Disclaimer : Rien d'Harry Potter ne m'appartient, si c'était le cas je serai une femme, je serai plus âgé et bien plus riche. Cette fanfiction est une œuvre originale de White Squirrel du nom de 'The Accidental Animagus' (/9863146/). Merci à lui de me permettre de traduire ses textes!
T/N: HEY ! Heu… "Toujours vivant", comme dirait Renaud ? J'ai eu beaucoup de choses à faire, une rentrée en Master aussi et je trouvais plus du tout le temps de traduire. J'avais peut-être besoin d'une pause prolongée aussi, il faut croire… Mais je vais essayer de revenir progressivement à un rythme de parution régulier. J'ai sûrement perdu tous les lecteurs qui suivaient cette traduction et plus personne ne doit se souvenir du début de l'histoire, mais on reprend !
Le dernier mois du trimestre d'automne arriva à son terme, des décorations furent placées, des aux revoir durent dits et le Poudlard Express revint à Londres sans incident. Les Weasley auraient basiquement la Tour de Gryffondor pour eux seuls durant les vacances. Harry et Hermione ne savaient pas s'ils devaient se sentir désolés pour eux ou s'inquiéter de ce que Fred et George feraient de l'endroit.
Mamie et Papi arrivèrent le vingt-trois, comme d'habitude, mais cette fois-ci, ils avaient été prévenus de s'attendre à une compagnie inhabituelle : le parrain d'Harry venait tout juste d'être remis en liberté après dix ans en prison pour un crime qu'il n'avait pas commis et son meilleur ami traversait une période difficile à cause d'une maladie chronique non spécifiée. Cela les rendit naturellement nerveux, mais ils furent assurés que tous deux aimaient Harry et que Remus pouvait mettre Sirius au pas.
Bien sûr, si les Maraudeurs étaient doués pour une chose, c'était savoir faire de l'effet.
"Ho ho ho, joyeux Noël !" Sirius Black en costume de Père Noël, avec un énorme sac de cadeaux sur le dos, était l'une des visions les plus étranges que la Famille Granger ait vue dernièrement, en particulier lorsqu'on savait qu'elle n'était pas activement magique. Harry et Hermione coururent se jeter dans les bras de leurs invités.
"Sirius, Remus, c'est bon de vous voir," dit chaleureusement Emma. "Vous avez l'air d'aller mieux." En effet, Sirius avait déjà repris un peu de poids et marchait d'un pas plus assuré. Et Remus, bien que ne paraissant pas aussi festif, portait au moins des habits neufs.
"Merci. Joyeux Noël à tous," dit Remus avec un sourire. "Vous savez, nous avons dû signaler cette visite au Ministère afin de pouvoir utiliser la magie sans déclencher d'alarmes. En fait, les enfants pourraient aussi l'utiliser et personne n'en saurait rien."
"Eh bien, je pense que nous allons nous contenter de la magie sans baguette pour le moment,' dit Emma. Bien sûr, même cela était assez impressionnant selon les critères moldus. Hermione avait fait un sacré spectacle la nuit précédente en allumant toutes les bougies dans la pièce avec des flammes bleues sans chaleur.
"Bienvenue, messieurs," dit Dan aux deux hommes. "Je vous présente mes parents, Robert et Vera."
"Enchanté de faire votre connaissance," répondirent les Maraudeurs.
Malgré les inquiétudes qu'il avait formulées le soir précédent, Robert Granger était tout sourire ce matin-là pour une raison totalement différente. Il s'avança et serra vigoureusement la main de Sirius. "Heureux de vous rencontrer, monsieur. Heureux de vous rencontrer. Avez-vous entendu la nouvelle ?" dit-il.
Sirius et Remus arquèrent tous deux un sourcil.
"Comment, vous n'êtes pas au courant ?" s'exclama-t-il. "Gorbachev a démissionné !"
"Qui ?" demanda Sirius.
"Qui ? Ne lisez-vous donc pas les journaux ? Mikhail Gorbachev, Présent de l'Union Soviétique. Il s'est retiré ce matin même. L'Union Soviétique est en train de s'effondrer ! Le Communisme tombe !" dit-il joyeusement
"Oh, oui, j'ai entendu quelque chose à ce sujet," dit Remus. "J'ai peur que les sorciers ne prêtent guère attention aux médias moldus."
"Eh bien, cette nouvelle est importante," dit Robert sur le ton de l'explication que la famille entendait le plus souvent chez Hermione. "Après tout, les Russes ont les plus grands stocks d'armement nucléaire."
Sirius et Remus acquiescèrent tous deux, reconnaissant le terme. Même les sorciers avaient entendu parler des armes nucléaires – la plupart d'entre eux, du moins.
"Oui," dit sèchement Emma, "maintenant nous n'avons plus à nous inquiéter d'une guerre nucléaire. Nous n'avons qu'à nous soucier de sorciers de l'Obscur."
"En fait, Emma, il s'agit en effet d'une nouvelle particulièrement notable," dit Remus. "Même au sein des familles les plus conservatives, la version des sorciers du 'tous à couvert' était 'transplanez aussi loin que possible de toute chose qu'il est humainement possible'."
"Ouais, et je crois que je me souviens de quelque chose comme quoi Dumbledore à ajouter une protection à Poudlard qui neutralise ou fait dévier les bombes," ajouta Sirius.
"Oh, ce serait fantastique," dit Robert. "La moindre chance qu'il puisse faire ça pour le reste du pays ?"
"Désolé, pas même Dumbledore ne possède ce genre de pouvoirs," dit Remus. "Tout de même, si l'Union Soviétique s'effondre, je me demande ce que cela veut dire pour Jugashvili."
"Qui ?" dirent les Granger.
"Jugashvili ?" demanda Sirius. "Il est encore en vie ?"
"Oui," expliqua Remus. "Konstantin Jugashvili, le Seigneur des Ténèbres de Leningrad. C'est un sorcier très puissant qui s'est fait un nom durant la Guerre de Grindelwald. Il a appuyé les Soviétiques des années durant, mais le gouvernement moldu a soudainement retiré tout son soutien en 1986. C'est lui qui est la cause de tous les problèmes dans le Caucase."
Les sourcils de Robert se haussèrent. "C'est une guerre magique ?"
"Oui, oui, nous causons beaucoup de problèmes," intervint Sirius. "Pourquoi perdons-nous notre temps à parler politique le jour de Noël ? Allez, nous avons des cadeaux à ouvrir."
La famille s'assit avec un enthousiasme palpable et Sirius vida son énorme sac. Des douzaines de cadeaux en tombèrent.
"Eh bien, c'est… certainement beaucoup de cadeaux," dit Dan une fois le sac complètement retourné.
"Après tout, j'ai l'équivalent de dix ans de Noëls à rattraper," dit Sirius. Il tira sa baguette et lévita chaque cadeau vers son destinataire. Il fut bientôt clair qu'il avait apporté pas moins de onze cadeaux pour Harry et, afin de ne pas faire preuve de favoritisme, en avait apporté autant pour Hermione, d'où son sac plein à craquer. Ne voulant pas être en reste, Harry et Hermione lévitèrent sans baguettes les autres cadeaux de sous le sapin. Ils se mirent en cercle et commencèrent à les ouvrir.
Il s'avéra que Sirius avait fait sa déclaration de rattraper les dix derniers Noëls au sens littéral puisque nombre de boîtes contenaient des jouets magiques prévus pour de très jeunes enfants. Il rit à l'ouverture de chacun d'eux. La plupart des autres cadeaux, bien sûr, étaient des cadeaux moldus typiques, majoritairement des livres. Les Granger donnèrent aussi quelques cadeaux à Sirius et Remus. Dan et Emma ne savaient pas vraiment le genre de cadeaux que s'offraient les sorciers, mais au final la famille avait décidé d'offrir à Sirius quelques livres sur l'histoire récente pour l'aider à se remettre à jour sur les évènements des dix dernières années et Remus reçut un livre sur les mouvements des droits civiques moldus, un sujet qui avait de grandes chances de piquer sa curiosité.
"Merci," dit Remus. "Okay, pouvons-nous être sérieux maintenant ?" ajouta-t-il, puisqu'ils avaient ouvert toutes les farces et attrapes.
"Je le suis toujours, c'est presque mon nom," lança son ami en retour avec un sourire en coin, causant un rire des Granger pour ce qui pourrait bien être la seule fois avec cette plaisanterie – pas qu'il ne continuerait pas à la faire. A l'époque, c'était généralement James qui lui tendait des perches comme ça, donc il était reconnaissant que Remus soit prêt à prendre sa relève.
Remus rit doucement et dit : "Et j'espère que vous me pardonnerai si je ne me joins pas à ses idioties, mais j'ai toujours cru que la qualité était préférable à la quantité." Il alla chercher deux longues boîtes fines et les donna aux enfants.
Harry et Hermione ouvrirent les cadeaux et leurs yeux s'écarquillèrent. Dans chaque boîte se trouvait quelque chose ressemblant à une sorte de court fourreau fait de cuir fin avec trois sangles d'attache.
"Ce sont des holsters de duel pour baguette permettant une dégaine rapide à attacher au poignet," expliqua Remus. "Ils sont d'usage chez les champions de duel et de nombreux Aurors. Vous pouvez garder vos baguettes à portée et ils permettent de dégainer d'un simple claquement de doigts. Ils possèdent une lanière à baguette qui protègera contre des Sortilèges de Désarmement modérés et sont faits en peau de dragon, donc ils résisteront aux sorts qui essaieraient de les influencer."
"Ils sont magnifiques," dit Hermione.
"Oui, merci, Remus," ajouta Harry.
"Mais je vous en prie. Vous avez dit que vous voulez commencer à vous battre en duel la semaine prochaine, donc j'ai pensé que vous devriez faire cela vraiment convenablement."
"Se battre en duel ? Comme dans un duel de sorciers ?" demanda nerveusement Vera.
"Plus comme combat d'entraînement au karaté, Vera," clarifia Emma.
"Mais, heu, est-ce que ces holsters ne sont pas plus petits que les baguettes ?" observa Robert. Et c'était vrai – ils faisaient un peu plus de la moitié de la longueur afin de pouvoir aller sur l'avant-bras d'un adulte de petite taille ou d'un enfant de onze ans de taille moyenne.
Remus se contenta de sourire et répondit : "C'est pourquoi ils sont magiques."
Sirius avait encore une petite pile de cadeaux en attente près de lui. "Bon, j'ai encore quelques choses pour vous," dit-il. "D'abord, pour Dan et Emma, qui ont eu la générosité de nous accueillir Remus et moi dans leur foyer et dans leurs vies – et pour Robert et Vera, pour nous avoir toléré ce Noël…" Sirius leur tendit quatre petites boîtes. Lorsqu'ils les ouvrirent, Dan et Emma poussèrent une exclamation lorsqu'ils découvrirent deux anneaux assortis sertis d'énormes émeraudes. Vera reçut un collier similairement orné et Robert une montre en or. "Ils ont appartenu à mes parents," dit Sirius. "Ils ont été certifiés sans malédictions et je ne peux penser à une meilleure utilisation que d'être portés par une famille de moldus."
Les Granger parurent encore un peu inconfortable à son allusion à ses problèmes familiaux mais Sirius passa à la suite. Il tendit à Harry et Hermione un paquet chacun, à peu près de la taille d'un livre de poche bien qu'ils ne furent pas de la même taille et forme. "Toi d'abord, Chaton," dit-il.
Hermione déchira l'emballage et sourit lorsqu'elle vit qu'il s'agissait d'un nouveau carnet comportant un cadenas. Mais contrairement aux carnets moldus de ce type qui n'avaient qu'une petite clé miniature, ce verrou recouvrait la totalité du livre et venait avec une clé de bonne taille sur laquelle Hermione pouvait sentir des sortilèges. "C'est un verrou magique ?" demanda-t-elle.
"Naturellement," dit Sirius. "Il n'est pas incassable mais il devrait protéger tes secrets de camarades de chambre un peu trop curieux."
"Ou de frères ?"
"Hé !"
Sirius examina Harry d'un œil critique. "Pour l'instant," déclara-t-il. "Mais tu ferais mieux de garder un œil sur lui. Et assure-toi qu'il ne mette pas la main sur cette clé."
Hermione gloussa. "Merci, Sirius."
Harry décida qu'il était temps d'ouvrir son cadeau. Mais il ne s'agissait pas d'un livre cette fois-ci. C'était un miroir. Il le leva à hauteur d'yeux et le contempla d'un air sceptique.
"Harry Potter," se fit entendre la voix de Sirius. Harry sursauta lorsque le visage à l'air narquois de son parrain apparut dans le miroir.
"Wow !"
"C'est un miroir à double sens," explique Sirius. "Ton père et moi avions l'habitude de discuter avec lorsque nous étions dans des retenues séparées. Dis juste mon nom et tu seras en mesure de me parler à tout moment. Et la communication est impossible à intercepter, donc c'est très sûr. On essaiera de vous en procurer une autre paire," ajouta-t-il pour Hermione, Dan et Emma, "mais ils sont vraiment difficiles à fabriquer et presque aussi à trouver à l'achat."
"Eh beh, c'est génial," dit Harry. "C'est comme un téléphone magique. Merci, Sirius."
"Ouais, ça sera particulièrement utile si quelque chose… d'inhabituel se produit," dit Dan. "Vous savez, vous pourriez faire une fortune si vous pouviez en vendre."
"Pas autant que vous le pensez," dit Remus. "Nous avons vérifié, et ce serait très bien pour les étudiants, mais la plupart des gens peuvent juste parler en utilisant une Cheminette."
A ce stade, avec tous les cadeaux ouverts et l'enthousiasme s'apaisant, un vieux chats rayés au poil brun s'approcha d'un pas rigide et renifla les pieds de Sirius et Remus avant de miauler d'une façon qui laissa comprendre à Harry qu'elle les reconnaissait.
"Eh bien, c'est un chat accueillant," dit Remus en baissant les yeux. "La plupart des chats n'apprécient pas trop les… vous savez …" Vu sa réaction, Rowena ne semblait pas beaucoup aimé Sirius en revanche.
"Tu sais, c'est amusant, Harry," dit Sirius. "Tes parents avaient une chatte qui lui ressemblait beaucoup – elle ne m'aimait pas beaucoup non plus."
Les Granger éclatèrent tous de rire. Même les grands-parents.
Remus souleva prestement la chatte et la renifla discrètement. "Patmol, je crois qu'il s'agit de la chatte de James et Lily."
"Tu rigoles !"
Les enfants gloussèrent à nouveau. "C'est bien elle," confirma Harry. "Nous l'avons trouvé à Godric's Hollow il y a cinq ans et, heu, le Professeur McGonagall a réalisé que c'était elle." Harry leur fit un clin d'œil.
"Mm hmm," ajouta Hermione. "Mais elle ne connaissait pas son nom, donc nous l'avons appelé Rowena."
"Ça lui va bien," dit Remus. "Je crois que Lily l'avait appelée Hypatia." A chacun des noms, la chatte s'était retournée et se trouvait à présent dans un combat de regard avec Sirius.
"J'aurais dû me douter que tu t'en tirerais," dit Sirius. "Enfin, au moins tu as pu retrouver la famille qu'il te restait."
La matinée touchait à sa fin et tout le monde commença à ramasser les papiers d'emballages jusqu'à ce qu'Emma les arrête : "Oh, attend Harry, je crois que tu en as oublié un."
Harry se retourna et vit un paquet de plus qu'il n'avait pas remarqué plus tôt. Il était assez volumineux et très léger et emballé dans un papier argenté.
"Ce n'est pas l'un des nôtres. Est-ce que vous l'avez apporté ?"
"Non, ce n'est pas de nous," dit Remus.
Harry examina le cadeau et vit une note attaché, rédigée d'une écriture cursive dont il était presque sûr de connaître l'origine : "Ton père m'a laissé ceci avant de mourir .Il est temps que tu en hérites. Fais-en bon usage. Très joyeux noël… Ce n'est pas signé," dit-il.
"Laisse-moi voir ça, Loupiot," intervint rapidement Sirius. Harry le lui tendit et il commença à passer sa baguette au-dessus. Remus s'approcha et ajouta sa baguette à ses tests. "En tout cas, il n'y a aucun envoûtement évident," déclara Sirius. "Et c'est l'écriture de Dumbledore. Je me demande…" Il déchira le paquet et en tira le coin d'un tissu lisse et scintillant. "Lunard…" dit-il presque avec révérence, "c'est la cape."
"La quoi ?" demandèrent les autres.
Sirius donna doucement le cadeau à Harry. "C'était la possession la plus précieuse de ton père, Loupiot. Vas-y, enfile-la."
Harry jeta un coup d'œil confus à ce tissu argenté qui coula presque tel un liquide par terre, mais les yeux d'Hermione étincelèrent de compréhension. Il se leva et s'enveloppa dans la cape.
Il y eut une soudaine exclamation venant du reste de sa famille. Harry baissa les yeux et découvrit qu'il ne pouvait plus voir ses pieds : "Ah ! Mon corps a disparu !" Il tourna sur place, essayant de comprendre ce qu'il se passait.
"C'est une cape d'invisibilité," dit Hermione d'un ton impressionné. Dan et Emma échangèrent un regard nerveux.
"Pas juste n'importe quelle cape d'invisibilité," dit joyeusement Sirius. "C'est la meilleure cape d'invisibilité que j'ai pu voir – dont j'ai pu même entendre parler. Pour la plupart de ces trucs, les sortilèges s'usent au bout d'environ dix ans, mais cette cape se trouve dans la Famille Potter depuis des générations."
Harry fit la connexion et tira la cape sur sa tête, disparaissant complètement.
"Je me demande pourquoi Dumbledore la lui rendrait si tôt," songea Remus.
"Vous vous fichez de moi ?" lança Dan, portant une main à son front. "C'est exactement le genre de choses que Dumbledore ferait."
"Et si vous comptez apporter ce truc à l'école, nous allons avoir une longue conversation quant à la façon dont vous pouvez et ne pouvez pas l'utiliser," dit Emma d'un ton fort.
"Oh allons, Emma, laisse-les s'amuser," commença Sirius.
Il y eut un glapissement de surprise et un bruit de chute et plusieurs morceaux du corps d'Harry apparurent par terre. Hermione semblait l'avoir attrapé par le pied et lui avoir fait perdre l'équilibre en tirant sur sa jambe.
"Comment tu as su ?" s'indigna Harry.
Hermione leva les yeux au ciel. "Je pouvais voir tes traces de pas sur le tapis, Harry."
Sirius aboya de rire. "Et puis, quelque chose me dit que le Chaton le gardera au pas sans problème."
"Okay, bon, nous en rediscuterons plus tard," dit Emma. "C'est l'heure du repas de Noël."
Cette simple phrase rassembla tout le monde.
"Votre cuisine est excellente," dit Remus lorsqu'ils entamèrent le jambon de Noël. Sirius grogna son accord en prenant une énorme bouche des plus canines. "Aucun de nous deux n'a… heu… eu beaucoup d'opportunités d'apprendre cet art, donc j'ai bien peur que nous n'ayons jamais fait bonne chère, même chez Patmol."
Sirius eut un petit rire avant d'avaler. Une pensée lui vint : "Je me demande si Andromeda nous aiderait à cuisiner pour la fête."
"Quoi, et laisser passer une chance de te voir t'embourber ?" dit Remus.
Sirius tira la langue à son ami. "Oh, mais ça me rappelle," il se tourna vers les Granger. "Andromeda m'a dit que le Magenmagot a programmé la présentation des récompenses pour Samedi."
"Oui, on nous a mis au courant," répondit Dan. "Nous utiliserons juste la Cheminette chez toi, si _a ne te dérange pas ? On ne devrait pas avoir trop de mal à entrer et sortir."
"Non, mais ce sera long et ennuyeux," se plaignit Sirius. "C'est la dernière réunion prévue de l'année – ils se réunissent toujours le dernier Samedi du mois – donc il y aura des projets à débattre et des budgets à approuver et tout cet agaçant tintouin politique. Sérieusement, j'ai considéré l'idée de nommer Remus mon mandataire après la réunion du mois dernier. Il a toujours été meilleur à tous ces trucs verbeux."
Remus tira à son la langue à Sirius, à la surprise de certains des autres invités.
"Et sur cette note," poursuivit Sirius, "j'ai pris mon siège lors de la réunion de Novembre, mais je n'ai pas vraiment fait quoi que ce soit. Je pense qu'il est temps de faire un peu bouger les choses. Que pensez-vous d'une alliance formelle entre la Maison Black et la Maison Potter ?"
Les Granger arrêtèrent de manger, à l'exception de Mamie et Papi qui paraissaient quelque peu amusés. Cousine Andi leur avait dit qu'une alliance était une manœuvre politique majeure.
"Je sais que c'est une décision importante, mais je suis d'accord avec Sirius sur ce coup – pour une fois," dit Remus. "Ce n'est rien de vraiment contraignant. Il s'agit juste d'annoncer que la Maison Black et la Maison Potter sont en accord et voteront généralement ensemble."
"Et bien sûr, je suis ton parrain, donc c'est déjà le cas officieusement," ajouta Sirius, "mais la tête que tireront les Conservateurs Sang-Purs lorsqu'ils perdront officiellement une Très Ancienne Maison sera impayable. En fait, les Malfoy seront la seule Très Ancienne Maison restante parmi les Conservateurs. Les autres se sont toutes éteintes." Il eut un sourire songeur à l'idée que cela puisse aussi arriver aux Malfoy d'ici une ou deux générations.
"Hmm…" dit Dan. "Qu'en penses-tu Harry ?"
Harry haussa les épaules. "Ça me parait bon." Il eut également un petit sourire en s'imaginant l'expression de Drago Malfoy à cette action.
"Bien, nous vérifierons avec Cousine Andi, mais si elle n'a aucune objection, je ne vois pas de problème," dit Dan.
Emma prit la parole : "Tant que nous sommes sur le sujet, Sirius, nous avions quelques points que nous voulions aussi discuter."
Sirius arqua un sourcil.
"Pour le moment, nous avons Cousine Andi en temps que tutrice magique pour les enfants, puisque nous voulions une… approche plus personnelle que celle de Dumbledore," dit-elle avec tact, "mais nous avons cru comprendre que la garde légale d'Harry t'es automatiquement revenue lorsque tu as été acquitté."
Sirius plissa le nez et baissa la tête comme un chien. "Est-ce… un problème ?" demanda-t-il timidement.
"Nous en avons discuté," commença Dan.
"Nous avions quelques inquiétudes," poursuivit Emma. "En particulier par rapport…"
"A ma réputation quand j'étais à Poudlard ?" devina Sirius.
"J'allais plutôt dire la longue récupération qui t'attend si les histoires que nous avons entendues sur Azkaban sont vraies." Mais oui, ça aussi.
"Mais Harry t'aime beaucoup et nous savons tous qu'Harry est très bon juge de caractère," assura Dan.
Sirius se redressa à cela. Un chat était semblable à un chien en cela – peut-être meilleur puisqu'il n'était pas aveuglé par l'instinct de meute. Et après tout, Harry avait attrapé le Rat alors que Sirius ne l'avait jamais même soupçonné.
"Donc, lorsque nous en avons discuté, Harry nous a demandé de faire un acte de foi et, finalement, nous avons décidé de suivre son avis," continua Dan. "Et puis, avec tout le respect que je te dois, Remus, et par pure convenance, c'est quelque chose que nous devrions probablement limiter à juste Sirius." Remus acquiesça. Dan était suffisamment poli pour ne pas mentionner les restrictions dues à sa condition. "Sirius, nous aimerions te demander si tu accepterais d'être le tuteur magique et le parrain… de nos deux enfants."
Remus s'immobilisa et observa Daniel Granger un exploit rare : rendre Sirius Black sans voix. La bouche de Patmol béait à cette requête tandis que des larmes s'accumulaient dans ses yeux. C'était vraiment d'une preuve de confiance étant donné qu'il s'agissait de Sirius. En fait, s'il s'était agi de qui que ce soit d'autre que James, Remus aurait dit que la première fois avec Harry avait déjà été un acte de foi.
"Joyeux Noël," dit Emma au Maraudeur abasourdi.
Remus s'approcha et referma la bouche de Sirius d'un doigt sous le menton, le tirant de sa stupéfaction.
"Je… je serais honoré…" bafouilla-t-il avant de se tourner vers Hermione. "Tu es d'accord avec ça, Chaton ?"
Hermione hocha la tête, bien qu'avec un peu d'hésitation. "Ce serait bien d'avoir un parrain," dit-elle. "Et des liens plus étroits avec une puissance famille Sang-Pure ne ferait pas de mal. En plus, Harry ne voulait pas me lâcher tant que je ne disais pas oui."
Sirius ricana et pleura un peu en même temps. "Tu es trop bon pour moi, Loupiot. Je n'aurais pas pu penser à un meilleur cadeau même si j'avais essayé."
Harry lui sourit malicieusement et répéta : "Joyeux Noël, Sirius. Peut-être qu'à nous deux, on arrivera à apprendre à Hermione à se détendre un peu."
"Idiot." Hermione lui donna un coup sur le bras.
"Vous savez, Lily disait toujours qu'il devrait avoir une plus grande présence féminine pour qu'il se tienne à carreau," plaisanta Remus.
Tout le monde éclata de rire.
Cher Ron,
Sirius et nous nous sentions un peu mal que tu aies perdu ton "animal de compagnie", et nous avons décidé que c'était notre responsabilité. Tu nous as dit que tu n'avais pas ton propre hibou. Celui-ci est un peu hyperactif, mais tu pourras toujours le lâcher sur un de tes frères pour les embêter.
Joyeux Noël,
Harry et Hermione
P.S. Ne t'en fais pas, Harry a vérifié, il s'agit bien d'un hibou.
'J'en douterais presque,' songea Ron alors que le Petit-duc filait à travers la pièce, hululant follement. 'On dirait un écureuil sous caféine avec des ailes.' Il tendit une main et parvint à faire venir se poser le hibou.
"Aïe !" L'oiseau lui avait mordu le doigt dans ce qu'il avait probablement pensé être une façon affectueuse et s'envola à nouveau lorsqu'il secoua sa main.
'Ginny pensera sûrement qu'il est adorable.' Ron n'était pas sûr de pourquoi Harry pensait qu'il voudrait un hibou aussi hyperactif. Peut-être que c'était le seul hibou du magasin qui soit trop rapide à attraper dans sa forme de chat.
Ron eut un sourire en coin. 'Ouais, Harry a pas toute sa tête, okay. Mais c'est un bon gars.'
"Nous sommes désolés de devoir vous laisser pour la soirée, Maman, Papa, mais c'est un évènement assez important dans le monde magique, et il n'est malheureusement pas ouvert aux grands-parents."
"Oh, ne vous en faites pas pour nous" dit Papi. "Amusez-vous bien. Nous pouvons comprendre combien ce truc de deux mondes peut être compliqué, donc nous comprenons."
"Je tiens à tous vous remercier," dit Sirius. "C'est le meilleur Noël que j'ai eu depuis avant la naissance d'Harry. Et je sais qu'il ne l'admettra pas, mais je suis sûr que c'est aussi le cas pour Lunard."
Remus imita Hermione et le frappa sur le bras.
Ils dirent leurs aux revoir et se dirigèrent vers les voitures. (Remus en avait loué une pour les Maraudeurs. "J'avais une moto volante," avait grommelé Sirius, "mais Andromeda refuse de me la rendre tant que je ne la convaincs pas que je peux la conduire sans me tuer.") Mais alors qu'ils partaient, Sirius tira Hermione à l'écart un instant.
"Hermione, je ne pouvais pas en parler à moins d'être seul avec toi, mais j'ai un autre cadeau pour toi," dit-il. Il sortit un paquet de la taille d'un livre emballé dans un simple papier brun et le lui donna.
Hermione déballa cet étrange cadeau et découvrit qu'il s'agissait d'un carnet particulièrement usé, déjà plein de notes sur… la métamorphose en animal ?
Sirius sourit malicieusement : "Ce sont toutes nos notes sur comment devenir un animagus."
Les yeux d'Hermione s'écarquillèrent et elle poussa une exclamation de joie. "Merci, merci, merci ! C'est juste parfait !" s'écria-t-elle, bien que pas trop fort, récompensant son nouveau parrain d'une étreinte enthousiaste.
"Je pensais bien que ça te plairait. Mais il y a une règle très importante, Hermione : tu dois me promettre de ne pas essayer sans la présence d'un autre animagus ou de Dumbledore, si tu décides de l'en informer. Et Harry ne compte pas pour ce qui est de tenter la métamorphose sur soi. C'est aussi à ça que sert le miroir. Tu t'en sortiras bien mieux avec quelqu'un qui a appris lui-même appris à se transformer, donc je t'apprendrai."
Le sourire d'Hermione s'élargit. "Sirius, c'est fantastique ! Bien que je ne t'aurais pas pris toi pour quelqu'un de responsable."
"Hé, tu es ma filleule maintenant. Je dois bien parfois être responsable. Joyeux Noël, Chaton."
"Joyeux Noël, Patmol," lui répondit-elle.
Presque une heure plus tard, Harry Potter et sa famille élargie traversaient le Chemin de Traverse en direction du Théâtre Transverse pour la première du Sorcier et la marmite sauteuse de Beedle le Barde. Le tapis rouge n'avait pas vraiment été déroulé, étant donné la petitesse du pays, mais le nombre de sorcières et sorciers en tenue d'apparat, y compris les Granger, rendait clair qu'il s'agissait de l'évènement social de l'année.
Cela, bien sûr, signifiait qu'il était probable qu'ils rencontrent des personnes déplaisantes, et pas juste les journalistes que les Tonks éloignaient scrupuleusement d'eux.
"Bonsoir, Lord Potter… Lord Black," interpella une voix acide.
"Lord Malfoy," répondit Sirius d'un ton gardé tandis que Lucius Malfoy, s'appuyant sur sa canne magique suivi de sa femme et son fils, approchait le groupe. Drago fixait Harry d'un air soupçonneux. Chacun d'eux évitait ostensiblement de regarder en direction de Dan et Emma, qui ne semblaient guère emballaient eux-mêmes.
"Je ne m'attendais pas à vous voir ici," poursuivit Sirius, se hérissant face à l'homme que tous prétendaient ne pas être un Mangemort, "étant donné les… scandaleuses rumeurs concernant la performance de ce soir."
"Voyons, voyons, Lord Black, je pense que nous sommes d'accord qu'il est important de soutenir les arts," dit Lucius, causant un sourire sarcastique de la part de Drago. Narcissa conserva simplement son expression hautaine. Le ton de ce commentaire rendait clair que Lucius choisirait quoi et comment financer selon son approbation du spectacle.
"Je suppose que nous pouvons être d'accord sur quelques choses," dit Sirius.
"Harry Potter !" La tension au sein du groupe s'effondra à l'arrivée précipitée d'une jeune fille en robe bleue surexcitée. "Merci de tout cœur d'être venu. Cela compte vraiment beaucoup pour nous. Vous aussi, Lord Black."
"Comment ça va, Mandy ?" demanda Harry. "Nous n'aurions pas manqué ça après la publicité que tu nous en as faite."
Mandy gloussa un moment, puis se ressaisit et serra la main des invités. Les Malfoy plissèrent le nez et s'éloignèrent lorsqu'elle la main de Dan et Emma. "Bonsoir," dit-elle formellement. "Je suis Amanda Brocklehurst. Bienvenue au Théâtre. Si cela vous convient, mon arrière-grand-père aimerait vous rencontrer après le spectacle."
"Enchantée, Amanda. Nous avons entendu parler de toi par nos enfants. Je pense que nous pourrons trouver un peu de temps après le spectacle," dit gracieusement Emma, faisant de son mieux pour ignorer les flashs d'appareils photos autour d'eux.
"Merci, merci…" Mandy prit une profonde inspiration et passa aux invités suivants, et les Granger allèrent prendre leurs sièges.
Bien que le Spectacle de Noël ne fut pas une comédie musicale ou un opéra ou quoi que ce soit de similaire, il possédait tout de même un splendide accompagnement orchestral qui commença par une ouverture sombre et prenante. En fait, la musique était si réussie qu'Hermione et Harry se demandèrent si l'arrière-grand-père de Mandy avait regardé des films moldus pour s'en inspirer. D'après le programme, l'une des musiques avait même été composée par le Professeur Flitwick. Elle s'appelait "Une Chose Mauvaise Venant Vers Nous" ["Something Wicked This Way Comes"], et lorsqu'elle fut jouée quand le méchant fils du vieux sorcier monta pour la première fois sur scène, cela ne laissa aucun doute sur la direction que prendrait l'histoire.
L'histoire originale de la Marmite Sauteuse de Beedle était assez courte, mais elle avait été grandement allongée. Le sorcier, qui avait été nommé après l'ancien Seigneur des Ténèbres français Atlantes, avait rendu clair avant même la mort de son père qu'il considérait les moldus comme inutiles, et qu'aider les moldus, comme son père en avait eu l'habitude, était indigne de lui. Atlantes s'en justifia en mettant en garde son père de façon répétée contre un chasseur de sorcière fanatique, John Hale, qui ne voulait rien plus que les immoler tous les deux sur un bûcher. Mais même si les rumeurs des chasses aux sorcières – dont quelques-unes avaient même été un succès – arrivaient au village depuis de lointaines contrées, le père d'Atlantes avait toujours vécu en paix avec les moldus, dissimulant ses pouvoirs en proclamant qu'ils venaient de sa "marmite porteuse de chance", et personne n'écoutait jamais John Hale.
Et puis le père d'Atlantes mourut de vieillesse et le jeune sorcier arrêta d'apporter son aide à ses voisins moldus. Une vieille femme dont la fille était affligée de terribles verrues, un marchant itinérant qui avait perdu l'âne qui transportait ses produits et une jeune mère dont le bébé était tombé malade vinrent chacun demander son aide. Et chaque fois, il leur claqua la porte au nez. A la différence de l'histoire de Beedle, ici la Marmite Sauteuse du père était plus lente et subtile dans son effort de persuader Atlantes de les aider. Et les tentatives d'Atlantes pour la faire taire avaient partiellement réussi, même s'ils ne semblaient jamais durer et cessaient de fonctionner aux pires moments possibles, résultant en plusieurs situations hilarantes au grand amusement des enfants (et adultes) de l'audience.
Pendant ce temps, les villageois avaient commencé à être mécontents du refus d'Atlantes de les aider, et lorsque le rideau descendit sur l'Acte I, John Hale saisissait cette occasion pour les retourner contre le sorcier. Seule Alcina, une jeune veuve moldue qui connaissait l'existence de la magie et avait elle-même essayait de convaincre Atlantes d'aider ses voisins, prit sa défense, essayant de ramener la paix et l'harmonie qu'ils avaient eu du vivant de son père.
Cela conduisit à ce qu'Andromeda décrivit comme une brillante idée d'incorporer le récit moderne connut de la foule où la Marmite Sauteuse mangeait les moldus, car Atlantes essaya d'ensorceler la marmite pour qu'elle lui obéisse et repousse pour lui les moldus qui l'agaçaient, puis l'inévitable foule en colère. Mais même cela se retourna horriblement contre lui.
"Tu nous penses inférieurs ?" s'écria l'actrice par-dessus les bruits de ferrailles de la marmite. "Tu nous penses faibles ? Et pourtant qui chasse qui du village ! Et la seule raison pour laquelle ils te chassent est car tu les as provoqués. Nous aimions tous ton père. Nous l'avons même protégé des chasseurs de sorcière. Sais-tu combien d'entre nous leur ont dit que ses soins étaient dus à des miracles ou des remèdes à base d'herbes ou d'une météo favorable… à notre propre risque si nous étions découverts ? Et n'est-ce pas nous qui faisons pousser ce que tu manges, fabriquons tes vêtements et construisons ta demeure ? Si tu prenais un moment pour nous regarder comme des êtres vivants et non comme une épine dans ton pied, peut-être réaliserais-tu que tu as tout autant besoin de nous que nous de toi !"
Et à cette proclamation, Atlantes dirigea sa baguette vers la femme qui osait le défier, sans aucun doute pour lui lancer quelque terrible maléfice pour se débarrasser d'elle, et il y eût un hurlement, mais il ne provenait pas d'elle, mais de la Marmite Sauteuse. Et lorsqu'il l'entendit, Atlantes baissa sa baguette, car il ne pouvait se résoudre à attaquer la femme qu'il était venu à… pas admirer, mais respecter pour son courage et sa persistance. Ainsi, il commença à aider avec réticence à résoudre les problèmes des moldus. Le bébé mourant de la jeune mère fut sauvé, l'âne retrouvé, les verrues de la fillette soignées et ainsi pour tous les autres. Même John Hale cessa son attaque lorsque Alcina s'interposa afin qu'Atlantes puisse sauver la vie de son fils, qui avait été blessé dans le combat. Et la paix revint sur le village, aux applaudissements de l'audience.
L'inquiétude des Granger – et d'Andi également, bien que les Granger ne le ressentissent plus vivement – avait été que même si la pièce était "pro-moldue", il serait très facile de lui donner un ton condescendant : "Oh, les pauvres moldus ont besoin de notre aide." Non seulement cela serait-il rabaissant, mais le Code du Secret amoindrirait-il le message aux yeux de l'audience moderne (quelque chose que Beedle avait remarqué, lui aussi, d'où le stratagème de la "marmite porteuse de chance"). Mais au lieu de ça, les moldus étaient dépeints comme aidant Atlantes et réussissant assez bien à s'entraider, et la vraie histoire reposait sur l'amitié et l'assistance mutuelle, même par delà le voile du secret.
Encore mieux, les Granger (Emma et Hermione en particulier) trouvaient qu'Alcina était la vraie star du spectacle – un personnage féminin fort, qui pouvait tenir tête aux torts de chaque côté. Lorsque la pièce s'arrêta en laissant supposer une relation romantique entre elle et Atlantes, la majorité de l'audience sembla avoir oublié qu'il s'agissait d'un personnage moldu et l'applaudit bruyamment au rappel de rideau. Et pour une si petite équipe de scénaristes et d'acteurs, les attentes avaient assurément été dépassées.
Après le spectacle, Mandy intercepta à nouveau la famille et les conduisit vers une salle de réunion où ils furent accueillis par trois génération d'hommes et de femmes, le plus vieux très parcheminé, avec uniquement un duvet de cheveux blancs autour du crâne.
"Lord Ethelred Brocklehurst," dit le vieil homme, se tenant aussi droit qu'il le pouvait. "C'est un honneur, Lord Potter, et soyez le bienvenu, Lord Black. J'espère que la performance était à votre goût ?"
"Absolument," répondit Andromeda Tonks. "Aussi exceptionnelle que je l'avais espérée et plus encore."
"Je n'aurais jamais pensé voir le jour où l'histoire serait racontée en public," songea tout haut Sirius. "Je n'en avais pas cru mes oreilles la première fois que James m'avait parlé de la version d'origine."
"C'était bien mieux que l'histoire du livre, monsieur," dit Harry lorsque de plus en plus d'yeux se tournèrent vers lui.
"Et nous ne disons pas cela de toutes les pièces que nous voyons," ajouta Dan avec un sourire. Le reste de la famille partagea un rire léger.
"C'était une très belle pièce, monsieur," dit à son tour Hermione.
"Je suis heureux d'entendre ça," répondit Ethelred Brocklehurst. "Mon projet de restaurer notre héritage culturel perdu n'a pas été sans détracteurs."
"En tout cas, vous n'entendrez aucunes réclamations de notre part," dit Sirius. "Tout ce qui peut servir de pied de nez à l'encontre de ma famille est une bonne chose à mes yeux – mis à part la présente compagnie – et vous pouvez me citer mot pour mot sur ça."
"Et avec moi on est deux !" intervint Dore depuis l'arrière du groupe.
Andromeda soupira. Lorsqu'elle avait été réintégrée à la Maison Black, elle n'avait pas pensé que cela serait synonyme de Maison des fauteurs de troubles, et maintenant il avait réussi à entraîner Dora dans tout ça, en plus. Enfin, elle aurait dû s'en douter, pas vrai ?
"Excellent," dit le patriarche des Brocklehurst. "Maintenant, puisque vous avez eu l'amabilité de venir me rencontrer, il y a une jeune femme ici qui souhaiterait tous vous rencontrer." Soudain, ils remarquèrent la jeune femme qui avait joué Alcina sortir de l'ombre du fond de la salle.
"Bien sûr," dit Emma avec excitation. "Cassandra, n'est-ce pas ? Vous étiez brillante sur scène."
"Vraiment brillante," surenchérit Hermione.
"Merci de tout cœur," dit Cassandra. "Il s'agissait de mon premier spectacle professionnel, j'étais extrêmement nerveuse."
"Votre premier spectacle ?" dit Hermione avec surprise.
"Oui, vous comprenez, je ne suis pas encore une membre officielle de la Compagnie."
"Vraiment ?" dit Emma.
"Non, il y a des circonstances particulières. Voyez-vous, mon nom complet est Cassandra Deauclair." Les Granger avaient remarqué qu'Alcina était créditée sous le nom "Cassandra C.", l'un des rares rôles (mais pas le seul) à ne pas avoir un nom entier. "Ma sœur, Penelope, est une préfète de Serdaigle à Poudlard… mais je suis moi-même une moldue."
Une exclamation suivit par un sourire contagieux se répandit dans la pièce, et Sirius et Rems aboyèrent tous deux de rire. "Vous avez engagé une moldue pour un rôle de moldu ?" s'étouffa de rire Sirius face à Brocklehurst. "Vous êtes un génie ! C'est la meilleure farce que j'ai vu depuis que je suis sorti d'Azkaban ! Quand comptez-vous le dire à tout le monde ?"
"Dans deux jours, après que les avis soient parus," répondit le vieil homme. "Nous voulions qu'ils soient impartiaux. Mais étant donné les circonstances uniques de Lord Potter, j'ai pensé qu'il devrait en être informé plus tôt."
"C'est très généreux de votre part, monsieur… Lord Brocklehurst. Je vous remercie," répondit Harry.
La famille quitta la rencontre tout sourire. C'était une manœuvre brillante, sans nul doute, et Cassandra Deauclair était vraiment une grande actrice. Et bien que le projet de loi du Magenmagot n'ait pas été mentionné, le vote de Lord Brocklehurst semblait pratiquement assuré. Andromeda et Sirius conférèrent quelques minutes avec Harry pour peaufiner la déclaration publique qu'il allait forcément être demandé de donner, et sortirent par la porte principale du Théâtre. Sans surprise, en quelques instants, une sorcière blonde au manteau de fourrure violet s'approcha pour lui poser une question : "M. Potter, Rita Skeeter du Daily Prophet. Puis-je vous poser une petite question ?" Rita pâlit un peu au regard noir d'Andromeda qu'entraîna sa requête, mais elle tint bon. "Étant quelqu'un avec l'expérience à la fois des mondes moldus et magiques, qu'avez-vous pensé de cette pièce ?"
Harry ralentit jusqu'à s'arrêter et fit de son mieux pour répondre d'un ton respectueux – aucune raison de donner à Skeeter une motivation supplémentaire de s'en prendre à lui. "Il y a d'autres personnes ayant plus d'expérience que moi en cela, comme mon Cousin Ted, mais nous apprécions tous cela. Mes deux familles ont toujours supporté les droits et le traitement juste des moldus, et nous sommes excités de voir que l'art soutient nos valeurs et notre héritage culturel magique."
Et avant que Rita ait pu formuler une autre question, les Tonks les avaient guidés hors de portée.
"C'était vraiment une décision audacieuse étant donné que le Théâtre doit se plier en quatre pour les riches Sang-Purs," dit Remus. "Et il est toujours bon de voir du mouvement pour les droits civiques."
"Et avec un peu de chance cela fera la différence pour l'Acte de Protection des Moldus," répondit Andromeda.
"Et vous pensez qu'une simple pièce de théâtre fera une différence ?" Une famille à l'air revêche et mécontent avec un garçon aux cheveux sombres s'approcha d'eux alors qu'ils arrivaient à la sortie du Chemin.
"Lord Nott," dit sèchement Sirius.
"Lord Black."
Presque en même temps, Theodore Nott fit face à Harry avec un bref "Potter."
"Nott," répondit Harry.
Mais à la surprise générale, Emma s'avança avant que quiconque ne puisse dire un mot de plus et dit : "Excusez-moi, Charles Nott, n'est-ce pas ? Nous avons beaucoup entendu parler de vous. Je pense que vous serez surpris par ce qu'une bonne œuvre de littérature peut créer."
"Je ne vous ai rien demandé, moldue !" cracha le père Nott.
Harry allait faire un pas pour se placer devant sa mère mais Andromeda s'avança rapidement devant eux. "Cette 'moldue' se trouve être la mère de Lord Potter devant la loi," dit-elle, "et une lectrice assidue des arts littéraires."
"Si vous pouvez appeler ça de la littérature." Emma et Harry résistèrent à l'envie de grogner à ces mots. "Mais après tout comme une… traître à son sang pourrait-elle en savoir quelque chose ?" Les yeux de Charles Nott se tournèrent vers Ted, estimant clairement quel niveau d'injure il pouvait se permettre.
"Pourquoi ne diriez-vous pas ce que vous voulez dire par là, Nott ?" demanda Andromeda, sa main frôlant sa baguette.
"Hmm ? Voyons, je pense que vous m'avez mal compris, Tonks." Il cracha le dernier mot comme s'il s'était agi d'un juron parmi les plus vils. "Je suggérais simplement que votre point de vue n'est peut-être pas aussi juste que vous le pensez. Allons-y, Theo."
Theo Nott s'était entre-temps retrouvé dans un combat de regard avec Harry, dans lequel il semblait sur le point de craquer. Mais il se ressaisit et suivit ses parents, faisant un geste vulgaire que seul Harry remarqua.
"Ne lui prêtez pas attention," dit Andromeda avec agacement avant que Sirius ne fasse quelque chose d'irréfléchi. "Nott en a après moi depuis des années. Malfoy l'utilise comme chien d'attaque, au cas où vous n'auriez pas remarqué. Bravo pour lui avoir tenu tête, Emma."
"Comme je l'ai toujours dit, le respect est quelque chose qui se mérite," répondit-elle avec hésitation.
"Grrr. Je peux comprendre que Malfoy s'en soit tiré, mais lui ?" grommela Sirius. "Un de ces jours, quelqu'un devrait vérifier son bras juste pour rire."
"Oui, eh bien je te laisserai toi t'occuper de ça, Siri," dit Andromeda.
"Je t'ai dit de ne pas m'appeler comme ça !"
T/N : Pas de coin des expressions pour cette fois. Est-ce que vous voulez que je les continue ? Sinon, je pense revenir sur Amalgum pour les prochaines parutions pour finir les derniers chapitres avant de me reconcentrer sur L'Animagus. Si vous ne l'avez pas fait, allez jeter un coup d'œil à Amalgum ! Je sais que Lockhart en rebute beaucoup, mais vous ne regretterez pas !
