allongé tout contre le roi. Ori ne s'offusqua pas, bien au contraire, voir le couple royal ainsi endormi était une chose qui n'était pas prêt de se reproduire. Alors qu'il s'apprêtait à sortir, il avisa un gros paquet qui était au pied du lit et le prit pour qu'il ne gêne pas les dormeurs, mais une des ficelles se détacha et il vit avec stupeur une magnifique fourrure blanche.
Il passa la main doucement dessus et se demanda ce qu'elle faisait là.
-Vous savez d'où elle vient ? Demanda-t-il à Kolya.
-Il me semble que c'est son altesse Kíli qui l'a déposé là.
Pensant à juste titre que si Kíli l'avait posé sur le lit, c'était pour qu'elle serve de couverture, il l'étala sur Bilbo et Thorín, puis, en souriant, il se détourna et sortit en refermant doucement la porte. Après tous les malheurs qu'avait subi le petit homme, il n'était que justice qu'il devienne la personne la plus respectée et protégée de la Montagne Solitaire.
-Son altesse s'est endormie. J'espère avoir répondu à ses questions correctement, mais s'il lui faut d'autres réponses, qu'il n'hésite pas à me faire appeler, je viendrais !
-J'n'en doute pas un seul instant ! Lui répondit Oín.
Le jeune scribe partit, Ulvàr regarda le docteur.
-Qu'est-ce que vous en pensez ?
-De quoi ? Qu'un hobbit soit le compagnon de Thorín ? Franchement, j'aurais pas rêvé mieux pour lui. C'est un peuple doux et ça obligera le roi à rester calme et tout l'monde en profitera !
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Kíli était un jeune nain, qui n'avait jamais eu d'autre ambition que celle de faire plaisir à son oncle et à son frère. Il avait su dès son plus jeune âge qu'il n'aurait jamais de couronne sur la tête et ça lui convenait très bien. Son frère était né pour ça, il était bien plus mûr, plus réfléchit et serait bien plus à sa place sur le trône de pierre que lui, quand leur oncle partirait dans l'autre monde.
Par contre, il y avait une chose qu'on ne pouvait lui nier, c'était sa fascination pour toutes les créatures qui vivaient sur la Terre du Milieu. Sauf peut-être les Trolls et les Gobelins. Et les orcs aussi...
Mais celle qui retenait toute son attention était une elfe. Elle était grande, un peu plus que lui, ses longs cheveux roux atteignaient presque ses chevilles, ses petites oreilles pointues étaient adorables et Kíli était totalement fou amoureux d'elle.
Et il était en train de lui tailler un arc. Le jeune prince n'était pas le plus habile des nains au maniement des outils pour travailler le bois, mais pour sa belle, il faisait des efforts. Il avait demandé à Bofur s'il pouvait lui donner des conseils et le nain au drôle de chapeau avait souri en acquiesçant.
Depuis, il avait presque élu domicile à l'arrière de la boutique de jouet et taillait et sculptait une branche de cornouiller qu'il était allé chercher dans les bois. Il n'avait jamais fait ça auparavant, se contentant de prendre ce dont il avait besoin dans les racks et tous les autres archers faisaient la même chose.
Il n'y avait qu'après avoir essayé chaque arc, qu'un archer trouvait celui avec lequel il se sentait le mieux et qu'il gardait pour la chasse. Les autres servant à l'entrainement. Et il espérait que celui qu'il fabriquait plairait à sa promise et qu'elle pourrait s'en servir. Parce qu'il ne pourra pas l'essayer, il serait bien trop grand pour lui...
Il se demanda si la différence de taille serait un obstacle dans la vie courante, mais il repensa à Fíli qui avait épousé une femme du peuple des hommes et si Sigrid était plus petite que Tauriel, elle était quand même un peu plus grande que son frère. Et ça ne posait apparemment pas de problème, ou du moins, il n'avait pas remarqué qu'il y en avait.
-Bofur, pouvez-vous me montrer quels outils il faut que je prenne pour sculpter ?
-Tu as déjà fini de le tailler ?
-Oui, enfin je pense...
-Je peux voir ?
-Bien sûr ! Les conseils d'un professionnel sont toujours les bienvenus !
Bofur prit le bout de bois et l'inspecta. Il ne regarda pas la façon dont le bois avait été taillé, parce qu'il n'y connaissait pas grand-chose en arc, mais il toucha et caressa la matière afin de choisir les meilleurs outils pour ce que le prince voulait faire.
-Tu veux sculpter quelque chose qui viendrait de la nature plus que de la roche, j'me trompe ?
-Non, vous avez vu juste ! Répondit Kíli en souriant.
-Alors je te conseillerais de t'entrainer avant, sur un simple morceau avant de t'attaquer à l'arc directement. Parce que si tu rates ton coup, tu pourras pas rattraper. Le bois, c'est pas comme le métal, tu peux pas rajouter de la matière. Enfin si, mais pas pour un arc...
-Je suis d'accord, mais je ne veux pas gâcher votre bois, j'irais en chercher demain.
-Non, tu vas en prendre dans la réserve et tu vas me tailler un banc pour commencer. On verra ensuite pour quelque chose de plus complexe.
-Un banc ? S'étonna Kíli.
-Oui, j'en ai besoin pour agrémenter la petite maison qui est derrière toi.
Kíli se retourna et regarda le jouet en écarquillant les yeux. La maisonnette était superbe et les détails étaient tellement précis qu'il se demandait s'il n'avait pas pris la mauvaise décision en ce qui concernait son cadeau de cour.
Jamais il n'arriverait à ce niveau en si peu de temps...
-Tu me fais le banc et ne commence pas à penser que t'y arriveras pas, essaye d'abord, on verra ensuite. J'ai confiance en toi, mon gars...
Rasséréné par les paroles de son ami, Kíli prit le bout de bois que lui tendait Bofur et l'examina sous toutes les coutures.
-Déjà, tu commences bien, tu le regardes avant de le travailler, bon réflexe !
Bofur prit lui aussi un morceau de bois, mais la couleur était presque rouge et intrigua Kíli.
-Je vais faire un pommeau pour la canne de Bilbo. Quand il n'aura plus besoin du support, je le remplacerais par ce que je suis en train de faire. Qu'est-ce que tu en penses ?
Kíli regarda le travail extraordinaire de sculpture qu'il avait sous les yeux. Il y avait déjà un arbre avec ses feuilles et il pouvait voir une barrière derrière laquelle broutaient une vache et une chèvre et tout ça sur un bout de bois de quelques centimètres seulement !
-C'est tout simplement magnifique ! Bofur, vous êtes un artiste !
-Tu le seras toi aussi, mais pour l'instant, tu as du boulot qui t'attend, alors vas-y !
Kíli commença à débiter une forme rectangulaire et retira la matière en trop, puis, emporté par la volonté de réussir, il prit sur lui et musela son impatience en retirant des plus petits morceaux de bois. Il ne fallait pas qu'il le casse ou qu'il en retire de trop ou il serait obligé de tout recommencer.
C'était un excellent exercice pour prouver qu'il pouvait faire quelque chose avec ses mains.
Et par Mahal, il y arriverait !
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Kolya était un jeune soldat qui avait été choisi par le capitaine de la garde royale pour être le garde du corps du compagnon du roi. Il était fier d'avoir eu ce grand honneur alors qu'il n'avait même pas encore de statut officiel dans la caserne.
Mais là, il avait un sacré problème et il ne savait pas comment le résoudre. Il avait reçu l'ordre exprès de ne quitter la chambre sous aucun prétexte et il n'avait pas l'intention de désobéir. Stoïque, il essaya de penser à autre chose et se redressa bien droit sur sa chaise...
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Cela faisait presque trois heures que Thorín avait bu le calmant quand Oín entra dans la chambre pour voir si tout se passait bien et il trouva Bilbo endormi également. Une immense fourrure blanche était posée sur eux, mais ça ne l'empêchait pas de voir que le hobbit avait le nez enfoui dans le cou du roi et qu'il avait enroulé une des tresses autour d'un de ses doigts.
Mais ce qui amena un grand sourire sur le visage du docteur, c'était que Bilbo était presque allongé sur le nain. Et il ne risquait pas de tomber vu que le nain en question avait enroulé son bras autour du petit corps.
Mais le plus important était : devait-il réveiller Bilbo ou le laisser dormir ?
Le hobbit avait besoin de se nourrir, mais il avait peut-être encore plus besoin de dormir pour récupérer. Et il était bien le premier à penser que le roi en avait bien besoin également. Il décida alors que l'heure des repas n'avait aucune importance pour le moment et quand il aura faim, Bilbo se réveillera tout seul.
Oín allait ressortir quand il regarda Kolya qui était bien trop immobile à ses yeux.
-Qu'est-ce qui t'arrive mon gars, ça n'va pas ?
-Si maitre Oín, je vais bien !
-J'vois ça... t'es droit comme si t'avais un bâton coincé dans l'fond'ment... dis-moi c'que t'as ! Insista Oín en lui donnant un léger coup sur l'épaule.
-Rien maitre Oín, je vous assure que tout va bien ! Affirma Kolya.
Mais le très léger balancement que finit par faire le soldat donna la réponse au docteur.
-C'est tout à ton honneur d'obéir à ton chef, mais si j'décide de te donner quelques minutes pour satisfaire un besoin naturel, Dwalín n'aura pas son mot à dire. C'est dangereux de trop se retenir alors vas-y !
-Merci mais je ne dois pas quitter mon poste.
-Ils dorment tous les deux et je serais dans l'bureau juste à côté. Allez !
Kolya hésita mais son corps avait décidé d'écouter le docteur et il savait qu'il ne pourrait plus tenir très longtemps.
Il jeta un œil sur le lit et découvrit, stupéfait, la position qu'avaient le hobbit et le roi.
-Vas-y maintenant, tu reviendras plus vite.
Kolya soupira mais finit par sortir et Oín regarda une dernière fois le nouveau couple avant de sourire en refermant doucement la porte derrière lui...
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Il était couché sur quelque chose d'extrêmement confortable, bien que ferme. Son matelas était doux et souple et chaud et il bougeait.
Bilbo ouvrit les yeux d'un coup et faillit pousser un cri et voyant la fourrure blanche sur lui, mais il ne le fit pas et ne bougea pas non plus. Des années de peur ne s'effaçaient pas comme ça et il avait tellement l'habitude de ne pas faire de bruit et de ne pas bouger pour ne pas se faire remarquer par Ruppert qu'il ne broncha pas.
Il se rappela ensuite que le loup à qui la peau appartenait avait été tué et qu'il ne craignait plus rien de sa part, ni de la part de personne, parce qu'il était dans une montagne habitée par des nains et gouverné par un roi. Un roi qui était son compagnon d'après une légende naine et surtout, un roi sur lequel il était complètement étalé...
Il releva doucement la tête et voulut se mettre sur le côté, mais un bras l'en empêcha.
-Bouge pas...
Bilbo se raidit aussitôt puis se redressa en posant ses mains sur la puissante poitrine. Les yeux à moitié ouvert du roi le fixait et leur magie opéra encore une fois. Le hobbit poussa un petit gémissement et se blottit à nouveau, content de sentir le bras le serrer mais sans lui faire mal.
-Tu es bien ? Murmura le roi de sa belle voix grave.
-Mumm...
Thorín sourit en sentant le petit homme se caler confortablement dans ses bras et il ferma les yeux de bonheur. Un bien être comme jamais il n'en avait ressenti de sa vie s'empara de lui et il soupira en frottant doucement son menton sur les boucles qui sentaient bon la pomme.
Il se surprit à rire doucement quand Bilbo enroula la tresse autour de sa main et joua avec la perle, juste avant d'entendre un grondement sourd.
-Il va falloir se lever...
-Pas envie... j'chui bien là... Gémit Bilbo.
-Moi aussi je suis bien, mais tu as faim et il faut que tu prennes des forces pour guérir. Si tu te mets sur le côté, je pourrais demander à quelqu'un d'aller aux cuisines. Ça te plairait qu'on mange ensemble ?
-Mumm...
-Bilbo... il faut que tu bouges... Rigola doucement Thorín.
-Vous zêtes vraiment pas drôle... Râla Bilbo en se couchant à côté.
-Je suis le roi, je ne suis pas censé être drôle. Rétorqua Thorín pince sans rire.
En entendant ça, Bilbo s'éloigna rapidement de lui et se colla le plus près possible du mur avant de s'assoir, les jambes repliées entre ses bras.
-Désolé... j'suis désolé... j'aurais pas dû vous parler comme ça... pardon... j'recommencerais pas, promit...
Thorín se redressa aussitôt et leva sa main pour la poser sur le genou de son compagnon, mais le brusque mouvement de recul que le petit homme eut à ce moment-là le fit grimacer.
-J'suis désolé, j'voulais pas dire ça... s'il vous plait, me frappez pas... Pleurnicha Bilbo.
Le cœur de Thorín se serra de douleur. Il avait fait du mal à son compagnon, il n'était vraiment pas digne de lui. Il n'était digne de rien s'il ne pouvait pas prendre soin de la personne qui lui était plus chère que tout au monde.
-Je ne vais certainement pas te frapper... pourquoi est-ce que je voudrais faire une chose pareille ? Tu es mon One, celui que Mahal m'a destiné, celui que je vais chérir et aimer toute ma vie, si tu le veux bien... Lui dit Thorín doucement.
Incapable de faire confiance à sa voix, Bilbo leva ses yeux pleins de larmes et regarda Thorín. Le visage du roi était triste, il ne souriait pas et deux rides étaient apparues au coin de ses yeux brillants.
Le hobbit ne put s'en empêcher et ses doigts essuyèrent doucement la petite perle d'eau qui avait glissé sur la joue du grand nain qui n'avait vraiment plus rien de royal en ce moment.
-Vous pleurez ? Dit-il doucement. Faut pas pleurer, pas pour moi... j'en vaux pas la peine...
-Ne dit pas ça ! S'exclama Thorín vivement, jamais !
Bilbo se recroquevilla et leva ses bras sur sa tête. Thorín souffla fort en se levant et s'éloigna du lit.
-Je ne peux pas rester près de toi. Ce n'est pas possible, tu as peur de moi... il faut que je m'en aille... où est ton garde ? Il devrait être là ! Kolya !
Bilbo recommença à enrouler ses bras autour de ses jambes et se balança doucement d'avant en arrière tout en pleurant en silence.
Thorín était horrifié et serra son poing sur son cœur quand la porte s'ouvrit brusquement et Oín entra.
-Où est Kolya ? Il devrait être là ! S'écria Thorín.
-Il s'est absenté pour un besoin urgent, qu'est-ce qu'il y a ?
-Je dois partir... je ne peux pas rester à côté de Bilbo...
-Quoi ? Pourquoi ? Que s'est-il passé ? Bilbo ? Ça va ?
Abandonnant le roi qui, à ses yeux n'avait pas de problème, il s'intéressa au hobbit qui était roulé en une toute petite boule et qui pleurait sans faire le moindre bruit.
-Qu'est-ce que tu lui as fait ? Demanda Oín à Thorín.
-Rien ! Je ne l'ai pas touché !
-Alors pourquoi il pleure ?
Thorín renifla sans répondre et regarda son petit compagnon puis il pencha la tête et s'approcha du lit.
-Je suis désolé si je t'ai fait peur... je n'ai pas appris à être drôle ni à plaisanter. Je ne voulais pas te crier dessus, mais je n'ai pas aimé quand tu as dit que tu ne valais pas la peine que je sois triste pour toi. Tu ne dois pas te sous-estimer, tu es mon compagnon et je dois prendre soin de toi. Pas parce que je m'en sens obligé, mais parce que j'en ai envie.
Voyant que Bilbo ne répondait pas, Thorín baissa la tête et se tourna, prêt à sortir quand il vit Kolya.
-Où étiez-vous ? Vous n'auriez jamais dû sortir de cette pièce ! Vous avez désobéi à un ordre de votre capitaine ! Vous êtes relevé de vos fonctions, hors de ma vue !
-C'est pas grave... Dit alors Bilbo.
Le roi fit volte-face et s'approcha du lit, mais tout en restant à une certaine distance. Il n'avait pas oublié les yeux emplis d'effroi du hobbit quand il avait élevé la voix.
-Il ne devait pas quitter cette chambre !
-C'est moi qui lui ai dit qu'il pouvait aller se soulager ! Et entre un ordre de son capitaine et celui du responsable de la santé des habitants de la Montagne Solitaire, il n'avait pas le choix ! S'exclama Oín en croisant les bras devant Thorín.
-Je suis désolé votre altesse, jamais je n'aurais dû sortir, avoua alors Kolya en s'inclinant devant Bilbo. Majesté, c'était un ordre et je ne l'ai pas respecté. Je suis prêt à subir le châtiment que vous jugerez bon. Ajouta-t-il en se redressant droit comme un "i" devant Thorín.
-Non !
Le cri que poussa Bilbo les fit sursauter. Il avait bougé et s'était assis au bord du lit, regardant les trois nains devant lui.
-J'veux pas qu'il soit puni à cause de moi ! Il l'a pas mérité, il m'a accompagné tout à l'heure pendant ma promenade et j'me sens bien avec lui... s'il vous plait, le punissez pas...
Le roi remarqua que son compagnon se tordait les doigts tellement fort que ses coupures s'étaient mises à saigner de nouveau. Doucement, comme s'il s'approchait d'un petit animal apeuré, Thorín avança et posa ses mains sur celles de Bilbo pour les séparer.
-Arrête de te tordre les mains, tu as rouvert tes blessures... et je ferais comme tu veux. Il ne sera pas puni, tu as ma parole. Mais je veux que... non, j'aimerais que tu ne te fasses plus de mal comme ça... tu veux bien faire ça pour moi ?
Oín regarda son roi avec une moue dubitative mais ravie. Il en était sûr, un hobbit était le compagnon idéal pour une forte tête comme Thorín. Son calme et son amour naturel pour tout ce qui était juste faisait déjà effet et ce qu'il y avait de bien, c'est que son souverain le prenait plutôt bien.
-Kolya s'ra pas puni ? Vous m'le promettez ?
-Oui, il sera fait comme tu le désires.
Le sourire qui illumina le visage de Bilbo fit battre le cœur du roi comme un fou. Cette petite créature avait tout pouvoir sur lui, il s'en rendait compte, mais étrangement, ça ne le dérangeait pas vraiment...
-Retournez à votre poste et ne bougez plus ! Ordonna-t-il à Kolya sans le regarder.
-Thorín... puis-je te parler en privé ? Dit alors Oín.
Le roi se tourna vers le docteur puis dirigea près de la porte, prenant sans s'en rendre compte une posture fière et royale.
-Qu'as-tu à me dire ?
-J'voulais pas t'contredire devant un soldat, mais tu lui imposes une chose qu'il n'est physiquement pas possible de faire...
-Quoi donc ?
-Rester immobile pendant des heures sans avoir le droit d'se dégourdir est une aberration. Je f'rais subir ça à personne, même pas à mon pire ennemi ! Sans parler des besoins naturels que tout être vivant doit assouvir...
Inspirant profondément et admettant que Oín avait raison, Thorín s'approcha du garde.
-Vous pourrez vous absenter, mais dans ce cas, vous faites venir un autre garde jusqu'à ce que vous reveniez ! Lui ordonna-t-il.
Kolya s'inclina profondément devant son roi puis s'approcha de son protégé, jusqu'à ce qu'un grondement sourd sorte de la gorge du roi. Il recula alors promptement jusqu'à la porte, hésitant quant à la conduite à tenir, mais son dévouement était toujours présent et son respect pour le compagnon du roi se fit encore plus fort.
-Votre altesse, je vous remercie pour votre indulgence et je vous jure que plus jamais je ne romprais mon serment ! S'exclama-t-il en s'inclinant.
-Vous êtes vraiment obligé d'm'appeler comme ça ?
-Plusieurs nains étaient présents quand tu as été reconnu comme mon One, ou mon compagnon si tu préfères et en tant que tel, tu es maintenant considéré comme un membre de la famille royale, même si aucune cérémonie de reconnaissance n'a encore eu lieu. Kolya ne fait que suivre l'étiquette et il te montre son respect en te nommant de cette façon. Et je crains fort que tu ne doives t'y faire... maintenant, il faut que je te laisse, j'ai un royaume à diriger... Lui expliqua Thorín.
-Vous r'viendrez m'voir ? Lui demanda alors Bilbo.
Il n'avait pas tout compris ce qu'il venait d'entendre et détestait se montrer aussi bête, mais il n'avait pas oublié sa proposition de manger ensemble.
-Tu vas devoir t'habituer à ma présence aussi, même si je pense que tu risques de le regretter... Rajouta Thorín avec un sourire.
Bilbo adorait voir le roi sourire, ça lui faisait plisser les yeux et des petites rides donnaient à son visage une douceur qu'il n'avait pas autrement.
-J'aime votre sourire... Murmura-t-il en levant la main et en caressant doucement la joue légèrement barbue.
-Je vais avoir du mal à partir si tu continues comme ça...
-Bon... je vais envoyer quelqu'un chercher un plateau repas. Tu manges avec nous ? Déclara Oín après s'être raclé la gorge plutôt bruyamment.
Le tout nouveau couple sursauta légèrement et, se rendant compte de la façon dont ils se tenaient, ils rougirent tous les deux joliment juste avant que Thorín pousse un soupir.
-Malheureusement je ne peux pas. Je sais que je t'ai proposé qu'on mange ensemble, s'excusa-t-il en regardant Bilbo, mais j'ai déjà laissé passer l'après-midi sans rien faire. A ce propos... Oín, tu n'aurais rien à m'avouer ?
-J'vois absolument pas d'quoi tu parles... Répondit le docteur d'un air malicieux.
-Je parle d'une petite sieste qu'on m'aurait forcé à faire...
-Tu t'sens bien ?
-Pardon ?
-Est-ce que tu t'sens bien ?
-Oui...
-Tu n'es pas fatigué ?
-Non...
-Alors j'ai eu raison. Maintenant, il me semble que t'as dit que tu devais aller travailler ? Vas-y sinon tu vas encore t'coucher à des heures pas possibles !
Thorín se redressa et croisa ses bras sur sa poitrine, un air royal sur le visage qui n'impressionna absolument pas le docteur, avant de se retourner vers Bilbo et de se pencher pour frotter doucement son front sur celui du hobbit. Il aurait préféré l'embrasser, mais il y avait bien trop de monde autour d'eux et il préférait honorer son compagnon en privé.
-Si je ne finis pas trop tard, je passerais ce soir avant ton coucher, tu veux bien ?
-Ouais... ça s'rait bien... Ronronna presque Bilbo en fermant les yeux.
Thorín était ravi de voir que Bilbo n'avait plus peur de lui et il posa doucement sa main sur la joue imberbe avant de caresser la petite oreille avec son pouce. Il ne savait pas pourquoi cette partie de l'anatomie du hobbit le fascinait jusqu'à ce qu'il entende un petit gémissement. Et là, il sourit.
Inconsciemment ou pas, il devait savoir que les oreilles des hobbits étaient sensibles et c'était une chose qu'il se promit de ne jamais oublier, parce que le son que venait d'émettre le petit homme était la plus douce des musiques pour lui.
Il se détourna à contre cœur et sortit de la chambre...
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Kíli avait bien avancé son travail et le petit banc prenait forme. Sous les directives de Bofur, il s'était entrainé à utiliser des outils plus petits en dessinant des arabesques sur le dosseret et même si les volutes n'étaient pas très nettes, le fabricant de jouet le félicita.
-C'est pas mal du tout pour un premier essai, tu t'débrouilles plutôt bien. Maintenant, tu vas m'faire la table qui va avec, ensuite une chaise et...
-Oh la ! Vous avez l'intention de me faire faire tous les meubles de la maison gratuitement ou quoi ? S'esclaffa Kíli.
-Bon d'accord, j'me suis un peu emporté... mais si tu pouvais graver des branches avec des feuilles à côté d'la porte, ça serait un bon entrainement pour c'que tu veux faire sur l'arc !
-J'm'y mets !
Kíli prit un ciseau, s'approcha de la maisonnette et allait commencer quand il se redressa. Sans rien dire, il reposa l'outil et prit à la place une plume et une feuille sur laquelle il dessina. Le nain au chapeau sourit et se prépara une pipe qu'il bourra de feuilles odorantes avant de l'allumer. Une douce odeur s'éleva dans l'air et
Kíli renifla avant de se tourner vers lui.
-Vous fumez dans un endroit rempli de bois sec ?
-J'ai jamais mis l'feu à mon atelier jusqu'à présent... mais continue de dessiner, j'ai hâte de voir c'que ça va donner !
-Ça peut paraitre étrange, mais je me suis dit que ça serait plus facile avec un modèle...
-Et tu as tout à fait raison. Tu n'voudrais pas travailler pour moi par hasard ?
-Je ne suis pas sûr que ça plairait à mon oncle... Marmonna le prince.
-T'as décidé de c'que tu voulais faire de ta vie ? A part te marier bien sûr !
-J'aime les travaux manuels et la chasse. Et même si je ne suis pas aussi doué que Fíli, j'aime assez travailler les pierres précieuses.
-Alors pourquoi tu l'fais pas ?
-J'en sais trop rien... jusqu'à présent, mon oncle avait tracé une voie que je devais suivre. Mais maintenant qu'il a accepté que je fasse la cour à Tauriel, je ne sais plus trop quoi faire...
-Commence par faire c'que je t'ai demandé, ça sera déjà pas mal ! S'esclaffa Bofur.
La bonne humeur du prince reprit vite le dessus et c'est en souriant qu'il reprit la plume afin d'affiner son dessin.
Bofur en profita pour le regarder tout en fumant sa pipe. Le jeune nain était doué et il pouvait se permettre de faire une pause. Après tout, la maisonnette ne risquait pas de s'envoler !
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Thorín se sentait mal. Il avait à peine fait quelques mètres dans le couloir qu'une douleur atroce lui serra la poitrine. Il grogna, s'appuya lourdement sur le mur et essaya de se calmer, mais rien n'y faisait. Dire qu'il venait d'assurer à Oín qu'il n'était pas fatigué et qu'il se sentait bien.
Mais il avait du travail et devait se rendre à son bureau sans tarder, sinon, il n'aurait pas le temps de passer voir Bilbo avant qu'il ne soit couché. Et il n'avait pas du tout envie de laisser passer l'occasion d'embrasser son adorable petit compagnon. Il se redressa, prit sur lui et fit un autre pas pour tomber aussitôt sur ses genoux.
Il haleta quand ils touchèrent rudement le sol de pierre, mais la douleur fut moins forte que celle qui pulsait dans sa poitrine...
Les deux soldats de garde à la porte de l'infirmerie avaient ordre de ne quitter leur poste sous aucun prétexte, sauf s'ils entendaient du grabuge à l'intérieur. Ce qui se passait à l'extérieur pouvait être géré par d'autres soldats qui patrouillaient régulièrement à ce niveau. Mais là, ils se trouvaient devant un cas de force majeur, leur souverain était à genoux dans le couloir et apparemment, il souffrait.
-Va chercher le docteur tout de suite ! S'écria l'un des nains en courant auprès du roi.
Le second n'attendit pas la fin de la phrase pour ouvrir la porte et demander des secours en urgence.
-Qu'est-ce qui s'passe encore... Ronchonna Oín.
-C'est le roi... il est tombé dans le couloir !
Sans attendre, le docteur sortit et courut vers le roi.
-Thorín ? Thorín ! Qu'est-ce qui t'arrive mon gars ?
-Mal...
-Où ?
Thorín serra son poing droit fortement sur son cœur en haletant.
-Ton cœur ? S'étonna Oín.
La famille Durïn n'avait jamais eu de problème de ce côté-là et Thorín était bien trop jeune pour en avoir de toute façon. Alors qu'est-ce qui lui arrivait ?
-Aidez-le à s'relever et suivez-moi à l'infirmerie ! Ordonna-t-il au soldat qui l'avait suivi.
Mais Thorín était une forte tête et s'il ne dit rien quand le nain lui tint le bras quand il se releva, il se dégagea rapidement une fois remis sur ses pieds.
-Je vais bien ! Laissez-moi...Grogna-t-il.
-Mais bien sûr... c'est pour ça qu'tu t'es écroulé dans le couloir. Allez, suis-moi à l'infirmerie...
-J'ai du travail !
-Que tu feras un autre jour. Sauf si tu veux vraiment te donner en spectacle à quelques mètres du hall du plus grand marché d'Erebor qui est très fréquenté par toutes sortes de nains...
Thorín grogna, ce que Oín trouva tout à fait normal, et, suivit du soldat, ils marchèrent doucement. Et étrangement, plus il s'approchait de l'infirmerie, plus il se sentait soulagé.
-Je me sens beaucoup mieux... Déclara-t-il étonné.
-Peut-être, mais j'vais quand même t'examiner. C'est pas normal... assis-toi et enlève ta tunique.
-Faites venir Balín immédiatement ! Ordonna Thorín à l'un des soldats avant de détacher les boutons.
-Tu vas travailler quand même, hein ?
-Tu ne m'en donnes pas le choix...
-Vous avez déjà fini ? S'exclama une petite voix surprise.
Thorín se tourna pour se trouver face à face à un Bilbo qui se tenait debout grâce à la canne.
-Tu ne devrais pas être debout, retourne au lit ! Lui ordonna Thorín gentiment.
-Mais...
-Thorín a raison Bilbo...
-Puisque vous voulez pas d'moi... Marmonna le hobbit en faisant demi-tour.
Le roi leva les yeux au plafond, mais avait un beau sourire sur les lèvres. Oín le regarda avec amusement et faillit rire quand il vit la tête du soldat, qui n'avait sans doute jamais vu son souverain se comporter de cette façon. Mais ce ne fut rien par rapport à ce qui suivit.
Thorín rattrapa Bilbo sans mal et, sans aucun effort, il le prit dans ses bras comme une jeune mariée alors que son prisonnier, parfaitement consentant, passait ses bras autour du cou pour jouer avec sa tresse.
-J'suis content qu'vous soyez revenu aussi vite... Murmura-t-il.
-Moi aussi, enfin maintenant... Répondit le roi sur le même ton.
Il ne put s'en empêcher et il posa un doux baiser sur la petite pointe de l'oreille qui dépassait de la masse de boucle.
Bilbo ferma les yeux en gémissant et Thorín grinça des dents, se retenant de le jeter sur le matelas pour le faire sien. Et Mahal savait qu'il lui fallait une volonté de fer pour résister...
oOoOo
Thorín aurait dû sortir de la chambre après avoir déposé Bilbo sur son lit, mais c'était vraiment la dernière chose qu'il voulait faire. Pour l'instant, il caressait la petite main de son compagnon et ce simple geste lui procurait un bonheur indicible.
-Ta jambe va mieux on dirait, mais je ne pense pas que marcher soit indiqué.
-Mais j'ai une canne !
-J'ai vu... mais tu n'as pas encore récupéré toutes tes forces alors...
-Et depuis quand es-tu docteur ? Lui demanda Oín qui les avait suivi. Et va donc dans la pièce à côté, il faut que je t'examine.
-Vous êtes malade ? S'inquiéta Bilbo.
-Non, je vais bien...
-C'est sûr... maintenant, va dans la pièce à côté je te prie. Sinon, je vais faire venir Dwalín...
La menace fit mouche et le roi se leva avec réticence pour suivre le docteur dans une autre salle.
-Je reviendrais dès qu'il aura fini, si tu veux bien... Annonça-t-il juste avant de sortir.
-Oui... oui, j'veux bien... Répondit Bilbo en rougissant légèrement et en baissant la tête.
Le roi serra les poings de toutes ses forces afin de se retenir de se jeter sur son One et le couvrir de baisers.
-Thorín... suis-moi... Gronda Oín.
C'est presque à reculons qu'il obéit au docteur et il enleva sa tunique, exposant sa poitrine au docteur qui poussa un petit de surprise en la voyant.
-Quoi ? S'inquiéta Thorín.
-Ta marque ! Elle est différente ! Enfin, pas vraiment différente, mais elle est plus complexe... tu n'avais pas remarqué ?
-Je ne passe pas mon temps à me regarder dans une glace, j'ai autre chose à faire.
-En tout cas, le dessin est magnifique ! Et maintenant qu'on sait qu'un hobbit est ton One, j'vois à quoi ça m'fait penser.
-A quoi ?
-Ça ressemble à un trou de hobbit ! Ce sont leurs maisons qu'ils creusent dans les collines et le rond vert pourrait tout à fait être une porte. Maintenant, il y a un grand arbre derrière et un banc devant. C'est très joli !
Quelqu'un frappa à la porte avant que Thorín ne puisse parler et Ulvàr entra après que Oín l'eut autorisé.
-Maitre Balín demande à parler à sa majesté.
-Qu'il entre ! Ordonna Thorín.
Oín soupira devant le comportement de son roi, mais il laissa tomber. Même s'il avait tout pouvoir en tant que guérisseur en chef de la Montagne Solitaire, face au mauvais caractère de Thorín, il y avait parfois des moments où il valait mieux ne pas insister...
A suivre...
oOoOo
Et merci de me lire.
Bises,
Ticoeur.
