Histoire non corrigée.
Il était vraiment, mais vraiment dans la panade. Il devait impérativement réparer ce qu'il avait fait au plus vite avant qu'il ne revienne des courses. S'en était presque devenu une question de vie et de mort.
Le jeune homme, plus si jeune homme que ça, regarda d'un teint blafard la catastrophe devant ces yeux. Remontons dans le passé. Il avait entendu son mari partir faire les courses comme tous les lundis matins depuis qu'ils étaient mariés et il lui avait confié la même mission que depuis trois ans.
Alors, bon sang de bon soir, comment cela fait-il qu'aujourd'hui cela ne se soit pas passé comme tous les lundis matins ? Gabe se le demandait, il devait trouver un moyen de réparer ça sinon il ne donnait pas cher de sa tête quand son archer de mari sera rentré des courses.
Gabe rangea rapidement le souk dans le salon tout en réfléchissant à un semblant de solution pour régler tout ça. Pour tous problèmes, solutions il y a. Pour une fois que Liam avait de bons proverbes, pensa l'ancien chasseur repenti qui avait survécu grâce à son actuel compagnon et sa communauté (dans laquelle il fait parti "malheureusement" depuis quelques années) après sa présumée mort à l'hôpital. Il tourna son regard vers la moindre surface de son salon à la recherche d'indice, mais avant tout à la recherche de la coupable de ce carnage.
Trois ans. Marchant à quatre pattes, presque sur deux pattes. Capable de passer de dimension par dimension grâce aux pouvoirs gentiment donnés par sa mère par la génétique. Une bouille d'ange. Manipulatrice à ses heures perdues qui a réussi à mettre Théo, Peter et Derek dans ses petites poches. Celle qui a prouvé qu'elle n'avait pas besoin d'un mégaphone pour se faire comprendre à des heures pas possible tout en étant capable de rivaliser avec Derek à un concours de mauvaises tronches.
En deux mots. Leur fille. Il devait trouver Tatiana avant que son homme ne rentre et trouver (même s'il avait sa petite idée) de comment elle a fait pour se retrouver dans cette état.
Des bonbons. Comment ces choses s'étaient-ils retrouvés sur la table du salon ? Halloween était passé depuis trois jours, il était sûr d'avoir rangé à double tour les bonbons dans leur placard truffé de piège en tout genre qui lui faisait, lui-même, craindre pour sa vie qu'avait installé son compagnon pour empêcher les enfants de la communauté et de la meute de Scott de manger quand ils venaient les voir.
Il les prit, les regarda, inspectant le contenu. Il en prit un en scrutant les alentours de la pièce. Comment allait-il procéder pour comprendre ? Ah ! Il avait une idée. Comment n'avait-il pas pu penser à ça, c'était tellement évident. Les pouvoirs de sa mère, elle avait sûrement réussi à faire téléporter les bonbons du placard dans ses petites menottes, mais pourtant, Gabe était sûr que son homme avait justement tout fait son possible pour qu'elle n'y arrive pas.
Il faut croire que cela n'a pas marché, pensa Gabe en ramassant un morceau de journal déchiqueté négligemment abandonné par la criminelle sur le canapé. Un bout du programme télé, heureusement que le téléphone existe pour savoir ce qu'i la télé le soir car ce n'est pas avec le petit bout qui restait qu'il allait pouvoir savoir le programme du soir. En plus, c'était une série qu'il détestait qui était marqué dessus. Il préférait largement regarder Mr Bean et Mr Magoo (comme Reaken même s'il ne partageait pas son amour pour les looney tunes et les baby looney tunes) que cette série policière remplie de clichés et qui parlait tout le temps de la même chose dans chaque saison. Un vrai ennuie.
Maintenant que Gabe a plus ou moins compris que les bonbons étaient la cause direct de ce carnage et qu'il allait devoir prévenir son homme qu'ils allaient devoir changer les bonbons de place. Il devait passer à la prochaine étape. Récupérer la fugitive. Savoir où elle se trouve fut un jeu d'enfant pour le repenti. Suivre les bouts de papiers de bonbons étaient un moyen efficace de faire, mais le problème, pensa le père de famille. C'est que sa fille, petiote comme elle était, pouvait se faufiler où elle le voulait dans la maison et pouvant se téléporter (merci Nolan, pensa amèrement Gabe) l'attraper sans l'intervention de Nolan ou d'un membre de la communauté relevait du miracle pour lui et elle devait le savoir cette vipère car elle a dû trouver amusant de se cacher dans un endroit impossible pour lui à accéder encore bien trop instable à la vue des quantités astronomiques qu'elle avait avalé et qu'elle continuait de manger.
Premier essai
L'appâter avec son doudou accroché à un fil.
Gabe était parti dans la chambre de sa fille chercher un ours en peluche. Il prit à la place le poulpe (surnommé Ive le poulpe) que sa princesse avait eu à la foire. Théo l'avait gagné au tir à la carabine (lui et Nolan auraient pu le faire eux-mêmes s'ils ne s'étaient pas disputés comme des putois avec le forain juste avant. Que voulez-vous, on est des anciens chasseurs ou on ne l'est pas) et sa pouchkrine lui avait fait les yeux doux pour l'avoir. Satisfait d'avoir l'appât parfait (Tatiana fera tout pour récupérer son précieux, même à sortir de sa cachette), il partit chercher du fil et un nœud dans la salle de bain. Passant à travers l'amasse de linge au sol (oups, pensa Gabe en se rappelant qu'il devait aussi mettre le linge dans la machine) il ouvrit les tiroirs et piocha dans la boîte à chouchous un nœud au hasard.
Quand il eut tout son matériel (il bifurque rapidement dans leur chambre pour prendre du fil se rappelant que son homme avait tout ranger dans leur commode), il repartit rapidement dans le salon. Jetant un coup d'œil à l'horloge, il vit qu'il ne lui restait que trente minutes pour arranger tout ce carnage. Nolan était déjà sur le chemin du retour. Avalant sa salive de travers, il n'avait plus une minute à perdre. Sa vie était en jeu. Il accrocha à une des tentacules du poulpe le chouchou dont le fil blanc le raccroche à la main du père de Tatiana. Il tira et voyant que cela tenait plus ou moins bien il s'avança vers le meuble télé où sa fille alertée par le bruit qu'il faisait, le regardait d'un œil curieux en mangeant rapidement les bonbons qu'elle avait encore sur elle.
En voyant son compagnon en peluche, la petiote bougea. Sa petite taille, malgré qu'elle soit allongée, lui donnait une grande liberté de mouvement. Gabe ricana dans sa tête, le plan fonctionnait bien. Il jeta Ive le poulpe (accroché) vers sa fille en le bougeant à plusieurs reprises. Voyant qu'elle commençait à avancer vers lui, le repenti se retient de justesse de danser la danse de la victoire. Attendant qu'elle ne prenne le poulpe pour la tirer hors du meuble, Gabe se prépara et alors qu'il allait tirer le fil un son strident vint l'interrompre.
- Merde ! Cria Gabe en regardant son téléphone pour le mettre à son oreille sans voir le prénom. Oui, quoi ?
- Tu vas te calmer ? Grogna son compagnon.
- Mon amour ! Fit joyeusement Gabe avec un ton hypocrite des gouttes de sueur commençant à couler sur son visage. Tu... tu... tu arrives bientôt ?
- Dans vingt ou trente minutes je suis là. Tout se passe bien avec Tatiana ?
- Bien sûr ! On s'amuse comme des petits fous. Je n'essaie absolument pas de l'appâter avec son poulpe après qu'elle est foutue le souk dans le salon après avoir mangé des bonbons qu'elle a piqué dans le placard en le téléportant avec ces pouvoirs.
- De quoi ?
- Bisous, je t'aime à tout de suite !
- Gabe, c'est quoi cette his-
Gabe raccrocha rapidement en soufflant. Il était dans la mouise. Tirant le fil avec sa main, il ne sentit pas de poids (sa fille avait beau être petite, elle faisait son poids) au bout. Inquiet, il tourna sa tête vers le poulpe ou du moins l'endroit où il aurait dû être.
- Merdeeeeeeeee !
Deuxième essai
Essayer de la piéger avec le reste des bonbons dans le paquet.
Fichtre ! Pensa le père de famille. Il était bien dans la merde. Il était dans un caca fou. Il se laissa tomber sur le canapé, englobant un bonbon, le repenti se mit à réfléchir à un plan. En enfournant un deuxième il plaça le problème de retrouver sa fille en priorité et ensuite le plan. En baissant son visage vers le sachet de bonbons il eut une idée. En se levant pour se diriger vers le meuble télé il prit le sachet vide coincé dedans. Parfait ! Pensa-t-il, elle allait être en manque et lui, il n'aura qu'à lui donner le reste pour la faire venir dans ses bras. Se félicitant et se traitant de génie, Gabe partit hors du salon sachant qu'elle n'y serait pas.
Devait-il faire toutes les pièces en ayant pour rappel que son homme allait rentrer d'une minute à l'autre ou simplement allait dans les endroits improbables ? Après une courte réflexion, il partit directement vers un endroit que Gabe connaissait comme étant improbable (et dont ils avaient découvert l'endroit il y a peu en bricolant). Il ouvrit doucement la porte dérobée, allumant la lumière pour descendre l'escalier, il avança doucement vers le sous-sol nouvellement découvert. Il s'arrêta quand il entendit un petit cri. Des pleures. Des pleures de petite fille apeurée. De sa petite fille. Il cria le prénom de sa princesse voulant la trouver rapidement en maudissant les pouvoirs de son compagnon qu'il avait donné à sa pouchkrine.
- Ma pouchkrine ! Cria Gabe. Dit "papa", pour que je te trouve !
Un petit gémissement se fit entendre. Il capta le son vers le fin fond puis un long silence se fit. Inquiétant le père de famille, il secoua le paquet de bonbons restant en espérant faire réagir sa fille, mais il comprit rapidement que la peur que dégageait la pièce était plus forte que le manque de sucre qu'elle devait maintenant ressentir. En arrivant au fond, il vit la morve couler du nez de sa fille, il s'accroupi devant elle et vit Ive le poulpe un peu plus loin. Il le prit, le donna à sa fille et tendit ses bras vers sa fille qui tendit les siens aussi. En la prenant doucement, il câlina sa princesse en lui donnant un petit bonbon.
- C'est tout ma princesse, lui dit Gabe en montant doucement les escaliers.
- Gabe ! Cria une voix en colère.
- On est dans le caca, fit fataliste Gabe en fermant la porte dérobée.
Tatiana et Gabe étaient tous les deux postés devant Nolan. La petite fille n'avait pas l'air embêtée par sa mère, rouge de colère, elle avait fini de sangloter et dormait dans les bras de son père (serrant Ive le poulpe dans ses petits bras) alors que ce dernier ce demandait bien à quelle sauce il allait être mangé.
- Je ne sais même pas si je dois demander le divorce ou simplement te frapper et t'envoyer dans une autre dimension ! Cria Nolan.
- Si tu pouvais juste me frapper je t'en serais gré chéri. Je n'ai pas trop envie de divorcer vois-tu et la dernière fois que j'ai entendu parler d'une autre dimension je me suis retrouvé au mauvais endroit au mauvais moment et j'ai fini dans une tribu d'ours-garou sortant de l'hibernation et j'ai terminé par courir à travers la forêt pour sauver ma peau.
À ce souvenir Nolan perdit toute trace de colère, son teint se mit à revenir normal et un éclat joyeux de rire sortit de sa bouche le forçant à se tordre en deux, les bras croisés devant son ventre surprenant Gabe qui se sentit vexé et en même temps heureux de constater que son homme n'avait l'air de ne plus avoir de pulsion meurtrière envers lui. Essuyant une larme qui menaçait de couler de ses yeux, l'archer se remit bien droit, les bras toujours croisés sous son torse et le regarda avec un sourire en coin.
- Tu as de la chance que ce souvenir m'est mis de bonne humeur.
- Je suis content de t'entendre dire ça, j'ai eu peur pendant une seconde que tu allais me refaire le portrait comme tu l'avais fait à cet homme la dernière fois au magasin. Tu sais celui qui a voulu prendre le dernier appareil à croque-monsieur. Bon, je vais aller coucher notre princesse et Ive le poulpe dans leur lit.
- Trois semaines...
- De quoi mon amour ? Fit Gabe en se retournant vers Nolan, leur fille et Ive le poulpe dans ses bras.
- Privé de sexe pendant trois semaines, privé de sortir entre potes pendant un mois. Privé de bonbons pendant toute la durée de la désintoxication de notre fille et pour finir, corvée de ménage et de course pendant tout le reste de l'année. Ça t'apprendra à ne pas savoir t'occuper de ta fille correctement.
- Ce n'est pas moi qui lui est conféré des pouvoirs magiques de ce que je sais.
- C'est qui, qui m'a sauté dans sa bagnole il y a plus de trois ans et m'a rendu enceint ?
- Je te déteste !
- Moi aussi je m'aime !
