Drabble 18 : Gabrielle Delacour x Bill Weasley
je sais pas d'où ça sort, ok ?
C'est mal.
Terriblement mal.
Ils le savent tous les deux.
Bill sait que Gabrielle est beaucoup trop jeune pour lui, seize ans d'écart ce n'est pas rien. Il sait aussi que dans un passé pas si lointain il aurait insulté un homme comme celui qu'il était devenu, ce genre d'homme qui sort avec des gamines, sa belle-soeur de surcroit.
Mais Gabrielle n'est plus une enfant, le temps et la guerre qui s'éternisent sont passés par là.
Gabrielle est suffisamment adulte d'ailleurs pour savoir que leur semblant de couple est mal, qu'elle ferait mieux de retourner en France, de fuir ce pays en guerre, si tant est que le reste de l'Europe soit épargnée. Pour tout ce qu'ils en savent, ce n'est peut-être pas le cas.
Il n'y a pas que leurs cœurs que Voldemort a brisé ; il y a aussi les communications.
Et la vie de Fleur, aussi.
Ils ont longtemps pensé qu'ils s'en sortiraient, un an, deux ans et puis cinq, ils ont tenu tout ce temps dans la Résistance, mais les Mangemort les ont rattrapé. Bill a pris le bébé, Fleur a protégé Gabrielle et maintenant, Fleur est morte.
Et eux... Eux sont là, cinq ans après, à crouler sous la menace des rafles, à essayer d'élever normalement un enfant.
C'est peut-être pour ça qu'ils se sont embrassés la première fois ; pour se donner l'illusion qu'ils étaient une famille normale.
Ou peut-être parce qu'ils étaient seuls.
Sûrement parce qu'ils désespéraient de retrouver un peu de Fleur dans l'autre.
Quoi qu'il en soit, leur relation est néfaste, mais ils s'en fichent.
Ils sont déjà fracassés par la guerre et la mort, alors autant être fracassés par l'amour.
C'est toujours mieux.
Du moins, ils essaient de s'en convaincre.
Bien souvent, ils n'y arrivent pas. Alors ils regardent le plafond en culpabilisant, en se promettant de tout arrêter.
Et puis, quelques fois, ils arrivent à se dire qu'ils ont bien mérité de connaître un peu de douceur. Dans ces moments où Bill caresse les cheveux de Gabrielle et où elle embrasse ses cicatrices, ils oublient la désolation et la peur. Ils se disent alors qu'ils sont capables de tout, y compris de garder en vie un enfant qui n'a connu que la violence et les bombes.
Et quand ce dernier sourit parce qu'ils lui offrent une poupée de fortune, ils se disent qu'ils ont au moins réussi à faire quelque chose de bien.
