Chapitre XXII – Détruite
Naruto avait écouté son récit sans rien dire. Serrant parfois le poing et la mâchoire de rage. Il avait laissé la jeune femme finir. Un silence de mort s'abattit alors sur la pièce. Il ne savait pas quoi dire. Ce qu'avait vécu la jeune femme était horrible. Et impensable pour le commun des mortels. Il ne comprenait que trop bien son attitude. Son éloignement soudain avec ses parents et son entourage. Il parvenait enfin à saisir l'ampleur de la situation. Enfin … Peut-être pas si bien que ça finalement. Comment le jeune homme pouvait prétendre comprendre la souffrance de la brune alors qu'il n'avait aucune putain d'idée de la douleur physique et psychologique dont elle avait dû faire face. Comment pouvait-il avoir eu la prétention de lui crier haut et fort qu'il l'aiderait alors qu'il n'en était clairement pas capable. Pas qu'il ne voulait pas. Mais il ne savait absolument pas comment s'y prendre ni quoi dire. Bien sûr, personne ne le forçait à dire quoi que ce soit. Mais il se sentait obligé de dire quelque chose, de faire sortir d'entre ses lèvres des mots qui sauront la rassurer. Pourtant rien ne sortit.
Il se sentait inutile en cet instant. La femme qu'il aimait était vulnérable, venait de lui raconter les pires choses mais il n'arrivait pas à ouvrir la bouche. Pas un mot ne traversait ses lèvres.
La brune de son côté regardait son aimé se torturer l'esprit à essayer de la consoler. Elle esquissa un léger sourire et posa une main sur l'avant-bras du garçon. Ce qui capta son attention.
« Tu n'as pas besoin de dire quoi que ce soit. Tu es là. Et ça me suffit. »
En cet instant, il se sentit soulagé. Il scruta celle qui faisait battre son cœur depuis tant d'année Ses longs cheveux bruns, qui chatouillaient son nez à leur passage la rendait si belle, son visage si fin et ses joues vermeille l'attendrissaient, ses lèvres charnues et rosées ne la rendaient que plus désirable. Son odeur de fleur délicate, l'émoustillait grandement.
Il détailla chaque aspect de la jeune fille. Il aimait la regarder, la sentir. Il se pencha vers elle est emprisonna ses lèvres pour un doux baiser.
Elle y répondit avec joie et s'enchaîna une flaupée d'autres échanges buccaux. Les choses s'accélérèrent. Ils se retrouvèrent bien vite dévêtus de leur première couche de vêtement et Hinata ne paniqua pas. Elle se laissa faire, appréciant chaque contact. Il l'avait entre-temps amené dans sa chambre, ne brisant aucunement leurs touchés.
La nuit fut alors témoin de leur union charnelle.
Elle se réveilla, papillonnant des yeux, sentant le soleil les lui réchauffer. Elle s'étira et repris ses esprits en remarquant sa tenue : Un simple drap entourant son corps nu. Elle rougit et tourna la tête apercevant une boule sous les draps et quelques mèches blanches s'y échapper. Elle rit doucement et s'engouffra dans le linge afin de se retrouva face à cet ange endormi. Elle le fixa, lui, ses moindres détails, son souffle, ses longs cils blonds. Elle approcha son visage du sien et posa son nez contre celui de son amant. Il était chaud. Il ressemblait à un bébé à cet instant, recroquevillé sur lui-même, profondément endormi.
Elle le scruta encore quelques secondes avant de sortir de sa cage de soie et se décida à se lever, laissant le jeune homme dans les bras de Morphée. Elle glissa ses pieds dans ses chaussons et se précipita dans la salle de bain afin de s'habiller. Elle ne mit qu'un large pull et un short avant de descendre prendre son petit-déjeuner. A peine eu-t-elle mit un pied dans la cuisine que la porte d'entrée s'ouvrit sur Shion, tout sourire. Hinata remarqua qu'elle ne s'était pas changée de la vieille. Elle attendit que la petite blonde vienne à sa rencontre pour lui lancer un de ces piques dont elle avait le secret :
« Je vois que quelqu'un c'est bien amusé hier soir. Au point de rentrer habiller de la même façon que la vieille.
C'est vrai, avec Sasuke, nous avons officialisés cette nuit si tu vois ce que je veux dire. »
Elle lui fit un clin d'œil. Hinata pique un fard et grommela dans sa barbe. Elle aussi n'était pas passé inaperçu. Et pour cause, elle était habillé comme le blond de la tête aux pieds et sentait son odeur. Mais surtout, la marque dans son cou ne laissait pas place à beaucoup de question.
Elles rirent ensuite ensemble, autour d'un café. Depuis qu'elle avait parlé au blond, elle se sentait mieux. Elle n'avait plus à se cacher. Ou en tout cas, elle n'avait plus à se cacher de lui. Il avait tout entendu, sans broncher, sans l'arrêter, sans lui dire tous ces mots ridiculement insipides et sans fondement. Sans la réconforter, comme ses parents avaient essayé de le faire. Tant et si bien que cela l'avait bloqué. Ces convenances la fatiguaient. Ces phrases toutes faites et sans saveurs que tout le monde déblatèrent quand quelque chose de mal se passe. « Ca va aller » « Tout va s'arranger » « tu finiras par oublier tout ça ». Mais non, rien n'allait, tout était trop compliqué. Et elle n'oubliera jamais ce qu'elle avait subi. Elle ne pouvait pas, d'un coup de baguette magique, gommer le passé mais elle pouvait grandir et se construire avec lui. Devenir plus forte et pouvoir faire face à celui-ci une bonne fois pour toute.
Elle en était capable.
Elle avait était brisée, elle avait perdue foi en l'humanité, en ces êtres impies, en ces malheureux monstres. L'humain la dégouté, elle apercevait en eux le plus mauvais. Rien de bien ne pouvait résulter d'un être fait de vice, de haine et d'orgueil. C'est ce qu'elle avait cru, avant qu'il ne revienne dans sa vie.
Il avait réussi à creuser son cœur, à dégelée la glace présente. Elle avait su qu'il serait son Salut. Elle s'était forgé une carapace de rancœur et de haine qu'il arrivait petit à petit à faire tomber. Morceau par morceau. A ses côtés, elle oublié son mal-être. Elle était elle-même. Redevenait cette adolescente naïve et pleine de bons sentiments. Mais il n'était pas magicien et il faudrait du temps pour voir s'effondrer ce mur de glace.
Ce jour-là, il lui tiendra la main. Ne la lâchant plus jamais et l'élevant vers le ciel.
Elles restèrent là, à discuter toutes deux pendant une bonne demi-heure avant que la jolie brune ne fut surprise par deux puissants bras l'enserrant. Elle étira ses lèvres en un sourire léger et attendit que leur amie quitte les lieux avant de se retourner et d'embrasser joyeusement son tendre amoureux. Ils se gardèrent dans les bras l'un de l'autre quelques minutes avant de se détacher.
« Comment va ma Lune ce matin ? »
La brunette rougit légèrement face à cette appellation. Elle n'avait aucunement l'habitude de ce genre d'attention. Elle en était toute retournée mais ne voulant pas le lui montrer elle inspira et répondit :
« Très bien et toi ? »
Il répondit pareil et se fit couler un café, chantonnant. Hinata le regarda sans réserve, avant que ce dernier ne se retourne et la nargue. Elle fronça les sourcils, mécontente et s'enfuit de la pièce allant à la rencontre de son amie et colocataire.
Les jeunes gens profitèrent de leurs derniers moments de répit avant la rentrée universitaire.
Ce fut quatre jours plus tard que les galères commencèrent.
