Chapitre 48 : Il suffira d'une étincelle et d'un mot d'amour pour allumer le feu

Elda observa l'effervescence régnant dans la Grand Salle, les élèves se préparant à la bataille imminente. Elle sourit en voyant Owl entrer par une fenêtre et se poser sur son bras.

_ Bonjour ma belle ! Alors, notre ami sera prêt ?

La chouette hulula doucement, ce qui constitua une réponse satisfaisante.

_ Un ami ? Qu'est-ce que tu manigances, Sang-de-Bourbe ?

_ Un coup de poker. Si ça marche, on est bon. Sinon, on est mal. Mais j'ai confiance. Drago, tu as finis de distribuer les potions ?

_ Oui. Et les chaudrons que tu avais planqués dans les cuisines sous la surveillance des elfes de maison sont remontés. Madame Pomfresh est aux anges, elle n'a jamais vu autant de litres de potions de guérison réunis en un même endroit.

_ Oui, et espérons que j'ai vu trop large et en ai préparé beaucoup trop.

Les élèves avaient désormais tous quelques unes des meilleures potions de la jeune fille dans les poches, autant pour attaquer que pour soigner. Ou tuer, s'il le fallait.

Ceux qui n'avait pas voulut se battre, et qui n'aurait de ce fait aucun droit de se plaindre quant à l'issue de la bataille, avaient été évacués par les passages secrets menant à Pré-au-Lard, récupérés par Abelforth, frère de Dumbledore profondément sonné de sa rencontre avec l'omnisciente Elda.

_ Professeurs, les défenses sont toutes installées autour du château ?

_ Oui. Elles ne tiendront pas indéfiniment, mais nous permettront peut-être de résister assez longtemps…

_ Ne vous inquiétez pas, tout va…

_ Elda ! L'armoire ! Dans la Salle sur Demande !

_ Quoi, l'armoire ?

_ Elle marche encore ! Si jamais les Mangemorts s'en souviennent…

Elda se frappa le front de son poing en jurant avec fureur.

Comment ai-je put être aussi bête de l'oublier ! Et cette foutue histoire qui cherche à attirer Drago dans cette salle.

_ Ok, vas-y, mais n'emmène pas Grabbe et Goyle.

_ Pourquoi je les emmènerais avec moi, les deux crétins ?

C'est vrai qu'il ne les fréquente presque pas depuis mon arrivée.

_ Fais attention, c'est tout, et surtout rien qui puisse brûler… Et où est passé Harry, bon sang ? Ginny ! Tu as vu Harry ?

_ Parti détruire les passages secrets avec des professeurs.

_ Bon… Drago, si tu le vois, qu'il ne te suive surtout pas, comprit ? Si j'en revois un seul d'entre vous revenir avec une odeur de fumée, j'en prends un pour taper sur l'autre jusqu'à ce que mort s'ensuive !

_oOo_

Mais Malefoy ne vit pas Harry, et entra dans la Salle sur Demande seul pour aller détruire cette armoire qui leur été totalement sorti de l'esprit.

Il ne vit pas Harry, et ne sut donc pas que le jeune homme l'avait bien vu, lui. Et qu'il avait décidé de le suivre comme le redoutait Elda.

Harry se glissait dans les ombres des milliers d'objets hétéroclites pour ne pas se faire remarquer par Malefoy. Le blond semblait savoir où il allait. Il marchait d'un bon pas, sa baguette à la main.

Finalement, il s'arrêta devant une armoire et l'observa, passant doucement sa main sur sa porte.

_ J'ai passé tellement de temps à te réparer, l'année dernière…

_ C'est comme ça que tu as fait entrer les assassins de Dumbledore, Malefoy ? Et tu comptes en faire entrer encore beaucoup, cette nuit, de tes petits copains Mangemorts ?

Le jeune homme blond se retourna, sa baguette levée. Il haussa un sourcil en découvrant Harry, surgissant de sa cachette en brandissant sa propre baguette.

_ Tu ne devrais pas être là…

_ Je ne te laisserai pas faire.

_ Je veux la détruire, cette armoire !

_ Si tu t'imagines que je vais te croire. La dernière fois que j'ai commit cette erreur… ça c'est finis avec ton poing me fracassant le nez après t'être amusé avec moi pendant quelques mois.

_ Bon sang Harry, fiche-le camp d'ici au lieu de ressasser cette vieille histoire. On en reparlera si tu veux, mais pas cette nuit.

_ Pourquoi ? Parce que tu espères que je vais mourir ? Désolé, mais ton cher maitre ne me tuera pas !

_ Mais merde Potter, écoute-moi ! Je n'ai pas l'intention de te livrer à lui, ni Elda, ni personne ! Je suis devenu un Mangemort, mais crois-moi je t'en pris, si j'avais put l'éviter, je l'aurais fait ! Mais je suis un lâche et un incapable, je ne pouvais rien faire d'autre que de le laisser me marquer comme du bétail… Et après, je ne pouvais plus te regarder en face. Je ne pouvais plus me regarder moi-même sans me faire horreur…

Harry vacilla. Il était furieux, peiné, perdu... Depuis que Malefoy l'avait abandonné, il se sentait trahi et particulièrement irrationnel dès qu'il s'agissait du jeune homme blond… Il devrait le détester mais… mais pourtant il en était encore tellement, tellement amoureux ! Il ne savait plus quoi faire, s'il pouvait croire Malefoy ou non. En faisant un pas en arrière, il heurta une table et fit tomber son contenu.

L'un des objets posé dessus était des plus anodins, si petite pierre des plus banales qui produisit une simple petite étincelle en heurtant le sol. Une tenture trainant là prit immédiatement feu. Les flammes se propagèrent comme une trainée de poudre, dévorant tout sur leur passage en quelques instants. Il y avait tant de choses inflammables dans cette salle immense.

_ Elda avait parlé de feu… Et merde ! Potter, espèce d'idiot ! Qu'est-ce que je peux bien aimer chez un abruti finit comme toi, hein ?

_ Tu… quoi ?!

Malefoy ne prit pas la peine de répondre. L'armoire en bois commençait déjà à brûler, il n'avait plus à s'en soucier. Il prit la fuite en attrapant la main de Harry au passage.

Les deux garçons courraient à toutes jambes dans les méandres de la Salle sur Demande envahie par les flammes. La fumée leur piquait les yeux, entrait dans leurs poumons et les asphyxiait lentement. Malefoy commençait à voir trouble, et savait qu'il fallait sortir au plus vite. Mais l'éclat de l'incendie, l'effondrement des empilements d'objets, l'épaisseur de la fumée, tout ça troublait ses sens.

Il avait l'impression de courir depuis des heures dans cette fournaise lorsqu'il repéra enfin la porte, où il entraina immédiatement Harry.

Drago trébucha sur un tableau brisé et tomba lourdement au sol, son menton heurtant la pierre et un gout de sang se répandant immédiatement sur sa langue. En bougea, le tableau provoqua la chute de plusieurs autres objets sur le corps du jeune homme blond. Il sentit une vive douleur dans le flanc et devina que quelque chose avait dû passer au travers de son corps à cet endroit. Mourir ainsi, si bêtement… Il leva les yeux vers Harry et esquissa un sourire sanglant.

_ Fuis.

Harry le regarda, puis la porte, si proche. Les flammes les encerclaient pour de bon, et menaçait de faire tomber une pile juste à côté de l'issue. S'enfuir serait si simple, et sans doute le plus prudent à faire. Si la pile tombait, il serait coincé. Mais s'il s'enfuyait, Malefoy mourrait.

Cette idée lui donnait la nausée.

Il ne voulait pas le perdre, quoi qu'il ait fait, quoi qu'il soit devenu.

_ Ne reste pas planté là, Potter, fiche-le camp !

Il se tourna vers le jeune homme blond prisonnier.

_ Cours !

Harry sourit doucement.

_ Non.

Il revint vers Malefoy et s'agenouilla devant lui, essuyant tendrement le sang coulant sur sa joue.

_ Bon sang mais qu'est-ce que tu fais, je suis fichu, alors sauve au moins ta peau !

_ Non. A quoi ça me servirait de vivre, si tu n'es pas là ?

Malefoy ne trouva rien à répondre à ça. Il prit le visage de Harry entre ses mains et l'embrassa éperdument, longuement, passionnément. Et quel bonheur lorsqu'il le senti y répondre, enrouler ses bras autour de lui autant que faire se peut dans sa situation, perdre ses doigts dans ses cheveux…

Ils s'écartèrent, à bout de souffle, cramponnés l'un à l'autre, incapable de rompre totalement leur étreinte, appuyant leurs fronts l'un contre l'autre, se regardant dans les yeux pour la première fois depuis très longtemps. La pile à l'entrée s'était effondrée depuis longtemps mais ils n'y prêtaient pas attention. La salle entière se consumait autour d'eux, mais c'est à peine s'ils le remarquaient.

_ Je t'ai déjà dis que tu as de beaux yeux, Harry ?

_ C'est nul comme réplique… En plus ce sont les yeux de ma mère, pas…

_ Ce sont les tiens que je vois, je ne la connais pas, ta mère. Et elle serait encore vivante, personne ne dirait que tu as ses yeux. Tu es toi, pas l'un ou l'autre de tes parents. C'est parce que tu es toi que je t'aime, Harry.

Harry laissa ses larmes couler sans même s'en apercevoir. Il les avait retenues si longtemps… Pourquoi fallait-il que tout lui paraisse enfin limpide seulement à cet instant ? Pourquoi n'avait-il pas comprit, ni même cherché à comprendre plus tôt ? Il en avait envie de se gifler.

_ Pardon… je ne suis qu'un imbécile… je ne me suis rendu compte de rien… Drago, tu souffrais et je refusais de le voir… J'aurais dû comprendre que tu étais forcé… J'aurais dû être là, je t'aurais aidé…

_ A tuer Dumbledore ? Jamais je ne t'aurais laissé faire une chose aussi dangereuse…

_ Elda l'a bien fait, elle.

_ As-tu déjà réussi à la faire changer d'avis lorsqu'elle a décidé quelque chose ? Qu'elle ait du sang sur les mains, même par ma faute, ne m'empêchera pas de dormir ; mais toi, si tu devais faire quelque chose qui ne te ressemble pas pour moi, je ne me le pardonnerais jamais. Et puis, j'adore Elda, mais ce n'est pas avec elle que je rêvais de vivre jusqu'à ma mort, Harry… Bon, j'ai été exaucé on dirait, mais j'aurais préféré que ma mort survienne beaucoup plus tard…

Le jeune homme brun serra les poings et se retourna alors vers l'issue condamnée. Non, il refusait que tout se termine maintenant, alors qu'il avait enfin retrouvé Malefoy. Il ne le laisserait pas mourir, et ne mourrait pas non plus. Il voulait vivre, et avec le jeune homme blond ; et même lorsqu'ils ne seraient plus des jeunes hommes mais des vieillards impotents, il voulait être avec Drago Malefoy.

Un sortilège jaillit de sa baguette et heurta la pile effondrée couvrant leur retraite. Elle explosa en projetant des flammes un peu partout, mais l'incident était de toute façon déjà incontrôlable.

_ Tu ne mourras pas. Pas plus que moi. On va sortir de là, te soigner, vaincre Voldemort et toute sa bande, et après je te passerais le savon du millénaire pour m'avoir blessé l'année dernière. Et ensuite… Oui, elle a raison, Elda… Ensuite, on pourra enfin repartir sur de bonnes bases, toi et moi, sans secrets et sans mage noir pour se mettre en travers de notre chemin. Tout va s'arranger…

_ A toi aussi elle t'a servi ce refrain ?

Harry sourit. Il jeta sa baguette, l'encombrant comme un bout de bois inutile alors qu'il s'empressait de libérer Malefoy avec autant de précaution que possible. Le moindre faux mouvement entrainerait un nouvel effondrement sur eux, et là ils mourraient pour de bon. Il ne voulait pas y penser, mais c'était à prendre en compte. Et s'il y avait bien une chose qu'il ne voulait pas faire, s'était de mourir sans avoir dit une chose toute simple qu'il n'avait jamais déclarée au principal intéressé.

_ Je t'aime, Drago.

_ Soit gentil de me dire ça quand on sera sorti. Là, j'ai l'impression que c'est vraiment la fin… Je m'y étais résigné pourtant, mais tu m'as redonné de l'espoir avec ton fichu discours…

Harry sourit en entendant la fêlure dans sa voix qui n'était certainement pas due à la fumée.

Il souleva un morceau de commode brisée dont un pied avait touché le flanc du jeune homme blond et grimaça devant le sang s'écoulant de la blessure.

Enfin, il dégagea totalement Malefoy. Il releva de force le jeune homme blond, se glissant sous son bras, et se mit à courir en direction de la sortie dégagée. Ils la franchirent et furent presque surprit de découvrir que le château n'était pas lui aussi en feu comme l'était la Salle sur Demande.

Harry claqua la porte et le calme revint, presque assourdissant de silence. L'air ne lui avait jamais parut aussi bon à respirer, malgré les quintes de toux le secouant. Mais il n'avait pas le temps de s'appesantir là dessus. Avant de partir de la Grande Salle, il avait comme tous les élèves récupéré quelques potions d'Elda. Il ne sut quel dieu bénir en sortant les flacons intacts de sa poche, notamment celui étiqueté Recovery Girl. Cette potion merveilleuse capable de tout soigner. Il la fit boire sans attendre à Malefoy, soutenant sa tête, espérant qu'il ne soit pas trop tard. Il était si pâle, mais le jeune homme avait toujours eut le teint pâle, après tout !

Il le regarda pendant d'interminables secondes, son visage tout noir de cendre, tout sanguinolent… si vivant…

Il ne lui avait jamais paru aussi beau.

_ Ça va ?

_ Douloureusement, mais oui, je vais m'en remettre…

_ Pourquoi faut-il que je n'écoute jamais Elda…

_ Parce que tu es comme ça, et c'est comme ça que je t'aime.

Submergé par ses sentiments ignorés depuis si longtemps, Harry le serra dans ses bras avec force. Il l'embrassa follement, prenant conscience qu'ils étaient vivants tout les deux.

C'était si bon… Ils en oublièrent presque qu'une guerre était imminente.

Harry s'écarta finalement et inspira profondément.

Il prit la main gauche de Malefoy dans la sienne et remonta sa manche pour regarder la Marque des Ténèbres imprimée sur son bras. Il sourit doucement et déposa un baiser dessus.

Si seulement il n'avait pas été aussi borné, si seulement il avait fait ça plus tôt, ils n'auraient pas tant soufferts.

_oOo_

Dans la Grande Salle, Elda poussa un soupir de soulagement en voyant Harry et Malefoy revenir. Elle avait eut l'impression d'attendre des heures. Ils marchaient côte à côte, main dans la main, et elle décida de ne pas les disputer pour les brûlures sur leurs vêtements et la cendre sur leurs visages.

Pour l'instant du moins, ils ne perdent rien pour attendre.

Elle les rejoignit et les étreignit tous les deux avec force. Elle n'avait pas besoin de mots pour leur exprimer son soulagement et sa joie. Ils étaient là, bien vivants, et c'était tout ce qui comptait.

Bien fumés, aussi, on dirait des saumons.

Un hurlement retentit soudainement, presque aussitôt suivi d'une voix glacée, aiguë, désagréable comme une craie crissant sur un tableau noir.

_ Je sais que vous vous préparez à combattre. Vos efforts sont dérisoires. Vous ne pouvez rien contre moi. Je ne désire pas vous tuer.

Mais bien sûr.

_ J'ai un grand respect pour les professeurs de Poudlard.

Quand ils sont morts.

_ Je ne désire pas répandre le sang des sorciers.

Les Sang-de-Bourbe et ceux qui ne vont pas dans ton sens en revanche, c'est une autre histoire.

_ Livrez-moi Harry Potter, et il ne sera fait aucun mal à personne. Livrez-moi Harry Potter et je quitterais l'école en la laissant intacte. Livrez-moi Harry Potter et vous serez récompensés. Vous avez jusqu'à minuit.

Malefoy attira Harry contre lui, son regard scrutant les élèves terrifiés prenant conscience qu'ils avaient entendu la voix de Lord Voldemort en personne. Si un seul d'entre eux faisait mine de s'approcher de son Harry, il le pulvériserait. Un élève de Poufsouffle se tourna vers eux.

_ Il est là, Harry Potter… Si on le livre, il partira, il l'a promit.

_ Tu crois aux promesses de Tu-Sais-Qui, toi ?

Elda haussa un sourcil en réalisant que c'était Montague qui avait répondu. Le Serpentard tira sa baguette et joua négligemment avec.

_ T'es un Serpentard, tu devrais courir dans les jupes de ton maitre, non ?

_ Je l'aurais sans doute fait, il y a quelques années. Mais il se trouve que ce fou furieux va s'en prendre à une amie très chère s'il la découvre, pour simple question de naissance. Et il se trouve que Potter est aussi l'ami de cette amie, en plus d'être visiblement plus pour Malefoy. Alors non, personne ne livrera ce garçon à qui que ce soit.

Elda sourit doucement. Montague ne fut pas le seul à tirer sa baguette. Finalement, personne ne fit plus mine de vouloir vendre Harry.

McGonagall regarda les élèves, ceux qui étaient resté pour se battre après le discours d'Elda. Elle avait bien tenté d'imposer une limite d'âge mais la cynique jeune fille lui avait rappelé que majorité n'est jamais égal à maturité.

_ Bon, il nous reste une demi-heure avant minuit… Miss Princesse, savez-vous comment gagner ?

_ Gagner, non, il y a toujours une part d'inconnu, même pour moi. Mais mettre toutes les chances de notre côté et survivre, oui. L'Ordre du Phénix, les Weasley, je n'en veux aucun dans le château, c'est clair ? Vous vous battrez dans le ciel, sous le commandement de Viktor Krum. Viktor, se battre c'est comme une partie de Quidditch, tu sauras capable de commander ? Vous devriez recevoir de l'aide en plus, j'ai tout fait pour.

_ Oui, on s'en sortira.

_ Bien.

La jeune fille se tourna ensuite vers les professeurs et les élèves, tachant de se rappeler qui mourrait où pour les répartir ailleurs. Elle ne s'était jamais considérée comme une stratège de guerre mais devait bien admettre qu'elle se débrouillait bien.

T'as aucun mérite ma vieille, tu connais le déroulement et l'issue de la bataille !

Ça aidait, oui, sa conscience avait raison, elle ne le nierait pas.

A tout planifier ainsi, la demi-heure accordée s'écoula à toute vitesse. Elda leva les yeux alors que les premières détonations retentissaient. Elle se tourna vers Harry et Malefoy, qui ne la quittaient pas, et leur sourit.

_ Bon, moi je vais aller à la Cabane Hurlante, j'ai une petite chose à faire.

_ On vient avec toi.

_ Si vous voulez, mais il…

_ … faudra t'écouter ? T'obéir même si tu nous dit de te laisser mourir ? Bien sûr.

_ Je ne referais plus les mêmes erreurs, Elda. Je n'en ferais plus rien qu'à ma tête.

_ Retrouver Drago t'a mit du plomb dans la cervelle dis-moi ! C'est son absence qui te rendait si aveugle l'année dernière ?

Le jeune homme brun se contenta de sourire d'un air contrit. Elda se mit à rire et les entraina à sa suite en direction du parc.

_ Attend… On va prendre le passage sous le Saule cogneur ?

_ J'ai toujours rêvé de le faire !

Leur amie paraissait folle de joie, eux l'étaient beaucoup moins. Mais ils la suivraient, où qu'il faille aller.