Hellow ! J'espère que vous allez bien en ce début d'automne.

Je vous propose un nouveau chapitre un peu plus tranquille que les derniers (de mon point de vue, haha). Il faut aussi que nos deux ados soufflent un peu ;)


Almayen : Un grand merci pour ton gentil commentaire :) J'espère que la suite te plaira tout autant.

Effectivement, les choses vont (assez) mal pour Drago en ce début d'histoire. Il faut lui laisser le temps et la volonté de remonter la pente ;)


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Le soleil descendit par delà l'horizon. Un vent de soirée d'été commençait à rafraîchir délicatement la chambre, faisant virevolter au passage quelques mèches blondes devant ses yeux.

Drago replaça nerveusement ses cheveux en arrière et leva sa baguette pour verrouiller les fenêtres. Il relit pour la cinquième fois un chapitre de Débuter en médicomagie, les sorts indispensables, sans succès.

Il n'a pas pu se concentrer sur son ouvrage de toute l'après-midi. Depuis leur dernière discussion, Granger avait élu domicile dans sa salle de bain et n'en était pas sortie depuis. Elle n'arrêtait de sangloter, tétanisée par une peur aussi terrible qu'incontrôlable. Drago avait eu beau insonoriser la pièce, faire comme si elle n'existait pas, mais rien n'y fit. Sa tourmente traversait les murs pour venir perturber l'intimité du Serpentard. Il avait besoin de solitude, de calme, d'autodestruction paisible… pas d'une insupportable Miss Je-Sais-Tout pleurant sur son sort !

Drago ouvrit vivement la porte de la salle de bain et trouva Granger assise au sol, la tête baissée, enfouie dans ses jambes.

- Par Salazar, ça suffit, Granger. Cesse de te morfondre et sors d'ici.

- ...

- Ce n'est pas parce que ma mère t'oblige à rester dans ma chambre, que tu es forcée de camper là.

- Hm.

- Je peux même plus me laver par ta faute.

- …

- Tu dois te battre pour ta survie, pas à renoncer comme une idiote.

- Hm.

- Arrête de m'ignorer où je t'extirpe par la force !

- Laisse-moi, Malefoy.

- Ça y est ? Tu as retrouvé ta langue ? Remue-toi maintenant !

- Laisse-moi, répéta-t-elle.

- J'ai honte pour toi, c'est une attitude digne d'une Poufsouffle... Où est passée la courageuse Gryffondor qui n'avait peur de rien ?

- Va t'en.

Drago se vexa, incapable de retrouver le répondant de la Gryffondor. Il savait que lui envoyer des piques fonctionnait et qu'elle réagissait toujours au quart de tour. Il affectionnait particulièrement son humour caustique, sa verve enflammée, ses répliques si recherchées. Elle était bien plus intéressante que celui des deux idiots qui lui servent d'amis ou de n'importe qui d'autre. Granger était son égale en matière d'éloquence et personne ne lui arrivait à la cheville.

Debout en face d'elle, Drago était démuni. Elle était ratatinée sur elle-même, tournant en boucle avec des réflexions désespérées. Il ne savait pas quoi faire.

Le jeune homme se décida de la laisser et d'aller se changer les idées.

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Il se dirigea vers la cave du Manoir, situé dans les sous-sols. Il passa par de petites portes dérobées pour éviter de se faire surprendre. L'unique inconvénient à ce chemin était les tableaux de ses ancêtres, tous accrochés en face de l'entrée du cellier.

Dès que Drago posa un pied dans la cage d'escalier, le florilège d'insultes commença.

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- Tu n'es qu'un alcoolique, mon garçon ! Les excellentes bouteilles se dégustent !

- Seuls les Cracmols et les Sang-de-Bourbes se saoulent quand ils ont des problèmes !

- Tu ne mérites pas nos gènes. Je parie que c'est à cause de cette souillon de Black. Elle ne le réprimande pas assez !

- Tu n'as donc rien retenu de la formidable éducation que t'a donné ce cher Lucius ? . Indigne descendant de la famille Malefoy !

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Un vrai plaisir, ces vieux boucs aigris, pensa Drago.

Arrivé en bas des escaliers, Drago ouvrit la porte de la cave d'un coup de pied.

- En voilà un comportement, Fils ! Ce ne sont pas les manières que je t'ai inculquées !

Salazar… Granger, les anciens et maintenant lui !

- Que faites-vous ici, Père ?

- Que fait-on dans un cellier à ton avis ? répliqua froidement Lucius.

- C'était une question rhétorique.

- Hilarant.

- J'imite à la perfection celui qui me fait office de figure paternelle.

Ne prêtant guère attention à la présence de son père, Drago attrapa une bouteille d'alcool au hasard.

- Pas de ça avec moi, Drago, grimaça Lucius en se rapprochant de lui. Tu défies un peu trop mon autorité ces temps-ci. Repose cette bouteille et regagne dans ta chambre ou bien je…

- Ou bien quoi ? le coupa le jeune homme. Vous croyez que vous me faites peur ? Vous m'inspirez la pitié ! Depuis votre retour d'Azkaban, le Seigneur des Ténèbres vous prend pour un Cracmol. Vous ne possédez plus de baguette, plus personne ne vous écoute et vous ne partez même plus en mission avec eux !

- Tais-toi Drago !

- Tout ce qui arrive est à cause de vous ! Qu'on soit obligés avec Mère de les supporter chez nous, qu'ils n'aient aucun respect pour nous ou notre maison, que je doive rattraper vos fautes ? Mais vous vous en fichez, n'est-ce pas ?

- Nous subissons tous tes erreurs, mon garçon, grinça Lucius. Si je me souviens bien, c'est toi qui n'as pas réussi à tuer Dumbledore alors qu'il se trouvait à ta merci. Toi qui avais entre tes mains ton glorieux destin auprès du Seigneur des Ténèbres, mais tu as décidé de tout détruire. Tu possédais tout pour pouvoir donner l'absolution à ton père, éviter le déshonneur sur notre famille, devenir un membre respecté de notre communauté, et tu ne fis rien. Tu as attendu que Severus fasse tout à ta place. Pourquoi ? Tu avais pourtant l'air si enthousiaste de l'attribution de ta mission l'année dernière, que je ne te reconnais plus. Tu m'as profondément déçu, Fils.

Le courage de Drago contre son père fondit comme neige au soleil. Lucius avait raison : il avait échoué.

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Au sommet de la tour d'astronomie, Drago tenait en joug un Dumbledore désarmé et affaibli. Tous ses espoirs s'étaient enfin concrétisés et au dernier moment, il hésita. Pourtant, il ne devait prononcer qu'une formule. Deux mots et son destin était à jamais scellé. Il entrouvrit ses lèvres, mais aucun son ne sortit. Son silence donna l'occasion à Dumbledore de le confronter à sa conscience, celle qu'il avait essayé de faire taire pendant des mois, enfermée profondément. Mais la digue qu'il avait si durement construite avait désormais sauté. Son esprit était noyé, se remplissant de cette voix qui ne souhaitait plus toute cette souffrance, tous ces morts. Son corps était paralysé, emporté par un torrent d'émotions. L'apparition soudaine de Bellatrix derrière lui ne l'encouragea pas pour autant. Elle lui aboyait dessus, le sommant de le tuer. Seul Severus le libéra, le sauvant de cette responsabilité qu'il ne voulait pas.

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La tête baissée, Drago se mura dans le silence. Il ressemblait à un petit garçon qui se faisait réprimander, de nouveau effrayé par ce père autoritaire. À chaque fois qu'il osait se dresser contre lui, Lucius le remettait dans son insignifiance en appuyant là où ça faisait mal.

- Plus je t'observe devenir un homme et plus je désespère à te voir un jour comme mon digne successeur. Tu me fais honte.

Drago retint ses larmes en hochant la tête.

Il partit sans se retourner, sous les nouvelles huées de ses ancêtres.

Hermione émergea tant bien que mal. Elle ne se rappelait plus pendant combien de temps elle avait vidé l'intégralité de l'eau que contenait son corps. Elle se souvenait juste de son esclandre contre Malefoy. Comme à son habitude, le Serpentard avait cherché à la provoquer, alternant entre culpabilisation et menaces. Hermione aurait souhaité lui répondre plus durement, mais elle n'en avait plus la force. Elle gisait désormais sur le carrelage froid, peu importe si tous ses membres la faisaient souffrir. Elle voulait qu'ils se transforment en glace, en même temps que ses pensées.

Hermione avait remué les plus sombres d'entre elles pendant des heures. Elle espérait que ses parents vivaient toujours, qu'elle arrive à s'échapper de cet enfer, qu'elle puisse aider Harry à se réfugier au Terrier…

La jeune femme se trouvait si impuissante, si inutile. Elle finira par succomber d'une manière ou d'une autre, même si Narcissa Malefoy lui avait promis un minimum de protection en échange du… soutien qu'elle devait apporter à son fils. Mais elle savait que cela ne serait jamais suffisant, elle mourra ici.

Dans un soubresaut, sortie de nulle part, une colère saine s'éleva dans son esprit.

Qu'est-ce qu'il te prend, ma vieille ? Hors de question que je meure dans le Manoir de ce crétin de Malefoy !

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Hermione lisait paisiblement dans le sofa quand Malefoy claqua la porte.

- Tu étais obligé de faire autant de vacarme ? se retourna-t-elle, furieuse.

- Je fais ce que je veux, Granger, grogna le Serpentard. Ça n'a pas l'air de rentrer dans ton crâne alors je vais répéter lentement. Je. Suis. Chez. Moi. Si je souhaite lancer Bombarda Maxima sur mon mur parce que j'estime ma chambre trop petite, je le ferai et tu n'auras rien à en redire.

Malefoy s'affala à côté d'elle, une bouteille à la main. Son souffle était alcoolisé.

- Justement non, j'exige du calme, s'exaspéra Hermione. Ne m'oblige pas à t'enfoncer le crâne dans ton sommeil.

Malefoy explosa de rire.

- Quelle violence ! Comment vas-tu t'y prendre, Madame la Génie ?

- J'attendrai le bon moment.

- Hm-hm. Comme quand tu as essayé de t'enfuir et que je t'ai rattrapé à chaque fois ? Brillante comme toujours.

- Je n'ai pas besoin de te démontrer mon intelligence. Je le suis et personne ne peut me l'enlever.

- Et modeste avec ça, ricana-t-il.

- Je suis bien mieux que toi, Malefoy, je le sais, c'est tout. Mes résultats aux Buses le prouvent.

- Bien sûr… La vie ne se résume pas à tes notes à l'école, Granger, lâcha le Serpentard en buvant une grosse gorgée d'alcool.

- Préfères-tu que je j'évoque les fois où j'ai contribué à déjouer les plans de Tu-Sais-Qui avec Harry et Ron ?

- Je t'écoute Miss Je-Sais-Tout, soupira-t-il. Je n'ai rien prévu ce soir de toute façon.

- En première année, j'ai immobilisé un filet du diable et j'ai aidé Harry à ne pas s'empoisonner. C'est grâce à ça qu'il a pu vaincre Tu-Sais-Qui dissimulé dans le corps de Quirrell, commença Hermione.

- L'incompétence du balafré ne m'étonne qu'à moitié.

- En deuxième année, j'ai trouvé qu'un basilic géant se cachait dans la Chambre des Secrets, poursuivit-elle sans faire attention à sa remarque. Alors que j'étais pétrifiée, je me suis débrouillée pour prévenir Harry et Ron. Ils devaient absolument savoir la nature exacte du monstre pour mieux l'affronter.

- Attends, temps mort, commenta Malefoy, stupéfait. Sans toi, ces deux imbéciles se seraient encore fait tuer ?

Cassée dans son élan, Hermione se tut. Elle le maudissait intérieurement, refusant d'admettre qu'il n'avait pas tort. Sans son intervention, Harry et Ron n'auraient jamais pu sauver Ginny et empêcher le retour de Voldemort.

- Par Salazar, je savais pertinemment que c'était des abrutis, mais pas à ce point, rit Malefoy. Saint Potter serait tellement mort et enterré sans sa précieuse Miss Je-Sais-Tout !

- Harry reste le meilleur quand il affronte Tu-Sais-Qui et...

- Et quoi ? Il ne fait que suivre tes indications ! Tu lui indiques la marche à suivre et il la suit comme le bon petit Elfe de maison qu'il est.

- Plus ou moins mais...

- Mais quoi, Granger ? s'indigna-t-il. Tu comprends tout en premier et c'est lui qui récupère tous les honneurs ? C'est ça l'Élu de la Prophétie ? L'Elu-Qui-Sert-A-Rien, oui.

- Tu as tort ! Harry...

- Bla-bla-bla franchement tu m'énerves à te voiler la face, Granger. C'est ton intelligence et ton discernement qui sauvent l'arrière-train de cette bande d'idiots.

- …

- Mes compliments te font bouder ? ajouta-t-il, hilare. Tiens, bois ça, ça va te remonter le moral.

Malefoy lui tendit une bouteille d'alcool à moitié vide. Il se pencha doucement vers elle et effleura sa tête contre l'épaule d'Hermione, la déstabilisant.

- Je ne suis pas une pochtronne comme toi, grinça-t-elle des dents.

- Tu m'ennuies avec tous tes prêchi-prêcha, souffla-t-il. Tu devrais te sortir un peu le balai enfoncé loin dans tes fesses, soupira Malefoy. Remarque, ta nullité en vol vient peut-être de là.

Il rit tout seul à sa blague. Hermione fulminait.

- Moi au moins, j'excelle dans toutes les matières utiles.

- Granger, Granger, s'exaspéra le Serpentard. Ta mauvaise foi est aussi cosmique que ton intellect. Tu ne veux pas reconnaître que tu es une énorme bouse de dragon dans un cours qui ne nécessite pas un gros cerveau comme le tien. Cela dit, ça expliquerait pourquoi tu tombes tout le temps. Ton intelligence pèse tellement sur ton balai, que tu ne tiens même dessus !

- Je pourrais m'illustrer en vol si je l'envisageais, bouda-t-elle. De toute façon, pourquoi essayer de te convaincre alors que tu t'en fiches de ce que je te racontes ?

- Tu exagères, lui sourit Malefoy. Heureux d'apprendre que Potty est l'Élu de l'Inutilité !

Il lui tendit à nouveau sa bouteille d'alcool en l'agitant sous son nez.

- Écoute Granger, on est coincé tous les deux ici jusqu'à ce que tout le monde revienne de mission, soupira-t-il, reprenant son air sérieux pendant un bref instant. Autant se saouler en oubliant tout ce qui nous divise.

- Je ne suis pas une lâche comme toi, Malefoy. Je ne fuis pas mes problèmes dans la boisson, pesta Hermione.

- Pfff... C'est toi qui dit ça, ricana-t-il. Qui a pleuré pendant des heures dans ma salle de bain ?

- J'y suis encore ? répliqua-t-elle.

- Granger, cesse de vouloir t'opposer à tout. Tu ne te sens pas bien, moi non plus. L'unique chose à faire dès maintenant, c'est d'aller un peu mieux. Même si c'est avec de l'alcool. Même si on se déteste mutuellement à Poudlard.

- …

- J'ai compris, tu préfères ma salle de bain, grimaça-t-il. Très bien, Hermione, fais comme tu veux. Libre à toi de déprimer seule pendant que je me déten…

Hermione ne le laissa pas finir. Elle attrapa la bouteille et but goulûment. Elle n'avait même pas remarqué qu'il l'avait appelé par son prénom.

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Hermione se sentait lourde. Sa tête tournait si vite qu'elle n'arriva pas à bouger. Son ventre en rajoutait en bouillant le trop-plein d'acidité qu'elle avait ingurgité la veille. Elle devait penser à autre chose. Elle se concentra sur l'apaisant clapotement de la pluie, ponctué de chants d'oiseaux en tout genre. Les fenêtres ouvertes laissèrent entrer un délicieux parfum familier, une subtile odeur de gazon mouillé. Son corps frissonna et se tranquillisa. Rien ne pouvait égaler la volupté d'une averse d'été.

Hermione tenta de reprendre possession de ses deux bras endoloris par l'alcool. Elle sentit une matière incroyablement douce sous le bout de ses doigts. C'était agréable au toucher… Ça ressemblait à… à…

De la peau nue ?

Hermione prit subitement conscience qu'elle avait dormi sur le sofa avec Malefoy, lui en caleçon, elle en t-shirt et culotte.

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Et oui, je coupe ici comme l'affreuse personne que je suis :

Alors ? Que s'est-il passé d'après vous ? Je vous laisse mijoter avant le prochaine chapitre.

Encore un grand merci à tous ceux qui me lisent et qui commentent :D

Prenez bien soin de vous et à une prochaine !