Chapitre 42
Finalement j'ai coupé le chapitre… du coup, je poste les deux parties à la suite.
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Leur dernier échange résonna dans sa boite crânienne toute la nuit. Marinette se retourna encore et encore sans parvenir à trouver le sommeil, sans même parvenir à trouver la plus petite étincelle d'idée pour régler la situation. Et tout ça sous le regard inquiet de Tikki.
Chaque minute de son existence était composée de la même façon, pétrie de la même angoisse. Qu'il fasse nuit, qu'elle soit allongée dans son lit, que ce soit en plein jour, qu'elle soit debout et éveillée, assise à en cours, en train d'écrire, de manger, de courir, de se laver… C'était pareil.
Elle tourna à l'angle du couloir en direction des toilettes, les mains crispées autour de son ventre. Sa course se stoppa net lorsqu'elle tomba nez à nez avec Adrien en mode furtif, les bras exagérément écartés comme s'il marchait sur des œufs, toujours en train d'esquiver les potentiels espions de son père et obligé se déplacer en cachette pendant les intercours.
Leur dernière conversation ne passait vraiment pas. Plus rien ne passait dans la gorge de Marinette.
Alors elle tourna les talons et s'apprêta à faire demi-tour. Mais la poigne ferme d'Adrien lui fit faire volteface pour la coller contre le mur.
Elle retint sa respiration face à son regard insistant. Mais à première vue, tout avait été dit, car lui non plus ne prononça pas un mot.
Visiblement, son mouvement était sorti spontanément et il n'avait pas prévu la suite.
Il n'avait pas prévu qu'il n'aurait rien à dire, que ses yeux changeraient d'éclat en posant son regard sur elle, passant de la détermination au trouble.
Elle le vit déglutir. En un quart de seconde, le mal-être, la gêne et la désapprobation de Marinette se transformèrent en confusion pour devenir une fiévreuse agitation intérieure.
Son regard vert devint si confus, si suave, si désireux.
Il s'approcha d'elle tandis que son cœur allait sortir de sa poitrine, puis vint poser ses lèvres sur les siennes.
Finalement, tout passait. Le courant, la chaleur, les sensations, la passion, le désir, l'électricité, les pulsions. Tout passait entre eux. Et pourtant ça n'allait pas du tout.
Mais qu'est-ce qui cloche bordel ?
Elle gémit en respirant à peine, passant ses mains sous son t-shirt pendant qu'il pressait son corps contre elle.
Mais ils durent s'écarter en hâte à cause d'un groupe d'élèves qui passa l'angle du couloir, bientôt suivi par le reste de la classe.
C'est la dernière fois qu'elle le vit pour aujourd'hui.
Adrien : Tu me manques.
Lui non plus ne dormait pas à trois heures du matin. Est-ce qu'elle allait disjoncter comme dans ce couloir si elle lui répondait ? Allait-elle taper un sms et la seconde d'après se détransformer dans sa chambre à l'autre bout de la ville ? Ça la rendait folle.
Elle était folle de lui.
Elle ne répondit pas.
Marinette se devait d'être plus prudente. Plus strict. Plus sur ses gardes.
Et elle réussit. Lorsqu'elle s'assura de rester assez loin de lui pour ne pas se mettre à pleurer. Elle réussit aussi lorsqu'elle remit les points sur les i dans la salle de classe déserte, en lui expliquant une énième fois pourquoi leur relation mettait leurs vies en péril.
Mais elle avait échoué lorsqu'elle avait pressé son bassin contre son le sien quand il l'avait allongée sur cette table et qu'elle s'était emparée de sa bouche.
Aujourd'hui encore, il était assis à côté d'elle en salle d'étude.
Tiens ? Elle ne l'avait pas esquivé cette fois-là, curieusement. Les journées se confondaient dans sa tête.
Elle était comme un aimant. Attirer vers lui, par lui. Entièrement.
« Marinette, ça fait combien de nuit que tu n'as pas dormi ? » demanda Alya.
Mais la conversation de ses amis faisait office de bruit de fond quand Adrien se tenait si près d'elle. Il avait adopté la technique de se présenter qu'à partir de 14h. Car Nathalie avait compris le coup. Elle était venue directement le chercher au lycée vers midi. Mais ne l'ayant pas trouvé, elle était repartie, – assez inquiète d'ailleurs –, pour mener ses recherches ailleurs.
Il esquivait aussi les cours, car les professeurs étaient avertis des directives paternelles et auraient informé la direction.
Il mettait en péril son identité. Seul un surhomme pouvait s'éclipser et déjouer tous les systèmes de sécurité de son père. Son père… Dans quelle furieuse rage épouvantable et destructrice était-il ?
« Oh je te parles !
– Ça devient flippant… articula Nino.
– Vous n'allez pas encore exploser de colère ? La dernière engueulade au self nous a bien suffit. Faut faire quelque chose là, ça devient invivable !
– J'crois qu'ils ne t'écoutent toujours pas mon cœur…
– Mais bon sang ! Alors c'est comme ça qu'on se comporte quand on a des obligations ? Vous ferez comment pour la prochaine attaque ?
– De quoi tu leurs parles ? »
Il ne levait toujours pas ses yeux de son livre de maths. Pourquoi avait-il l'air si concentré sur ce bouquin ? Continuait-il d'étudier dans l'espoir que son père le remette au lycée ? Faisait-il semblant de lire pour ne pas la déranger, elle qui faisait tout pour esquiver sa présence ?
Mais pourquoi il ne la regardait pas ?
Elle serra le poing de frustration face à ses propres envies qui lui brûlaient le ventre. C'est alors qu'il déposa une main sur son avant bras.
Elle releva les yeux vers lui et vit son regard en coin posé sur elle. Il lui souriait tendrement.
Une nuée de papillons prirent leur envol dans son corps. Il était à ses côtés et rien ne pouvait arriver. Elle était protégée de tous les tourments du monde. Adrien était Chat Noir, son héros, son protecteur.
Elle vit le sang se vider de son ventre.
Alors elle se leva et sortit sans prendre ses affaires.
Il fallait lui résister, il fallait le préserver. Elle était Ladybug, c'était à elle de mettre les règles.
« Tu ne peux pas continuer comme ça Marinette !
– C'est le seul moyen Tikki.
– S'il te plait Marinette. Appelle Alya, parle en à quelqu'un, n'importe qui, n'importe quoi mais fais quelque chose ! Arrête d'être aussi têtue !
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« Ça va tourner au vinaigre, c'est moi qui te le dis…
– Aibe-moi au lieu de 'itiquer Pagg ! protesta Adrien, son téléphone en bouche pour éclairer les fils de la caméra installée dans sa chambre.
– Tu ne fais qu'amplifier les problèmes !
Il reprit son téléphone en main et coupa un câble.
– Si seulement tu apparaissais sur ces maudites images, tu te sentirais plus concerné !
– Et c'est pour ça que j'ai déniché tous les micros je te signale, parce que ça me concerne. Mais là, ça devient n'importe quoi. Tu dois régler le problème ! »
Adrien redescendit de sa bibliothèque avec facilité. Tous les rayons avaient été vidés des CD, DVD et livres en tout genre, raflés avec le reste. Il regagna le rez-de-chaussée de sa chambre.
Il commença à ranger le peu d'affaires éparpillées qui restaient dans son étagère murale. Plagg vola devant son visage.
« Ça ne peut plus durer Adrien ! »
Le ventre du kwami grogna. Adrien le regarda avec un sourire taquin en haussant un sourcil.
« Tu t'énerves parce que tu as le ventre vide. Moi aussi je te rassure. »
Personne ne viendrait lui apporter à manger ce soir, pas même Nathalie.
Son père avait fait une descente dans sa chambre et tout avait disparu. Son ordinateur, ses décorations, ses activités ludiques, ses jeux, les tiroirs de ses commodes, les portes de placards qui pouvaient être démontées. Et évidemment, le fromage de Plagg.
« C'est plus facile au moins pour trouver les micros planqués », ricana Adrien en contemplant la mise à sac de sa chambre dépouillée.
Plagg grogna :
« C'est à Adrien que je veux m'adresser ! Pas à Chat Noir !
– N'en rajoute pas. J'ai l'impression de l'entendre elle. »
Il se tut en pensant à Marinette. S'il n'était pas certain que son père allait débarquer dans moins de dix minutes pour lui mettre une raclée en constatant les images de caméra coupées, il serait bien allé lui rendre une petite visite.
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« Tu n'as pas dormi depuis des semaines ! Tu ne manges rien ! Tu n'es pas dans ton état normal !
– Je dois le protéger de son père, de nous… de lui-même.
– Tu dois surtout lui parler de tes angoisses !
– Je ne peux pas l'inquiéter. Qui sait ce qu'il est en train de subir.
– C'est complètement contradictoire ! Si tu veux l'aider, soutiens le et sois auprès de lui !
– Mais quand je suis près de lui, on se jette dessus alors qu'on ne devrait pas être ensemble. Et puis il ne fait aucun effort pour qu'on reste à l'écart pour se protéger. Il est vraiment intenable ! »
Maitre Fu avait raison, connaître la véritable identité de l'autre était un poison. Et pourtant elle voulait juste être dans ses bras, telle une véritable malédiction.
« J'espère que te rends compte que tu agis n'importe comment. Tu deviens sévère, intransigeante et incohérente !
– Je suis Ladybug, Tikki ! Alors tais-toi ! »
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« Vous êtes Ladybug et Chat Noir, alors discutez entre vous !
– Il n'y a rien besoin de dire. On s'aime, on est Ladybug et Chat Noir, faits l'un pour l'autre. C'est tout ce qu'il a à savoir. Et maintenant je le sais.
– Tu l'as remarqué quand même, qu'elle ne vit pas bien du tout cette situation.
– Bien sûr que je l'ai remarqué. Je suis son partenaire ! Elle devrait se confier à moi, mais elle ne veut pas ! Je devrais être auprès d'elle mais elle m'évite et m'éloigne ! Elle ne réalise pas qui nous sommes !
– Alors dis-lui que ça te blesse ! Elle aussi c'est ta partenaire, alors toi aussi tu dois te confier !
– Hors de question. Ce sera un prétexte de plus pour qu'elle me dise de ne plus se voir. Être auprès d'elle me suffit.
– Du Chat Noir tout craché encore. Tu es complètement aveugle. Aucun humain n'est invincible, ton corps et ton cœur non plus. Et tu as besoin de régler ton rapport avec ton père avant que ça ne vire au drame. Tu as besoin de repos, de penser à ta santé et ton sommeil. Tu as besoin de voir plus loin que le bout de ton museau avant que ça dégénère ! »
Adrien s'empara du premier objet qui lui tomba sous la main.
« C'est d'elle dont j'ai besoin ! » hurla-t-il de rage en le lançant sur Plagg qui passa au travers.
Marinette n'entendait même plus ses parents la réprimander sur son comportement. Gabriel leurs avait bien entendu fait part de sa version des faits. Elle n'entendait plus ses profs s'interroger sur la situation des deux adolescents, ni ses proches trouver ça insensé ou bien néfaste. Elle n'entendait plus Alya la secouer par les épaules. Elle n'entendait plus la voix de Tikki.
Seule la voix réconfortante d'Adrien à l'agonie parlait dans sa tête.
Il lui avait donné rendez-vous, prétextant vouloir discuter. Mais entre-temps, Gabriel avait réussi à remettre la main sur le portable de son fils, de manière assez violente à ce qui parait. Et Adrien et elle s'étaient faits surprendre.
Marinette n'aurait su dire si elle s'était sentie profondément soulagée ou anéantie. Ils s'étaient de nouveau engueulés, Adrien l'avait de nouveau regardé, un peu trop longtemps, et elle s'était de nouveau retrouvée absorbée contre sa bouche avec la rage au ventre.
Suite à cela, une lueur d'espoir apparut et illumina sa vie quand elle apprit que Gabriel avait emmené son fils dans une résidence secondaire à l'étranger. Il était loin de tout danger, loin de se faire akumatiser, et elle était loin de l'atroce tentation qu'il lui faisait subir. La douce délivrance du répit allait la libérer des ténèbres.
Elle allait enfin pouvoir avoir sa première vraie nuit de sommeil. Oublier la peur et le sang. Du moins, si elle arrivait à calmer la culpabilité accablante qui acidifiait ses veines. Car Adrien était seule avec son tyran de père, cruel et tortionnaire. Sans contact, sans soutien, sans fenêtre de liberté ou de bonheur à l'horizon. Peut-être allait-il se pendre ?
Mais elle n'y était pour rien, se persuada-t-elle pour tenter de trouver le repos et espérer s'endormir.
C'était Adrien le responsable. Car s'il n'avait pas fait sa tête de mule à vouloir être avec elle coûte que coûte, son père n'aurait pas de raison de lui en vouloir. C'est parce qu'il n'écoutait rien ni personne, qu'il était d'une insolence caractéristique de Chat Noir, qu'il s'attirait les foudres de Gabriel. Ce séjour l'assagirait.
Finalement, elle ne fit qu'accroitre sa culpabilité au lieu de se convaincre. Et le jour était déjà là sans qu'elle n'ait fermé l'œil.
Ses espérances partirent en fumée lorsqu'elle aperçut son camarade derrière la vitre de sa lucarne.
Son père à des milliers de kilomètres, il paraissait plus heureux que jamais.
Marinette regarda partout autour d'elle en traversant les couloirs. En fait, elle regardait autour d'elle en permanence, comme si le monde entier l'épiait, était contre elle, représentait une menace fatale.
Elle ne pouvait se fier à personne, ni se confier à personne.
Le soleil déclinait à présent, et elle ne savait même plus comment ils s'étaient retrouvés sur le toit du lycée.
Quoi qu'il en soit, le moment était venu.
« Adrien, c'est le seul et unique moyen. »
Il la regarda avec toute son attention. Quelque chose avait chargé l'air.
Adrien se retint de faire un trait d'humour de mauvais goût et Tikki et Plagg étaient sortis de leur cachette pour léviter aux cotés de leur porteur.
« Rends-moi ton miraculous. »
Le choc les pétrifia tous.
« Pardon ?
– Marinette ! pipa Tikki
– Hors de question ! rétorqua Plagg.
– Qu'est-ce qui te prend ? lâcha Adrien abasourdi.
– J'y ai bien réfléchi. C'est la seule solution pour ne pas se mettre en danger. Tu dois renoncer à ton rôle de super héros.
– Tu ne peux pas aller contre la décision du maître, intervint son kwami. Il vous a choisis pour une bonne raison !
– Tu n'oserais pas Marinette. Je ne peux plus sortir de chez moi, comment je vais faire sans mes pouvoirs ? … Comment je vais faire pour te voir ?
– Là n'est pas là question, rétorqua Plagg. Le truc c'est que le maître en a décidé ainsi, point à la ligne.
– Je veux mettre le miraculous en sécurité, continua-t-elle en se pinçant les lèvres. Tu prends trop de risques, quelqu'un pourrait découvrir qui tu es et nous nuire.
– Jamais je ne ferai une chose pareille.
– Obéis à mes règles, Chat Noir ! »
Adrien la toisa du regard.
« Non. Tu te trompes.
– Je t'en supplie Marinette, ne laisse pas la peur dicter tes choix ! couina Tikki.
– C'est pas vrai ! s'indigna Plagg. Mais vous avez tous les deux perdu les pédales ma parole !
Marinette s'avança en ignorant leurs remarques.
– Si tu renonces à tes pouvoirs et que je confie le miraculous du chat à une nouvelle personne sans connaitre son identité, le Papillon ne pourra plus rien contre nous. Je pourrai t'aider à affronter tous tes problèmes, ton père, tout. On pourra de nouveau être ensemble.
– Si je renonce à mes pouvoirs, je renonce à ma liberté, à la seule chose que je peux encore avoir pour moi, au cadeau que la vie m'a offert et qui m'a fait te rencontrer. Je renonce à qui je suis.
– Ne dis pas de sottise. Tu seras toujours Adrien.
– La partie de moi qui t'intéresse. »
Elle se figea.
« Penses-y, tu as toujours été intéressé par Adrien et tu as rejeté Chat Noir pendant des années.
– Tu le fais exprès ou quoi ? J'étais amoureuse de toi ! Et puis tu es extrêmement mal placé pour me faire la morale ! Dis celui qui n'a jamais envisagé qu'il pourrait se passer quelque chose entre nous. Tu ne t'es jamais intéressé à Marinette non plus. Et ça ne t'est jamais venu à l'idée que je pouvais être Ladybug, cette femme si incroyable et merveilleuse à qui tu voues un amour inconditionnel !
– Peut-être aussi que je n'aurais jamais pu imaginer que tu sois aussi téméraire, forte et déterminée derrière ce visage timide et hésitant qui n'a jamais osé m'avouer ce qu'elle ressentait pendant touts ces années. C'est peut-être pour ça que je n'ai jamais soupçonné que c'était toi !
– Et oui ! En réalité je ne suis pas comme ça. Tu es tombé amoureux d'une façade, d'un mythe ! Tu es tombé en pâmoison devant un simple costume rouge. Marinette Dupain-Cheng n'est pas aussi géniale que tu le crois !
– Parce que tu crois que toi tu es tombé amoureuse de quelque chose de réel ? Tu crois qu'Adrien Agreste est réel ? Que ce n'est pas qu'une image ? »
La mâchoire d'Adrien se crispa. Marinette serra les poings. Leurs gorges se nouèrent.
« Bon, c'est un bon début, marmonna Plagg. On va dire que vider son sac fait partie de la thérapie de couple. »
Marinette grimaça de désapprobation. Ses yeux toujours plantés dans les émeraudes vertes et sévères de son camarade en face d'elle.
En l'espace d'une seconde, leur éclat embrasa son corps et enflamma son sang. Son esprit implosa.
Ils s'en voulaient. Et pourtant se désiraient tellement.
C'était la goutte de trop.
« Donne-moi ton miraculous maintenant ! »
Adrien plaça sa main droite contre sa poitrine en signe de protection.
« Ça suffit Marinette ! protesta la petite coccinelle. Ça te semble être la bonne solution parce que Ladybug a toujours la solution. Mais ce n'est pas le cas en ce qui concerne ta vie sentimentale ! Pense à tous ces plans que tu avais inventés pour lui avouer tes sentiments, ça n'a jamais été la bonne manière de faire !
– Tu crois vraiment que j'ai d'autre choix Tikki ?!
– Adrien va arrêter de faire sa tête de cochon, confirma Plagg. Il va te montrer qu'il te fait confiance et se confier, et tu verras que ce n'est pas sorcier d'avouer ses faiblesses et ses craintes. »
Marinette reporta son attention sur son magnifique visage sous ses cheveux blonds. Les secondes s'écoulèrent dans une tension extrême. Il ouvrit la bouche. Ses lèvres hypnotiques se détachèrent :
« Tu n'as rien à craindre avec moi ma lady.
– ADRIEN ! » réagirent les deux petites créatures magiques.
Elle revit le sang tâcher l'ensemble de son t-shirt blanc. Un ricanement dénaturé s'échappa des ses cordes vocales, même si Marinette n'avait pas du tout envie de rire.
« Tu vois ? Même nos deux kwamis savent que ce n'est pas vrai. Alors laisse-moi faire ce qu'il faut pour te mettre en sécurité et régler la situation. Pour la dernière fois Adrien, donne-moi ton miraculous. »
Il recula d'un pas lorsqu'elle s'approcha de lui.
« Ne fais pas ça Marinette !
– Arrête, tu n'agis pas en bonne gardienne ! »
Mais ni l'un ni l'autre ne faisaient attention à leur kwami. Marinette tendit sa main, le regard dur et implacable rivé dans le sien.
« J'ai suivi tes ordres pendant des années, mais maintenant ça suffit. Je veux t'aimer et rester auprès de toi. Je te préviens, je ne te laisserai pas faire. »
Il écarta les bras. Mais juste avant qu'elle ne se jette sur son poignet pour immobiliser sa main…
« Plagg, transforme-moi ! »
La lumière verte l'aveugla et une seconde plus tard, la silhouette de Chat Noir s'enfuyait sur le toit d'en face.
« Non Marinette att… !
– Tikki, transforme-moi ! »
