Petit avertissement, il y a du langage un peu grossier dans ce chapitre.

Un grand merci à Sweeney et Moreira222. Vous me suivez depuis un bon moment et je tenais à vous remercier de votre fidélité, chacune de vos review me fait toujours autant plaisir !


CHAPITRE 5 : Un article troublant

Mais qu'est-ce qu'il venait de se passer, au juste ? C'était la principale question qui taraudait l'esprit de chacun en voyant la porte close derrière laquelle venait de se réfugier la furie aux traits de leur navigatrice.

Naturellement, l'attention se reporta sur celui que tout désignait comme coupable pour avoir provoqué une telle réaction chez Nami. Au travers des décombres, Chopper, en forme heavy point, émergea avec un Zoro encore sonné dans les bras. Le côté gauche de son visage enflait méchamment et une coulée de sang ruisselait le long de sa tempe. Le coup avait été d'une violence phénoménale et hors norme, pour un petit bout de femme qui était pourtant connue pour la férocité de son caractère.

Une seule et même conclusion traversa les esprits : Zoro avait merdé grave.

A la lueur du jour, l'épéiste reprit connaissance et grimaça douloureusement dans les bras du médecin. Il lui fit, cependant, signe de le déposer et le renne accéda à sa requête, tout en veillant au moindre signe d'évanouissement.

- Evite de bouger trop vite, conseilla le docteur en reprenant sa petite forme.

- Aïe… bordel ! mais qu'est-ce qui lui a pris, à cette sorcière folle dingue ?!

- Je n'ai jamais vu Nami-san dans une telle colère noire. J'ai eu si peur que mes yeux sont sortis de mes orbites… sauf que je n'ai plus d'yeux YOHOHOH !

- Qu'est-ce que t'as encore fait, espèce d'emmanché, pour mettre Nami-chérie dans un tel état ?!

- COMMENT JE LE SAURAIS ! Elle crise pour un rien en ce moment !

Pendant que les deux rivaux repartaient pour une autre de leurs disputes, Ussop, qui avait été le premier à noter que quelque chose n'allait pas, parcourut le pont du navire, du regard, quand il le repéra. A deux pas de lui, gisait au sol, le journal que Nami était en train de lire, avant que son attitude ne change drastiquement.

- Si t'étais pas aussi bête, peut-être que Nami-chérie ne passerait pas son temps à s'énerver ! tu es en train de ruiner sa santé !

- Parce que tu crois que lui courir après, en la gavant de tes boissons et pâtisseries ridicules, c'est mieux ! A ton avis, pourquoi Luffy lui a fait la remarque sur son poids ?!

- Tu oses dire que c'est de ma faute si Nami-chérie a pris du poids ?!

Sans que les autres ne s'en aperçoivent, le sniper venait d'ouvrir le journal et commençait à le feuilleter pour comprendre ce qui avait pu déclencher ce cataclysme. Il tourna une page et se figea. Des gouttes commencèrent à ravager son visage. C'était une catastrophe. Personne ne devait voir ça !

- Si je puis me permettre, les interrompit calmement Robin. Avant de partir, Nami nous a bien fait comprendre que nous avions tous une part de responsabilité. Je pense que nous avons peut-être un peu trop sollicité sa patience ces derniers jours, et c'est l'accumulation de plusieurs petites choses qui ont contribué à cette explosion. Mais il y a tout de même dû y avoir un élément déclencheur.

Tout en disant cela, l'archéologue se retourna vers leur artilleur qui avait son long nez plongé dans les news du jour. Son visage était livide tandis que ses yeux lisaient l'article qui peignait tout une page, et il ne se rendit pas compte que le reste de ses nakamas l'observait.

- Ohé Ussop ! fait voir ce journal ! lança Sanji, qui avançait en tendant la main.

Le jeune homme au long nez sursauta et replia aussitôt la gazette dans une main qu'il cacha maladroitement dans son dos.

- Qu… quoi ? Mais quel journal ? demanda innocemment le menteur qui transpirait à grosses gouttes.

- Celui que tu cache derrière toi, abruti. Montre-le-nous, ordonna le cuisinier.

- Mais… mais…, bredouilla-t-il.

La panique agita son cœur sensible et l'artilleur chercha désespérément une échappatoire. Il tenta une œillade implorante vers la jolie brune, pour lui faire comprendre qu'il ne fallait pas enquêter dans cette direction quand tout à coup :

- Ussop…

La voix sombre et autoritaire de Luffy résonna et coupa immédiatement court à toute mièvrerie. Une brise, plus forte que les précédentes, souffla sur eux, et le capitaine porta la main à son précieux chapeau.

- Quand Nami est partie, j'ai vu des larmes aux coins de ses yeux. Si quoique ce soit en est responsable dans ce journal, je veux savoir.

On ne pouvait aller à l'encontre d'un ordre du capitaine, surtout lorsque celui-ci revêtait un air aussi grave. Vaincu, Ussop baissa la tête et baissa les bras. Il ne voulait pas voir ça. Robin s'approcha doucement et il lui tendit le journal à regret. L'archéologue l'ouvrit d'un geste méticuleux et feuilleta les différentes pages avant de s'arrêter rapidement.

- Je vois, concéda-t-elle d'un ton sérieux mais avec cependant un léger sourire en coin.

En revanche, pour Sanji, qui s'était placé derrière la brunette afin de lire par-dessus son épaule, ne trouva rien d'amusant à ce qu'il vit, et tout comme la navigatrice, il fut pris d'une rage soudaine à l'encontre du bretteur.

- Toi, siffla-t-il avec tout le mépris dont il était capable, en fixant Zoro.

Ce dernier fronça les sourcils et posa la main sur ses sabres, cette fois-ci, prêt à se défendre.

- ESPECE DE SALAUD ! TU VAS PAYER POUR AVOIR FAIS CA A NAMI-CHERIE !

D'une puissante flexion de la jambe, Sanji s'élança à toute vitesse vers l'épéiste qui dégaina aussitôt ses katanas. Son tibia enflammé fila directement vers la tête gazonnante quand la douce voix de Robin l'interrompit :

- Sanji…

L'interpelé se figea mais resta en position d'attaque, les dents serrées et le regard braqué sur Zoro.

- Avant de se précipiter sur des conclusions hâtives, il serait peut-être préférable d'en discuter avec le principal concerné ?

- Cela me semble être la voix de la sagesse, approuva Jinbe qui venait de parcourir rapidement l'article par-dessus l'épaule de Robin. Nous devrions l'écouter. Il faut aussi se rappeler que Morgan manipule les informations à son bon intérêt, et il serait dangereux de se laisser happer par la désinformation.

La cigarette au coin de sa bouche, se brisa en deux. Au prix d'un effort ultime, Sanji éteignit ses flames et reposa sa jambe, non sans broyer le mégot qui lui restait coincé entre les lèvres. De son côté, Zoro était complètement largué, mais gardait sa posture défensive et un air renfrogné. Pendant ce temps, le Chapeau de paille s'empara à son tour du journal et son visage s'assombrit.

- Oi Zoro, l'appela Luffy. Regarde cet article.

Toujours méfiant, le jeune homme aux cheveux verts, rangea ses armes dans leurs fourreaux et marcha vers son capitaine qui lui tendait le journal, l'air grave. Qu'est-ce qu'il pouvait bien avoir d'aussi dramatique dans ce fichu torchon pour que tout le monde lui en veuille ?! Zoro l'attrapa vivement, pressé de lever toute confusion grotesque qu'il pouvait le concerner. Dans un souci d'efficacité, les autres avaient replié les pages de façon à ce qu'il tombe directement sur l'article voulu. Toujours précis et méthodique dans tout ce qu'il faisait, le bretteur commença par lire le gros titre qui noircissait l'entête.

« WANO KUNI :

KOZUKI ET CHAPEAUX DE PAILLE,

UNE ALLIANCE SOUS LE SIGNE DE L'AMOUR »

Le front de l'épéiste se plissa un peu plus alors que son froncement de sourcil s'intensifiait. Qu'est-ce que cela signifiait ? Son regard descendit sur la photo qui prenait une bonne moitié de page. Celle-ci semblait avoir été tiré de l'arrière-plan d'une autre, puis agrandie, pour exposer un fait qui aurait dû, définitivement, rester de l'ordre du secondaire.

L'œil de Zoro manqua de sauter de son logement. Là, en gros plan, il se tenait de profil, et devant lui, ou plutôt, contre lui, se tenait une jeune femme que tous n'eurent aucun mal à identifier. Ses longs cheveux turquoise descendaient en cascade dans son dos alors qu'Hiyori Kozuki avait la tête inclinée en arrière, les mains agrippées à son yukata, et la bouche, scellée à celle de l'épéiste. Bien évidemment la photo s'accompagnait d'une légende pour le moins racoleuse : « Des adieux déchirants entre l'ancien chasseur de pirates, Roronoa Zoro, membre des Chapeaux de paille, et la princesse Hiyori Kozuki. ». Effectivement, la scène laissait suggérer que les deux protagonistes échangeaient un baiser passionné, car la photo avait été prise de son côté aveugle, et comme cela, on aurait dit qu'il savourait pleinement ce moment.

Alors que ça avait été tout l'inverse ! Maudite femme beaucoup trop collante !

Des brides de phrase le firent sourciller, comme « une romance née pendant les heures les plus sombres », « deux amants faits pour se rencontrer », mais le pire fut celle qui conclut cet odieux article : « Vers un mariage pour renforcer les liens entre Kozuki et Chapeaux de paille ? Cela semble en très bonne voie ! »

- MAIS C'EST QUOI CETTE MERDE ! éructa Zoro. JAMAIS DE LA VIE, J'EPOUSERAIS CETTE FILLE ! OU EST LE PUTAIN DE PIAFF QUI APPORTE CA ?! QUE JE LE DECOUPE POUR EN FAIRE DES YAKITORIS !

De colère, il déchira (déchiqueter serait plus approprié), le ramassis d'incongruités et fusilla ses compagnons du regard.

- Comment vous pouvez croire à ça ?!

- C'est bien toi sur la photo, non ? lança Sanji en rallumant une cigarette.

- Oui mais… mais… ce n'est pas ce…

- Donc tu l'as bien embrassé ?

Le cuisinier tira une taffe et exhala la fumée négligemment en un fin filet, dans un semblant de calme. Zoro n'apprécia pas le raccourci qu'était en train de prendre le blondinet.

- Hein ?! NON ! enfin… c'est elle qui s'est jetée sur moi ! Ussop et Robin étaient témoins ! Dites-leurs vous !

Ce qu'il s'était passé n'avait rien eu de plaisant, et ce n'était pas un souvenir qu'il aurait aimé garder. La sœur de Momonosuke était une fille bien, et il l'appréciait à sa juste valeur, mais ça s'arrêtait là. Cependant, elle avait dû mal interpréter sa retenu, prenant ça pour de la timidité, alors qu'en réalité, Zoro n'était pas très bon dans le décryptage de signe avant-coureur. Lui, avait pris l'intérêt que lui portait la jeune femme, comme une sorte d'admiration parce qu'il lui avait sauvé la mise. Et ce ne fut qu'au moment où ils allaient quitter le pays, que l'ancienne courtisanne avait osé manifester ses sentiments à son égard. Au début, quand elle s'était approchée timidement, avec un voile rose qui nimbait ses joues et qu'elle n'osait pas le regarder, Zoro avait naïvement cru qu'elle se retenait de pleurer ou que sais-je. Pauvre idiot qu'il était. Hiyori l'avait pris par surprise et s'était empresser de l'attirer à elle pour plaquer ses lèvres trop sucrées sur les siennes. Il se souvint s'être crispé et à aucun moment il n'avait fermé l'œil ! Bien sûr, il avait eu envie de la repousser mais une petite voix lui avait suggérer que ce n'était pas très correct. Alors il l'avait laissé faire, sans y répondre, et la jeune femme avait très vite compris son erreur. S'en était suivit d'un instant gênant où elle s'était confondue en excuse et lui avait dû lui avouer que son cœur était déjà pris.

Non vraiment, ça avait été un cauchemar, qu'il n'aurait voulu revivre pour rien au monde. Mais apparemment, c'était sans compter sur de sales fouineurs. La seule chose positive dans son malheur, c'était que ça s'était produit devant témoin.

- C'est vrai Sanji ! Il ne ment pas ! plaida le long-nez.

- Hiyori-sama avait un gros béguin pour notre épéiste, confirma la brune.

Toutefois, les arguments avancés par ses camarades ne parurent pas suffire à temporiser la colère qui bouillonnait dans les iris bleutées du cuisinier. Tant pis ! de toute façon, il n'avait pas besoin qu'on le défende, il pouvait très bien gérer le cuisto de merde tout seul !

- Tu jures que tu n'as pas l'intention d'épouser la sœur de Momo ? Demanda sérieusement Luffy.

Son intervention mit en suspens le duel de regard entre Sanji et Zoro. Ce dernier se rembrunit avant de se tourner vers son capitaine. Il savait qu'il lui demandait cela uniquement pour clarifier la situation et bannir les non-dits, mais cela n'empêchait de piquer sa fierté. Après tout, ils se connaissaient suffisamment avec le temps pour se douter que Zoro ne ferait jamais une telle chose.

- Luffy, je n'ai qu'une parole et il en va de mon honneur d'épéiste, fit sombrement Zoro. J'ai juré fidélité à Nami il y a longtemps de ça, alors bien sûr que non, je ne vais pas épouser cette fille que je connais à peine.

- Alors ça me va, sourit le capitaine.

Intérieurement, Zoro soupira de soulagement. Se mettre Luffy à dos, n'était pas dans ses projets.

- Désolé mais moi ça ne me suffit pas, contra Sanji.

Mais quel emmerdeur, celui-là ! Constamment à la ramener pour rien !

- Nami en était bouleversée, donc j'en déduis que tu lui as caché ce détail et qu'elle l'a appris de la manière la plus humiliante qui soit !

- Hey le cuistot de merde, mêle-toi de ce qui te regardes. Nami était parfaitement au courant de ce qu'il s'est passé cette fois-là. Je ne lui ai jamais rien caché au sujet de cette fille. Elle sait très bien que tout ça c'est des conneries !

Véridique. Après que cela se soit produit, il en avait fait part à sa compagne, et même s'il était également vrai, que Nami ne l'avait pas très bien pris, elle l'avait pardonné, en lui affirmant que ce n'était pas de sa faute s'il était trop stupide pour se rendre compte lorsqu'une fille tombait amoureuse de lui.

- Les seules conneries que j'entends sont celles qui sortes de ton immonde bouche !

L'acier siffla, de nouveau à l'air libre. Les rayons du soleil firent rutiler les lames de Wado et Enma. C'était la meilleure ! Il allait laisser ce sale pervers aux mœurs douteuses et un peu trop volages, lui donner des leçons ? Dans ses rêves !

- C'est bon j'ai ma dose, ALLEZ VIENS TE BATTRE, DU-CON ! s'énerva Zoro.

- ENFOIRE !

Une ombre les survola et la carrure imposante de Franky apparut entre eux. Il attrapa les deux comparses par le col et les écarta manu militari.

- Attendez qu'on soit sur la terre ferme pour régler vos comptes ! le Sunny a assez souffert !

Même tenus à distance, par la peau du cou, Zoro et Sanji s'agitaient dans le vide pour essayer de se frapper mutuellement. Excédé par leur comportement puéril et sachant qu'ils ne l'écoutaient pas car dès l'instant où leurs pieds toucheraient le sol, ils se rueraient l'un sur l'autre, le charpentier fit la seule chose qui lui passa par la tête. La prise autour du col de chacun se resserra et, successivement, il les envoya valser par-dessus bord. Une bonne douche froide, ça calmait les ardeurs, et ce court laps de temps permettrait aux autres de souffler un peu.

A suivre...


Alors, vous pensez que Nami va vraiment lui pardonner ?

Je vous donne rdv la semaine prochaine pour en savoir plus !