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Musique du chapitre : James Carter-Hands in the fire


Chapitre 28 : Jalousie, quand tu nous tiens.

Le sous-marin jaune était déjà en marche, s'éloignant sous les ordres du Chirurgien. Quitter cette île de malheur était la priorité, ils feront escale ailleurs pour refaire les provisions. Partant vers l'infirmerie avec la mauve sur le dos, il indiqua au gris d'attendre son tour, embarquant ensuite trois de ses hommes avec lui. Le roux à lunettes de soleil, le brun à la casquette penguin et la femme aux cheveux bouclés. Posant doucement la muette sur le lit de l'infirmerie, il s'assit ensuite sur une chaise un peu plus loin en enlevant son t-shirt.

-Qu'est-ce qu'il s'est passé ?! Demanda Pingouin en fermant la porte derrière eux.

-Je me suis fait bouffer par un démon et elle a traversé plusieurs murs.

-Quoi ?!

-Vous deux, occupez-vous d'elle. Elle risque de souffrir en se réveillant.

Maintenant que son esprit était embrouillé vis à vis d'elle, il devait réellement prendre ses distances pour le moment. Il était donc hors de question de la soigner lui même. Il le ferait en dirigeant ses hommes. Il grimaça ensuite, sentant son cou le tirer.

-Ikkaku.

La femme en combinaison hocha la tête, venant observer sa plaie ouverte.

-C'est très moche, Cap'tain, dit-elle en bougeant les chaires abîmées avec une pince.

-C'est profond ?

-Assez, oui. Le démon ne t'a pas raté.

-Mets-toi au travail.

-Hein ? Dit-elle en clignant des yeux. Comme ça, sans anesthésie ?

-J'ai connu pire, dépêche-toi.

La pirate hocha la tête, commençant rapidement les soins, son capitaine gardant le regard rivé sur la mauve. Cette dernière se réveilla assez rapidement, fixant un instant le plafond en percutant où elle était avant de se tordre brusquement de douleur. Elle se redressa en s'étouffant, un air paniqué au visage, sentant une lourde force comprimer ses poumons. Il fronça les sourcils.

-Shachi. Soulève son haut et montre-moi son dos.

Le roux à lunettes s'exécuta et souleva son t-shirt, prenant tout de même soin de couvrir sa poitrine, dévoilant des ecchymoses qui recouvraient sa peau. Pas étonnant vu ce qu'elle avait pris de plein fouet. Le médecin analysa aussi vite qu'il le pouvait avant de relever le regard sur une bosse.

-Elle a une vertèbre déplacée. Remets la vite en place.

Le roux passa ses doigts le long de sa colonne vertébrale pour trouver la vertèbre qui s'était fait la malle, s'adressant ensuite à la muette agonisante.

-Ça va faire mal mais ça va te soulager.

Il n'attendit pas qu'elle percute, la tordant brusquement en craquant son dos, remettant l'os en place en dégageant ses voies respiratoires. Elle respira de soulagement comme si sa vie en dépendait, aspirant autant d'air qu'elle le pouvait. Le Chirurgien détourna enfin le regard. Maintenant que le diagnostic était fait, et le problème réglé, il n'avait plus à s'en préoccuper. Tandis que les hommes lui soignaient son dos et sa morsure au bras, elle releva le regard sur lui et fut mortifiée de voir sa blessure.

-C'est pas de ta faute.

Sans un regard pour elle, il avait laissé résonner sa voix, mais la pirate n'en pensait pas autant.

-Un peu, si.

-Ikkaku.

-Cap'tain, à chaque fois que tu reviens blessé c'est parce que tu l'as protégé.

-La ferme.

La femme se renfrogna, penchée sur sa blessure sous le regard énervé de la muette. Non seulement elle la blâmait, mais elle était un peu trop proche de lui. Franchement, il savait qu'elle avait des vues sur lui, il aurait pu choisir quelqu'un d'autre pour le soigner. Et il semblait être distant avec elle. Un coup oui, un coup non, ça commençait à bien faire. Les deux hommes avaient fini de s'occuper d'elle et étaient partis de la salle. Elle observa le brun qui gardait le regard rivé sur le sol, se levant ensuite en remarquant le t-shirt plein de sang de ce dernier. Elle alla le ramasser, une idée lui traversant l'esprit. Elle ne savait pas si les laisser tous les deux était une bonne idée, mais il allait bien falloir. Se faire complètement ignorer était assez gênant comme ça.

Elle marcha douloureusement vers la porte. Elle était consciente qu'elle ne devait pas forcer, mais il ne lui disait rien non plus. Elle partit se changer dans la cabine du Capitaine, devenue « leur » cabine, posant le haut sali de ce dernier. Elle hésita, fixant le côté de l'armoire de l'homme. D'habitude, c'était toujours lui qui lui donnait un vêtement. Elle ne se servait jamais. Mais elle voulait vraiment lui en rapporter un propre, et occasionnellement clouer le bec à cette sangsue. Elle prit son courage à deux mains et ouvrit le placard, attrapant un t-shirt jaune qui trônait au-dessus de la pile. Elle repartit ensuite vers l'infirmerie avant de se figer. La porte était restée entrouverte, et elle entendait tout. Elle s'adossa au mur, écoutant la pirate lui cracher dessus, serrant le vêtement contre elle.

-Tu fais que revenir en morceaux à cause d'elle. Tu te tues à protéger une complète inconnue. On ne sait rien d'elle, et elle est faible. Elle ne peut rien faire seule.

-J'en sais déjà plus que vous.

-Tu devrais la virer du navire. C'est un boulet, je comprends même pas pourquoi tu l'as prise à bord.

-Ikkaku, gronda le Chirurgien. Le capitaine, c'est moi. Et j'ai décidé qu'elle reste. Je n'ai pas de comptes à te rendre.

La pirate se crispa en bandant la blessure.

-On ne connaît même pas son nom complet.

-Et elle ne connaît pas le mien non plus.

-Mais Law...

Le médecin la coupa en se relevant.

-Ne m'appelle pas comme ça. C'est réservé à mes proches.

-Mais elle tu la laisse utiliser ton prénom.

Il tourna un regard sévère sur elle, froid.

-C'est ce que je dis. Mes proches.

La brune resta clouée sur place tandis que la muette ne pouvait retenir un léger sourire. Il était de son côté, elle avait au moins ça de prit. Seigneur, cette guenon l'énervait. Elle entra brusquement dans l'infirmerie pour faire remarquer sa présence, foudroyant du regard la pirate pour lui faire comprendre qu'elle avait tout entendu. Le brun l'observa poser le t-shirt, comprenant qu'elle l'avait ramené pour lui, grondant ensuite.

-Ikkaku. Sors. Et fais toi discrète pour les prochains jours.

Cette dernière partit rapidement sans rechigner, bien consciente qu'il ne fallait pas prendre ses menaces à la légère, les laissant par conséquent seuls dans un lourd silence de plomb. La jeune femme resta un moment immobile sous le regard indescriptible du médecin. Elle releva ensuite le regard sur sa blessure soignée. Elle s'approcha de lui en levant la main, ce dernier se reculant par instinct de survie, la laissant la main en l'air. Il était confus sur ses sentiments et était en période de réflexion. Un seul toucher de sa part et il deviendrait fou. Il détourna le regard, grimaçant.

-Je vais bien.

Alors ça, c'était une première. Que lui refuse qu'elle le touche, quelque chose avait dû se passer entre lui et cette foutue pirate. Il alla récupérer le haut qu'elle lui avait ramené, le mettant ensuite avant de partir vers la porte.

-Attends-moi ici. Je reviens.

La jeune femme l'observa partir, perplexe, le voyant ensuite revenir accompagné du dreadeux, asseyant celui-ci sur la chaise.

-A ton tour.

Elle se précipita vers lui, consciente qu'il lui avait sauvé la vie, visiblement inquiète. Le gris soupira en grimaçant, constatant sa quiétude, relevant une main devant elle.

-Ce n'est pas si grave, te sens pas redevable, crevette.

Crevette. Elle savait qu'il tentait de détendre l'atmosphère mais ce n'était pas un surnom de crustacé qui allait changer la situation.

-C'est elle qui va te soigner, balança le médecin de but en blanc.

Les deux le fixèrent en poisson rouge, n'étant pas sûr d'avoir bien entendu.

-« Give and take », continua-t-il.

-... « give and take », répéta le dreadeux.

Le Chirurgien ferma les yeux un moment en se remémorant les principes de son ancien mentor avant de les rouvrir, croisant les bras.

-Tu lui as sauvé la vie, donc elle va te soigner. Quand on fait quelque chose, on doit recevoir en retour. C'est le principe du give and take.

-Ouais, alors t'es mignon avec tes grandes paroles, mais elle est pas médecin et je crame moi.

Et la fameuse veine d'énervement fit son retour sur la tempe de notre Chirurgien de la Mort adoré.

-Mais putain, je vais lui apprendre, bouffon.

Le dreadeux le gratifia d'un « gnagnagna », le médecin faisant ensuite signe à la muette de le suivre. Il lui fit mettre des gants et lui expliqua les différents produits à utiliser et comment les utiliser. Elle écouta religieusement toutes ses instructions, décidée à apprendre, le suivant ensuite jusqu'au gris. Elle bloqua ensuite devant son dos : sous sa brûlure, une partie de sa marque d'esclavage était encore visible. Elle ressentait soudainement une vague de sympathie pour lui. Il avait vécu une situation similaire à la sienne. Elle se reprit rapidement, se concentrant sur ce que son professeur lui montrait, prenant ensuite son courage à deux mains pour essayer, ravalant sa salive. Malgré sa concentration, elle fit une erreur de débutante avec les premiers soins, ce qui ne fâcha pas l'ébène pour autant. Il se contenta de lui replacer sa main en lui tenant le poignet, lui expliquant calmement son erreur ce qui réveilla le patient.

-Hé, dit ce dernier. Baisez pas sur moi hein.

Le médecin releva la tête, décidant de prendre la bouteille de désinfectant pour lui en renverser une quantité importante dessus.

-Oups.

-COMMENT CA OUPS. CA BRULE.

-Tu vois Raïka, il faut bien nettoyer la plaie. Avec un peu de chance, ça désinfectera sa stupidité avec.

La muette le fixa d'un air blasé tandis que le gris reprenait son souffle.

-Hey, chirurgien de mes deux.

-Quoi encore ? Grogna-t-il.

-T'es tatoué de partout, non ?

-Ouais, et alors.

Il se tendit devant le sourire brusque de son interlocuteur. Cette question n'annonçait rien de bon.

-T'as la bite tatouée aussi ?

La jeune femme fuma sur place, le visage devenu rouge en moins de temps qu'il ne fallait pour le dire, le médecin prêt à lui péter la gueule.

-Non mais ça va pas toi ?!

-Ben quoi, j'suis curieux.

Il ne lui fallut pas une seconde pour ressentir à nouveau une cascade de désinfectant lui couler dessus, se tordant de douleur, le brun grondant.

-Visiblement il n'y en avait pas assez pour ta connerie.

Il tourna le regard sur la mauve qui fixait droit devant elle, rouge, visiblement concentrée sur ses pensées.

-... Raïka. Ne me dis pas que tu l'imagine là.

L'intéressée sursauta, ne bougeant pas d'un pouce, ayant effectivement l'image d'un chibre tatoué en tête. Le Chirurgien cru à une blague. Pour réellement la voir, elle savait le repousser, mais pour l'imaginer, il y avait du monde.

-Je vais te la faire voir de près, ça va te faire tout drôle.

Elle se calma brusquement tandis que le gris se retenait violemment de rire. Elle savait parfaitement bien qu'il mettrait ses menaces à exécution si elle n'arrêtait pas très vite ses conneries. Elle secoua la tête pour se reprendre, fixant le dos du blessé. Elle observa ensuite plus en détail sa peau, nombre de cicatrices présentes sur lui. Elle afficha un air plus triste, se demandant quel genre d'horreur il avait bien pu vivre en passant un doigt sur l'une des marques de guerre sur son avant-bras. Le Capitaine n'en perdit pas une miette et, irrité, chassa sa main. Si elle ne lui accordait pas ce genre de contact, personne n'en aurait, foi de Chirurgien. Il lui expliqua comment bander une telle blessure, s'étirant ensuite une fois le patient soigné. Il alla ensuite s'appuyer les reins contre le lit en face de lui, croisant les bras.

-Bien. Il est temps que tu m'explique plus en détails pourquoi est-ce que tu tiens à rester encore un peu sur mon navire.

Le dreadeux releva les yeux vers lui, faisant la moue en se grattant la joue entre les triangles qui lui servaient de barbe.

-Hm, c'est vrai. Je te dois bien ça.

-Alors parle. Je t'écoute.

Il hocha la tête, se reposant maladroitement sur le dossier de la chaise.

-Je suis à la recherche de mon frère.

Le brun le fixa, déconfit, son interlocuteur perplexe, la muette relevant elle la tête pour le fixer.

-Ben quoi ?

-C'est le club des frères perdues ou quoi ?

Le dreadeux fut pris de court, clignant des yeux.

-Hein ?

Le Capitaine se passa une lourde main sur le visage, montrant ensuite du doigt la jeune femme qui se pinçait les lèvres, blasé.

-J'ai pris cette andouille sur mon Polar Tang pour qu'elle retrouve sa sœur. Et mon ours aussi a perdu son frère. Et maintenant toi aussi. Je suis un putain de centre social.

-... Oups.

La mauve n'eut pas le temps de cligner des yeux, les rouvrant pour découvrir l'âme du blessé quitter son corps pendant que le docteur l'étranglait allègrement jusqu'à plus souffle. Sacrebleu. Elle allait devoir intervenir.

Une fois le calme, ainsi que l'âme du géant, revenu, le brun se reposa contre le lit.

-Il va falloir que tu m'explique ta chronologie, parce qu'avec ce que tu as dans le dos, tout me paraît bizarre.

-Je comprends.

La jeune femme alla s'asseoir à côté du grognon, fixant l'homme prendre son souffle.

-J'ai été lâché dans un orphelinat à la naissance en même temps qu'un autre enfant. On a été forcés de grandir ensembles parce que personne ne voulait de nous. On voyait tous les enfants tourner, mais nous on vieillissait là-bas.

-Et tu sais pourquoi ?

-Ouais. Moi j'avais déjà les cheveux gris et les yeux roses. Personne ne veut d'un gosse qui ressemble à un vieux. Lui, il a les yeux hyper verts, et des cheveux encore plus noirs que le noir le plus noir que t'ai pu connaître de ta vie. Il avait l'air d'être un dieu et pas un humain, ce qui veut dire que les bandits le convoiteraient. Enfin. On est restés là-bas jusqu'à nos seize ans. Ou du moins, moi. Lui, je sais pas ce qu'il est devenu. Je sais juste qu'à la majorité, on est mis à la porte. On s'est juré fraternité. On avait même pas de prénom, on s'est donné des surnoms pour se parler. Lui c'était Usui, et moi Silva.

-Silva ? Et qu'en est-il de ton prénom actuel, Senro ?

-Ça, c'est mon vieux qui m'a nommé.

-Le fou aux golems ?

-Oui. J'y viens. Quand j'avais seize ans, des agents de la marine ont débarqué à l'orphelinat avec un Dragon Céleste. Fatalement, j'ai été choisi. Et j'ai passé plusieurs années à son service.

-Comment tu t'es enfuit ?

-J'ai fait semblant d'être mort. Ces cons ont pas vérifié et m'ont jeté avec les autres corps. Du coup je me suis barré. J'ai été trouvé complètement éclaté par mon vieux et après lui avoir raconté tout ça, il m'a filé un prénom. Et la suite tu la connais.

Le Chirurgien ferma les yeux pour assimiler toutes les informations, et il en retenait qu'encore une fois, les Dragons Célestes étaient de sombres trous du cul. Il souffla longuement. Il n'avait pas eu une seconde de répit depuis son combat, et il était épuisé.

-Bien. Raïka, tu t'occupes de sa blessure. Et si tu galère, tu vas voir Shachi et Pingouin. J'ai autre chose à foutre.

Elle le fixa sortir de la pièce sans attendre, surprise par sa froideur.

-Il est toujours comme ça ? Demanda le gris en haussant un sourcil.

La femme hocha tristement la tête. Elle avait beau se contraindre du contraire, elle était tout de même blessée de son attitude. Elle décida d'attendre encore un peu avant de sortir à son tour, marchant lascivement dans les couloirs sans savoir où aller. Elle n'avait pas franchement envie de le rejoindre dans la cabine, et elle était seule dans les couloirs. Ou du moins, c'était ce qu'elle pensait avant de se faire brusquement jeter contre une des parois froides du couloir. Elle ferma les yeux sous le coup, son front tapant contre avant de grimacer en sentant son dos à peine soigné la tirailler. Elle fut ensuite sévèrement retournée et forcée de rouvrir les yeux, tombant nez à nez avec la pirate brune, cette dernière grondant.

-Tu as beau partager son lit et sa cabine, tu restes une inconnue, et je vais faire en sorte qu'il le comprenne.

La muette se tendit de tous ses muscles, partagée entre la douleur et la crainte. Prise de court, elle prit la fuite sous le regard satisfait de son agresseur, se précipitant vers la cabine, haletante. Même si elle ne voulait pas le voir, se mettre en sécurité semblait être une bonne solution. Elle se stoppa devant la porte, prenant le temps de se calmer avant d'entrer, le Capitaine dans le coin qui se préparait à aller se doucher, relevant la tête. Il la fixa un instant, ou plus particulièrement le bleu qui apparaissait sur son front.

-Mais qu'est-ce que t'as foutu ?

Elle s'arrêta sur le coup, contemplant la question. Si elle lui disait la vérité, il irait immédiatement lui refaire le faciès, et elle ne voulait certainement pas être la raison d'une discorde au sein de son équipage. Elle alla rapidement chercher de quoi écrire dans sa table de chevet, montrant ensuite un papier, honteuse.

« Je suis tombée la tête la première. »

Il la fixa encore un peu avant de soupirer.

-T'es encore sous le choc de ton vol plané. Allonge toi et repose toi. Ordre de médecin.

La muette fit la moue en s'exécutant, le médecin en question passant la porte de la salle de bain personnelle de la cabine pour s'y enfermer. Il souffla un coup en posant ses affaires, enlevant ensuite son haut en venant s'observer dans le miroir. La pirate avait beau avoir nettoyé autour de la plaie, son sang avait eu le temps de couler sur son torse. Son regard fut ensuite attiré par divers produits féminins qui avaient fait leur apparition sur le bord de l'évier, à l'opposé des siens. Il se tourna ensuite vers sa baignoire, observant les gel douche et shampoings de la mauve qui trônaient également sur le bord avec les siens.

Il ferma les yeux. Il l'avait accueillie dans son espace privé il y avait déjà un bon moment, mais il se rendait compte à présent à quel point ça le perturbait. Le seul soupçon minime de relation qu'il avait en mémoire était les claques que lui collait une certaine Baby 5 à l'arrière du crâne lorsqu'ils étaient gosses. Jamais il ne se serait imaginé partager un pot à brosse à dents avec une femme. Elle avait fini par prendre ses marques dans son espace. Peut-être était-ce devenu sa vie à présent. Mais étonnamment, ça ne le dérangeait pas.

Quelques jours avaient passé, et nos blessés respectifs étaient en voie de guérison. Le brûlé vif était toujours un peu brûlé, la muette n'avait plus de bosse sur le front et le Chirurgien perturbé était toujours aussi con. Durant ces derniers jours, il s'était tellement distancé de la mauve qu'elle avait passé le plus clair de son temps avec le gris, ce qui ne lui plaisait pas. Mais ce qu'il ignorait, c'était qu'elle faisait tout pour ne pas se retrouver seule, au risque de se faire attaquer de nouveau par la jalouse. Alors qu'elle était dehors assise avec le dreadeux qui lui parlait plus en détail de son frère, le personnage principal sortit en furie sur le pont, n'aimant pas du tout leur proximité, venant lui donner un coup de pied dans le genoux.

-On va accoster. Bouge-toi, faut qu'on mette les caisses là.

Le gris plissa les yeux en se relevant, suspectant de la jalousie, tendant ensuite une main à la jeune femme pour l'aider à se lever. Main qui fut rapidement chassée par le même jaloux.

-Elle est handicapée ? Gronda-t-il.

-Quoi ? Répondit-il en grognant. T'as perdu ta galanterie avec tes couilles ?

-T'es trop proche d'elle, dalleux.

-Fallait bien que quelqu'un lui tienne compagnie vu que tu l'as laissé seule comme une vieille chaussette.

-Et tu t'es senti obligé de le faire comme le prince charmant que tu es.

La chaussette en question se leva sans aide et passa entre eux en les poussant, agacée, partant regarder l'île en vue à l'autre bout du pont.

-T'as vu ce que t'as fait ?! Aboya le brun.

-Hein ?! Moi ?! C'est toi qui change d'attitude tout le temps avec elle, bipolaire de merde.

-Je suis désolé, lâcha une voix déprimée derrière eux.

Ils tournèrent la tête vers l'ours blanc qui venait de faire son apparition.

-Non mais pourquoi tu t'excuse toi ?! Lâchèrent les deux énervés en cœur.

Les autres pirates passèrent à côté d'eux en soupirant, habitués à leurs disputes, le brun à casquette Penguin s'approchant de la mauve.

-Tu te sens mieux ?

Elle hocha la tête, observant les différents navires amarrés au port tandis qu'ils s'approchaient lentement. Tous avaient l'air de simples navires marchands, à l'exception d'un qu'elle pointa du doigt. Le Penguin posa son regard sur le bateau, l'observant. Dans du bois sombre semblable à de la paille, la proue avait la forme de la tête d'une poupée vaudou transpercée d'un clou géant.

-Hm... réfléchit-il. Ce navire me dit quelque chose.

-C'est celui de Basil Hawkins, le magicien.

Les deux se tournèrent vers le Chirurgien qui avait décidé d'ignorer le gris.

-C'est un membre de la génération terrible comme toi Cap'tain.

-Effectivement.

La jeune femme l'observa s'avancer vers eux. Elle avait entendu parler de cette génération terrible et elle aurait préféré n'en connaître que Trafalgar Law. Elle était inquiète. Cet homme pourrait vouloir leur chercher des noises. Il remarqua son air préoccupé, observant ensuite le navire.

-Il est dangereux. Mais pas autant que moi.

Ah. Capitaine j'ai une giga grosse bite était de retour.

Les hommes de l'équipage passèrent tout l'après-midi à remplir les caisses, le but de base de cet arrêt étant de refaire les provisions. Le soleil se couchant, la muette observait les hommes remonter les derniers chargements, assise sur une large pierre, le médecin à ses côtés, ce dernier supervisant ses hommes. Il releva le regard en sentant la jeune femme sursauter à côté de lui, fixant ensuite la carte étrange qui s'était plantée entre eux. Il soupira, fixant le pirate blond aux peintures étranges sur le visage qui arrivait vers eux. Il arbora un large sourire, redevenant le petit con narquois qui faisait sa réputation.

-Tu veux te battre, Hawkins ?

-Trafalgar Law, dit ce dernier en observant ses cartes devant lui. Mes cartes me le déconseillent.

-Alors reprends ton joujou, dit-il en montrant du doigt la carte coincée. Et hors de ma vue.

-En revanche...

La jeune femme put sentir son sang se glacer à l'instant où il avait posé son regard sur elle. Son instinct de survie lui indiqua de se cacher derrière le Capitaine. Un beau bouclier humain, c'était pas cher payé pour le traitement du silence auquel elle avait eu droit.

-En revanche ? Demanda-t-il en levant un sourcil.

-Je me demande qui peut bien être la femme qui se cache derrière toi.

-Ça, ça ne te regarde pas.

-Une voyante m'a dit que le Chirurgien de la Mort aurait pris sous son aile quelqu'un de royal.

-Une voyante ? Demanda-t-il en fronçant les sourcils.

Il n'aimait pas ça. Depuis cette île remplie de femmes divinatoires, les mots « voyante » et « royal » tournaient un peu trop autour de sa mauve. Le magicien releva ses cartes devant lui, les lisant religieusement.

-Cette femme te mènera à ta perte, Trafalgar Law. Mes cartes ne se trompent jamais. Je prédis votre déchéance à tous les deux.

Le brun sentit de l'énervement monter en lui telle de la lave dans un volcan. Ni une, ni deux, en un geste précis et rapide, il sortit sa lame de son fourreau et trancha les cartes à la volée, narquois.

-Et tu l'avais prédit, ça ?

Le pirate blond écarquilla les yeux, fixant les bouts de carte avec stupeur tandis que le Capitaine se leva.

-Allons-y.

La jeune femme n'attendit pas, le suivant prestement.

Alors que le navire reprenait tranquillement sa route, il se rendit à son bureau pour mettre à jour son carnet de bord sur les derniers événements, et il voulait le faire avant d'aller dormir. Il se tendit cependant en arrivant à celui-ci, entendant de la musique provenir de derrière la porte.

-C'est pas vrai, dit-il, agacé. Pas encore.

Il l'ouvrit brusquement en la claquant, fixant son ours bêtement chanter en secouant des éventails à l'effigie d'une chanteuse bicolore.

-U.T.A ! U.T.A !

-BEPO !

L'ours sursauta, coupant l'escargot transmetteur en se retournant lentement, des sueurs froides dans la fourrure.

-Ça... Cap'tain...

-Tous les jours, gronda le médecin. Je vais jeter ce truc par-dessus bord si tu continues de me casser les oreilles.

L'animal fut horrifié, laissant rapidement son espace de travail à son Capitaine adoré en s'excusant une bonne dizaine de fois. Une bonne heure plus tard, il décida de rejoindre la salle à manger, n'y découvrant que les personnages habituels : Shachi, Pingouin, Bepo et Raïka. Les autres membres de son équipage, fatigués par la journée, n'avaient pas voulu traîner et avaient déjà mangé pour partir se coucher. Il discuta un moment avec ses plus fidèles amis, semblant plus détendu que d'habitude, la jeune femme les fixant tandis qu'il allait ensuite se mettre dans un coin de la salle. Il était trop fatigué pour maintenir une plus longue conversation. Elle les fixa tour à tour, leur tendant ensuite un papier, curieuse.

« Vous avez l'air proches. »

-Proches, c'est le cas de le dire, dit Shachi.

-On se connaît depuis quatorze ans, continua Pingouin.

-On vit ensembles depuis tout ce temps, termina Bepo.

Quatorze ans, s'étonna-t-elle. C'était une amitié sacrément longue. Elle n'aurait jamais cru ça venant de ce cœur de pierre.

« Comment vous êtes-vous rencontrés ? »

Les deux se pincèrent les lèvres, n'osant pas répondre, l'animal parlant de but en blanc.

-Shachi et Pingouin m'ont tabassé.

La jeune femme entrouvrit les lèvres sous le choc.

-Et ensuite c'est le Capitaine qui les a tabassé.

Hein. Tout allait trop vite pour son petit cerveaux, et elle ne s'attendait pas à ça. Elle porta un regard lourd de reproche aux deux hommes, ces derniers honteux.

-On était des gosses, on était pas matures.

-Quand ils me frappaient, expliqua l'ours, le capitaine les a vu faire et les a envoyé en l'air avec son pouvoir pour les jeter au sol. Et après on a discuté et il m'a emmené chez le vieux chez qui il vivait.

La jeune femme écouta sérieusement, n'en manquant pas un mot, fixant ensuite les deux autres.

« Et vous ? »

-Nous, commença Pingouin. C'était un peu plus grave.

-Ça s'est passé quelques semaines plus tard, expliqua Shachi. On vivait dans la forêt et on a mal manipulé une bombe. Elle nous a explosé dessus. Moi j'avais une sale plaie au ventre, et Pingouin a carrément eu le bras arraché.

La muette écarquilla les yeux, horrifiée, fixant immédiatement le dit bras.

-Pas de panique, dit Pingouin en agitant les mains devant lui. Law et Bepo ont entendu l'explosion et sont venus voir ce qu'il se passait.

-On les a ramené chez Bric à Brac, continua Bepo. Le fou chez qui on vivait. Et le Capitaine les a opéré et les a sauvé. Il lui a recousu son bras.

« Si jeune ? »

-Il avait déjà reçu une bonne éducation médicale, et son pouvoir l'a aidé.

Elle tourna un regard discret sur le Chirurgien plongé dans son repas à l'autre bout de la salle. Cet homme était décidément plein de surprises.

« Mais pourquoi vous avoir sauvé après la rouste qu'il vous a mise ? »

-La fierté d'un médecin de sauver des vies je suppose. Toi aussi il te sauve beaucoup alors que vous faites que vous disputer.

La muette fit la moue. Ils n'avaient pas tort.

-Enfin, reprit Shachi. Après ça, il nous a imposé chez le vieux et est devenu notre chef. On a tous travaillé pour avoir un toit sur la tête.

« Travaillé ? »

-Moi j'ai travaillé dans un restaurant en tant que serveur, dit Pingouin. Du coup je suis un peu responsable des repas ici.

-Moi, continua Bepo, j'ai étudié la navigation pour être le navigateur de l'équipe.

-Et moi, termina Shachi. J'ai travaillé dans un salon de coiffure. Si tu veux te couper les cheveux, n'hésite pas à venir me voir.

La mauve fixa tour à tour ce dernier et le médecin, ne pouvant s'empêcher de penser à une idiotie, tendant un papier aux hommes qui provoqua une réaction hilare. Le Capitaine, qui jusqu'à présent n'écoutait que d'une oreille, se releva brusquement, se sentant assez lourdement visé.

-Qu'est-ce qu'elle a dit.

Il n'attendit pas et vint leur arracher le papier des mains, fumant comme un adolescent en le lisant.

« C'est donc grâce à toi qu'il a un bouc parfaitement bien taillé tous les jours. »

Il claqua la feuille sur la table, prêt à tuer quelqu'un.

-Je sais me raser tout seul, merci, gronda-t-il.

Et comme le grand garçon qu'il était, il partit bouder dans la cuisine pour faire sa vaisselle. Les hommes se reprirent rapidement, lisant une nouvelle question de la part de la curieuse.

« Il était comment petit ? Enfin, son caractère. »

-Hm... c'était littéralement un petit con autoritaire.

Mouais, se dit-elle. Ça, ça n'a pas changé, il est toujours comme ça.

-Mais c'était une bonne chose, ricana Shachi, visiblement en admiration. C'est lui qui nous a entraîné aux combats et aux armes. Et aussi à la médecine. Tout ce qu'on faire aujourd'hui, on l'a appris de lui.

Elle les observa tout au long de leurs paroles. Ils semblaient vraiment l'aimer et l'admirer. Cet homme n'était peut-être pas si mauvais dans le fond.

« Vous avez l'air de beaucoup l'aimer. »

Les hommes prirent un air un peu plus grave ce qui étonna la muette, eux habituellement si joyeux.

-Tu sais, dit Shachi. Mon oncle se servait de Pingouin et moi pour de la contrebande alors on a fui. Un jour Bric à Brac nous a ramené devant lui pour qu'on brise les chaînes qui nous retenaient à lui. Évidemment, il a parlé de nous comme des objets, mais le capitaine à immédiatement pris notre défense et a dit qu'on est ses précieux compagn...

Il fut instantanément coupé par la main du Chirurgien qui empoignait sa bouche, grondant de gêne.

-Ça suffit.

Il foudroya ensuite la jeune femme du regard, un air lourd de reproches, sortant de la pièce, visiblement en colère. Le petit groupe resta bête, la muette se demandant qu'est-ce qu'elle avait bien pu faire de mal, les hommes haussant les épaules. Ils lui indiquèrent d'aller le voir, nettoyant sa vaisselle pour elle. Elle hocha la tête, partant à sa poursuite. Elle le suivit jusqu'à son bureau, le regardant s'affaler dans son fauteuil. Elle ferma la porte derrière elle, hésitant ensuite un instant avant de s'approcher timidement jusqu'au bureau. Elle attrapa une feuille et un stylo sur un coin du meuble, lui glissant le papier sous les yeux, ce dernier le visage vers son bureau, se tenant le front d'une main.

« Tu es en colère contre moi ? »

-Oui. Non. Je sais pas, dit-il en soufflant.

La jeune femme se pinça les lèvres.

« J'ai posé trop de question ? Pardon ? »

-Non, c'est pas... enfin...

Il se passa une main sur le visage.

-J'suis vexé, okay ?

La jeune femme cligna des yeux. Vexé ? Quoi ? Il souffla de nouveau.

-Je suis conscient de t'avoir demandé de sympathiser avec mes hommes. Et tant mieux si tu le fais, je ne suis pas contre. Mais je suis vexé que tu fasse connaissance avec eux en premier et pas avec moi. Ça fait des mois que je cherche à en apprendre plus sur toi mais tu te fermes à chaque fois. Mais eux, tu vas leur poser des questions. Tu me fais passer au second plan alors que moi j'ai toujours essayé de te mettre au premier plan. Résultat, tu en connais un peu sur moi et moi je ne sais toujours rien de toi. Tu me fais chier, Raïka.

Elle écouta sans bouger, le fixant. Elle comprenait ce qu'il lui disait. Et il avait raison. Elle faisait tout pour rester mystérieuse et sa situation actuelle ne lui permettait pas de faire de grands discours. Elle voulait tout lui raconter, s'ouvrir enfin à lui, mais si les choses étaient si faciles, elle l'aurait fait depuis longtemps. Elle réfléchit à une solution. Il se sentait délaissé derrière ses hommes, et elle devait y remédier. Elle prépara un papier, venant ensuite passer un doigt sous son menton pour lui relever la tête vers elle. Il la fixa en poisson rouge, se demandant ce qu'il lui prenait, sentant son cœur s'emballer pour on ne savait quelle raison. Un seul touché de cette femme et il devenait un adolescent en pleine puberté. Il cligna des yeux en la voyant se rapprocher, se bouffant ensuite brusquement le papier dans la gueule. Il attendit ensuite un instant le temps d'accepter le choc de cette action, finissant par prendre le papier en main.

-Pétasse.

Il lu ensuite ce qu'elle avait écrit, restant caché derrière.

« Je t'accorde une question sur moi ? »

Le brun ne put retenir son sourire, baissant le papier pour la fixer.

-Très bien. Qui es-tu ?

Elle le fixa d'un air blasé, lui tirant brusquement la joue pour le punir. Il grimaça, chassant sa main pour se frotter sa pauvre joue qui n'avait rien demandé.

-Je plaisante, sauvage. Laisse-moi réfléchir.

La jeune femme gonfla les joues, allant chercher un tabouret pour s'asseoir au bureau, le médecin tournant son fauteuil vers elle pour lui faire face, croisant les jambes.

-En fait, dit-il en l'observant. Il y a bien une question qui me vient à l'esprit plus que les autres interrogations que j'ai sur toi.

Elle posa ses mains sur ses cuisses, se préparant à toutes sortes de questions farfelues. Il la fixa encore un instant avant de s'accouder à son bureau, posant sa tête sur sa main.

-Durant notre voyage jusqu'à présent, le mot royal à été mentionné à plusieurs reprises à ton sujet. D'abord cette voyante dorée t'a qualifié de maudite, ensuite les démons ont dit que ton sang est royal, et maintenant Basil Hawkins l'a dit aussi. J'ai besoin de savoir si j'héberge du sang royal ou si je vais me faire courser par la marine pour tes beaux yeux. Alors dis-moi. Est-ce que tu es un Dragon Céleste ou une connerie du genre ?

La muette prit un moment pour assimiler les informations de la question, écarquillant ensuite les yeux à la mention de Dragon Céleste. Il était très intelligent, mais il était aussi très con.

« Je ne risque pas d'être un Dragon Céleste si on me chasse pour être un de leurs esclaves. »

-Hm. Je sais. Mais ça ne coûte rien de demander, je suis préparé à toutes les éventualités. Du coup, t'es une princesse ?

Elle réfléchit un instant, se demandant comment elle pouvait présenter les choses.

« Je dirai plutôt une reine. »

Le brun cligna des yeux.

-Une reine.

« Enfin, je suis au même niveau qu'une reine, mais j'ai un statut plus compliqué. »

-Au même niveau qu'une reine donc.

« Je ne suis pas née de sang royal. Je le suis devenue. »

-Je vois. Et ce statut compliqué, je suppose que tu ne peux pas m'en parler sans ta sœur.

Elle se pinça de nouveau les lèvres, hochant la tête. S'ensuivit ensuite un très long silence, ce qui l'angoissa. Il ne disait rien, il pouvait penser n'importe quoi, y comprit qu'elle représentait un danger. Mais il n'en pensa pas un mot. Au contraire, il afficha un large sourire.

-Très bien. Ça me suffit, la reine.

« Je ne suis pas tout à fait une reine je t'ai dit. »

-Mais tu es au même niveau. C'est tout comme.

La jeune femme secoua la tête, se figeant ensuite en le voyant se pencher vers elle.

-Tu as raison. Tu n'es pas une reine.

Il afficha un sourire charmeur, posant à son tour un index sous son menton en venant souffler à son oreille.

-Tu es MA reine.

La reine en question retint son souffle, sentant des vagues de décharge électriques lui traverser le corps à plusieurs reprises, des papillons lui chatouillant le ventre. Elle ne comprenait pas ce qu'il venait de lui faire, mais elle se sentait toute molle. Sentir son souffle sur sa peau la rendait toute chose. Et il ne bougeait pas. Elle tourna la tête, les deux se retrouvant nez à nez. La proximité la tentait, ainsi que les lèvres à quelques centimètres des siennes. Son corps entier lui criait de le faire. La seule chose qu'elle arrivait à avoir en tête au moment présent, c'était de lui bouffer la bouche comme une sauvage tant elle était attirée par lui. Mais la proximité fut rapidement brisée, et les deux protagonistes se ressaisissaient en secouant la tête. Il se redressa sur son fauteuil, rouvrant son carnet de bord.

-Tu devrais aller dormir. Il est tard. Et t'as l'air bien déstabilisée, dit-il en ricanant.

La muette devint aussi rouge qu'un coquelicot en pleine saison, détalant à la vitesse de la lumière. Il l'observa quitter la pièce, satisfait d'en avoir appris ne serait-ce qu'un peu sur elle. Il ne savait pas exactement ce qu'elle était, mais il savait au moins qu'elle était de la haute société. Il allait donc devoir redoubler de vigilance, et surtout faire en sorte que l'information ne s'ébruite pas. Il soupira en se laissant reposer sur le dossier de son siège, fixant le plafond en bois sombre, souriant et tapant des doigts sur le bord de son bureau.

-Une reine, huh. Et rien qu'à moi. Quel homme chanceux je suis.