Bonjour à tous ! N'hésitez pas à me laisser vos avis !
Je m'excuse par avance, ce chapitre sera un peu plus court que d'habitude, mais les deux prochains sont déjà prêts, j'espère que ça vous plaira.
Je tiens également à préciser que certains détails de l'histoire ne colleront peut-être pas à la réalité, mais c'est évidemment voulu ;) en espérant que cela ne vous dérange pas trop.
Bonne lecture !
Sanji était encore endormi, et ses camarades se succédèrent à son chevet. D'abord Robin, puis Nami et Zoro. Il était environ deux heures du matin lorsque Luffy prit le relais et s'installa sur la chaise à côté du blond.
Luffy n'avait rien prit pour s'occuper, et patientait juste, perdu dans ses pensées.
S'il avait choisit le cuistot pour rejoindre l'équipage, ce n'était pas par hasard. Il avait montré son courage lorsqu'ils s'étaient rencontrés sur le Baratie, en défiant sans sourciller un membre important de la marine. Et d'une générosité immense lorsqu'il avait nourri un pirate affamé, contre l'avis de l'équipe de cuistots du restaurant, qu'il s'était provisoirement mis a dos.
Et, par dessus tout, le rêve de Sanji était aussi fou que le sien, et que celui des autres membres de l'équipage. Trouver All Blue. Il fallait au moins ce cran et cette ambition pour rejoindre l'équipage du futur roi des pirates.
Et aujourd'hui, il avait tout mis en branle pour une femme, à nouveau, comme à Enies Lobies, lorsqu'il s'était fait battre par Kalifa puisqu'il refusait de lever la main sur elle. Luffy était en colère contre lui mais également admiratif que le cuistot respecte à la lettre ses valeurs sans jamais les remettre en question.
Il se devait, en bon capitaine, de lui en parler lorsqu'il se réveillerait.
Alors que le brun commençait à piquer du nez, son ami s'agita et finit par ouvrir les yeux, désorienté.
« L-Luffy ? Murmura-t-il, rendu vaseux par les effets de l'anesthésie. Le jeune brun lui tendis aussitôt le verre que Chopper avait prit soin de poser sur la table de nuit, demandant à ses compagnons de lui donner sitôt son réveil. Il s'agissait de jus d'orange dans lequel il avait dissout des antibiotiques.
- Bois ça, on discutera après. Lui ordonna le capitaine, l'aidant à se redresser pour qu'il puisse boire. Il le laissa vider doucement son verre et le reposer.
- Qu'est-ce qu'il s'est passé ? Demanda le blond, prenant conscience de l'endroit où il se trouvait. Bien sûr, il se souvenait de ce qui s'était passé dans cette ruelle, et de l'apparition du bretteur. En revanche, même s'il se doutait de la réponse, il ne comprenait pas vraiment comment il avait atterrit dans l'infirmerie du Thousand Sunny.
- Zoro t'as ramené, s'il n'avait pas été là tu serais mort. Annonça froidement Luffy. Gêné, le cuistot n'osa pas le regarder dans les yeux, et préféra détourner la conversation, présentant qu'elle tournerait au vinaigre au vu du manque inhabituel d'enthousiasme de son capitaine.
- J'ai dormi longtemps ?
- Depuis la fin de l'après-midi, et il est quatre heure du matin. »
Un silence tendu emplit l'atmosphère, rompu à nouveau par le capitaine.
« Sanji. Je sais que tu refuses de frapper une femme. Mais, tu dois me promettre que si ce genre de situation arrive à nouveau, tu essaieras au moins de t'en tirer. Réclama-t-il d'un air grave. Cette fois, le blond le regarda droit dans les yeux.
- Capitaine, si m'en tirer implique de devoir ne serait-ce que bousculer une femme, je préfère encore mourir. » répliqua-t-il avec conviction.
Sans crier gare, Luffy asséna un coup de poing magistral au visage de son cuistot, ce qui eu pour effet d'assommer à moitié ce dernier.
Il se leva ensuite et partit trouver Chopper dans le dortoir des garçons. Il le réveilla avec douceur. Le petit rêne ouvrit doucement les yeux et sortit de la pièce, suivant son capitaine pour ne pas réveiller ses camarades.
« Que se passe-t-il ? S'enquit-il, la voix encore ensommeillée.
- Sanji s'est réveillé, mais il est encore dans les vapes. Lui annonça le chapeau de paille. Aussitôt, le médecin ouvrit ses yeux en grand, parfaitement réveillé.
- Je vais le voir tout de suite ! Tu peux aller te coucher je vais rester avec lui ! » dit-il avant de partir en trottinant vers l'infirmerie pour retrouver son patient.
Luffy partit se coucher, et dès que sa tête eu touché l'oreiller, les bras de Morphée vinrent le cueillir tandis qu'il souriait.
L'équipage entier se leva plus tôt qu'à l'accoutumée, et ils se dirigèrent au compte goutte vers la cuisine, par habitude.
Lorsque Nami entra, Sanji s'y trouvait déjà, ainsi que Chopper, endormi sur la table, et une odeur délicieuse envahissait le couloir.
La navigatrice s'approcha du cuisinier et s'adressa à lui à voix basse pour ne pas réveiller le médecin.
« Sanji, tu ne devrais pas être en train de te reposer ? Le sermonna-t-elle.
- Nami-Chérie, cuisiner est le meilleurs des repos, je vous ai déjà fais faut bond pour le repas d'hier, je ne vais quand même pas vous laisser mourir de faim. » Déclara-t-il, amusé.
Voyant qu'il était en pleine forme, elle n'insista pas. Hormis le bandage autour de son cou, rien ne laissait présager de ce qui était arrivé la veille.
Les autres entrèrent dans la cuisine au compte goutte, et tous furent heureux du retour rapide du cuisinier.
Tout le monde était là, y comprit le sabreur, qui d'habitude arrivait toujours après tout le monde, et ils apprécièrent particulièrement ce repas. Que ce soit à cause du repas pas vraiment délicieux qu'ils avaient mangé la veille, ou parce que le cuistot s'était surpassé ce matin, le résultat était le même, et le petit déjeuné dura plus longtemps que les autres jours, et dans la bonne humeur.
« En tout cas, je suis content que tu sois vivant, s'exclama Ussop entre deux bouchées de son croissant, parce que Nami est nulle en cuisine. Osa-t-il ajouter, évitant de justesse un couteau lancé dans sa direction alors que Franky et Luffy étaient hilares.
- On a cuisiné ensemble ! Lui rappela-t-elle. Si ce n'était pas bon, tu es autant fautif que moi ! Rit-elle, lui lançant tout de même une cuillère qui cette fois fit mouche et lui attirés sur le front, sous les rires des autres membres de l'équipage.
- Je vous préviens, s'il y a encore un blessé je l'achève moi-même ! » Rigola Chopper, qui sirotait un chocolat au lait, la bouche pleine de brioche.
L'équipage quitta la cuisine petit à petit, et le sabreur fut le dernier présent en compagnie de Sanji, puisqu'il était arrivé le dernier. Il buvait doucement son café, les yeux fixés sur un point invisible devant lui. Sanji finit de remplir le lave-vaisselle, et fouilla dans ses poches à la recherche de son paquet de cigarette, et sorti un morceau de carton en boule. Il lâcha un juron, se souvenant que le sabreur l'avait empêché d'aller en racheter la veille. Néanmoins, il ne dit rien, ne souhaitant pas déclencher une bagarre alors même que Zoro l'avait ramené jusqu'ici.
Ce dernier, voyant son regard désespéré, avait sourit, et cette fois le cuistot ne put s'empêcher d'attaquer.
« Qu'est-ce qui te fais rire, bretteur du dimanche ? Grogna-t-il en jetant rageusement son paquet vide dans la poubelle avant de s'appuyer contre le plan de travail.
- Ta tronche, sourcil en vrille. Rétorqua le concerné en se levant, finissant sa tasse d'une traite et se dirigeant vers l'évier pour l'y déposer.
- Si tu m'avais laissé aller acheter des clopes hier, je ferais pas cette tronche, justement. » s'agaça-t-il, sur ses gardes alors qu'il présentait l'imminence de la bagarre.
Le vert vint se planter devant lui, le choppant par le col pour le rapprocher. Le blond pouvait sentir son souffle chaud s'écraser contre son visage.
« Je t'ai sauvé la vie, du con, alors la moindre des choses serait de me remercier plutôt que de gueuler. Assena-t-il, avec cette lueur de défi au fond du regard, prêt à en découdre.
- Te remercier ? » Sanji s'avança, collant son front à celui de Zoro, et empoignant son t-shirt d'une main, fermant le poing sur son torse et le repoussant doucement contre la table. « Plutôt crever que de te dire merci. » ajouta-t-il, un sourire mi-joueur mi-irrité déformant ses lèvres.
S'ensuit alors une baston mémorable, et entre les coups de pieds et les coups de sabres, ni l'un ni l'autre ne parvint à prendre le dessus. De toute façon, aucun n'essayait réellement, et ils le savaient. Jamais ils ne mettaient toute leur puissance au service de leur querelles, sans quoi la navire en prendrait un sacré choc. Et, pour eux deux, ces bagarres récurrentes et quotidiennes n'étaient que des manières de se défouler.
Au bout d'une bonne demie-heure, ils s'arrêtèrent, essoufflés par ce ballet de coups qu'ils menaient, tels des danseurs de capoeira. Leurs coups atteignaient rarement leur but, presque irrémédiablement contré par l'adversaire, et c'était ce qui faisait la beauté de leur rivalité. Ils connaissaient chacun des coups que l'autre allait lancer par cœur, et pouvaient ainsi les bloquer indéfiniment. Ils n'étaient peut-être pas les meilleurs amis du monde, mais ils étaient sans conteste les meilleurs rivaux.
« Bon, c'est pas le tout, sourcils en vrille, mais je n'ai pas que ça a foutre. Prévint le sabreur, reprenant son souffle.
- Tu as raison, marimo, tu sais que tu ne fais pas le poids.
- J'aurais surtout peur de te trancher la gorge pour de bon. » Répliqua-t-il, satisfait que la péripétie de la veille lui ai donné du grain à moudre.
« Casse toi de ma cuisine, bretteur du dimanche, avant que je ne t'utilise pour préparer le repas de ce soir.
- Tu ne pourrais pas m'approcher suffisamment pour ça, Ero-Cook. »
Leur joute verbale continua quelques minutes, avant que les deux ne se taisent, se regardant en chien de faïence, chacun posté de part et d'autre de la table.
Rompant le contact visuel, Sanji se servit un verre d'eau et en fit glisser un autre sur la table en direction du sabreur, qui le saisit aussitôt, l'avalant rapidement.
Le cuistot le vida d'une traite également. Il saisit un pichet pour les resservir, et s'aperçut que sa main tremblait, il sera plus fort la anse, espérant que Zoro ne le remarquerai pas, en vain. Le manque de nicotine se faisait déjà sentir.
Le blond n'était pas sorti prendre l'air depuis qu'il avait ouvert les yeux, et il pria pour qu'ils soient encore amarrés à l'île.
« Rassures-moi, bretteur de mes deux, on est pas encore parti de l'île ? Demanda-t-il, une lueur d'espoir dans la voix.
- Si, on est partis dans la nuit. Confirma Zoro avec un air espiègle. Il mit ses mains dans ses poches, observant le blond avec un air moqueur.
- Et merde. » soupira ce dernier, se laissant choir contre le plan de travail et passant une main tremblante dans ses cheveux.
Depuis qu'il avait douze an, il ne s'était jamais arrêté de fumer, ne serait-ce qu'une journée. Et maintenant, il ne savait pas quand il pourrait à nouveau s'allumer une cigarette. Une chose était sure, il allait devoir trouver une occupation jusqu'à la prochaine île, sans quoi il allait inévitablement péter un câble. Il sentait déjà l'irritation pointer le bout de son nez, décuplée par l'air qu'affichait le vert.
Sortant les mains de ces poches, celui-ci lui balança deux objets, qu'il rattrapa au vol.
« Qu'est-ce que... ? »
C'était deux paquets de cigarettes, encore emballés dans leur cellophane. Il regarda le sabreur, éberlué.
« Quand as-tu... ? Il n'eut pas le temps de terminer sa phrase.
- J'y suis retourné hier soir, Franky m'avait prévenu qu'on partirait dans la nuit. »
Le blond ne sut quoi répondre. Ce genre de geste était particulièrement inhabituel venant du second de l'équipage, et il en était perturbé.
Ce dernier ouvrit la porte pour quitter la pièce, et avant de la refermer derrière lui, il entendit Sanji lui souffler du bout des lèvres :
« Merci. »
Souriant, il se dirigea vers la vigie pour aller soulever de la fonte, ravi de l'effet produit sur le blond.
Après quelques minutes pendant lesquelles Sanji était resté planté là, bouche bée, il sortit sur le pont pour s'en griller une, dans un état second.
Non seulement ce genre d'attention était particulièrement inattendue, mais il ne put s'empêcher de noter que le sabreur avait dû piocher dans son propre argent de poche pour les lui acheter, puisque la navigatrice donnait à tout le monde – sauf à lui, le budget pour les courses étant aléatoire – le compte juste pour les emplettes lorsqu'ils allaient en ville. Il en était d'autant plus touché.
Le reste de la journée se déroula normalement, hormis le fait que Sanji dû aller voir Chopper pour prendre ses antibiotiques et faire changer son pansement.
Une fois le repas du soir terminé, le cuisinier s'enferma dans la cuisine.
Sa véritable fonction se rappela à lui brutalement, et il se rappela qu'il n'avait pas donné de compte rendu à la base depuis un moment. Après s'être assuré que le couloir menant à la cuisine était désert, il récupéra son Smart Tanishi, scotché à l'arrière d'un tiroir à ustensiles. Il ne l'avait que rarement sur lui, et il ne put que s'en féliciter, car le jeune rêne serait certainement tombé dessus, la veille, lorsqu'il lui avait prodigué les premiers soins.
Il effleura la tête du minuscule l'escargophone, qui se mit à cliquer des yeux l'un après l'autre, ouvrant et fermant la bouche silencieusement, lui indiquant qu'il avait un ou plusieurs messages. Il fit pression sur la pointe de la coquille, et les messages défilèrent les uns à la suite des autres.
« Jambe noire, ici base. Bien reçu. Donnez nous la location de l'île quand vous en saurez plus. Terminé. »
« Jambe noire, ici base. Nous attendons votre rapport. »
Le cuistot appliqua ensuite une longue pression sur la tête de l'appareil pour qu'il appelle directement son interlocuteur.
« Buru buru buru buru. Buru buru buru buru. Catcha. Ici base, j'écoute.
- Jambe noire. Nous avons quitté l'île, je n'en sais pas plus sur sa localisation, j'ai eu un léger incident sur place.
- Vous ont ils démasqué ? Demanda la voix d'un air sévère.
- Non, rien de tel. Le rassura Sanji.
- Bien. Il nous faudra la location de la prochaine île que vous accosterez, sans faute. Terminé. Catcha. » Ordonna l'homme sans plus bavarder.
Le cuisinier remis l'appareil dans sa cachette avant de rouvrir le verrou de la porte.
Depuis qu'il avait embarqué avec l'équipage, il n'avait pas eu de mission concrète, les seules tâches qui lui étaient demandées étant de transmettre de temps à autre la localisation de l'équipage, demande qui était devenue plus récurrente depuis qu'ils avaient sauvé Robin à Enies Lobies, déclarant la guerre au gouvernement mondial.
Sanji s'était attendu à ce que cet événement ne précipite l'équipage vers la capture, imaginant que dès qu'il donnerait la localisation de la prochaine île à ses supérieurs, une embuscade serait tendue pour les arrêter. Néanmoins, sans qu'il ne parvienne à en comprendre les raisons, il n'en fut rien.
Plus le temps passait, et plus Sanji doutait du bien fondé de sa mission. Il n'était pas habitué à des missions d'une telle ampleur, et bien qu'il savait qu'il remplissait son devoir, il ne pouvait s'empêcher d'appréhender le jour où ses supérieurs lui annoncerait que la prochaine île serait la dernière.
Il s'était attaché à l'équipage, et même s'il savait que cette aventure ne mènerait à rien au bout du compte, il lui était arrivé d'espérer que Luffy parviendrait à le libérer, comme il l'avait fait avec Nami et Robin, avant de revenir à la raison. Personne ne pouvait le libérer, et mentir était devenu comme une seconde nature chez lui. Il ne mentait pas sur tout, bien sur. Son amour pour la cuisine, ou pour les jolies femmes, par exemple, était authentique. De même que son désir de trouver All Blue, un rêve de gosse. Ou bien la tendresse qu'il ressentait pour l'équipage, pour ce navire, accompagné ce sentiment de paix intense qu'il ressentait parfois au milieu de l'agitation des repas, étaient véritables.
A tout bien y réfléchir, il ne mentait pas tant que ça. Sur sa véritable nature, oui, mais le reste du temps, ses actions n'étaient dictées que par lui-même.
Et il ne pouvait s'empêcher de rêver, parfois, que si sa vie avait été différente, ses origines différentes, il aurait pu se sentir véritablement à sa place, dans cet équipage de fous, de rescapés.
Il chassa ces pensées de sa tête. Ça ne lui ressemblait pas d'être si sentimental, lui qui prenait toujours soin d'enfermer ce genre de pensées au fond de son être, pour que ce soit moins difficile, à la fin.
Il se dirigea vers la salle de bain, puis une fois qu'il se fut lavé, il partit fumer sa dernière cigarette en haut de la vigie, s'allongeant sur le sol en bois pour observer les étoiles, avant d'aller se coucher.
Avant de s'endormir, il ne put s'empêcher de se rappeler le geste de Zoro envers lui.
Il ne l'avouerait certainement jamais à quiconque, ayant déjà du mal à se l'avouer à lui-même, mais le geste du sabreur l'avait touché plus qu'il ne l'aurait jamais imaginé.
