Gellert fit tournoyer le liquide ambré dans son verre, contemplant pensivement le breuvage. Le rhum avait cette capacité à le fasciner. Comme Lucie l'avait fait à l'époque et même encore maintenant, sa capacité à être si détachée l'impressionnait. Elle n'avait même pas sourcillé en apprenant qu'il avait vendu leur fille. Avait-il mal évalué leur relation ? Ou alors, il ignorait quelque chose d'essentiel. Peut-être que Lucie avait confiance en lui, mais cela lui semblait peu probable. Peut-être avait-elle conscience d'être impuissante, pourtant, il était étonnant qu'elle n'essaie même pas de faire quoique se soit. Il était donc fort possible qu'elle ait confiance en Faye, qu'elle sache qu'elle pouvait s'en sortir et qu'elle serait heureuse.

Il avait surestimé la blonde, il la pensait plus comme lui. Sauf qu'elle paraissait aussi naïve que sa mère pour croire que Thomas l'appréciais. Le jeune homme ne valait pas mieux en méprisant la jeune femme, il lui avait soufflé qu'elle n'avait rien d'intéressant et que son caractère était aussi fade que du porridge.

Si jamais Faye l'apprenait, elle serait furieuse et complètement triste. Absolument influençable, et c'était ce que Gellert espérait. Ainsi, il pourrait l'utiliser pour marchander avec Lucie et la manipuler. Il n'arrivait pas vraiment à regarder sa fille en face, et il savait pertinemment que cela était dû au fait qu'elle lui rappelait l'affection pur et vitale qu'il avait porté à Lucie. Il ne se ferait plus avoir, il ne devait avoir aucune faiblesse s'il désirait changer le monde. Voilà ce que la prison lui avait rappelé. Quant aux jumeaux, en grandissant sous son influence, ils ne poseront aucun problème.