Chapitre onze : Lily
-Pourquoi on va voir Dippet ? demanda Sirius.
-Devine, répliqua froidement James.
Sirius se tassa légèrement devant le regard chargé de reproche que lui lançait son ami. Sa blague allait peut être leur coûter cher. Arrivé près de la statue de la gargouille, James donna le mot de passe et tous montèrent les escaliers de marbre qu'elle avait laissé apparaître. James toqua à la porte de chêne massif, devant le bureau du professeur Dippet.
-Entrez.
Il poussa la porte et entra dans le bureau suivit de Sirius et de Harry. Rogue était déjà là, le regard légèrement dans le vide, les yeux vitreux.
-Qu'est ce qu'il a ? demanda Harry.
-Je lui ai fait subir un sortilège d'Amnésie Incomplet. Je lui ai fourni de nouvelles informations sur ce qui s'est passé ce soir. Il croit que James l'a rattrapé dans le tunnel avant qu'il n'arrive dans la salle et ne voit le loup-garou.
La voix qui avait surgi du coin le plus sombre de la pièce fut suivi de la longue et élancée silhouette du professeur Dumbledore.
-Je suis déçu messieurs, sachez le.
Le professeur Dippet avait parlé d'une voix grave et profonde.
-Je m'attendais à plus de réflexion de votre part. Votre farce, monsieur Black, aurait pu coûter ce soir la vie à quatre personnes, vous comprit. Je ne sais pas comment vous avez vaincu ce loup garou et je ne veux pas le savoir. Je retire cependant cinquante points à Gryffondor pour votre idiotie !
Sirius semblait atterré mais ne rajouta rien, de peur de faire une nouvelle gaffe.
-Monsieur Rettop, maintenant. Vous avez quitté votre dortoir la nuit. Si vous intentions étaient louable, vous avez désobéit aux règles. Dix points de moins.
Harry hocha la tête d'un air désolé.
-J'accorde cependant quarante point à chacun de vous pour avoir sauver votre camarade et vos propre vie face à un loup garou déchaîné.
Harry avait envie de sauter sur place, mais il parvint à se contenter d'un sourire goguenard. Il vit Dumbledore lui adresser un clin d'œil et devina que ce dernier n'était sûrement inconnu à ces points pour Gryffondor.
-C'est injuste !
La voix de Rogue venait de s'élever de sa chaise où il s'était redressé.
-Professeur, j'ai failli mourir à cause de ses idiots !
Le visage calme et rondouillet du professeur Dippet se mua en une grimace.
-Venons en à vous, Rogue, puisque vous êtes réveillé. Vous avez quitté votre dortoir la nuit, vous êtes approché du saule cogneur et avait pénétré dans le passage secret uniquement pour dénoncer Remus Lupin qui est sous notre protection.
Le visage de Rogue vira au violacé.
-C'est à cause de lui ! hurla-t-il en montrant Sirius du doigt.
-Veuillez vous calmez, Severus. Je retire dix points à Serpentard pour votre insolence. De plus, pour avoir désobéit aux règle, cinquante points supplémentaires seront retiré à votre maison ! Et si jamais vous révélez quoi que soit à propos de ce qui s'est passé cette nuit, vous le regretterais, Severus.
Rogue fulminait, écumant de rage. Il ne rajouta rien pour ne pas aggraver sa situation.
-Maintenant regagnez vos dortoirs.
Rogue se leva et sortit en claquant la porte dans un tourbillon de tissu noir. Sirius, Harry et James se levèrent et sortirent du bureau après avoir salué leurs professeurs. Dans le couloir, ils laissèrent éclater leur joie.
-Alors c'était pas une bonne idée ?
-Sirius je t'adore ! On a fait gagner soixante points à Gryffondor et Rogue en a fait perdre soixante à Serpentard !
-Ils vont le lyncher !
Harry, lui ne parlait pas. La blague de Sirius les avait finalement aidé à dépasser les Serpentard mais elle aurait pu très mal finir. Il n'en dit cependant rien, préférant ne pas passer pour un trouble-fête.
Le matin arriva très rapidement. Visiblement, leur aventure avait duré plus longtemps que prévu. Le mois de Janvier, froid et dur, avait laissé place à un mois de Février clément et doux, marquant la fin de l'hiver.
-Déjà en Février, dit Ron en se levant le lendemain.
-Oui. Dire qu'à notre époque, Octobre commence juste. Le voyage à travers les époques les avait en effet propulsé plusieurs mois en avant. Ils descendirent prendre leur petit déjeuner, rejoint plus tard par les Maraudeurs, Hermione et Jessica. Harry, face à la table des Serpentard, remarqua que Rogue le regardait avec insistance.
-Qu'est ce qu'il y a ? demanda Sirius, en suivant son regard.
Il croisa celui de Rogue et ce dernier sembla émettre des éclairs en direction de Sirius. Visiblement, la blague était loin d'être oublié.
-Bah, ce Servilo quel idiot !
La porte s'ouvrit et Lupin entra, seul, les yeux creusés des plus importantes cernes que Harry ai jamais vus.
-Bonjour ! lança-t-il.
Il alla s'asseoir près de Harry et lui parla à voix basse tout en tartinant de beurre un petit pain.
-Merci pour hier.
De surprise, Harry faillit tomber à la renverse.
-Tu...Tu t'en souviens ? Mais...Lily...
Ayant entendu son nom, la jeune femme se retourna, mais voyant qu'on ne lui parlait pas, elle replongea dans sa conversation avec Hermione.
-Elle m'a dit que tu ne te rappelais jamais de rien, poursuivit Harry en baissant la voix.
Lupin poussa un soupir de fatigue et expliqua le pourquoi de cette affirmation.
-Je ne leur ai jamais rien dit. Si jamais ils savaient que je sais que je leur ai fait du mal, ils me détesteraient !
-Je crois que tu devrais leur dire. Votre amitié ne se brisera pas pour ça.
Avec un sourire de remerciement, il croqua dans son petit pain beurré. Entre temps, Lily s'était levé et était parti.
-Le préfet-en-chef l'a fait demander. Elle est préfète-en-chef tu sais, dit James avec fierté.
Le déjeuner s'acheva et le groupe se leva pour sortir, mais un attroupement se tenait devant la porte, empêchant les élèves de sortir.
-Qu'est ce qui se passe ici ?
Sirius jouait des coudes pour sortir et James et les autres passèrent dans son sillon. Soudain, Sirius s'immobilisa et il jura de sa voix rauque.
-L'immonde pourceau !
James, Remus et Harry se faufilèrent jusqu'à leur ami et découvrirent ce qui l'avait fait juré ainsi. Sur le sol, la veste que Lily portait était étendue, une marque rouge écrite au dos. En lettres flamboyantes, la phrase s'étendait, suspendue dans le temps, inattaquable.
TU ME LE PAIERAS POTTER.
