Chapitre trois : rencontre dans le temps.
Dumbledore revint ensuite s'assoire à sa place, derrière le large bureau de bois. Harry et les autres regardaient avec insistance la large bassine de pierre où était gravé un aigle royal, les ailes largement déployées.
-C'est Rowena Serdaigle qui a créer cette pensine professeur ?demanda Hermione.
-En effet, miss Granger. Rowena Serdaigle était sans aucun doute le cerveau le plus brillant des trente dernières générations, dit Dumbledore de sa voix calme.
Dumbledore sortit alors de la poche de sa cape sa baguette magique. Il effleura ensuite sa tempe avec l'extrémité de sa baguette et en retira un mince filet argenté. Harry savait que ce filet n'était autre qu'une pensé de Dumbledore. Mais il ne savait pas laquelle. Il la déposa ensuite dans la bassine où tournait toujours un fond de pensée, c'est-à-dire une mince couche de pensées pures placées là, d'après les explications d'Hermione.
-Vous êtes prêt à partir ? demanda Dumbledore.
Harry trépignait d'impatience sur sa chaise. Il avait plus que hâte de partir et de rencontrer enfin ses parents.
-Je ne sais pas exactement où vous allez arriver. Mais vous devrez d'abord vous faire accepter par les sorciers de l'époque et ensuite tout faire pour empêcher les meurtres qui nous concernent. Nous sommes bien d'accord ?
Avec un signe de tête général, les quatre compères montrèrent qu'ils avaient bien compris ce qu'on attendait d'eux. Dumbledore sourit, d'un air malicieux, et se leva de nouveau pour aller vers Fumseck. Il revint avec le Phénix sur son épaule et donna à Harry alors un petit flacon, contenant un liquide incolore mais dégageant une douce chaleur.
-Qu'est ce que...commença Hermione.
-Des larmes de phénix, répondit aussitôt Harry.
-Tout à fait, Harry. Les larmes de phénix ont un grand pouvoir de guérison et pourrait vous être fort utile en cas de besoin. Prenez aussi ceci.
Il leur tendit à chacun un sachet contenant deux autres flacons à chaque fois. L'un était d'une intense couleur rouge sang, tandis que l'autre était d'un bleu limpide et léger.
-La potion rouge vous permettra de vous matérialiser dans le passé. La seconde vous permettra de revenir à notre époque, expliqua Dumbledore. Je crois qu'il est temps pour vous de partir.
Harry, impatient, acquiesça mais il remarqua que les autres aussi semblaient impatients. Dumbledore effleura alors les pensées contenues dans la pensine du bout de sa baguette et elles se mirent à tournoyer à une vitesse folle, faisant apparaître le fond de la bassine parsemé des couleurs les plus diverses.
-Allez y. Touchez la substance et bonne chance à vous.
Dumbledore se recula afin de laisser plus de place à ses élèves. Chacun se plaça à un des points cardinaux et tous ensemble, ils touchèrent la substance miroitante du bout des doigts. Ils furent alors aspirés dans la pensine, sous forme d'esprit. Seul Harry connaissait bien cette impression. Personne ne pouvaient les voir où les toucher, mais eux voyaient et entendaient tout.
-Prenez la potion rouge, ordonna Harry.
Chacun ouvrit la petite bourse et vida d'un trait le contenu du petit flacon où l'épais mélange couleur rouge flottait avec paresse. Harry pensa avec dégoût en avalant le liquide que ce dernier n'avait pas seulement l'apparence, mais aussi la texture du sang. La bouche pâteuse, il se sentit alors attiré vers le sol et chuta de plusieurs mètres, imité de près par Ron, Hermione et Jessica.
-Où on est l ?demanda Ron.
-Je ne sais pas, répondit Hermione, mais en tout cas il fait nuit.
Effectivement, le ciel était noir et parsemé d'étoiles.
-Je me demande vraiment où on a atterrit. Tu crois qu'on est loin de Poudlard ?
-Je ne pense pas, répondit Harry. Dumbledore ne nous auraient jamais envoyé dans un endroit dangereux.
-Mais il a reconnu lui-même qu'il ne savait pas vraiment où on allait tomber non ?fit remarquer Jessica.
-Je pense qu'on devrait aller par là-bas, dit Hermione.
Elle désignait une source lumineuse au loin, dans la direction du nord. Les quatre voyageurs se mirent donc en route pour découvrir la source de cette lumière.
-C'est drôle, dit Ron.
-Quoi ?demanda Hermione.
-Il fait clair pour voir que la nuit est déjà tombée.
-Tiens c'est vrai j'avais pas remarquer, dit Harry.
Levant les yeux au ciel, Hermione étouffa un cri.
-Qu'est ce qui se passe, Hermione ?demanda aussitôt Harry.
-C'est...C'est la pleine lune ! articula-t-elle.
Elle montrait du doigt une forme ronde et claire dans le ciel, cachée par des nuages.
-Ouais, et alors ? demanda Ron.
Un cri animal se fit alors entendre, déchirant la nuit et les ténèbres.
-Alors je te rappelle que Lupin et un loup-garou ! dit aussitôt Hermione.
Les trois autres furent soudain frappés d'horreur. Leurs traits se muèrent en une grimace, une grimace de peur et de surprise.
-He...Hermione ! dit Ron.
-Quoi ? demanda-t-elle.
Une large coulée de bave vint s'écraser sur son épaule.
-Cours !lança Harry.
Hermione se retourna. Un gigantesque loup se tenait derrière elle, debout sur ses deux pattes arrière. Il leva la tête en direction du ciel et lâcha un deuxième cri, plus féroce encore que le premier.
-Il ne devrait pas être à la cabane hurlante ?demanda Hermione qui s'était mis à courir
-Je ne sais pas. Il n'a peut être pas eu le temps, répondit Harry.
-Vous le connaissez ? demanda Jessica.
-Oui c'est un ancien prof de défense contre les forces du mal et un bon ami à nous.
-Vous avez de ces amis vous ! souffla-t-elle.
Le loup les suivait maintenant. Il s'était remis sur quatre pattes et s'approchait d'eux, les babines retroussées découvrant deux rangés de crocs acérés. Il les rattraperait bientôt et Harry le savait. Il tira sa baguette de sa poche et fit volte-face.
-Harry, tu es fou ? demanda Hermione, qui s'était arrêté à son tour.
-Ca ne sert à rien il va nous rattraper. Allez chercher de l'aide ! cria-t- il.
Le loup était maintenant sur lui. Il se leva sur ses deux pattes et décocha un coup de griffe à Harry qui lui fit lâcher sa baguette et le projeta au sol.
-Désolé professeur, mais je n'ai pas le choix !dit Hermione.
Elle s'apprêtait à lancer un sortilège qui terrasserait le loup-garou quand une voix retentit derrière eux.
-NON !
Tous se retournèrent pour voir une jeune fille courir vers eux, accompagné d'un cerf et d'un gros chien noir. Le cerf et le chien ne s'arrêtèrent pas vers les trois amis et continuèrent leur course pour heurter le loup de plein fouet et l'immobiliser au sol. Harry se recula vivement et compris que Sirius et son père était occupé à empêcher le loup de les dévorer. Les cris animaux parvenaient jusqu'à eux et Harry entendit le chien poussé un hurlement. Il se leva et aperçut le loup se sauver tandis que les autres le suivaient.
-Vous allez bien ? demanda la jeune fille.
Harry ne savait pas qui elle était. Il ne l'avait pas encore vu mais il savait qu'il pouvait lui faire confiance. C'était une amie de son père et de Sirius. Il se releva pour la remercier et la regarda enfin. Elle avait de longs cheveux roux et des yeux verts comme Harry n'en avait vu qu'une seule fois. Ses yeux à lui. Il se tenait devant sa mère à présent.
