Chapitre XXI – Révélation
Partie II
Ils s'étaient installés autour de la table de la salle à manger et le blond attendait patiemment que la jeune femme en face de lui ne se décide à parler. Cela faisait plusieurs minutes qu'elle n'avait pipé mot. Mais ne voulant pas la brusquer il attendait. Elle, semblait cherchait le courage de lui dévoiler la plus sombre partie de sa vie. Sans le choquer et surtout sans se mettre de nouveau à pleurer comme tantôt.
Elle jouait avec le coin du plaid qu'elle avait jeté sur ses épaules. Son cœur tambouriné dans son thorax, prêt à jaillir à tout moment. La chaleur lui monta aux joues. Elle sentait qu'elle allait craquer, alors elle prit une grande inspiration, faisant redescendre son angoisse montante. Et puis elle commença.
Elle devait avoir quinze ans quand tout commença. Elle était comme ces petites filles rêveuse et amoureuse. Aimant sa famille et son entourage.
Toujours prête à aider les autres et à rendre service comme elle le pouvait. Energique et passionnée elle adorait prendre des photos de tout et de rien, de simples instants de vie. Elle était tout simplement une adolescente comme les autres. Elle travaillait bien, avait de bonnes notes, respectueuse, gentille et droite.
Et c'est un jour, où elle avait décidé de sortir se baladait et de rendre quelques clichés dans le parc avoisinant sa demeure qu'elle les rencontra. Elle s'était habillé d'un bas de jogging et d'un débardeur, il faisait bon, le printemps était là et avec lui la douceur des rayons du soleil.
Elle avait pris son appareil photo et était partie, saluant ses parents et sa petite-sœur. Elle avait marché quelques dizaines de minutes avant d'apercevoir les arbres bourgeonnants du parc, devant elle.
Elle entra et commença son activité, prenant en photo une famille d'écureuils montant les branches des arbres encore dénudés, criant joyeusement. Ramassant des glands et chahutant doucement. Elle prit les arbres en photo, ces immenses conifères majestueux qui se balançaient au rythme de la légère brise environnante.
Les quelques feuilles présentes, filtrées les rayons de l'astre solaire faisant entrer une douce lumière au creux de ces derniers. Elle marchait depuis une demi-heure dans le parc quand elle se retrouva dans une clairière illuminé par un faisceau de lumière. Elle s'assit en son centre et posa son appareil photo à côté d'elle, profitant de cet endroit calme pour se reposer quelque peu.
Soudain, elle entendit un bruit derrière elle et en se retournant elle se retrouva face à deux jeunes homme qui devait avoir une vingtaine d'année, terriblement beaux. Elle les détailla L'un portait un gilet de laine et dessous un polo blanc, avec un bas noir et de petites baskets citadines de la même couleur.
Il arborait une coupe basique, cheveux châtains clairs et mis sur le côté. Le second était un peu plus grand que lui, avait une coupe ordinaire mais les cheveux tirant déjà sur le blanc malgré son jeune âge, un cardigan beige et un pantalon de la même couleur. Tous deux souris à la jeune fille, qui elle, se releva d'un bond et les salua.
« Oh, désolé jeune fille, on pensait être les seuls à connaître ce lieu.
Euh … Je ne l'ai connu que par hasard en me baladant dans le parc. »
Les deux jeunes hommes opinèrent de la tête et virent l'appareil photo posé à côté d'Hinata, ils la questionnèrent et finirent finalement par passer la journée ensemble. Ayant bien accroché, ils s'échangèrent leurs numéros et se séparèrent.
Hinata passa sa semaine à parler avec les deux garçons mais l'un plus que l'autre. Elle aimait beaucoup parlé au brun qui se nommait Homura. Ils étaient cousins semble-t-il. Et elle avait directement accroché avec lui. Elle sentait un feeling se créer entre eux. Ils étaient intéressés par les mêmes choses malgré leur différence d'âge. Plus les jours passés et plus elle était heureuse quand son cellulaire sonné et qu'elle voyait son nom apparaître. Son cœur battait la chamade, son ventre se tordait et son sourire se formait malgré elle quand elle l'apercevait lors de rendez-vous ou quand il l'appelait.
Elle était en train de tomber sous le charme de cet homme. Il leur arrivait de se voir, d'aller prendre un café ou d'aller au cinéma rien que tous les deux. Un jour, il l'embrassa. Elle fut chamboulé et tellement heureuse qu'elle n'en dormi pas de la nuit.
Ce fut la dernière journée qu'elle passa avec un vrai sourire sur les lèvres.
Le lendemain, elle décida d'aller à la rencontre de son coup de cœur et ils se rejoignirent dans un café situé non loin de chez elle. Ils passèrent quelques minutes seuls, avant que le cousin de ce dernier ne débarque, s'incrustant audit rendez-vous.
Hinata fut surprise et un peu déçue mais ne dit rien. Elle les vit se chuchoter des choses à l'oreille mais n'en fit pas cas. Grave erreur. Premier signe. Elle continua de siroter sa boisson qui était un chocolat chaud recouvert de chantilly. Elle remarqua le changement de comportement de son ami mais ne dit rien. Il devait être contrarié par l'arrivée intempestive de son cousin. Yuki, de son nom, pouvait être envahissant quand il s'y mettait. Elle le vit se renfrogner et ne toucher qu'à peine à sa boisson. Elle se leva, devant aller aux toilettes. De retour à leur table après plusieurs minutes, elle observa les deux garçons qui étaient devenus silencieux dès son arrivée.
Elle fronça légèrement les sourcils mais ne tiqua pas. Deuxième erreur. Elle ne vit pas le trou formé dans son chocolat qui signifiait que quelque chose avait était mis dedans. Elle ne sentit pas la différence âpre du goût de sa boisson. Elle ne se douta pas, quand elle se sentit partir qu'elle allait vivre les pires heures de sa vie. Et que celle-ci allait être gâchée.
Elle papillonna des yeux, difficilement, elle avait un mal de crâne indescriptible et essaya de bouger sans succès. Elle réussit, après plusieurs minutes, à y voir plus claire et remarqua qu'elle se trouver dans un espace sombre sentant fortement l'humidité. Elle commença légèrement à se rendre compte que cette situation n'était absolument pas normale.
Elle essaya alors de se défaire des liens qui lui enserrer les poignets mais rien ne bougea, elle essaya de crier mais toujours rien. Elle avait un bâillon sur la bouche l'empêchant de faire le moindre bruit. Elle sentit ses larmes monter et finalement couler sur ses joues froides. Elle remarqua aussi qu'elle était pieds nus et que son haut avait été retirés. Elle ne comprenait définitivement rien de ce qu'il se passait en ce moment.
Elle attendit pendant ce qui lui sembla des heures et finalement, une porte derrière elle s'ouvrit et elle entendit des pas Elle se retrouva quelques secondes plus tard devant deux hommes, masqués dont elle ne reconnut – évidemment – pas le visage. Elle comprit alors que cette situation n'était totalement pas normale. Elle commença à paniquer. Un de ses assaillants s'approcha d'elle et la bloqua, l'empêchant de gesticuler dans tous les sens. Elle s'arrêta alors, le souffle coupé et une peur viscérale au fond de la gorge.
Il prit son visage dans une de ses mains, écrasant ses joues. Elle avait mal. Il appuyer beaucoup trop fort. La poigne était trop puissante et elle se mordit l'intérieur de la joue. Un goût métallique lui parvint alors. Du sang.
Il la lâcha ensuite. Et lui asséna un coup au visage qui la fit hoqueter de douleur et de surprise. Pourquoi diable devait-elle subir tout cela ? Qui étaient ces hommes en faces d'elle, menaçants. Méritait-elle cela ? Elle n'en savait rien. Mais la seule chose dont elle était sûre était qu'elle était effrayée. Tétanisée et paralysée.
Elle trembla de tous ces membres. La douleur qui cognée sur sa joue lui rappela qu'elle ne devait pas sombrer. Elle qui commençait à sentir ses paupières s'alourdir se força à rester avec eux. Sa vie défila devant elle. Puis le trou noir.
Elle se réveilla quelques heures plus tard, aspergée d'eau glacée. Elle ouvrit les yeux et sursauta. Elle retrouva de nouveau devant elle ses deux bourreaux. Là, commença le pire.
Le même agresseur qu'auparavant, s'approcha de nouveau et lui frappa le visage de sa main. Elle gémit. Il continua plusieurs minutes, semblant déchainer toute sa haine sur la jeune fille qui n'avait rien demandé. Au bout d'un moment elle ne réagit plus. Les yeux dans le vide elle n'entendait que les impacts et plus la douleur. Ni même le sang qui coulait sur son visage tuméfié.
A bout de force l'homme s'arrêta, le souffle court. Il essuya sa main ensanglantée et chuchota quelque chose dans l'oreille de son comparse qui opina. Il recula alors, et le second vint devant elle Lui, semblait hésitant. Comme s'il n'avait aucune envie de faire subir ça à la jeune fille.
Enfin, c'est ce qu'elle pensait. Il avait dans la main un scalpel et le brandit devant lui menaçant. Il s'approcha de la poitrine de la pauvre victime et la lui entailla. La douleur saisissante la fit crier sous son bâillon. Les larmes coulèrent de plus belle. Il continua son chemin et coupa son soutien-gorge continuant de lui ouvrir le torse. Pas besoin d'appuyer. L'objet était assez tranchant pour cela.
Arrivé au nombril il s'arrêta. Il lâcha l'arme et recula, tremblant. Dieu, que faisait-il donc là ? Il regarda l'épave qu'était devenue la jolie brune, le visage gonflé par les coups et le torse ouvert et saignant abondement. Dans un état pitoyable. Il voulut parler mais se retint. A quoi bon ? Le mal était fait. Ils partirent. Laissant la jeune fille se remettre se ses blessures, toujours attachée à sa chaise.
Dieu qu'elle souffrait. Mais elle ne saurait dire si cela était une douleur physique ou psychique. La seule chose qu'elle pouvait affirmer était qu'elle était effrayée. Qui étaient ces hommes à la fin ? Elle essaya de retirer, avec sa bouche le bâillon poussant de sa mâchoire. Rien n'en bougea. Frustré elle laissa sa tête retomber sur son torse, un mal de nuque atroce lui montant à la tête. Un de ses yeux était fermé et gonflé dû aux coups prit quelques heures plus tôt. Elle ne savait même pas depuis combien de temps elle était là. Des heures ? Des jours ? Des mois ? Peu probable. Sa famille lui manquait.
Homura aussi. Elle ne comprenait pas comment elle avait atterrit ici alors qu'elle était dans un café avec son petit-ami. En pensant à lui, son cœur se serra. Avait-il remarqué son absence ? Pensait-il à elle ?
Non mais quelle idiote, elle pensait à son copain alors qu'elle était dans une telle situation.
Bon sang Hinata, reprends toi !
Elle essaya de réfléchir à toute cette mascarade. Avait-elle eut des problèmes avec quiconque ? Peu probable. Elle aidait tout le monde et était aimable et polie. Le cœur sur la main.
Elle passa des heures et des heures, dans cette pièce sombre, sans eau, ni nourriture à réfléchir. Qui étaient-ils ? Mais rien. Elle ne savait pas.
Elle finit par s'endormir.
Elle fut réveillée par le bruit d'un morceau de fer que l'ont tapé par terre. Elle ouvrit son œil valide et baissa le regard. Elle vit dans une assiette un morceau de pain et à côté de l'eau. Ce qu'elle pouvait avoir faim. Elle voulut prendre son dû, mais se rendit compte qu'elle était toujours attachée. Elle essaya de les implorer. Mais cela ne fonctionna aucunement.
Puis quelques minutes plus tard elle vit sa nourriture voler dans un coin sombre de la pièce. Ainsi donc ils comptaient la faire mourir de faim ?
Le plus violent des deux, s'approcha et lui décrocha la mâchoire. Douleur vive. Os qui craquent. Dents qui s'entrechoquent. Langue en sang. Elle gémit une nouvelle fois.
Pas de fenêtre pour savoir s'il faisait nuit ou jour, pour estimer le temps qui passe. Juste le silence et la douleur.
Ils passèrent leur temps à la frapper continuellement, parfois jusqu'à l'évanouissement.
Deux semaines étaient passées. Bien plus, dans l'esprit de la jeune adolescente. Elle faisait ses besoins dans un sceau, était complètement amorphe et survivait littéralement. Son corps était couvert de bleus et blessures, de plaies et de brûlure de cigarette. Elle était épuisée. Elle ne mangeait pratiquement rien, avait les lèvres gercées par le manque d'eau. Ces dernière craquelées et se fendaient quand elle bougeait la bouche, la lui déchirant.
Puis finalement, le jour de sa libération arriva.
Le premier, s'approcha avec un couteau, le regard fou et la fit se mettre de dos. Bras levés sur la tête. Il entailla son omoplate et y fit un trou. Elle hurla.
Il remonta son épaule, et continua son chemin jusqu'aux poignets. La blessure était profonde. Le sang coulait à flot. Il avait trop appuyé. Il y avait bien, trop de sang. Le second voyant la jeune fille devenir pâle, poussa son comparse, et vint poser sur sa blessure à vif un tissu et compresser.
Le sang s'arrêta, parti une dizaine de minutes plus tard.
Le premier grommela et s'en alla. Se fichant pertinemment de ce qu'il pouvait arriver à la jeune fille.
Le second, prit de remords et attendant que son ami s'éloigne, replaça la jeune fille sur la chaise et au lieu de la rattacher fermement, il délia ses liens, devenant lâches. Juste assez pour lui permettre de s'enfuir.
Elle fut surprise et réussi à bouger ses mains. Elle n'avait qu'à se tortiller légèrement et elle serait libre. Mais elle n'était pas stupide. Tout ceci était peut-être un piège afin de leur donner une nouvelle raison pour lui faire subir d'innommables sévices. Mais pourtant …
« Pardonne moi Hinata … Chuchota l'homme derrière elle. »
Elle ouvrit grands les yeux – Le second étant dégonflé – et là, elle comprit. La voix derrière elle était celle de Homura. L'homme qui fut violent avec elle, était son cousin. Ils l'avaient drogué. Pendant qu'elle se rendait aux toilettes. Et elle n'avait rien vu Elle avait eu confiance et n'avait pas fait attention aux signaux. Elle avait aveuglément pensait qu'ils l'aideraient alors que c'était eux qui lui avait fait subir toute cette torture. Et pour quoi ? Ils avaient marqués son corps et son cœur à jamais. Ils avaient tué l'innocence et la pureté de son être. Ils avaient souillé son âme. Pour assouvir un désir ? Pour se venger d'une femme leur ayant brisé le cœur. Elle n'était qu'une gamine de quinze ans. Qui n'avait rien vécu, ou du moins avant ça.
Elle ne serait plus jamais la même, ça elle en était sûre.
Elle attendit que son agresseur sorte avant de se défaire de ses liens, se s'ôter le bâillon lui barrant la bouche et de courir le plus loin possible, avant que quelqu'un ne se rende compte de quoi que ce soit. Elle oublia sa douleur. Son bras se remit à saigner. Tant pis.
Elle sortit dehors, après avoir trouvé la sortit et se retrouva devant un bâtiment désaffecté entouré de forêt Que faire ?
Elle entendait les cris de Yuki, qui avait compris qu'elle s'était enfuie. Alors, ni une ni deux, elle courut à travers les arbres puis au bout d'un certain temps, quand ses jambes commencèrent à lâcher, elle trébucha et se retrouva devant une route. Elle rampa, laissant une traînée de sang derrière elle, et grimpa tant bien que mal sur le bitume chaud. Elle s'avança au milieu de la route et réussi à se relever et attendit qu'une voiture arrive. Quelques minutes passèrent et elle entendit le vrombissement d'un moteur Alors elle se redressa un peu plus, levant son bras valide et s'agitant. Le conducteur la vit, freina brusquement et sortit en trombe de la voiture, paniqué Il fit monter la jeune fille dedans et s'empressa de l'amener à l'hôpital. Là-bas, elle fut examinée, soignée, et ont lui annonça qu'elle devra vivre avec ces cicatrices présentes sur son bras. Ses parents vinrent la chercher dans un état de panique indescriptible.
On lui annonça qu'elle était disparue depuis presque trois semaines. Moins qu'elle ne pensait mais bien trop de conséquence.
Elle rentra chez elle ne pipa mot. Devint renfermée et froide. Faisant cauchemar sur cauchemar. Méfiante envers tout le monde. Paranoïaque voire mauvaise. Ils l'avaient brisé. Ne s'entendait plu avec personne, se disputer constamment avec sa famille. Avait fini par rejeter sa sœur. N'allait plus en cours, avait peur de sortir. De vivre.
