Chapitre 6 : Où Arcturus Black est gentil

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Singulier destin que celui de Melania Black.

Saviez-vous qu'Arcturus joua ses cartes comme un as ?

Qu'il réussit à remettre de la joie dans les yeux de Melania ?

Qu'il parvint même à gagner sa confiance ?

Et que Melania aurait pu en tomber amoureuse ce jour-là ?

Remarquez, elle était encore trop bouleversée elle-même pour le comprendre.

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Ne détestez pas Melania, s'il vous plaît. La vie a couru plus vite qu'elle et elle n'arrivait plus à la rattraper. Et puis elle ne s'est pas rendu compte dans quelle machine infernale elle mettait les pieds. Toutes ses habitudes et ce en quoi elle croyait était sans dessus-dessous. Elle essayait plus de survivre que de vivre à cette époque. Elle essayait de remonter sur le balai lancé à plusieurs centaines de kilomètres à l'heure. Elle essayait de prendre de la distance avec ce qu'elle avait toujours cru et connu. Elle se serait peut-être intéressée au fils McKinnon qui habitait en face de la Villa Caledonia, dans le cas contraire. Peut-être se serait-elle tournée vers son cousin qui avait sept ans de plus qu'elle, qui s'entendait très bien avec ses frères et son père, et dont les champs étaient à côté de ceux des Macmillan. Peut-être n'aurait-elle pas eu besoin de chercher un ailleurs pour tourner une page de sa vie.

« Heureuse de vous revoir aussi, Mr Black », répondit-elle à Arcturus Black qui attendait une réponse à sa salutation.

Elle ne fit pas de révérence comme l'avait fait Irma parce qu'elle n'en avait pas l'habitude. Elle se contenta d'un hochement de tête et hésita à lever sa main pour qu'il puisse y apposer un baisemain. Elle fit bien d'hésiter, car Arcturus Black ne touchait jamais personne. Il ne serrait aucune main, il ne baisait aucune main, il n'invitait personne à danser non plus. Irma ne le savait pas encore, aussi ne le releva-t-elle pas. Arcturus ne se rendait jamais à des réceptions. Ses parents trouvaient plus sage de ne jamais le pousser à sortir du 12, Square Grimmaurd au risque d'exposer sa folie à la face de la société Sang-Pur. Il ne dansait pas. Melania était sans doute la seule personne, autre que sa sœur Lycoris ou sa mère, avec laquelle il avait dansé depuis des années. Mais elle ne le remarqua pas.

Sirius et Hesper, eux, l'avaient remarqué et après un instant de stupeur passé, ils avaient aussi poussé Irma à se rapprocher de cette Melania Macmillan au sang-pur et à la gentillesse évidente. Ils ne tarderaient d'ailleurs pas à se rendre au salon afin de pouvoir échanger plus de deux mots avec la jeune fille. Je vous l'ai dit, Sirius et Hesper, mains avides de pouvoirs unies, savaient tout ce qu'il se passait dans ce 12, Square Grimmaurd. Ils seraient les dignes héritiers de Phineas Nigellus, Ursula et Elladora Black. Oui, j'associe ces trois horribles têtes sous le même chapeau, mais comme vous le savez, ceci est une autre histoire.

Même si Arcturus ne baisait aucune main, il s'empara pourtant des doigts gantés de Melania avec des gestes tremblants. Il s'inclina comme il ne s'inclinait devant personne pour déposer un baiser bref et rempli de respect sur les maigres phalanges de Melania puis se releva lentement, sans la lâcher du regard. C'était sa princesse, après tout.

Barnabas, lui, fronça un instant les sourcils. Il avait été dans la promotion qui avait suivi celle d'Arcturus Black à Poudlard, il connaissait le personnage. Un cinglé, une mauviette, un intello tyrannisé et moqué par les camarades de sa propre maison. Agressif et complètement paranoïaque. Le voir poser la main sur sa petite sœur, lui qui se montrait toujours pédant et supérieur aux autres lors du peu de réceptions où il s'était rendu, le fit voir rouge.

« Black, salua-t-il d'un mouvement bref de la tête une fois debout derrière Melania.

— Macmillan, répondit calmement Arcturus Black. Vous aimez le jardin, Miss Macmillan ?

— Bien sûr, Mr Black, répondit Melania sans percevoir la méfiance grandissante de son frère. Mais c'est très différent de nos landes écossaises.

— Vraiment ? » demanda Arcturus Black concentré uniquement sur la personne de Melania.

Je crois qu'à cet instant, l'univers aurait pu s'écrouler pour Arcturus Black. Il parlait à sa princesse, et elle lui répondait avec la douceur, la simplicité et l'honnêteté qui le mettaient totalement en confiance. Son accent écossais avait ce quelque chose supplémentaire de frais et de vivant qui manquait à la vie solitaire d'Arcturus.

« Les landes sont agressives mais belles, reconnut Melania avec un sourire sincère. Le vent fouette la peau et l'humidité fait gonfler les cheveux. Venez un jour à Simonide-le-Luron si le cœur vous en dit », proposa-t-elle avec une bonté toute innocente.

C'était la phrase de trop pour Barnabas qui pensa aussitôt que Melania fleuretait outrageusement avec ce cinglé d'Arcturus Black.

Mais ce furent cette gentillesse et cette spontanéité qui ravirent un peu plus le cœur et la tête d'Arcturus. Il fit un hochement de tête cérémonieux à Melania car il ne convenait pas qu'il s'empresse auprès d'elle comme une femme pouvait le faire auprès d'un homme, mais son cœur avait définitivement éclaté pour Melania.

« J'ai fait préparer du thé, il doit à présent être servi sur la table au fond du jardin, préféra dire Arcturus en désignant le fond de la cour. Je vous accompagne ? » proposa-t-il à Melania.

Melania prit ce bras sans voir la colère de son frère ou même la surprise d'Irma. Irma ne connaissait pas encore tous les tocs d'Arcturus Black, mais Pollux lui en avait assez dit pour qu'elle sache qu'il n'aimait pas la compagnie en général, et encore moins celle extérieure à sa famille. Irma s'avança à la suite de Melania et Arcturus, sans savoir que l'ordre des choses serait bientôt définitivement celui-ci.

« Irma disait que vous étiez l'une des meilleures de votre promotion en Botanique, rappela même Arcturus sans lâcher Melania du regard.

— J'aime m'occuper des plantes, en effet, confirma Melania. Et puis j'ai toujours passé mes étés hors de Poudlard dans les champs de blé et de légumes ou dans les vergers des Macmillan, rappela-t-elle.

— Madame ma mère cultive de nombreuses espèces rares et exotiques dans sa serre, lui apprit Arcturus avec un bref sourire. Je suis certain qu'elle acceptera de vous les montrer. »

Je vous ai dit qu'Arcturus fut dans un de ses bons jours cette après-midi-là. Il parlait avec aisance, la présence de Melania le mettant en confiance totale. Paradoxal, n'est-ce pas ? Il aurait dû être effrayé de commettre un impair. N'oubliez pas qu'il était l'Héritier de la Noble et Très Ancienne Maison des Black, qu'il était certes fou et paranoïaque, mais il savait où était sa place dans la société.

« Vraiment ? Ce serait formidablement gentil de sa part de prendre ainsi son temps avec moi », se réjouit Melania en jetant un coup d'œil perplexe à Irma.

Perplexe parce qu'Irma lui avait précisé que Mrs Hesper Black n'admettait personne dans sa serre alors qu'Arcturus Black l'invitait presque à y entrer.

« Et à part la Botanique, qu'est-ce qui vous passionne ? reprit Arcturus. »

Parce que oui, Arcturus, aussi fou soit-il, brûlait d'un amour obsessionnel mais respectueux et tendre pour Melania. Il ne voulait pas dire « ce sourire est à moi », il ne voulait pas simplement prendre ce corps, il la voulait entièrement. Il voulait savoir ce qu'elle aimait et qui elle était pour l'aimer également. Et ceci, sans qu'elle n'en prenne encore conscience, éblouit littéralement Melania.

« Le violon, je joue du violon depuis que j'ai six ans, lui apprit-elle.

— Je l'avais oublié, intervint Irma avec ravissement. J'aime jouer du piano, nous pourrions jouer ensemble. »

Le bulle d'Arcturus se cassa légèrement à l'intervention de sa belle-sœur, mais il ne cessa pas de contempler Melania répondre avec enthousiasme aux propositions d'Irma.

Du côté de Melania, cette tasse de thé ne se passait pas tout à fait de la même façon. Remettre les pieds ici, où elle avait retrouvé sa douceur grâce à Aristote Parkinson, lui laissait un goût de nostalgie dans la bouche. Lorsqu'Irma se remit à parler de son mariage, elle se rappela définitivement du regard malheureux d'Aristote lorsqu'elle lui avait dit adieu, à la fin de la réception.

« Excusez-moi, les commodités sont bien au premier ? demanda-t-elle avec hésitation. »

Arcturus le lui confirma et elle s'empressa de monter dans la petite pièce carrelée de noir. Elle ne ferma pas à clef derrière elle, parce qu'elle ne pensait qu'aux mains d'Aristote sur sa peau diaphane. Elle passa son index sur le rebord qui avait supporté l'ébat bref, doux mais ô combien guérisseur quelques jours plus tôt. Elle se demanda pourquoi elle avait été si définitive avec Aristote. Elle aurait été heureuse avec lui. Peut-être ne l'aurait-il pas été, lui, mais elle, elle l'aurait été. Ce n'était même pas par amitié qu'elle avait mis un non définitif à la demande d'Aristote, c'était par un élan de justice qui lui était revenu de son ancienne vie, sa vie avant que ce sale Moldu de John ne pose les mains sur elle.

Elle écarta les pans de sa robe et les releva doucement pour passer sa main sur elle, pour se toucher en se souvenant du toucher d'Aristote et de la douceur d'aimer qui existait toujours. Elle pleura peut-être un peu, appuyée contre la porte, puis contre le rebord de l'évier. Puis elle ne pensa plus à Aristote, elle pensa seulement à cet amoureux idéal qu'elle finirait par trouver. Ses caresses l'apaisèrent doucement et elle serait redescendue sans que personne n'ait rien su de cet instant si Barnabas ne s'était pas impatienté et était encore une fois venu la surveiller.

Il la trouva, les mains dans l'évier, l'eau savonneuse un peu rouge parce qu'elle s'était maladroitement griffée le poignet en enlevant son sceau aux armoiries des Macmillan. Il la trouva la robe mal remise, les joues rouges et les yeux brillants, et il pensa qu'elle avait fait exprès de se blesser et de pleurer comme une pauvresse pour attirer l'attention d'Arcturus Black qui s'était par hasard proposé d'aller voir si Melania ne s'était pas perdue, juste avant que Barnabas ne se lève lui-même.

La porte claqua derrière lui en même temps que le cri horrifié de Melania lorsqu'elle découvrit la fureur sur le visage de son frère.

« Qu'est-ce que…

— Qu'est-ce qui ne tourne pas rond dans ta tête ! s'écria-t-il en abattant sa main sur sa joue encore humide. Tu te fais inviter par une amie, et tu cherches à attirer l'attention de son cinglé de cousin ? En te mutilant le poignet ? Tu veux qu'il te passe dessus, lui aussi ? Tu crois que je n'ai pas vu que tu avais disparu durant le mariage de Pollux Black ? Petite traînée ! »

Elle était agenouillée au sol, une fois de plus. Le maigre espoir qui avait fait repartir son corps et son envie de vivre heureuse grâce à Aristote Parkinson quelques semaines plus tôt, s'évapora.

À cet instant, elle abandonna. Elle s'abandonna aux mains de son frère. Elle subit aussi pour la première et unique fois la ceinture de son frère qui crut bon de se prendre pour leur père en paiement du secret qu'il n'avait pas rapporté au chef des Macmillan. Barnabas était devenu aussi fou qu'Arcturus Black mais dans le sens opposé. Il ne voyait que le pire émaner de sa sœur, luxure et manipulation, là où Arcturus ne voyait qu'une princesse à sauver, la femme la plus douce et tendre au monde. Barnabas était si fou qu'il se mit à corriger et battre sa sœur dans cette petite pièce du 12, Square Grimmaurd. Et Melania n'avait tellement plus d'espoir qu'elle se contenta d'enfoncer la paume de sa main dans sa bouche pour étouffer le son de ses cris de douleur et de ses sanglots.

Peut-être se serait-elle vraiment mutilé le poignet si la correction s'était finie par le départ de son frère, elle, étalée sur le sol complètement vidée de vie. Peut-être. Mais la porte s'ouvrit au cinquième coup de ceinture et elle eut juste le temps de voir une tornade de vêtements noirs éjecter son frère et le plaquer au mur avec une violence qui brisa les carrelages noirs.

« On ne frappe pas une femme, siffla la voix horriblement sourde d'Arcturus Black.

— Je corrige ma sœur comme je…

— On ne frappe pas sa sœur, continua Arcturus Black en soulevant Barnabas Macmillan pour le plaquer à nouveau contre le mur.

— Va te faire…

— On ne frappe personne, conclut Arcturus. »

Le silence plana un court instant durant lequel Melania resta figée et muette d'interrogation. Puis Arcturus poussa Barnabas hors de la pièce.

« Rentre chez toi, Macmillan, je raccompagnerai ta sœur », l'avertit Arcturus avant de claquer la porte.

Le tout n'avait pas duré plus d'une poignée de secondes. Melania était toujours à genoux au sol, un regard perdu et terrifié posé sur Arcturus. Elle se tenait honteusement recroquevillée sur elle-même pour tenir sa robe sur sa poitrine car Barnabas l'avait déchirée dans son dos pour s'assurer qu'elle sente la correction.

Arcturus Black la regarda longtemps avant de savoir comment il convenait de se comporter. Il commença par s'accroupir devant elle pour l'aider à se relever. Melania se laissa faire dans un silence seulement ponctué de bruissements de tissu. Elle le laissa craintivement passer son mouchoir en tissu humide sur les plaies de son dos puis les lui réparer d'un mouvement souple du poignet. Elle ne sentait presque plus rien, comme cela ne lui était jamais arrivé avec les pommades qu'elle faisait elle-même ou qu'elle achetait chez l'apothicaire de Simonide-le-Luron. Elle le laissa toucher sa robe sans rien dire, la remettre plus ou moins en place et même la réparer avec un peu de magie. Elle le regardait réparer son dos et son vêtement dans le miroir au-dessus de l'évier. Il n'émettait aucun commentaire et arrivait à tout faire sans toucher sa peau une seule seconde.

C'était une autre forme de douceur qu'elle avait oubliée. Quelque chose de moins passionné mais de tendre, amical et aimant. Elle en pleura d'apaisement lorsqu'il vint se placer à côté d'elle.

Elle le regarda tirer un autre mouchoir en tissu de sa poche et le passer méticuleusement sur ses joues et sous ses yeux, l'un après l'autre, dans un ballet successif à mesure que ses larmes coulaient à nouveau.

« Mon mouchoir sera bientôt entièrement humide, Miss Melania, souffla-t-il sans la regarder dans les yeux.

— Mes yeux seront bientôt secs, Mr Arcturus », se permit-elle de répondre en cherchant son regard.

Elle chercha son regard parce qu'elle voulait le remercier de lui avoir rappelé que la violence de son frère n'était pas normale et qu'elle devait cesser de s'y habituer. Qu'elle avait le droit de la refuser.

« Vous allez mieux ? lui demanda-t-il en baissant son mouchoir.

— Je crois, en convint-elle. »

Il était grand, brun, svelte, quelque chose de réservé, d'élégant et de distingué. Ses clignements d'yeux trop fréquents pour être autre chose que des tocs de nervosité n'étaient pas effrayants, au contraire, ils le rendaient plus humain. Son iris était gris d'eau douce, ce qui soulignait un regard aiguisé et minutieux. Son nez était droit et fin mais avec du caractère. Sa mâchoire carrée était rasée de près, mais il semblait souvent se couper juste là, à droite de son menton, puisqu'il y avait une cicatrice encore fraîche. Sa peau était blanche, ponctuée là, de l'autre côté, par une trainé de tout petits grains de beauté. Sa bouche tremblait légèrement, comme s'il cherchait ses mots. Quelque chose de rassurant et de protecteur se dégageait de lui.

Je vous l'ai dit, Melania aurait pu tomber amoureuse d'Arcturus Black ce jour-là, parce qu'il était ce prince charmant qui l'avait sauvée des griffes de son frère diabolique. Mais ce ne fut pas le cas parce qu'elle venait de toucher le fond du fond et qu'elle n'était pas encore remontée à la surface.

« J'aimerais voir le jardin avec de la hauteur », se retrouva-t-elle à demander sans savoir pourquoi.

Je pense qu'elle le demanda à Arcturus parce qu'il lui avait déjà proposé de demander à sa mère pour entrer dans la serre. Son inconscient dut savoir qu'elle pouvait demander cela aussi à Arcturus et même tout ce qu'elle voulait. Il y accèderait.

« Depuis le grand salon, je pense que nous verrons bien, accepta Arcturus en lui proposant son bras. »

Elle le prit aussitôt, mais consciemment cette fois-ci, et non comme un réflexe. Elle sentit les muscles maigres mais qui lui étaient dévoués, sous ses doigts. Elle inspira le parfum de ce moment, quelque chose de plus noble que l'eau de Cologne qui la fit se sentir immédiatement bien.

Elle se laissa mener à la fenêtre du grand-salon. Et effectivement, on voyait à peu près le dessin du jardin à la française. Un sablier de buis dans un carré de fleurs, surmonté d'un cercle, pour la fontaine.

« On ne pourrait pas prendre un peu plus de hauteur ? demanda-t-elle à mi-voix en se tournant vers lui. »

Il la regardait sans montrer aucune émotion dérangeante comme de la pitié, de la tristesse, de la colère ou de la déception. Il semblait simplement veiller sur elle et être heureux de le faire. C'était apaisant.

« Il n'y a que les chambres à l'étage, rappela Arcturus Black ses tocs nerveux reprenant de plus belle.

— N'y a-t-il pas un bureau ? insista Melania et sa curiosité innocente qui faisait son retour.

— Allons voir, accepta Arcturus après une seconde de silence. »

Ils montèrent l'escalier dans un silence paisible. Melania en profitait pour regarder autour d'elle. Le deuxième étage lui paraissait déjà moins sombre et lugubre. Peut-être la lumière pénétrait-elle mieux les fenêtres lorsqu'on prenait de la hauteur.

« Allons au troisième, préféra Arcturus. C'est ici la chambre de mes parents. »

Alors ils montèrent un peu plus vers le ciel. Ils ne s'arrêtèrent ni au troisième, ni au quatrième, ni au cinquième. Ils s'arrêtèrent tout en haut, au sixième.

« Il s'agit d'une chambre inhabitée, venez, lui proposa-t-il en lui ouvrant la porte. »

Elle entra, toute en confiance, et vint immédiatement se poser au bord de la fenêtre. Il la rejoignit et resta droit à côté d'elle, à contempler le jardin dont le motif se faisait plus net depuis le sixième étage.

« C'est beau, ne trouva qu'à commenter Melania en se sentant légèrement stupide d'avoir fait gravir tous ces étages à Arcturus Black pour regarder un petit jardin.

— C'est intéressant, approuva Arcturus en hochant la tête avant de se tourner vers elle.

— Qui a dessiné les plans du jardin ? demanda-t-elle en levant les yeux vers lui.

— Mon arrière-grand-mère, Ella Max-Black, lui raconta-t-il calmement en essayant de sourire mais les coins de ses lèvres semblaient avoir des difficultés à se maintenir en place. Mon arrière-grand-père Cygnus lui a offert cette maison en cadeau de mariage et elle a dessiné les plans du jardin.

— Elle lui a fait un cadeau en retour, essaya de comprendre Melania.

— C'est cela, approuva Arcturus en hochant lentement la tête et son sourire se maintint une seconde de plus. Ils s'aimaient et se respectaient énormément.

— Les bases d'un mariage solide, commenta-t-elle avec ses réflexes idylliques d'adolescente.

— C'est cela, répéta Arcturus Black. »

Il la contempla à nouveau. Melania fut un peu plus apaisée sous ce regard admiratif et simplement tendre. Arcturus Black n'était pas fou, il était gentil, profondément doux et gentil. Elle en fut convaincue.

« Que faites-vous là, Arcturus, avec Miss Macmillan ? » intervint une voix grave et posée, d'un timbre un peu plus brusque que celui d'Arcturus Black.

Melania se tourna vers la porte de la chambre inhabitée pour découvrir Mr Sirius Black, qu'elle avait vu de loin au mariage d'Irma et Pollux. Elle fit la même courte révérence qu'elle avait accordée à Arcturus.

« Nous prenions de la hauteur pour pouvoir apprécier le dessin du jardin, Père, répondit Arcturus avec une agitation qu'il n'avait pas encore manifestée face à Melania.

— Comment nous avez-vous trouvés, Mr Black ? » ne put s'empêchait de demander Melania avec étonnement.

Mr Sirius Black tourna lentement la tête vers elle. Il avait lui aussi les cheveux mi-longs, jusqu'aux épaules, comme Arcturus. Les siens étaient veinés de gris.

« Je sais tout ce qu'il se passe dans le 12, Square Grimmaurd, Miss Macmillan, lui répondit-il avec un discret sourire amusé. »

Et pourtant, Melania se demanda s'il disait la vérité, parce qu'elle n'était pas sûre qu'il puisse tolérer l'attitude qu'elle avait eue avec Aristote Parkinson le soir du mariage d'Irma et Pollux. Elle s'abstint de douter devant lui, préféra le prendre comme une plaisanterie et rit discrètement.

« Cela doit être épuisant, se permit-elle même de plaisanter.

— Quelque peu, en convint Mr Sirius Black avec un hochement de tête amusé. Venez divertir Hesper de votre bon esprit, elle doit nous attendre au salon avec Irma. »

Il ne mentionna pas Barnabas et elle se demanda à nouveau s'il savait vraiment tout ce qu'il se passait dans cette maison.

Arcturus lui proposa une nouvelle fois son bras et elle l'accepta. Ils redescendirent tous les trois l'escalier monumental du 12, Square Grimmaurd.

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La douceur revient un peu dans la vie de Melania... J'espère à très vite cette fois pour la suite, oups. merci pour vos lectures 3