Chapitre 9 : The very noisy night

(Sleeping in shifts / Tossing and Turning / Caught in a storm)

Danny regardait Carlos dormir en se demandant si le jeune homme retrouverait l'usage de son bras un jour. Il n'osait pas poser la question à Max, au cas où le blessé ne dormerait pas. De fil en aiguille, ses pensées le menèrent à TK et Steve, ainsi qu'à Lou, Adam et Kamekona. Il essaya de tous les appeler, via téléphone ou via l'oreillette, mais rien. Personne ne répondait. L'angoisse de ne pas savoir si ses proches étaient en vie se mit à le tirailler. Il avait un très mauvais pressentiment. Il espérait que tous allaient avoir la même idée que lui et venir dans leurs locaux… Leurs locaux… et s'ils étaient dans leurs bureaux ? Lui était venu voir Max parce qu'il avait un blessé, mais s'ils allaient bien, ils n'auraient peut-être pas cette idée.

"Vous devriez dormir aussi. Je vais monter la garde.

- Non, Max, prenez soin de Carlos et reposez-vous. J'ai bien peur que vous ayez du boulot dans les heures qui viennent.

- Vous ne pourrez pas nous protéger si vous êtes épuisé…

- Je ne peux pas dormir sans savoir ce qui leur est arrivé, ce qui est arrivé à Steve…

- Je vois…

- Je vais aller voir là-haut s'il y a quelqu'un. Verrouillez derrière moi."

Il confia un sabre à Max, en prit un en main ainsi que son téléphone pour s'éclairer et sortit de la salle. Le bruit du verrou dans la serrure résonna sinistrement dans le couloir silencieux. Danny se retrouva dans le noir, tous ses sens en éveil, le bruit de ses pas faisant écho autour de lui. La peur s'insinuait en lui alors qu'il progressait. Il monta les marches lentement, vérifiant chaque palier. Il fut à la fois déçu et soulagé de trouver l'étage de leurs bureaux vide. Il attrapa une feuille et réfléchit à la meilleure manière de dire à ses amis où il se trouvait sans orienter les monstres.

"RDV chez Max." finit-il par écrire. Il posa le mot en évidence et repartit. Son cœur battait la chamade, tout était trop calme et il détestait ça. Pas qu'il aurait préféré rencontrer des monstres, loin de là, mais là il était comme seul au monde.

Il décida de repasser par l'entrée pour s'assurer que le garde allait toujours bien. Il le trouva, assis à son poste et somnolant.

"Eh."

Le garde sursauta.

"Ce n'est pas le soir pour s'assoupir. Il y a des monstres dehors.

- Pardon, monsieur.

- Vos caméras fonctionnent ?

- Non, elles ne sont pas branchées sur le système d'urgence.

- Sinon, c'est pas drôle, grommela Danny. Si vous voyez des membres du 5-0, dites leur de me rejoindre chez Max.

- Pardon ?

- Ils comprendront.

- D'accord monsieur."

Danny repartit soucieux. Il avait la conviction que le garde ne tiendrait pas deux minutes si un monstre passait la porte. Il pria pour que ce ne soit pas le cas. Alors qu'il était dans le dernier couloir avant sa destination, des bruits de pas précipités résonnèrent. Il s'arrêta, hésita… Le bruit se répéta. Ce n'était pas des pas humains, ça ressemblait à des dizaines de cannes frappant le sol en même temps.

Danny fut pris d'horreur, soit le monstre était grand, soit ils étaient nombreux. Dans les deux cas, il ne voulait pas le ou les affronter, encore moins seul. Il courut jusqu'à la porte verrouillée et frappa de toutes ses forces. Le bruit se rapprochait. Il était de plus en plus proche.

Enfin la porte s'ouvrit. Danny se précipita à l'intérieur. La lumière de la pièce éclaira brièvement le couloir et le blond sentit son cœur manquer un battement. Dans le couloir, il avait entre-aperçu une dizaine de fourmis géantes. Leur taille semblait aller de celle d'un caniche à celle d'un ours. Max referma précipitamment la porte, la verrouillant à nouveau.

Au grand soulagement du blond, elles ne tentèrent pas d'entrer. Au bruit, il eut l'impression qu'elles se contentaient de marcher dans le couloir. Il resta longtemps assis au sol, dos à la porte, perdu dans ses pensées. Par moments ses yeux se fermaient et il imaginait Steve à la place de Carlos, hurlant de douleur sous la mâchoire du molosse. Il sursautait lorsqu'il croisait son regard désespéré, prêt à être libéré de cette souffrance par l'accueil de la mort. Il s'interdit alors de fermer les yeux, préférant assister à la souffrance réelle du plus jeune, plutôt qu'à celle créée par ses pires peurs.

"Des nouvelles des autres ? demanda finalement Max.

- Non… Comment va-t-il ?

- La fièvre est tombée, j'ai à nouveau nettoyé ses plaies et refait son bandage. Il faudra recommencer tout à l'heure et lui redonner de la morphine et des antibiotiques. Il souffre.

- J'imagine… Je l'ai vu se faire mordre et hurler de douleur pendant que j'essayais de tuer le monstre… c'était horrible.

- C'est ce qui vous empêche de vous laisser aller à un peu de repos.

- Non, c'est d'imaginer ce qui a pu arriver à Steve. J'ai l'impression que quelque soit le scénario que j'envisage, ce qui lui sera arrivé ne pourra qu'être pire.

- Le commandant est un combattant exceptionnel, ayez foi en lui.

- Malheureusement, il est aussi un aimant à emmerdes !

- Certes… Il vous reviendra Danny, croyez-en lui."

Soudain, les fourmis se mirent à crisser dans le couloir et des bruits étranges leur parvinrent. Des bruits de combat, de piétinement, d'extincteur… et une voix, l'appelant.