Depuis la presque noyade de Luffy et Chopper, deux jours auparavant, l'ambiance sur le navire était au beau fixe, et les fauteurs de troubles n'avaient pas remis le couvert car la navigatrice les gardait à l'œil.

L'île promise était désormais visible à l'horizon, et Nami l'observait à l'aide de jumelles, accoudée au bastingage.

Avec soulagement, elle put constater qu'elle était peuplée. Quelques bateaux étaient arrimés au petit port de l'atoll.

La rousse appela tout le monde sur le pont afin de transmettre les instructions.

« Bon, on pourra accoster l'île d'ici une petite heure, mais si possible il faudrait qu'on accoste près de la forêt, on sera à couvert. Pour ce qui est des groupes, Luffy et Brook, vous venez avec moi pour trouver des renseignements sur le temps nécessaire au rechargement du Log Pose. Franky, Chopper et Zoro ; et Robin, Sanji et Ussop, vous formez deux groupes pour aller chercher les provisions, il vaut mieux éviter de se déplacer en trop gros groupes, l'île n'est pas bien grosse, donc je ne pense pas que la marine y ai établi un campement, mais sur une si petite île on à plus de chance de se faire remarquer si on est tous ensemble. Est-ce que c'est bon pour vous ?

- Évidemment Nami-Swan ! » Affirma derechef le cuistot en voletant autour d'elle.

Tout le monde acquiesça. Luffy faisait la moue, déçu que le trio perturbateur dont il faisait partie soit séparé. Malgré tout, il n'osa pas remettre en question l'autorité de la navigatrice. Il était peut-être le capitaine, mais elle pouvait se révéler bien plus effrayante qu'un des quatre Yonko quand elle s'y mettait.

Sanji s'alluma une clope avant de s'accouder au bastingage, regardant la silhouette de la petite île se rapprocher lentement. Être en groupe avec Robin n'était pas la meilleure chose pour lui, et, aussi étonnant que cela puisse paraître, il aurait préféré être avec le second. L'archéologue avait des yeux partout – littéralement – il ne pourrait donc pas passer de coup de Dendenmushi comme il le devait. Avec le sabreur il lui était plus facile de s'éloigner, puisque celui-ci avait l'impressionnante capacité de se perdre et ce peu importe les précautions prises.

Comme prévu par Nami, le Sunny accosta l'arrière de l'île au bout d'une heure, et ils se retrouvèrent tous sur la plage, prêts pour leurs expéditions respectives.

« Souvenez-vous de ne pas vous faire remarquer, dès que vous avez terminé, revenez directement au navire. En fonction du temps que mettra le Log Pose à se recharger, on avisera. Zoro, tâche de ne pas te perdre. A tout à l'heure. Annonça la rouquine avant prendre la route, accompagnée de Luffy et Brook, comme prévu.

- Cause toujours, mégère. » Marmonna le sabreur, sourcils froncés. Comme s'il lui arrivait de se perdre. Ce n'était quand même pas sa faute si les autres disparaissaient toujours. De là a parler de se perdre, s'égarer, à la limite.

Les groupes se séparèrent.

Nami avait décidé d'emprunter le chemin le plus passant, jugeant qu'avec Luffy dans son équipe, il ne servait à rien d'essayer d'entrer dans la ville en douce. Elle espérait néanmoins pouvoir le canaliser pour qu'il passe plus ou moins inaperçue.

L'équipe de Franky, Chopper et Zoro commencèrent par longer la place, pour rejoindre la ville par l'entrée principale, de l'autre côté, et ainsi ils pouvaient garder le sabreur en vue, imaginant qu'il serait un peu plus difficile pour lui de disparaître sur une plage qu'au milieu d'une forêt.

Le dernier groupe, celui de Sanji, Robin et Ussop, opta pour la forêt. De ce que le sniper avait pu voir avant d'accoster, depuis la vigie, la forêt bordait la ville, et en principe ils pouvaient rejoindre des petites ruelles peu occupées en passant par là.

Ils empruntèrent donc un début de sentier au milieux des troncs noueux, très vite effacé par une grande quantité de fougères et autres plantes pour le moins envahissantes.

« Robin, tu crois que Nami nous en veux toujours pour le coup de la bâche ? S'enquit le tireur d'élite au bout de quelques minutes, déclenchant un petit rire de la part de la brune.

- Je ne pense pas. Notre navigatrice à le sang chaud mais elle n'est pas vraiment rancunière. Répondis-elle avec douceur, rassurant Ussop.

- C'est rare que tu t'en inquiète, rétorqua le blond, enfonçant ses mains dans ses poches à la recherche de son paquet de cigarettes ainsi que de son briquet.

- C'est vrai, ce n'est pas le cas d'habitude. Mais là ça touchait indirectement à ses mandariniers, alors j'ai eu un peu peur qu'on soient allés trop loin. » Expliqua-t-il.

Ussop avait beau embellir la réalité de ses mensonges régulièrement, il n'en était pas moins d'une honnêteté sans faille en ce qui concernait ses relations avec chaque membre de l'équipage, ce qui était une grande qualité chez lui.

Ils continuèrent à bavarder tout en se frayant un chemin à travers la brousse. Robin faisait apparaître régulièrement des jambes et des bras sur leur route, les unes piétinant les feuillages, les autres les arrachant ou écartant, ce qui facilitait considérablement leur avancée.

Au bout d'une bonne demie heure, ils débouchèrent comme prévu sur petite ruelle pavée, large d'un mètre tout au plus. Ils s'y enfoncèrent l'un après l'autre pour déboucher sur une des artères principale de la ville.

« Ah, nous y sommes. Déclara le sniper.

- Bon, donc il nous faut de la viande, des fruits et légumes, des œufs, de la farine et quelques épices. Lista le cuistot en récitant de nouveau la liste pour être sur de ne rien avoir oublié.

- Si cela ne vous ennuie pas, je vais jeter un œil voir s'il n'y a pas une librairie ici. Les prévint Robin.

- Ça marche, on se retrouve ici dans une petite heure, ça ira ? Demanda Ussop.

- C'est parfait. Répondit-elle tout en s'éloignant.

- Fait bien attention à toi, Robin-Swan. » s'exclama Sanji en tournoyant autour d'elle.

Il rejoint le brun et ils s'engagèrent ensemble dans la ville.

Malgré sa petite taille, elle était parfaitement bien fournie en boutiques, et les habitants qu'ils croisèrent étaient tous de bonne humeur. Ussop en profita pour demander conseil à un vieillard qui passait près d'eux, qui leur recommanda ses échoppes préférées.

Au bout d'une grosse demie heure, ils avaient terminés leurs achats et sortirent du dernier magasin les bras pleins de sacs.

« J'ai vu un bar pas loin de la ruelle par laquelle on est arrivés, je te paye un verre ? Proposa le sniper, tout sourire.

- Avec plaisir, je meurs de soif. » accepta Sanji après avoir réfléchi quelques secondes, après tout, il leur restait encore du temps avant de rejoindre Robin.

Ussop les guida donc vers un petit bistrot, et ils s'installèrent en terrasse, déposant tant bien que mal leurs sacs à leurs pieds.

A peine eurent-ils le temps de s'asseoir qu'une serveuse se dirigeait déjà à grandes enjambées vers leur table.

« Bonjours messieurs, que puis-je vous servir ? S'enquit la jeune femme avec un sourire enjôleur en direction du blond qui sauta aussitôt sur l'occasion.

- Demander un dîner avec vous serait certainement une folie. Minauda le jeune blond, il reçu aussitôt un coup de pied dans le tibia, et ses traits se crispèrent sous la douleur.

- Deux cafés s'il vous plaît, commanda aussitôt Ussop sans lui laisser le temps d'en placer une.

- Tout de suite. Répondit la jeune femme avec un sourire amusé avant de repartir vers le bar.

Attendant un peu quelle se soit éloignée, Sanji fusilla le sniper du regard.

- Mais t'es complètement malade, ça fait un mal de chien, siffla-t-il.

- On ne doit pas se faire repérer, se justifia Ussop avec un sourire entendu, proposer des rencards à toutes les jeunes femmes qu'on croise, ça risque d'attirer l'attention.

- Mais c'est la première à qui je demande, répondit-il en faisant la moue, conscient de son mensonge.

- Et celle de la boucherie, la fille du patron de l'épicerie, la femme du maraîcher ! Cita le sniper, imperméable au regard implorant du cuistot.

- Bon, d'accord, tu as raison. » céda ce dernier.

La serveuse vint leur déposer les cafés, et leur fit également cadeau d'un croissant chacun, soigneusement enroulé dans des serviettes. Sanji la remercia avec effusion sous le regard exaspéré d'Ussop.

Le cuistot entama son croissant, et fut surpris de voir un mot sur la serviette. Il s'empressa de la fourrer dans la poche, profitant que son ami soit en train d'avaler cul sec son café.

Il sortit sa bourse encore bien remplie de sa poche et les déposa quelques pièces dans la coupelle au centre de la table, avec un supplément non négligeable, avant de finir à son tour son café.

« Il est temps de rejoindre Robin. » déclara-t-il innocemment.

Ussop n'y vit que du feu et empoigna les sacs à ses pieds pour reprendre son chemin.

Ils quittèrent le bar sans un regard en arrière, et le sniper se dit que sa remarque concernant la drague avait servit.

Lorsqu'ils arrivèrent au point de rassemblement, l'archéologue les attendait déjà, adossée contre un mur et plongée dans un livre, un autre sous le bras. Elle ferma délicatement l'ouvrage et se tourna vers eux.

Ils s'engagèrent de nouveau dans la ruelle, opération rendue plus difficile qu'à l'allée à cause de la taille des sacs qu'ils transportaient.

Une fois à mi-chemin dans la forêt, Sanji ouvrit son paquet de clope.

« Et merde, j'ai plus de cigarettes, jura-t-il.

- Retournes-y rapidement, je crois que j'ai vu une boutique de tabac à côté de l'épicerie. L'informa Ussop.

- Non, il y a trop de sacs tu ne pourras pas tout porter tout seul, j'irais une fois qu'on aura tout déposé au Sunny. Déclina le blond. Aussitôt, une dizaine de bras apparurent et saisirent les sacs des bras de Sanji, qui regarda l'archéologue avec surprise.

- Ne t'en fais pas Sanji-kun, ça ira. Éluda la brune, créant une chaîne de bras qui se passèrent les sacs en suivant le chemin du navire.

- Merci, Robin-Swan. Je fais vite ! »

Il fit demi-tour et reparti en direction de la ville. Sur le trajet, il sortit la serviette que la serveuse lui avait laissé précédemment pour y lire le mot.

« Dans une demie-heure, première ruelle à gauche derrière le bar. »

Ces quelques mots étaient soigneusement écrits, accompagnés d'une empreinte de bouche appliquée au rouge à lèvres. S'il se dépêchait, il serait pile à l'heure pour retrouver la jeune femme. La trace de baiser laissée sur la serviette ne laissait pas vraiment place aux doutes quant aux intentions de cette dernière, et le cuistot en était ravi.

Il s'engagea dans la ruelle indiquée par la jeune femme en avance. Elle n'était pas encore là et il profita de ces quelques minutes pour réajuster sa cravate et sa chemise, n'ayant plus de clope pour s'occuper les mains.

La jeune femme arriva avec dix minutes de retard. Elle avait l'air de s'être remaquillée, et lorsqu'elle s'approcha de lui, sa robe courte voletant autour d'elle, il put sentir qu'elle s'était re-parfumée également.

« Bonjour Mademoiselle, la salua-t-il en lui saisissant une main et en la baisant tout en faisant une révérence. Je n'ai pas eu l'occasion de me présenter, je m'appelle Sanji. Déclara-t-il en plongeant ses yeux dans les siens.

Elle fit un grand sourire et alors qu'il lâchait doucement sa main après l'avoir embrassée, elle la saisit.

- Je m'appelle Rosa. Ça va vous paraître fou Sanji, mais quand je vous ai vu j'ai su tout de suite que vous étiez l'homme de ma vie. » Déclara-t-elle, ce qui eu le don de ravir le blond.

Il était un peu surpris, n'ayant pas l'habitude de rencontrer de femmes aussi entreprenantes, mais ce n'était pas pour lui déplaire.

« Ô, Rosa, j'ai eu exactement la même intuition en voyant vos magnifiques yeux se poser sur moi. » Répliqua-t-il, la rapprochant et plaçant une main dans le creux de son dos pour la tenir contre lui.

Sans plus de paroles, elle plaqua ses lèvres contre celles du blond et tenta directement d'approfondir le baiser, faisant monter une vague de désir dans le corps de Sanji.

Il avait fait des promesses à tellement de femmes qu'il en avait perdu le compte, mais à la fin elles savaient toutes que ce genre de déclarations ne menaient qu'au lit. Malgré les paroles romantiques de Rosa, il ne doutait pas une seconde que ce ne serait pas différent cette fois.

La jeune femme passa une main sous sa chemise en même temps que Sanji en fit glisser une dans le creux de ses reins, glissant doucement vers ses fesses.

Il sentit alors une pointe glacée contre sa gorge, et lâcha immédiatement Rose, levant les mains.

« Désolé, mes mains ont glissé, je n'aurais pas dû aller si vite. S'excusa-t-il. Elle tenait un poignard contre son cou, menaçante.

- Ta gueule, et vide tes poches, blondinet. » Cracha-t-elle en appuyant encore un peu sa lame contre sa peau, l'entaillant et faisant perler le sang.

Dans ses poches, il ne lui restait plus grand chose à part un paquet de clope vide, un briquet, la serviette ainsi que la bourse pleine de Berry que Nami lui avait confié pour les courses.

Si cet argent avait été le sien, il lui aurait laissé sans rechigner. Néanmoins, lorsque Nami s'apercevrait qu'il n'avait plus rien, elle le tuerait, ou pire, l'ignorerais pendant des jours, et aussi jolie que soit Rosa, il était hors de question qu'il ne déçoive la belle rouquine. Entre une inconnue et la navigatrice de son équipage, il avait choisi.

« Je ne peux pas. Déclara-t-il, sûr de lui.

- Alors tu vas mourir et je ferais les poches à ton cadavre. » Affirma-t-elle. Il sentit la lame s'enfoncer doucement dans son cou, lentement mais avec détermination.

Alors c'est comme ça qu'il allait mourir ? Son rêve, parti en fumée à cause d'une femme ?

Un sourire prit place sur ses lèvres, un sourire moqueur, destiné à lui même. Depuis toujours, les femmes étaient sa faiblesse. Il se pliait en quatre pour elles. Se faire tuer de la main d'une femme n'était pas si mal, comme mort.

Depuis qu'il était enfant, il avait toujours refusé de lever la main sur une femme. Rien avait changé aujourd'hui. Se défendre à cet instant précis n'était donc pas une possibilité. Il l'acceptait, parce qu'il n'y avait rien d'autre à faire.

La lame entrait dans sa chair douloureusement. Elle prenait son temps, entrait le poignard centimètre par centimètre. Ou peut-être espérait-elle qu'il changerait d'avis ?

Il la regardait, plongeant ses yeux dans les siens.

Il entendit un bruit familier, presque imperceptible. Un cliquetis, un tintement aussi léger qu'un carillon. Où avait-il entendu ce bruit ? Il ne parvenait pas à réfléchir, comme vide de l'intérieur. Étonnement, il était serein.

C'était presque un soulagement.

Sa présence dans l'équipage n'étant qu'un leurre depuis plus d'un an, il était presque heureux que l'imposture prenne fin ici. Pour la marine il serait mort dans l'exercice de ses fonctions, et aux yeux de l'équipage il resterait leur ami, la supercherie ne serait jamais révélée. Sa mission était trop importante pour que sa mort ne soit annoncée dans les journaux, ses supérieurs ne pourraient pas griller le fait que des espions étaient placés stratégiquement par leur soins sur toute la planète, terre et mer.

Du soulagement, c'était bien ça. Soulagé que ses camarades ne découvre jamais qu'il n'était qu'un traître depuis le début. Soulagé de ne pas voir leurs regards déçus, ou pleins de haine, le jour où il aurait été obligé de les livrer à la marine – ou pire.

La lame continuait de s'enfoncer, et il se mit à tousser, crachant du sang. Il entendit un hurlement grave, presque un cri de guerre, et le couteau tomba à terre en même temps que Rosa recula de quelques pas.

Les jambes de Sanji étaient comme du coton et refusèrent de le porter plus longtemps, aussi, il tomba à quatre pattes, essayant tant bien que mal de retrouver son souffle, sentant le goût du fer envahir sa bouche.

« Espèce de salope ! » Entendit-il hurler. Sa vision se brouillait, il reconnaissait cette voix mais n'aurait pas su dire à qui elle appartenait. Peut-être Ussop était-il revenu, songeant qu'il était parti depuis trop longtemps ? En tout cas, c'était une voix d'homme.

Il essaya de relever la tête, mais elle tourna aussitôt et il eu l'impression d'être prit dans une tornade.

Au bout de ce qui lui parut une éternité, il vit du coin de l'œil Rosa tomber à terre, inconsciente, et il sentit que quelqu'un le soulevait sans difficulté.

« Oï, Ero-cook, tient le coup, je te ramène au Sunny et Chopper va arranger ça, accroche toi. »

Zoro, c'était Zoro. Il entendit à nouveau le tintement familier de ses boucles et un bruit de déchirement. Il sentit une pression sur son cou tandis que le vert lui improvisait un bandage de fortune pour stopper l'écoulement d'hémoglobine avec des lambeaux de tissus arrachés à son propre t-shirt.

Il s'appuya sur le sabreur, reprenant doucement ses esprits.

« M..im..o, j.. c...pe... Il toussota tandis que Zoro le soutenait, passant un de ses bras derrière ses épaules.

- Tu peux marcher ? Demanda-t-il sans relever.

- F-Fumer... P-Plus de clopes. Réussi à articuler le blond en se mettant en marche.

- Tu te fous de ma gueule, cuistot de mes deux ? T'es à moitié en train de claquer et tu veux aller t'acheter des clopes ? cria presque Zoro entre deux jurons, accélérant le pas. Sanji essaya de s'éclaircir la gorge, crachant un mélange de bile et de sang sur le sol.

- C-Ça va aller tête d'algues, l-lâches-moi. Réussit-il a articuler.

- On retourne au Sunny, tu dois voir Chopper. Conclu le sabreur, sortant de la ruelle.

- J-Je vais m'acheter des c-clopes d'abord. » protesta le cuistot, essayant de repousser son compagnon.

Zoro leva les yeux aux ciels, et lâcha le blond, qui vacilla mais parvint tant bien que mal à tenir sur ses jambes. Il se posta devant lui et lui assena un coup magistral dans le ventre, faisant tomber dans l'inconscience le cuisinier. Il avait perdu beaucoup de sang, et sa chemise d'habitude d'un blanc immaculé était foutue.

Le sabreur le hissa doucement sur son dos et se mis en route vers le navire, rouspétant tout le long du trajet contre son camarade, bien qu'il ne put l'entendre.

Une fois le Sunny en vue, le hurlement du vert fit reprendre conscience à Sanji, qui sursauta.

« CHOPPEEEEEEEEEEER ! »

Le petit rêne était sur le pont, et Zoro le vit se pencher à la rambarde, une main en coupe pour se protéger les yeux du soleil, cherchant la direction du hurlement. Lorsqu'il repéra le sabreur, sa mâchoire toucha presque le sol sous le choc et il se précipita dans tous les sens pour préparer ses instruments de médecine.

Ussop se pencha à son tour, ainsi que Nami et Luffy, et Zoro pu entendre des cris affolés sur le pont.

Lorsqu'il était assez prêt, il pu voir que Robin avait fait apparaître de nombreux bras sur le bois du navire. Il parvint tant bien que mal à faire descendre en douceur le cuistot, tout juste conscient, et à le déposer dans les dizaines de bras qui le hissèrent sans à-coups jusqu'au pont.

Il monta à son tour sur le navire, et la rousse se dirigea tout de suite vers lui, paniquée.

« Qu'est-ce qui s'est passé ? » Questionna-t-elle en criant presque. Avant qu'il n'ait le temps de répondre, Chopper s'était déjà transformé, utilisant sa forme Heavy Point, pour pouvoir transporter le cuistot à l'infirmerie.

« Je me baladais et je l'ai vu avec une femme dans une ruelle, elle était en train de le planter dans la gorge et ce con ne bougeait pas. Je l'ai assommée et je l'ai ramené aussi vite que j'ai pu. Expliqua Zoro.

- Un jour, il se fera tuer à ne pas vouloir toucher aux femmes. Déclara Franky, et les autres ne purent qu'acquiescer.

- Même si c'est une question de vie ou de mort, pour se défendre, il ne fera rien ? S'enquit Brook, qui n'était pas encore au courant des valeurs du cuistot, ayant rejoint l'équipage depuis moins d'un mois.

- Non. Si se défendre implique bousculer ou frapper une femme, il ne bougera pas. L'informa Robin.

- Quel abruti ! » Grogna Luffy, jusque là resté étrangement silencieux.

Le jeune homme au chapeau de paille se dirigea vers l'infirmerie pour s'enquérir de l'état de son cuisinier, sous les regards inquiets des autres membres de l'équipage.

Zoro suivi son capitaine à l'intérieur, mais se dirigea quant à lui vers la salle de bain. Il avait le dos taché du sang de Sanji.

Il laissa l'eau brûlante lui couler dessus pendant qu'il se repassait la scène dans sa tête.

Quel imbécile. Se laisser tuer, comme ça, sans réagir. Il n'y a pas à dire, il le trouvait réellement stupide. Et même égoïste. Il préférait infliger à l'équipage la douleur de sa perte plutôt que de mettre de côté ses valeurs un instant en se défendant.

Zoro tourna le robinet au maximum vers l'eau froide. Il était en colère contre lui, et il ne manquerait pas de lui mettre une bonne raclée lorsque ce dernier serait de nouveau en état de se battre.

Luffy pénétra prudemment dans l'infirmerie pour ne pas déranger Chopper. Le petit rêne avait repris son apparence normale et était penché sur le blond. Il l'avait endormi pour pouvoir s'en occuper, et était maintenant en train de découper avec une petite paire de ciseau le t-shirt que Zoro lui avait mit autour du cou.

Lorsqu'il découvrit la blessure, il fronça les sourcils, donnant à son visage habituellement innocent un air soucieux.

« C'est grave ? S'enquit à voix basse le capitaine en prenant une chaise et en s'asseyant au bout du lit.

- La blessure est profonde, mais Zoro à eu un très bon réflexe en lui bandant la blessure, il n'a pas perdu trop de sang. Je vais le recoudre et le perfuser, expliqua-t-il avec un air extrêmement sérieux en prenant une aiguille courbée et du fil. Est-ce que tu peux me donner une poche de sang S- dans le frigo s'il te plaît ?

- Tout de suite. » S'exclama le capitaine en se levant.

Le médecin de l'équipage termina rapidement de recoudre son ami, et désinfecta la plaie avant de la couvrir d'une compresse stérile qu'il fit tenir en lui bandant le cou.

« Chopper, je ne trouve pas. »

Le rêne se précipita vers le frigo, cherchant à son tour parmi les poches de sang. Après quelques minutes, il referma la porte en soupirant.

« Je n'en ai plus. Robin, est-ce que tu peux venir ? Tu es compatible. »

Aussitôt, la porte s'ouvrit sur l'archéologue, qui vint s'asseoir au bout du lit, remontant déjà sa manche au dessus de son coude.

Ni Chopper ni Luffy ne s'étonnèrent de l'apparition de la jeune femme aussitôt que le médecin ne l'ai demandé, sachant qu'elle avait laissé traîné une oreille afin de transmettre aux autres l'état de santé de Sanji.

A chaque fois qu'un de leur camarade était blessé, l'équipage se réunissait dans la cuisine pour patienter, Robin les informant de l'avancé de l'état de leur ami, et laissant ainsi l'espace nécessaire au médecin de l'équipage pour faire son office.

Chopper mit tout de suite en place le système de transfusion et prit à la jeune femme plus d'un litre de sang, qu'il transféra ensuite au cuisinier, qui reprit doucement des couleurs en même temps que Robin en perdait.

Il alla fouiller dans son bureau et en sorti une barre de chocolat, qu'il tendit à la jeune femme.

« Merci Robin, tu devrais aller te reposer, et manges ça, tu vas avoir besoin de sucre, je t'ai pris beaucoup de sang.

- Entendu docteur. » répondit-elle en souriant, se relevant pour quitter la pièce.

A la mention de ce statut, le petit rêne vira au rouge écarlate, autant flatté que gêné, se tortillant en marmonnant des choses inintelligibles.

Il rassura Luffy quant à l'état de son maître coq, et lui demanda de partir, expliquant que ce dernier avait besoin de repos, et ne se réveillerai pas tout de suite.

Nami et Ussop se chargèrent de la préparation du repas du mieux qu'il le purent.

Lorsque Chopper entra dans la pièce, tout le monde était déjà attablé, et le calme se fit aussitôt, ils étaient tous pendus à ses lèvres.

« Comment va-t-il ? S'enquit Ussop.

- Il est stable, il devrait se réveiller bientôt. Je veillerais cette nuit pour être là lorsqu'il ouvrira les yeux.

- Non Chopper, déclina le sabreur, au grand étonnement de ses camarades. On a cas se relayer.

- Il a raison. Tu dois te reposer. Confirma Nami, et tous acquiescèrent.

- Merci les amis, je prends le premier tour. » conclu le petit rêne.

Le repas fut non seulement plus calme qu'à l'ordinaire, mais aussi beaucoup moins bon.

Chacun alla vaquer à ses occupations tandis que Chopper retournait au chevet de Sanji, débutant son tour de garde.