Chapitre XXIV –Confrontation
« Mademoiselle Hyuga. Vous viendrez me voir à la fin du cours. »
Cette phrase trottait dans sa tête depuis plusieurs minutes. Elle n'écoutait rien de ce qu'il se passait autour d'elle. Elle ne prenait aucune note ; Appréhendant grandement ce qui allait se passait dans trois petites heures ; Elle essaya de se calmer et de réfléchir rationnellement à ce qu'il pourrait-être dit pendant cet échange. Comment lui faire comprendre qui elle était. Le faire regrettait ses gestes et surtout savoir pourquoi il l'avait laissait s'échapper. Elle ne lâcherait rien et aurait une véritable explication sur ce qu'il s'est passé.
La jeune fille vit défiler à une lenteur presque absurde le cours. Elle était prostrée sur son bureau. Menton entre ses bras, regardant son professeur débattre avec une élève sur la liberté d'expression. Cela semblait lui tenir à cœur. Elle faisait de grands gestes, presque démesurés afin de se faire attendre.
Pourtant la jolie brune avait appris avec l'expérience, que les gens écoutaient encore plus quand le ton était calme et froid. Cela donnait une idée de confiance extrême concernant le sujet. Et ne laissait pas de place aux doutes. C'est ce que faisaient les grands leaders de ce monde. Puissants et froids. Sans une once de sentiments. Et le peuple les suivait sans rechignés et sans se poser la moindre question. Jusqu'au jour où ils se laissent submergés par les émotions, et que la vie les rattrapes. Tout le monde fini toujours par se faire avoir. Hinata en avait fait les frais. Elle avait ouvert son monde à deux inconnus. Et ils l'avaient trompé et blessé. Depuis, elle s'était renfermée. Et plus jamais elle ne donnera son cœur et ne montrera ses sentiments à quiconque. Sauf à son amant et à ses deux seuls amis.
Elle avait compris que sentiment était égal à faiblesse et donc porte ouverte au mauvais.
Elle regarda le professeur essayant de montrer à la jeune femme qu'elle avait tords. Et que ce qu'elle affirmait devant tout cet oratoire était farfelu. Elle n'en démordit pas. D'après ce qu'Hinata avait reçu comme informations de cet échange houleux, sa camarade partait du principe que la liberté d'expression n'était qu'un leurre pour permettre aux entités plus puissantes d'asseoir leur puissance et de mieux garder en leurs liens le peuple ; Pour elle ce n'était qu'illusion et fariboles. Celles de ceux que l'on raconte pour endormir les enfants le soir. Ces contes destiné à rendre la vie un peu meilleure.
Pourtant, le professeur ne voulait pas démordre et essayer de lui faire admettre que non. Ce n'était qu'une façon de remercier la patrie d'avoir réussi à contribuer au bon développement du pays grâce à cette liberté d'expression qui manque à certains pays.
En effet, des dirigeants du monde entier endoctrine leur peuple et leur font avaler couleuvres et mensonges afin de les avoir à leurs bottes et de pouvoir faire d'eux ce qu'ils souhaitent sans avoir peur de représailles.
Alors que la liberté d'expression permet à un citoyen de se rebeller contre l'oppression et de crier haut et fort son désaccord.
Chacun avait de bons arguments. Mais finalement, Hinata dû se ranger du côté d'Homura, à son grand damne.
La suite du cours se fit moins passionnante, la jeune femme, dépitée, avait lâché prise et s'était renfrogné sur son siège. Il fallait bien avouer qu'il était très fort. Il avait su argumenter sans difficulté et faire plier sa camarade. Cet homme était un spécialiste du baratin pur et dur. Elle le savait parfaitement. Elle en avait fait les frais.
La dernière heure de cours fut très lente aux yeux de la jeune femme qui sentit le stresse monter d'un cran. Et quand la sonnerie retentie dans la salle, réveillant les plus paresseux, son rythme cardiaque s'accéléra.
Elle attendit patiemment que tous les élèves et quitter la pièce avant de se lever de sa place et de se diriger vers la chaire professorale. Elle se retrouva debout, face à Homura, qui rangeait des papiers dans sa sacoche. Elle toussota afin de lui signaler sa présence et il leva les yeux souriant légèrement.
Il lui fit signe de s'asseoir sur une place devant, face à lui. Elle le fit, sans broncher.
Il finit son affaire avant de se concentrer sur son élève face à lui. Il s'appuya contre son bureau, menton sur ses mains entremêlées et l'observa. Hinata le regarda à son tour, mauvaise. Fronçant les sourcils et se forçant à ne pas l'insulter. Elle mordit sa joue afin de ne pas faire quelque chose qu'elle pourrait regretter.
Après plusieurs minutes de silence, et n'en pouvant plus, Hinata exulta :
- « Bon sang ! Que me voulez-vous ? »
Le brun sourit face à l'attitude de son élève et répondit calmement, sortant une trousse de son sac :
- « je crois que ceci t'appartient.
- En effet. Grogna la brune, arrachant des mains son bien.
- Je ne comprends pas cette hostilité envers moi. Je ne pense pas avoir fait quoi que ce soit de déplacé. Il la regarda, elle tremblait, une haine indescriptible sur le visage. Si … Si c'est le cas, alors je m'en excuse. »
Là, elle écarquilla les yeux. Il plaisantait ? Alors il ne se rappeler vraiment de rien. Il ne se rappeler pas du mal qu'il avait engendré ? Son cœur se serra et elle sentie ses larmes monter. Elle froissa sa jupe de ses mains et baissa le regard. Elle mordit sa lèvre inférieure et chuchota :
- « Tu ne te rappelles vraiment pas …
- Pardon ? Je n'ai pas saisit ce que tu as dit. »
Explosion.
- « Tu ne te rappelle pas du mal que tu m'as fait ? Elle s'étrangla. »
Il semblait perdu. Il ne comprenait pas. Et puis, soudain. Il écarquilla les yeux. Non. C'était impossible. Il essaya de parler mais ses lèvres trembler. Il se rappela ce que son cerveau avait éclipsé. Cet endroit sombre, cette fille attachée par les membres, son cousin qui lui faisait subir d'ignobles tortures. Sa fuite ; Ses yeux. Il se rappeler de ces deux lunes violine. Ce regard innocent et cet attachement qu'elle avait eu.
- « Hinata ? »
Elle tiqua. Il se souvenait. Enfin.
- « Oui, cette pauvre Hinata. Cette petite chose ridicule, qui s'était fait avoir par le garçon dont elle était tombée amoureuse. Qui avait bu chacune de ses paroles comme s'il avait la science infuse. »
Il avait la tête baissée, honteux. Il avait en face de lui, cette jeune fille innocente et crédule qui lui avait fait confiance. Il était muet. Ne sachant quoi dire de plus. S'excuser ? Pour quoi faire ? Le mal était fait. Se mettre à genoux et se faire humilier. Elle n'attendait pas ça. Se sentir coupable. Ça, c'était déjà le cas. Il se mordit la lèvre. Il balbutia quelques mots mais Hinata ne compris rien. Elle s'énerva mais décida de ne pas trop cirer pour ne pas ameuter le reste de la faculté.
- « Hinata … Si tu savais comme je m'en veux. Je n'avais … J'ai oublié tout ceci. Je ne t'ai même pas reconnus, j'ai si honte.
- J'ai bien remarqué que tu ne me remettais pas et comment penses-tu que je me suis sentie quand je t'ai vu face à moi pour la première fois depuis ce jour ? »
Elle le regarda et vit dans ses yeux une profonde tristesse et culpabilité.
Tant mieux.
Elle prit une profonde inspiration et s'approche de son bureau.
- « J'aimerai juste savoir pourquoi moi ? Qu'ai-je donc fait pour mériter ça ? »
Elle enleva son gilet et lui montra ses bras et ses cicatrices. Homura regarda, effaré, ces marques. Son cœur se serrant un peu plus à chaque coup d'œil. Il reprit ses esprits et parla la voix tremblante :
- « je ne voulais pas te faire subir tout ça. Crois-moi. Je t'appréciais vraiment et je voulais approfondir cette relation mais … Yuki a vu nos messages et est devenu fou. Il a établi ce plan pour te et me faire du mal Mais c'est toi la plus à plaindre ; Moi j'ai joué le gentil toutou qui exécutait les ordres de son taré de cousin sans rien dire. Ce n'est pas une excuse et je ne minimise aucunement mon geste. J'aurais dû l'arrêter pendant qu'il était encore temps … Mais j'ai étais lâche. »
Hinata l'écoutait parler. Elle sentit son cœur se briser une seconde fois et par la même personne à plusieurs années d'intervalles. Elle laissa libre cours à ces dernières mais répondit quand même :
- « Vous avez fait de moi un monstre. J'ai rejeté, après ça, toute forme d'amour. Chaque personne qui se risquait à vouloir créer des liens avec moi, je la bannissais de ma vie. J'ai forgé une carapace de haine et de méfiance. Je me suis éloignée de ma famille. Elle reprit son souffle. J'ai haï ma petite sœur. J'ai insulté, battu et offensé, tant de personnes par votre faute.
- Hinata …
- Laisse-moi finir. J'ai fait du mal à tous les gens qui m'aimaient. Mon ami d'enfance en a pâtit. Ma famille aussi. Mais ça vous étiez à mille lieux de le savoir. Tu n'as pas pensé, après ça, une seule fois à moi-
- C'est faux ! J'ai pensé à toi tous les jours ! Je me demandais si tu allais bien ! J'ai culpabilisé, je suis tombé en dépression après ça. Je me dégoutais.
- Pauvre petit. Tu me fais rire. Cracha-t-elle amère. »
Il savait que ça n'aidait pas. Alors il se leva et s'approcha doucement de la brune. Elle fut prise de panique et essaya de s'éloigner mais elle fut happé par les bras de l'homme en face d'elle. Il la serra dans ses bras, aussi fort qu'il le put ; Hinata essaya de s'éloigner mais il était trop fort. Et soudain, elle sentit un liquide froid couler sur son cou. Il pleurait. Alors elle arrêta de bouger, son cœur battant la chamade. De peur, de doute. Et elle se laissa aller aussi, s'accrochant à son chandail et déversant toute sa tristesse.
De l'autre côté de la porte, Naruto, Sasuke et Shion faisaient les gardes. Ils avaient tout entendu mais n'était pas intervenu. C'était son combat.
Ils zieutèrent la vitre et virent les deux jeunes gens s'étreindre. Naruto ne réagit pas. Il n'y avait rien d'hostile et cet homme avait été manipulé. Malgré la haine qu'il ressentait envers lui, il laissa la scène se faire. Elle avait besoin de ça, pour tourner la page.
Quelques minutes après, ils se détachèrent. Elle apprit que Yuki avait fini à l'ombre pour une tentative de kidnapping. Elle fut rassurée. Elle se sentait plus légère.
Homura, voulu aller se dénoncer. Elle ne le laissa pas faire.
- « Je crois avoir compris que tu avais femme et enfant. »
Elle montra la photo ornant le bureau. Il baissa le regard.
- « Je n'ai pas le droit de vivre heureux. Pas après tout ça. Pas après t'avoir oublié.
- Tout le monde a le droit au bonheur. Je l'ai trouvé finalement moi aussi. »
Il la regarda sans comprendre.
- « Mon ami d'enfance est devenu la personne la plus importante pour moi. Mis à part mes deux seuls amis. Ils attendant derrière la porte. Je vais y aller. A demain professeur. »
Il la regarda prendre ses affaires et s'éloigner. A demi-mots il avait entendu. Il s'effondra en larme. Elle ne se retourna pas. Il avait besoin d'accuser le coup.
Je te pardonne.
FIN
