Salut tout le monde ! Nouveau chapitre ici, alors bonne lecture ! J'espère que vous passez un bon moment à la lire.
« Rien ? » aboya Rufus.
Amélia secoua la tête. Près d'elle, Thomas avait l'air malade.
« C'est légal, Monsieur. » dit Podmore en levant la tête d'un exemplaire énorme des lois magiques.
Rufus grogna. Bien sûr, c'était légal. Black avait une formation d'Auror et était inutilement bien informé. Il était aussi suffisamment audacieux pour le faire remarquer.
« Bordel ! » lança-t-il avant de se précipiter dans le bureau d'à côté, là où Dumbledore et Rogue interrogeaient Mme Dursley.
Le contenu de son sac à main était à nouveau étalé sur la table, mais rien n'avait changé. Elle avait toujours une copie des formulaires qu'elle avait donné plus tôt à Ombrage et bien que Rufus ait l'impression que la pile de papiers était moins épaisse – comme si elle s'était débarrassée d'une partie – ce n'était que spéculation, car ni lui, ni Dumbledore n'avait vérifié les foutus papiers pour s'assurer qu'ils étaient bien ce qu'ils semblaient être.
Zabini était près de Dumbledore – Rufus et le reste du Ministère détestaient cette femme, mais elle était douée dans ce qu'elle faisait et les temps désespérés appelaient des mesures désespérées – occupée à relire les formulaires qui accordaient la garde du garçon à Mme Dursley. S'ils pouvaient y trouver le moindre accroc, alors les seconds formulaires pourraient être annulés.
« Zabini ? » demanda-t-il.
La femme le regarda derrière ses longs cils.
« Tout est en ordre, dit-elle en haussant les épaules. Ils n'ont pas été ni créé, ni modifié par magie et ils sont remplis correctement. La responsabilité légale de Mme Dursley sur le garçon est indiscutable. »
Et cela signifiait qu'elle pouvait transmettre cette responsabilité à qui elle souhaitait. Ce qu'elle avait fait. Rufus ouvrit la porte à la volée et s'éloigna dans le couloir.
« Toi ! dit-il, surprenant l'apprentie de Hemsley. Trouve-moi quelqu'un des Relations Moldues ! »
Il allait avoir besoin d'entrer en contact avec l'avocat qui avait été témoin de la signature du second formulaire pour voir s'ils pouvaient prouver que Black ou Mme Dursley avaient illégalement obtenu son aide. L'apprentie décampa et Rufus entra dans le bureau d'Amélia, où le jeune Potter était toujours retenu.
Ombrage et une autre sorcière du Département de Régulation et de Contrôle des Enfants Sorciers se trouvaient avec lui, mais d'après l'expression sur leurs visages, elles n'avaient pas réussi à trouver quoi que ce soit pour condamner les compétences de Black en tant que tuteur. Oh, il y avait un tas de spéculations et plus de crimes pour lesquels l'homme était accusé, mais comme Black l'avait souligné quelques heures plus tôt, il n'avait été jugé coupable pour aucun d'entre eux, car il n'avait pas eu de procès.
« Que peux-tu me dire sur la nuit où tu as été enlevé à ta famille ? » demanda Scoote, observant le garçon par-dessus son calepin.
Potter détourna les yeux de Rufus, qu'il s'était mis à dévisager dès le moment où il avait posé le pied dans le bureau. Personne ne lui avait dit ce qu'il se passait, mais il était idiot s'il ne comprenait pas que quelque chose se tramait.
« Tu connais Polkiss ? » demanda Rufus, avant que le garçon ne réponde à Scoote.
Le visage de Potter se ferma complètement et Rufus se demanda ce que le nom signifiait pour le garçon.
« Potter ? »
« Ouais, je le connais, répondit prudemment Potter. Pourquoi ? »
« Comment tu le connais ? »
« C'est un ami de mon cousin, dit Potter avec réticence. Piers. »
Il ne portait pas Piers dans son cœur, si l'on pouvait se fier à son nez froncé.
« On était dans la même école. »
« Tu connais le père de Piers ? » demanda Rufus.
« Un peu, dit Potter en haussant les épaules. Il a donné un ballon et un crayon à Dudley une fois, de son travail je crois. »
Potter réfléchit un instant.
« Il est comptable … Non, il est avocat. »
« Nous savons ça. » s'écria vivement Ombrage.
Rufus lui lança un regard désapprobateur.
« Je ne faisais que répondre à la question. » lui répondit Potter, les sourcils froncés.
Il se tut un instant, avant de reprendre.
« Attendez, dit-il en observant Ombrage. Comment vous savez que M. Polkiss est avocat ? »
La couleur disparut du visage flasque d'Ombrage et Rufus étouffa un grognement.
« L'Auror Scrimgeour a juste dit- »
« Je sais ce qu'il a dit, lui répondit Potter, les sourcils toujours froncés. Mais il n'a rien dit sur M. Polkiss jusque là et il n'a pas mentionné qu'il était avocat. »
« Et ? » demanda Ombrage en essayant de couvrir sa bourde avec de la fanfaronnade.
« Et vous êtes là avec moi, avec ce guérisseur et Mme Scoote- »
« Tu peux m'appeler Wendy, mon chéri. » dit Scoote, assise parfaitement immobile
« -depuis des heures … ce qui veut dire que vous saviez avant que M. Scrimgeour n'arrive. »
Il tourna son froncement de sourcils vers Rufus.
« Que se passe-t-il ? »
« Merci beaucoup pour ça, Ombrage. » dit Rufus, irrité.
Ombrage s'enfonça dans son fauteuil. La femme avait de grandes ambitions de carrière et elle n'allait certainement pas réussir à les atteindre si elle continuait à agacer Rufus.
« Écoute, Potter- »
« Scrimgeour ! » aboya Maugrey.
La porte s'ouvrit d'un coup. Rufus leva sa baguette dans la seconde et il vit la main de Potter se poser sur sa poche, même si sa baguette avait été confisqué quelques jours plus tôt.
« Je vous ai fait peur ? gronda Maugrey en regardant curieusement Potter. Vigilance constante ! »
Rufus s'y était attendu, mais cela surprit les trois autres. Après s'être remis, cependant, Potter se mit à rire de sa réaction.
« Il s'impatiente. » dit Maugrey en observant le garçon d'un œil.
Comme Maugrey était en bas dans les cachots avec Robards et Black depuis plusieurs heures, il n'était pas difficile de deviner de qui il parlait.
« Et ? » demanda Rufus, irrité, en rangeant sa baguette dans sa robe.
« Et j'espère plutôt que vous avez trouvé quelque chose, parce que l'heure est venue. » dit sinistrement Maugrey.
« L'heure est venue ? » demanda Potter en les observant l'un après l'autre.
« Rien. » répondit brusquement Rufus, répondant aux question de Maugrey et de Potter.
Le visage de Maugrey s'affaissa.
« J'imagine qu'il n'y a pas le choix alors. » grogna-t-il, avant de s'éloigner en boitant.
Rufus put l'entendre appeler tous les Aurors disponibles à cet étage.
« Bon ! Débrouillez-vous pour mettre en place une rotation, et rapidement, parce qu'ils ne seront pas laissés seuls ! Nous aurons besoin de trois personnes là-bas, armées et prêtes en permanence et si vous pensez même- »
« Quelle heure est venue ? » demanda encore Potter, lorsque la porte se referma et camoufla la voix de Maugrey.
« La tienne, dit Rufus. Tu as une nouvelle maison, Potter. »
« A travers, petit. » dit Maugrey.
« Mais- »
Harry s'arrêta de marcher et leva les yeux vers Dumbledore qui marchait juste derrière lui – le couloir était trop étroit pour qu'ils puissent marcher côte à côte.
« -mais Monsieur, il y a un mur. »
« Ce n'est pas un mur, mon garçon, dit gentiment Dumbledore. Là. »
Avec un peu de difficultés, le vieil homme passa devant Harry, Scrimgeour, Maugrey et une Auror blonde avec un bandeau sur l'œil qui s'appelait McDuff. Ensuite, devant les yeux de Harry, Dumbledore passa à travers et disparut. Harry, alarmé, fit un pas en arrière. La tête de Dumbledore apparut alors, le surprenant de nouveau.
« C'est sécurisé. » dit-il.
Harry s'avança et alors qu'il allait rentrer dedans la tête la première- rien. Juste de l'air froid. Harry jeta un œil autour de lui. Ils se trouvaient dans un petit espace – lui, Dumbledore et Maugrey qui venait juste de traverser – avec un ascenseur tout au bout. L'ascenseur était gardé par deux hommes masqués.
« Il fait froid ici. » lança Harry en fourrant ses mains dans ses poches.
Il sentit le dessin que Ginny avait laissé derrière elle – un dragon qui crachait du feu sur l'emblème des Canons de Chudley – se chiffonner et il s'empressa de retirer ses mains de sa poche. Il ne voulait pas l'abîmer.
Je parie que je le ferais pourtant, pensa-t-il. Je détruis toujours des choses – j'ai fait explosé la salle d'entraînement à la maison. Je parie que Patmol était très en colère à cause de ça, mais qu'il n'a juste rien voulu dire. Il ne voulait pas me blesser et maintenant, il est sûrement de nouveau à Azkaban. Il se serait mieux débrouillé sans moi-
« Les Détraqueurs. » grogna Maugrey en désignant les hommes masqués.
« Détraqueurs ? » demanda Harry en se tendant.
Il n'en avait jamais vu encore, mais il en avait entendu parler. Il ne recula pas, comme il aurait voulu le faire, mais il ne s'avança pas non plus. McDuff manqua de l'écraser lorsqu'elle passa à travers le faux mur.
S'il y a des Détraqueurs dans le coin, alors peut-être que Patmol n'est pas loin. Peut-être … Peut-être qu'ils m'emmènent voir Patmol ? Ça n'avait aucun sens pour Harry, mais il ne pouvait rien imaginer de mieux. Peut-être qu'ils veulent dire à Patmol que j'ai une nouvelle maison, pour le faire rager … Je parie que je vais la détester. Je parie que je vais me retrouver avec quelqu'un comme M. Malefoy. Et alors, Patmol va me détester aussi. Il aura son procès et il ne voudra pas me re- il n'aura même pas son procès, ils vont juste le livrer aux Détraqueurs …
Harry fut heurté par l'horrible pensée de Patmol – s'il était bien là – entouré de Détraqueurs depuis deux jours maintenant. Patmol était doué pour les gérer – il avait survécu à Azkaban, pas vrai ? – mais si cette fois l'avait poussé à bout ? Et s'il est en colère ? Et s'il est triste ou blessé ? Et s'il est mor-
« Harry ? »
Harry cria lorsqu'il sentit une main sur son épaule et leva les yeux vers Dumbledore, le souffle coupé.
« Tout va bien, mon garçon ? »
« Oui. » haleta-t-il en regardant les Détraqueurs.
Je parie que c'est eux. Ils me font penser de mauvaises choses.
« Je vais bien, désolé. »
Scrimgeour apparut derrière le mur à côté de lui et n'arrêta pas son pas. Il marcha droit vers les Détraqueurs et entra dans l'ascenseur. Tout le monde suivit, Harry inclus, qui n'avait aucune envie d'être laissé seul dans cet endroit. Quelqu'un se mit à crier lorsqu'il passa près des Détraqueurs.
Il sursauta à nouveau et regarda autour de lui, mais personne ne semblait avoir entendu quoi que ce soit, alors il prétendit que lui non plus. Il avait l'impression de toujours entendre ce cri lorsque l'ascenseur trembla et se mit à descendre, mais il l'ignora. C'était probablement encore les Détraqueurs.
Il n'y avait aucun Détraqueur en bas, mais il y avait une porte – plusieurs portes, en fait – parmi laquelle Harry pouvait voir Patmol. Son cœur manqua un battement et il avait du laisser échapper un son, car Dumbledore baissa les yeux vers lui. Harry sourit largement.
Patmol se recula de la petite fenêtre dans la porte en les voyant et Harry fut pris d'un instant de panique. Et si Patmol ne voulait pas le voir ? Cette panique était en grande partie causée par les Détraqueurs, mais les inquiétudes de Harry tenaient également une bonne place.
Scrimgeour et Maugrey se murmurèrent quelque chose et observèrent à travers la vitre avant d'ouvrir la porte. Ils entrèrent d'abord et Dumbledore posa une main ferme sur l'épaule de Harry avant qu'ils n'entrent à leur tour dans la cellule.
C'était très petit – Harry pensa qu'il pouvait faire dix pas d'un côté à l'autre et quinze pas de l'avant à l'arrière – avec deux petits lits dans un coin, un espace entouré d'un rideau dans un autre coin et une table avec cinq chaises (l'une éloignée, quatre du côté de la porte) au milieu de la pièce. Tout dans la pièce était blanc.
Sauf Black.
Patmol souriait jusqu'aux oreilles en regardant Harry et semblait lutter pour rester assis sur le lit – le regard de Maugrey avait l'air de lui promettre des problèmes s'il se levait – alors Harry résolut le problème pour lui.
Il repoussa la main de Dumbledore – Dumbledore laissa échapper une expression de protestation – et se lança à travers la pièce. Maugrey et McDuff essayèrent de l'intercepter, mais il les esquiva tous les deux – McDuff facilement, car sa perception n'était pas parfaite – et se jeta sur Patmol, qui se renversa sur son dos par la force de l'impact. Patmol tremblait tout en étreignant Harry et Harry sentit quelque chose d'humide sur son visage.
« Tu pleures ? » demanda Harry en se disant qu'il pourrait lui-même pleurer.
« Ouep, haleta Patmol en relâchant un peu Harry. J'ai une côte cassée et tu viens de sauter dessus. »
Harry s'empressa de se relever et fut immédiatement attrapé par Maugrey, qui se plaça entre Harry et Patmol.
« Oh, s'il te plaît. S'il y a quelqu'un ici qui a besoin d'être protégé, c'est moi. Vous avez vu comme il vient de m'attaquer à l'instant ? »
Il se mit à rire à sa blague, mais il se tenait toujours le côté et la peau autour de ses yeux était tendue.
« Désolé. » dit Harry, tendu derrière Maugrey.
« Tu ne savais pas, dit Patmol avec légèreté avant de rire à nouveau. Bordel, ça fait mal. »
Il n'avait pas l'air en colère, cependant.
Ou peut-être qu'il le cache ? Je parie que je lui ai vraiment fait mal. Et si j'ai empiré son état ? Et si-
« Pas Harry ! »
« Quoi ? » demanda Harry en regardant McDuff.
C'était une grande femme, mais elle avait l'air plus grande qu'avant. En fait, tout le monde avait l'air plus grand. Il fallut un moment à Harry pour réaliser qu'il était au sol. Et qu'il était gelé. McDuff eut l'air confuse.
« Je n'ai rien- »
« Je ne vais pas lui faire de mal, dit férocement Patmol. Vos foutus Détraqueurs font déjà ça très bien, je pense. »
« -Harry ! S'il vous plaît – je ferais n'importe quoi- ! »
« Quoi ? » demanda encore Harry, observant McDuff à nouveau.
« Bouge si tu sais ce qui est bon pour toi, s'écria Patmol en passant à côté de Maugrey. Et que quelqu'un lance un Patronus ! Ou mieux encore, renvoyez ces fichus gardes. »
Patmol s'accroupit et passa la main devant le visage de Harry. Harry vit quelque chose d'argenté sortir de la baguette de Dumbledore et atterrir près de la porte.
« T'es avec moi, gamin ? »
Harry dévisagea McDuff avec de grands yeux. Elle avait l'air calme pour une femme qui venait de crier une seconde plus tôt. Harry en était sûr. Avec réticence, il hocha la tête.
« Faites-les dégager. » dit Patmol en se tournant vers Scrimgeour.
« C'est ce que j'ai prévu, dit Scrimgeour. Je veux juste que tu comprennes que je ne le fais pas parce que tu m'as dit de le faire. »
« Je m'en fiche de la raison pourvu que ce soit fait ! » s'écria Patmol.
Il aida Harry à se lever et à se rendre jusqu'à l'un des lits. Il s'assit près de lui, pendant que Scrimgeour et McDuff sortaient de la cellule.
« Je vais bien. » dit Harry, ce qui était plutôt vrai.
Il était toujours un peu tremblant, mais il avait chaud à nouveau. Dumbledore approcha, la baguette dans la main, contrôlant le large oiseau bleu près de la porte. Il adressa un regard d'avertissement à Patmol et s'accroupit près de Harry.
« Tiens. » dit-il en sortant une Chocogrenouille d'une poche de sa robe.
« Merci. » dit Harry en la prenant.
« Le chocolat est- »
« Bon contre les Détraqueurs, dit Harry en ouvrant l'emballage. Je sais. »
Dumbledore l'observa pendant un long moment derrière ses lunettes en demi-cercle, avant que ses yeux bleus ne tombent sur Patmol.
« Je suppose que oui. » dit-il finalement.
Harry cassa l'une des pattes de la grenouille et l'offrit à Patmol, qui fronça le nez et secoua la tête.
« Ce n'était pas pour moi. » dit-il.
« Je suis- » commença Harry.
Mais Patmol secoua encore la tête et lui lança un petit sourire. Ensuite, il tapota sa tempe et Harry réalisa que Patmol devait encore utiliser l'Occlumancie. Harry prit une bouchée, avant de fourrer le reste de la Chocogrenouille dans sa bouche lorsqu'il réalisa à quel point c'était bon. Patmol se mit à rire et lui ébouriffa les cheveux. Harry ne pouvait pas croire combien ce geste avait pu lui manquer. Dumbledore continua de regarder Patmol avec une expression franchement hostile, qui devint impuissante lorsque son regard retomba sur Harry.
« Vous aurez des gardes. » dit finalement Dumbledore.
« Ridicule, dit Patmol en acquiesçant. Mais je m'y attendais. »
« Je suis sûr que oui. » murmura Maugrey en levant ses yeux indépendants au ciel.
Patmol lui lança un clin d'œil et le vieil Auror sembla décontenancé par ça.
« Ils seront avec vous à toute heure. S'ils pensent qu'il y a la moindre possibilité que tu puisses blesser le garçon, il sera retiré. »
Patmol hocha la tête.
« Harry, si tu te sens menacé, tout ce que tu as à faire, c'est alerter les Aurors et tu seras mis en sécurité. »
Dumbledore avait l'air nerveux.
« Je vais rester là ? demanda Harry. Avec toi ? »
Patmol sortit un petit paquet de papiers de sa robe, les déplia et les passa à Harry. Harry ne saisit pas exactement les écritures interminables, mais il comprit l'essentiel. Patmol était son tuteur désormais, légalement. La Tante Pétunia avait signé ces papiers et avait donné à Patmol la garde totale de Harry.
« C'est du sang ? » demanda-t-il en regardant la signature de Patmol.
« C'est une vieille tradition, dit Patmol en haussant les épaules. C'est censé rendre tout plus officiel. Je te l'avais expliqué quand on est parti de chez ta tante l'année dernière. »
« Oh, dit Harry. Ouais. C'est vrai. »
« Et oui, comme je suis ton tuteur- »
Son emphase encouragea Maugrey à le foudroyer du regard.
« -c'est approprié que tu restes avec moi, tant qu'ils ne peuvent prouver que je suis un danger pour toi. Je sais que les cachots ne sont pas vraiment confortables, mais j'ai pensé- »
Harry l'enlaça à nouveau, plus doucement cette fois. Patmol sourit et lui ébouriffa les cheveux.
« Ouais, dit-il. C'est ce que je pensais. »*
« Lupin ! »
Remus s'empressa de reprendre une expression neutre et se retourna. Rogue marchait vers lui, le regard noir.
« Rogue. » répondit-il en essayant d'avoir l'air ennuyé.
« Intéressant que tu cherches refuge ici. » fit remarquer Rogue en regardant le signe sur le bureau derrière Remus.
« Je peux t'aider ? » demanda Remus en refusant de saisir sa perche.
« De deux façons, dit Rogue, s'arrêtant à quelques pas de lui. La fille Tonks te cherche. Elle semble inquiète pour toi. »
« Oh. » dit Remus.
Il était parti lorsque Sirius avait donné les formulaires concernant la garde. Ce n'était probablement pas la chose la plus intelligente à faire, mais l'alternative aurait été de se mettre à rire. Mieux valait que tout le monde le croit horriblement bouleversé plutôt que complice de Sirius.
« D'accord. Je la trouverais- »
« Débrouille-toi pour la trouver, oui. Si je dois encore voir sa tête aux couleurs absurdes une nouvelle fois cet après-midi, je pense que je lui lancerais un sort. »
Remus arqua un sourcil.
« 'Professeur, avez-vous vu Remus ? Il a disparu !' »
Rogue dévisagea Remus, qui fronça les sourcils.
« Je lui ai assuré que quelqu'un lirait ton collier et te ramènerait jusqu'à elle, mais elle devenait … impatiente. »
Ses yeux noirs se mirent à briller.
« D'accord, dit Remus. Je vais juste- »
« Quand est la prochaine pleine lune, Lupin ? » demanda Rogue, alors que Remus s'apprêtait à partir.
« Dans une semaine exactement, dit prudemment Remus. Pourquoi ? »
« J'ai besoin de l'information, dit Rogue. Et j'aurais cherché, mais je sais à quel point tu es intimement lié avec cette- »
« D'accord, dit Remus pour la troisième fois. C'est tout ce dont tu avais besoin ou tu veux encore en rajouter ? »
« C'est tout. » dit Rogue en perdant son rictus.
Son visage cireux était franchement pâle.
« Tout va bien ? » s'entendit demander Remus.
« Pas vraiment. » dit Rogue.
Pendant un moment, il sembla troublé, avant de neutraliser cette expression.
« Je peux aider ? » demanda Remus.
« J'en doute, je suppose que tu seras … indisposé. »
Les yeux de Rogue brillaient encore, d'une manière malsaine que Remus ne connaissait que trop bien.
« A moins qu'un traitement n'ait été développé depuis la dernière fois que j'ai regardé … ? »
Remus fronça les sourcils en le regardant.
« Je ne crois pas. » lui lança Rogue en se retournant.
Abruti, pensa Remus en levant les yeux au ciel. Il se reprit et se dirigea vers l'ascenseur. Dora serait certainement au Niveau deux, avec le reste des Aurors et des apprentis.
L'ascenseur s'ouvrit et la voix froide annonça « Niveau quatre, Département de Contrôle et de Régulation des Créatures Magiques ».
« Excusez-moi. »
Une vieille dame avec un Fléreur mécontent sous le bras en sortit et Remus prit sa place, pressant le bouton du Niveau deux.
Harry marmonnait quelque chose, mais était endormi, apparemment pas dérangé par la faible lumière qui sortait de la baguette de Marlène. Elle avait l'interdiction de la ranger, au cas où Sirius se lève et les attaque. Sirius se tourna et ses couvertures bruissèrent.
« Tu pourrais être silencieux, s'il te plaît ? » gronda Marlène.
Sirius ne lui répondit pas et incroyablement, il s'arrêta de bouger. Elle aurait pensé qu'il se mettrait à bouger encore davantage, juste pour l'ennuyer.
« Merci. » dit-elle.
Il continua de l'ignorer. Elle n'aimait pas ça.
Elle était de garde – avec Gawain et Proudfoot, qui étaient affalés, endormis sur leurs chaises de part et d'autre de la sienne – depuis neuf heures. Sirius ne lui avait pas encore adressé un mot. Il n'y avait eu aucun salut joyeux, aucune remarque pleine d'esprit … rien. Pas à elle. Gawain et Proudfoot avait discuté avec lui pendant quelques instants, et Sirius discutait avec Harry lorsqu'il ne leur parlait pas. Et elle avait été ignoré.
Sirius ne l'avait jamais ignoré avant. Jamais.
« Sirius. » dit-elle en levant sa baguette.
Elle vit ses yeux briller à cause de la lumière, mais ensuite, ils se fermèrent.
« Je sais que tu ne dors pas. » dit-il.
Toujours rien.
« Sirius. »
« Quoi ? » s'écria-t-il sur un ton exaspéré.
Il se retourna et se redressa sur un coude.
« Tu veux quelque chose, McKinnon ? »
« Je- »
Elle referma la bouche et détourna les yeux, incapable de gérer le fait qu'il la regarde comme ça – comme s'il ne la connaissait pas.
« Pourquoi tu m'appelles comme ça ? » dit-elle finalement, se forçant à le regarder à nouveau.
Son expression n'avait pas changé.
« T'appeler comment ? demanda-t-il. Par ton nom ? »
« Je m'appelle Marlène. » dit-elle avant de pouvoir s'en empêcher.
« Je connais ton nom, McKinnon. » dit-il.
Elle recula comme s'il l'avait giflé. Il baillait, son expression dure disparaissant au profit d'un air fatigué.
« Tu veux quelque chose en particulier ou je peux continuer à essayer de dormir ? »
Elle ne savait pas comment verbaliser ce qu'elle voulait – elle aurait eu l'air stupide si elle essayait de lui demander d'arrêter de la traiter si bizarrement.
« Ouais, dors. » marmonna-t-elle.
« Robards dort maintenant, non ? »
« Je crois. » dit-elle en jetant un œil à son mentor.
Il avait prétendu de dormir – évidemment, il ne lui faisait pas confiance, seule avec Sirius – mais elle pensait qu'il avait vraiment succombé voilà une heure.
« Hmm. » dit Sirius.
Il releva la couverture de Harry – Harry avait donné quelques coups de pied dans son sommeil un peu plus tôt et il l'avait baissé – et ébouriffa les cheveux du garçon, avant de se rallonger sur son propre lit et de se tourner face au mur.
« Ça veut dire quoi 'hmm' ? » demanda-t-elle en direction de sa forme sombre.
Sirius l'ignora et Marlène sentit des larmes de confusion lui piquer les yeux.
« Sirius ? »
Elle l'entendit prendre une grande inspiration et soupirer. Elle cligna des yeux pour être sûre de ne pas se mettre à pleurer.
« Sirius. »
Marlène se leva et traversa la pièce. Elle savait que Sirius l'avait entendu arriver – son dos se crispa – mais il ne se retourna pas. Elle passa le lit de Harry et retourna Sirius en le prenant par l'épaule. Il ne résista pas, mais ses mains se placèrent sur son côté, comme pour le protéger.
Il ne dit rien non plus, se contenta de la regarder avant de bouger légèrement, en se tenant toujours les côtes. C'était rageant. Elle aurait pu comprendre qu'il ait peur d'elle – elle s'y attendait presque – ou qu'il la déteste. Elle avait espéré cela. Non, au lieu de ça, il la regardait comme si elle n'était rien pour lui. Il n'y avait aucune étincelle de malice dans ses yeux gris, aucune chaleur, aucun humour. Juste du calme … curiosité était un mot trop fort … juste la conscience qu'elle était là, qu'elle existait.
« Oui ? » demanda-t-il.
Elle relâcha son épaule et laissa sa main tomber contre son côté. Elle se sentait froide, vide.
Ne sois pas stupide, se dit-elle à elle-même. Tu le détestes, tu te souviens ?
Mais elle ne le détestait pas à cet instant. Elle aurait du. Il avait réussi à obtenir la garde légale de Harry, elle avait échoué à le tuer deux jours plus tôt et maintenant, elle devait abandonner sa nuit pour le surveiller. Malgré ça, c'était difficile de le détester quand il la regardait comme cela, si … sereinement. Comme s'il se fichait de ce qu'elle pensait, qu'elle soit même là. Comme si elle ne valait pas une seconde de son temps. Comme si elle l'avait trahi, même s'il n'y avait aucune colère dans ses yeux.
« Je ne suis rien pour toi. » murmura-t-elle, pas sûre si elle voulait lui dire ça ou le lui demander.
« Non, dit-il avec raideur. Tu n'es rien. »
Marlène plaça une mèche de cheveux derrière son oreiller et retourna sur la chaise qu'elle occupait avant ça. Sirius se retourna de nouveau et ne put voir la façon dont sa lèvre se mit à trembler. Elle prit quelques inspirations difficiles et renifla, en essayant de ne pas pleurer.
« Tu pourrais être silencieuse, s'il te plaît ? » dit-il sur le même ton qu'elle avait utilisé plus tôt.
Marlène déglutit et réveilla Proudfoot. Elle ne voulait pas que Gawain la voit comme ça, parce qu'il voudrait savoir ce qui l'avait bouleversé et elle ne voulait pas avoir cette conversation. Jamais.
« McKinnon ? » dit vaguement Proudfoot.
« Il faut que j'y aille. » dit-elle, sa propre voix paraissant épuisée à ses propres oreilles.
Elle pouvait imaginer ce que Proudfoot devait penser.
« J'enverrais quelqu'un d'autre. »
« Tout va bien ? » demanda-t-il.
« Non, dit-elle bêtement. Pas vraiment. »
Elle agita sa baguette vers la porte et s'enfuit, se fichant de ce que Sirius ou Proudfoot pourraient penser. Elle s'assura que c'était verrouillé à nouveau et alla ensuite se signaler à Fol-Oeil qui se tenait debout près de sa chaise, surveillant l'extérieur – Scrimgeour avait apparemment pensé que c'était trop dangereux de laisser les Détraqueurs surveiller la cellule alors que Harry était dedans.
« McKinnon, dit-il, et Savage – qui dormait sur une chaise de l'autre côté du couloir – sursauta et murmura quelque chose. Qu'est-ce- »
« Je ne peux pas rester là, dit-elle en essuyant ses yeux d'un revers de main. Je- il- »
« Ce n'est pas facile, pas vrai ? demanda-t-il sinistrement. On va échanger. »
Il prit une gorgée de sa flasque.
« Réveille juste Sava- »
« Laisse-le dormir, dit-elle en secouant la tête. Je ne dormirais pas. »
Fol-Oeil lui tapota l'épaule et boita jusqu'à la cellule. Marlène se laissa tomber sur sa chaise, releva ses genoux contre sa poitrine et se mit à pleurer silencieusement.
« Je savais que tu viendrais. » dit Fenrir en souriant à sa visiteuse.
Il y avait des traces de larmes sur ses joues, son nez était rouge et ses yeux absents.
« Vraiment ? » demanda-t-elle platement.
« Oui. » dit impatiemment Fenrir en rampant vers les barreaux.
Elle l'observa, impassible.
« Tu es venue me secourir. »
« T'es déjà fou. » dit-elle, dégoûtée, en tirant sur sa robe pour être hors de sa portée.
Sa main tomba contre le sol de pierre gris. Il y eut un silence et le vent fit danser ses cheveux autour de son visage.
« Je ne suis pas venue t'aider. »
« Pourquoi tu es là alors ? » demanda-t-il, confus.
« Parce que je veux savoir ce qu'il s'est passé. » dit-elle en baissant les yeux sur lui.
Ses yeux sombres étaient froids, désapprobateurs.
« Je t'ai rendu forte. » dit-il, rayonnant.
Un Détraqueur passa derrière elle et ils frissonnèrent tous les deux.
« Non, dit-elle. C'est moi qui ai fait ça. »
« Je t'ai offert un don. »
Sa lèvre se retroussa.
« Tu m'as détruite – mon ancienne vie a disparu, à cause de toi. J'ai du abandonné mes anciens amis, ma famille. Mes parents me regardent et ils sont terrifiés. »
« Et ils ont raison. Tu es plus puissante qu'ils ne peuvent même l'imaginer- »
« Mon père- »
« Je suis ton père. » dit-il en se pressant contre les barreaux pour se rapprocher d'elle.
Il prit une grande inspiration, sentant sa délicieuse odeur, l'odeur qu'il avait recherché pendant presque un an et demi.
« Tu es un monstre, dit-elle fermement. On l'est tous les deux. »
« C'est pour ça que tu l'as fait alors ? » demanda-t-il en tendant la main pour attraper la sienne. C'est pour ça que tu les as rejoints ? »
Sa main se referma sur la sienne, plus petite. Elle observa cela, sous le choc, mais il y avait une sorte de satisfaction sur son visage également.
« Ça fait du bien, pas vrai ? De la chaleur. Je parie que personne n'a tenu ta main depuis- »
Elle arracha sa main de la sienne et recula d'un pas, les yeux fixés sur ses doigts. Fenrir porta sa main à son nez et inspira.
« Je t'ai posé une question. » dit-elle.
« Tu veux savoir ce qui s'est passé ? » demanda Fenrir.
Elle acquiesça, les yeux brillants et prudents.
« Libère-moi. »
Un Détraqueur s'approcha de derrière elle et Fenrir hurla et rampa jusqu'au fond de sa cellule. Il avait froid, si froid et il faisait sombre, même pour ses yeux.
Il avait perdu la notion du temps, mais quand il se rassit, elle était toujours là, toujours occupée à l'observer. Ses épaules tremblaient et il y avait de nouvelles traces de larmes sur ses joues, mais elle était là.
« Je t'ai vraiment rendu forte. » dit-il en se tirant en avant.
« Qu'est-ce qu'il s'est passé ? » demanda-t-elle en croisant ses bras.
« Libère-moi. »
« J'espère que tu vas pourrir ici, cracha-t-elle. Réponds à la question. »
« Tes manières, ma fille. »
« Des réponses, Père. » dit-elle sur un ton brusque.
« J'ai attendu que tu sois seule, murmura-t-il, encouragé. Elle l'avait appelé père ! Ensuite, j'ai frappé à la porte et j'ai demandé à entrer. Il était si poli, si amical. »
Il entendit ses dents grincer.
« Effrayé quand j'ai sorti ma baguette, mais je les aime comme ça. Il s'est battu, mais je l'ai maîtrisé. Il a essayé de mentir. »
Fenrir laissa échapper un rire.
« Je l'ai tout de suite senti, bien sûr. Petit imbécile. »
Il rit à nouveau et montra les dents.
« Je n'aime pas quand les gens mentent. »
Elle buvait chacun de ses mots, mais il pouvait sentir son horreur, sa fureur.
« J'ai finalement obtenu mes réponses. Je ne te dirais pas comment. »
Il sourit à sa fille. Son visage était blanc à la lumière de la pleine lune approchante au-dessus d'eux.
« Il aurait pu vivre pourtant. J'ai pris sa baguette et je m'en allais, quand je l'ai entendu dire quelque chose. Je ne sais pas ce qu'il a dit, mais il parlait dans une petite montre de poche doré. Il essayait de prévenir quelqu'un. »
Fenrir ricana.
« J'aurais pu le laisser en vie, mais- »
« Mais tu ne l'as pas fait. » dit-elle, son visage se faisant dur.
« Il a choisi son destin lui-même, dit-il en haussant les épaules. Je l'ai juste aidé. Je suppose qu'il était un petit lion ? Si courageux et si dévoué ... »
« En fait, dit-elle. C'était un serpent. »
Elle s'accroupit pour être à la même hauteur que lui pour la première fois.
« Et les serpents sont venimeux. »
Le sourire de Fenrir s'élargit et il décida de jouer le jeu.
« Mais je n'ai pas été mordu. »
Elle arqua un sourcil et se leva. Il s'approcha des barreaux.
« Vraiment ? demanda-t-elle, souriant cruellement. Qu'est-ce qu'Azkaban sinon un poison ? »
Elle tourna les talons et s'éloigna, tandis que les Détraqueurs prenaient sa place.
Ce n'était pas censé se passer ainsi. Sirius Black n'avait fait qu'apporter humiliation après humiliation. Au Ministère d'abord, il avait été Auror et il les avait tous trahi. Ensuite, il s'était échappé d'une prison de haute sécurité. Après, il avait kidnappé un garçon, un garçon que même le Ministère n'avait pas réussi à trouver. Black les avait ensuite nargué pendant des mois, avant de perdre Potter et de le reprendre sous le nez de tout le monde une semaine plus tard. Il leur avait échappé pendant plusieurs mois à nouveau, avant de se rendre au milieu du Chemin de Traverse.
Ensuite, il avait esquivé leurs questions, interdit d'interroger le fils Potter et finit par voler à nouveau le fils Potter sans briser la moindre loi, et tout cela depuis sa minuscule cellule du Ministère. Lui et Potter vivaient là depuis trois jours maintenant, plutôt confortablement.
C'était affolant. La Grande-Bretagne allait devenir la cible de moqueries à cause d'un homme stupide et borné.
« Dix d'entre vous, je pense. » dit-elle avec un sourire.
Ce serait mieux ainsi si elle échouait, elle n'avait rien à perdre. Personne ne saurait que c'était elle et personne ne pourrait la dénoncer. Une loyauté absolue faisait partie du contrat. La loyauté envers le Ministère. Et elle était le Ministère. Si elle réussissait, elle serait une héroïne. Ministre dans un an, probablement plus tôt. Elle serait désolée de voir Cornelius perdre son travail, mais vraiment, il était bien trop sensible pour faire ce qui était nécessaire et il n'avait pas d'ambition pour le futur du monde sorcier. Peut-être qu'il pourrait être son sous-secrétaire. Les conseils étaient toujours bons à prendre, et elle aimait bien Cornelius.
« Sept s'occuperont des Aurors. Ne leur faites pas de mal si vous pouvez l'éviter, avertit-elle. Ne les laissez simplement pas interférer tant que le travail n'est pas achevé. »
Mais Sirius Black devait s'en aller. Il ne manquerait à personne. L'homme était un fou, un criminel. Peut-être que Potter serait triste, mais il est jeune. Il avancerait, il oublierait. Lucius Malefoy offrirait une bonne maison au garçon et lui donnerait à elle une belle récompense. Tout serait pour le mieux, tout ça dans l'intérêt du Ministère.
Peut-être qu'elle recevrait même un Ordre de Merlin. Elle en méritait sûrement un. Elle était au même poste depuis quinze ans, à faire les mêmes choses ennuyantes avec les mêmes personnes ennuyantes, à former les mêmes apprentis ennuyants – Albert (ou quelque chose comme ça) était celui qu'elle avait à ses côtés ces derniers temps et elle serait contente de ne plus le voir. Elle n'aimait même pas les enfants. Oui, un Ordre de Merlin, Première classe, pour sa patience.
« Trois d'entre vous peuvent gérer Black et Potter. Ne blessez pas le garçon, mais ne le laissez pas interférer non plus. »
Lucius lui en voudrait si le garçon était blessé et Lucius était le genre d'hommes qui pouvait lui offrir le monde, ou le lui retirer. Elle n'aimait pas quand les choses lui étaient retirées. Même en tant que petite fille, elle détestait quand sa sœur Alegria lui empruntait des affaires. Leur mère l'avait toujours encouragé à prêter, mais sa mère était une folle qui passait son temps la tête en l'air, comme ces stupides angelots qu'elle avait dans son salon de thé. Sa mère avait un bon sens décoratif, mais rien d'autre. Partager, c'était pour les faibles.
« Et un Baiser pour Black. »
Les forts prenaient ce qu'ils voulaient et les faibles partageaient ce qui restait. Elle n'était pas une femme faible. Elle était capable de faire ce qu'il fallait.
« Assurez-vous que ça arrive. »
