Bonjour tout le monde !!! Il était temps me direz-vous, je sais, je suis
parfaitement désolé, mais j'avais beaucoup d'autre chose à faire et j'ai
préféré prendre mon et le peaufiner, avant de vous le donner. Le prochain
chapitre sera la plus rapidement. Le dernier de cette partie, ensuite il y
aura le prologue et se sera fini pour les deux héritiers. Il vous faudra
attendre Les Dragons Verts pour continuer à suivre les aventures de Severus
et Dragana.
Réponse aux Reviews :
Nocturine : Pas trop vite ! Non c'est pas tellement un problème en ce moment, lol, moi aussi j'ai beaucoup de travail. Pour Harry, oui ça semble de plus en plus difficile et pas seulement pour toi, tout le monde me parle de son comportement en ce moment. Il faut seulement garder en tête que pour l'instant je n'ai pas gratter sous la surface en ce qui concerne Harry et qu'il est vu du point de vu de Rogue et Dragana. Merci pour la review et pour la mention de mon imagination, je suis bien contente, pour une fois qu'elle ne me joue pas un sale tour ! O_~ Bye Bye et bonne lecture.
nomimie() : Tu ne savais pas que c'était à ce chapitre là qu'ils allaient s'embrasser O_O Vraiment ? C'était marqué dans les quatre précédents chapitres, lol, t'étais où ? Pour ce qui est de Dragana qui s'en va....hich...la réponse bientôt. Et pour Drago, j'en prends soins, comme je l'ai dit Minet deviens de plus en plus important surtout dans la suite, alors je peux pas lui faire de bobos, sinon je vais être dans la...bipppppppppp !!! Merci pour la review à la prochaine.
magnolia() : Lia, ouf est tout ce que j'ai réussi à balbutier quand j'ai lu ta review et ensuite et bien....et bien disons-le comme c'est : Je portais plus à terre. Alors un gros merci et bonne lecture.
m4r13() : Top les quelques review lol. Oui je suis canadienne, pourquoi t'as noté de drôle d'expressions ? Pour l'autre question, au sujet d'harry c'est tout simple en fait : C'est qu'il est vu du point de vu de Rogue, Dragana, Drago...tout le monde bref. Je ne suis pas encore aller fouiller dans sa tête pour le rendre plus sympathique, mais ça va venir dans les suites, parce que c'est une fic en trois volet et qu'on est encore au premier. Rogue est fabuleux....je l'aimerais presque ! O_o tu n'aimes pas Rogue ? Oh, sacrilège !!! Non, je plaisante, mais moi c'est mon perso de prédilection ( Hein pas vrai ? On l'aurait pas deviner, lol) mais si je réussi à le faire aimer de quelqu'un qui ne l'aime pas alors là, là, je suis contente ! J'ai accroché ma palme d'or au mur et je l'astique chaque soir, lol. En tout cas merci pour toutes ces belles critiques, mais t'as raison vas-y à petite doses sinon mon balais ne quittera plus le sol, lol. Bye Bye et bonne lecture.
LOU4() : Et bien et bien, le sourire est revenu ? J'en suis heureuse, vraiment, mais je me demande ce que va te faire ce chapitre, si l'autre t'as fait sourire, lol ? Tiens moi au courant ok? Oui je joue du violon, depuis à peine trois ans en fait, la flûte traversière est mon instrument de base celui que j'ai choisi d'apprendre dans les cours obligatoire de musique au secondaire, mais le violon est mon instrument préférer. En jouer relevait du fantasme, lol. Durant les deux premières années tout le monde se demandait qui égorgeait le chat, lol, maintenant ça va, je m'améliore mais je suis loin d'être une virtuose. Bye Bye et merci pour les reviews.
yume() : Tu as aimé que ce soit Dragana qui l'embrasse la première, j'en suis très heureuse parce que je voyais pas ça autrement et en plus comme Sevy va s'en rendre compte, lol, elle est plus dégourdi qu'elle en a l'air. Pour les fameuses baguettes c'est dans ce chapitre avec la version complète de la prophétie. Voilà, merci pour la review et bonne lecture.
Amy Evans : Oui la fameuse scène du baiser, je suis bien contente que tu l'aie aimer. Pour ce qui est de ce que je vous réserve et bien voilà du moins un chapitre. Merci pour les compliments, à la prochaine.
Jenny : C'était tout naturelle, tu étais là depuis le début, toujours avec ta petite review et les plus longues quand il faut. La voilà la suite, bye bye et bonne lecture Jenny.
Lome() : Oui, je sais que tu m'aimes, tu me le dis souvent et ça fait chaud au cœur. Je suis contente que tu es aimé ce chapitre, mais ne t'en fait pas trop Rogue aura toujours des remarques acerbes, elles seront peut-être moins diriger vers Dragana, mais il reste toujours les gryffondor, lol, et comme on dit : Les soirs d'orage le tonnerre gronde aussi au paradis. Et comme Dragana n'est pas du genre à se laisser faire, il y aura sûrement encore une fois de temps en temps des bouffage de tête comme tu dis. Bye Bye
Sevina Roguette() : Si j'avais mit du temps pour l'autre tu dois trouver que j'ambitionne pour celui-ci, lol, j'espère au moins que tu pourras dire que ça n'en valait la peine. Pour le venin, je dois t'avouer que j'ai fuckailler (dsl pour l'anglicisme mais c'est vraiment le mot qui convient lol) Ma logique perdait des bouts par moment, il a fallu que je me relise quelque fois pour être sur que tout se tenait. Sirius...Sirius et ben, lui je l'aime pas comme j'aime Rogue, mais je l'aimes et ça me fait rire de les voir s'asticoter et ça va continuer, je voulais juste que ce soit un peu moins méchant. C'est pour la santé mental de Sevy que j'ai fait ça ( quel grandeur d'âme °_o). Le docteur qui « tente » de faire mumuse avec le chat/drago est tirer d'un fait vécu, effectivement mon chat est comme Drago, il ne joue pas avec le truc qui lui pende au bout du nez, il se contente de te regarder avec un regard dédaigneux C'est en le regardant que j'ai décidé de la forme animagi de mon blondinnet préférer ( Viens ensuite Légolas, lol) Et après Sevy ki se défile ! Bah oui, c'était pas simple simple pour lui, enfin se l'aurait pas été pour n'importe qui de légèrement pudique, alors pour lui... lol. Le bisou, je crois que t'as aimé, lol. Je suis contente, comme mon histoire est une romance si je m'était planté ça aurait tout foutu en l'air, alors si selon au moins quelque personne j'ai passé le test, je dis Hourra ! Mais j'ai pas soufflé, ben non y'a fallu que je m'en mette encore plus sur les épaules, lol, mais je voulais le faire, alors c'est fait et là, au moment où tu lis ça j'attend le verdict. Alors voilà et bonne lecture, c'est dans ce chapitre pour la prophétie et les baguettes.
Snape4Ever1 : O_o une chance que j'ai un écran pour me protéger, lol, je suis pas tellement quelqu'un de colleuse. Tu es très gryffondor (impulsive) on dirait. Je fais référence au : Je lui aurais sauté dessus sans attendre les explications. Une chance que Dragana est orgueilleuse, imagine la scène. « Je crois que nous devons.... » Oups et là elle est pendu à son cou. Il est tellement surprit qu'il c'est figé et à les deux yeux ouvert ben grand comme merlan frit. Ça aurait pas été top, lol. Dans ce chapitre on voit qu'il n'y a pas juste Sevy qui se fait étriver, Dragana aussi, mais pas par la même personne, lol. Si tu avais lu le 19 une vingtaine de fois tu dois t'être tanner de le lire depuis le temps lol, alors je te laisse aller lire le 20. Bye Bye, bonne lecture et merci pour toutes ces belles critiques.
Kiki la tempête() : MAGNIFIQUE ?!? Yesssssssss !!! Si ça devait être le seul mot qui sortait après les début difficile que tu as eut avec ma fic j'en suis très heureuse. Pour ce chapitre là, lol, euh...je sais pas si tu devrais avoir le droit de lire...mmm.....mmmm....bon allez vas-y, on pourra toujours dire qu'il y avait des trucs important pour l'histoire que tu devais connaître, lol. Bonnnnnnnnnnnnne Lecture, ma tempête adoré.
Blodauwen Cheisnepriour() : Re-le-bonjour espèce de Vélane au cheveux brun ( O_o, je voulais pas te traiter de troll des cavernes ma p'tite dragée surprise) Alors comme ça tu attends avec patience, c'est bien, tu es inspirer quand tu attends, j'étais toute émue en lisant ta review. Alors voilà c'est fait, on va pouvoir travailler Calvaire Blanc. Bye Bye et merci pour la reveiw.
En terminant un gros merci à luneautomne2, Syteki et Natacha_tit_ange() pour leur review. Ça fait toujours plaisir.
Et un GROS GROS GROS MERCI À Dreyd qui a corrigé mes photes...oup....fautes. Je suis nulle en français alors une bonne main d'applaudissement pour son travail, par ce que c'était une tâche de titan.
****Bon alors une petite note avant de vous laissez définitivement lire. C'est un peu le chapitre des bonus, lol, j'ai rajouter une scène ma foi pas nécessaire, mais agréable je crois. Et aussi le texte de poème qui sont en réalité deux chansons qui m'ont beaucoup inspiré dans l'écriture de cette fic. On s'en reparle à la fin, lol Bonne lecture.
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Chapitre 20 : Le même cœur de Dragon
Albus Dumbledore était debout devant une grande porte à attendre qu'on vienne lui répondre. Seulement en tendant l'oreille, la seule chose qu'il entendait était le bruit d'objets qu'on déplace et une voix d'homme particulièrement agacé qui ronchonnait. Il cogna de nouveau en se demandant ce qui pouvait bien arriver au maître des potions.
« Entrez » rugit la voix ténébreuse avec un grand bruit de chaise qu'on déplace.
« Bonjour Severus » lança le vieil homme en ouvrant doucement, se demandant si c'était vraiment prudent.
« 'bour » répondit celui-ci penché près du canapé, apparemment entrain de regarder en dessous.
Dumbledore se figea. Dans la pièce règnait un chaos à peine imaginable.
« Nom d'un sorbet citron ! » s'exclama-t-il en regardant dans tous les coins. « Vous refaites la décoration Severus ? »
« Non, je cherche quelque chose » marmonna-t-il en se relevant prestement et en se dirigeant vers un nouveau meuble.
« Et que cherchez-vous ? » s'enquit Dumbledore en enjambant une pile de livres éparpillés sur le plancher.
« Ma baguette » grogna sourdement le maître des potions en regardant sous la bibliothèque.
« Votre baguette ? » s'étonna-t-il.
« Oui ma baguette » l'assura-t-il, excédé en se relevant. « Et épargnez-moi vos moqueries » gronda-t-il en lui lançant un regard mauvais. « Je sais que cela ne fait pas très sérieux pour un sorcier. »
« Non, mais ce n'est pas dramatique et je peux le comprendre. Vous aviez la tête ailleurs » se moqua-t-il les yeux pétillants de malice.
« Albus » rugit Rogue avec un ton menaçant en brassant les rouleaux de parchemins entasser sur son bureau. « Je ne comprends pas. Je l'ai toujours sur moi. C'est la première fois que ça m'arrive. »
« Êtes-vous sorti cette après-midi ? » demanda Dumbledore, plus pour savoir s'il avait parlé à Dragana que pour l'aider dans ses recherches.
« Oui, je suis allé à l'infirmerie » répondit le directeur des Serpentard en levant la tête. « Je l'ai peut-être perdue en chemin » marmonna-t-il pour lui-même en se dirigeant vers la porte sans accorder un regard au vieil homme qui souriait de contentement.
« Severus » l'appela-t-il alors que celui-ci allait franchir la porte.
« Oh ! Oui, vous vouliez me parler de quelque chose ? » demanda-t-il en revenant sur ces pas.
« Non, j'étais seulement venu vous porter l'horaire pour les examens. »
Le maître des potions prit le morceau de parchemin qu'il lui tendait et le déposa sur son bureau.
« Ce sera tout ? » demanda-t-il en se tournant vers le directeur de nouveau.
« Oui » répondit-il en hochant la tête.
« Très bien, alors si vous le permettez, je vais chercher ma baguette » trancha Rogue en se dirigeant de nouveau vers la porte.
« Oui bien sûr » renchérit le vieil homme en le suivant.
Au même moment, quelques étages plus hauts, Dragana venait de regagner ses appartements. Elle se dirigea vers un fauteuil et s'y laissa tomber pour profiter de la tranquillité de la pièce pour faire le tri dans ses pensées. « Je ne peux pas croire que j'ai fait ça » pensa-t-elle en laissant retomber sa tête derrière. « Qu'est-ce que je vais faire, je... » Dragana soupira, on venait de frapper à la porte. « Pas tout de suite, je ne suis pas prête à l'affronter maintenant » se dit-elle en se levant pour aller ouvrir. Elle eut un léger soupir de soulagement en voyant le visage souriant du directeur.
« Bonjour Dragana. »
« Bonjours Professeur » répondit-elle en lui rendant son sourire.
« Est-ce que je peux entrer ? » demanda-t-il.
« Bien sur » l'assura la jeune femme en s'écartant.
« Comment te sens-tu ? » demanda-t-il alors qu'elle refermait la porte.
« Bien » lui dit-elle en se tournant vers lui. « Venez-vous asseoir » ajouta-t-elle en se dirigeant vers les fauteuils. « Vous voulez une tasse de thé ? »
« Non, merci bien » répondit-il avec un petit geste de la main en prenant place sur le canapé.
« Alors qu'est-ce que je peux faire pour vous ? » demanda-t-elle en s'asseyant à son tour.
« Je voulais savoir si tu n'avais pas changé d'idée. Tu veux toujours dévoiler ton identité ? » demanda-t-il en la regardant par-dessus ses lunettes en demi-lune.
« Oui » répondit-elle en hochant la tête fermement.
« Très bien » approuva-t-il. « Alors, comme tu le sais, il ne reste plus qu'une semaine avant la fin des classes avec ce qui t'est arrivé. »
La jeune femme hocha la tête de nouveau pour signifier sa compréhension.
« Je pensais commencer par informer les membres de l'Ordre » reprit-il en joignant ses mains. « Avant de faire paraître la nouvelle publiquement » ajouta-t-il.
« Il n'y a aucun problème de mon côté » affirma-t-elle. « Si vous pensez que c'est mieux ainsi, nous le ferons ainsi. »
« Je pensais convoquer une réunion dès demain » annonça-t-il.
« Parfait » acquiesça-t-elle simplement.
« Harry sera présent, je crois qu'il est temps qu'il rencontre tous les gens qui veillent sur lui. Est-ce que tu crois qu'il serait préférable que Drago ne soit pas présent ? »
« Je ne sais pas » répondit Dragana en haussant les épaules. « Je vais lui en parler, ce sera à lui de décider. »
« Très bien » approuva-t-il.
« Est-ce que vous allez aussi leur raconter pour la prophétie ? » demanda-t- elle.
« Oui du moins pour toi et Harry » répondit-il en hochant la tête. « Je ne vois pas l'utilité de leur dévoiler toute la prophétie pour l'instant puisque de tout façon nous ne savons toujours pas qui est le troisième. »
Dragana baissa la tête, honteuse. Comment pourrait-elle leur cacher si elle était incapable de regarder Dumbledore en face ?
« Tu n'as rien à me dire Dragana ? » demanda doucement le vieil homme
« Non » répondit-elle d'une voix mal assurée sans lever la tête.
Dumbledore attendit quelques secondes, mais la jeune femme ne souffla mot.
« Très bien » déclara-t-il en se levant. « Alors je vais te laisser, j'ai quelques lettres à rédiger avant d'aller me coucher » ajouta-t-il en prenant la direction de la porte.
Dragana se leva pour le raccompagner, elle avait douloureusement mal à la gorge. Comme si l'information retenue la brûlait.
« La réunion aura lieu à 10 heures demain matin » l'informa-t-il par-dessus son épaule.
La jeune femme hocha la tête d'un air absent. « J'ai réalisé que vous n'étiez qu'une égoïste... Vous n'en êtes pas digne, vous entraînerez notre monde à sa perte... Il est plus que temps que tu prennes ta place » Les mots de Severus avaient envahi sa tête. Tournant et retournant dans tous les sens, lui serrant la gorge davantage. La honte et la culpabilité faisant monter des larmes à ses yeux.
« Oh ! Pendant que j'y pense » s'exclama le vieil homme en se tournant vers elle. « Voilà ton horaire pour... »
Le directeur s'interrompit en la voyant. Dragana plongea des yeux emplis de désespoir dans son regard. Ses lèvres tremblèrent un instant et elle éclata en sanglots.
« Qu'est-ce qu'il y a Dragana ? » demanda-t-il doucement en la prenant par les épaules.
« Je sais qui est le troisième » avoua Dragana dans un souffle en baissant la tête de nouveau.
« Severus ? » demanda-t-il plus comme une constatation.
La jeune femme hocha la tête faiblement en tentant de se calmer. Après avoir pris quelques grandes inspirations elle leva la tête vers lui, afin de rencontrer son regard de nouveau et faire face à sa culpabilité.
« Comment peux-tu en être persuadée ? » s'enquit-il en lui tendant un mouchoir.
« Sa baguette » souffla-t-elle en le prenant.
La jeune femme s'essuya les yeux. Dumbledore la regardait attentivement et elle entreprit de tout lui raconter. Après quelques minutes de récit, Dragana concluait en soupirant.
« C'est toi qui as pris sa baguette, n'est-ce pas ? » demanda le vieil homme avec un sourire de compréhension.
Elle hocha la tête doucement. Elle avait honte de lui avoir volé sa baguette, mais encore plus de comment elle l'avait fait. En profitant lâchement de la situation. Situation qui aurait dû rester dans ses souvenirs, comme l'un des plus beaux moments de son existence.
« J'ai profité de sa visite à l'infirmerie pour la lui subtiliser » souffla- t-elle en évitant son regard.
Dumbledore retint une petite exclamation. « Il ne va pas du tout apprécier » pensa-t-il avec appréhension. « Espérons qu'il comprendra les motifs. » Puis posant les yeux de nouveau sur la jeune femme devant lui, il pensa que oui, du moins s'il l'observait suffisamment pour voir le désespoir dans ses yeux.
« Je comprends tes craintes Dragana » reprit-il doucement. « J'ai les mêmes craintes jours après jours pour Harry et toi, ainsi que maintenant je les aurai pour Severus » déclara-t-il avec un mince sourire. « Mais tu dois cependant prendre en considération la chose suivante : Ce doit être son choix à lui. »
« Je sais déjà quel sera son choix » répliqua-t-elle d'une voix tremblante. « Pourquoi croyez-vous que j'ai pris sa baguette. »
« Oui » concéda-t-il. « Mais crois-tu réellement que cela l'arrêtera ? » demanda-t-il en la regardant par-dessus ces lunettes.
« Non » répondit-elle dans un murmure.
Le vieux directeur lui fit un sourire.
« Voilà ton horaire pour les examens » dit-il d'un ton plus léger en lui tendant un bout de parchemin.
« C'est tout ? » demanda la jeune femme, s'étonnant qu'il n'ait pas un avis plus élaboré sur le sujet ou qu'il n'insiste pas plus pour qu'elle lui rende sa baguette.
« Dragana, j'ai confiance en toi » l'assura-t-il. « Je sais que tu prendras la bonne décision. »
« Vous savez déjà que je vais la lui redonner, c'est ça ? » ronchonna-t- elle en réalisant qu'elle lui avait dit seulement parce que cette décision était déjà prise et qu'il le savait.
Elle ne pourrait jamais lui cacher ça, ce devait être sa décision. Elle n'avait pas à faire ce choix, ce n'était pas son rôle.
« Oui » avoua-t-il avec un sourire. « Je dois t'avouer que s'il y a une chose dont je suis persuadé en ce qui concerne les Serpentard. C'est que même si leur côté très réfléchi leur donne une seconde d'hésitation ils ne reculent jamais. Ils vont jusqu'au bout pour atteindre les objectifs qu'ils se sont fixés et je connais depuis longtemps tes objectifs » conclut-il.
La jeune femme esquissa un faible sourire.
« Bonne fin de soirée Dragana » lui souhaita-t-il en ouvrant la porte.
« Vous aussi professeur » répondit-elle.
Alors qu'il sortait, un chat gris se faufila à l'intérieur.
« Bonsoir minet » lança gaiement Dumbledore avant de s'éloigner.
Dragana referma la porte et se tourna vers Drago alors qu'il reprenait sa forme humaine.
« Bonsoir » dit-il aussitôt.
« Bonsoir » répondit-elle avec un sourire. « Qu'est-ce que tu fais là ? »
« Je suis allé te voir à l'infirmerie, mais tu n'étais plus là » expliqua-t- il en suivant sa cousine jusqu'au canapé.
« Non, le docteur Crehan m'a donné mon congé » dit-elle en s'y laissant tombé.
« Ce n'est pas un peu tôt ? » demanda-t-il en prenant place à ses côtés.
« Non » l'assura-t-elle en secouant la tête. « Je vais bien maintenant que l'équilibre entre mon venin et mon sang à été rétabli. »
« Ton venin ? » s'étonna Drago en fronçant les sourcils.
« Oui » acquiesça Dragana en fronçant les sourcils à son tour. « Je croyais que tu savais. Je croyais que le professeur Rogue t'avait expliqué pourquoi j'étais toujours dans le coma et comment ils m'ont réveillée. »
« Non » dit-il en secouant la tête. « Je croyais que tu étais dans le coma à cause du choc ? »
« Oui, c'est le choc qui a déréglé mon organisme déjà déréglé. J'ai aussi des petites cachettes vois-tu » dit-elle avec un sourire énigmatique.
Dragana eut un petit rire lorsqu'il releva un sourcil inquisiteur à la manière de Rogue. « Il passe beaucoup trop de temps avec lui » pensa-t- elle amusée.
« Je suis moi aussi une animagus » annonça-t-elle en reprenant son sérieux. « Et sous ma forme animale je produis du venin, un somnifère pour être plus exacte. Le problème c'est qu'un accident il y a longtemps a fait en sorte que je garde quelques caractéristiques de mon animal, même sous ma forme humaine. »
Le jeune homme fronça les sourcils.
« Comme mes yeux par exemple » reprit-elle en le voyant faire. « Ils étaient autrefois identiques aux tiens. Je produis du venin aussi sous ma forme humaine, mais à cause du choc mon corps n'arrivait pas à en contrer les effets. C'est pour ça que j'ai dormi pendant près de deux semaines. »
« Quelle forme prends-tu ? » demanda-t-il.
« Devine » lança-t-elle avec un regard malicieux.
« Je n'aime pas les devinettes » trancha-t-il en roulant les yeux, exaspéré.
« Je vais te donner un indice » annonça-t-elle en prenant un chandelier.
Il soupira en voyant qu'elle l'avait ignoré et poursuivait dans ce petit jeu infantile. Mais lorsqu'il vit une petite flamme verte quitter sa bouche pour aller allumer la chandelle l'expression sur son visage changea du tout au tout.
« Comment fais-tu ça ? » s'enquit-il, étonné, alors que la flamme passait du vert au rouge habituel des flammes pour consumer la mèche.
« C'est aussi une des capacités que je garde sous ma forme humaine » expliqua-t-elle. « Alors tu devines ? »
« Le seul animal que je connais qui crache le feu c'est un dragon »
. Dragana eut un sourire alors que la mâchoire de son cousin tombait.
« Attends, tu... »
« Hum, hum » acquiesça-t-elle en hochant la tête amusée.
« Le tableau » souffla-t-il, un éclair de compréhension passant dans ses yeux.
« Oui » répondit-elle. « C'est Dobby qui l'a fait. C'est ma réplique exacte. »
« Wow » s'exclama-t-il. « C'est pour sûr autrement plus impressionnant qu'un chat. »
« Peut-être, mais c'est moins pratique quand on veut passer inaperçu » ironisa-t-elle.
« Oui, c'est vrai » dit-il en riant. « Je vois mal un dragon en train d'écouter aux portes. »
Dragana eut un petit rire s'imaginant en train d'essayer d'écouter à une porte, en supposant bien évidemment que les dimensions du corridor où se trouve la dite porte soit capable de la contenir. Elle secoua la tête en riant, c'était une mission impossible.
« C'est ce que tu faisais ? » demanda-t-elle avec une œillade malicieuse en reprenant son sérieux.
Il fronça les sourcils.
« Écouter à ma porte ? » clarifia-t-elle.
« Non...Non » répondit-il vivement, indigné.
Dragana lui lança un regard suspicieux seulement pour l'agacer d'avantage.
« Je te jure que je n'ai pas écouté, je venais juste d'arriver » se défendit-il.
« Je te crois » lança-t-elle en riant. « Ça tombe bien que tu sois là je devais te parler. »
« À quel sujet ? » demanda-t-il plus sérieusement.
« L'ordre du Phénix » répondit-elle.
« Dumbledore te l'a déjà dit » constata-t-il avec une petite moue.
« Oui le professeur Dumbledore me l'a déjà dit » approuva-t-elle en insistant bien sur le professeur.
« Écoute... »
« Non Drago » le coupa-t-elle en secouant la tête. « Je suis d'accord, c'est mieux pour ta sécurité ainsi » ajouta-t-elle.
Il eut un sourire.
« Par contre » reprit-elle très sérieusement. « Tu ne dois en aucun cas prendre des risques inconsidérés sans nous en parler d'abord. Est-ce que je me fais bien comprendre ? » insista-t-elle avec une nuance d'avertissement dans la voix.
« Oui » acquiesça-t-il en hochant la tête. « Le professeur Rogue m'a déjà glissé un mot à ce sujet. Plusieurs en fait » ajouta-t-il dans un murmure.
« Qu'est-ce qu'il t'a dit ? » demanda Dragana en fronçant les sourcils.
« Que je ne devais en aucun cas me mettre à agir comme un stupide Gryffondor qui se jette dans n'importe quoi avant d'y avoir pensé comme il faut. Sinon j'aurais affaire à lui et il me montrerait comment il avait réussi à berner Voldemort sur ses capacités en ce qui a trait à la torture » débita Drago dans un souffle en imitant son directeur de maison.
« Je n'aurais peut-être pas formulé ça ainsi, mais ça dit au moins ce que ça veut dire » commenta la jeune femme en se mordant les lèvres pour ne pas rire. « Alors je vais lui laisser ta punition si jamais tu déroges à notre entente. »
Drago hocha la tête, d'un air peu assuré avec un sourire tout sauf sincère.
« C'était de ça dont tu voulais me parler ? » demanda-t-il.
« Non » répondit-elle. « Il va y avoir une réunion demain. »
« Et le professeur Dumbledore veut que j'y sois ? » s'enquit-il avec une excitation non dissimulée.
« Il te laisse le choix » affirma-t-elle. « Harry y sera, alors c'est à toi de décider si tu veux qu'il le sache maintenant ou pas. »
« Et toi qu'en penses-tu ? » demanda-t-il en sondant ses traits. « Je devrais y aller ou pas ? »
« Je ne sais pas Drago » répondit-elle en haussant les épaules. « D'un côté je préférerais que tu viennes pour que plus de trois personnes sachent que tu n'es pas avec Voldemort, ainsi si tu avais des problèmes avec le ministère d'autres pourraient témoigner. »
« Pourquoi aurais-je des problèmes avec le ministère ? » demanda-t-il en fronçant les sourcils. « Je ne suis pas un mangemort. Je n'ai pas la marque, rien. »
« Pas encore » concéda-t-elle. « Mais je sais d'expérience qu'on ne reçoit pas toujours la marque parce qu'on l'a choisi. Alors s'il advenait pour sauver ta vie que tu doives l'accepter, au moins ainsi il y aura des gens qui pourront témoigner que tu l'as accepté pour le besoin de la cause et non par choix. »
« Mais toi, le professeur Rogue, le professeur Dumbledore vous pourrez témoigner » rétorqua-t-il incertain.
« Non, moi je ne pourrai pas » assura-t-elle. « N'oublie pas de qui je suis la fille et qu'elle est mon surnom. Le professeur Rogue non plus ne le pourra pas, son témoignage ne serait pas crédible. Il a été acquitté, mais son nom n'en est pas pour autant lavé. Le professeur Dumbledore le pourra, mais c'est un vieil homme, il pourrait lui arriver quelque chose » conclut- elle.
« Merlin, tu es d'un optimiste à tout casser ce soir ! » s'exclama-t-il sarcastique.
« Je suis réaliste Drago » renchérit-elle doucement avec un sourire triste. « Lorsque Voldemort sera vaincu, le ministère cherchera les mangemorts encore vivant et en liberté pour être sûr qu'il ne revienne pas par un moyen ou un autre. Alors il vaut mieux prévoir. »
« Très bien, alors j'irai » trancha-t-il avec un soupir.
« Tu crois que tu seras toujours capable lorsque Harry saura la vérité de jouer la comédie dans les couloirs de l'école ? Je veux dire jouer les deux ennemis » précisa-t-elle.
« Ce ne sera pas tellement dur ça » ironisa-t-il.
« Ce pourrait être plus dur que tu ne le penses » assura-t-elle d'une voix calme.
« Non » répondit-il en secouant la tête. « Pour la seule et unique raison que Potter et moi ne pourrions pas être ami Dragana. Je ne l'aime et lui non plus ne m'aime pas. »
À la façon dont elle le regardait, il savait qu'elle n'était pas convaincue.
« Écoute » reprit-il. « J'ai changé, je suis d'accord et j'en suis content, mais je n'en demeure pas moins un Malefoy. »
« Et que crois-tu qu'il y a de différent entre être un Malefoy ou un autre ? » demanda-t-elle avec un sourire malicieux.
« Tu te rends compte de ce que tu dis ? » s'insurgea-t-il en se redressant sur le canapé. « Nous sommes une des plus grandes familles de sang pur. Je n'adhère pas aux idées de Voldemort, mais ne t'attends pas à ce que je me fasse des amis sang-de-bourbes et moldus » conclut-il avec une grimace.
« Ainsi donc, tu es seulement plus semblable à ton père que tu ne le crois » souffla-t-elle.
« Quoi ? » gronda-t-il.
« Ne te fâche pas Drago » ordonna-t-elle calmement. « Tu n'y es pour rien, c'est ton éducation, celle que ton père t'a donné » expliqua-t-elle. « Une version améliorée à sa sauce de ce qu'est un Malefoy. »
Il fronça les sourcils en arborant un air agacé.
« Un Malefoy est au-dessus du peuple de sorcier moyen, au-dessus des moldus et des sang-de-bourbes » se mit-elle à réciter ce que lui avait un jour dit sa mère. « N'accepte jamais les critiques et si on te frappe, frappe en retour. Ne montre jamais tes faiblesses. Un Malefoy ne pleure jamais » conclut-elle d'une voix lasse. « C'est aussi ce que t'a dit ton père n'est- ce pas ? »
« Mot pour mot » acquiesça-t-il en la dévisageant d'un air surpris.
« C'est faux Drago » assura-t-elle en se tournant vers lui tout en embarquant ses pieds sur le canapé. « On t'a toujours menti, comme on m'a menti » constata-t-elle. « Cette ligne de conduite ne t'apportera jamais rien de bon, parce qu'avec le temps j'ai compris que les personnes qui peuvent dire qu'ils n'ont jamais pleuré ou montré une faiblesse, n'ont jamais aimé. C'est ce genre de personne que sont ton père et ma mère, alors ne laisse pas leurs histoires briser tes rêves et tes espoirs. »
Drago ouvrit la bouche pour émettre une protestation, mais Dragana le coupa.
« Je sais, tu dois tout cacher pour le moment » reprit-elle. « Mais n'essaie pas de les oublier, nourris-les, ils deviendront tes forces » dit- elle en passant une main affectueuse sur sa joue. « Tu as du cœur Drago et tu peux le cacher, mais ne tente jamais de l'oublier. Sinon il sombrera et le jour où on te demandera de l'ouvrir ton premier réflexe sera de serrer les poings. Et crois-moi ce jour là sera le plus difficile de ta vie, parce que tu réaliseras que tu es passé à côté de tout ce qui vaut la peine d'être vécu. »
« Je crois que tout ça est plus facile à dire qu'à faire » déclara-t-il d'un air sombre.
« Vrai » concéda Dragana en souriant. « Mais ça vaut la peine, puisque au moins ainsi tu auras pu être toi Drago et non un autre nom sans importance de la liste interminable des Malefoy qui n'ont vécu que pour eux aux détriments de la vie d'autrui » conclut-elle en se levant.
Elle se dirigea vers la bibliothèque et y prit un livre avant de revenir vers lui et de lui tendre.
« Qu'est-ce que c'est ? » demanda-t-il en prenant le livre à la couverture en cuir vert profond.
« Les parias de notre famille » répondit-elle en reprenant place à ses côtés. « Ceux qu'on a reniés parce qu'ils s'étaient montrés indignes de notre « grande » famille » ironisa-t-elle.
« Je n'ai jamais vu ce livre » murmura-t-il en regardant la couverture.
« Non, bien sûr. C'est le seul exemplaire qui existe, c'est notre grand- père qui a rassemblé toutes ces informations. À sa mort, ma mère et ton père voulaient le brûler avec beaucoup d'autres de ses livres, mais malheureusement pour eux c'est à moi qu'ils ont confié cette tâche » expliqua-t-elle avec un sourire malicieux.
Il fronça les sourcils, en se demandant ce que pouvait bien contenir ce livre de si terrible pour qu'on veuille le brûler.
« Ouvre-le, tu vas voir » l'encouragea-t-elle.
La reliure craqua doucement alors qu'il ouvrait le livre pour dévoiler à la première page le portrait d'un homme à la stature importante et aux cheveux blond blanc.
« C'est Arshey Malefoy » l'informa la jeune femme. « Il était le conseiller du roi Arthur et selon ce livre ce serait lui qui aurait eut l'idée de la table ronde. Tu connais cette histoire non ? » demanda-t-elle. « Même si c'est une histoire moldue. »
Drago lui lança un regard de reproche pour la moquerie et elle eut un petit sourire avant de poursuivre.
« Il a perdu son bras pendant une bataille »
. Le jeune garçon lui jeta un dernier coup d'œil avant que Dragana ne tourne plusieurs pages de texte pour tomber sur le portrait d'un homme vêtu d'une tunique rouge qui se tenait sur une jambe de bois.
« Severin Malefoy, général de l'armée Britannique » annonça Dragana. « Il a mené un petit régiment de sorciers au front aux côtés de moldus pendant la guerre de Cent ans. C'est d'ailleurs là qu'il a perdu sa jambe. »
Drago comprenait à présent pourquoi ils étaient des parias, ils avaient tous faits quelque chose en rapport avec des moldus. Ce n'était pas dépourvu de grandeur, mais un peu bête selon lui. Enfin pourquoi aller combattre des moldus avec leurs propres armes pour la liberté d'autres moldus. C'était dénué de sens à ces yeux. Dragana tourna les pages de nouveau et annonça un autre de leurs ancêtres.
« Annecy Malefoy. Il a jouer un grand rôle pendant les révoltes Gobelines » expliqua-t-elle. « Il a perdu son nez, semble-t-il arraché par un gobelin, avec ses dents. »
Drago grimaça, si l'homme n'avait pas eut les cheveux blonds il aurait pu ressembler à un proche parent de Fol'œil.
« Pourquoi est-il dans ce livre, il n'a rien fait avec les moldus ? » demanda-t-il.
« Non, en fait pas vraiment, mais lorsque sa première femme est morte, il a fini sa vie en concubinage avec une sorcière d'ascendance moldue, alors notre grand-père l'a mit dans ce livre. De plus les très honorables Malefoy l'on rayé de notre arbre généalogique en reniant tout ce qu'il avait fait de bien pour le monde sorcier. »
Drago tourna les pages, jusqu'à tomber de nouveau sur un portrait. Un homme étrange, vêtu à la mode Dumbledore avec un regard amusé qui bricolait un objet des plus hétéroclites.
« Thomas Malefoy » annonça Dragana. « C'est lui qui a fondé le département des affaires moldues au ministère de la magie. »
« Voilà ce qu'est ce truc bizarre » comprit Drago.
« Il a aussi perdu quelque chose, mais le livre ne dit pas quoi, il dit seulement qu'on le voyait rarement assis. Grand-père suppose que ce qu'il a perdu ne lui permettait plus de s'asseoir » conclut Dragana en riant.
Drago plissa les yeux avant d'éclater de rire. Puis reprenant son sérieux, il tourna de nouveau les pages. Il trouva une vingtaine de pages plus loin le portrait d'un homme sérieux aux cheveux courts avec un petit bouc.
« Kingsley Malefoy, notre grand-père » annonça Dragana une lueur de nostalgie dans les yeux. « C'était un Auror, il a perdu la vue dans une explosion déclencher par Jonh Dwylight un fou qui prétendait être la réincarnation de Grindelwald. Il a fini sa vie consigné dans un bureau du ministère. C'est ainsi qu'il s'est retrouvé au conseil d'administration de Poudlard et à sa mort ton père a pris sa place. »
« Tu l'as connu ? » demanda-t-il en contemplant l'homme.
« Un peu » répondit-elle en le regardant, elle aussi.
« Comment était-il ? »
« Formidable, c'était un homme froid, mais il avait un grand cœur. Tu me le rappelles quand tu ris » avoua-t-elle avec un sourire. « Il était à genoux devant grand-mère et ses enfants. »
« Et elle comment était-elle ? » demanda-t-il.
« Oh, capricieuse et très caractérielle, mais quand elle était dans une bonne journée, elle pouvait être gentille » répondit-elle. « Moi j'avais un peu de difficulté avec elle, on dirait qu'elle tentait de jouer à la poupée avec moi. Ce n'était pas normal selon elle que la progéniture de sa magnifique fille ait une tignasse pareil » conclut-elle en riant.
Drago eut un petit rire, sur la photo de sa tante qu'il se rappelait, elle semblait avoir les cheveux comme son père. Droit et blond platine. Alors que ceux de Dragana était frisés, en désordre, d'un brun cuivré parsemés de mèches blondes. Il regarda la photo de son grand-père une dernière fois avant de refermer le livre d'un air songeur.
« C'est drôle » reprit-il toujours songeur. « Même dans les histoires que mon père m'a raconté, ils ont tout perdu quelque chose. »
« Oui » acquiesça-t-elle en hochant la tête. « Le professeur Dumbledore m'a déjà dit qu'il croyait que c'était une tradition familiale. »
« Il n'a pas tort, mon père aussi y a laissé quelque chose » marmonna-t-il d'un air sombre.
Dragana fronça les sourcils. Elle n'était pas au fait que Lucius ait perdu quelque chose. Elle savait seulement ce qu'elle voulait lui enlever.
« Son âme » souffla-t-il en la voyant les sourcils froncés.
Dragana eut une petite moue.
« Maintenant que tu sais que tu dois y laisser toi aussi quelque chose » commença-t-elle d'un ton malicieux. « Tâche de garder ton cœur et de laisser derrière un peu de l'orgueil que ton père t'a légué. »
Le blond roula les yeux avec une petite moue qui se transforma en sourire.
« Les moldus et les enfants de parents sans pouvoir magiques, ne sont pas moins forts ou moins brillants que les enfants au sang pur » continua-t- elle en se levant. « Je crois que nous en avons la preuve avec Voldemort » ajouta-t-elle par-dessus son épaule en se dirigeant vers la salle de bain.
Elle en ressortit quelques minutes plus tard et regarda l'horloge.
« Tu devrais y aller » fit-elle remarquer. « Ça va bientôt être le couvre feu. »
« Oui » acquiesça-t-il en se levant.
Dragana prit sa cape qu'elle avait déposée sur le fauteuil.
« Qu'est-ce que tu fais ? » demanda-t-il.
« Je vais faire un bout avec toi » répondit-elle en l'enfilant.
« Que vas-tu faire dans les cachots ? »
« Euh...je dois aller voir le professeur Rogue pour une potion » mentit-elle en évitant son regard.
« Oui, oui, je vais te croire » se moqua-t-il avec un sourire goguenard. « Il y a ce petit quelque chose dans tes yeux que je n'ai pas vu depuis près de quatre mois. »
« Je ne sais pas de quoi tu parles » balbutia-t-elle les joues prenant une teinte écarlate.
« Il me semble, oui » la taquina-t-il en riant.
« Allez, allez » dit-elle en le poussant vers la porte. « En route minet. »
Drago éclata de rire et se métamorphosa, pendant que Dragana soupirait. « Si mes yeux me trahissent, je vais avoir du plaisir avec les élèves, quoi que ça risque d'être encore plus épuisant avec Dumbledore » pensa-t-elle en ouvrant la porte. Ils firent leur chemin jusqu'aux cachots, côte à côte. Lorsqu'ils arrivèrent devant la porte des appartements du maître des potions, le petit chat lâcha un « miaow » et continua son chemin vers la salle commune des Serpentard. Dragana prit une grande inspiration et frappa doucement, la gorge serrée.
« Entrez » entendit-elle au bout de quelques secondes.
La jeune femme poussa la porte doucement et entra. Il était debout près d'un plan de travail et brassait une potion en farfouillant sur une étagère.
« Je te dérange ? » demanda-t-elle d'une petite voix en espérant presque qu'il lui répondrait oui.
Ainsi elle pourrait tourner les talons, retourner dans ses appartements et peut-être accessoirement faire disparaître cette fichue baguette.
« Non » l'assura-t-il. « J'ai presque fini. »
Il y avait quelque chose dans sa voix, comme de l'agacement.
« Est-ce que ça va ? » demanda-t-elle en s'approchant.
« Non, j'ai perdu ma baguette » ronchonna-t-il en écartant des pots sur l'étagère.
Dragana hésita un peu, mais sortit la baguette de la poche intérieure de sa cape.
« Tiens » souffla-t-elle en la lui tendant.
« Je l'avais perdu à l'infirmerie ? » demanda-t-il en la prenant, les sourcils froncés.
« Oui » répondit-elle en évitant son regard. « En quelque sorte, en fait j'en ai profité pour te la voler pendant qu'on s'embrassait » ajouta-t-elle pour elle-même en se dirigeant vers un fauteuil.
Elle s'y assied avec un certain malaise. Elle devrait tout lui dire et le connaissant, il n'allait pas du tout apprécier. Son estomac la torturait de façon épouvantable, dès qu'il aurait fini sa potion elle devrait lui parler, avant toute chose. « Chose...oui...c'est en admettant qu'il veuille encore me parler après ça » ironisa-t-elle en se levant. Il ne parlait pas, elle ne parlait pas, c'était une des premières fois que le silence ici l'angoissait.
« Est-ce que tu as besoin d'aide ? » demanda-t-elle en se tournant vers lui.
« Non, j'ai fini » dit-il en éteignant le brûleur.
« Merlin, pas déjà » pensa la jeune femme en faisant les cents pas devant la cheminée.
« Il ne reste qu'à la laisser reposer toute la nuit » expliqua-t-il en se lavant les mains.
« Très bien je vais pouvoir monter à l'échafaud tout de suite » ironisa-t- elle intérieurement en soupirant. Elle marchait de long en large devant les flammes, son ombre se profilant sur les murs. Elle était littéralement au bord de la panique. « Comment vais-je lui dire ça ? » se demanda-t-elle. « J'aurais dû prendre le temps d'y penser avant de venir » trancha-t-elle en faisant un cent quatre-vingt degré pour revenir sur ses pas. La jeune femme qui avait jusqu'ici contemplé le plancher s'arrêta net, lorsqu'elle vit une paire de soulier sur son chemin.
Elle leva les yeux doucement. Il avait les bras repliés contre son torse et l'observait d'un air inquisiteur. Il ne comprenait pas pourquoi elle semblait si nerveuse. Elle marchait comme un lion en cage depuis cinq bonnes minutes. Il lui avait demandé si elle voulait un thé et elle ne semblait même pas l'avoir entendu. Il trouvait la situation un peu étrange, en fait très étrange. Il ne savait pas du tout comment il était sensé se comporter maintenant. Avant il lui aurait parler de potion, mais en fait en ce moment il n'en avait aucune envie. C'était peut-être ce qu'il y aurait de plus simple : faire ce qu'il avait envie de faire, sans se poser mille et une questions. Approuvant cette solution mentalement, il s'approcha doucement. Il monta les mains pour prendre son visage et l'embrasser.
« Attends » souffla-t-elle en arrêtant la course de ces mains.
Il n'aimait pas du tout l'expression dans ses yeux. Elle semblait terrifiée. La situation était étrange d'accord, mais selon lui ce n'était pas une raison pour se mettre dans un état pareil, alors il devait y avoir autre chose. Elle avait peut-être changé d'idée.
« Je... » retentit sa voix mal assurée à nouveau. « Je dois te parler et je n'y arriverai pas comme ça. »
Il fronça les sourcils, tentant de garder le contrôle absolu sur l'expression de son visage. Alors qu'à l'intérieur l'inquiétude montait. Dragana relâcha ses mains et prit place dans un fauteuil. Elle attendit qu'il fasse de même et lorsqu'il prit place sur le second fauteuil en face d'elle, elle prit une grande inspiration.
« Je crois que je dois commencer par te faire un aveu » commença-t-elle d'une voix teintée d'angoisse en frottant ses mains nerveusement « Tu n'as pas perdu ta baguette à l'infirmerie » continua-t-elle en évitant son regard. « C'est moi...c'est moi qui te l'ai prise » balbutia-t-elle finalement.
« Quoi ? » rugit-il en plissant les yeux.
Il se leva brusquement en marmonnant quelque chose d'inintelligible et Dragana soupira.
« Écoute, je... »
« Je n'arrive pas à y croire » s'emporta-t-il ahurie. « Tu en as profité pour me voler ma baguette » ajouta-t-il d'un ton accusateur.
« Severus » reprit-elle doucement en se levant à son tour. « Je sais que pour l'instant mon geste te paraît odieux, mais écoute moi jusqu'au bout s'il te plaît » le pria-t-elle en se plantant devant lui. « Il y a beaucoup plus de choses derrière tout ça que tu ne peux le penser. »
Il ne répondit pas. Il se contenta de croiser les bras d'un air renfrogné en la regardant d'un air dédaigneux. Dragana sentit son cœur se serrer, elle espérait qu'il pourrait seulement comprendre que son geste avait été fait en désespoir de cause. Elle avait peur de le perdre et c'est tout ce qui l'avait fait agir ainsi.
« Je sais qu'Ollivander t'a dit que ta baguette était liée à une autre » déclara-t-elle doucement.. « C'est à ma baguette qu'elle est liée. »
Severus confronta son regard en fronçant les sourcils plus profondément. Attendant le reste des explications avec appréhension. Que des baguettes soient liées n'était pas une mauvaise chose alors pourquoi ne voulait-elle pas que se soit lui qui l'ait.
« Les ventricules de cœur de dragon qui sont à l'intérieur de nos baguettes sont du même cœur » reprit-elle en croisant les bras.
Dragana perdit son regard dans les flammes, elle n'avait pas la force de le regarder. Plus elle approchait du pourquoi elle avait prit sa baguette, plus elle avait envie de partir. Prendre la baguette et fuir lui semblait la solution rêvée en ce moment.
« Quand j'ai eu ma baguette » continua-t-elle tout de même d'une voix sans expression. « Ollivander ne m'a pas dit que ta baguette existait car il avait peur qu'elle tombe entre les mains de mon père. Mais quand j'ai reçu mes pouvoirs, un parchemin est sorti de ma baguette. C'est la première chose qui s'est produite lorsque je l'ai prise dans mes mains » expliqua-t- elle le regard toujours perdu dans les flammes. « Ça me disait tout ce que je devais savoir sur ta baguette. »
Dragana s'interrompit, il lui semblait que la température de la pièce avait chuté d'une bonne dizaine de degrés. Elle frissonnait et était terrifiée. Elle savait déjà ce qu'il allait dire. Elle le savait que trop bien.
« J'ai attendu longtemps de voir entre les mains de qui tomberait cette baguette » souffla-t-elle. « Mais quand Ollivander m'a écrit pour me dire que c'était toi qui l'avait, après tout ce que tu m'avais dit la veille, j'ai cru qu'avec le temps, elle avait perdu ses pouvoirs ou que ce n'était juste une fable. »
Severus baissa la tête en soupirant et s'approcha doucement. Il aimerait pouvoir lui lancer l'oubliette pour pouvoir effacer cette soirée de sa mémoire. Il posa une main sur son épaule et Dragana se tourna vers lui doucement. Elle lui fit un mince sourire.
« Je sais maintenant que tout était vrai » affirma-t-elle tristement.
« Ollivander n'a jamais voulu me dire pourquoi elles avaient été liées » déclara-t-il. « Il m'a seulement affirmé qu'elle ne représentait pas un danger. »
« En elle seule non » concéda-t-elle. « Asasia Serpentard y a transféré ses pouvoirs pour que la personne qui l'ait soit plus puissante afin de me protéger » expliqua-t-elle. « Je suis la seule à pouvoir te les donner, c'est pour cette raison qu'elles sont liées. »
« Dragana » soupira-t-il en l'attirant dans ses bras. « Ollivander m'a dit que si cette baguette me convenait c'était parce que j'avais déjà accepté de faire ce pourquoi elle avait été créée » dit-il tout contre ses cheveux. « Je confirme, je l'ai fait et continuerai de le faire avec ou sans baguette. »
« Je sais » souffla-t-elle en s'écartant de lui. « Et si c'était la seule chose je te l'aurais laissé » ajouta-t-elle d'une voix éteinte en s'entourant de ses bras.
Dragana regarda les flammes et resta silencieuse.
« Quelle est l'autre chose ? » demanda-t-il au bout d'un moment.
La jeune femme ferma les yeux et baissa la tête en soupirant.
« Dis-moi » exigea-t-il en la prenant par les épaules pour l'obliger à lui faire face.
« Je ne peux pas » souffla-t-elle sans lever la tête.
« Dis-moi » ordonna-t-il doucement en prenant son menton délicatement pour relever sa tête.
Une larme roula sur sa joue lorsqu'elle ouvrit les yeux pour rencontrer son regard inquiet. Dragana avait la gorge trop serrée pour parler, alors d'une main tremblante elle sortit un morceau de parchemin plié soigneusement d'une poche de sa cape.
« Qu'est-ce que c'est ? » demanda-t-il d'une voix enrouée en prenant le papier qu'elle lui tendait.
« La prophétie de Pelennor Nimmo au complet » l'informa-t-elle d'un air sombre.
Dragana s'éloigna en croisant ses bras sur son torse. Il l'observa aller se poster devant la fenêtre alors qu'il dépliait le papier. Une légère vague d'inquiétude l'avait envahi. Il posa son regard sur le parchemin et entreprit de le lire.
« Le 06 Janvier de l'an 1927 »
« D'un père moldu et d'une mère au sang pur, naîtra un homme, un mage sombre qui sèmera la peur et la terreur »
« Seul et dernier descendant du Serpent »
« Un nouveau seigneur des ténèbres, nommant tous comme ennemis, mais seulement trois dont il aura à craindre »
« Le premier sera une femme, qui naîtra le 16 octobre de l'an 1966, descendante du Dragon, née des serviteurs de l'héritier du Serpent pour être son égale. »
« Dragon et Serpent étant frère il ne pourra pas la vaincre, pas plus qu'elle ne le pourra »
« Seulement, sa survie sera pour lui une défaite et pour le monde une victoire »
« Le deuxième sera un homme, qui naîtra le 31 juillet de l'an 1980 »
« D'un père au sang pur et d'un mère sang de bourbe naîtra le descendant du Gryffon »
« Le seul homme ayant les pouvoirs de le détruire»
« Marqué d'un éclair, il l'affrontera à plusieurs reprises jusqu'à l'affrontement final où un seul survivra »
« Le troisième nul ne le connaît, puisqu'il ne sera pas désigné par son sang, mais par son cœur et son esprit »
« Investi par les pouvoirs d'un autre. Il aura le choix d'accepter ou non, le destin vers lequel son cœur et son esprit le poussent »
« En acceptant, son destin sera de protéger l'héritier du Dragon et de lutter au côté de l'héritier du Gryffon dans la lutte finale »
Le maître des potions replia le morceau de parchemin machinalement et le déposa sur la table avant de se diriger vers Dragana. Sans un mot, il se colla contre son dos et l'enveloppa de ses bras.
« Je suis désolée de te l'avoir volée » souffla-t-elle en entremêlant ses doigts avec les siens.
« Ça va » murmura-t-il en déposant un baiser sur le dessus de sa tête.
Ils restèrent un long moment en silence, à seulement contempler la nuit noire au dehors. Il comprenait pourquoi elle l'avait fait. Il n'était pas d'accord, mais comprenait. Il aurait probablement fait la même chose si les situations avaient été inversées. La jeune femme se libéra doucement au bout d'un moment et se tourna vers lui. Il y avait quelque chose de désespéré dans ses yeux quand elle rompit le silence d'une voix hésitante.
« On pourrait seulement la redonner à Ollivander... »
« Dragana » la coupa-t-il en secouant la tête. « Et risquer qu'elle tombe entre les mains de Drago. »
Son visage se décomposa, elle semblait horrifié. La jeune femme ouvrit la bouche pour dire quelque chose, mais il l'interrompit en posant un doigt sur sa bouche.
« De toute façon je serai là, j'ai pris cette décision il y a longtemps » dit-il d'une voix solennel. « Je dois veiller sur lui. J'en ai fait la promesse, alors aussi bien me donner le moyen d'y survivre » conclut-il en l'attirant dans ses bras.
Dragana soupira, résignée, elle avait su sa réponse dès le début. Il n'avait fait que confirmer ses craintes. Elle devrait maintenant se faire à l'idée, s'il l'avait promis...
« À qui en as-tu fait la promesse ? » demanda-t-elle d'une voix enrouée contre son torse, ce détail lui revenant en tête.
« Ça n'a pas d'importance. » trancha-t-il sèchement.
La jeune femme releva la tête pour sonder son visage. Il avait l'air mal à l'aise, comme si d'avouer à qui il avait fait cette promesse avait quelque chose de gênant.
« Qui ? » exigea Dragana doucement.
Il soupira en détournant les yeux.
« Je l'ai promis sur la tombe de ses parents » marmonna-t-il en fixant le paysage par-dessus sa tête.
Dragana se recala au creux de son torse. La plupart des gens aurait pensé de cette information que c'était sa dette de vie envers Potter senior qui l'avait poussé, mais elle savait que ce n'était pas ça. Elle savait qu'il se sentait coupable de ne pas avoir réussi à avertir Dumbledore à temps le soir où Voldemort était parti pour Godric Hollow dans l'optique de les tuer.
« Tu es sûr que c'est ce que tu veux ? » demanda-t-elle en se décollant un peu.
Il fit un bref signe de tête et elle soupira.
« Très bien » acquiesça-t-elle. « Sors ta baguette, avant que je ne change d'avis » conclut-elle en s'éloignant et en sortant elle aussi sa baguette.
Elle se dirigea vers le fauteuil.
« Viens » ordonna-t-elle. « Il est préférable que tu sois assis » expliqua- t-elle en le voyant approché les sourcils froncés.
« C'est long ? » demanda-t-il en s'asseyant.
« Non » répondit-elle en secouant la tête. « Ni long, ni douloureux, mais il est possible que tu perdes connaissance » précisa-t-elle en prenant sa main où il tenait sa baguette.
Elle y fit glisser la pointe de sa propre baguette et referma les doigts sur la poignée de sa baguette et la pointe de la sienne.
« Prêt ? » demanda-t-elle la voix tremblante.
Il acquiesça d'un signe de tête. Dragana prit une grande inspiration, souhaitant qu'elle ait fait le bon choix de la lui rendre.
« Cum talis num tuus votum » commença-t-elle en fermant les yeux.
« Puisque tel est ton vœu »
« Per ille virga nasci tuus fatalis » continua-t-elle doucement.
« Par cette baguette naît ton destin »
Dragana prit une grande inspiration, en refoulant ses larmes, alors que leurs mains commençaient à picoter.
« Is seligo per tuus cor ac tuus spiritus » conclut-elle d'une voix éteinte faisant jaillir une lumière dorée entre leurs doigts.
« Celui choisit par ton cœur et ton esprit »
Le corps de Severus se crispa en sentant l'onde magique entrer en lui et affluer comme une vague brûlante le long de son bras. Il se sentit rapidement étourdi, alors il ferma les yeux. L'onde se propageait dans tout son corps. Ce n'était pas douloureux, c'était comme quand on vous donne de la pimentine en injection parce que vous souffrez d'hypothermie. Quelque chose d'étrange se produisit, il avait l'impression d'être relié à Dragana. Il pouvait sentir, combien elle était désespérée en ce moment. Elle avait l'impression de signer son arrêt de mort, même si elle savait au fond d'elle, qu'elle faisait le bon choix. Elle pensait que personne d'autre ne pourrait s'acquitter mieux de cette tâche. C'était pour cette raison qu'elle la lui avait redonnée. Il aurait voulu la prendre dans ses bras pour l'embrasser, mais l'onde de magie à l'état brut immobilisait son corps. L'onde diminua peu à peu, le laissant exténué de plus en plus, jusqu'à ce qu'il perde connaissance.
La jeune femme ouvrit les yeux lentement, lorsqu'elle fut sûre que le transfert était conclu. Elle le regarda un instant, il avait perdu connaissance et sa tête retombait mollement sur son torse. Elle enleva doucement les baguettes de ses mains et déposa celle de Severus sur la table. Elle essuya ses larmes d'un geste prompt et le regarda de nouveau. « J'aurais dû le faire étendre sur son lit, il va avoir mal au cou comme ça » pensa-t-elle en se levant. Elle déploya une main vers lui et le fit léviter vers sa chambre. Elle entra et le déposa doucement sur le lit. La jeune femme passa délicatement sa main sur sa joue et effleura son front d'un baiser avant de s'éloigner. Elle s'approcha de la bibliothèque et prit un livre de poésie avant d'aller s'asseoir dans un fauteuil devant la cheminé. Elle soupira et ouvrit le livre. Elle ne devait plus penser aux conséquences, sinon elle vivrait dans la constante angoisse. Déjà qu'elle devait vivre avec la crainte que lui apportait l'assurance qu'un jour Voldemort se tiendrait devant elle. C'était déjà suffisamment pénible comme ça. Elle devait faire comme sa grand-mère lui avait dit : Profiter de chaque moment de bonheur et les chérir dans l'adversité. Elle posa les yeux sur le livre et commença à lire un poème intitulé : J'ai inventé le désespoir.
« Pour te parler de mes douleurs et de tout ce qui nous sépare. »
« Pour que tu saches de quoi je meurs, j'ai inventé le désespoir. »
« Pour la beauté des cathédrales. Quand je n'ai pas su te montrer. »
« Quand tu disais ça fait mal, ne t'en va pas, je vais crever. »
« J'ai inventer le désespoir. »
« Et pour la couleur de nos soirs. Pour faire semblant de ne plus te voir, j'ai inventé la couleur noire. »
« Pour tricher avec le chagrin et pour survivre à notre histoire. »
« À coups de cœur, à coups de poing. »
« J'ai inventé le désespoir. »
« Pour que toujours tu te souviennes du diamant bleu qu'on a brisé. »
« Pour que plus jamais ne revienne cette tendresse à main armée. »
« J'ai inventé le désespoir »
« Et pour la couleur de nos soirs. Pour faire semblant de ne plus te voir, j'ai inventé la couleur noire. »
« Quand on s'endort chacun pour soi dans le silence des souvenirs. »
« Quand notre amour n'a plus le droit ni au repos ni au désir. »
« J'ai inventé le désespoir »
« Et pour la couleur de nos soirs. Pour faire semblant de ne plus te voir j'ai inventé la couleur noire. »
« Et pour la couleur de nos jours »
« J'ai inventé le mal d'amour »
Dragana s'emmitoufla dans sa cape plus étroitement et tourna la page pour lire un second poème intitulé : Toi c'est moi.
« Où es-tu dis-moi ? De qui t'as peur dis-moi ? »
« Tu sais que je marcherais sur les ombres qui oseraient défier ton nom. »
« Mais où es-tu dis-moi ? »
« Ne te cache pas de moi. »
« J'entends chaque bruit, chaque pas que font tes pensées quand tu viens vers moi. »
« La peur est dans mon cœur, la mort est dans ma cour. »
« La vie fuit d'heure en heure et brutalise mon amour. »
« Reste là l'amour, ne t'éloigne pas de nous. »
« Lui et moi t'avons prêté allégeance en te criant dans nos silences. »
« Reste là l'amour, sur la ligne du jour »
« Ne nous raconte plus nos vies d'errance, bien avant d'apprendre ta danse. »
« Je ne peux plus danser, je suis mort enterre-moi. »
« Je ne peux plus raconter et rire comme autrefois. »
« Raconte encore c'est quoi la vie ? Qu'est-ce que ça mange la vie ? »
« Hier elle était grasse de toutes mes souffrances, demain elle sera lourde d'espérance. »
« Si c'est si fort la vie, elle prend donne et détruit. »
« Regarde le temps se calme, la nuit s'éclipse. Faisons ensemble un geste d'artiste. »
« Tuons-nous, tuons-nous. »
« À jamais, restons là. »
« Tuons-nous, tuons-nous. »
« À jamais, restons là. »
« Toi et moi. »
« Toi c'est moi. »
Le maître des potions ouvrit les yeux, il faisait sombre, une simple petite lueur scintillait de sa table de nuit. Il mit un certain temps à se souvenir pourquoi il était étendu dans son lit. Il vit Dragana déposer son livre sur la table et s'approcher du lit.
« Tu t'es finalement réveillé » lui dit-elle avec un sourire en s'asseyant sur le lit.
« Il y a longtemps que je dors ? » demanda-t-il d'une voix rauque en s'asseyant à son tour.
« Non » l'assura-t-elle avec un sourire en secouant la tête. « Tu devrais peut-être rester allongé » ajouta-t-elle en s'approchant.
« Non ça va » lui dit-il en se frottant le visage.
« Comment te sens-tu ? » s'enquit-elle en posant une main sur sa joue.
« Bien » déclara-t-il en la regardant.
Elle était resplendissante à la douce lueur des chandelles. « un peu trop, en fait » songea-t-il tout à coup mal à l'aise. Elle lui fit un sourire en approchant sa tête et captura doucement ses lèvres. Il lui rendit son baiser délicatement, mais lorsqu'il prit sa tête entre ses mains, le baiser de Dragana se fit plus pressant.
« Ma potion ! » s'exclama-t-il en se dérobant.
« Elle était fini tout à l'heure » souffla-t-elle contre ses lèvres avant de l'embrasser de nouveau.
Il sentit une main aventureuse glisser sur son torse, alors qu'elle le couvrait de baisers fougueux.
« Qu'est-ce que tu lisais ? » demanda-t-il en s'écartant de nouveau.
« Un recueil de poésie » répondit-elle d'une voix morne.
Elle se sentait mal à l'aise tout à coup. Pourquoi la repoussait-il ? Elle se sentait vexée, sans vraiment pouvoir se l'expliquer. Il fallait qu'elle sorte, qu'elle soit seule un peu pour pouvoir rationaliser un peu tout ça. « Est-ce que c'est vraiment ce que je veux ? » se demanda-t-elle en bougeant nerveusement. « Oui » vint la réponse catégorique. « Mais apparemment je suis la seule » conclut-elle non sans une certaine déception en se glissant au bord du lit.
« Où vas-tu ? » demanda-t-il en fronçant les sourcils.
« Je vais te laisser » répondit-elle en se levant.
Severus lui aurait demandé pourquoi, mais il ne voulait pas sembler suppliant. Est-ce qu'elle avait compris le subterfuge ? Est-ce que c'était pour ça ? La réponse vint sans qu'il ne la pose.
« C'est ce que tu sembles souhaiter » ajouta-t-elle d'une voix dont elle n'avait pas réussi à cacher tout le mordant.
Dragana n'avait pas pu s'en empêcher. Elle savait bien pourquoi il la repoussait et elle en était blessée. Elle avait peut-être mis trop de confiance en tout ça.
« Je ne t'ai jamais demandé de partir » gronda-t-il en lui prenant la main pour la retenir.
« Non, alors pourquoi me repousses-tu ? » questionna-t-elle d'une voix douloureuse en le toisant du regard.
Il se sentit prit au piège un instant, cherchant un moyen de lui dire sans la blesser. Ça semblait fait déjà, alors il soupira en baissant la tête pour se donner un autre instant de réflexion.
« Je vois » murmura-t-elle en enlevant sa main. « Le professeur Dumbledore avait tort de penser que cela ne te dérangerait pas, personne ne veut marcher sur les traces du seigneur des ténèbres » ironisa-t-elle en se levant.
Elle fit le tour du lit pour rejoindre la porte, mais lorsqu'elle atteignit l'autre côté une main l'avait déjà agrippée et la ramenait vers lui. Se retrouvant entre ses jambes, alors qu'il s'était glissé au bord du lit.
« Dragana, ce n'est pas ça » souffla-t-il en entourant sa taille de ses bras. « C'est complètement ridicule ».
« Alors explique moi » exigea-t-elle. « Tu n'en as pas envie ? » demanda-t- elle en essayant de faire disparaître de sa voix la crainte que cette idée avait fait monter en elle.
Le lit était haut, tellement haut qu'il ne donnait même pas une tête de jeu à Dragana pour pouvoir fuir son regard. Elle n'était plus rationnelle maintenant et elle en avait un peu honte, mais il fallait qu'elle sache. D'un autre côté, elle ne pourrait pas supporter de l'entendre dire non, ainsi enveloppée par sa chaleur.
« Oui j'en ai envie » l'assura-t-il en prenant son visage entre ses mains pour l'embrasser.
Severus prit le temps de choisir ses mots avant de détacher ses lèvres des siennes.
« Ce serait la première fois depuis... »
Il laissa sa phrase en suspens, il savait qu'il n'avait pas besoin de préciser. Dragana soupira et leva la tête en évitant son regard. Elle se mordit les lèvres semblant à son tour tentée de former la meilleure réponse possible. Elle hocha la tête doucement en soupirant.
« Je te mentirais en disant que je n'en ai jamais eu envie » souffla-t-elle d'une voix hésitante en le regardant d'un regard fuyant. « Mais c'est la première fois que j'ose t'en entretenir » ajouta-t-elle, écarlate, en repoussant nerveusement une mèche de cheveux de devant ces yeux.
Dragana avait l'impression d'attendre le verdict. Elle avait l'impression de ne plus savoir quoi faire de ses mains et évitait son regard. C'était ridicule d'être gênée maintenant selon elle. « Les mots me gênent plus que les actes ! C'est vraiment ridicule » pensa-t-elle exaspérée. Le maître des potions prit délicatement son menton et l'obligea à le regarder. La jeune femme confronta timidement son regard perçant avant qu'il ne prenne ses lèvres. Elle eut un petit soupir de soulagement avant d'entourer sa nuque de ses bras et de lui rendre son baiser.
« C'est vraiment ce que tu veux ? » demanda-t-il en se détachant un peu.
« Oui » souffla Dragana en reprenant possession de ses lèvres.
Déposant des petits baisers de sa bouche douce et troublante, avant de les capturer plus fiévreusement, déclenchant chez lui un petit frisson d'anticipation. Severus entrouvrit la bouche et sentit une langue hésitante s'y introduire. Il recula sa tête juste un peu, sentant de nouveau la peur monter.
« Tu es sûr ? » chuchota-t-il contre ces lèvres.
« Je vais finir par croire que c'est toi qui as peur » murmura-t-elle en plongeant ses mains dans ses cheveux pour approcher sa tête de nouveau et la maintenir pour l'empêcher de s'enfuir à nouveau.
Elle en avait besoin, c'était ce qu'elle voulait et désirait. Une partie d'elle était tombée à l'agonie lorsqu'il l'avait prise dans ses bras à Noël. La Dragana qui avait peur de tout type de contact physique. Elle ne voulait qu'une seule chose maintenant, qu'il achève cette agonie et fasse disparaître une bonne fois pour toute cette partie d'elle. Un soupir de contentement lui échappa lorsqu'il resserra sa prise et la serra un peu plus contre lui. Libérant sa bouche, il déposa des baisers le long de sa mâchoire, se dirigeant vers son cou.
« Tu aurais raison » susurra-t-il d'une voix rauque à son oreille avant d'en prendre le lobe entre ses lèvres, arrachant un gémissement sourd à Dragana qui avait déjà frémit au son de sa voix.
Il avait peur, peur de la blesser, peur de la terrifier, mais elle semblait décidée et certainement plus sûre qu'il ne l'était. C'était un besoin qu'il avait aussi, pour l'avoir désirée en silence pendant des années, mais aussi le besoin physique de se sentir aimé. Envoyant les peurs, la crainte et l'hésitation au loin, il captura ses lèvres de nouveau pour un baiser plus langoureux.
Dragana se délectait de ce baiser, il y avait tant de choses qui semblaient y passer, tout les non-dits, tout l'amour qu'ils avaient l'un pour l'autre. Étant sûre qu'il ne reculerait plus maintenant, elle libéra sa tête pour caresser ses épaules, son torse, son dos. Elle s'était toujours demandé ce qu'il avait l'air sans son armure de robes noires. C'était une pensée coupable qu'elle avait toujours tenté de chasser rapidement de son esprit, mais maintenant... Elle le saurait bientôt et à cette pensée un agréable frisson la parcourut.
Les mains légèrement tremblantes, à n'en plus savoir si c'était de volupté ou d'un restant d'anxiété qui était décidément en train de la quitter, elle fit lentement glisser ses mains sur son torse avant de remonter vers son cou pour atteindre le premier bouton. Elle le défit lentement, puis le second, ainsi de suite jusqu'à ce qu'il n'y en ait plus. Elle libéra ses lèvres en passant ses mains à l'intérieur, où son torse était toujours recouvert d'une chemise blanche. Elle retira l'épaisseur noire en lui administrant un sourire amusé en se demandant combien de couches elle trouverait ainsi. Elle poursuivit son exploration en détachant les boutons de sa chemise et en l'embrassant dans le cou. Puis ne trouvant plus de bouton à peine à mi-chemin de son torse elle fronça les sourcils. Elle recula à peine pour entrevoir la meilleure tactique pour la lui enlever.
Voyant son air perplexe, Severus empêcha un sourire de pourfendre ses lèvres et glissa plutôt sa main derrière son cou pour l'attirer à lui pour l'embrasser. Il étouffa le grognement de Dragana qui s'avoua bien vite vaincue sous ses baisers. Remettant cette chemise à plus tard pour savourer ses lèvres.
Quand elle recula de nouveau à bout de souffle, il y avait une étincelle malicieuse dans ses yeux. Elle descendit lentement ses mains le long de son torse et glissa ses pouces sous sa chemise. Un râle sourd perça le silence, alors qu'elle remontait doucement ses mains, ses pouces frôlant sa peau nue emmenant avec elles la chemise.
Sans un mot, mais le souffle saccadé il leva les bras pour lui permettre de l'enlever complètement. Laissant la chemise rejoindre au sol l'autre vêtement déjà enlevé, elle l'observa un bref instant. Il avait une petite cicatrice à l'épaule où elle l'avait blessé dans la chambre des secrets et une deuxième plus grosse un peu plus haut, dont elle ne connaissait pas la provenance.
La chaleur de ses mains qui le parcourait légèrement fit trembler Severus, alors qu'elle reprenait ses lèvres. L'embrassant passionnément, laissant ses mains avides vagabonder un peu partout sur son torse nu. Se dérobant au baiser qu'elle avait elle-même initié, Dragana laissa son nez glisser le long de sa mâchoire en se pressant contre lui. Elle lécha son cou lui donnant l'impression de devenir fou et embrassa son épaule, sa clavicule, respirant profondément l'odeur. Son odeur.
Severus l'éloigna un peu de lui en la tenant par les épaules. Il voulait lui aussi pouvoir toucher sa peau nue. La jeune femme comprit immédiatement la question silencieuse dans ses yeux et acquiesça d'un faible signe de tête en lui caressant la joue. En quelques gestes lents et précautionneux, lui donnant l'impression d'être un ingrédient rare, il délia les pans de sa robe de sorcière. Puis les écarta en cherchant une dernière protestation sur son visage.
La jeune femme lui fit un léger sourire et déposa un baiser léger sur ses lèvres pour l'encourager à continuer. Une fois passées les épaules le vêtement sombre glissa jusqu'au sol, dévoilant sa peau blanche, bordée de sous-vêtements noirs.
Faisant gémir Dragana il fit glisser ses mains tendrement sur sa peau soyeuse. Traçant les courbes délicates en partant de ses hanches jusqu'au milieu de son dos pour rejoindre l'attache de son soutien-gorge. Il le dégrafa lentement et remonta le long de ses bras, les effleurant doucement. Puis de ses épaules, repartit vers le bas, entraînant le sous-vêtement dans son sillage.
Il la regarda un instant, partagé entre la fascination et la délectation. Elle avait la tête légèrement inclinée sur le côté et ses cheveux cascadaient sur ses seins, les cachant presque en entier. Elle était magnifique. Elle semblait à la fois fragile et sauvage. Caressant de nouveau ses hanches en remontant vers ses côtes, il vit la mince ligne blanche sur son flanc droit. Cicatrice qui avait été causée par un bout de verre quand elle s'était jetée par la fenêtre pour les sauver tous les deux. Il passa son doigt dessus, l'effleurant, lui arrachant un frisson.
Severus remonta ensuite le long de ses côtes, rejoignit ses épaules et glissa ses mains entre ses cheveux et son cou pour les repousser derrière. Dévoilant le galbe harmonieux de sa poitrine. Entre sa clavicule et son cœur se trouvait l'empreinte qu'avait laissée le Bocafitahus. Un petit rond rouge, à peine plus gros qu'une noise, mais qui avait pourtant failli la tuer. Cette idée terrifiante, le hantant de nouveau, il ne résista pas et l'attira dans ses bras. La serrant fort contre lui, laissant sa bouche effleurer son cou, il respira un grand coup et tenta de chasser cette idée. Elle partie d'elle-même lorsqu'il sentit sa poitrine se dresser contre son torse. Embrassant son cou, sa clavicule, sa cicatrice, il descendit encore et prit la pointe de son sein entre ses lèvres. Dragana eut un hoquet de surprise, suivi d'un souffle entrecoupé. Il releva la tête vers elle, ayant peur de l'avoir troublée. Comme si par une simple caresse il pouvait la blesser.
Elle lui fit un sourire, les joues légèrement rouges et pencha la tête pour l'embrasser. S'en était juste trop d'un seul coup, trop de sensations inconnues et infiniment agréables. Elle avait l'impression que ses jambes ne la porteraient plus très longtemps, alors elle le poussa légèrement et glissa un genou sur le matelas, entre ses jambes. Passée sa surprise, Severus recula et la laissa embarquer complètement sur le lit. Dragana, à genoux entre ses jambes, se pressa conte lui. Son cœur battait la chamade et ses mains délicieusement chaudes sur elle la menait aux bords de la folie. Elle se laissa complètement aller dans son étreinte, l'embrassant de nouveau à en perdre haleine.
Il la fit basculer tendrement à ses côtés et ayant les genoux toujours juste sur le rebord du lit Dragana rampa plus loin. Il la suivit du regard, émerveillé. La jeune femme surprit son regard et se mordit les lèvres en y voyant une lueur de désir. Il y avait quelque chose de félin dans ses yeux noirs lorsqu'il caressa ses cuisses, son pouce traçant l'os de sa hanche.
Severus se pencha pour embrasser son ventre, laissant sa langue effleurer sa peau en remontant amoureusement vers ses seins, profitant du corps offert. Il s'allongea à ses côtés, en s'appuyant sur son coude et Dragana se tourna sur le côté pour venir se caler dans ses bras en caressant son corps. Les mains de Severus glissèrent le long de ses cuisses en remontant vers le seul vêtement qui lui restait. Il l'effleura doucement et la culotte disparut.
« Comment as-tu fais ça ? » demanda-t-elle d'une voix enrouée teintée d'amusement alors qu'il passait une main délicate sur ses fesses dénudées.
« Il suffit d'un peu de concentration et d'une formule magique » susurra-t- il à son oreille, lui arrachant un léger frisson.
« Et quelle est la formule ? » murmura-t-elle avec volupté en étirant son cou pour lui laisser le champ libre.
« Egero » souffla-t-il d'une voix sensuel contre son cou avant d'en mordiller la peau délicate.
Quand Dragana parvint enfin à rassembler un peu de concentration. Du bout des doigts, elle effleura son pantalon en remuant à peine les lèvres et il disparut.
« Tu as mis beaucoup trop de puissance » constata-t-il d'une voix onctueuse en s'écartant d'elle. « Je n'ai plus rien. »
« J'ai fais exactement ce que je voulais faire » déclara-t-elle d'une voix malicieuse en reprenant ses lèvres tout en se rapprochant de lui.
Severus ne put empêcher un gémissement de passer ses lèvres lorsque leurs hanches se rencontrèrent. Dragana passa une jambe autour de ses hanches se pressant contre lui. Il cala sa tête au creux de son cou et la garda serrée contre lui, essayant de la garder immobile, un instant, juste le temps nécessaire pour se remettre.
Dragana cessa de bouger, prisonnière et ils restèrent l'un contre l'autre, sans le moindre mouvement. Se contentant d'essayer de gérer la sensation de vagues brûlantes qu'avait apporté le contact de leurs intimités.
Après être parvenus à récupérer une respiration presque normale, Severus décolla sa tête pour la regarder. Elle était si belle, l'arc élégant de ses sourcils, la courbe de ses yeux clos, ses lèvres délicates, appelant les baisers. Il lui semblait complètement inconcevable qu'elle ait pu penser une seconde qu'il pouvait ne pas la désirer.
Dragana ouvrit les yeux et le regarda. Il plongea dans son regard qui s'était obscurci de désir, passant du bleu pâle au gris ombragé. Ses pupilles dilatées avaient donné naissance à un petit éclat d'or, comme lorsqu'elle était sous sa forme animale. La réalisation qu'il n'y avait pas juste la colère qui faisait changer ses yeux de couleur le fit relever un sourcil d'amusement.
« Qu'est-ce qu'il y a ? » demanda-t-elle en frottant son nez contre sa joue.
« Tes yeux son gris » chuchota-t-il avec un sourire en coin typiquement Serpentard avant de capturer ses lèvres.
Elle eut un petit rire et il resserra sa prise autour d'elle, l'attirant encore plus près. Dragana se coula de bonne grasse dans ses bras, avec un frisson de plaisir. Leurs lèvres se scellèrent pour un baiser langoureux, alors que leurs jambes s'entrelaçaient.
Ils furent rapidement emportés par le désir, le baiser se fit de plus en plus pressant, fiévreux. Elle sentait les mains amoureuses de Severus se perdrent sur ses hanches jusqu'au creux de son dos, alors que les arrondis sensibles de sa poitrine se hérissaient contre son torse.
Elle se sentit agoniser lorsqu'il descendit un peu, relâchant sa bouche, pour embrasser et mordiller son cou. Son souffle chaud caressant sa peau la faisait frémir avec volupté. Dragana se sentait mourir à petit feu à supporter cette attente. Elle voulait plus, elle voulait tellement plus. Elle le voulait complètement.
« Severus » haleta Dragana, attirant sa tête pour reprendre possession de ses lèvres tout en roulant sur le dos.
Il saisit sans peine le sens de ce gémissement suppliant et se pétrifia une seconde. Il avait encore peur de la blesser ou de la rebuter à jamais, s'il n'arrivait pas à se contenir, à garder le contrôle sur lui. Il craignait cette intimité autant qu'il la désirait.
Cette crainte était grande, mais le besoin l'oppressait. L'envie de se fondre en elle. Elle l'attira à elle et entrouvrit les cuisses amoureusement dans une invitation claire. Le cœur battant à tout rompre, Severus se hissa sur elle et reprit possession de ses lèvres doucement en s'approchant fébrilement.
Lorsqu'il laissa son corps épouser les formes du sien Dragana eut un petit gémissement. Il bougea délicatement les hanches dans une nouvelle pression qui envola le peu de raison qui restait à la jeune femme. Il détacha ses lèvres, embrassant doucement son menton, il descendit vers son cou. Il le mordilla délicatement en se glissant contre elle, enflammant son intimité déjà brûlante.
La jeune femme eut un nouveau gémissement lorsqu'il remonta brusquement pour capturer ses lèvres. Dragana rompit le baiser rapidement et se serra contre lui en enfouissant sa tête dans son cou. Il la sentait trembler contre son corps, sa respiration était saccadée et sa poitrine s'élevait à un rythme irrégulier.
Elle se calma un peu et lorsqu'elle laissa sa tête retomber mollement derrière, il plongea son regard d'encre dans le sien, formulant une demande implicite. Elle caressa sa joue, laissant son pouce effleurer ces lèvres avec un mince sourire, mais malgré tout c'est dans ses yeux qu'il put voir la réponse qu'il cherchait. C'est dans ses yeux qu'il put lire la confiance et l'amour qu'elle avait pour lui.
Il l'embrassa de nouveau, bouleversé, comblé, amoureux. Caressant lentement le corps sous lui il se glissa en elle avec une douceur presque insupportable. Cette intrusion fit frémir chaque terminaison nerveuse du corps de Dragana. Severus cueillit les gémissements un à un aux creux de ses lèvres en soupirant de volupté. Il resta un moment immobile seulement à apprécier la sensation d'être en elle. Il caressa sa joue et écarta une mèche cuivrée et bouclée qui glissait sur son front, avant de bouger de nouveau.
Dragana en eut le souffle coupé, une tempête d'émotions d'une rare intensité venait de la traverser, faisant trembler tout son être. Le retenant contre elle, comme pour s'empêcher de basculer dans le néant, elle lui mordilla l'épaule. Cette morsure, provoqua chez lui un frisson ardent qui fut suivi d'une plainte rauque. Cette voix, sa voix, Dragana frissonna de nouveau. Leurs corps entrelacés ondulaient l'un contre l'autre avec délice. Joignant son souffle irrégulier au sien, la jeune femme l'embrassa. C'était un baiser des plus intenses, entrecoupé de plaintes refoulées. Dragana s'était crispée de par le plaisir qu'il lui procurait et Severus, était au bord du gouffre. Il allait partir complètement s'il continuait, mais il ne voulait pas, pas maintenant, pas encore.
La respiration saccadée, il s'immobilisa de nouveau, caressant ses lèvres des siennes laissant sa langue vagabonder le long de son cou, sur ses épaules en caressant de ses mains le galbe de sa poitrine. Dragana soupirait de bien être, profitant de ce bref moment pour tenter de récupérer les brides de son esprit. Elle se sentait vaporeuse, son corps continuait de frissonner. Elle avait mal de l'intérieur, comme envahi par trop de choses à la fois. Trop de sensations disparates qui semblaient vouloir faire éclater son cœur. Elle l'aimait, elle le savait depuis longtemps, mais elle n'aurait jamais pensé que l'aimer ainsi lui procurerait un tel plaisir, un tel sentiment de plénitude.
Severus reprit doucement, se mouvant avec une exquise tendresse. Dragana bougea avec lui délicatement, le sentiment paisible qui l'avait assaillie quelques secondes plutôt, laissa de nouveau place au désir débridé qui faisait rage à l'intérieur d'elle. Le maître des potions la regarda fermer les yeux en gémissant, se délectant de chacun des soupirs qu'il lui arrachait. Ondulant des hanches plus passionnément, il se pencha pour embrasser son cou offert.
La jeune femme avait plongé ses doigts dans ses cheveux, tentant à grand peine de ne pas crier comme une bête sauvage. Il était partout, sur elle, en elle, avec elle...Dragana sentit une nouvelle vague de plaisir la submerger. Il releva la tête pour la voir. Les lèvres tremblantes et les joues rougies, elle souleva la tête pour l'embrasser. Une fois doucement, une deuxième fois...
« Je... »
Dragana ne termina pas sa phrase, elle alla mourir dans un petit gémissement contre ses lèvres. Son corps s'était tendu, elle avait cambré les reins en se mouvant légèrement. Severus l'embrassa doucement, tentant de garder un minimum de contrôle sur ses gestes qui semblaient vouloir agir selon leurs guises.
Tout contrôle avait définitivement quitté Dragana, dont les baisers étaient à la fois passionnés et désespérés. Elle laissa retomber sa tête pour croiser ses yeux une fraction de seconde avant de la renverser en se mordant la lèvre inférieure délicatement. Ses mains tracèrent les courbes de son dos. Partant de ses épaules pour descendre jusqu'au creux de ses reins, l'enjoignant à continuer.
C'est à ce geste précis que Severus sentit toute envie de contrôle le quitter, ne voulant plus qu'obéir tant les sensations qu'il ressentait étaient fortes. Sa peau brûlante, son souffle chaud haletant contre son cou, il se sentait complètement transporté.
Dragana n'entendait que le bruit de leurs respirations précipitées, elle ne le sentait plus que lui, lui, la faisant gémir. Severus se pressa contre elle plus étroitement, sa respiration précipitée se perdit sur sa gorge. Il brûlait de l'intérieur, haletait. Chaque caresse en créant une autre, le plaisir augmentait au même rythme que leurs frémissements. Il ondulait des hanches plus rapidement, les faisant gémir tous les deux.
Se mordant les lèvres pour empêcher un cri d'extase de les franchir, Dragana se contracta tandis que son dos se cambrait sous le plaisir, avec l'impression que son corps implosait, et se liquéfiait de l'intérieur. Lâchant prise, alors qu'il la sentait se contracter autour de lui, une longue plainte s'échappa des lèvres entrouvertes de Sévérus, alors qu'il se coulait en elle.
La sensation était telle qu'il en eut peur, peur de mourir subitement, de disparaître à jamais. Il ferma les yeux pour chasser le vertige et posa sa bouche sur la sienne. Sur ses lèvres qu'il avait tant désirées, il posa un baiser d'une douceur infini, avant de laisser son nez glisser le long de sa mâchoire pour aller nicher son visage au creux de son cou. Respirant de nouveau cette odeur de mûre. Il voulait épouser les courbes de son corps, rester ainsi, serrés l'un contre l'autre, pour calmer son souffle irrégulier. Il la sentit trembler de nouveau et resserra sa prise, avant de penser à rejoindre sa bouche.
Il leva la tête doucement en ouvrant les yeux. Il regarda son visage et sentit son cœur se fendre en deux, en voyant une larme rouler sur sa joue.
« Je savais que c'est comme ça que ça finirait » dit-il d'une voix rauque en tentant de s'écarter.
Il se sentait mal, l'espèce de bien-être qui l'avait habité venait de le quitter et la réalité l'avait frappé avec la force d'un sortilège impardonnable. Il se sentait comme un bourreau...comme lui.
.Ce n'est pas ce que tu crois » souffla-t-elle en le retenant.
« Bien sur que non, alors pourquoi pleures-tu ? » questionna-t-il, tentant de s'écarter de nouveau en se demandant s'il serait capable de ne pas pleurer à son tour.
Dragana l'entoura de ses jambes et de ses bras pour le faire prisonnier.
« Ce n'est pas ça, je te le jure » dit-elle d'une voix enrouée. « Je ne sais pas pourquoi je pleure...enfin si je crois que je le sais, mais...mais c'est dur à expliquer. »
Elle lui fit un sourire en caressant sa joue, mais voyant qu'il n'était toujours pas convaincu, elle tenta de trouver les mots pour lui expliquer.
« Disons seulement que je sais maintenant ce que ma grand-mère voulait dire quand elle disait qu'il y avait trois grands bonheurs de femme que je devais connaître » expliqua-t-elle en passant une main dans ses cheveux.
Severus fronça les sourcils et Dragana soupira. Il ne lui rendait pas les choses faciles.
« Je crois que je viens d'en connaître un » souffla-t-elle les joues écarlates en détournant les yeux.
Il se camoufla vivement la tête dans son cou et Dragana le sentit tressaillir. « Il rit de moi » conclut-elle indignée.
« Hé ! » s'exclama-t-elle vexée en tentant de relever sa tête pour savoir s'il se moquait vraiment.
Elle se disait qu'au moins tant qu'à se ridiculiser, elle voulait le voir rire, que ça en vaille la peine, mais il résistait.
« Regarde-moi » ordonna-t-elle en essayant de relever sa tête à nouveau.
Il lutta un peu, mais releva la tête finalement. Dragana écarquilla les yeux. Il ne riait pas, mais avait prit une belle teinte rouge très saillante et avait les yeux plus brillants qu'elle ne les avait jamais vus auparavant.
« Tu es rouge » constata-t-elle d'une voix douce avec un sourire attendri
Un grognement lui laissa comprendre de ne pas continuer dans cette voie, alors qu'il reposait sa tête au creux de son cou. Après un long moment de silence, où Dragana commença à se sentir comateuse, il roula sur le côté. La jeune femme émit un petit bruit de protestation et il la regarda en fronçant les sourcils presque amusé.
« Il fait froid là » se plaignit-elle.
Il eut un tic de la bouche et se redressa dans le lit pour se mettre dans le bon sens, afin d'entrer sous les couvertures. Dragana l'imita aussitôt et alla se blottir contre lui. Ils restèrent un long moment en silence, enlacés, avant qu'il ne parle de nouveau.
« Quel étaient les autres bonheurs ? » demanda-t-il d'une voix distraite en caressant ses cheveux.
« Je crois que ceux là je vais les garder pour une autre fois » souffla-t- elle d'une voix sensuelle. « Ce soir je vais me contenter du premier si ça ne te fait rien » ajouta-t-elle avec des yeux félins en se hissant sur lui.
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Et ben, et ben, voilà, c'est ça qui est ça, lol. C'est la première fois que j'écris ce genre de scène et je dois vous avouez que j'ai changer plusieurs fois d'idée. Je la mettais et l'enlevais, lol. Alors je le poste rapidement avant de changer d'idée un autre fois. Pour les deux poèmes figurant plus haut. Ce sont deux chansons de Dan Bigras qui mon inspirer dans l'écriture de certaine partie de cette fic. J'ai inventer le désespoir, m'a inspirer beaucoup pour le chapitre 17, intituler désarroi. Quant à la deuxième, toi c'est moi, c'est une chanson qu'il chante habituellement en duo avec Laurence Jalbert. Elle m'a inspirer la dernière scène. Cette scène n'était pas des plus importante pour l'intrigue, elle l'était seulement pour l'évolution psychologique de Dragana et Severus. C'est pour ça que la deuxième chanson m'a inspirer, aller la relire si ça vous dit, vous comprendrez peut-être mieux pourquoi. Le « tuons-nous » est une figure de style, une image. Le Severus et la Dragana qui se tenaient côte à côte, dans une bulle de glace, étranger et apeurer de tout contact physique, autant qu'émotionnelle sont morts. Ils se sont tué dans la dernière scène. Pour faire une comparaison cul-cul : Comme le phénix, ils renaîtront de leur cendre dans le prochain chapitre : L'ordre du phénix, lol ( Oh, le jeu de mot ! Dsl, mais je trouvais que j'étais trop sérieuse O_~ )
Bye Bye, à la prochaine May-Luna
Réponse aux Reviews :
Nocturine : Pas trop vite ! Non c'est pas tellement un problème en ce moment, lol, moi aussi j'ai beaucoup de travail. Pour Harry, oui ça semble de plus en plus difficile et pas seulement pour toi, tout le monde me parle de son comportement en ce moment. Il faut seulement garder en tête que pour l'instant je n'ai pas gratter sous la surface en ce qui concerne Harry et qu'il est vu du point de vu de Rogue et Dragana. Merci pour la review et pour la mention de mon imagination, je suis bien contente, pour une fois qu'elle ne me joue pas un sale tour ! O_~ Bye Bye et bonne lecture.
nomimie() : Tu ne savais pas que c'était à ce chapitre là qu'ils allaient s'embrasser O_O Vraiment ? C'était marqué dans les quatre précédents chapitres, lol, t'étais où ? Pour ce qui est de Dragana qui s'en va....hich...la réponse bientôt. Et pour Drago, j'en prends soins, comme je l'ai dit Minet deviens de plus en plus important surtout dans la suite, alors je peux pas lui faire de bobos, sinon je vais être dans la...bipppppppppp !!! Merci pour la review à la prochaine.
magnolia() : Lia, ouf est tout ce que j'ai réussi à balbutier quand j'ai lu ta review et ensuite et bien....et bien disons-le comme c'est : Je portais plus à terre. Alors un gros merci et bonne lecture.
m4r13() : Top les quelques review lol. Oui je suis canadienne, pourquoi t'as noté de drôle d'expressions ? Pour l'autre question, au sujet d'harry c'est tout simple en fait : C'est qu'il est vu du point de vu de Rogue, Dragana, Drago...tout le monde bref. Je ne suis pas encore aller fouiller dans sa tête pour le rendre plus sympathique, mais ça va venir dans les suites, parce que c'est une fic en trois volet et qu'on est encore au premier. Rogue est fabuleux....je l'aimerais presque ! O_o tu n'aimes pas Rogue ? Oh, sacrilège !!! Non, je plaisante, mais moi c'est mon perso de prédilection ( Hein pas vrai ? On l'aurait pas deviner, lol) mais si je réussi à le faire aimer de quelqu'un qui ne l'aime pas alors là, là, je suis contente ! J'ai accroché ma palme d'or au mur et je l'astique chaque soir, lol. En tout cas merci pour toutes ces belles critiques, mais t'as raison vas-y à petite doses sinon mon balais ne quittera plus le sol, lol. Bye Bye et bonne lecture.
LOU4() : Et bien et bien, le sourire est revenu ? J'en suis heureuse, vraiment, mais je me demande ce que va te faire ce chapitre, si l'autre t'as fait sourire, lol ? Tiens moi au courant ok? Oui je joue du violon, depuis à peine trois ans en fait, la flûte traversière est mon instrument de base celui que j'ai choisi d'apprendre dans les cours obligatoire de musique au secondaire, mais le violon est mon instrument préférer. En jouer relevait du fantasme, lol. Durant les deux premières années tout le monde se demandait qui égorgeait le chat, lol, maintenant ça va, je m'améliore mais je suis loin d'être une virtuose. Bye Bye et merci pour les reviews.
yume() : Tu as aimé que ce soit Dragana qui l'embrasse la première, j'en suis très heureuse parce que je voyais pas ça autrement et en plus comme Sevy va s'en rendre compte, lol, elle est plus dégourdi qu'elle en a l'air. Pour les fameuses baguettes c'est dans ce chapitre avec la version complète de la prophétie. Voilà, merci pour la review et bonne lecture.
Amy Evans : Oui la fameuse scène du baiser, je suis bien contente que tu l'aie aimer. Pour ce qui est de ce que je vous réserve et bien voilà du moins un chapitre. Merci pour les compliments, à la prochaine.
Jenny : C'était tout naturelle, tu étais là depuis le début, toujours avec ta petite review et les plus longues quand il faut. La voilà la suite, bye bye et bonne lecture Jenny.
Lome() : Oui, je sais que tu m'aimes, tu me le dis souvent et ça fait chaud au cœur. Je suis contente que tu es aimé ce chapitre, mais ne t'en fait pas trop Rogue aura toujours des remarques acerbes, elles seront peut-être moins diriger vers Dragana, mais il reste toujours les gryffondor, lol, et comme on dit : Les soirs d'orage le tonnerre gronde aussi au paradis. Et comme Dragana n'est pas du genre à se laisser faire, il y aura sûrement encore une fois de temps en temps des bouffage de tête comme tu dis. Bye Bye
Sevina Roguette() : Si j'avais mit du temps pour l'autre tu dois trouver que j'ambitionne pour celui-ci, lol, j'espère au moins que tu pourras dire que ça n'en valait la peine. Pour le venin, je dois t'avouer que j'ai fuckailler (dsl pour l'anglicisme mais c'est vraiment le mot qui convient lol) Ma logique perdait des bouts par moment, il a fallu que je me relise quelque fois pour être sur que tout se tenait. Sirius...Sirius et ben, lui je l'aime pas comme j'aime Rogue, mais je l'aimes et ça me fait rire de les voir s'asticoter et ça va continuer, je voulais juste que ce soit un peu moins méchant. C'est pour la santé mental de Sevy que j'ai fait ça ( quel grandeur d'âme °_o). Le docteur qui « tente » de faire mumuse avec le chat/drago est tirer d'un fait vécu, effectivement mon chat est comme Drago, il ne joue pas avec le truc qui lui pende au bout du nez, il se contente de te regarder avec un regard dédaigneux C'est en le regardant que j'ai décidé de la forme animagi de mon blondinnet préférer ( Viens ensuite Légolas, lol) Et après Sevy ki se défile ! Bah oui, c'était pas simple simple pour lui, enfin se l'aurait pas été pour n'importe qui de légèrement pudique, alors pour lui... lol. Le bisou, je crois que t'as aimé, lol. Je suis contente, comme mon histoire est une romance si je m'était planté ça aurait tout foutu en l'air, alors si selon au moins quelque personne j'ai passé le test, je dis Hourra ! Mais j'ai pas soufflé, ben non y'a fallu que je m'en mette encore plus sur les épaules, lol, mais je voulais le faire, alors c'est fait et là, au moment où tu lis ça j'attend le verdict. Alors voilà et bonne lecture, c'est dans ce chapitre pour la prophétie et les baguettes.
Snape4Ever1 : O_o une chance que j'ai un écran pour me protéger, lol, je suis pas tellement quelqu'un de colleuse. Tu es très gryffondor (impulsive) on dirait. Je fais référence au : Je lui aurais sauté dessus sans attendre les explications. Une chance que Dragana est orgueilleuse, imagine la scène. « Je crois que nous devons.... » Oups et là elle est pendu à son cou. Il est tellement surprit qu'il c'est figé et à les deux yeux ouvert ben grand comme merlan frit. Ça aurait pas été top, lol. Dans ce chapitre on voit qu'il n'y a pas juste Sevy qui se fait étriver, Dragana aussi, mais pas par la même personne, lol. Si tu avais lu le 19 une vingtaine de fois tu dois t'être tanner de le lire depuis le temps lol, alors je te laisse aller lire le 20. Bye Bye, bonne lecture et merci pour toutes ces belles critiques.
Kiki la tempête() : MAGNIFIQUE ?!? Yesssssssss !!! Si ça devait être le seul mot qui sortait après les début difficile que tu as eut avec ma fic j'en suis très heureuse. Pour ce chapitre là, lol, euh...je sais pas si tu devrais avoir le droit de lire...mmm.....mmmm....bon allez vas-y, on pourra toujours dire qu'il y avait des trucs important pour l'histoire que tu devais connaître, lol. Bonnnnnnnnnnnnne Lecture, ma tempête adoré.
Blodauwen Cheisnepriour() : Re-le-bonjour espèce de Vélane au cheveux brun ( O_o, je voulais pas te traiter de troll des cavernes ma p'tite dragée surprise) Alors comme ça tu attends avec patience, c'est bien, tu es inspirer quand tu attends, j'étais toute émue en lisant ta review. Alors voilà c'est fait, on va pouvoir travailler Calvaire Blanc. Bye Bye et merci pour la reveiw.
En terminant un gros merci à luneautomne2, Syteki et Natacha_tit_ange() pour leur review. Ça fait toujours plaisir.
Et un GROS GROS GROS MERCI À Dreyd qui a corrigé mes photes...oup....fautes. Je suis nulle en français alors une bonne main d'applaudissement pour son travail, par ce que c'était une tâche de titan.
****Bon alors une petite note avant de vous laissez définitivement lire. C'est un peu le chapitre des bonus, lol, j'ai rajouter une scène ma foi pas nécessaire, mais agréable je crois. Et aussi le texte de poème qui sont en réalité deux chansons qui m'ont beaucoup inspiré dans l'écriture de cette fic. On s'en reparle à la fin, lol Bonne lecture.
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Chapitre 20 : Le même cœur de Dragon
Albus Dumbledore était debout devant une grande porte à attendre qu'on vienne lui répondre. Seulement en tendant l'oreille, la seule chose qu'il entendait était le bruit d'objets qu'on déplace et une voix d'homme particulièrement agacé qui ronchonnait. Il cogna de nouveau en se demandant ce qui pouvait bien arriver au maître des potions.
« Entrez » rugit la voix ténébreuse avec un grand bruit de chaise qu'on déplace.
« Bonjour Severus » lança le vieil homme en ouvrant doucement, se demandant si c'était vraiment prudent.
« 'bour » répondit celui-ci penché près du canapé, apparemment entrain de regarder en dessous.
Dumbledore se figea. Dans la pièce règnait un chaos à peine imaginable.
« Nom d'un sorbet citron ! » s'exclama-t-il en regardant dans tous les coins. « Vous refaites la décoration Severus ? »
« Non, je cherche quelque chose » marmonna-t-il en se relevant prestement et en se dirigeant vers un nouveau meuble.
« Et que cherchez-vous ? » s'enquit Dumbledore en enjambant une pile de livres éparpillés sur le plancher.
« Ma baguette » grogna sourdement le maître des potions en regardant sous la bibliothèque.
« Votre baguette ? » s'étonna-t-il.
« Oui ma baguette » l'assura-t-il, excédé en se relevant. « Et épargnez-moi vos moqueries » gronda-t-il en lui lançant un regard mauvais. « Je sais que cela ne fait pas très sérieux pour un sorcier. »
« Non, mais ce n'est pas dramatique et je peux le comprendre. Vous aviez la tête ailleurs » se moqua-t-il les yeux pétillants de malice.
« Albus » rugit Rogue avec un ton menaçant en brassant les rouleaux de parchemins entasser sur son bureau. « Je ne comprends pas. Je l'ai toujours sur moi. C'est la première fois que ça m'arrive. »
« Êtes-vous sorti cette après-midi ? » demanda Dumbledore, plus pour savoir s'il avait parlé à Dragana que pour l'aider dans ses recherches.
« Oui, je suis allé à l'infirmerie » répondit le directeur des Serpentard en levant la tête. « Je l'ai peut-être perdue en chemin » marmonna-t-il pour lui-même en se dirigeant vers la porte sans accorder un regard au vieil homme qui souriait de contentement.
« Severus » l'appela-t-il alors que celui-ci allait franchir la porte.
« Oh ! Oui, vous vouliez me parler de quelque chose ? » demanda-t-il en revenant sur ces pas.
« Non, j'étais seulement venu vous porter l'horaire pour les examens. »
Le maître des potions prit le morceau de parchemin qu'il lui tendait et le déposa sur son bureau.
« Ce sera tout ? » demanda-t-il en se tournant vers le directeur de nouveau.
« Oui » répondit-il en hochant la tête.
« Très bien, alors si vous le permettez, je vais chercher ma baguette » trancha Rogue en se dirigeant de nouveau vers la porte.
« Oui bien sûr » renchérit le vieil homme en le suivant.
Au même moment, quelques étages plus hauts, Dragana venait de regagner ses appartements. Elle se dirigea vers un fauteuil et s'y laissa tomber pour profiter de la tranquillité de la pièce pour faire le tri dans ses pensées. « Je ne peux pas croire que j'ai fait ça » pensa-t-elle en laissant retomber sa tête derrière. « Qu'est-ce que je vais faire, je... » Dragana soupira, on venait de frapper à la porte. « Pas tout de suite, je ne suis pas prête à l'affronter maintenant » se dit-elle en se levant pour aller ouvrir. Elle eut un léger soupir de soulagement en voyant le visage souriant du directeur.
« Bonjour Dragana. »
« Bonjours Professeur » répondit-elle en lui rendant son sourire.
« Est-ce que je peux entrer ? » demanda-t-il.
« Bien sur » l'assura la jeune femme en s'écartant.
« Comment te sens-tu ? » demanda-t-il alors qu'elle refermait la porte.
« Bien » lui dit-elle en se tournant vers lui. « Venez-vous asseoir » ajouta-t-elle en se dirigeant vers les fauteuils. « Vous voulez une tasse de thé ? »
« Non, merci bien » répondit-il avec un petit geste de la main en prenant place sur le canapé.
« Alors qu'est-ce que je peux faire pour vous ? » demanda-t-elle en s'asseyant à son tour.
« Je voulais savoir si tu n'avais pas changé d'idée. Tu veux toujours dévoiler ton identité ? » demanda-t-il en la regardant par-dessus ses lunettes en demi-lune.
« Oui » répondit-elle en hochant la tête fermement.
« Très bien » approuva-t-il. « Alors, comme tu le sais, il ne reste plus qu'une semaine avant la fin des classes avec ce qui t'est arrivé. »
La jeune femme hocha la tête de nouveau pour signifier sa compréhension.
« Je pensais commencer par informer les membres de l'Ordre » reprit-il en joignant ses mains. « Avant de faire paraître la nouvelle publiquement » ajouta-t-il.
« Il n'y a aucun problème de mon côté » affirma-t-elle. « Si vous pensez que c'est mieux ainsi, nous le ferons ainsi. »
« Je pensais convoquer une réunion dès demain » annonça-t-il.
« Parfait » acquiesça-t-elle simplement.
« Harry sera présent, je crois qu'il est temps qu'il rencontre tous les gens qui veillent sur lui. Est-ce que tu crois qu'il serait préférable que Drago ne soit pas présent ? »
« Je ne sais pas » répondit Dragana en haussant les épaules. « Je vais lui en parler, ce sera à lui de décider. »
« Très bien » approuva-t-il.
« Est-ce que vous allez aussi leur raconter pour la prophétie ? » demanda-t- elle.
« Oui du moins pour toi et Harry » répondit-il en hochant la tête. « Je ne vois pas l'utilité de leur dévoiler toute la prophétie pour l'instant puisque de tout façon nous ne savons toujours pas qui est le troisième. »
Dragana baissa la tête, honteuse. Comment pourrait-elle leur cacher si elle était incapable de regarder Dumbledore en face ?
« Tu n'as rien à me dire Dragana ? » demanda doucement le vieil homme
« Non » répondit-elle d'une voix mal assurée sans lever la tête.
Dumbledore attendit quelques secondes, mais la jeune femme ne souffla mot.
« Très bien » déclara-t-il en se levant. « Alors je vais te laisser, j'ai quelques lettres à rédiger avant d'aller me coucher » ajouta-t-il en prenant la direction de la porte.
Dragana se leva pour le raccompagner, elle avait douloureusement mal à la gorge. Comme si l'information retenue la brûlait.
« La réunion aura lieu à 10 heures demain matin » l'informa-t-il par-dessus son épaule.
La jeune femme hocha la tête d'un air absent. « J'ai réalisé que vous n'étiez qu'une égoïste... Vous n'en êtes pas digne, vous entraînerez notre monde à sa perte... Il est plus que temps que tu prennes ta place » Les mots de Severus avaient envahi sa tête. Tournant et retournant dans tous les sens, lui serrant la gorge davantage. La honte et la culpabilité faisant monter des larmes à ses yeux.
« Oh ! Pendant que j'y pense » s'exclama le vieil homme en se tournant vers elle. « Voilà ton horaire pour... »
Le directeur s'interrompit en la voyant. Dragana plongea des yeux emplis de désespoir dans son regard. Ses lèvres tremblèrent un instant et elle éclata en sanglots.
« Qu'est-ce qu'il y a Dragana ? » demanda-t-il doucement en la prenant par les épaules.
« Je sais qui est le troisième » avoua Dragana dans un souffle en baissant la tête de nouveau.
« Severus ? » demanda-t-il plus comme une constatation.
La jeune femme hocha la tête faiblement en tentant de se calmer. Après avoir pris quelques grandes inspirations elle leva la tête vers lui, afin de rencontrer son regard de nouveau et faire face à sa culpabilité.
« Comment peux-tu en être persuadée ? » s'enquit-il en lui tendant un mouchoir.
« Sa baguette » souffla-t-elle en le prenant.
La jeune femme s'essuya les yeux. Dumbledore la regardait attentivement et elle entreprit de tout lui raconter. Après quelques minutes de récit, Dragana concluait en soupirant.
« C'est toi qui as pris sa baguette, n'est-ce pas ? » demanda le vieil homme avec un sourire de compréhension.
Elle hocha la tête doucement. Elle avait honte de lui avoir volé sa baguette, mais encore plus de comment elle l'avait fait. En profitant lâchement de la situation. Situation qui aurait dû rester dans ses souvenirs, comme l'un des plus beaux moments de son existence.
« J'ai profité de sa visite à l'infirmerie pour la lui subtiliser » souffla- t-elle en évitant son regard.
Dumbledore retint une petite exclamation. « Il ne va pas du tout apprécier » pensa-t-il avec appréhension. « Espérons qu'il comprendra les motifs. » Puis posant les yeux de nouveau sur la jeune femme devant lui, il pensa que oui, du moins s'il l'observait suffisamment pour voir le désespoir dans ses yeux.
« Je comprends tes craintes Dragana » reprit-il doucement. « J'ai les mêmes craintes jours après jours pour Harry et toi, ainsi que maintenant je les aurai pour Severus » déclara-t-il avec un mince sourire. « Mais tu dois cependant prendre en considération la chose suivante : Ce doit être son choix à lui. »
« Je sais déjà quel sera son choix » répliqua-t-elle d'une voix tremblante. « Pourquoi croyez-vous que j'ai pris sa baguette. »
« Oui » concéda-t-il. « Mais crois-tu réellement que cela l'arrêtera ? » demanda-t-il en la regardant par-dessus ces lunettes.
« Non » répondit-elle dans un murmure.
Le vieux directeur lui fit un sourire.
« Voilà ton horaire pour les examens » dit-il d'un ton plus léger en lui tendant un bout de parchemin.
« C'est tout ? » demanda la jeune femme, s'étonnant qu'il n'ait pas un avis plus élaboré sur le sujet ou qu'il n'insiste pas plus pour qu'elle lui rende sa baguette.
« Dragana, j'ai confiance en toi » l'assura-t-il. « Je sais que tu prendras la bonne décision. »
« Vous savez déjà que je vais la lui redonner, c'est ça ? » ronchonna-t- elle en réalisant qu'elle lui avait dit seulement parce que cette décision était déjà prise et qu'il le savait.
Elle ne pourrait jamais lui cacher ça, ce devait être sa décision. Elle n'avait pas à faire ce choix, ce n'était pas son rôle.
« Oui » avoua-t-il avec un sourire. « Je dois t'avouer que s'il y a une chose dont je suis persuadé en ce qui concerne les Serpentard. C'est que même si leur côté très réfléchi leur donne une seconde d'hésitation ils ne reculent jamais. Ils vont jusqu'au bout pour atteindre les objectifs qu'ils se sont fixés et je connais depuis longtemps tes objectifs » conclut-il.
La jeune femme esquissa un faible sourire.
« Bonne fin de soirée Dragana » lui souhaita-t-il en ouvrant la porte.
« Vous aussi professeur » répondit-elle.
Alors qu'il sortait, un chat gris se faufila à l'intérieur.
« Bonsoir minet » lança gaiement Dumbledore avant de s'éloigner.
Dragana referma la porte et se tourna vers Drago alors qu'il reprenait sa forme humaine.
« Bonsoir » dit-il aussitôt.
« Bonsoir » répondit-elle avec un sourire. « Qu'est-ce que tu fais là ? »
« Je suis allé te voir à l'infirmerie, mais tu n'étais plus là » expliqua-t- il en suivant sa cousine jusqu'au canapé.
« Non, le docteur Crehan m'a donné mon congé » dit-elle en s'y laissant tombé.
« Ce n'est pas un peu tôt ? » demanda-t-il en prenant place à ses côtés.
« Non » l'assura-t-elle en secouant la tête. « Je vais bien maintenant que l'équilibre entre mon venin et mon sang à été rétabli. »
« Ton venin ? » s'étonna Drago en fronçant les sourcils.
« Oui » acquiesça Dragana en fronçant les sourcils à son tour. « Je croyais que tu savais. Je croyais que le professeur Rogue t'avait expliqué pourquoi j'étais toujours dans le coma et comment ils m'ont réveillée. »
« Non » dit-il en secouant la tête. « Je croyais que tu étais dans le coma à cause du choc ? »
« Oui, c'est le choc qui a déréglé mon organisme déjà déréglé. J'ai aussi des petites cachettes vois-tu » dit-elle avec un sourire énigmatique.
Dragana eut un petit rire lorsqu'il releva un sourcil inquisiteur à la manière de Rogue. « Il passe beaucoup trop de temps avec lui » pensa-t- elle amusée.
« Je suis moi aussi une animagus » annonça-t-elle en reprenant son sérieux. « Et sous ma forme animale je produis du venin, un somnifère pour être plus exacte. Le problème c'est qu'un accident il y a longtemps a fait en sorte que je garde quelques caractéristiques de mon animal, même sous ma forme humaine. »
Le jeune homme fronça les sourcils.
« Comme mes yeux par exemple » reprit-elle en le voyant faire. « Ils étaient autrefois identiques aux tiens. Je produis du venin aussi sous ma forme humaine, mais à cause du choc mon corps n'arrivait pas à en contrer les effets. C'est pour ça que j'ai dormi pendant près de deux semaines. »
« Quelle forme prends-tu ? » demanda-t-il.
« Devine » lança-t-elle avec un regard malicieux.
« Je n'aime pas les devinettes » trancha-t-il en roulant les yeux, exaspéré.
« Je vais te donner un indice » annonça-t-elle en prenant un chandelier.
Il soupira en voyant qu'elle l'avait ignoré et poursuivait dans ce petit jeu infantile. Mais lorsqu'il vit une petite flamme verte quitter sa bouche pour aller allumer la chandelle l'expression sur son visage changea du tout au tout.
« Comment fais-tu ça ? » s'enquit-il, étonné, alors que la flamme passait du vert au rouge habituel des flammes pour consumer la mèche.
« C'est aussi une des capacités que je garde sous ma forme humaine » expliqua-t-elle. « Alors tu devines ? »
« Le seul animal que je connais qui crache le feu c'est un dragon »
. Dragana eut un sourire alors que la mâchoire de son cousin tombait.
« Attends, tu... »
« Hum, hum » acquiesça-t-elle en hochant la tête amusée.
« Le tableau » souffla-t-il, un éclair de compréhension passant dans ses yeux.
« Oui » répondit-elle. « C'est Dobby qui l'a fait. C'est ma réplique exacte. »
« Wow » s'exclama-t-il. « C'est pour sûr autrement plus impressionnant qu'un chat. »
« Peut-être, mais c'est moins pratique quand on veut passer inaperçu » ironisa-t-elle.
« Oui, c'est vrai » dit-il en riant. « Je vois mal un dragon en train d'écouter aux portes. »
Dragana eut un petit rire s'imaginant en train d'essayer d'écouter à une porte, en supposant bien évidemment que les dimensions du corridor où se trouve la dite porte soit capable de la contenir. Elle secoua la tête en riant, c'était une mission impossible.
« C'est ce que tu faisais ? » demanda-t-elle avec une œillade malicieuse en reprenant son sérieux.
Il fronça les sourcils.
« Écouter à ma porte ? » clarifia-t-elle.
« Non...Non » répondit-il vivement, indigné.
Dragana lui lança un regard suspicieux seulement pour l'agacer d'avantage.
« Je te jure que je n'ai pas écouté, je venais juste d'arriver » se défendit-il.
« Je te crois » lança-t-elle en riant. « Ça tombe bien que tu sois là je devais te parler. »
« À quel sujet ? » demanda-t-il plus sérieusement.
« L'ordre du Phénix » répondit-elle.
« Dumbledore te l'a déjà dit » constata-t-il avec une petite moue.
« Oui le professeur Dumbledore me l'a déjà dit » approuva-t-elle en insistant bien sur le professeur.
« Écoute... »
« Non Drago » le coupa-t-elle en secouant la tête. « Je suis d'accord, c'est mieux pour ta sécurité ainsi » ajouta-t-elle.
Il eut un sourire.
« Par contre » reprit-elle très sérieusement. « Tu ne dois en aucun cas prendre des risques inconsidérés sans nous en parler d'abord. Est-ce que je me fais bien comprendre ? » insista-t-elle avec une nuance d'avertissement dans la voix.
« Oui » acquiesça-t-il en hochant la tête. « Le professeur Rogue m'a déjà glissé un mot à ce sujet. Plusieurs en fait » ajouta-t-il dans un murmure.
« Qu'est-ce qu'il t'a dit ? » demanda Dragana en fronçant les sourcils.
« Que je ne devais en aucun cas me mettre à agir comme un stupide Gryffondor qui se jette dans n'importe quoi avant d'y avoir pensé comme il faut. Sinon j'aurais affaire à lui et il me montrerait comment il avait réussi à berner Voldemort sur ses capacités en ce qui a trait à la torture » débita Drago dans un souffle en imitant son directeur de maison.
« Je n'aurais peut-être pas formulé ça ainsi, mais ça dit au moins ce que ça veut dire » commenta la jeune femme en se mordant les lèvres pour ne pas rire. « Alors je vais lui laisser ta punition si jamais tu déroges à notre entente. »
Drago hocha la tête, d'un air peu assuré avec un sourire tout sauf sincère.
« C'était de ça dont tu voulais me parler ? » demanda-t-il.
« Non » répondit-elle. « Il va y avoir une réunion demain. »
« Et le professeur Dumbledore veut que j'y sois ? » s'enquit-il avec une excitation non dissimulée.
« Il te laisse le choix » affirma-t-elle. « Harry y sera, alors c'est à toi de décider si tu veux qu'il le sache maintenant ou pas. »
« Et toi qu'en penses-tu ? » demanda-t-il en sondant ses traits. « Je devrais y aller ou pas ? »
« Je ne sais pas Drago » répondit-elle en haussant les épaules. « D'un côté je préférerais que tu viennes pour que plus de trois personnes sachent que tu n'es pas avec Voldemort, ainsi si tu avais des problèmes avec le ministère d'autres pourraient témoigner. »
« Pourquoi aurais-je des problèmes avec le ministère ? » demanda-t-il en fronçant les sourcils. « Je ne suis pas un mangemort. Je n'ai pas la marque, rien. »
« Pas encore » concéda-t-elle. « Mais je sais d'expérience qu'on ne reçoit pas toujours la marque parce qu'on l'a choisi. Alors s'il advenait pour sauver ta vie que tu doives l'accepter, au moins ainsi il y aura des gens qui pourront témoigner que tu l'as accepté pour le besoin de la cause et non par choix. »
« Mais toi, le professeur Rogue, le professeur Dumbledore vous pourrez témoigner » rétorqua-t-il incertain.
« Non, moi je ne pourrai pas » assura-t-elle. « N'oublie pas de qui je suis la fille et qu'elle est mon surnom. Le professeur Rogue non plus ne le pourra pas, son témoignage ne serait pas crédible. Il a été acquitté, mais son nom n'en est pas pour autant lavé. Le professeur Dumbledore le pourra, mais c'est un vieil homme, il pourrait lui arriver quelque chose » conclut- elle.
« Merlin, tu es d'un optimiste à tout casser ce soir ! » s'exclama-t-il sarcastique.
« Je suis réaliste Drago » renchérit-elle doucement avec un sourire triste. « Lorsque Voldemort sera vaincu, le ministère cherchera les mangemorts encore vivant et en liberté pour être sûr qu'il ne revienne pas par un moyen ou un autre. Alors il vaut mieux prévoir. »
« Très bien, alors j'irai » trancha-t-il avec un soupir.
« Tu crois que tu seras toujours capable lorsque Harry saura la vérité de jouer la comédie dans les couloirs de l'école ? Je veux dire jouer les deux ennemis » précisa-t-elle.
« Ce ne sera pas tellement dur ça » ironisa-t-il.
« Ce pourrait être plus dur que tu ne le penses » assura-t-elle d'une voix calme.
« Non » répondit-il en secouant la tête. « Pour la seule et unique raison que Potter et moi ne pourrions pas être ami Dragana. Je ne l'aime et lui non plus ne m'aime pas. »
À la façon dont elle le regardait, il savait qu'elle n'était pas convaincue.
« Écoute » reprit-il. « J'ai changé, je suis d'accord et j'en suis content, mais je n'en demeure pas moins un Malefoy. »
« Et que crois-tu qu'il y a de différent entre être un Malefoy ou un autre ? » demanda-t-elle avec un sourire malicieux.
« Tu te rends compte de ce que tu dis ? » s'insurgea-t-il en se redressant sur le canapé. « Nous sommes une des plus grandes familles de sang pur. Je n'adhère pas aux idées de Voldemort, mais ne t'attends pas à ce que je me fasse des amis sang-de-bourbes et moldus » conclut-il avec une grimace.
« Ainsi donc, tu es seulement plus semblable à ton père que tu ne le crois » souffla-t-elle.
« Quoi ? » gronda-t-il.
« Ne te fâche pas Drago » ordonna-t-elle calmement. « Tu n'y es pour rien, c'est ton éducation, celle que ton père t'a donné » expliqua-t-elle. « Une version améliorée à sa sauce de ce qu'est un Malefoy. »
Il fronça les sourcils en arborant un air agacé.
« Un Malefoy est au-dessus du peuple de sorcier moyen, au-dessus des moldus et des sang-de-bourbes » se mit-elle à réciter ce que lui avait un jour dit sa mère. « N'accepte jamais les critiques et si on te frappe, frappe en retour. Ne montre jamais tes faiblesses. Un Malefoy ne pleure jamais » conclut-elle d'une voix lasse. « C'est aussi ce que t'a dit ton père n'est- ce pas ? »
« Mot pour mot » acquiesça-t-il en la dévisageant d'un air surpris.
« C'est faux Drago » assura-t-elle en se tournant vers lui tout en embarquant ses pieds sur le canapé. « On t'a toujours menti, comme on m'a menti » constata-t-elle. « Cette ligne de conduite ne t'apportera jamais rien de bon, parce qu'avec le temps j'ai compris que les personnes qui peuvent dire qu'ils n'ont jamais pleuré ou montré une faiblesse, n'ont jamais aimé. C'est ce genre de personne que sont ton père et ma mère, alors ne laisse pas leurs histoires briser tes rêves et tes espoirs. »
Drago ouvrit la bouche pour émettre une protestation, mais Dragana le coupa.
« Je sais, tu dois tout cacher pour le moment » reprit-elle. « Mais n'essaie pas de les oublier, nourris-les, ils deviendront tes forces » dit- elle en passant une main affectueuse sur sa joue. « Tu as du cœur Drago et tu peux le cacher, mais ne tente jamais de l'oublier. Sinon il sombrera et le jour où on te demandera de l'ouvrir ton premier réflexe sera de serrer les poings. Et crois-moi ce jour là sera le plus difficile de ta vie, parce que tu réaliseras que tu es passé à côté de tout ce qui vaut la peine d'être vécu. »
« Je crois que tout ça est plus facile à dire qu'à faire » déclara-t-il d'un air sombre.
« Vrai » concéda Dragana en souriant. « Mais ça vaut la peine, puisque au moins ainsi tu auras pu être toi Drago et non un autre nom sans importance de la liste interminable des Malefoy qui n'ont vécu que pour eux aux détriments de la vie d'autrui » conclut-elle en se levant.
Elle se dirigea vers la bibliothèque et y prit un livre avant de revenir vers lui et de lui tendre.
« Qu'est-ce que c'est ? » demanda-t-il en prenant le livre à la couverture en cuir vert profond.
« Les parias de notre famille » répondit-elle en reprenant place à ses côtés. « Ceux qu'on a reniés parce qu'ils s'étaient montrés indignes de notre « grande » famille » ironisa-t-elle.
« Je n'ai jamais vu ce livre » murmura-t-il en regardant la couverture.
« Non, bien sûr. C'est le seul exemplaire qui existe, c'est notre grand- père qui a rassemblé toutes ces informations. À sa mort, ma mère et ton père voulaient le brûler avec beaucoup d'autres de ses livres, mais malheureusement pour eux c'est à moi qu'ils ont confié cette tâche » expliqua-t-elle avec un sourire malicieux.
Il fronça les sourcils, en se demandant ce que pouvait bien contenir ce livre de si terrible pour qu'on veuille le brûler.
« Ouvre-le, tu vas voir » l'encouragea-t-elle.
La reliure craqua doucement alors qu'il ouvrait le livre pour dévoiler à la première page le portrait d'un homme à la stature importante et aux cheveux blond blanc.
« C'est Arshey Malefoy » l'informa la jeune femme. « Il était le conseiller du roi Arthur et selon ce livre ce serait lui qui aurait eut l'idée de la table ronde. Tu connais cette histoire non ? » demanda-t-elle. « Même si c'est une histoire moldue. »
Drago lui lança un regard de reproche pour la moquerie et elle eut un petit sourire avant de poursuivre.
« Il a perdu son bras pendant une bataille »
. Le jeune garçon lui jeta un dernier coup d'œil avant que Dragana ne tourne plusieurs pages de texte pour tomber sur le portrait d'un homme vêtu d'une tunique rouge qui se tenait sur une jambe de bois.
« Severin Malefoy, général de l'armée Britannique » annonça Dragana. « Il a mené un petit régiment de sorciers au front aux côtés de moldus pendant la guerre de Cent ans. C'est d'ailleurs là qu'il a perdu sa jambe. »
Drago comprenait à présent pourquoi ils étaient des parias, ils avaient tous faits quelque chose en rapport avec des moldus. Ce n'était pas dépourvu de grandeur, mais un peu bête selon lui. Enfin pourquoi aller combattre des moldus avec leurs propres armes pour la liberté d'autres moldus. C'était dénué de sens à ces yeux. Dragana tourna les pages de nouveau et annonça un autre de leurs ancêtres.
« Annecy Malefoy. Il a jouer un grand rôle pendant les révoltes Gobelines » expliqua-t-elle. « Il a perdu son nez, semble-t-il arraché par un gobelin, avec ses dents. »
Drago grimaça, si l'homme n'avait pas eut les cheveux blonds il aurait pu ressembler à un proche parent de Fol'œil.
« Pourquoi est-il dans ce livre, il n'a rien fait avec les moldus ? » demanda-t-il.
« Non, en fait pas vraiment, mais lorsque sa première femme est morte, il a fini sa vie en concubinage avec une sorcière d'ascendance moldue, alors notre grand-père l'a mit dans ce livre. De plus les très honorables Malefoy l'on rayé de notre arbre généalogique en reniant tout ce qu'il avait fait de bien pour le monde sorcier. »
Drago tourna les pages, jusqu'à tomber de nouveau sur un portrait. Un homme étrange, vêtu à la mode Dumbledore avec un regard amusé qui bricolait un objet des plus hétéroclites.
« Thomas Malefoy » annonça Dragana. « C'est lui qui a fondé le département des affaires moldues au ministère de la magie. »
« Voilà ce qu'est ce truc bizarre » comprit Drago.
« Il a aussi perdu quelque chose, mais le livre ne dit pas quoi, il dit seulement qu'on le voyait rarement assis. Grand-père suppose que ce qu'il a perdu ne lui permettait plus de s'asseoir » conclut Dragana en riant.
Drago plissa les yeux avant d'éclater de rire. Puis reprenant son sérieux, il tourna de nouveau les pages. Il trouva une vingtaine de pages plus loin le portrait d'un homme sérieux aux cheveux courts avec un petit bouc.
« Kingsley Malefoy, notre grand-père » annonça Dragana une lueur de nostalgie dans les yeux. « C'était un Auror, il a perdu la vue dans une explosion déclencher par Jonh Dwylight un fou qui prétendait être la réincarnation de Grindelwald. Il a fini sa vie consigné dans un bureau du ministère. C'est ainsi qu'il s'est retrouvé au conseil d'administration de Poudlard et à sa mort ton père a pris sa place. »
« Tu l'as connu ? » demanda-t-il en contemplant l'homme.
« Un peu » répondit-elle en le regardant, elle aussi.
« Comment était-il ? »
« Formidable, c'était un homme froid, mais il avait un grand cœur. Tu me le rappelles quand tu ris » avoua-t-elle avec un sourire. « Il était à genoux devant grand-mère et ses enfants. »
« Et elle comment était-elle ? » demanda-t-il.
« Oh, capricieuse et très caractérielle, mais quand elle était dans une bonne journée, elle pouvait être gentille » répondit-elle. « Moi j'avais un peu de difficulté avec elle, on dirait qu'elle tentait de jouer à la poupée avec moi. Ce n'était pas normal selon elle que la progéniture de sa magnifique fille ait une tignasse pareil » conclut-elle en riant.
Drago eut un petit rire, sur la photo de sa tante qu'il se rappelait, elle semblait avoir les cheveux comme son père. Droit et blond platine. Alors que ceux de Dragana était frisés, en désordre, d'un brun cuivré parsemés de mèches blondes. Il regarda la photo de son grand-père une dernière fois avant de refermer le livre d'un air songeur.
« C'est drôle » reprit-il toujours songeur. « Même dans les histoires que mon père m'a raconté, ils ont tout perdu quelque chose. »
« Oui » acquiesça-t-elle en hochant la tête. « Le professeur Dumbledore m'a déjà dit qu'il croyait que c'était une tradition familiale. »
« Il n'a pas tort, mon père aussi y a laissé quelque chose » marmonna-t-il d'un air sombre.
Dragana fronça les sourcils. Elle n'était pas au fait que Lucius ait perdu quelque chose. Elle savait seulement ce qu'elle voulait lui enlever.
« Son âme » souffla-t-il en la voyant les sourcils froncés.
Dragana eut une petite moue.
« Maintenant que tu sais que tu dois y laisser toi aussi quelque chose » commença-t-elle d'un ton malicieux. « Tâche de garder ton cœur et de laisser derrière un peu de l'orgueil que ton père t'a légué. »
Le blond roula les yeux avec une petite moue qui se transforma en sourire.
« Les moldus et les enfants de parents sans pouvoir magiques, ne sont pas moins forts ou moins brillants que les enfants au sang pur » continua-t- elle en se levant. « Je crois que nous en avons la preuve avec Voldemort » ajouta-t-elle par-dessus son épaule en se dirigeant vers la salle de bain.
Elle en ressortit quelques minutes plus tard et regarda l'horloge.
« Tu devrais y aller » fit-elle remarquer. « Ça va bientôt être le couvre feu. »
« Oui » acquiesça-t-il en se levant.
Dragana prit sa cape qu'elle avait déposée sur le fauteuil.
« Qu'est-ce que tu fais ? » demanda-t-il.
« Je vais faire un bout avec toi » répondit-elle en l'enfilant.
« Que vas-tu faire dans les cachots ? »
« Euh...je dois aller voir le professeur Rogue pour une potion » mentit-elle en évitant son regard.
« Oui, oui, je vais te croire » se moqua-t-il avec un sourire goguenard. « Il y a ce petit quelque chose dans tes yeux que je n'ai pas vu depuis près de quatre mois. »
« Je ne sais pas de quoi tu parles » balbutia-t-elle les joues prenant une teinte écarlate.
« Il me semble, oui » la taquina-t-il en riant.
« Allez, allez » dit-elle en le poussant vers la porte. « En route minet. »
Drago éclata de rire et se métamorphosa, pendant que Dragana soupirait. « Si mes yeux me trahissent, je vais avoir du plaisir avec les élèves, quoi que ça risque d'être encore plus épuisant avec Dumbledore » pensa-t-elle en ouvrant la porte. Ils firent leur chemin jusqu'aux cachots, côte à côte. Lorsqu'ils arrivèrent devant la porte des appartements du maître des potions, le petit chat lâcha un « miaow » et continua son chemin vers la salle commune des Serpentard. Dragana prit une grande inspiration et frappa doucement, la gorge serrée.
« Entrez » entendit-elle au bout de quelques secondes.
La jeune femme poussa la porte doucement et entra. Il était debout près d'un plan de travail et brassait une potion en farfouillant sur une étagère.
« Je te dérange ? » demanda-t-elle d'une petite voix en espérant presque qu'il lui répondrait oui.
Ainsi elle pourrait tourner les talons, retourner dans ses appartements et peut-être accessoirement faire disparaître cette fichue baguette.
« Non » l'assura-t-il. « J'ai presque fini. »
Il y avait quelque chose dans sa voix, comme de l'agacement.
« Est-ce que ça va ? » demanda-t-elle en s'approchant.
« Non, j'ai perdu ma baguette » ronchonna-t-il en écartant des pots sur l'étagère.
Dragana hésita un peu, mais sortit la baguette de la poche intérieure de sa cape.
« Tiens » souffla-t-elle en la lui tendant.
« Je l'avais perdu à l'infirmerie ? » demanda-t-il en la prenant, les sourcils froncés.
« Oui » répondit-elle en évitant son regard. « En quelque sorte, en fait j'en ai profité pour te la voler pendant qu'on s'embrassait » ajouta-t-elle pour elle-même en se dirigeant vers un fauteuil.
Elle s'y assied avec un certain malaise. Elle devrait tout lui dire et le connaissant, il n'allait pas du tout apprécier. Son estomac la torturait de façon épouvantable, dès qu'il aurait fini sa potion elle devrait lui parler, avant toute chose. « Chose...oui...c'est en admettant qu'il veuille encore me parler après ça » ironisa-t-elle en se levant. Il ne parlait pas, elle ne parlait pas, c'était une des premières fois que le silence ici l'angoissait.
« Est-ce que tu as besoin d'aide ? » demanda-t-elle en se tournant vers lui.
« Non, j'ai fini » dit-il en éteignant le brûleur.
« Merlin, pas déjà » pensa la jeune femme en faisant les cents pas devant la cheminée.
« Il ne reste qu'à la laisser reposer toute la nuit » expliqua-t-il en se lavant les mains.
« Très bien je vais pouvoir monter à l'échafaud tout de suite » ironisa-t- elle intérieurement en soupirant. Elle marchait de long en large devant les flammes, son ombre se profilant sur les murs. Elle était littéralement au bord de la panique. « Comment vais-je lui dire ça ? » se demanda-t-elle. « J'aurais dû prendre le temps d'y penser avant de venir » trancha-t-elle en faisant un cent quatre-vingt degré pour revenir sur ses pas. La jeune femme qui avait jusqu'ici contemplé le plancher s'arrêta net, lorsqu'elle vit une paire de soulier sur son chemin.
Elle leva les yeux doucement. Il avait les bras repliés contre son torse et l'observait d'un air inquisiteur. Il ne comprenait pas pourquoi elle semblait si nerveuse. Elle marchait comme un lion en cage depuis cinq bonnes minutes. Il lui avait demandé si elle voulait un thé et elle ne semblait même pas l'avoir entendu. Il trouvait la situation un peu étrange, en fait très étrange. Il ne savait pas du tout comment il était sensé se comporter maintenant. Avant il lui aurait parler de potion, mais en fait en ce moment il n'en avait aucune envie. C'était peut-être ce qu'il y aurait de plus simple : faire ce qu'il avait envie de faire, sans se poser mille et une questions. Approuvant cette solution mentalement, il s'approcha doucement. Il monta les mains pour prendre son visage et l'embrasser.
« Attends » souffla-t-elle en arrêtant la course de ces mains.
Il n'aimait pas du tout l'expression dans ses yeux. Elle semblait terrifiée. La situation était étrange d'accord, mais selon lui ce n'était pas une raison pour se mettre dans un état pareil, alors il devait y avoir autre chose. Elle avait peut-être changé d'idée.
« Je... » retentit sa voix mal assurée à nouveau. « Je dois te parler et je n'y arriverai pas comme ça. »
Il fronça les sourcils, tentant de garder le contrôle absolu sur l'expression de son visage. Alors qu'à l'intérieur l'inquiétude montait. Dragana relâcha ses mains et prit place dans un fauteuil. Elle attendit qu'il fasse de même et lorsqu'il prit place sur le second fauteuil en face d'elle, elle prit une grande inspiration.
« Je crois que je dois commencer par te faire un aveu » commença-t-elle d'une voix teintée d'angoisse en frottant ses mains nerveusement « Tu n'as pas perdu ta baguette à l'infirmerie » continua-t-elle en évitant son regard. « C'est moi...c'est moi qui te l'ai prise » balbutia-t-elle finalement.
« Quoi ? » rugit-il en plissant les yeux.
Il se leva brusquement en marmonnant quelque chose d'inintelligible et Dragana soupira.
« Écoute, je... »
« Je n'arrive pas à y croire » s'emporta-t-il ahurie. « Tu en as profité pour me voler ma baguette » ajouta-t-il d'un ton accusateur.
« Severus » reprit-elle doucement en se levant à son tour. « Je sais que pour l'instant mon geste te paraît odieux, mais écoute moi jusqu'au bout s'il te plaît » le pria-t-elle en se plantant devant lui. « Il y a beaucoup plus de choses derrière tout ça que tu ne peux le penser. »
Il ne répondit pas. Il se contenta de croiser les bras d'un air renfrogné en la regardant d'un air dédaigneux. Dragana sentit son cœur se serrer, elle espérait qu'il pourrait seulement comprendre que son geste avait été fait en désespoir de cause. Elle avait peur de le perdre et c'est tout ce qui l'avait fait agir ainsi.
« Je sais qu'Ollivander t'a dit que ta baguette était liée à une autre » déclara-t-elle doucement.. « C'est à ma baguette qu'elle est liée. »
Severus confronta son regard en fronçant les sourcils plus profondément. Attendant le reste des explications avec appréhension. Que des baguettes soient liées n'était pas une mauvaise chose alors pourquoi ne voulait-elle pas que se soit lui qui l'ait.
« Les ventricules de cœur de dragon qui sont à l'intérieur de nos baguettes sont du même cœur » reprit-elle en croisant les bras.
Dragana perdit son regard dans les flammes, elle n'avait pas la force de le regarder. Plus elle approchait du pourquoi elle avait prit sa baguette, plus elle avait envie de partir. Prendre la baguette et fuir lui semblait la solution rêvée en ce moment.
« Quand j'ai eu ma baguette » continua-t-elle tout de même d'une voix sans expression. « Ollivander ne m'a pas dit que ta baguette existait car il avait peur qu'elle tombe entre les mains de mon père. Mais quand j'ai reçu mes pouvoirs, un parchemin est sorti de ma baguette. C'est la première chose qui s'est produite lorsque je l'ai prise dans mes mains » expliqua-t- elle le regard toujours perdu dans les flammes. « Ça me disait tout ce que je devais savoir sur ta baguette. »
Dragana s'interrompit, il lui semblait que la température de la pièce avait chuté d'une bonne dizaine de degrés. Elle frissonnait et était terrifiée. Elle savait déjà ce qu'il allait dire. Elle le savait que trop bien.
« J'ai attendu longtemps de voir entre les mains de qui tomberait cette baguette » souffla-t-elle. « Mais quand Ollivander m'a écrit pour me dire que c'était toi qui l'avait, après tout ce que tu m'avais dit la veille, j'ai cru qu'avec le temps, elle avait perdu ses pouvoirs ou que ce n'était juste une fable. »
Severus baissa la tête en soupirant et s'approcha doucement. Il aimerait pouvoir lui lancer l'oubliette pour pouvoir effacer cette soirée de sa mémoire. Il posa une main sur son épaule et Dragana se tourna vers lui doucement. Elle lui fit un mince sourire.
« Je sais maintenant que tout était vrai » affirma-t-elle tristement.
« Ollivander n'a jamais voulu me dire pourquoi elles avaient été liées » déclara-t-il. « Il m'a seulement affirmé qu'elle ne représentait pas un danger. »
« En elle seule non » concéda-t-elle. « Asasia Serpentard y a transféré ses pouvoirs pour que la personne qui l'ait soit plus puissante afin de me protéger » expliqua-t-elle. « Je suis la seule à pouvoir te les donner, c'est pour cette raison qu'elles sont liées. »
« Dragana » soupira-t-il en l'attirant dans ses bras. « Ollivander m'a dit que si cette baguette me convenait c'était parce que j'avais déjà accepté de faire ce pourquoi elle avait été créée » dit-il tout contre ses cheveux. « Je confirme, je l'ai fait et continuerai de le faire avec ou sans baguette. »
« Je sais » souffla-t-elle en s'écartant de lui. « Et si c'était la seule chose je te l'aurais laissé » ajouta-t-elle d'une voix éteinte en s'entourant de ses bras.
Dragana regarda les flammes et resta silencieuse.
« Quelle est l'autre chose ? » demanda-t-il au bout d'un moment.
La jeune femme ferma les yeux et baissa la tête en soupirant.
« Dis-moi » exigea-t-il en la prenant par les épaules pour l'obliger à lui faire face.
« Je ne peux pas » souffla-t-elle sans lever la tête.
« Dis-moi » ordonna-t-il doucement en prenant son menton délicatement pour relever sa tête.
Une larme roula sur sa joue lorsqu'elle ouvrit les yeux pour rencontrer son regard inquiet. Dragana avait la gorge trop serrée pour parler, alors d'une main tremblante elle sortit un morceau de parchemin plié soigneusement d'une poche de sa cape.
« Qu'est-ce que c'est ? » demanda-t-il d'une voix enrouée en prenant le papier qu'elle lui tendait.
« La prophétie de Pelennor Nimmo au complet » l'informa-t-elle d'un air sombre.
Dragana s'éloigna en croisant ses bras sur son torse. Il l'observa aller se poster devant la fenêtre alors qu'il dépliait le papier. Une légère vague d'inquiétude l'avait envahi. Il posa son regard sur le parchemin et entreprit de le lire.
« Le 06 Janvier de l'an 1927 »
« D'un père moldu et d'une mère au sang pur, naîtra un homme, un mage sombre qui sèmera la peur et la terreur »
« Seul et dernier descendant du Serpent »
« Un nouveau seigneur des ténèbres, nommant tous comme ennemis, mais seulement trois dont il aura à craindre »
« Le premier sera une femme, qui naîtra le 16 octobre de l'an 1966, descendante du Dragon, née des serviteurs de l'héritier du Serpent pour être son égale. »
« Dragon et Serpent étant frère il ne pourra pas la vaincre, pas plus qu'elle ne le pourra »
« Seulement, sa survie sera pour lui une défaite et pour le monde une victoire »
« Le deuxième sera un homme, qui naîtra le 31 juillet de l'an 1980 »
« D'un père au sang pur et d'un mère sang de bourbe naîtra le descendant du Gryffon »
« Le seul homme ayant les pouvoirs de le détruire»
« Marqué d'un éclair, il l'affrontera à plusieurs reprises jusqu'à l'affrontement final où un seul survivra »
« Le troisième nul ne le connaît, puisqu'il ne sera pas désigné par son sang, mais par son cœur et son esprit »
« Investi par les pouvoirs d'un autre. Il aura le choix d'accepter ou non, le destin vers lequel son cœur et son esprit le poussent »
« En acceptant, son destin sera de protéger l'héritier du Dragon et de lutter au côté de l'héritier du Gryffon dans la lutte finale »
Le maître des potions replia le morceau de parchemin machinalement et le déposa sur la table avant de se diriger vers Dragana. Sans un mot, il se colla contre son dos et l'enveloppa de ses bras.
« Je suis désolée de te l'avoir volée » souffla-t-elle en entremêlant ses doigts avec les siens.
« Ça va » murmura-t-il en déposant un baiser sur le dessus de sa tête.
Ils restèrent un long moment en silence, à seulement contempler la nuit noire au dehors. Il comprenait pourquoi elle l'avait fait. Il n'était pas d'accord, mais comprenait. Il aurait probablement fait la même chose si les situations avaient été inversées. La jeune femme se libéra doucement au bout d'un moment et se tourna vers lui. Il y avait quelque chose de désespéré dans ses yeux quand elle rompit le silence d'une voix hésitante.
« On pourrait seulement la redonner à Ollivander... »
« Dragana » la coupa-t-il en secouant la tête. « Et risquer qu'elle tombe entre les mains de Drago. »
Son visage se décomposa, elle semblait horrifié. La jeune femme ouvrit la bouche pour dire quelque chose, mais il l'interrompit en posant un doigt sur sa bouche.
« De toute façon je serai là, j'ai pris cette décision il y a longtemps » dit-il d'une voix solennel. « Je dois veiller sur lui. J'en ai fait la promesse, alors aussi bien me donner le moyen d'y survivre » conclut-il en l'attirant dans ses bras.
Dragana soupira, résignée, elle avait su sa réponse dès le début. Il n'avait fait que confirmer ses craintes. Elle devrait maintenant se faire à l'idée, s'il l'avait promis...
« À qui en as-tu fait la promesse ? » demanda-t-elle d'une voix enrouée contre son torse, ce détail lui revenant en tête.
« Ça n'a pas d'importance. » trancha-t-il sèchement.
La jeune femme releva la tête pour sonder son visage. Il avait l'air mal à l'aise, comme si d'avouer à qui il avait fait cette promesse avait quelque chose de gênant.
« Qui ? » exigea Dragana doucement.
Il soupira en détournant les yeux.
« Je l'ai promis sur la tombe de ses parents » marmonna-t-il en fixant le paysage par-dessus sa tête.
Dragana se recala au creux de son torse. La plupart des gens aurait pensé de cette information que c'était sa dette de vie envers Potter senior qui l'avait poussé, mais elle savait que ce n'était pas ça. Elle savait qu'il se sentait coupable de ne pas avoir réussi à avertir Dumbledore à temps le soir où Voldemort était parti pour Godric Hollow dans l'optique de les tuer.
« Tu es sûr que c'est ce que tu veux ? » demanda-t-elle en se décollant un peu.
Il fit un bref signe de tête et elle soupira.
« Très bien » acquiesça-t-elle. « Sors ta baguette, avant que je ne change d'avis » conclut-elle en s'éloignant et en sortant elle aussi sa baguette.
Elle se dirigea vers le fauteuil.
« Viens » ordonna-t-elle. « Il est préférable que tu sois assis » expliqua- t-elle en le voyant approché les sourcils froncés.
« C'est long ? » demanda-t-il en s'asseyant.
« Non » répondit-elle en secouant la tête. « Ni long, ni douloureux, mais il est possible que tu perdes connaissance » précisa-t-elle en prenant sa main où il tenait sa baguette.
Elle y fit glisser la pointe de sa propre baguette et referma les doigts sur la poignée de sa baguette et la pointe de la sienne.
« Prêt ? » demanda-t-elle la voix tremblante.
Il acquiesça d'un signe de tête. Dragana prit une grande inspiration, souhaitant qu'elle ait fait le bon choix de la lui rendre.
« Cum talis num tuus votum » commença-t-elle en fermant les yeux.
« Puisque tel est ton vœu »
« Per ille virga nasci tuus fatalis » continua-t-elle doucement.
« Par cette baguette naît ton destin »
Dragana prit une grande inspiration, en refoulant ses larmes, alors que leurs mains commençaient à picoter.
« Is seligo per tuus cor ac tuus spiritus » conclut-elle d'une voix éteinte faisant jaillir une lumière dorée entre leurs doigts.
« Celui choisit par ton cœur et ton esprit »
Le corps de Severus se crispa en sentant l'onde magique entrer en lui et affluer comme une vague brûlante le long de son bras. Il se sentit rapidement étourdi, alors il ferma les yeux. L'onde se propageait dans tout son corps. Ce n'était pas douloureux, c'était comme quand on vous donne de la pimentine en injection parce que vous souffrez d'hypothermie. Quelque chose d'étrange se produisit, il avait l'impression d'être relié à Dragana. Il pouvait sentir, combien elle était désespérée en ce moment. Elle avait l'impression de signer son arrêt de mort, même si elle savait au fond d'elle, qu'elle faisait le bon choix. Elle pensait que personne d'autre ne pourrait s'acquitter mieux de cette tâche. C'était pour cette raison qu'elle la lui avait redonnée. Il aurait voulu la prendre dans ses bras pour l'embrasser, mais l'onde de magie à l'état brut immobilisait son corps. L'onde diminua peu à peu, le laissant exténué de plus en plus, jusqu'à ce qu'il perde connaissance.
La jeune femme ouvrit les yeux lentement, lorsqu'elle fut sûre que le transfert était conclu. Elle le regarda un instant, il avait perdu connaissance et sa tête retombait mollement sur son torse. Elle enleva doucement les baguettes de ses mains et déposa celle de Severus sur la table. Elle essuya ses larmes d'un geste prompt et le regarda de nouveau. « J'aurais dû le faire étendre sur son lit, il va avoir mal au cou comme ça » pensa-t-elle en se levant. Elle déploya une main vers lui et le fit léviter vers sa chambre. Elle entra et le déposa doucement sur le lit. La jeune femme passa délicatement sa main sur sa joue et effleura son front d'un baiser avant de s'éloigner. Elle s'approcha de la bibliothèque et prit un livre de poésie avant d'aller s'asseoir dans un fauteuil devant la cheminé. Elle soupira et ouvrit le livre. Elle ne devait plus penser aux conséquences, sinon elle vivrait dans la constante angoisse. Déjà qu'elle devait vivre avec la crainte que lui apportait l'assurance qu'un jour Voldemort se tiendrait devant elle. C'était déjà suffisamment pénible comme ça. Elle devait faire comme sa grand-mère lui avait dit : Profiter de chaque moment de bonheur et les chérir dans l'adversité. Elle posa les yeux sur le livre et commença à lire un poème intitulé : J'ai inventé le désespoir.
« Pour te parler de mes douleurs et de tout ce qui nous sépare. »
« Pour que tu saches de quoi je meurs, j'ai inventé le désespoir. »
« Pour la beauté des cathédrales. Quand je n'ai pas su te montrer. »
« Quand tu disais ça fait mal, ne t'en va pas, je vais crever. »
« J'ai inventer le désespoir. »
« Et pour la couleur de nos soirs. Pour faire semblant de ne plus te voir, j'ai inventé la couleur noire. »
« Pour tricher avec le chagrin et pour survivre à notre histoire. »
« À coups de cœur, à coups de poing. »
« J'ai inventé le désespoir. »
« Pour que toujours tu te souviennes du diamant bleu qu'on a brisé. »
« Pour que plus jamais ne revienne cette tendresse à main armée. »
« J'ai inventé le désespoir »
« Et pour la couleur de nos soirs. Pour faire semblant de ne plus te voir, j'ai inventé la couleur noire. »
« Quand on s'endort chacun pour soi dans le silence des souvenirs. »
« Quand notre amour n'a plus le droit ni au repos ni au désir. »
« J'ai inventé le désespoir »
« Et pour la couleur de nos soirs. Pour faire semblant de ne plus te voir j'ai inventé la couleur noire. »
« Et pour la couleur de nos jours »
« J'ai inventé le mal d'amour »
Dragana s'emmitoufla dans sa cape plus étroitement et tourna la page pour lire un second poème intitulé : Toi c'est moi.
« Où es-tu dis-moi ? De qui t'as peur dis-moi ? »
« Tu sais que je marcherais sur les ombres qui oseraient défier ton nom. »
« Mais où es-tu dis-moi ? »
« Ne te cache pas de moi. »
« J'entends chaque bruit, chaque pas que font tes pensées quand tu viens vers moi. »
« La peur est dans mon cœur, la mort est dans ma cour. »
« La vie fuit d'heure en heure et brutalise mon amour. »
« Reste là l'amour, ne t'éloigne pas de nous. »
« Lui et moi t'avons prêté allégeance en te criant dans nos silences. »
« Reste là l'amour, sur la ligne du jour »
« Ne nous raconte plus nos vies d'errance, bien avant d'apprendre ta danse. »
« Je ne peux plus danser, je suis mort enterre-moi. »
« Je ne peux plus raconter et rire comme autrefois. »
« Raconte encore c'est quoi la vie ? Qu'est-ce que ça mange la vie ? »
« Hier elle était grasse de toutes mes souffrances, demain elle sera lourde d'espérance. »
« Si c'est si fort la vie, elle prend donne et détruit. »
« Regarde le temps se calme, la nuit s'éclipse. Faisons ensemble un geste d'artiste. »
« Tuons-nous, tuons-nous. »
« À jamais, restons là. »
« Tuons-nous, tuons-nous. »
« À jamais, restons là. »
« Toi et moi. »
« Toi c'est moi. »
Le maître des potions ouvrit les yeux, il faisait sombre, une simple petite lueur scintillait de sa table de nuit. Il mit un certain temps à se souvenir pourquoi il était étendu dans son lit. Il vit Dragana déposer son livre sur la table et s'approcher du lit.
« Tu t'es finalement réveillé » lui dit-elle avec un sourire en s'asseyant sur le lit.
« Il y a longtemps que je dors ? » demanda-t-il d'une voix rauque en s'asseyant à son tour.
« Non » l'assura-t-elle avec un sourire en secouant la tête. « Tu devrais peut-être rester allongé » ajouta-t-elle en s'approchant.
« Non ça va » lui dit-il en se frottant le visage.
« Comment te sens-tu ? » s'enquit-elle en posant une main sur sa joue.
« Bien » déclara-t-il en la regardant.
Elle était resplendissante à la douce lueur des chandelles. « un peu trop, en fait » songea-t-il tout à coup mal à l'aise. Elle lui fit un sourire en approchant sa tête et captura doucement ses lèvres. Il lui rendit son baiser délicatement, mais lorsqu'il prit sa tête entre ses mains, le baiser de Dragana se fit plus pressant.
« Ma potion ! » s'exclama-t-il en se dérobant.
« Elle était fini tout à l'heure » souffla-t-elle contre ses lèvres avant de l'embrasser de nouveau.
Il sentit une main aventureuse glisser sur son torse, alors qu'elle le couvrait de baisers fougueux.
« Qu'est-ce que tu lisais ? » demanda-t-il en s'écartant de nouveau.
« Un recueil de poésie » répondit-elle d'une voix morne.
Elle se sentait mal à l'aise tout à coup. Pourquoi la repoussait-il ? Elle se sentait vexée, sans vraiment pouvoir se l'expliquer. Il fallait qu'elle sorte, qu'elle soit seule un peu pour pouvoir rationaliser un peu tout ça. « Est-ce que c'est vraiment ce que je veux ? » se demanda-t-elle en bougeant nerveusement. « Oui » vint la réponse catégorique. « Mais apparemment je suis la seule » conclut-elle non sans une certaine déception en se glissant au bord du lit.
« Où vas-tu ? » demanda-t-il en fronçant les sourcils.
« Je vais te laisser » répondit-elle en se levant.
Severus lui aurait demandé pourquoi, mais il ne voulait pas sembler suppliant. Est-ce qu'elle avait compris le subterfuge ? Est-ce que c'était pour ça ? La réponse vint sans qu'il ne la pose.
« C'est ce que tu sembles souhaiter » ajouta-t-elle d'une voix dont elle n'avait pas réussi à cacher tout le mordant.
Dragana n'avait pas pu s'en empêcher. Elle savait bien pourquoi il la repoussait et elle en était blessée. Elle avait peut-être mis trop de confiance en tout ça.
« Je ne t'ai jamais demandé de partir » gronda-t-il en lui prenant la main pour la retenir.
« Non, alors pourquoi me repousses-tu ? » questionna-t-elle d'une voix douloureuse en le toisant du regard.
Il se sentit prit au piège un instant, cherchant un moyen de lui dire sans la blesser. Ça semblait fait déjà, alors il soupira en baissant la tête pour se donner un autre instant de réflexion.
« Je vois » murmura-t-elle en enlevant sa main. « Le professeur Dumbledore avait tort de penser que cela ne te dérangerait pas, personne ne veut marcher sur les traces du seigneur des ténèbres » ironisa-t-elle en se levant.
Elle fit le tour du lit pour rejoindre la porte, mais lorsqu'elle atteignit l'autre côté une main l'avait déjà agrippée et la ramenait vers lui. Se retrouvant entre ses jambes, alors qu'il s'était glissé au bord du lit.
« Dragana, ce n'est pas ça » souffla-t-il en entourant sa taille de ses bras. « C'est complètement ridicule ».
« Alors explique moi » exigea-t-elle. « Tu n'en as pas envie ? » demanda-t- elle en essayant de faire disparaître de sa voix la crainte que cette idée avait fait monter en elle.
Le lit était haut, tellement haut qu'il ne donnait même pas une tête de jeu à Dragana pour pouvoir fuir son regard. Elle n'était plus rationnelle maintenant et elle en avait un peu honte, mais il fallait qu'elle sache. D'un autre côté, elle ne pourrait pas supporter de l'entendre dire non, ainsi enveloppée par sa chaleur.
« Oui j'en ai envie » l'assura-t-il en prenant son visage entre ses mains pour l'embrasser.
Severus prit le temps de choisir ses mots avant de détacher ses lèvres des siennes.
« Ce serait la première fois depuis... »
Il laissa sa phrase en suspens, il savait qu'il n'avait pas besoin de préciser. Dragana soupira et leva la tête en évitant son regard. Elle se mordit les lèvres semblant à son tour tentée de former la meilleure réponse possible. Elle hocha la tête doucement en soupirant.
« Je te mentirais en disant que je n'en ai jamais eu envie » souffla-t-elle d'une voix hésitante en le regardant d'un regard fuyant. « Mais c'est la première fois que j'ose t'en entretenir » ajouta-t-elle, écarlate, en repoussant nerveusement une mèche de cheveux de devant ces yeux.
Dragana avait l'impression d'attendre le verdict. Elle avait l'impression de ne plus savoir quoi faire de ses mains et évitait son regard. C'était ridicule d'être gênée maintenant selon elle. « Les mots me gênent plus que les actes ! C'est vraiment ridicule » pensa-t-elle exaspérée. Le maître des potions prit délicatement son menton et l'obligea à le regarder. La jeune femme confronta timidement son regard perçant avant qu'il ne prenne ses lèvres. Elle eut un petit soupir de soulagement avant d'entourer sa nuque de ses bras et de lui rendre son baiser.
« C'est vraiment ce que tu veux ? » demanda-t-il en se détachant un peu.
« Oui » souffla Dragana en reprenant possession de ses lèvres.
Déposant des petits baisers de sa bouche douce et troublante, avant de les capturer plus fiévreusement, déclenchant chez lui un petit frisson d'anticipation. Severus entrouvrit la bouche et sentit une langue hésitante s'y introduire. Il recula sa tête juste un peu, sentant de nouveau la peur monter.
« Tu es sûr ? » chuchota-t-il contre ces lèvres.
« Je vais finir par croire que c'est toi qui as peur » murmura-t-elle en plongeant ses mains dans ses cheveux pour approcher sa tête de nouveau et la maintenir pour l'empêcher de s'enfuir à nouveau.
Elle en avait besoin, c'était ce qu'elle voulait et désirait. Une partie d'elle était tombée à l'agonie lorsqu'il l'avait prise dans ses bras à Noël. La Dragana qui avait peur de tout type de contact physique. Elle ne voulait qu'une seule chose maintenant, qu'il achève cette agonie et fasse disparaître une bonne fois pour toute cette partie d'elle. Un soupir de contentement lui échappa lorsqu'il resserra sa prise et la serra un peu plus contre lui. Libérant sa bouche, il déposa des baisers le long de sa mâchoire, se dirigeant vers son cou.
« Tu aurais raison » susurra-t-il d'une voix rauque à son oreille avant d'en prendre le lobe entre ses lèvres, arrachant un gémissement sourd à Dragana qui avait déjà frémit au son de sa voix.
Il avait peur, peur de la blesser, peur de la terrifier, mais elle semblait décidée et certainement plus sûre qu'il ne l'était. C'était un besoin qu'il avait aussi, pour l'avoir désirée en silence pendant des années, mais aussi le besoin physique de se sentir aimé. Envoyant les peurs, la crainte et l'hésitation au loin, il captura ses lèvres de nouveau pour un baiser plus langoureux.
Dragana se délectait de ce baiser, il y avait tant de choses qui semblaient y passer, tout les non-dits, tout l'amour qu'ils avaient l'un pour l'autre. Étant sûre qu'il ne reculerait plus maintenant, elle libéra sa tête pour caresser ses épaules, son torse, son dos. Elle s'était toujours demandé ce qu'il avait l'air sans son armure de robes noires. C'était une pensée coupable qu'elle avait toujours tenté de chasser rapidement de son esprit, mais maintenant... Elle le saurait bientôt et à cette pensée un agréable frisson la parcourut.
Les mains légèrement tremblantes, à n'en plus savoir si c'était de volupté ou d'un restant d'anxiété qui était décidément en train de la quitter, elle fit lentement glisser ses mains sur son torse avant de remonter vers son cou pour atteindre le premier bouton. Elle le défit lentement, puis le second, ainsi de suite jusqu'à ce qu'il n'y en ait plus. Elle libéra ses lèvres en passant ses mains à l'intérieur, où son torse était toujours recouvert d'une chemise blanche. Elle retira l'épaisseur noire en lui administrant un sourire amusé en se demandant combien de couches elle trouverait ainsi. Elle poursuivit son exploration en détachant les boutons de sa chemise et en l'embrassant dans le cou. Puis ne trouvant plus de bouton à peine à mi-chemin de son torse elle fronça les sourcils. Elle recula à peine pour entrevoir la meilleure tactique pour la lui enlever.
Voyant son air perplexe, Severus empêcha un sourire de pourfendre ses lèvres et glissa plutôt sa main derrière son cou pour l'attirer à lui pour l'embrasser. Il étouffa le grognement de Dragana qui s'avoua bien vite vaincue sous ses baisers. Remettant cette chemise à plus tard pour savourer ses lèvres.
Quand elle recula de nouveau à bout de souffle, il y avait une étincelle malicieuse dans ses yeux. Elle descendit lentement ses mains le long de son torse et glissa ses pouces sous sa chemise. Un râle sourd perça le silence, alors qu'elle remontait doucement ses mains, ses pouces frôlant sa peau nue emmenant avec elles la chemise.
Sans un mot, mais le souffle saccadé il leva les bras pour lui permettre de l'enlever complètement. Laissant la chemise rejoindre au sol l'autre vêtement déjà enlevé, elle l'observa un bref instant. Il avait une petite cicatrice à l'épaule où elle l'avait blessé dans la chambre des secrets et une deuxième plus grosse un peu plus haut, dont elle ne connaissait pas la provenance.
La chaleur de ses mains qui le parcourait légèrement fit trembler Severus, alors qu'elle reprenait ses lèvres. L'embrassant passionnément, laissant ses mains avides vagabonder un peu partout sur son torse nu. Se dérobant au baiser qu'elle avait elle-même initié, Dragana laissa son nez glisser le long de sa mâchoire en se pressant contre lui. Elle lécha son cou lui donnant l'impression de devenir fou et embrassa son épaule, sa clavicule, respirant profondément l'odeur. Son odeur.
Severus l'éloigna un peu de lui en la tenant par les épaules. Il voulait lui aussi pouvoir toucher sa peau nue. La jeune femme comprit immédiatement la question silencieuse dans ses yeux et acquiesça d'un faible signe de tête en lui caressant la joue. En quelques gestes lents et précautionneux, lui donnant l'impression d'être un ingrédient rare, il délia les pans de sa robe de sorcière. Puis les écarta en cherchant une dernière protestation sur son visage.
La jeune femme lui fit un léger sourire et déposa un baiser léger sur ses lèvres pour l'encourager à continuer. Une fois passées les épaules le vêtement sombre glissa jusqu'au sol, dévoilant sa peau blanche, bordée de sous-vêtements noirs.
Faisant gémir Dragana il fit glisser ses mains tendrement sur sa peau soyeuse. Traçant les courbes délicates en partant de ses hanches jusqu'au milieu de son dos pour rejoindre l'attache de son soutien-gorge. Il le dégrafa lentement et remonta le long de ses bras, les effleurant doucement. Puis de ses épaules, repartit vers le bas, entraînant le sous-vêtement dans son sillage.
Il la regarda un instant, partagé entre la fascination et la délectation. Elle avait la tête légèrement inclinée sur le côté et ses cheveux cascadaient sur ses seins, les cachant presque en entier. Elle était magnifique. Elle semblait à la fois fragile et sauvage. Caressant de nouveau ses hanches en remontant vers ses côtes, il vit la mince ligne blanche sur son flanc droit. Cicatrice qui avait été causée par un bout de verre quand elle s'était jetée par la fenêtre pour les sauver tous les deux. Il passa son doigt dessus, l'effleurant, lui arrachant un frisson.
Severus remonta ensuite le long de ses côtes, rejoignit ses épaules et glissa ses mains entre ses cheveux et son cou pour les repousser derrière. Dévoilant le galbe harmonieux de sa poitrine. Entre sa clavicule et son cœur se trouvait l'empreinte qu'avait laissée le Bocafitahus. Un petit rond rouge, à peine plus gros qu'une noise, mais qui avait pourtant failli la tuer. Cette idée terrifiante, le hantant de nouveau, il ne résista pas et l'attira dans ses bras. La serrant fort contre lui, laissant sa bouche effleurer son cou, il respira un grand coup et tenta de chasser cette idée. Elle partie d'elle-même lorsqu'il sentit sa poitrine se dresser contre son torse. Embrassant son cou, sa clavicule, sa cicatrice, il descendit encore et prit la pointe de son sein entre ses lèvres. Dragana eut un hoquet de surprise, suivi d'un souffle entrecoupé. Il releva la tête vers elle, ayant peur de l'avoir troublée. Comme si par une simple caresse il pouvait la blesser.
Elle lui fit un sourire, les joues légèrement rouges et pencha la tête pour l'embrasser. S'en était juste trop d'un seul coup, trop de sensations inconnues et infiniment agréables. Elle avait l'impression que ses jambes ne la porteraient plus très longtemps, alors elle le poussa légèrement et glissa un genou sur le matelas, entre ses jambes. Passée sa surprise, Severus recula et la laissa embarquer complètement sur le lit. Dragana, à genoux entre ses jambes, se pressa conte lui. Son cœur battait la chamade et ses mains délicieusement chaudes sur elle la menait aux bords de la folie. Elle se laissa complètement aller dans son étreinte, l'embrassant de nouveau à en perdre haleine.
Il la fit basculer tendrement à ses côtés et ayant les genoux toujours juste sur le rebord du lit Dragana rampa plus loin. Il la suivit du regard, émerveillé. La jeune femme surprit son regard et se mordit les lèvres en y voyant une lueur de désir. Il y avait quelque chose de félin dans ses yeux noirs lorsqu'il caressa ses cuisses, son pouce traçant l'os de sa hanche.
Severus se pencha pour embrasser son ventre, laissant sa langue effleurer sa peau en remontant amoureusement vers ses seins, profitant du corps offert. Il s'allongea à ses côtés, en s'appuyant sur son coude et Dragana se tourna sur le côté pour venir se caler dans ses bras en caressant son corps. Les mains de Severus glissèrent le long de ses cuisses en remontant vers le seul vêtement qui lui restait. Il l'effleura doucement et la culotte disparut.
« Comment as-tu fais ça ? » demanda-t-elle d'une voix enrouée teintée d'amusement alors qu'il passait une main délicate sur ses fesses dénudées.
« Il suffit d'un peu de concentration et d'une formule magique » susurra-t- il à son oreille, lui arrachant un léger frisson.
« Et quelle est la formule ? » murmura-t-elle avec volupté en étirant son cou pour lui laisser le champ libre.
« Egero » souffla-t-il d'une voix sensuel contre son cou avant d'en mordiller la peau délicate.
Quand Dragana parvint enfin à rassembler un peu de concentration. Du bout des doigts, elle effleura son pantalon en remuant à peine les lèvres et il disparut.
« Tu as mis beaucoup trop de puissance » constata-t-il d'une voix onctueuse en s'écartant d'elle. « Je n'ai plus rien. »
« J'ai fais exactement ce que je voulais faire » déclara-t-elle d'une voix malicieuse en reprenant ses lèvres tout en se rapprochant de lui.
Severus ne put empêcher un gémissement de passer ses lèvres lorsque leurs hanches se rencontrèrent. Dragana passa une jambe autour de ses hanches se pressant contre lui. Il cala sa tête au creux de son cou et la garda serrée contre lui, essayant de la garder immobile, un instant, juste le temps nécessaire pour se remettre.
Dragana cessa de bouger, prisonnière et ils restèrent l'un contre l'autre, sans le moindre mouvement. Se contentant d'essayer de gérer la sensation de vagues brûlantes qu'avait apporté le contact de leurs intimités.
Après être parvenus à récupérer une respiration presque normale, Severus décolla sa tête pour la regarder. Elle était si belle, l'arc élégant de ses sourcils, la courbe de ses yeux clos, ses lèvres délicates, appelant les baisers. Il lui semblait complètement inconcevable qu'elle ait pu penser une seconde qu'il pouvait ne pas la désirer.
Dragana ouvrit les yeux et le regarda. Il plongea dans son regard qui s'était obscurci de désir, passant du bleu pâle au gris ombragé. Ses pupilles dilatées avaient donné naissance à un petit éclat d'or, comme lorsqu'elle était sous sa forme animale. La réalisation qu'il n'y avait pas juste la colère qui faisait changer ses yeux de couleur le fit relever un sourcil d'amusement.
« Qu'est-ce qu'il y a ? » demanda-t-elle en frottant son nez contre sa joue.
« Tes yeux son gris » chuchota-t-il avec un sourire en coin typiquement Serpentard avant de capturer ses lèvres.
Elle eut un petit rire et il resserra sa prise autour d'elle, l'attirant encore plus près. Dragana se coula de bonne grasse dans ses bras, avec un frisson de plaisir. Leurs lèvres se scellèrent pour un baiser langoureux, alors que leurs jambes s'entrelaçaient.
Ils furent rapidement emportés par le désir, le baiser se fit de plus en plus pressant, fiévreux. Elle sentait les mains amoureuses de Severus se perdrent sur ses hanches jusqu'au creux de son dos, alors que les arrondis sensibles de sa poitrine se hérissaient contre son torse.
Elle se sentit agoniser lorsqu'il descendit un peu, relâchant sa bouche, pour embrasser et mordiller son cou. Son souffle chaud caressant sa peau la faisait frémir avec volupté. Dragana se sentait mourir à petit feu à supporter cette attente. Elle voulait plus, elle voulait tellement plus. Elle le voulait complètement.
« Severus » haleta Dragana, attirant sa tête pour reprendre possession de ses lèvres tout en roulant sur le dos.
Il saisit sans peine le sens de ce gémissement suppliant et se pétrifia une seconde. Il avait encore peur de la blesser ou de la rebuter à jamais, s'il n'arrivait pas à se contenir, à garder le contrôle sur lui. Il craignait cette intimité autant qu'il la désirait.
Cette crainte était grande, mais le besoin l'oppressait. L'envie de se fondre en elle. Elle l'attira à elle et entrouvrit les cuisses amoureusement dans une invitation claire. Le cœur battant à tout rompre, Severus se hissa sur elle et reprit possession de ses lèvres doucement en s'approchant fébrilement.
Lorsqu'il laissa son corps épouser les formes du sien Dragana eut un petit gémissement. Il bougea délicatement les hanches dans une nouvelle pression qui envola le peu de raison qui restait à la jeune femme. Il détacha ses lèvres, embrassant doucement son menton, il descendit vers son cou. Il le mordilla délicatement en se glissant contre elle, enflammant son intimité déjà brûlante.
La jeune femme eut un nouveau gémissement lorsqu'il remonta brusquement pour capturer ses lèvres. Dragana rompit le baiser rapidement et se serra contre lui en enfouissant sa tête dans son cou. Il la sentait trembler contre son corps, sa respiration était saccadée et sa poitrine s'élevait à un rythme irrégulier.
Elle se calma un peu et lorsqu'elle laissa sa tête retomber mollement derrière, il plongea son regard d'encre dans le sien, formulant une demande implicite. Elle caressa sa joue, laissant son pouce effleurer ces lèvres avec un mince sourire, mais malgré tout c'est dans ses yeux qu'il put voir la réponse qu'il cherchait. C'est dans ses yeux qu'il put lire la confiance et l'amour qu'elle avait pour lui.
Il l'embrassa de nouveau, bouleversé, comblé, amoureux. Caressant lentement le corps sous lui il se glissa en elle avec une douceur presque insupportable. Cette intrusion fit frémir chaque terminaison nerveuse du corps de Dragana. Severus cueillit les gémissements un à un aux creux de ses lèvres en soupirant de volupté. Il resta un moment immobile seulement à apprécier la sensation d'être en elle. Il caressa sa joue et écarta une mèche cuivrée et bouclée qui glissait sur son front, avant de bouger de nouveau.
Dragana en eut le souffle coupé, une tempête d'émotions d'une rare intensité venait de la traverser, faisant trembler tout son être. Le retenant contre elle, comme pour s'empêcher de basculer dans le néant, elle lui mordilla l'épaule. Cette morsure, provoqua chez lui un frisson ardent qui fut suivi d'une plainte rauque. Cette voix, sa voix, Dragana frissonna de nouveau. Leurs corps entrelacés ondulaient l'un contre l'autre avec délice. Joignant son souffle irrégulier au sien, la jeune femme l'embrassa. C'était un baiser des plus intenses, entrecoupé de plaintes refoulées. Dragana s'était crispée de par le plaisir qu'il lui procurait et Severus, était au bord du gouffre. Il allait partir complètement s'il continuait, mais il ne voulait pas, pas maintenant, pas encore.
La respiration saccadée, il s'immobilisa de nouveau, caressant ses lèvres des siennes laissant sa langue vagabonder le long de son cou, sur ses épaules en caressant de ses mains le galbe de sa poitrine. Dragana soupirait de bien être, profitant de ce bref moment pour tenter de récupérer les brides de son esprit. Elle se sentait vaporeuse, son corps continuait de frissonner. Elle avait mal de l'intérieur, comme envahi par trop de choses à la fois. Trop de sensations disparates qui semblaient vouloir faire éclater son cœur. Elle l'aimait, elle le savait depuis longtemps, mais elle n'aurait jamais pensé que l'aimer ainsi lui procurerait un tel plaisir, un tel sentiment de plénitude.
Severus reprit doucement, se mouvant avec une exquise tendresse. Dragana bougea avec lui délicatement, le sentiment paisible qui l'avait assaillie quelques secondes plutôt, laissa de nouveau place au désir débridé qui faisait rage à l'intérieur d'elle. Le maître des potions la regarda fermer les yeux en gémissant, se délectant de chacun des soupirs qu'il lui arrachait. Ondulant des hanches plus passionnément, il se pencha pour embrasser son cou offert.
La jeune femme avait plongé ses doigts dans ses cheveux, tentant à grand peine de ne pas crier comme une bête sauvage. Il était partout, sur elle, en elle, avec elle...Dragana sentit une nouvelle vague de plaisir la submerger. Il releva la tête pour la voir. Les lèvres tremblantes et les joues rougies, elle souleva la tête pour l'embrasser. Une fois doucement, une deuxième fois...
« Je... »
Dragana ne termina pas sa phrase, elle alla mourir dans un petit gémissement contre ses lèvres. Son corps s'était tendu, elle avait cambré les reins en se mouvant légèrement. Severus l'embrassa doucement, tentant de garder un minimum de contrôle sur ses gestes qui semblaient vouloir agir selon leurs guises.
Tout contrôle avait définitivement quitté Dragana, dont les baisers étaient à la fois passionnés et désespérés. Elle laissa retomber sa tête pour croiser ses yeux une fraction de seconde avant de la renverser en se mordant la lèvre inférieure délicatement. Ses mains tracèrent les courbes de son dos. Partant de ses épaules pour descendre jusqu'au creux de ses reins, l'enjoignant à continuer.
C'est à ce geste précis que Severus sentit toute envie de contrôle le quitter, ne voulant plus qu'obéir tant les sensations qu'il ressentait étaient fortes. Sa peau brûlante, son souffle chaud haletant contre son cou, il se sentait complètement transporté.
Dragana n'entendait que le bruit de leurs respirations précipitées, elle ne le sentait plus que lui, lui, la faisant gémir. Severus se pressa contre elle plus étroitement, sa respiration précipitée se perdit sur sa gorge. Il brûlait de l'intérieur, haletait. Chaque caresse en créant une autre, le plaisir augmentait au même rythme que leurs frémissements. Il ondulait des hanches plus rapidement, les faisant gémir tous les deux.
Se mordant les lèvres pour empêcher un cri d'extase de les franchir, Dragana se contracta tandis que son dos se cambrait sous le plaisir, avec l'impression que son corps implosait, et se liquéfiait de l'intérieur. Lâchant prise, alors qu'il la sentait se contracter autour de lui, une longue plainte s'échappa des lèvres entrouvertes de Sévérus, alors qu'il se coulait en elle.
La sensation était telle qu'il en eut peur, peur de mourir subitement, de disparaître à jamais. Il ferma les yeux pour chasser le vertige et posa sa bouche sur la sienne. Sur ses lèvres qu'il avait tant désirées, il posa un baiser d'une douceur infini, avant de laisser son nez glisser le long de sa mâchoire pour aller nicher son visage au creux de son cou. Respirant de nouveau cette odeur de mûre. Il voulait épouser les courbes de son corps, rester ainsi, serrés l'un contre l'autre, pour calmer son souffle irrégulier. Il la sentit trembler de nouveau et resserra sa prise, avant de penser à rejoindre sa bouche.
Il leva la tête doucement en ouvrant les yeux. Il regarda son visage et sentit son cœur se fendre en deux, en voyant une larme rouler sur sa joue.
« Je savais que c'est comme ça que ça finirait » dit-il d'une voix rauque en tentant de s'écarter.
Il se sentait mal, l'espèce de bien-être qui l'avait habité venait de le quitter et la réalité l'avait frappé avec la force d'un sortilège impardonnable. Il se sentait comme un bourreau...comme lui.
.Ce n'est pas ce que tu crois » souffla-t-elle en le retenant.
« Bien sur que non, alors pourquoi pleures-tu ? » questionna-t-il, tentant de s'écarter de nouveau en se demandant s'il serait capable de ne pas pleurer à son tour.
Dragana l'entoura de ses jambes et de ses bras pour le faire prisonnier.
« Ce n'est pas ça, je te le jure » dit-elle d'une voix enrouée. « Je ne sais pas pourquoi je pleure...enfin si je crois que je le sais, mais...mais c'est dur à expliquer. »
Elle lui fit un sourire en caressant sa joue, mais voyant qu'il n'était toujours pas convaincu, elle tenta de trouver les mots pour lui expliquer.
« Disons seulement que je sais maintenant ce que ma grand-mère voulait dire quand elle disait qu'il y avait trois grands bonheurs de femme que je devais connaître » expliqua-t-elle en passant une main dans ses cheveux.
Severus fronça les sourcils et Dragana soupira. Il ne lui rendait pas les choses faciles.
« Je crois que je viens d'en connaître un » souffla-t-elle les joues écarlates en détournant les yeux.
Il se camoufla vivement la tête dans son cou et Dragana le sentit tressaillir. « Il rit de moi » conclut-elle indignée.
« Hé ! » s'exclama-t-elle vexée en tentant de relever sa tête pour savoir s'il se moquait vraiment.
Elle se disait qu'au moins tant qu'à se ridiculiser, elle voulait le voir rire, que ça en vaille la peine, mais il résistait.
« Regarde-moi » ordonna-t-elle en essayant de relever sa tête à nouveau.
Il lutta un peu, mais releva la tête finalement. Dragana écarquilla les yeux. Il ne riait pas, mais avait prit une belle teinte rouge très saillante et avait les yeux plus brillants qu'elle ne les avait jamais vus auparavant.
« Tu es rouge » constata-t-elle d'une voix douce avec un sourire attendri
Un grognement lui laissa comprendre de ne pas continuer dans cette voie, alors qu'il reposait sa tête au creux de son cou. Après un long moment de silence, où Dragana commença à se sentir comateuse, il roula sur le côté. La jeune femme émit un petit bruit de protestation et il la regarda en fronçant les sourcils presque amusé.
« Il fait froid là » se plaignit-elle.
Il eut un tic de la bouche et se redressa dans le lit pour se mettre dans le bon sens, afin d'entrer sous les couvertures. Dragana l'imita aussitôt et alla se blottir contre lui. Ils restèrent un long moment en silence, enlacés, avant qu'il ne parle de nouveau.
« Quel étaient les autres bonheurs ? » demanda-t-il d'une voix distraite en caressant ses cheveux.
« Je crois que ceux là je vais les garder pour une autre fois » souffla-t- elle d'une voix sensuelle. « Ce soir je vais me contenter du premier si ça ne te fait rien » ajouta-t-elle avec des yeux félins en se hissant sur lui.
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Et ben, et ben, voilà, c'est ça qui est ça, lol. C'est la première fois que j'écris ce genre de scène et je dois vous avouez que j'ai changer plusieurs fois d'idée. Je la mettais et l'enlevais, lol. Alors je le poste rapidement avant de changer d'idée un autre fois. Pour les deux poèmes figurant plus haut. Ce sont deux chansons de Dan Bigras qui mon inspirer dans l'écriture de certaine partie de cette fic. J'ai inventer le désespoir, m'a inspirer beaucoup pour le chapitre 17, intituler désarroi. Quant à la deuxième, toi c'est moi, c'est une chanson qu'il chante habituellement en duo avec Laurence Jalbert. Elle m'a inspirer la dernière scène. Cette scène n'était pas des plus importante pour l'intrigue, elle l'était seulement pour l'évolution psychologique de Dragana et Severus. C'est pour ça que la deuxième chanson m'a inspirer, aller la relire si ça vous dit, vous comprendrez peut-être mieux pourquoi. Le « tuons-nous » est une figure de style, une image. Le Severus et la Dragana qui se tenaient côte à côte, dans une bulle de glace, étranger et apeurer de tout contact physique, autant qu'émotionnelle sont morts. Ils se sont tué dans la dernière scène. Pour faire une comparaison cul-cul : Comme le phénix, ils renaîtront de leur cendre dans le prochain chapitre : L'ordre du phénix, lol ( Oh, le jeu de mot ! Dsl, mais je trouvais que j'étais trop sérieuse O_~ )
Bye Bye, à la prochaine May-Luna
