Et c'est le dernier chapitre de cette histoire ! Que d'émotions ! J'ai beaucoup aimé cette fanfic et j'espère que vous aussi. Je remercie toutes les personnes qui ont aimé et posté des review.
J'espère que cette fin va vous plaire.
Bisous !
Partie IXX
Quand Nash fermait les yeux, il ne parvenait jamais à s'endormir. Il sentait sa conscience toujours éveillée, ressentant chaque frémissement de la dimension, chaque frissonnement de prisonniers, chaque soupir, chaque mort. Car nombre de criminels était déjà mort depuis qu'il était devenu gardien.
Nash ne parvenait plus à rêver et cela le frustrait. Il voulait se plonger dans un songe, voir le visage de Seijuro, voir sa ville natale, sa famille, imaginer un monde autre que cette prison de glace. Mais à ne plus rêver, il ne faisait plus non plus de cauchemars.
Pourtant, quand l'Abysse fut détruit, il le ressentit dans chaque atome de sa chair. Il y eu une vague qui traversa toute les dimension, reliquat de l'explosion interne qui avait détruit l'Abysse. Nash ne fut pas en mesure de comprendre quelle dimension avait disparu, mais il sentit le changement.
Puis plus rien. Les dimensions se calmèrent, s'habituèrent, et ce qui n'était qu'une vague sur un lac disparue.
Ayant complétement perdu la notion du temps, Nash ignora combien de jours, voire de semaines s'écoulèrent avant qu'il ne sente ce frémissement dans le nuage qui entourait l'entrée de la dimension. Avec le temps, Nash avait appris à apprivoiser ce nuage, à sentir quand ce n'était qu'une proie qui cherchait à échapper à son prédateur qui entrait, car celle-ci avait des mouvements erratiques et ne restait jamais longtemps. Mais là, le rythme des pas était régulier, lent, maîtrisé. C'était un humain qui approchait.
Nash se leva, récupéra la lourde double hache d'or de Kagama Taiga qu'il avait appris à manier pendant ses longues heures de solitude. Cette hache lui avait même permit de tuer un intru, une fois. C'était le tuer ou se faire tuer et Nash avait une promesse à tenir.
Debout, le corps raidit par le froid qui régnait ici, il attendit son visiteur. Une petite ombre se détacha au milieu du visage et une vision familière en sortit. Nash cligna plusieurs fois des yeux pour être sûr de ne pas avoir face à lui un fantôme.
-Seijuro ? murmurât-il.
Il avait attendu ce moment pendant… un temps indéterminé. Trop long. Mais le garçon qui se tenait face à lui ne ressemblait plus à Seijuro. Il était maigre, pâle, semblait épuisé. Mais vivant. Il était enveloppé dans une grande cape noire.
-Je suis venu.
La joie remplaça la surprise. Nash voulu s'avancer pour rejoindre le garçon mais les chaînes lui en empêchèrent. Seijuro avança vers lui, approcha sa main aux doigts fin comme des squelettes et caressa sa joue.
-Je suis venu te libérer.
Nash vit la lumière au creux de ses mains. Il saisit les chaînes et celles-ci furent réduites en poussières. L'esprit de Nash se retrouva d'un coup plus léger, il sentit son corps se réchauffer, ses sens revenir, l'Abysse disparaître. Il n'avait plus cette connexion avec le nuage, ne ressentait plus les moindres fissures de la glace.
Il redécouvrait petit à petit les sensations. Nash attira Seijuro à lui et le pris dans ses bras. Il pu sentir sa chaleur.
-Tu m'as tellement manqué.
-Toi aussi.
Il sentit les bras de Seijuro l'entourer, sa tête se lover dans son cou. Et ses larmes qui tombèrent sur sa peau. Nash ne lui demanda pourquoi il pleurait. Sans qu'il ait besoin de parler, il savait qu'il était passé par mille épreuves pour venir le libérer et jamais Nash ne pourra lui rendre la pareille.
-Allons-nous en avant que les prisonniers se sortent.
-Oh, oui… répondit Nash qui reprenait petit à petit conscience.
Ils sortirent du nuage. Nash plissa les yeux quand il vit le soleil, bien que celui-ci soit caché derrière de fin nuages. L'extérieur était différent de ses souvenirs. La plaine qui entourait le mont Karasu lui semblait moins aride. Au loin, la forêt avait disparue. Nash commença à angoisser. Combien de temps s'était donc écoulé ? Pour qu'une forêt disparaisse… Mais…
-Nash, l'interpella Seijuro pour le ramener à la raison. Nous devons partir.
Seijuro tenait les rênes de deux chevaux.
-Où est Yukimaru ?
-Morte.
Sans un mot de plus, Seijuro grimpa sur le premier cheval à la robe noire. Nash monta à son tour sur le cheval.
Ils s'éloignèrent au galop du mont Karasu. Le vent dans ses cheveux. La puissance de la course d'un cheval. Nash revivait. Le paysage, si différent du souvenir de Nash, défila devant leurs yeux. Combien d'années ? Combien d'années ? Sûrement moins qu'il ne le craignait, se disait-il. Après tout, même s'il avait beaucoup maigri, Seijuro ne semblait pas plus vieux.
Ils finirent par faire halte près d'un petit lac pour que les chevaux puissent boire. Seijuro s'assit dans l'herbe, rejoint par Nash. Immédiatement, le garçon se pencha et reposa sa tête sur l'épaule de son amant.
-J'avais peur, soufflât-il.
-De quoi ? Que je sois mort entre temps ?
-Il y a de ça… mais je craignais surtout que tu ne m'aime plus.
Nash sourit et pris la main de Seijuro.
-Ne plus t'aimer ? Comment le pourrais-je ?
Il crut discerner un petit sourire sur les lèvres de Seijuro. Nash caressa sa main, réapprit petit à petit tous les détails de celle-ci. La forme de ses ongles, les bosses de ses os.
Et en plus de la fatigue, Nash réapprit à sentir la faim.
-Seijuro… j'ai besoin de savoir…
-Combien d'années ont passés, c'est cela ?
Nash sentit son ventre de nouer. Seijuro parlait en années…
-Oui.
-Malheureusement je ne saurai pas te répondre avec précision.
-Comment ça ?
Il commença alors à lui raconter le long périple qu'il avait entreprit pour trouver l'Orbe, sa rencontre avec Aomine Daiki, la caverne sur l'île, la traitrise de Kise Ryota, le voyage jusqu'à l'Abyss, Jabberwock et la destruction de la dimension après avoir traversé les cauchemars.
-Après, j'ai erré… je n'étais plus dans l'Abyss puisqu'elle avait été détruite. Mais je n'étais pas non plus revenu auprès de Yukimaru. J'étais dans un entre-monde et j'y suis resté longtemps. Un jour, j'ai tout simplement ouvert les yeux dans un autre endroit, sur la terre ferme. Je ne savais pas où j'étais, j'ai marché. Ma blessure, qui, à mon réveil, semblait guérie, s'est petit à petit remise à saigner, comme si mon sang recommençait à circuler. J'ai eu la chance de croiser des voyageurs qui ont pu me soigner. Ils parlaient à peine ma langue. Je leur ai demandé où j'étais par rapport à Shuto. Et… ils m'ont répondu qu'ils ne savaient pas ce qu'étais Shuto. Alors, je leur ais expliqué. Et ils m'ont dit que le royaume de Rakuzan s'était effondré il y a déjà un siècle.
-… quoi ? Mais alors…
-Alors au moins un siècle a passé. Peut-être plus. Le calendrier à changé quand le royaume de Kumonosu a pris le dessus.
-Et Kinzaku ?
-Je ne sais pas. Je crois qu'il existe encore, plus au sud.
-Alors ma famille…
-Je suis désolé, Nash.
Nash déglutit difficilement. Il sentit les larmes petit à petit envahir ses yeux. Seijuro serra sa main tandis qu'il sanglotait. Il répétait qu'il était désolé.
-Et maintenant ? fini par demander Nash.
-Je vais aller rendre l'Orbe. Puis nous trouverons un endroit où vivre.
Nash acquiesça.
-ça va aller, lui souffla Seijuro. Je sais que… c'est difficile à accepter, surtout pour toi qui avait une famille, mais ça va aller. Nous sommes tous les deux. Nous sommes libres désormais.
-Je savourerais ma liberté quand j'aurai fait mon deuil.
-Je sais. Nous pouvons aller sur les traces de Kinzaku si tu veux. Ta famille était assez influente pour qu'on se souvienne d'elle.
-Oui. Pourquoi pas.
Ils reprirent leur route. Dans les grandes plaines, ils partirent au galop vers le lointain. Nash se surpris à rire et pleurer. Du coin de l'œil, il vit Seijuro faire de même.
Ils savaient que leurs sourires et leurs caresses avaient eu un prix trop élevé. Ils décidèrent de ne plus gâcher la moindre seconde leur existence.
Ils allaient vivre libres.
