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Des élèves aux fenêtres des couloirs et des classes qui donnaient sur la cour les regardaient avec intérêt. Certains semblaient parfaitement désabusés et se détournaient rapidement alors que les plus jeunes prenaient le temps de commenter la scène avant d'être rappelé à l'ordre par leurs professeurs ou leurs camarades plus âgés.

Les deux abraxans faussèrent rapidement compagnie aux trois sorciers, parcourant quelques mètres avant de disparaitre derrière une grande arche de pierre dont le style rappelait sans aucun doute l'architecture baroque. Harry n'y connaissait pas grand-chose, mais les longues discussions qu'il avait eu avec Ginny lors de la création du musée avaient laissé quelques souvenirs.

— Vous me suivez ? Je vais vous faire visiter, proposa Alaric.

Harry hésita un peu, ils avaient quelque chose de plus important à faire que de visiter le manoir qui constituait Beauxbâtons. Owen, cependant, ne semblait pas de cet avis et il avança vers la porte avec un sourire tranquille. Harry le suivit, Alaric leur emboitant le pas après avoir fait un léger salut de la main aux quelques élèves qui les regardaient encore. S'il avait voulu les calmer en le faisant, il sembla à Harry que cela avait eu l'effet inverse.

Ils se retrouvèrent dans le hall du manoir, leurs reflets dans le carrelage étaient si parfait qu'il semblait que l'endroit n'était jamais utilisé. Harry s'en voulu immédiatement de ne pas avoir essuyé ses chaussures couverte de terre mais un coup d'œil derrière lui suffit à le rassurer : le sol était immaculé grâce à un sortilège qui semblait le rendre imperméable à toute saleté. Cela donnait à l'endroit un côté froid et peu avenant, si bien que Harry se demanda comment Alaric avait pu étudier ici.

— Commençons par les salles principales.

Alaric les guida dans le grand hall, qui se divisait quelques mètres plus loin pour se prolonger en deux larges couloirs éclairés par de grandes fenêtres. Il les mena dans celui qui partait sur la droite, ce qui perturba légèrement Harry. Inconsciemment, il s'était attendu à aller vers la gauche comme s'ils allaient rejoindre un genre de grande salle où les attendrait quatre longues tables. Mais, bien sûr, Beauxbâtons était très différent.

— A Poudlard vous avez une salle dans laquelle tous les élèves et professeurs prennent leur repas, n'est-ce pas ? On en a une aussi mais les élèves peuvent prendre leur repas ailleurs.

Le conjureur de sort ouvrit la première porte du couloir et entra. Il s'agissait d'une double porte richement ornementée, elle était blanche pas parsemée de dorures qui venaient accentuer ses reliefs. De peur de la salir, Owen et Harry préférèrent ne pas la toucher même si elle était sans doute elle aussi soumise à un sortilège. Tout était si immaculé ici… Cela avait quelque chose de dérangeant.

Sortant de ses pensées, Harry se décida à regarder la salle. Elle était comme il s'y serait attendu s'il avait pris le temps d'y réfléchir : cela ressemblait plus à la salle d'un restaurant qu'à une salle de repas pour des élèves. Chaque table, ronde, pouvait accueillir jusqu'à 6 élèves. Contre les murs s'alignaient des tables rectangulaires, longues, qui devaient servir de buffet à l'heure des repas. Pas de plateau, comme dans les cantines moldus, sans doute les élèves devaient donc se relever entre chaque partie de leur repas. Toutes les tables étaient recouvertes de napes blanches tout à fait classique. Pourtant, Quand Alaric posa une main sur la table la plus proche, la nappe changea de couleur de manière assez chaotique. Elle passait du rouge au bleu, du bleu au jaune et du jaune au rouge, faisant parfois se fondre les trois couleurs avant de tenter d'en choisir une seule.

— Qu'est-ce qui se passe ? demanda Owen

— Ah, désolé. C'est ma faute. Normalement la nappe se colore différemment devant chaque chaise, pour prendre les couleurs de la maison dans laquelle l'élève est réparti. Comme je suis passé par les trois, les napes ont un peu de difficulté avec moi, c'est en partie pour ça que je mangeais toujours à l'extérieur.

Alaric leur expliqua ensuite que les élèves venaient se servir aux buffets, puis qu'ils pouvaient s'installer aux tables dans cette salle ou bien sortir pour rejoindre d'autres salles plus intimistes, les parcs extérieurs ou simplement les couloirs. Certains élèves profitaient de ce système pour manger en faisant leurs devoir ou en révisant leurs cours sans déranger personne.

Il les fit sortir de la salle de repas principale pour leur en montrer une autre plus petite. Alaric ouvrit la porte et ils virent la pièce finir de se mettre en place pour les accueillir. Des sièges s'entassèrent dans une étagère après avoir été rapetissé, une banquette pouvant accueillir trois personnes et deux gros fauteuils se mirent en place devant une table basse, une large bibliothèque arrangea ses livres sous leurs yeux puis un gramophone se mit en route, à leur gauche. C'était une musique française dont le nom échappait à Harry mais qui fit sourire Alaric.

— Les salles s'ajustent en fonction de l'utilisation qu'on en veut. Pas comme une salle sur demande, c'est plutôt une salle modulable. Il suffit de penser à ce que l'on veut en ouvrant la porte.

— Et donc, dit Owen, là tu as pensé à une fumerie d'opium.

Alaric et Harry tournèrent la tête vers Owen avant d'éclater de rire devant son expression tout à fait sérieuse. C'était vrai, l'éclairage sombre, le bois brut, l'odeur de cuir, on s'attendait à une nuage de fumée de cigare et à une certaine débauche.

— Non, finit par répondre Alaric. Juste à un endroit où on pourrait travailler, mais l'école me connait bien, elle n'a pas du me pendre tout à fait au sérieux.

Il eut un sourire amusé et referma la porte. Immédiatement, ils entendirent les meubles reprendre leur place initiale, sans doute rangés sur l'étagère que Harry avait vu quelques secondes auparavant. La musique s'arrêta elle aussi, et Alaric les guida dans le reste du couloir. Ils passèrent devant plusieurs autres portes, qui étaient sans doute également des salles modulables.

Sur leur droite, les larges fenêtres donnaient sur l'extérieur, certaines étaient ouvertes tandis que d'autres, fermées, semblait servir d'étagères à des élèves un peu dispersé. L'impression de désordre donné par les vestes et les sacs oubliés donnaient enfin à l'endroit un souffle de vie, bien que le contraste soit impressionnant avec l'apparente rigidité des lieux. Dehors, on voyait se dessiner le pied des montagnes, une rivière en contrebas et les simes des arbres d'une forêt qui n'avait rien à voir avec celle de Poudlard. Elle semblait ensorcelée, oui, mais dans un sens plus doux et poétique. Le parc en lui-même ressemblait à l'école : l'herbe était tondue avec une inquiétante exactitude, les arbres parfaitement élagués et les buissons impeccablement taillé.

Là encore, les élèves donnaient à cet espace froid une chaleur nouvelle. Des petits groupes d'étudiants avaient installés des napes sur lesquels ils mangeaient. D'autres, parmi les plus âgés, avaient fait venir des bancs de bois, des tables de pique-nique, et Harry vit même une jeune fille sur une balançoire suspendue à une branche, elle se balançait les yeux fermés en récitant avec le plus grand des sérieux une leçon que Harry connaissait par cœur lui aussi. L'endroit, s'il y réfléchissait, avait quelque chose de féérique, non pas dans sa structure et son entretien mais dans la liberté que les étudiants semblaient y expérimenter. Tout cela était loin des règles strictes de Poudlard. Evidemment, les sorciers anglais avaient appris à les contourner et certaines règles avaient lentement été oubliées. Ici, cependant, il semblait que les sorciers français vivaient simplement comme le leur dictait leur cœur, le règlement s'en accommodant au mieux. Cela expliquait peut-être comment Alaric avait pu étudier ici sans se faire renvoyer au bout d'un mois.

— Tiens, Harry, tu vas adorer cette salle, sourit Alaric en ouvrant une porte.

Derrière se trouvait une pièce dont Harry comprit immédiatement la fonction. Une longue estrade, au centre, à laquelle on accédait par des petits escaliers de bras, lui rappelait les souvenirs de sa deuxième année à Poudlard. Ils n'avaient plus jamais eu de cours de duel, mais cela semblait normal ici. Harry entra, et quelques regards se tournèrent vers eux. Il ne les avait pas vu, mais il y avait cinq élèves assis contre l'estrade, leurs baguettes à la main, des livres ouverts devant leurs jambes en tailleurs.

— Bonjour Monsieur Keeling, s'enthousiasma l'un des étudiants.

— Salut. Vous travaillez sur quoi ?

Alaric s'approcha deux, s'arrêtant devant le petit groupe qui ne prit pas la peine de se lever. A Poudlard, ils auraient sans doute déjà été sur leurs pieds, ne serait-ce qu'au cas où cela soit nécessaire, plus respectueux. Owen et Harry restèrent dans l'embrasure de la porte, ils n'étaient pas vraiment sûrs de ce qu'ils devaient faire. Avaient-ils seulement le droit d'interagir avec des élèves en l'absence de professeur ? Le groupe semblait être composé d'adolescents de seize ans, ils étaient donc encore mineurs. A moins que la loi française ne soit différente ?

— Les patronus, mais on arrive à rien.

Harry ne comprenant pas le français, tout comme Owen, il ne fut pas tout à fait sûr de ce que disaient les étudiants. Cependant, il était sûr d'avoir entendu « patronus » ce qui le rassurait un peu d'une certaine façon : les sortilèges au moins ne changeaient pas. Il entendit Alaric prononcé son nom avant de se tourner vers lui.

— Pas vrai Harry ?

— Pardon ?

— Les patronus, tu maitrises bien toi, non ?

— Je me débrouille, répondit Harry légèrement sur la défensive.

Harry soupira un peu en réalisant qu'il avait eu raison d'être sur la défensive. Il avait à peine répondu qu'Alaric souriait en se tournant de nouveau vers ses élèves. Il eut la gentillesse de leur parler en anglais, et Harry fut assez admiratif en voyant que les élèves semblaient le comprendre sans difficulté.

— Je suis sûr qu'il sera d'accord pour vous aider, s'avança Alaric.

Prit de court, voir prit au piège, Harry approuva avec un peu d'incertitude. Il jeta un coup d'œil à Owen qui se contenta de hausser les épaules, l'air de dire que c'était de sa faute qu'il se retrouvait dans cette situation. C'était vrai. C'était lui qui avait appelé Alaric, et c'était lui qui le suivait partout au lieu de le faire arrêter pour ne pas avoir déclarer qu'il était un animagus. Harry soupira discrètement et approcha du groupe en tirant sa baguette, suivit de Owen qui fit de même.

Les cinq élèves se levèrent, abandonnant bien volontiers leurs livres ouverts. Tout cela ramenait Harry à l'époque de l'Armée de Dumbledore et c'est avec une certaine nostalgie qu'il leur demanda de s'aligner et commença à leur expliquer ce qu'il avait déjà dit à ses amis, des années plus tôt.

— Il faut que vous vous rappeliez d'un souvenir heureux, le plus heureux possible. Un patronus corporel est l'une des magies les plus difficiles à produire et peu de personnes y parviennent, mais les formes non-corporelle, les boucliers, sont tout aussi efficace contre les détraqueurs et les moremplis. Vous devez juste vous souvenir que votre Patronus ne peut vous protéger que si vous êtes concentré.

— Tu devrais faire une démonstration, dit Owen.

Les élèves approuvèrent. Harry, qui avait sorti sa baguette plus par habitude que par conviction, hésita quelques secondes. Cependant, le regard des cinq adolescents sur lui suffirent à le convaincre. L'époque de l'AD, malgré tout ce qui se passait à ce moment-là, restait l'un de ses souvenirs les plus heureux. Il se demandait d'ailleurs…

Harry leva sa baguette, et repensa à ce moment de liesse où la salle sur demande s'était rempli des patronus corporels de ses amis, de leurs rires et de leur enthousiasme.

— Spero Patronum.

La fumée argentée s'échappa de sa baguette et vint former un cerf juste devant lui. Ce dernier regarda autour d'eux, avant de se tourner vers Harry, comme s'il se demandait pourquoi on le dérangeait alors qu'aucun ennemi n'était présent. Malgré tout, le Patronus approcha de Harry et posa sa lourde tête contre sa main tendue, en souvenir peut-être des combats qu'ils avaient menés ensemble. Harry ne fit pas vraiment attention aux réactions des élèves, auxquelles il était habitué en réalité même s'il détestait s'en rendre compte avec tant d'aisance et si peu de gêne.

— Je peux en faire un car j'ai appris ce sortilège il y a longtemps, je me suis beaucoup entrainé, et j'ai surtout choisi les bons souvenirs. C'est peut-être le plus déterminant. Il ne s'agit pas de votre puissance en tant que sorcier, de votre concentration, de votre personnalité, c'est le souvenir qui construit tout. Tant que vous n'aurez pas trouvé le bon, vous ne pourrez pas produire de sortilège corporel.

— Et pour un sortilège non-corporel ? demanda l'un des garçons d'une voix hésitante

— Il faut également un souvenir heureux, mais quelque chose de moins profond peut suffire. Même si vous parvenez à créer un patronus corporel ici, vous n'y arriverez peut-être pas lorsque vous serez en danger : tout dépend de votre faculté à choisir le souvenir et à le laisser vous habituer. Ce n'est pas toujours possible en combat.

Les cinq étudiants hochèrent la tête, puis ils se lancèrent des regards d'encouragement et pointèrent leurs baguettes devant eux. Comme s'y était attendu Harry, et comme au moment où il enseignait à l'Armée de Dumbledore, rien ne se produisit. Il entendit la frustration grandir dans la voix des cinq adolescents chaque fois qu'ils devaient reprononcer la formule. Après quelques minutes, les adolescents se concertaient, parlaient de leurs souvenirs, tentaient d'en trouver d'autres plus fort en échangeant.

Alaric, Owen et Harry les observaient sans intervenir, conscients qu'ils avaient besoin de réfléchir à ce sujet ensemble, plus intimement. Harry n'avait plus jamais révélé le souvenir qu'il avait choisi après en avoir parlé avec Lupin. Il se sentait gêné à ce sujet, comme si c'était quelque chose d'infiniment privé, d'infiniment personnel.

— C'est quoi ton patronus, Alaric ?

C'était Owen qui avait posé la question, mais cela intrigua également Harry qui tourna donc toute son attention sur le conjureur de sort. Celui-ci ne répondit pas tout de suite, il semblait qu'il était en train de formuler sa réponse dans son esprit. Il semblait à Harry que la forme corporelle du patronus et celle de l'animagus étaient généralement identiques, cela n'aurait donc pas dû être si compliqué d'apporter une réponse. A moins que…

— Je l'ignore, répondit Alaric d'une voix égale. Je n'ai jamais pu en produire un.

Owen et Harry restèrent silencieux. Ils auraient voulu en savoir plus, demander pourquoi, car il leur semblait improbable qu'Alaric n'en soit pas capable. Il était capable de tout. Mais Harry venait tout juste de le dire : un patronus corporel n'avait rien à voir avec la puissance du sorcier, il s'agissait de bonheur. Harry déglutit difficilement, à la pensée infiniment malheureuse qu'Alaric n'avait peut-être pas de souvenir assez puissant, assez précieux, assez heureux.

Owen n'insista pas, préférant indiquer avec une certaine maladresse que les gens intelligents avaient sans doute plus de mal à penser au bonheur car ils cherchaient à le définir et à le rationnaliser. Cette explication sur le rôle de l'intelligence dans l'incapacité à produire un patronus corporel arriva au moment exact où une marmotte argentée apparaissait au bout de la baguette d'une des jeunes filles. Bien qu'impressionnés, ses quatre amis explosèrent de rire et le patronus s'évapora immédiatement.

— Eh, coupa Alaric. Vous pourrez rire quand vous aurez été capable d'en faire autant.

Ils se turent immédiatement, et l'adolescente jeta sur Alaric un regard rougissant plus qu'éloquent. Celui-ci lui répondit avec un sourire posé puis il se détourna d'elle comme si elle n'avait jamais été là. Il proposa à Owen et Harry de reprendre leur visite, ce que les deux aurors acceptèrent. Cependant, Harry lança un nouveau regard à la jeune fille qui avait fait réapparaitre sa marmotte. L'animal argenté courait joyeusement autour d'elle, roulant dans l'air avant de s'arrêter soudain pour regarder autour d'elle, son museau vaporeux s'agitant jusqu'à ce qu'elle reprenne sa course folle. C'était un sortilège puissant et difficile, il semblait pourtant que cette jeune fille savait exactement quel importance avaient ses souvenirs malgré son jeune âge. Si elle avait été anglaise, Harry l'aurait gardé à l'œil pour les prochains recrutement d'Aurors.

Ils quittèrent la salle de duel, qui servait donc également de salle d'entrainement pour divers sortilèges à première vue. Alaric leur expliqua qu'il y avait chaque année un tournois, en fin d'année. Les élèves s'affrontaient par tranche d'âge, et le meilleur de chaque année se voyait dispensé d'examen en sortilège de combat, l'une des matières dispensées ici.

Puisque le sujet était abordé, Alaric entreprit de lister les différents cours que suivaient les élèves. Harry comprenait la logique mais il devait avouer qu'il était bien trop habitué au fonctionnement de Poudlard pour admettre que cela devait parfaitement fonctionner. Ils arrivèrent à l'extrémité du couloir qui débouchait à gauche sur un escalier de marbre blanc, large et couvert d'un tapis doré. La cage d'escalier était large, les pas et les voix résonnaient mais cela n'empêchait visiblement pas les élèves de s'y installer. Des bancs confortables étaient alignés contre les murs et quelques élèves les occupés, d'autres assis en tailleurs à même le sol, en face de leurs amis. Encore une fois, Harry trouvait tout cela extrêmement vivant, ce qui contrastait avec sa première impression de l'endroit.

Derrière l'escalier principal, une grande porte en verre donnait sur une cour intérieur. Comme à Poudlard, il y trônait une imposante fontaine sur laquelle d'autres étudiants étaient installés, riant de bon cœur ou penché les uns vers les autres dans des conciliabules mystérieux. L'image arracha un sourire à Harry, car il voyait chez ces élèves les mêmes choses que chez Ron, Hermione et lui : cette sensation que toute leur vie était secrète alors que les professeurs les observaient de loin et n'en loupaient pas une miette.

Sur la gauche, une arche donnait sur un autre couloir. Cependant, Alaric préféra les faire monter à l'étage et ils le suivirent sans broncher : le couloir semblait identique à celui qu'ils venaient tout juste de quitter et les salles ne devaient pas beaucoup différer. Au premier étage, ils commencèrent à passer devant des salles de classes occupées d'où s'échappaient des cours que Harry ne comprenait pas, bien qu'il reconnaisse quelques termes.

— La plupart des salles de classe sont occupées pour le moment, on pourra peut-être y passer plus tard. En attendant, proposa Alaric, on devrait aller voir la directrice.

— Bonne idée, répondit Owen.

Harry se demandait d'ailleurs pourquoi la directrice n'était pas venu à leur rencontre. A Poudlard, il était impensable d'entrer et de visiter le château sans que personne n'intervienne. Cependant, le commandant des Aurors doutait qu'il s'agisse là d'un manque de sécurité, ce zèle ressemblait plutôt à s'y méprendre à la façon dont Alaric gérait sa vie. Arriver avec lui était peut-être tout simplement un genre de passe-partout universel.

Le bureau de la directrice se trouvait au dernier étage, à l'extrémité de l'aile sud. Ici, les fenêtres donnaient directement sur la vallée. Cette dernière était scindée en deux par une rivière fine qui ondulait entre les roches, les arbres et les piliers qui soutenaient le manoir à certains endroits. Là où Poudlard s'enfonçait dans la terre, il semblait que l'Académie de Beauxbâtons préférait miser sur un agrandissement magique de ses salles plutôt que sur une vaste structure.

Ils s'arrêtèrent devant une porte qui ne différait en rien des précédentes, à l'exception d'une petite plaque dorée sur laquelle on pouvait lire « Maéva Beaulieu – Directrice ». Alaric toqua, ce qui surprit un peu Harry qui ne l'avait pas vu faire preuve de ce genre de respect depuis qu'il le connaissait. Owen dut être interloqué également car il jeta un coup d'œil à Harry, comme pour confirmer ce qu'il venait de voir. Une voix leur dit d'entrer, et Harry s'en voulut d'être surpris par sa douceur et sa jeunesse, comme si le souvenir de Madame Maxime l'avait poussé à s'attendre à une voix du même type.

Alaric ouvrit la porte et entra en premier.

— Bonjour Madame Beaulieu. Je vous présente Harry Potter et Owen Harper, respectivement Commandant des Aurors et Aurors. J'espère que nous ne vous dérangeons pas ?

Harry était définitivement bouche-bée par la façon infiniment respectueuse avec laquelle Alaric s'adressait à la directrice. Pas un sourire mutin, pas un regard en coin, pas un rire niché au fond de la voix. La directrice se leva pour venir les accueillir. Elle avait un sourire tranquille, ses cheveux bruns étaient attaché en un chignon désordonné qui laissait deviner de larges boucles. Elle avait des yeux noisettes dans lesquels on devinait des reflets verts, un nez et des lèvres joliment dessinées. Son visage ovale allait parfaitement avec sa silhouette arrondie. D'une certaine façon, elle rappelait à Harry une photo de Molly qu'il avait vu il y a quelques années, de l'époque où elle était à Poudlard. Non pas parce qu'elles partageaient une silhouette similaire, mais parce qu'elles avaient la même façon de se tenir et de bouger, totalement décidée dans leur douceur un peu brusque. La directrice devait être à peine plus jeune que Harry et Owen, elle n'était sans doute pas en poste depuis très longtemps mais Alaric semblait pourtant avoir étudié ici avec elle.

— Enchanté, Harry Potter, dit-il en lui serrant la main.

— Owen, dit ce dernier en imitant Harry.

— Enchantée, sourit-elle. Je peux vous aider ? Asseyez-vous, je vous en prie. Alaric, servez nous un peu de thé.

— Oui madame, répondit docilement le conjureur de sort à la surprise presque générale.

Harry et Owen s'assirent en face du bureau pendant que la directrice reprenait place sur son propre siège. D'un mouvement de baguette, elle fit s'approcher un plateau de biscuit et une chaise pour Alaric. Ce dernier les rejoignit rapidement, avec trois tasses de thé qu'il posa de leur côté du bureau et une tasse de cappuccino crémeux qu'il posa devant la directrice. Elle le remercia d'un sourire, et Alaric s'assit.

— On voudrait des informations sur l'une de vos élèves. Elle pourrait être liée à l'une de nos enquêtes en cours.

La directrice but un peu de son café sans le regarder. Dumbledore faisait cela parfois, lorsqu'il voulait réfléchir un peu avant de répondre à une personne qu'il ne voulait pas froisser avec un refus trop brutal, Harry savait donc déjà à quoi s'attendre.

— Je suis navrée, répondit effectivement la directrice. Je ne peux pas vraiment vous donner des informations personnelles sur la simple base de votre parole. Monsieur Harper a son badge, et je reconnais l'insigne des Aurors anglais bien que nous ne le voyons que rarement par ici. Cependant, vous, monsieur Potter…

Harry la fixa avec une visible confusion. Il n'était pas habitué à ce que l'on remette en cause sa parole, ou simplement son identité. Il était Harry Potter. Son visage était une carte d'identité habituellement, tout le monde savait quel était son poste et on lui répondait docilement. Il tourna brièvement les yeux vers Alaric et vit que ce dernier avait posé son visage dans sa main pour cacher le sourire qui étirait son visage.

Le commandant des Aurors bloqua un grognement dans sa gorge, afficha un sourire aimable et plongea sa main dans la poche de sa veste. Evidemment, les badges ne s'y trouvaient pas : il les avait laissé dans sa robe d'Auror, suspendue près de la porte du Square Grimmaurd.

— Je n'ai pas mes insignes avec moi.

— Dans ce cas, je suis désolée de ne pouvoir accéder à votre requête.

Harry ne su que répondre, il jeta un regard à Owen qui semblait aussi perdu que lui, puis à Alaric qui faisait de son mieux pour paraître totalement impassible. Il fallut une seconde à Harry pour que son cerveau se remette à fonctionner correctement. Il tira sa baguette et la pointa sur la fenêtre derrière la directrice. Celle-ci ne bougea pas. Elle avait beau être méfiante vis-à-vis de l'identité de Harry, elle semblait persuadé de ne rien risquer.

— Accio insignes, prononça Harry. Si vous voulez bien leur laisser quelques instants pour venir de Londres…

— Bien sûr, sourit la directrice.

Ils restèrent dans un silence légèrement inconfortable. Alaric, habituellement bavard, semblait déployer de grands efforts pour n'aborder aucun sujet. Owen, le nez dans sa tasse de thé, n'en disait pas plus. La directrice continuait à boire son cappuccino par petite lampée. Finalement, elle posa sa tasse avec un peu plus de bruit que les fois précédentes et Harry sentit Alaric se tendre à côté de lui. Ses doigts se resserrèrent naturellement autour de sa baguette, prêt à agir. Pour déclencher une réaction chez Alaric, il fallait que le danger soi imminent.

— J'ai appris que vous vous étiez amusé à simuler un cambriolage, Alaric.

Harry haussa les sourcils, et Owen se pencha sur son siège pour fixer son regard sur Alaric, et sans doute pour profiter de la vision qui s'offrait à lui. Alaric, le visage presque entièrement caché derrière sa grande main, semblait à court d'excuse. Il semblait même à Harry qu'il rougissait légèrement.

— Je ne suis pas en train de vous réprimander. J'aimerais simplement savoir comment nous sommes passés de votre promesse de vous intégrer dans le monde du travail, à un cambriolage.

— C'était… un genre de défi, répondit Alaric tout bas, comme un enfant qu'on a pris la main dans le sac.

— Lancé par votre grand ami James Gallagher j'imagine.

Alaric hocha très légèrement la tête, il semblait vouloir se fondre dans son fauteuil et refusait obstinément de tourner la tête vers Harry et Owen. D'ailleurs, il faisait aussi de son mieux pour ne pas regarder la directrice Beaulieu.

— Et j'imagine également que vous avez sorti de son contexte le propos qu'il vous tenait pour en faire un défi.

— C'est… possible, répondit Alaric à contre-cœur.

Elle hocha la tête sans le lâcher du regard, mais n'ajouta pas un mot. Si Harry se fiait à son expérience avec Molly Weasley, cela pouvait signifier deux choses : elle attendait qu'il reprenne la parole, ou elle en reparlerait plus tard. Alaric semblait avoir du mal à rester silencieux et Harry conclu qu'il s'agissait donc plutôt de la première option. Il baissa la main qui cachait son visage et planté résolument son regard dans celui de la Directrice, avec un air de défi mal assuré que Harry ne lui connaissait pas.

— Je m'ennuyais. Vous aviez dit qu'en étant conjureur de sort, je pourrais m'occuper, vous avez tort. C'est d'un ennui mortel. Même ce petit coup de com' n'a servi à rien. J'ai enchainé les contrats inintéressant pendant des jours.

— Oh, pauvre petit. Des jours de travail ennuyant.

Alaric rosit légèrement, visiblement vexé par la façon dont l'insupportable ennui qu'il avait vécu était interprété par la directrice. Il ouvrit la bouche pour répondre, maintenant bien droit sur son siège, mais il se contenta de lâcher un profond soupir.

— Je suis désolé. Je n'aurais pas dû agir de cette façon, et je n'ai aucune excuse. Seulement…

— Aucune excuse, coupa la directrice avec une douceur qui ne manquait pas de fermeté.

Le conjureur de sorts hocha la tête mais la détourna bien vite. Il n'était pas satisfait de cet échange, et Harry avait l'impression de se voir des années plus tôt après une conversation avec Dumbledore qui n'était pas allée dans la direction attendue. Il se voyait parler à son vieux mentor de ses soupçons sur Rogue, et il voyait ce dernier devenir plus dur alors qu'il répondait à Harry de ne pas s'en préoccuper. Maéva Beaulieu, qu'importe ses raisons, savait décidément très bien à quoi s'attendre avec Alaric et, bien que le terme était un peu trop excessif, elle semblait l'avoir dompté.

Un nouveau silence s'installa mais il ne dura pas très longtemps. Derrière la directrice, entre les deux montagnes qui encadraient la vallée, Harry vit un point briller dans le ciel. Maéva Beaulieu du voir son regard car elle ouvrit la fenêtre d'un petit mouvement de sa baguette qu'elle reposa ensuite sur son bureau, près de sa tasse. Les deux insignes entrèrent dans le bureau et se posèrent devant Harry dans un petit tintement.

Le Commandant des Aurors les prit entre ses doigts. Il hésite une seconde mais décida finalement de les attacher à sa poitrine, car elles étaient bien à lui après tout et que, bientôt, il reprendrait sa place. Qu'il se sente près ou non à le faire. Si on le lui demandait, pourtant, il serait bien obligé d'admettre qu'il avait craint que les deux insignes ne le reconnaissent plus comme légitime et refuse de s'attacher à lui. La directrice regarda attentivement les deux symbole, l'un représentant les Aurors et l'autre la position de Harry au sein du département, puis elle hocha la tête.

— Bien. Sur qui puis-je vous informer ?

Harry tira son calepin de sa poche et l'ouvrit sur la page où il avait noté les informations de son appel avec Owen, mais celui-ci répondit avant lui.

— Il s'agit d'Alexandra Baulne, la jeune fille qui a disparue.

— Oh, je vois, répondit la Directrice avec une voix qui ne cachait pas son trouble. C'est la première fois que cela arrive, à Beauxbâtons. Enfin, bien sûr, Alaric disparaissait régulièrement mais on savait qu'il reviendrait après quelques heures, ou quelques jours. Mais Alexandra… Elle est en dernière année, elle porte les couleurs d'Aloysia.

Owen et Harry se regardèrent, mais c'est Alaric qui apporta des précisions pour leur éviter de poser la question qu'ils avaient sur les lèvres.

— C'est un genre de mélange entre Serdaigle et Poufsouffle, expliqua-t-il avec un certain détachement.

— Merci, dit Harry en notant l'information dans son calepin.

La directrice attendit patiemment qu'il ait terminé avant de reprendre la parole. Elle expliqua qu'ils avaient remarqué la disparition de la jeune Baulne le soir même des événements. Ne la voyant pas rentrer dans son dortoir, l'un de ses camarades, également son petit ami, avait lancé l'alerte. C'était quelque chose de très inhabituel pour la jeune fille, et la situation avait donc été immédiatement prise au sérieux. Loin d'être du genre à faire le mur, Alexandra était au contraire très assidue, attentive à ses cours et soucieuse de suivre scrupuleusement le règlement. Avant de travailler avec George Affré, le fabriquant de baguette, elle avait pris soin d'en obtenir l'autorisation de la part de la Directrice et de s'assurer que ses cours ne seraient pas impactés.

— C'est une jeune fille très intelligente, qui a soif d'apprendre. Lorsqu'elle m'a parlé de l'offre de Monsieur Affré, je ne me suis fait aucun soucis : il était évidemment qu'elle pourrait occuper cette place sans perdre son sérieux. Elle a été très atteinte par son décès, c'est pourquoi nous avons pensé que sa disparition pouvait être un contre-coup du deuil. La police l'a recherché chez son mentor et dans son atelier, au cimetière où il était enterré, chez ses parents, mais hélas…

— Monsieur Affré a été victime d'une mort violente, dit prudemment Harry. Pensez-vous qu'il pourrait être…

— Un fantôme ? Je l'ignore. Mais si tel était le cas, il serait sans doute lié à son atelier, il y passait toutes ses journées et une majorité de ses nuits.

— Je vous remercie, dit Harry. Est-ce que vous pensez à quelqu'un qui aurait pu vouloir s'en prendre à Mademoiselle Baulne ?

La directrice secoua légèrement la tête en signe de dénégation, ce qui ne surpris ni Harry ni Owen. Ils avaient assez facilement compris comment était la jeune fille et la directrice le leur confirma. Populaire, généreuse, bienveillante, passionnée et prête à partager son savoir, elle n'était décidément pas le genre de personne à se faire des ennemis. Il devenait peu probable que la disparition de la jeune fille n'ait rien à voir avec la mort de George Affré, et ce dernier ayant été vraisemblablement tué parce qu'il connaissait l'identité des loups-garous qui avaient attaqué et enlevé Drago, il y avait fort à parier qu'Alexandra était une victime collatéral. Harry ne put empêcher l'angoisse de grandir doucement dans son estomac.

S'ils voyaient juste, si elles étaient vraiment au cœur de tout ça à cause de ses connaissances sur l'Organisation du Droit à la Pleine Lune, il y avait fort à parier qu'elle allait être mordue tôt ou tard. Peut-être l'avait-elle déjà été. Harry regarda Owen, dont l'expression lui montra qu'il était plongé dans des pensées similaires aux siennes. Harry se força à s'en extirper, car c'était son rôle de ramener Owen à la réalité. Il ferma son calepin en le faisant claquer légèrement, Owen cligna des yeux et se redressa un peu, signe qu'il était revenu à lui et au présent.

— Merci pour ces informations. Pouvez-vous nous donner les adresses des lieux que vous avez mentionné ?

— Bien sûr.

La directrice tira un papier vers elle et se saisit de sa plume. Un instant plus tard, elle avait donné à Harry la liste des adresses, auxquelles elle avait rajouté celle du magasin où George Affré vendait ses baguettes et où travaillait régulièrement Alexandra. C'était à plusieurs kilomètres de l'atelier, elle n'était donc ouverte que du samedi au lundi. Depuis la mort de George Affré, personne n'y avait apparemment mis les pieds.

Ils remercièrent la directrice pour son aide et quittèrent bientôt son bureau. Alaric reprit immédiatement son comportement et ses expressions habituelles. Comme s'il s'était retenu trop longtemps, il se mit à faire jouer les muscles de ses épaules et à s'étirer, avant d'avancer d'un pas vif vers le bout du couloir et l'escalier par lequel ils étaient arrivés.

— On y va directement ? demanda Owen.

— On a déjà pas mal trainé, alors oui, répondit Harry. On finira la visite une autre fois, j'ai très envie de revoir Alaric muet.

Ce dernier fit mine de ne pas avoir attendu, sans doute plus par gêne que par fierté étant donné qu'il les avait amené ici de bon cœur en sachant parfaitement ce qui pourrait se passer. Harry lui en était reconnaissant, mais ça ne l'empêcherait pas de le taquiner à ce sujet chaque fois que l'opportunité se présenterait.

Ils marchaient en riant, un peu au détriment d'Alaric et un peu avec lui, lorsque Harry l'entendit. Un chant. Il s'arrêta devant une fenêtre alors qu'Owen et Alaric avançaient encore de quelques pas. Le regard de Harry se perdit dans l'immensité du ciel, mais il ne vit rien. Sans doute avait-il rêvé, même si le passé lui avait déjà prouvé de nombreuses fois qu'il ne devrait pas ignorer les bruits étranges qu'il entendait. C'était idiot mais, un instant, il s'était attendu à voir Fumseck voler devant la fenêtre où il se trouvait.

Harry reprit ses esprit quand les pas d'Owen et Alaric s'arrêtèrent un peu plus loin. Il les rejoignit en pressant un peu le pas, préférant mentir sur la raison de son retard et dire qu'il avait simplement dû refaire ses lacets. Le regard d'Alaric sur ses chaussures qui n'en comportaient pas ne lui échappa pas, mais le conjureur de sorts ne fit aucun commentaire, ce dont Harry lui était évidemment reconnaissant.

Quelques minutes plus tard ils avaient descendu les quatre étages qui les séparait du rez-de-chaussée, les élèves croisés à l'allée avait été remplacé par d'autres au retour, mais l'endroit était toujours aussi vivant et les échanges entre les groupes toujours aussi joyeux. Un instant, Harry se demanda si la tristesse pouvait trouver sa place dans un tel endroit, ou si chacun gardait pour lui les douleurs qui l'habitait.

Ils furent bientôt dehors, à l'endroit où les Abraxans les avaient laissé un peu moins d'une heure plus tôt. Alaric siffla, et obtint un hennissement lointain en guise de réponse, qui sembla se répercuter dans les montagnes. Visiblement, les deux chevaux en avaient profité pour aller faire un tour. Ils arrivèrent quelques minutes plus tard, se posa dans la cour et repliant leurs grandes ailes.

— Commençons pas retourner à Toulouse, proposa Alaric. L'une des adresses se trouvent dans le centre-ville, on pourra accéder aux autres avec une cheminée depuis là-bas.

Harry et Owen approuvèrent et montèrent sur Snowlight pendant qu'Alaric montait Noblesilver. Un instant plus tard, ils s'élevaient dans le ciel avec un dernier regard vers l'Académie, nichée au cœur des montagnes, dans une vallée où une rivière calme coulait paresseusement.