Petit mot de l'auteure : écrit pour le défi parental jour 7 "cadeau"
Contexte : saison 2
Personnages : Jefferson & Grace / Paige
Jefferson faisait les cent pas.
Henry était censé le rejoindre dans très peu de temps. Mais ce n'était pas le fils de la mairesse qu'il craignait. C'était la personne qu'il était censé amener : Grace.
Sa précieuse petite fille.
Sa fille qu'il aimait plus que tout mais qu'il avait tout de même abandonné. Il avait certes accepté la mission de Regina pour gagner suffisamment d'argent pour offrir à Grace une meilleure vie. Mais tout de même. Il l'avait laissée, malgré ses protestations.
« Je t'aime Papa ! » avait-elle sangloté pour qu'il ne parte pas. « Je me fiche de poupées chères ou d'autres cadeaux, tout ce dont j'ai besoin, c'est toi »
Il aurait dû l'écouter. La vérité ne sortait-elle pas de la bouche des enfants ? Mais il ne l'avait pas fait. À la place, avait déposé un petit baiser sur son front et déclarant qu'il serait rentré très vite.
Quel bel idiot il avait fait...
Au lieu de revenir chez lui le soir venu, il avait été emprisonné, envoyé en dehors de son monde, avait passé 28 longues années à être conscient que la partie la plus importante de sa vie était devant ses yeux et pourtant inaccessible. Et maintenant, il se retrouvait sur les quais de Storybrooke, à attendre de revoir sa fille, en espérant qu'elle ne soit pas venue seulement pour lui donner un coup de poing qu'il aurait mérité. Si jamais elle lui en assénait un, il ne chercherait pas à se défendre.
Il en était arrivé là de ses joyeuses pensées quand il vit Henry. Bien que légèrement camouflée par la stature du garçon, il n'eut aucun mal à reconnaître Grace derrière lui. Son souffle se bloqua alors ; en 28 ans, il ne s'était jamais tenu aussi près d'elle. Mais ce qui le fit le plus chanceler, ce fut de croiser son regard. Celui-ci était aussi vif et curieux que dans ses souvenirs, mais surtout, il voyait qu'elle le reconnaissait.
Enfin.
Après tout ce temps, Grace se souvenait de lui.
Et quand elle courut pour lui faire un câlin, il sut que sa vie était enfin revenue à la normale. Il sentit sa petite pleurer contre lui, mais ne s'en formalisa pas – lui-même n'était pas dans un meilleur état. Quand Grace rompit l'étreinte, Jefferson ne put dire qu'une seule chose :
- Je suis tellement désolé...
- Ne le sois pas, murmura la petite fille. Nous sommes de nouveau ensemble, c'est l'essentiel.
- Oui, mais à cause de moi, nous avons été séparés si longtemps... Et nous nous retrouvons dans un autre monde, après avoir connu de nouvelles identités...
- Je t'aime, dans cette vie ou dans une autre, ça ne changera pas.
En voyant l'assurance avec laquelle sa petite fille avait prononcé cette phrase, Jefferson su qu'elle avait raison. Ils pourraient bien affronter une centaine de nouvelles malédictions, ça ne changerait rien. Après tout, comme disaient les Charmants, les personnes qui s'aimaient se retrouvaient toujours.
