Le début des ennuis
Il n'avait fallu que trois mois pour que Milo se fît renvoyer de l'université, après avoir enfreint de nombreuses règles et s'être de nouveau battu contre Deathmask Bianchi. Ce dernier avait encore provoqué le Scorpion en médisant sur les frères Sideris.
Ainsi, tout comme la première fois, Shion obligea Milo à passer la journée, agenouillé, devant la statue d'Athéna pour se repentir. Camus l'observa un moment alors qu'il passait dans le coin. De là où il était, il ne pouvait voir que le dos du Scorpion.
Tout à coup, le Français vit ses épaules trembler. Inquiet, il pensa que son camarade était en train de pleurer, culpabilisant pour ses fautes. Juste après, Milo se pencha brusquement vers l'avant. Là encore, l'imagination de Camus l'amena à croire qu'il s'était blessé lors de son combat contre l'Italien. Soucieux, il s'en alla s'enquérir de son état.
« Milo, est-ce que ça va ?
— Mmh ? Oh, salut Camus ! Quoi de neuf ? Tu veux voir ce que j'ai trouvé ? Une fourmilière ! C'est tellement amusant de jouer avec les fourmis ! Tu veux essayer ? lui proposa-t-il en lui tendant le bâton qu'il tenait. »
À ce moment-là, Camus se sentit trahi par son esprit. Lui qui s'était imaginé les pires scénarios, il n'en était rien. En réalité, si les épaules du Scorpion avaient tremblé, c'était parce qu'il se retenait de rire. Le fait qu'il s'était penché, était pour mieux voir et taquiner les fourmis. Depuis tout ce temps, il était en train de jouer avec une fourmilière.
Déçu et légèrement énervé, il s'en alla sans un mot.
« Ben quoi ? Qu'est-ce qui l'a ennuyé cette fois ? s'étonna Milo.
— Toi, évidemment. répondit Aiolia en s'avançant vers lui. Il n'a pas l'air de t'apprécier, ça ne me surprendrait même pas s'il ne veut plus te voir.
— Pff… Bref ! Qu'en est-il de Deathmask ? Il doit sacrément souffrir après le poing que je lui ai mis dans le nez ! Il devra certainement attendre au moins une semaine avant de guérir complètement.
— Tu ne devrais pas trop en être fier. À cause de ça, tu as été expulsé et ça a rendu grand frère triste.
— Oh... Ce n'était pas mon intention, déclara-t-il penaud. J'irai m'excuser auprès de lui.
— Et ce n'est pas tout. Père est là, il va te ramener à la maison.
— Oh ? Oncle Sideris est là ? Il a fait vite.
— Il est venu dès qu'il a appris la nouvelle. Essaye de ne pas trop causer de problèmes pendant qu'Aiolos et moi ne sommes pas là.
— Ah c'est vrai, vous allez rester ici pendant encore six mois. Vous allez me manquer.
— Milo, intervint une tierce personne.
— Aiolos ! le reconnut-il. Je suis désolé !
— Pourquoi t'excuses-tu ? Ce n'est pas à moi que tu en dois.
— Mais je… Non ! Je ne m'excuserai pas auprès de lui ! Il l'a mérité ! Il n'avait pas à vous insulter.
— Même si c'est le cas, tu n'aurais pas dû sacrifier ta scolarité pour nous défendre… Aiolia et moi pouvons gérer ça par nous-même.
— Je n'allais quand même pas laisser passer ça !
— Milo… J'apprécie l'intention mais ça ne me rend pas heureux pour autant. Quelque part, j'ai l'impression que c'est en parti de ma faute si tu es expulsé…
— Non ! Tu n'as rien fait de mal ! C'est mon choix, je l'assume entièrement. Mais je comprends que cela te chagrine… Je te promets de ne plus recommencer.
— Merci. J'aimerais aimer pouvoir faire quelque chose pour toi mais c'est impossible… Prends soin de toi, j'espère que tu ne te sentiras pas trop seul sans nous.
— Aucun risque ! Les trois milles règles ne vont certainement pas me manquer !
— Milo, l'interpella Shion qui était venu le chercher, accompagné du père du Lion. Monsieur Sideris est ici, tu peux partir avec lui. »
Milo accourut vers l'oncle Sideris et fit ses adieux à Sanctuary. Malgré la sanction, le Grec ne regrettait rien et ne semblait pas affligé, s'estimant déjà heureux d'avoir réussi à passer toute une année à Sanctuary. C'était donc avec le cœur léger qu'il revînt à Thessalonique.
Malgré tout, une personne regrettait le départ du Grec. Même si elle ne l'avouerait jamais à voix haute.
Le Scorpion reprit les cours dans son ancienne université pour le reste de l'année. Il ne s'était jamais relâché, continuant de s'entraîner et de s'améliorer même en l'absence de ses amis. Six mois passèrent ainsi, les frères Sideris rentrèrent chez eux accueillis par un Milo tout souriant. Cependant, quelque chose se tramait ailleurs.
À l'université Inferno, Pandore avait convoqué tous les élèves ainsi que le corps enseignant pour une réunion. Malgré son statut d'élève, elle était l'une des personnes les plus influentes de l'établissement. Cela était dû au fait qu'elle était la descendante directe d'Hadès, le président d'Inferno.
Il existait un conflit datant de plusieurs millénaires entre Sanctuary et Inferno. Étant deux des plus grands clans, leurs idéaux étaient souvent en opposition. Cela avait commencé avec les deux fondateurs. Athéna Kido et Hadès Heinstein étaient connus pour être deux puissants immortels, ils avaient développé leur cosmos à un tel niveau qu'ils avaient atteint l'immortalité. Tous deux avaient leur communauté d'adeptes. Hadès et ses fidèles voulaient faire régner la loi du plus fort, et ainsi dominer le monde. Tandis qu'Athéna et ses partisans prônaient la justice, la paix et la transmission du savoir.
Hadès avait fini par mettre ses plans à exécution en déclenchant une guerre. Athéna s'était alliée à dix autres personnes : les ancêtres des dix grandes familles, étant elle-même la onzième héroïne et fondatrice de la lignée Kido, pour combattre son ennemi.
Après une lutte acharnée à laquelle elle en était sortie vainqueur, elle avait banni Hadès et épargné ses guerriers : elle détestait les effusions de sang mais elle avait pris soin de sceller leur cosmos. Suite à cela, elle fonda Sanctuary dans le but de former les prochaines générations de guerriers. Les fidèles restant d'Hadès fondèrent Inferno.
Ainsi, les noms : Kido, Yongdzin, Magalhães, Diamantopoulos, Bianchi, Sideris, Raj, Wang, Cabrero, Titouan et Rosell étaient rentrés dans l'Histoire. Depuis, chaque descendant entrait à Sanctuary en mémoire aux exploits de leurs ancêtres et leur alliance.
Athéna resta à la tête du clan trois millénaires durant. Toutefois, Hadès n'était pas oublié pour autant, deux cents ans après sa défaite, il prit la tête d'Inferno. L'immortel rassembla de nouveau ses guerriers dont le sceau qui bridait leur cosmos s'était affaibli, leur permettant d'y mettre fin et de libérer leur puissance. Puis, il redéclara la guerre contre Athéna. Conflit qu'il perdît encore, aboutissant au même résultat que la fois précédente.
Cependant, cela n'arrêta pas l'immortel pour autant : tous les deux siècles, il recommençait. Installant un cycle de guerre puis d'une période de paix durant deux cents ans, avant de redémarrer. Chaque défaite attisait de plus en plus sa colère et sa haine.
Seulement, lors de la génération dont était issu Shion Yongdzin et son ami Dohko Wang, quelque chose changea. Il y avait deux cent cinquante ans de cela, après une énième lutte contre Inferno, Athéna disparut. Ne laissant derrière elle que deux instructions.
La première étant que Shion deviendrait le nouveau président de Sanctuary et devrait perpétuer les enseignements jusqu'à l'arrivée de son successeur, le prochain héritier Kido. La deuxième était de ne pas la chercher.
Personne ne savait ce qu'il était advenu de l'immortelle. Les gens avaient fini par croire qu'elle s'était retirée du monde, lasse de toutes les batailles qu'elle avait dû mener. Shion et Dohko étaient les deux dernières personnes encore en vie à avoir connu la légendaire Athéna.
Conformément à ses souhaits, il prit la tête de Sanctuary et continua l'œuvre de sa prédécesseure. Encore aujourd'hui, il restait fidèle à son poste grâce à son haut potentiel cosmique qui lui octroyait une incroyable longévité.
Tout comme son ami, Dohko était encore vivant. Seulement, il y a plusieurs années de cela, il était parti vivre en ermite dans une montagne tenue secrète, quelque part en Chine.
Un autre fait qui avait changé : alors qu'ils s'attendaient à être attaqués, il y a cinquante ans, Hadès ne s'était pas manifesté. Et jusqu'à ce jour, il n'y avait aucune trace de lui. C'était comme s'il avait disparu en même temps qu'Athéna.
Et c'était ce sujet que Pandore voulait aborder durant cette réunion.
« Dites-moi, s'adressa-t-elle à son auditoire. Ne trouvez-vous pas que Sanctuary a été extrêmement arrogant ces derniers temps ?
— Si, extrêmement ! répondit Zélos de sa voix nasillarde.
— Ne serait-il pas temps de poursuivre l'objectif de mon ancêtre ? À savoir : les remettre à leur place et leur inculquer le respect et la soumission. Je suis certaine que si Hadès était là, il serait d'accord avec moi et penserait la même chose. »
Avec l'approbation de Thanatos, chef du conseil d'administration et d'Hypnos, président du conseil académique, elle planifia et coordonna une attaque contre Sanctuary. Pandore envoya Eaque, accompagné des plusieurs autres guerriers sous ses ordres, incendier l'université. Résultat : les bâtiments étaient détruits, nombre d'étudiants et enseignants avaient été blessés et Saga était porté disparu.
Une semaine après les faits, Inferno exigea que Sanctuary et d'autres universités envoyassent leurs étudiants, les jugeant inaptes à enseigner (ce qui était compréhensible, au vu de l'état de Sanctuary). Personne n'osait remettre en question cette demande, de peur de subir le même sort.
Ainsi, Milo, Aiolia et Aiolos furent envoyés à ce qu'ils appelaient "l'endoctrinement d'Inferno". Cependant, le Sagittaire fut vite séparé d'eux. Aiolia et Milo avaient été rassemblés ailleurs avec d'autres étudiants dont Shura et Aphrodite. Les élèves étaient divisés en plusieurs groupes. Heureusement pour le Scorpion, Deathmask n'était pas avec eux.
Une fois réunis, Milo remarqua la présence d'étudiantes de Sanctuary. Un fait assez surprenant étant donné qu'il en avait rarement croisé, dû à la séparation entre les filles et les garçons.
Il aperçut également Camus plus loin en retrait.
Il s'avérait que leur groupe était supervisé par Zélos, secondé par Rhadamanthe sur ordre de Pandore.
Zélos exigea qu'ils lui remettent leurs épées. S'ensuivit une vague de protestation vite calmée lorsqu'il ordonna à Rhadamanthe de tabasser l'un des étudiants et de le priver de son cosmos afin de servir d'exemple. Ils n'eurent d'autre choix que d'obéir, se séparant de l'objet symbole des guerriers. Une humiliation de plus à subir.
Plus tard, lors d'une chasse organisée par Zélos, alors qu'ils étaient forcés de chercher une grotte, le Grec apprit que Sanctuary avait été brûlé par Inferno. Il nota également que le Français boitait.
« L'état de la jambe de Camus est-il en lien avec ça ? demanda-t-il.
— Oui, lorsque Eaque s'apprêtait à brûler la bibliothèque, expliqua Aphrodite. Camus s'est interposé. Il s'est battu contre beaucoup de guerriers ce qui l'a épuisé. Eaque a fini par prendre le dessus et lui a cassé la jambe. »
Pris de compassion pour son camarade après avoir entendu le récit. Le Scorpion se dirigea vers le Verseau.
« Hé Camus, monte ! lui proposa-t-il en s'accroupissant de dos. Je vais te porter !
— …
— Allez ! Ta jambe ne tiendra pas si tu forces trop. Et on est proche, non ? Pas besoin d'être timide, hein ? dit-il en souriant.
— … On n'est pas proche.
— Qu'est-ce que vous faîtes ?! Ne vous relâchez pas ! cria un superviseur. »
Le Français profita de l'intervention pour s'éloigner sans un mot. Milo fut poussé par cette même personne qui l'avait interpellé.
« Milo ne te mêle pas des affaires triviales des autres, somma Aiolia. On a assez de problèmes comme ça.
— De un, ce n'est pas une affaire triviale, lui répondit-il. De deux, quelqu'un finira toujours par s'en mêler.
— Dispersez-vous ! hurla Zélos en tenant un fer de façon menaçante. Je veux que vous me trouviez dans cette grotte avant la fin de la nuit. Sinon gare à vous !
— Hmpf ! Je n'arrive pas à croire que cette mauviette nous prenne de haut comme ça, grommela le Lion.
— Évite de la contrarier, lui conseilla Aphrodite. Le fer à marquer qu'il tient est dangereux. On raconte qu'il laisse une marque indélébile s'il te touche et que la douleur qu'il procure est atroce. Non seulement cela endommage le corps mais il peut également affecter le cosmos s'il entre en contact avec un de tes méridiens. »
Après l'éclaircissement, Milo repéra un groupe de quatre étudiantes passant près d'eux. Elles portaient l'uniforme de Sanctuary et avaient un blason argenté brodé sur leur veste. Elles étaient donc bien classées.
« Tes sachets parfumés faits main sont une pure merveille, s'extasia une fille rousse. C'est une bonne chose que tu les aies amenés aujourd'hui, Giulietta.
— En plus de sentir bon, il éloigne les insectes ! ajouta une demoiselle aux cheveux blonds.
— Et la pochette est si jolie, tu es si douée pour fabriquer des choses ! termina une autre aux cheveux blond platine.
— J'ai mis des herbes médicinales dedans aussi, renseigna la dénommée Giulietta. Donc c'est à la fois agréable et pratique. J'en ai encore quelques-uns, quelqu'un en veut ? »
Giulietta était une belle jeune fille à la chevelure et aux yeux verts, avec un visage aux traits délicats. D'après son prénom, elle serait d'origine italienne.
« Moi ! s'exclama le jeune Kanáris en s'élançant vers elles. Donne-m'en un, Giulietta !
— Hein ? Mais qui es-tu ? Et pourquoi m'appelles-tu "Giulietta" ?
— Tes amies t'appellent comme ça, j'ai donc supposé que ce soit ton prénom. Je me suis trompé ?
— Tu ne peux pas m'appeler comme ça ! s'énerva-t-elle.
— Donne-moi ton prénom et j'arrêterai de t'appeler comme ça.
— Et pourquoi je devrais te le donner ?! Tu devrais d'abord te présenter avant de demander le prénom de quelqu'un !
— Oh non… Il recommence à flirter… se lamenta Aiolia.
— Très bien, comme tu voudras. Retiens bien mon nom ! Je m'appelle "Romeo Kanáris".
— Romeo ? C'est étrange, je ne me rappelle pas d'avoir vu un "Romeo" sur la liste… dit-elle pensivement.
— … Une blague littéraire… marmonna Camus qui passait par là et avait tout entendu.
— Oh j'ai compris ! s'exclama l'une des filles. Romeo comme "Romeo et Giulietta" !
— Oh c'est trop mignon ! Il se présente comme ton Romeo !
— Quoi ?! s'écria-t-elle alors que le rouge lui montait aux joues. Tu te crois drôles ?! Qui voudrait de toi comme Romeo de toute façon ?! Impudent !
— Ha ha ha ! Ne sois pas en colère ! gloussa la rousse. Après tout, c'est un très beau jeune homme qui te courtise ! Oh, mais tu rougis ! Bien joué Milo ! Je vais te dire son nom…
— Non ! Ne lui dis rien ! Allons-y !
— Hé, je peux au moins avoir un sachet ? Si tu ne m'en donnes pas, je vais demander à quelqu'un d'autre ton prénom~ »
Un sachet rose décoré de fleurs brodées lui fut lancé sans un mot. Il constata que derrière son apparence délicate, se cachait une fille avec un fort caractère.
« Hé hé hé~ Ah Camus ! Pourquoi me regardes-tu comme ça ? Tu veux que je te porte finalement ?
— Te comportes-tu de manière aussi frivole avec chaque personne que tu rencontres ?
— Euh… Oui ? Je crois ?
— Sans vergogne, déclara-t-il avant de s'éloigner rapidement.
— Hé ! Pourquoi marches-tu aussi vite ? Attends-moi ! »
La grotte que Zélos cherchait fut finalement trouvée, tous furent obligés d'y entrer. C'était une grande caverne souterraine avec un lac en son centre. Cela ne présageait rien de bon : ils ne savaient pas ce qu'ils allaient y trouver et ils n'étaient clairement pas équipés ni préparés pour chasser quoique ce soit.
On leur avait vaguement expliqué qu'ils cherchaient un monstre qui dormirait quelque part dans une grotte. Il ne restait plus qu'à espérer que ce ne fût rien de trop gênant…
Toutefois, après deux heures à arpenter les lieux, ils n'avaient toujours pas trouvé la moindre trace de monstre. Zélos commençait à s'impatienter.
« Tss ! Pourquoi ne se montre-t-il pas ?! Mmh… Peut-être que si on ouvrait quelqu'un, il pointerait le bout de son nez, attiré par l'odeur du sang… Oui, c'est une bonne idée ! Voyons voir… Ah ! Cette fille devrait faire l'affaire ! énonça-t-il en montrant Giulietta. Quelqu'un, attachez-là ! »
Horrifiée par ces propos, elle courut se cacher derrière Ptolemy. « Quiconque s'oppose, ne sortira pas vivant d'ici ! », menaça l'étudiant d'Inferno.
À ces mots, Ptolemy s'écarta. Personne ne voulait l'aider, sauf peut-être Camus et Shura qui ne semblaient pas affectés par la menace. Elle se protégea donc derrière eux.
« Poussez-vous ou aucun de vos camarades ne sortira vivant ! », ordonna Zélos. Ils n'obéirent pas, loin d'être intimidés. Shura avait plus de cran qu'il l'imaginait, pensa Milo. Il remonta dans son estime.
« Lâche-moi ! » cria Giulietta qui était tirée par Ptolemy, qui lui en revanche ne voulait pas mourir en ces lieux. Ce qui lui valut une forte poussée de Camus ainsi qu'un regard désapprobateur. Il n'en fallut pas plus pour que Zélos ordonnât de les tuer.
Une lutte débuta entre les étudiants d'Inferno, le Français et le Capricorne. Étant dépourvus de leurs épées, ils durent se battre à mains nues et esquiver les coups. Ce n'était pas pour rien que ces deux-là faisaient partis des douze écussons dorés de Sanctuary. Même sans armes, ils s'en sortaient très bien, donnant du fil à retordre à leurs adversaires.
Voyant que ces hommes n'arrivaient pas à neutraliser ces deux guerriers, la patience de Zélos en vain à bout, laissant place à la fureur et la frustration. Il ordonna l'exécution de tous les étudiants présents. Ainsi démarra une bataille où chacun luttait pour sa survie.
Milo eut soudain une idée qui leur permettrait de se sortir de ce pétrin. Il provoqua délibérément Zélos afin de se faire attaquer par lui, ce qui fonctionna comme il l'avait prévu. Son adversaire n'était pas un bon combattant et ses compétences en escrime étaient en dessous de la moyenne. C'était donc pour lui un jeu d'enfant d'esquiver ses coups d'épée.
Cependant, la vraie menace résidait en Rhadamanthe qui lui était un redoutable, féroce et impitoyable guerrier. Ce dernier, voyant Zélos en difficulté, se précipita à sa rescousse, dégainant son arme, prêt à l'abattre.
Après une autre esquive réussie, le Grec attrapa le poignet de Zélos, le tordit le faisant lâcher sa lame, la récupéra et la porta au cou du tyran. À présent, avec Zélos comme otage, la donne avait changé. C'était lui qui détenait le pouvoir.
« Plus un geste ou je fais voler sa tête, menaça-t-il.
— Aaaah ! Ne bouge pas ! gémit pitoyablement Zélos. »
Rhadamanthe s'arrêta net. Techniquement, il devait obéir à son camarade sur ordre de Pandore. Et même s'il était insupportable, il ne pouvait pas risquer sa vie. La cheffe du BDE lui en voudrait si l'un des élèves d'Inferno mourait et il n'était pas assez fou pour vouloir endurer sa colère. « Milo Kanáris, j-je te préviens ! S-si tu me blesses, vous serez tous morts ! Alors lâche cette épée de suite ! », cria l'otage.
Tout à coup, quelque chose jaillit de l'eau juste derrière le Scorpion. « Milo, fais attention derrière-toi ! », l'alerta Aiolia.
Ce qu'il vit en se retournant lui glaça le sang.
